Démons, 1er opus
Piccolo
« Personne ne peut avoir deux vies. C'est
pourtant la sensation que l'on a quand
on a vécu ça. Et tous les jours, à chaque
minute, cette autre vie est encore là,
vous dévore, vous hante. »
Esclaves à Yatsuhoï
dédié à Olav, mon compagnon
Chapitre 10 : L'affrontement
Les sentiments de Oob étaient assez mêlés. D'un côté, le désespoir qui le touchait, comme tous les autres ou presque. Seuls les parents ne semblaient pas avoir abandonné. Enfin, pour le père, il en était sûr. Il volait çà et là depuis la veille, et pour le moment, s'était posé quelque part au Nord. La mère, elle, était très étrange. Il ne pouvait pas sentir son énergie, même si elle volait, mais il était certain qu'elle était puissante, très puissante. Il lui faudrait demander à son maître.
L'autre sentiment qui habitait son esprit était celui de la fierté. Justement, il était le seul avec les parents de la jeune Maron à persévérer dans ses recherches. Même son maître s'était arrêté chez Dieu.
Il tourna violemment la tête, mais trop tard. Des bras l'enserraient. Il reconnut vite l'énergie qui s'était soudain dévoilée. Le monstre qui avait enlevé Maron.
« Où est la jeune fille ? »
« Tu sais que tu es piégé ? Je te tiens et tu ne m'échapperas pas. »
« Où est-elle ? »
« Tu vas mourir. » Oob concentra son énergie en un point de son torse, avant de la relâcher violemment. L'explosion fut telle qu'elle emporta les deux bras du monstre.
« Réponds ! » Le démon était désormais face contre terre. Il se releva en titubant, cherchant à trouver un nouvel équilibre en l'absence de ses deux membres supérieurs.
« Eurhh... jamais... tu peux... tu peux crever... »
« Mais regarde-toi... tu manques vraiment de lucidité, non ? »
« Hé hé hé... c'est ce que tu crois... » Par ses mots, Banjo tentait aussi de se rassurer. Son maître devrait intervenir d'une minute à l'autre... dans très bientôt...
Oob fronça les sourcils et se détourna de son adversaire, toujours au sol. Oui, c'était bien l'énergie d'un ami de son maître qui venait de se dégager soudain. Avait-il trouvé quelque chose ?
« Erreur fatale ! » Banjo avait bondi en criant, dans un fol espoir, vers le jeune garçon. Oob l'arrêta net d'un violent coup dans le ventre, avant de le précipiter au sol. Il plongea vers lui, et, glissant sous son corps, précipita ses pieds dans sa colonne vertébrale, qui céda dans un craquement sinistre.
Le monstre, étendu à quelques mètres de Oob, ressemblait plus à un pantin distendu qu'à un combattant. Il geignait :
« Maître... maître... »
Oob s'éleva alors dans les airs, et propulsa une boule de feu de petite taille, largement suffisante pour l'achever. Il observa un moment le corps inerte du démon, avant de lancer une autre rafale peu puissante, qui creusa un trou à quelques mètres du cadavre.
Il y enfouit Banjo, lançant un proverbe de son pays :
« Même le pire des infidèles a le droit du repos éternel. »
Les silhouettes dessinées sur les parois de la caverne se prosternaient devant une étrange boule aux effets lumineux, qui s'élevait dans les airs. Même si les dessins restaient assez sommaires, Krilin se sentait de moins en moins rassuré.
Il déboucha enfin dans une salle plus grande. Il s'aperçut qu'elle avait été aménagée. En effet, une étendue d'eau parfaitement ronde, entourée d'une bordure de pierre taillée, ornait le centre de la pièce. En s'approchant, Krilin découvrit d'étranges motifs, totalement inconnu. Sentant obscurément qu'il avait atteint un lieu clé dans sa recherche, il se lança dans la lecture de ces calligrammes qui décoraient le petit muret.
Piccolo le bon souffrait. Physiquement tout d'abord, après que son double lui ait brisé l'épaule. Mentalement ensuite, à cause du tourbillon de ses pensées, qui l'empêchait de se concentrer. Il ne savait plus où il en était, comme si quelque chose en lui s'opposait à ce combat, quelque chose de viscéral, qu'il devait dominer.
Il lança une salve d'énergie, qui brûla un bras du démon. Celui-ci ne sembla pas y prendre garde, et se précipita vers son fils, lui assénant un violent coup de pieds dans les côtes.
