Merci à tous pour vos super reviews. Elles m'ont boostée pour poster ce soir alors que c'était franchement pas gagné. Merci à Pampam pour sa relecture avisée. Surtout que ce chapitre est dans la même lignée que le précédent : on apprend de la vérité historique, pas top croustax quoi… Bonne lecture quand même !


Disclaimer : le monde d'Harry Potter appartient à JKR. Cette merveilleuse histoire est la propriété d' IamtheLizardQueen. Vous pouvez d'ailleurs la joindre par mail pour lui dire tout le bien que vous pensez d'elle : melcej at gmail point com. Et la traduction m'appartient bien-sûr.

Warning : Rating M. A priori, il devrait y avoir deux hommes tous nus qui se font des bisous, des trucs et des machins… Donc, les homophones, les prudes et les âmes sensibles sont priés de quitter cette page.


Chapitre 4 : Face the Truth partie 2

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"J'imagine que tu ne sais pas grand chose sur la fin de la guerre, puisque t'étais enfermé. En fait ça s'est passé comme ça. Voldemort, sachant qu'il était condamné à échouer de toute façon, se décida pour une grande bataille de plus, qui scellerait cette fois-ci son statut du plus méchant vilain pour l'éternité. Il a concentré son attaque sur Poudlard, notre quartier général, là où il savait nous trouver. Si j'avais su ça avant, je l'aurais attiré pour se battre ailleurs, loin de cette école où tant d'étudiants cherchaient encore refuge. Mais je ne savais pas, et il est venu si rapidement qu'il n'y avait aucune option pour battre en retraite. Poudlard était pleine à craquer de gens qui attendaient tous que je remette les choses en ordre encore une fois. A ce que je tue. Et je l'ai fait. J'aurais aimé dire que ce fut grâce à l'une de mes fabuleuses capacités, mais à la fin, j'étais si fatigué, que je tenais à peine debout. Un tir chanceux, et il était à terre, comme les restes de Poudlard. La guerre était finie. Et mon rôle aussi, mais en ce qui concerne la troisième mi-temps... Je me suis réveillé dans une infirmerie de fortune, et j'ai tout entendu depuis mon lit. Comment Poudlard avait été rayée de la carte par la bataille, que des gens étaient morts ensevelis lorsque les murs s'étaient écroulés, qu'il faudrait des années pour tout reconstruire. J'écoutais le personnel hospitalier : la terre avait été totalement drainée de sa magie. Mon combat avec Voldemort avait provoqué une sorte de vide magique, qui avait laissé certains endroits complètement à sec, de telle sorte qu'on ne puisse plus pratiquer qu'autour de certain 'points chauds'. Aujourd'hui encore, on me dit que la réserve magique est toujours aussi faible", dit Harry d'un ton monotone.

" C'est vrai, mais ce n'est pas plus mal de toute façon. Le manoir de la famille était sur un point chaud, tout comme l'était Poudlard. Ils ont été capables de reconstruire rapidement grâce à ça. Les étudiants sont revenus l'an dernier."

" Je sais ça. Je suis toujours abonné à laGazette du Sorcier. D'ailleurs, Ron a pensé qu'il devrait terminer ses études à l'école, et c'est ce qu'il fait cette année. Hermione, elle, prend des cours par correspondance. Mais moi je peux pas. J'étais toujours dans ce lit quand ils ont dit qu'il restait des centaines de sorciers et de sorcières manquants à l'appel ou présumés morts. J'ai dû voir les gens entrer dans l'hôpital et les revoir en sortir les larmes aux yeux. Mort, maladie, privation, souffrance, et douleur. C'est tout ce qu'on nous a laissé."

" C'est comme ça que s'achèvent toutes les guerres", dit Draco. Il se sentait exténué, lessivé. Quelque part durant leur quasi-dispute, ils avaient fini leurs premiers verres, et ils avaient mis la main sur une bouteille de vin. Draco retourna s'asseoir, et prit une profonde gorgée. Il fut choqué lorsqu'il entendit le bruit d'un verre se briser. Harry l'avait serré si fort qu'il l'avait cassé, les morceaux lui coupaient la main, et le vin aussi bordeaux que son sang dégoulinait le long de son poignet jusqu'au tapis.

