Il devait être environs vingt-trois heures dans une rue de la banlieue huppée de Magnolia, quand deux silhouettes noires, armée de lampes-torches, entrèrent dans une maison ancienne ayant cependant toute les sécurités modernes essentielles à une maison d'un quartier où les hommes font états de leur vie opulente à travers leurs belles propriétés. Parmi ces deux silhouette, une petite frêle semblait tendue, anxieuse, tandis que la grande silhouette robuste se déplaçait d'une manière nonchalante tenant un pied-de-biche dans sa main gauche. Il s'agissait d'une femme de petite taille et d'un homme faisant deux têtes de plus qu'elle, ils étaient tout les deux vêtus de noir, cherchent à passer inaperçus dans l'obscurité de la nuit. Il était évident qu'ils étaient en pleine effraction et à la recherche de quelque chose de précis.

- Détend-toi, Shorty ! Dit l'homme d'un ton badin, amusé par le stress de la jeune femme.

- Je suis désolée, mais je suis flic, pas cambrioleuse, rétorqua-t'elle d'un ton sec.

- C'est con, avec ta p'tite taille, tu peux te faufiler partout, taquina-t'il avec un sourire moqueur.

Elle souffla d'exaspération.

- Crétin ! feula-t'elle comme un chat face à un gros cabot venant stupidement le déranger durant sa sieste journalière.

Depuis qu'elle l'avait rencontré, elle ne comptait plus le nombre de fois qu'elle avait dit ce mot de cette manière. Cet homme avec ses blagues pesantes et redondantes fit émerger en elle une animalité sous-jacente de plus en plus puissante. Elle décida de reprendre son calme. Reste professionnelle,se répétait sans cesse à chaque moment où le dragon fut à proximité d'elle.

- C'est par là ! dit-elle confiante en montrant une porte de l'autre côté du salon.

Elle avait étudié minutieusement le plan de la demeure avant d'effectuer la mission, mémorisant le trajet qu'ils devraient effectuer. Ils traversèrent donc ce salon aux décorations anciennes comme les fauteuils d'un style-renaissance tapissés avec soin exhibant la richesse de l'occupant des lieus, ce qui n'échappa pas au brun.

- J'savais pas qu'un commissaire ça gagnait autant, dit-il perplexe.

- Normalement non, précisa la bleutée sous-entendant par là que le commissaire touchait de l'argent illégalement.

Ils montèrent l'escalier de l'autre côté de la porte précédemment désignée, Lévy en tête. Cette dernière tourna à la droite et s'arrêta devant une porte. La poignée était reliée à un boîtier à code. La jeune femme prit son téléphone.

- Max, nous sommes devant la porte du bureau, informa-t'elle.

- Ok, attendez que je craque le code, répondit une voix au téléphone.


Dans une rue de cette même banlieue, assis à l'intérieur d'une voiture grise, pas de prime jeunesse, Max tapotait sur le clavier de son ordinateur portable disposé sur ses genoux, cherchant à craquer le code de la porte. Il se heurtait, en vue du rictus qui s'affichait sur son visage, à quelques difficultés, pourtant il avait réussi à les faire entrer dans la maison, il avait réussi à pénétrer le système de sécurité… À côté de lui, sur le siège conducteur, Luxus patientait, le bras gauche accoudé à la fenêtre de la portière de la voiture, la main droite sur le volant, tout en gardant une expression impassible. Tandis que le châtain se perdait dans les méandres des codes numériques, une petite voix féminine se fit entendre via son portable.

-C'est bon, j'ai ouvert, assura-t'elle.

-Vraiment ? S'étonna Max.

-Oui, affirma-t'elle.

-Je ne peux rien pour le coffre, prévint-il.

-Ne t'en fait pas, je trouverai, dit-t'elle confiante sur ses capacités de déduction.

Puis elle raccrocha. Le châtain dévisagea l'homme à côté de lui, se demandant pendant un centième de seconde, si celui-ci serait ouvert à une discussion anodine entre coéquipiers. Il n'avait jamais été très proche du petit–fils du directeur. En réalité, Max passait la plus part de son temps à travailler avec Warren dans la recherche de données informatiques ou la surveillance vidéo. Avec un semblant de doute, il se lança tout de même.