Les deux Nameks avaient déjà retiré les vêtements qui les gênaient, et se battaient au maximum. Ce combat entre le mal et le mal devenu bien faisait respecter une sorte de calme cérémonieux dans toute la forêt. Mais la violence des coups suffisait à agiter l'atmosphère.
Piccolo le bon marqua un point en pulvérisant un genou du démon. Celui-ci perdit l'équilibre, et bascula dans les airs. L'autre en profita pour lancer une nouvelle boule de feu, qui projeta Piccolo le mauvais quelques mètres plus loin.
Les deux se faisaient face quand Végéta et Sangoku arrivèrent, de deux directions différentes. Ils furent bientôt rejoints par Oob, puis Ten Shin Han.
Les quatre nouveaux venus observaient le combat, qui venait de reprendre. Le démon avait pris l'avantage, et Piccolo le bon reculait pas à pas. Il fut bientôt propulsé par un coup très violent, puis un deuxième l'envoya transpercer quelques arbres et s'écraser dans la forêt.
Le démon plongea vers lui. Oob voulut se lancer à sa poursuite, mais un barrage l'arrêta. Il observa son maître, surpris.
« Qu'est-ce que tu comptes faire, Oob ? »
« Et bien... aller affronter ce monstre... »
« Il se bat déjà non ? » Oob semblait ne pas comprendre. « Piccolo, le bon, a choisi de l'affronter. Seul. »
« Mais il faut l'aider. »
« Pour le moment, il n'est pas en danger de mort. Tu n'as pas à intervenir dans un combat si ça n'est pas nécessaire. » Végéta intervint alors.
« Et c'est moi qui suis arrivé en second. C'est donc à moi de l'affronter quand Piccolo aura perdu. »
Ten Shin Han observa Végéta. Le Saiyen voulait marquer son ascendant sur Oob. Il venait de lui montrer qu'il avait plus d'expérience. Toujours la même fierté... De plus, les talents d'analyse de Végéta ne pouvaient être mis en doute. Piccolo allait perdre.
Comme pour donner raison aux pensées de Ten Shin Han, un cri émergea bientôt des arbres, et une violente vague d'énergie s'éleva vers le ciel, emportant Piccolo le bon. Le démon suivit de peu la vague, et fonça vers son double. Il lui brisa la nuque d'un coup de pied bien placé, et lança une autre salve énergétique. Il s'acharna à nouveau sur son fils, comme pour lui montrer tout son dégout, ses poings ne semblant plus pouvoir s'arrêter.
« Là, il est dans une situation critique. Végéta, tu peux intervenir. » Le Saiyen se tourna vers Sangoku.
« Je devrais le laisser mourir. Et je n'ai pas besoin de ton autorisation. »
Le Prince Saiyen fonça tout de même vers le démon, qui eut juste le temps de voir venir l'attaque. En un éclair, Végéta était passé au stade deux du Super Saiyen. Ainsi, il ne laissait pas le temps à Piccolo de se ressaisir. En quelques coups, le démon fut projeté dans les airs, puis fauché par une boule de feu. Il se reprit, et les rayons qui sortirent de ses yeux surprirent Végéta. Il les évita néanmoins sans peine, mais fut éraflé par la projection d'énergie suivante. Piccolo était déjà sur lui, et il parait les coups comme il le pouvait. Il sentait la présence de la Force Noire, de plus en plus intense.
Sangoku prit le bras de Ten Shin Han.
« Vous sentez ? Cette énergie... c'est la même que lorsqu'il nous a attaqué... »
Ten Shin Han hocha la tête.
« Il a… quelque chose de spécial. Il est loin, très loin du démon que nous avons connu... »
« Il aurait pu fusionner avec un autre combattant ? » Oob avait du mal à suivre la conversation. Son maître était loin de lui avoir tout raconté sur son passé. Et la frustration de ne pas pouvoir affronter ce Piccolo l'envahissait toujours.
« Je ne pense pas... la nature de sa puissance est différente. Mais... son aura est la même... » Ils revinrent au combat, qu'ils n'avaient pas vraiment quitté.
