Chapitre 12 – Mon plan

J'enfouis mon visage contre le torse d'Edward, et à ce moment-là, moi aussi je me sentais coupable, j'étais responsable de la mort affreuse d'une humaine. C'est à cet instant précis, que je pensais à ce que j'allais faire, j'avais une idée pour arrêter ce fou, mais il me fallait le concours de Jacob. Je décidais donc d'attendre d'avoir de ses nouvelles pour lui expliquer ce que j'attendais de la meute, s'il était d'accord pour m'apporter son soutien. Je n'imaginai pas un instant qu'Edward m'approuverait, c'est pourquoi les minutes qui suivirent j'essayais de le convaincre de rentrer chez lui, d'aller protéger les siens. J'y parvins enfin, après avoir argumenté sur mon besoin de solitude, lui avoir expliqué en long, en large et en travers qu'ayant toujours été seule, j'avais besoin de retrouver ma plénitude et du calme pour réfléchir.

Jacob me contacta quelques instants plus tard, la rage l'habitait, il m'expliqua que la meute n'avait pu localiser le tueur qu'au moment où il achevait sa jeune victime, après l'avoir prise de force et avoir fracturer ses membres un par un. Dans un râle de souffrance, il m'informa qu'il s'agissait d'une petite fille de Sam, sœur d'un des loups de la meute, et que l'heure était à la vengeance. Il ne savait pas s'il pourrait convaincre les autres de maintenir le traité qui protégeait les Cullen et maintenant moi, puisque j'étais également des leurs.

Je lui demandais qu'on se rencontre avec la meute au grand complet, que j'avais un plan qui pourrait les aider à assurer leur vengeance. Avec son accord, je me rendis à la frontière de La Push, où il m'assura que les loups m'attendraient. J'avais à peine franchit le seuil de la maison, que je vis Edward. Mince, il n'avait pas été dupe de mon manège.

Je t'accompagne, je ne te laisserais pas te mettre en danger !

Son ton était dur et tranchant, et je n'avais ni le temps ni le courage de le détourner de ses projets.

Bien, je te résume la situation, ou as-tu tout entendu ?

J'ai entendu le principal, que ce soit au sujet du traité ou de ton soit disant plan. J'ai pris sur moi de prévenir Carlisle, le traité a été signé avec lui, il aura son mot à dire dans cette décision.

Je le regardai en soupirant, mais que pouvais- je faire pour le moment à part accepter. J'espérais seulement que Jacob ne serait pas en colère contre moi, et que la meute ne nous attaquerait pas, avant d'avoir pu mettre certaines choses au point.

Nous arrivâmes au point de rendez-vous en même temps que Carlisle. Jacob et les loups nous attendaient. Il régnait une certaine agitation teintée de colère et de mépris envers nous.

Un des loups s'approcha de moi, et s'assit à mes côté, je savais qu'il s'agissait de Seth. Lui et Jacob étaient les deux seuls à se comporter de façon si naturelle avec moi. Il mit sa grosse tête sur mon épaule. Je lui gratouillais un instant le haut du crâne puis lui fis un bisou sur le museau sous le regard dégouté de ses congénères.

Jacob, en tant qu'alpha pris la parole après m'avoir fait un léger signe de tête.

Bien, sachez tout d'abord que personne ne peut nous percevoir, Bella a étendu autour de nous une protection. Ce qui signifie que même si le buveur de sang n'est pas loin, il ne peut nous entendre, ni nous sentir.

Ses paroles s'adressaient surtout à la meute qui ne connaissait rien de plus sur moi, que le fait d'être une très vieille amie de Jacob et Seth. Je voyais les loups jeter des regards anxieux autour d'eux et vers le ciel se demandant surement comment je pouvais les protéger. Je sentais également que mes deux compagnons étaient tendus, non par l'annonce du bouclier, mais parce que je devinais qu'ils ne s'étaient pas attendu à une meute si importante ni à la taille impressionnante de ces individus. Jacob enchaîna :

Ce soir, un des vôtres a tué une jeune fille de la réserve, et nous réclamons vengeance. Le traité sera remis en cause, sauf si vous nous aider à l'attraper et que vous nous le livrer. Docteur Cullen, je sais que ni vous ni votre famille n'est en rien responsable du comportement de ce porc, mais vous devez comprendre que votre espèce est un danger permanent.

Je pris alors la parole, puisqu'après tout, même si souvent Jacob l'oubliait, je faisais également partie de qu'il appelait « leur espèce ».

Jacob, comme je te l'ai dit tout à l'heure, je pense être capable de vous aider à obtenir réparation. La chose la plus importante après laquelle court ce nomade, c'est moi. Si toi et ta meute êtes d'accord, je vous propose de servir d'appât, je quitterais mon bouclier et je me rendrais à la clairière. C'est l'endroit le plus adapté pour un guet-apens, et plus symboliquement c'est l'endroit où je suis morte. Si vous restez à l'abri des arbres, et ne surgissez que lorsqu'il viendra sur moi, vous avez toutes les chances de le coincer. L'effet de surprise jouera en votre faveur, je doute qu'il ne connaisse votre existence. Par contre, vous devez savoir qu'il a la possibilité de vous paralyser je ne sais pas si cela fonctionne sur vous lorsque vous avez votre forme lupine, mais vous devez vous y attendre.

Jacob, Carlisle et Edward réagirent de concert, m'interdisant de mettre ma vie en danger. Mais je finis par les convaincre que j'avais raison, nul autre n'avait de plan à suggérer, et en touche finale, je leur indiquai qu'au cas où, il les paralyse tous je projetterai sur eux mon bouclier pour les libérer. Là, je savais que je m'avançais quelque peu, je n'étais absolument pas certaine d'y parvenir, une fois que je serais face à mon pire cauchemar.

Après quelques moments de discussion complémentaire, pour la mise en place de chacun, il fut conclu que la meute serait d'un côté de la clairière, et les Cullen à l'autre extrémité sauf Edward qui refusait catégoriquement de me laisser seule dans la clairière. Il resterait donc près de moi, sachant qu'il serait en première ligne et probablement paralysé en premier lieu.

Seth me lança un regard malheureux en se relevant et rejoignit les siens. Il était convenu que chacun se rendrait à la clairière de son côté et d'ici une demi-heure grand maximum, nous devions tous être en place.

Les loups s'éloignèrent, tandis que Carlisle rejoignait la villa en courant et je restai seule avec Edward.

Tu es sure de toi, Bella ? Seras tu capable de l'affronter et de nous protéger ? Je ne doute pas de ton don, mais tu seras toujours pour moi la fragile humaine que je dois protéger, et là tu inverses quelque peu les rôles. J'ai peur !

Me dit- il dans un murmure. Il avait posé son front sur le mien et ses yeux étaient clos. Je sentais sa respiration s'accélérer, signe évident de son angoisse.

Ma décision étant irrévocable, je lui pris la main, et tout en gardant mon front contre le sien, je retirais mon bouclier. Je sentis ses narines se dilater, il aspirait mon odeur à grandes goulées, je sentis ses lèvres s'étirer en un sourire immense.

Ton odeur n'a pas changé, tu es toujours aussi envoutante pour moi, me dit-il d'une voix légèrement roque.

Je l'embrassai furtivement sur la joue, et l'entrainais dans mon sillage, vers la clairière, où se jouerait encore une fois mon destin.