-Elle est douée, dit-il impressionné.

Le blond ne dit rien, il ne tourna même pas la tête vers son interlocuteur, il restait de marbre.

-Tu crois qu'il y a quelque chose entre eux ? Demanda Max curieux.

Le balafré soupira de lassitude, puis il alluma la radio afin de mettre de la musique.

-T'as raison, moi aussi je trouvais que c'était un peu trop silencieux, ironisa le châtain devant le caractère taciturne de son collègue.

Ce dernier reprit son ordinateur dans un profond sentiment de solitude et d'inutilité.


- Comment t'as trouvé ? Demanda le brun secrètement admiratif alors qu'ils entraient tous les deux dans le bureau.

- Precht est fan de baseball,j'ai n'ai eu qu'à mettre la date de la plus grande victoire de Magnolia, répondit-elle comme si cela tombait sous le sens.

Il la considéra un instant et afficha son sourire en coin, cette fille piquait vraiment sa curiosité, ce qui était un phénomène assez unique pour le Kurogane. Celle-ci ne le remarqua pas, elle examinait le coffre qu'elle avait découvert derrière un tableau.

- Ça risque d'être plus compliqué là, dit-elle quelque peu contrariée.

Elle s'écarta du coffre étudiant l'environnement, cherchant ce qui pourrait l'aider à décrypter ce nouveau code. Elle regardait chaque détails, chaque livre à l'aide de sa lampe torche, tandis que son nouveau coéquipier inspectait à son tour le coffre. Elle essayait de penser à nouveau comme Hadès… Elle fut extirpée de ses réflexions par un bruit métallique d'entrechoquement, elle se retourna vivement et vit le brun forçant le coffre avec son pied-de-biche…

- Qu'est-ce que tu fais ? S'alarma-t'elle paniquée, les yeux écarquillés, tout en agitant les bras pour lui faire signe d'arrêter.

- Il est même pas doublé en acier, dit simplement l'homme tandis qu'il utilisait son outil comme levier.

L'ambiance morne et monotone n'avait pas changé dans la voiture grise, jusqu'au moment où les deux hommes entendirent une alarme. Paniqués, ils tournèrent brusquement la tête dans la direction de la source du bruit, la maison cambriolée.

- Merde ! On fait quoi ? S'exclama Max perdu.

-Rien, dit calmement Luxus qui démarrait la voiture par précaution.

Quelques minutes plus tard, des sirènes de police retentirent, approchant de plus en plus d'eux. Deux personnes arrivèrent en courant, entrant à l'arrière de la voiture.

- Barrons-nous ! Ordonna le fuyard ayant remarqué que les policiers les avaient vus entrer dans la voiture.

Luxus débrailla et sortit la voiture de son emplacement, il l'avait garée de sorte à n'avoir qu'à avancer pour sortir, il fit une brusque accélération afin d'atteindre une vitesse leur permettant de tenir les voiture de police à distance. Mais ils étaient pris en chasse…

- Qu'est-ce qu'il c'est passé ? Demanda le châtain en regardant les deux personnes à l'arrière.

Mais les deux nouveau venus ne s'occupèrent pas de lui.

- Pourquoi tu n'as pas attendu grosse brute ? Ragea la jeune femme en fusillant du regard le ténébreux tandis qu'elle était ballottée de tous les côtés à cause des mouvements de la voiture.

- Ça va être de ma faute ! Râla le brun.

- Gajeel ! C'est entièrement de ta faute ! Hurla-t'elle excédée.

- C'est pas le moment ! Aboya Luxus sur un ton autoritaire, tandis qu'il jetait un coup d'oeil sur le rétroviseur.

Les deux cambrioleurs cherchaient désespérément les ceintures de sécurités qu'ils n'avaient pas pris la peine d'utiliser à l'allée. Cependant leur situation actuelle pour le moins dangereuse mit en évidence l'utilité de tels accessoires.

- Putain, elles sont où ces saloperies de ceintures ? Ragea le dragon.

- Il y en a pas, informa Max.

- Quoi ?! Hurlèrent les deux passagers arrière, les yeux exorbités.

- Tu veux qu'on crève ! Grogna envers le châtain, qui avait choisi la voiture, le ténébreux avec hargne, en brandissant son poing.