« Il va trouver l'oracle... »
« C'est rare de tomber sur un humain aussi déterminé. »
« Abarthagel est à l'abri. Piccolo est trop occupé pour nous sentir arriver. On peut s'approcher. »
« Mais conservons le triangle. »
Dendé avait atteint un degré de concentration maximale. Le dernier acte n'allait pas tarder à se jouer. Il suivait de près l'étrange manège des envoyés d'Enma. Ils planaient doucement, s'approchant du lieu du combat. Végéta allait bientôt passer au stade trois. Allait-il arriver à vaincre le démon ? Il était persuadé à présent que Krilin avait un rôle à jouer. Il avait découvert quelque chose dans la caverne. Quelque chose d'important, mais que Dendé ne connaissait pas. Toutes ces pensées se bousculaient dans son esprit.
Le Dieu de la Terre suivait aussi de loin le combat de Yamcha contre les créatures de ce Abarthagel. Il avait fait des recherches sur ce sorcier qui, bien avant Piccolo, bien avant même l'arrivée du Tout-Puissant, avait asservi une région toute entière pour rechercher de mystérieux joyaux capables d'accroître ses pouvoirs. En étudiant de plus près les capacités d'Abarthagel, Dendé découvrit quelques indices. Tout d'abord, il maitrisait la télétransportation. De plus, il connaissait de nombreux langages, parfois oubliés même de Dieu. Dendé avait ainsi monté une théorie, qu'il exposerait à Enma. Le Palais du Prince des Enfers était probablement un lieu intermédiaire. Découvrir son existence, puis s'y téléporter était dans les cordes d'Abarthagel. Mais une idée aussi machiavélique était sans doute le fait de Piccolo.
L'armée d'hommes verts et écailleux fut rapidement mise en déroute. Ils avaient été complètement déboussolés par la disparation de leur maître. Leur seule réaction avait été de mettre le feu à tout le campement. La cage dans laquelle se trouvait Yamcha et Mira s'était réduite en cendre en un instant, et Yamcha avait rattrapé la jeune femme d'extrême justesse. Il s'était posé au sol, au milieu des décombres, assez loin de l'incendie. Mira avait vacillé, une fois ses jambes sur le sol, mais l'espoir de retrouver sa famille lui avait rendu ses forces.
Yamcha vint en aide aux combattants, ajoutant sa puissance à la rage inouïe des travailleurs, celle d'hommes esclaves depuis trop longtemps.
Chichi observait ses deux fils, leurs visages graves, leurs regards durs. Elle posa la question que tout le monde avait sur le bout des lèvres.
« Il se passe quelque chose ? » Ce fut le plus âgé qui répondit, sans détourner son attention.
« Ils se battent. Végéta et le démon. Végéta vient de se transformer en Super Saiyen Trois. » Bra, qui était descendue avec sa mère, demanda, inquiète :
« Mais... il va faire comme au tournoi ? »
« Non. Il contrôle bien mieux sa puissance. Mais je ne crois pas que ce soit suffisant. » Bulma baissa la tête.
« Sangohan... est-ce qu'on y va ? » Goten avait toujours ce respect envers son frère. C'était sa décision qu'il écouterait. Chichi intervint.
« Et... il y a d'autres guerriers là-bas ? »
« Oui. Papa, Ten Shin Han et Oob. Et Piccolo. Mais il s'est fait battre. On va attendre un peu, il ne faut pas les gêner. On verra si ça se corse. »
Sangohan médita sur ses propres paroles. Piccolo, son ami, était passé près de la mort. Il devait sa survie à Végéta. Quelle ironie du sort...
Végéta avait du mal à dominer sa puissance. Pourtant, il le fallait. S'il ne tuait pas Piccolo dans les deux minutes, il devrait repasser au stade deux, sous peine de se vider complètement.
Le sang Namek avait imbibé le pantalon et la veste du démon, dont les yeux injectés de sang trahissaient la peur. Il fonça une nouvelle fois sur ce guerrier aux longs cheveux dorés, et au regard peut-être aussi cruel que le sien.
Un nouvel échange de coups brisa le poignet de Piccolo, qui réussit néanmoins à toucher son adversaire au visage. Mais Végéta ne s'en laissa pas compter, et redoubla de vitesse. Bientôt, ses deux poings s'abattirent sur les épaules de Piccolo, avant que son pied ne lui décroche la mâchoire. Un sentiment de panique prit soudain Végéta, et il lança une attaque surpuissante, à bout portant, qui éjecta les deux combattants dans des directions opposées.