" Peut-être. Mais ce n'était pas de cette façon que les gens envisageaient que celle-ci se termine. Ils sont venus me voir par centaines, leurs yeux brillants d'émotion, espérant que j'arrange les choses. Peu importait que je fûs seul contre une armée entière ; c'était moi qu'ils étaient venu voir pour trouver enfin le salut, l'absolution, moi qu'ils voulaient blâmer puisque ça ne s'était pas passé comme prévu. Ils m'ont regardé de leurs yeux implorants, me demandant pourquoi je n'avais pas sauvé Poudlard, pourquoi leur mari, ou leur femme, ou leur fils, ou leur fille étaient morts alors que Harry Potter était toujours là et bien portant. Je n'étais pas seulement supposé gagner la guerre; je devais sauver le monde. Etre Harry Potter ça voulait dire ça, après la guerre. Je devais faire en sorte que tout soit comme avant et même mieux encore. Ils voulaient que je fasse des miracles mais ils n'ont pas réalisé que je n'étais qu'un être humain ; que ce qu'ils me demandaient était impossible. Et petit à petit, cette adulation s'est calmée. J'ai quitté l'hôpital. J'ai essayé d'aider pour les réparations, mais à chaque fois que je me rendais quelque part, les gens voyaient ma cicatrice et s'attendaient à ce que je fasse quelque chose d'incroyable. Ils ont été si déçus que je ne sois pas parfait que ça me tuait de les regarder dans les yeux après ça.

Et si tu penses que ça a été différent avec mes amis, tu te goures. Ron m'a serré la main, m'a dit que j'avais été 'sacrément bon sur ce coup là' mais pendant tout ce temps ses yeux me demandaient pourquoi je n'avais pas sauvé son père. Hermione a pleuré quand elle a vu que j'allais bien, et déjà elle projetait de partir ailleurs. Je n'étais pas le sauveur que les autres prétendaient que je sois, et elle a été déçue comme tout le monde."

" Nous somme encore plus semblable que je ne le pensais dans ce cas, reprit Draco. Nous pensions tous les deux être morts avant d'avoir à faire face aux conséquences de nos actes. J'ai fait des choses incroyablement stupides, juste pour ne pas faillir à ma réputation, agissant pour des croyances qui n'étaient pas les miennes, et je comptais sur le fait d'être mort avant que ça ne compte. Et tu es pareil, même si tu refuses de l'admettre. Tu as passé toute ta vie à te préparer pour une bataille où tu croyais finir tué. Ça a été plus qu'une grande claque dans la figure de réaliser que la vie continuait ; de voir que les gens méprisaient le fait que tu vives alors que tant d'autres étaient morts. Je comprends ça ; la peur de faire face à quelque chose que tu n'as plus la force d'affronter et que finalement tu fuis," expliqua Draco, une sorte de joie de révéler cette plaie le parcourant, comme une sorte de soulagement. Il se demanda si Harry ressentait cet apaisement, ou si les dommages infligés au 'Garçon-qui-avait-survécu' étaient trop profonds.

Harry laissa les bris de verre glisser de sa poigne. Il retira quelques éclats de sa paume avant d'oser lever les yeux sur Draco. Il n'avait jamais révélé ces sentiments à qui que ce soit, et à vrai dire, il ne savait pas ce qu'il ressentait vraiment sur le sujet jusqu'à aujourd'hui. Qu'il était renvoyé à ce sentiment de d'échec quoi qu'il fasse. Qu'il se sentait haï pour la chose que tout le monde avait voulu qu'il fasse. Pour tout son pouvoir, pour tout son potentiel, et en fin de compte qu'est-ce qu'il avait accompli ? Il n'avait pas ramené ses parents, et il était toujours seul. Il était inutile qu'on le blâme ; il était très bien capable de se blâmer lui-même.

Draco se risqua à briser le silence; il souhait savoir ce qui se passait dans la tête du brun à le voir si faible et isolé. Il voulait lui faire comprendre qu'il n'était plus seul maintenant, qu'ils pouvaient se sortir de là tous les deux. Il parla prudemment, sachant que c'était un sujet sensible " Donc peut-être que nous fuyons tous les deux par peur, et peut-être que je suis ici parce que tu ne m'as jamais menti ou utilisé."

" Je ne fuis pas," objecta Harry.

" Et bien pourquoi es-tu ici dans ce cas?" rétorqua gentiment Draco, anticipant déjà la réponse.

" J'ai dû quitter les gens qui me voyaient comme un héros décevant, comme un pathétique petit jouet. J'ai dû partir parce que les gens avaient une image totalement faussée de moi. Parce qu'ils ne voulaient pas une personne réelle, ils voulaient un super héros immortel. Donc j'ai débarqué ici pour être 'juste Harry'. Ici je suis simplement le Harry Potter qui a un petit appart' sur Cheshire road, qui paie ses factures à temps, qui travaille dans une petite librairie, parle au facteur, regarde la lutte à la télé, écrit des articles intéressants sur la littérature marginale, et qui occasionnellement sort en boîte le samedi soir avec ses amis. Ici, personne ne s'attend à ce que je sois parfait, et personne n'est blessé lorsque j'échoue. Je ne laisse tomber personne ici. Je suis heureux ici parce que je suis ce Harry Potter, et que c'est bien assez."