- Au moins, vous fermeriez vos gueules, dit le conducteur froidement.

Alors que la voiture encaissa un ralentisseur à une allure bien trop élevée, la jeune inspectrice tomba contre le corps dur et musclé du jeune homme qui la réceptionna. Il l'entoura par la taille avec un de ses bras puissants, tandis qu'il se tenait à la poignée au-dessus de sa portière.

- Reste contre moi, ordonna-t'il de sa voix rauque imperceptiblement inquiète.

Lévy obtempéra en se blottissant un peu plus contre lui et s'agrippa de ses petites mains au t-shirt noir du ténébreux. Étrangement, elle se sentait en sécurité en cet instant, alors qu'ils étaient toujours poursuivis et risquaient à tout instant de mourir dans un accident. A quoi je pense à moment pareil, se tança-t'elle.

Au bout de quelque minute, l'homme contre elle bougeait volontairement. Il ouvrait la fenêtre de sa portière sous le regard interrogateur de la jeune femme. Puis il se baissa pour prendre un pistolet, préalablement caché par ses soins, sous son siège. La bleutée comprit, elle posa ses fines mains sur l'épais poignet du brun, le suppliant du regard de ne pas faire cela.

- Ils nous collent au cul ! Justifia le dragon avec rage.

- Ils ne font que leur travail, rectifia-t'elle en ancrant ses grands yeux noisette dans ceux rubis de l'homme.

Ils restèrent ainsi immobiles durant quelques secondes. Malgré l'obscurité, les lumières de la ville montraient la tempérance et surtout la détermination de la jeune femme, toujours cette détermination. Elle avait raison et il le savait. Il se baissa à nouveau pour ranger son arme, releva la vitre et attrapa la poignée du plafond. Puis il reprit la jeune femme contre lui, la calant de sorte qu'elle ne pût plus bouger. Elle retrouvait cette sensation de sécurité, tandis que les secousses de la voiture continuaient, comme un bateau subissant la houle des flots en pleine tempête. Le ténébreux commençait à avoir des hauts le cœur.

- Putain, j'vais gerber, râla-t'il alors qu'il était au supplice.

- Retiens-toi ! Ordonna la bleutée inquiète.

Ils mirent une heure à semer les policiers, puis ils retrouvèrent la voiture de Luxus pour rejoindre le quartier général de Fairy Tail. Malgré leurs vives demandes d'être séparés, Luxus, tel un père autoritaire, avait puni Gajeel et Lévy en leur ordonnant de s'installer à l'arrière, les obligeant à rester l'un à côté de l'autre au grand damne de chacun. Ils roulaient tranquillement sur la route entre Magnolia et le domaine Heartfilia, la bleutée s'assoupit sur l'épaule de son voisin. Celui-ci ronchonna tout bas, mais la laissa dormir.

- Vous avez récupéré ce que l'on était venu chercher au moins ? Demanda le blond las.

- Ouais, on a le dossier du vieux, confirma Gajeel.


Il faisait jour, l'odeur de désinfectant régnait dans cette pièce de en mi-sol, éclairée par le soleil passant par le haut d'un mur et les néons situés au plafond. Les murs et le sol étaient recouverts d'un carrelage hospitalier bleu. Au fond de cette pièce, de multiples portes en inox d'environ cinquante centimètres carrés, des portes cachant les tiroirs nécrophères à la température conservatrice dont les occupants n'étaient en état de se plaindre. Trois tables d'autopsies en inox aussi étaient disposées au milieu de la pièce à un intervalle de deux mètres l'une de l'autre, aucune n'avait de pensionnaire actuellement. Makarov, assis sur une des chaises hautes des paillasses avec microscopes, ordinateurs et autres outils d'analyses médicales, avait le visage fermé, il attendait les déductions de trois personnes. Ces trois personnes étaient auprès d'une des tables, habituées aux cadavres d'ordinaire, un dossier rouge posé dessus mis au jour par une lampe chirurgicale, se lisaient sur l'intercalaire les initiales G.H. Grimoir Heart, l'assassinat de Mavis Vermillion, l'affaire sur laquelle avait enquêté Makarov et Precht. Parmi les analystes, il y avait Lévy, au milieu, vêtue de son jean et d'un débardeur à dos nu jaune, ses cheveux attachés en queue haute, directement en face du dossier. À sa droite, une femme, à la longue chevelure châtain avec des lunettes fines sur le née, elle portait une blouse blanche ouverte sur une robe moulante verte plutôt courte soulignant ses courbes avantageuses, Evergreen. Médecin légiste en chef de Fairy Tail, cette femme était fière, légèrement narcissique, mais indubitablement douée dans son domaine. Elle examinait attentivement le rapport du médecin légiste du dossier. À la gauche de la bleutée, un homme de taille moyenne au long cheveux vert attachés en leurs pointes, au teint blanc et aux yeux verts, portant un pantalon de costume noir, un gilet garçon de café rouge avec des fermeture officier par dessus une chemise blanche, se tenant le dos droit légèrement penché des mains, marquant une éducation raffinée, étudiait des photographies et des relevés avec une expression impassible. Fried Justin dirigeait le laboratoire d'expertise de Fairy Tail, il était méticuleux et méthodique comme pouvait l'être un scientifique de son niveau.