Végéta mit sa tête entre ses genoux, et repassa au stade deux. Il avait évité la catastrophe. Tout ce qu'il espérait à présent, c'était d'avoir suffisamment diminué Piccolo.
Le démon reprit ses esprits. Quelle puissance... Mais pas assez pour le tuer. Et il avait senti l'aura de son ennemi diminuer d'un coup. Seulement, même s'il arrivait à le mettre hors d'état de nuire, il aurait les autres à combattre ensuite. Sangoku, ce jeune homme qui avait tué Banjo, et ce Ten Shin Han qu'il avait déjà affronté deux fois. Non, il fallait attaquer tout de suite, par surprise et très violemment.
Piccolo fonça vers Végéta. Mais au milieu de sa course, il tendit deux doigts vers le groupe de spectateurs, à sa droite, et lança un rayon d'énergie si dense qu'il brisa nette la mâchoire de Sangoku, avant de lui brûler la moitié du visage.
Ten Shin Han resta prostré un long moment, qui même s'il ne dura que quelques millièmes de secondes, fut beaucoup trop long. Une boule de feu arracha l'un des membres supérieurs de Oob, qui contrôla difficilement sa chute, contrairement à Sangoku qui disparut dans les feuillages. Avant de même de se dire qu'il serait le prochain, Ten Shin Han sentit une vague d'énergie arriver sur lui. Il tenta de s'échapper, mais trop tard. Il sentit son abdomen se percer sur cinq bons centimètres de diamètres. Sa vision se drapa de rouge, puis de noir.
Les mains de Dendé se serrèrent sur son bâton. Le démon avait une réserve incroyable. Il venait d'abattre Sangoku, désormais inconscient. C'est pour lui et Ten Shin Han qu'il avait mis le plus de puissance. Il voulait sans doute conserver Oob pour l'affronter plus tard.
Végéta affrontait désormais Piccolo, mais semblait faiblir. Il n'abandonnait pas, sa fierté lui interdisait, mais Dendé sentait clairement qu'il cherchait une solution de repli. Il plongea alors vers la forêt, poursuivi par le démon.
Soudain, Végéta masqua sa puissance. Le démon ressortit.
« Si tu ne te montres pas, je détruis toute la forêt ! Serais-tu lâche à ce point ? »
Une pointe d'énergie se fit alors sentir, et une attaque sortit du tapis d'arbres. Piccolo l'évita et plongea vers le lieu d'origine. Mais Végéta s'était déjà déplacé, sans se trahir, et lança une seconde attaque que le démon prit dans les côtes. Végéta surgit alors, et abattit son pied sur la nuque de Piccolo, qui fut précipité au sol. Mais avant même d'atteindre les premières branches, il fut cueilli par une vague d'énergie. Piccolo ! L'ami de Dendé émergea difficilement de la forêt.
« Je n'avais pas besoin de ton aide, Namek. »
« Je n'en suis pas si sûr, Saiyen. »
Ce n'est vraiment pas le moment, pensa Dendé, jetant un oeil sur les envoyés d'Enma. Mais il savait au fond de lui que tous deux étaient des guerriers assez compétents pour unir leurs forces le temps d'un combat.
Krilin ne comprenait rien du tout à ce qui ressemblait vaguement à une écriture mêlée de dessins plus ou moins compréhensibles. Tout semblait converger vers un point, ou plus deux points légèrement creusés dans le muret qui entourait l'étrange cercle d'eau.
Une fois de plus, car il avait la certitude que c'était ici qu'il allait se passer quelque chose, il fit le tour du bassin, tentant de saisir quelque chose à travers les écritures. Il laissa ses doigts glisser sur la pierre. Il arriva de nouveau aux deux petites cavités. Quand son index passa dans la première, un léger tremblement secoua la grotte. Krilin retira la main et observa les parois, stupéfait.
Il déglutit, et replaça son index au même endroit. La pièce fut secouée une nouvelle fois. Il plaça alors son deuxième index dans l'autre trou. Cette fois-ci, une boule immense, dont il n'aurait pu deviner la matière, sortit de l'eau et s'éleva deux mètres au-dessus du sol.
Krilin restait éberlué devant cette apparition fantomatique. Une voix monocorde envahit alors la caverne.
« Je suis l'Oracle des Oracles. Krilin, fils de Rinaï, va retrouver ta fille. »
L'eau s'illumina alors, et il se dessina une image. Une forêt. Un camp, de bûcheron peut-être... Et... Yamcha ? Yamcha qui se battait contre des êtres étranges, à la peau verte et aux yeux livides, en compagnie d'autres hommes qu'il ne connaissait pas...