Les yeux de Draco étaient sombres, leur attention fixée sur le mur, comme s'ils voyaient quelque chose de bien particulier. Harry observa ses mouvements, comme s'ils se faisaient au ralenti, le voyant porter son verre à ses lèvres, le liquide d'un rouge parfait tâchant sa bouche immense, puis il abaissa le verre sans un bruit, sans un murmure.

" Putain est-ce que tu m'écoutes au moins ?" Harry lui criait quasiment dessus.

" Je suis en train de penser que je t'envie."

" Ne m'envie pas. Ne me dis pas que tu voudrais être moi, parce que ça banalise ce que je ressens. Ça me donne l'impression que je n'ai pas le droit de me sentir mal," dit-il laconiquement.

" Tu veux que je me sente désolé pour toi ? Que je te dise que tout le monde va mal depuis qu'il ne se traîne plus à tes pieds et qu'il ne peut plus embrasser le sol que tu foules ?"

" C'est la dernière chose que je veux", marmonna Harry. Il était en colère de constater que la seule personne susceptible de le comprendre, ne voyait pas pourquoi il souffrait.

" Je sais bien que ce n'est pas ce que tu veux. C'est pour ça que j'essaie de comprendre ce par quoi tu passes. Parce que personne ne pourra jamais savoir ce que tu ressens, et que je ne sais pas comment t'aider."

" Bon sang. Tu penses que je suis une perte de temps, que je devrais arrêter de me lamenter sur moi-même."

" N'essaie jamais de me dire ce que je pense", dit froidement Draco, ses yeux se rétrécissant. " Je t'admire pour ce que tu as fait. Tu aurais pu vivre sans leur respect et leurs éloges, mais comme d'habitude tu n'en as fait qu'à ta tête. Tu as quitté ton piédestal et tu es parti pour te faire une nouvelle vie. La seule chose que je ne cautionne pas, c'est la culpabilité que tu te traînes avec. Merde, tu as le droit d'être heureux Harry. Personne ne va venir te prendre ton bonheur si tu en as. Et n'utilise pas la vieille excuse de la 'peur de l'abandon', ça ne marche pas avec moi."

" Le monde entier s'est déjà débarrassé de moi – ils admirent toujours quelqu'un qui n'existe même pas. J'en ai ras le bol de me jeter à corps perdu dans ce que j'entreprends et de ne rien avoir en retour. Ça fait trop mal."

" Ce n'est pas le problème, et tu le sais très bien. Tu t'attendais à mourir, et maintenant que tu es en vie, tu ne sais pas si tu en as le droit. Tu as peur."

" Oui, j'ai peur. Okay? Est-ce que ça satisfait le plaisir sadique que tu as de me voir souffrir? J'ai bien peur que la situation ne change pas. Il y aura toujours ce sentiment d'échec, de ne pas avoir été la hauteur, parce que je ne suis pas parfait et que je serais toujours tout seul." Harry pouvait sentir les larmes commencer à remplir ses yeux, et il détestait ça. Il détestait Malfoy de lui faire ressentir autant de peine. Il le détestait.

" Ouvre les yeux, espèce d'idiot, et réalise pour une fois que tu n'es pas le pire de tous. Je ressens les mêmes peurs, la même douleur d'être seul, mais ce n'est pas la peine de camoufler ça derrière d'autres prétextes qui ne te feront que sentir plus mal. Si tu ne veux pas être seul, alors ne le sois pas. Tu as le choix, moi non", dit Draco si fort, que ça vrilla les tympans de Harry. Ce dernier pouvait voir la tempe du blond pulser, la colère faisant briller ses yeux comme s'ils voulaient congeler le brun sur place. Et Harry vit rouge. Il se précipita sur Draco, en envoyant valser la table basse, et lui mit une gifle magistrale.

" J'avais tord, à propos de ce que je t'ai dit tout à l'heure, au sujet du fait que tu ne me devais rien en restant ici. Il me semble que si tu te mets à me hurler dessus, à m'humilier, je vais devoir exiger une compensation.", dit Harry.


Et là vous me redétestez encore… Allez, si vous voulez vous plaindre vous connaissez le chemin. La fin du prochain chapitre devrait davantage vous plaire (enfin j'espère). Zoubis.