-Mais quel nul ! Ragea la légiste les dents serrées avec une expression excédée, une veine pulsant sur son front.

Les trois autres personnes interloquées la regardèrent.

- En voyant les déchirures de l'aorte, il est évident qu'elle était en vie lorsqu'on lui a arraché, or cet incapable en a conclu qu'il s'agit d'une mutilation post-mortem, expliqua Evergreen.

-Le volume de sang trouvé sur les lieux confirme ce que dit Ever, ajouta Fried d'un ton très professionnel.

- C'est comme s'ils avaient voulu caché la vérité sur ce meurtre, suspecta la femme à lunette.

-C'est ce qui a été fait, assura Makarov. Lévy tu en penses quoi ?

- Il faut beaucoup de force pour faire cela, non ? Demanda l'inspectrice au deux expert.

- Oh oui ! Affirma la femme. Lorsque je découpe une cage thoracique, j'ai besoin d'une tenaille chirurgicale.

- Mais lui, il a utilisé un couteau, précisa le vert en montrant la photographie du couteau laissé sur les lieux du crime.Un très bon couteau de cuisine mais il a dû s'acharner tout de même.

- La petite avait été attachée, observa la légiste, ils ont relevé des marques de liens sur les poignets et les chevilles. La pauvre, elle a dû résister.

- Après pour ce qui est du côté rituel, beaucoup de civilisation perpétuait ce genre de mutilation sacrificiel, dit Justin.

Lévy observa les données, se pinçant les lèvres en signe de réflexion.

- Pourtant ce n'est pas un acte rituel, dit-elle en regardant les photographies.

- Qu'est-ce qui te fait dire cela ? S'étonna Fried.

- Déjà le couteau, il vient du set de la maison, un acte rituel signifie une préméditation, hors l'assassin a prit une arme occasionnelle. De plus, dans les actes rituels le choix de l'arme et aussi important que l'acte, indiqua la bleutée. Pour lui, seul l'acte comptait.

- Un sadique, dit le vert.

- Oui, Mavis a dû être sa première victime, mais il a du éprouver beaucoup de plaisir à le faire, dit Lévy.

- Je vais rechercher dans les archives des morgues de Magnolia et de Crocus pour voir s'il y a d'autres cas similaires, dit Evergreen. Ils ne refuseront rien à la meilleure légiste du royaume,ajouta-t'elle avant de sortir pour rejoindre son bureau.

Cette phrase fit doucement sourire Fried et Lévy, mais ils reprirent rapidemant une expression sérieuse.

- Il est évident que Precht a cherché à protéger ce meurtrier, dit la comportementaliste.

- Mais ce n'est pas Zeleph, dit l'expert.

- Non, Zeleph n'est pas sadique, il ne ferait pas de telle erreur, dit la bleutée.

Makarov grogna, énervé en repensant à ce qu'avait fait son collègue, à son impuissance à l'époque et à son impuissance actuelle, car…

- Je ne peux pas faire interroger Precht sans risquer de compromettre l'opération, vous comprenez.

Ils acquiescèrent. Il soupira et se leva prenant la direction de la sortit.

- Dès qu'Evergreen aura trouvé des cas similaires, étudiez-les. Dit-il.