Soudain, un nouveau tremblement, plus violent encore, secoua la caverne.
« Il a réveillé l'Oracle ! Sa puissance magique est au maximum ! »
« Maintenant ! » Les trois guerriers concentrèrent leurs esprits. C'était l'instant le plus important. Il ne fallait pas faillir. Ils arrivaient cent mètres environ au-dessus de Piccolo.
Piccolo et Végéta venaient de voir surgir le démon. Malgré ses blessures multiples, il semblait encore avoir la force et la détermination suffisantes pour les affronter tous les deux.
Alors qu'il s'apprêtait à lancer une attaque, le démon fut soudain attiré par un bruit venant du sol. Des arbres craquèrent. La terre trembla.
Piccolo et Végéta observaient, sans comprendre, la forêt devenue mouvante. Ils étaient sur leurs gardes, prêts à recevoir une attaque quelconque. Mais le démon semblait aussi perplexe qu'eux.
Sans qu'aucun des trois combattants n'aient le temps de saisir ce qui se passait, un immense cercle de lumière passa au travers des arbres, et monta doucement vers eux. La terre semblait s'être calmée.
Végéta ne ressentait pas la Force Noire. Ce n'était pas une attaque de l'autre. Il remarqua alors une présence. Puis deux, puis trois. Au-dessus d'eux...
Comme les deux Nameks, il leva la tête. Trois silhouettes les observaient. Chacune avait une épée à la main. D'un mouvement bref mais coordonné, ils levèrent leurs épées, attirant vers eux un petit corps inerte qui émergea des arbres. Celui-ci s'arrêta près du démon Piccolo, qui semblait tétanisé. Une voix monocorde, sans l'ombre d'une menace, mais également sans aucune trace de pitié s'éleva alors.
« Piccolo Daïmao et Abarthagel de Yatsuhoï, vous avez fui les Enfers, assassiné le Prince Tartaros et agressé la planète Terre. Vous allez payer vos crimes dans les grottes de l'Hadès. »
Le cri du démon fit écho au bruit des trois lames qui se touchèrent, et réveilla son acolyte. Du cercle lumineux au-dessous d'eux sortit alors un dôme lumineux qui emprisonna les deux évadés. Piccolo se heurta à l'une des parois, sans pouvoir la transpercer. Abarthagel lançait des salves de mots saccadés, maudissant les mystérieux justiciers.
Alors que le dôme se refermait au point de contact des trois épées, Piccolo s'acharnait contre le mur de lumière, sur lequel toutes ses boules d'énergies s'évaporaient. Abarthagel semblait s'être calmé. Immobile, les bras ballants, il observait les efforts inutiles et pathétiques de Piccolo. Ils étaient perdus. Il n'y avait plus rien à faire pour eux. Tout ça à cause de... Il jeta un regard vers les hommes que Piccolo avait dû affronter. Peut-être pour la dernière fois, il utilisa ses dons pour se remémorer en un instant tout ce qui les avait perdus.
Le petit démon serra alors les points, et lança une nouvelle série de mots incompréhensibles :
« Alamrak niassamrrh sisrinok krisistar trasken feroniskartr ! »
Une dizaine de boules de feu jaillirent alors du corps d'Abarthagel. Elles traversèrent la paroi, sous l'oeil inquiet des guerriers présents, mais se dissipèrent peu après, sans avoir causé le moindre dégât.
La même voix, toujours sans aucune inflexion, qui appartenait à l'un des trois étranges guerriers, attira alors l'attention de Végéta et Piccolo.
« Dôme, referme-toi. » L'indestructible prison lumineuse se rétrécit alors à une vitesse fantastique, et ne fut bientôt qu'une bulle d'à peine un centimètre au bout des trois épées. L'un des gardiens la saisit, et tous trois s'évaporèrent d'un coup.
« Hé ! » Le cri que Végéta ne put empêcher de sortir était signe de sa frustration. Il n'avait pas terminé ce combat...
« Ils sont chez Dendé. Récupérons Oob, Ten Shin Han et Sangoku et allons-y. »
Quand l'explosion de lumière envahit la caverne, Krilin crut bien qu'il allait être emporté avec elle. Il fut précipité vers le plafond de la grotte, en même temps que l'immense vague sortie de l'Oracle.
