Merci à Moonyfull, la vague folle, Oli-giri et Zorororonoa-kun pour leurs reviews !
Et voici le nouveau chapitre…
Ce chapitre est spécial, non, pas parce que c'est le dixième.
Parce qu'aujourd'hui, ou plutôt cette nuit dernière, s'est éteint un grand personnage de la lutte contre le racisme et l'apartheid.
Son nom ? Nelson Mandela.
Je désire rendre un petit hommage à ce grand homme, à travers ce chapitre. Même si c'est sans doute médiocre, comme hommage. Je voulais le faire.
Monsieur Mandela, vous êtes l'un des meilleurs exemples à suivre qui était sur cette Terre, et j'espère qu'un jour, un monde sans racisme existera.
Cela peut paraitre dur, mais avec un petit effort, de la part de chacun d'entre nous, individus perdus dans l'immensité des 7 milliards d'habitants de la Terre, on peut y arriver.
On doit. Absolument.
Repose en paix, père de l'Afrique.
10-Memory
Brook/Kuma
UA
Ils avaient fait le voyage exprès de France.
Ils avaient atterris à Johannesburg le soir d'avant, entendant les chants, voyant les danses, dans la rue, les gens qui crient, qui pleurent, qui extériorisent leur douleur, puis repartent dans les rues, rythmées par d'étranges forces, qui les font continuer sans s'arrêter.
-Tu le sens, Bartolomew ?
-Oui… Ils le font vivre encore, à travers leurs actes, leur vénération.
-Cet homme pouvait être vénéré.
-Son repos n'en est que plus juste et mérité, Brook.
-Je sais… Oh, je sais tellement…
Kuma vient à côté de Brook, regardant les personnes, blanches, noires, métisses, qui se confondaient dans la lumière, tous ensembles, unis.
Oui, ils y en avaient qui ne voulait pas sortir et danser. Il y en a qui jubilaient, même.
Mais ceux là ne méritent pas l'attention des autres, et ne resteront que rats dans leurs ténèbres.
Ce genre de personnes, 50 ans auparavant, il y en avait bien plus dans cet état d'Afrique, nommé simplement Afrique du Sud, et faisait régner une loi injuste envers les personnes colorées de chocolat, d'ébène ou d'onyx, tellement oppressante et injuste, séparant le monde en noir et en blanc.
Ce qu'ils se représentaient comme le bien et le mal.
Sauf que le véritable mal n'était pas du côté que l'on croyait.
Un homme, parmi tant d'autre, s'est révolté, et à été emprisonné.
Mais il avait fait prendre une conscience à certaines personnes, à l'esprit moins étriqué que les autres.
Quelques temps plus tard, la rébellion sonnait dans la rue, une manifestation.
Une seule clameur.
Free Mandela.
Bien des années plus tard, cet insurgé sortit enfin de prison . La suite, vous la connaissez sans doute : prix Nobel de la paix puis, victoire pour lui, et pour son peuple.
Les barrières tombent. L'apartheid n'était plus.
Oh ! Certains sont encore racistes, souhaitant remettre à l'état d'esclaves leur égal, alors que la seule différence réside dans une simple carnation.
Ils se dressent eux même une barrière d'illusions, et se perdent dans leur folie.
Ces types là, sont comme leur existence : aigre et sans saveur.
.
.
.
Le lendemain, ils entrent enfin dans le quartier des affaires, où, pour aujourd'hui et le lendemain, les deux dernier jours avant l'enterrement, le peuple puisse aller voir et pleurer Nelson Mandela, qui s'est éteint dans la nuit le 5 décembre 2013.
-Hé, Brook ! Rentre pas dans ce building, c'est celui d'a côté où il faut aller !
-Oups…
-Oui oui… Oups hein…
Les deux amis arrivèrent au pied de l'Union Building, siège du gouvernement Afrikaan, noir de monde.
Le hall était tout aussi noir de monde. Ils savaient qu'ils devaient faire preuve de patience.
5 heures plus tard. C'est leur tour.
Dans un cercueil en bois de chêne, étendu sur des coussins pourpres, entouré de bougies, de fleurs, de petits mots, d'une ou deux peluches, était étendu l'un des héros de la lutte anti raciale, qui a réussi a faire de son pays le « pays arc en ciel » en raison des nombreuses nationalités présentes sur le sol afrikaan, celui qui s'est fait enfermer pour avoir voulu la liberté.
Kuma ne dit rien, sauf dans sa tête, où les pensées se bousculaient.
Brook demanda à une femme si il était possible de jouer quelque chose, ce qui ne posait apparemment pas de problème.
Il sortit son violon violet de son étui, le cala lentement, interpellant ceux derrière lui.
-Prêt Kuma ?
Ce dernier lui sourit.
Un violon retentit, tandis qu'une voix grave s'éleva, chantant.
Nkosi sikelel' iAfrika
Maluphakanyisw' uphondo lwayo...*
Les voisins de derrière comprirent, et se mirent à accompagner Bartolomew.
Yizwa imithandazo yethu,
Nkosi sikelela, thina lusapho lwayo!
Ce mouvement se propagea à la foule…
Morena boloka setjhaba sa heso,
O fedise dintwa le matshwenyeho,
O se boloke, O se boloke setjhaba sa heso,
Setjhaba sa South Afrika - South Afrika !
Un violon résonnant au dessus des têtes…
Uit die blou van onse hemel,
Uit die diepte van ons see,
Oor ons ewige gebergtes,
Waar die kranse antwoord gee!
Un chant qui fit battre les coeurs à l'unisson.
Sounds the call to come together,
And united we shall stand,
Let us live and strive for freedom,
In South Africa our land!
Le violon termina lentement, en même temps que les voix mourraient, les yeux de Brook légèrement voilés, et Kuma souriait derrière ses larmes.
-Rus in vrede, Nelson Mandela, vader van Afrika ... **
Le musicien et le chanteur sortirent dans l'air frais du soir, qui est déjà bien avancé.
Après un dernier regard vers le hall illuminé, ils s'enfoncèrent dans la nuit.
*Hymne national de l'Afrique du sud, adopté en 1997, les couplets étant écrites dans les 5 langues les plus parlées dans le pays, dans les 11 officielles, dans l'ordre: Xhosa, Zoulou, Sotho, Afrikaans, Anglais. Ces 5 couplets sont deux chants, Nkosi Sikelel' iAfrika (Dieu sauve l'Afrique [3 premiers couplets], chant populaire africain, adopté par les résistants anti-apartheid) et Die Stem van Suid Afrika (L'appel de l'Afrique du Sud [2 derniers couplets] l'ancien hymne national de l'Afrique du Sud, adopté en 1927).
Traduction
Que Dieu bénisse l'Afrique, Que Dieu entende nos prières Que Dieu bénisse notre nation, Résonnant depuis nos cieux d'azur, Retentit l'appel à l'unité,
Puisse sa corne s'élever vers les cieux,
Et nous bénisse, nous ses enfants d'Afrique.
Et qu'il supprime toute guerre et toute souffrance,
Préservez, préservez notre nation,
Préservez notre nation sud-africaine, l'Afrique du Sud.
Et nos mers profondes,
Au-delà de nos monts éternels
Où rebondit l'écho.
Et c'est unis que nous serons,
Vivons et luttons pour que la liberté triomphe
En Afrique du Sud, notre nation.
** « repose en paix, Nelson Mandela, père de l'Afrique... » en Afrikaans.
A suivre…