Cela faisait maintenant quinze jours que Lévy avait intégré Fairy Tail. Elle avait lu dans la presse son avis de décès et le témoignage d'une tante aimante. Elle n'avait pu s'empêcher de pleurer en lisant cela, elle ne pouvait la contacter, elle le savait, mais c'était tellement difficile.

Heureusement, le travail qu'elle effectuait à Fairy Tail lui occupait beaucoup l'esprit. Gajeel et Luxus étaient repartis depuis dix jours pour vivre leurs vies d'infiltrés à Raven Tail. Elle voyait peu Grey et Juvia aussi. Parfois Erza et Natsu passaient. Mais les personnes qu'elle côtoyait le plus étaient Lucy et Cana, bien qu'elle appréciait discuter avec Fried. Mirajane prenait aussi beaucoup soin de la bleutée, elle était comme une présence maternelle apaisante pour elle. Lucy l'aidait dans le tri des documents étudiés. Et Lévy ne pouvait s'empêcher de demander des nouvelles du Kurogane à Cana, même s'il l'agaçait au plus haut point, elle gardait en mémoire qu'il l'avait aidé à intégrer Fairy Tail.

Son enquête avançait, mais la bleutée devait s'avouer que certains points restaient obscurs. Evergreen avait effectivement retrouvé d'autre cas, cinq cas similaires d'assassinats à celui de l'affaire Grimoir Heart et à chaque fois l'enquête fut bâclée. Lévy reconnut-là la signature de Zeleph dans cette manière d'effacer ses traces. En réalité, à force d'étudier des dossiers et des affaires aux quelles il était lié, elle avait l'impression de le connaître. Une impression similaire à celle que l'on pouvait avoir avec son réalisateur favoris ou son auteur préféré à force de regarder ses films ou de lire ses livres, on reconnaît ses préférences scénaristiques, ces tiques, ses manières de filmer, ou de faire avancer la narration, ses centres d'intérêt, sa logique, son fonctionnement, le faite que ce fut une personne surprenante ou classique…Elle avait établi le même lien entre Zeleph et elle, excepté qu'elle ne lui vouait aucune admiration bien au contraire. Elle avait d'ailleurs réussi à épurer quelque peu les profils qu'avaient amassés Max et Warren, elle avait retenu vingt personnalités pouvant être lui et cinquante pouvant le connaître. Il fallait élaguer encore beaucoup, mais elle était sur le bon chemin.

Mais ce soir, le bleutée avait besoin de repos, voir des meurtres de petites filles, des trafics de drogues, d'armes, de l'esclavagisme n'était pas réellement une activité qui permettait de se changer les esprits d'une bonne manière d'après Cana. Profitant de la présence de Juvia, le groupe de jeunes femmes, comprenant Cana, Lucy, Juvia et Lévy, s'était installé dans le salon extérieur, buvant et grignotant, tout en bavardant de choses et d'autres.

- Vraiment je n'arrive pas à comprendre Elfman et Evergreen,on voit très bien qu'ils sont ensemble, rigola Lucy assise dans un fauteuil ne portant qu'une jupe bleue et un débardeur blanc.

- Ça, ce n'est pas à moi qu'il faut le demander, ajouta Lévy lasse, affalée sur le canapé avec sa bière en main, habillée d'un shorty en jean et d'un haut vert. J'ai beau être comportementaliste, je ne comprends rien à l'amour. Déclara-t'elle en lâchant un long soupir.

- Vraiment ? Ironisa Cana, assise sur un coussin de sol face à la bleutée.

Lévy tiqua et observa les femmes autour d'elle qui souriant avec un sous-entendu qui échappait à la bleutée.

- Il y a bien Gajeel, ria Lucy.

Lévy expulsa de l'air en grognant, la tête levée au ciel.

- Ne me parlez pas de ce crétin, pitié. Grommela-t'elle dans un faux supplice.

Les trois femmes rigolèrent.

- En tout cas, il paraît que vous avez fait des prouesses l'autre soir, ironisa la brune.

- Mais quel crétin ! Elle baissa la tête. Il a fallu qu'il fasse à la bourrine.

- Oui, mais ça a marcher, vous avez eu le dossier et sans trop de dégât au final. Remarqua la blonde. Vous faites une bonne équipe.