Mais un bras le retint, et l'empêcha d'aller s'écraser sur la pierre. Il vit la lumière disparaître, puis une étrange silhouette se pencha sur lui.
« Tout va bien ? » Krilin reprit ses esprits, s'assit et examina, encore un peu ahuri, le petit homme. Il avait des allures de lutin, la peau légèrement verte, les oreilles pointus, et un accoutrement de conte de fées.
« Qui êtes-vous ? »
« Quel entêtement ont les humains de toujours répondre par une question... »
Krilin l'observa, un peu sonné.
« Ah !... Ah oui, pardon... je vais bien, oui... »
« Je suis Jin Jaoï Juzentu Jacumura Jefenkamikor Jlktsghfjotrzxwihpm Jok. Mais appelle-moi Jok, nous n'avons pas beaucoup de temps. Ta fille se trouve dans la forêt de Yatsuhoï. Ton ami se bat contre les créatures d'Abarthagel, mais ils ont mis le feu à leur camp. Le temps t'est compté. »
Quand le lutin s'évapora devant ses yeux, Krilin se demanda si son rêve était terminé. Mais la douleur qu'il ressentit quand il assimila vraiment les phrases du lutin le réveilla. Il fonça à travers les galeries.
« Ils ont disparu... »
« Qui ? »
« Piccolo le démon et... un autre. » Sangohan, debout au milieu de la pièce, informait les membres de sa famille. Sa fille le regardait, apeurée.
« Est-ce que grand-père est mort ? »
« J'ai bien cru que... » Sangoten serrait les poings. Son père avait failli mourir. A présent, Piccolo, leur ami, et Végéta se rendait au palais de Dendé.
« Ne t'en fais pas, Pan, il va être soigné. » Goten jeta un coup d'œil à son frère.
« On y va ? » Sangohan hocha la tête. Il voulait comprendre.
« Je peux venir ? » Avant même que Gohan ne réponde, Videl intervint.
« Je viens aussi. J'aimerais savoir ce qui se passe. »
« Je vous accompagne. » Ani portait sa fille dans ses bras.
Sangohan leva les bras. « Bon, bon... Alors on y va tous. »
Les anciens prisonniers avaient monté une chaîne, tentant de contrer l'incendie. Leurs bourreaux étaient tous morts, mais le danger guettait toujours. Les flammes dévoraient la forêt à une vitesse grandissante.
Yamcha suivait Mira, qui allait et venait, longeant les différentes colonnes, criant désespérément :
« Skil ! Olav ! Quelqu'un connait Skil et Olav ? »
Yamcha réfléchissait à ces êtres étranges. Aucun cadavre. Ils se liquéfiaient, puis disparaissaient. Il ne restait rien d'eux, pas même une flaque. Comme s'ils n'avaient jamais existé. Ils étaient probablement une création des deux démons, des êtres venus du néant. Mais étaient-ils seulement des êtres ?
Ses réflexions furent interrompues pas une énergie qu'il connaissait bien, et qui arrivait à toute vitesse.
Il aperçut Krilin se poser à quelques mètres.
« Krilin ! » Son ami tourna la tête, et courut vers lui.
« Yamcha ! Où est Maron ? »
« Maron ? Elle est ici, tu es sûr ? »
« Oui ! Oui ! Où est-elle ? »
« Sans doute... merde ! Dans les huttes, là-bas ! » Le regard de Krilin fut envahi par cette peur noire et primaire, celle de la mort, en même temps que par la couleur des flammes.
Il fit exploser son énergie, qui crépitait tout autour de lui, pour s'en faire un bouclier, et fonça dans l'âtre incandescent. Mais il fut stoppé net et renvoyé à la case départ par un coup fulgurant. C18 ! Et son frère...
« J'y vais. Je résisterai mieux aux flammes. » Krilin observa impuissant sa femme disparaître dans le foyer rougeâtre. Sa silhouette, déformée par la chaleur étouffante, fut toute entière avalée en quelques minutes.
C17, debout les bras croisés, l'observa un moment, puis se tourna vers Krilin. Un cocard impressionnant l'obligeait à fermer l'œil. Mais il souriait.
« Ça doit pas être facile de vivre avec elle. Pour une fois, je te respecte, le bonze. » Krilin ne put que répondre au sourire de son beau-frère.