- Tsss…

- Juvia connaît bien Gajeel et il est rare qu'il soit si confiant envers quelqu'un, ajouta la femme à longue chevelure océane, vêtue d'une robe d'été blanche.

Lévy regarda cette femme, elle avait eu peu l'occasion de lui parler. En prenant en considération ce que lui avait dit Lucy, elle était plutôt curieuse à son encontre.

- Juvia ne l'a jamais vu avec personne, ajouta la bleu.

- Il y a bien les coups d'un soir. Une fois, on faisait une mission ensemble, il y avait deux filles à poil dans son pieu, quand j'étais venu le chercher, rapporta Cana.Mais il n'a jamais tenté quoique ce soit avec une d'entre nous.

- Juvia pense que Gajeel a peur de s'attacher, précisa l'agent infiltrée.

- Tu le connais depuis longtemps, il paraît ? S'enquit la jeune inspectrice, muée par la curiosité.

- Oui, nous étions à Phantom Lord. Lorsque Juvia eut quatorze ans, José voulait que Juvia rapporte de l'argent…

- Faire la pute, quoi, éclaira la brune sans détour.

- Oui, mais Juvia ne voulait pas, alors José la frappait encore et encore, jusqu'à ce que Gajeel l'arrête en disant qu'il voulais que Juvia devienne sa femme comme chaque membre du gang avait le droit quand il devenait important. Il avait précisé qu'il aimait bien quand elle résistait. Juvia était terrifiée. Elle connaissait la réputation du Kurogane et ce qu'il avait fait. Puis Gajeel prit un appartement pour Juvia, il venait, mais il dormait sur le canapé, il n'a jamais touché Juvia. Il l'avait sauvée. Oh…Il avait besoin de Juvia pour…la bleue s'arrêta de parler, comme si elle venait de réaliser qu'elle allait révéler une information qu'elle ne devait pas dévoiler, ce qui n'échappa pas à la comportementaliste.

- Pourquoi il avait besoin de toi ? Demanda Lévy.

- Rien, fit Juvia embarrassée. Il a aidé Juvia.Juvia s'était donc sentie redevable, alors Juvia a parlé au directeur Makarov, afin qu'il parle à Gajeel, pour le convaincre qu'il pouvait avoir une seconde chance.

- Je vois, dit la bleutée intriguée par ce que la femme cachait.

- Il n'est pas un ange non plus, ajouta Cana.

- C'est vrai, mais Juvia est contente qu'il ai accepté sa seconde chance et il ne la gâche pas. C'est aussi pour cela que Juvia fait ce qu'elle fait à Fairy Tail, elle veut aider celles qui n'ont pas eu la même chance qu'elle.

- Nous avons tous des raisons d'être ici, précisa Lucy.

- Et vous n'avez jamais perdu personne ? Demanda Lévy.

- Si, dit tristement Cana en serrant son verre plus que de raison.

Voyant la tristesse des femmes, la bleutée ressentait de la culpabilité d'avoir posé cette question. Sa curiosité maladive pouvait la pousser à poser beaucoup trop de questions, et elle ne tenait pas à les blesser.

- Je suis désolée, je ne devrais pas poser ce genre de question.

- Non, tu as le droit de savoir. Et on a pas le droit de les oublier. Dit la brune avec de la détermination, mais aussi une certaine amertume dans sa voix. Il y a eu Lisanna, la sœur de Mirajane. Il faut que tu saches que Mirajane était un de nos meilleurs agents de terrain, elle exécutait des opérations clandestines avec brio, rapidité et efficacité. Elle maniait le couteau comme personne. On la surnommait la démone. Un jour, sa sœur l'avait accompagnée sur une mission et elle s'est fait tirer dessus.

- Je ne l'ai pas connue,mais elle et Natsu étaient ensemble,c'est une blessure toujours ouverte,dit Lucy tristement.

Lévy comprenait mieux la prévenance de la barwoman. Sa prévenance n'était pas maternelle, mais fraternelle, elle se comportait ainsi avec tout le monde.

- Depuis Mira ne se bat plus, conclut Cana.

- Puis, il y a eu Jellal, le père de Rose Mary,ajouta la blonde.Il n'était pas vraiment agent de Fairy Tail, mais il avait voué sa vie à retrouver Zeleph. Nous t'avons passé certaines de ses conclusions

L'inspectrice se souvint effectivement de la mention du nom de Jellal Fernandez dans plusieurs de ses dossiers.

- On l'a retrouvé mort alors qu'il allait nous donner de nouvelles informations capitales. Erza a été anéantie, elle ne commandait pas encore l'opération à ce moment. Lucy fit un sourire triste, mais ses yeux étaient emplis d'admiration, elle continua.Mais personne n'est aussi fort qu'Erza. Elle s'est reprise et a mis en place cette opération.

Lévy comprit mieux l'implication de leur commandant dans cette affaire. Au fond, elle était contente de pouvoir en apprendre plus sur ces gens avec qui elle se trouvait beaucoup de points en communs malgré leurs différences. Makarov avait raison lorsqu'il lui avait dis qu'elle ne serait plus seule. Elles essayèrent de discuter de sujets plus légers, ensuite, comme l'idolâtrie qu'avait vouée Juvia à Grey et de ses fiançailles actuelles. Lévy était bien en cet instant…un petit instant de bonheur au milieu de cette tristesse, de ces morts, de ces incertitudes…


Trois jours après cette soirée, une belle journée de fin de printemps s'annonçait. La jeune inspectrice, assise dans son bureau, travaillait toujours sur les profils de personnalités influentes. Cependant elle sentait un certain malaise, Cana n'était pas revenue depuis qu'elle fut partie en mission et elle n'avait aucune nouvelle de Luxus et Gajeel. Alors qu'elle songeait à cela, elle entendit courir dans le couloir, sa porte s'ouvrit brusquement sur une Lucy haletante et visiblement inquiète. L'estomac de Lévy se noua en voyant la jeune femme, quelque chose n'allait pas…

- Lévy ! C'est horrible ! Dit la blonde avec effrois. Suis- moi !

La bleutée suivit l'héritière jusqu'à l'infirmerie de Fairy Tail, un lieu très semblable à un petit hôpital avec que quatre chambre, le domaine de Polyusca, une femme d'un certain âge, au cheveux rose, aux yeux rouge et au visage austère. L'inspectrice ne l'avait que peu vu et jamais parlée. La vieille femme vivait recluse dans son infirmerie, en général. Un médecin misanthrope, cette femme était un des plus grand paradoxe dont avait entendu parler Lévy. Mais cette dernière était bien trop angoissée pour s'occuper de ce genre de détail, elle avait suivi Lucy au pas de course. A leur arrivée, elles virent Luxus debout les bras croisés sur son torse, le visage grave. Sur le visage de son grand-père à ses côtes, des rides montrant son inquiétude s'étaient ajoutées à son visage. Lévy, le cœur serrée, regarda sur le lit d'hôpital. Il s'agissait de Yajima, il avait quelques égratignures, mais il semblait bien se porté.

- Bonjour, inspecteur Macgarden, dit-il d'une voix calme. Je vois que vous allez bien.

- B…Bonjour, bredouilla la jeune femme.

- Tu ne crois pas que la politesse peut attendre, dit Makarov d'un ton sévère.

- Tu as raison, Mabo, dit Yajima en baissant la tête.

- Vous deux, je vous jure, deux vieux fous à jouer au bandit et au voleur à votre âge, râla la médecin en entrant.

- Que s'est-il passé ? Demanda Lévy.

- Le garage a pris feu, dit le vieil homme. Heureusement, j'étais le seul présent. Mais Ga…Il ne réussit pas a finir sa phrase sa gorge s'était serrée.

-,Il y a trois hommes morts dans son appartement, continua Luxus. Sue les a reconnus comme étant des anciens de Phantom Lord.

- Et Gajeel ? Demanda la bleutée la voix tremblante.

Luxus baissa la tête à son tour, il serra les poings, ses muscles se tendaient.

- Fried a retrouvé son ADN dans du sang présent dans la pièce, mais il a disparu, il ne donne aucune nouvelle, il ne répond pas à son portable, ça fait deux jours maintenant.

- Deux jours ! S'exclama la jeune femme. Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit tout de suite ?

- Lévy, Gajeel est quelqu'un qui sait se débrouiller, mais nous avons découvert les corps uniquement aujourd'hui, c'est cela qui nous a alarmé, précisa le directeur de Fairy Tail.

Levy serra les poings, s'il était…non ! Elle ne voulait pas y penser.

- Emmenez-moi chez lui, dit-elle.

Tous hoquetèrent, surpris par la demande de la bleutée.

- Lévy si on te repérait ? S'inquiéta Lucy.

- Je peux le retrouver, j'ai étudié ses réactions, argumenta-t'elle.

Il y eut un grand silence dans la salle. Puis Makarov après réflexion accepta que Luxus l'y emmenât.

- Luxus, il y a une jeune femme à qui je ne veux pas dire qu'il est mort, ajouta t'il avant qu'ils partirent.

-On le retrouvera, promit le balafré.

Lévy était dans la voiture de Luxus, l'inquiétude se lisait aussi bien sur le visage de la bleutée que sur celui habituellement impassible de Drear. Ils partaient en direction de Magnolia. La jeune femme réfléchissait, elle n'arrivait pas à se calmer, imaginer la mort de Gajeel l'angoissait. Elle lui devait la vie, elle…Elle ne voulait pas le perdre. Puis elle songea aux mots de Makarov… Elle considéra un instant du regard son voisin qui avait eu l'air de savoir de qui avait parlé Makarov.

- Gajeel a quelqu'un dans sa vie ? S'enquit-elle.

Le blond soupira légèrement, il réfléchissait à la réponse qu'il devait donner.

- Il y a des choses que tu ignores sur lui, mais c'est pas à moi de te les dire, répondit-il en restant vague.

Luxus ne parlait que très peu de sa vie privée et jamais de celle des autres, il ne se le permettrait pas. Si Gajeel voulait garder des secrets, il le respectait, et il savait que cela marchait dans les deux sens. Lévy se contenta donc de cette réponse, pour elle, le plus important était de retrouver le ténébreux en vie en cet instant. Il arrivèrent à Magnolia, mais la bleutée remarqua que Luxus allait dans l'appartement factif de Gajeel.

- Ce n'est pas par-là qu'il vit, dit-elle.

Luxus pila, il interrogea Lévy du regard, un regard empli d'espoir.

- Le quartier des anciens docks, informa la bleutée avec le même espoir grandissant.

Il fit demi-tour pour se diriger là où l'indiquait la jeune inspectrice. Il ne put s'empêcher de maugréer sur son crétin de coéquipier qui ne lui avait pas parler de son second appartement. Une fois arrivé à la porte de l'appartement que lui avait indiqué Lévy, il crocheta la serrure d'une porte n'ayant pas de poignée à l'extérieure. Elle n'était pas fermée à clef, juste claquée. Dans le séjour, il vit des gouttes de sang par terre, des traces sur le mur, ils suivirent le sang, les menant dans le couloir, la chambre puis la salle de bain. Luxus poussa la porte. Et ils le virent…Lévy ne respira plus durant quelques seconde à cette vision.

Le carrelage de la salle de bain était recouvert par une marre de sang. Sur le sol, gisait le dragon au teint blafard, les yeux fermés, les cheveux collé par le sang, des plais béantes partout sur son corps, ses vêtements ayant bu une partie du sang qui s'en échappait… Il était sans vie, Luxus se précipita vers lui.

- Quel con ! Râgea-t'il.

Lévy, elle, n'arrivait pas à bouger, elle ne quittait pas du regard cette mer pourpre…

- Que faites-vous ici ? Lui demanda la voix tremblante d'une jeune femme qui se voulait autoritaire.

Lévy se retourna et découvrit le canon d'un pistolet braqué sur elle d'une manière peu assurée. Derrière, elle aperçut le visage d'une jeune femme blanche d'une vingtaine d'année avec de grands yeux marron et de très longs cheveux bleus foncés, habillée d'une robe verte.

- Qui êtes-vous ? répéta-t'elle la voix tremblante.

- Je…Je…

La bleutée n'eu pas le temps de répondre que la femme vit le Kurogane dans son sang et Luxus accroupi à côté. Lévy remarqua dans les yeux de Luxus qu'il connaissait la jeune femme.

- Gajeel ! Hurla-t'elle avec effrois avant de le rejoindre sans s'occuper plus de Lévy.