Et voilà, le 10ème chapitre, qui est du point de vue de Drago. C'est sans doute le plus triste, et j'ai pleuré comme une madeleine en l'écrivant. Sachez cependant que ce n'est pas le dernier, car il reste encore un épilogue, que je posterai mercredi prochain.
Je suis désolée pour toutes celles qui espéraient un rebondissement, cette fic était tracée d'avance, et c'était ainsi que cela devait se finir. J'ai voulu écrire cette histoire avec mon expérience, mon ressenti et j'espère avoir réussi à faire passer toutes ces émotions.
Je vous remercie d'avoir était si nombreuses à commenter, c'est tellement adorable que je ne m'en remets pas. Je crains toujours de vous décevoir, mais à chaque fois, vos commentaires sont de véritables perles.
Petitcoeurfragile : Et oui, on sait comment ça va finir, mais c'est comme ça ! Voici la suite
Kimy16 : J'espère que tu n'as pas pleuré et que tu ne pleureras pas ici non plus. Je suis ravie que ça te plaise, et je ne sais pas encore si j'écrirai une autre fiction haha.
PouleauPotter : Mais noooon pleure pas ! tu me rassures en me disant que ce n'est pas guimauve, parce que je fais tout pour que ça ne le soit pas !
Keloush : Merci beaucoup
Leolili : Oulala, j'espère que tu ne pleureras pas sur ce chapitre, parce qu'il est pire ! Voici la suite, j'espère que ça te plaira.
Damianka : Merci à toi pour ce commentaire !
PamDHMG : ahah, le voici pourtant, le 10eme chapitre ! J'espère qu'il te plaira autant que les autres.
ClaireLucem : Merciiii, je suis heureuse que l'idée des lettres plaise autant ! Voici la suite, en espérant que tu n'aies pas besoin de trop de mouchoirs !
Mia : Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira autant que le reste.
Fanny : Oui c'est triste, mais je vous avais prévenu ! J'espère que tu ne seras pas déçue de la suite en tout cas.
Leslie : Merci pour ce si beau commentaire, ça me touche beaucoup ! Voici la suite.
Gotatmi : Mais si vous pleurez toutes aux lettres, qu'est-ce que ça va être a ce chapitre ? voici la suite, j'espère qu'elle te plaira.
DreamsWritters : Merciiiiii. Je suis ravie que ça te plaise, je fais de mon mieux ! Ahah pour la lettre d'Hermione, je ne pense pas. Elle est perdue à jamais, et de toute façon, inachevée. Voici la suite j'espère qu'elle ne te décevra pas !
Crayoline : Merci ca me touche, je fais de mon mieux pour les sentiments et je suis ravie que ça te touche. Merci !
Ninette : Ah, merci pour les lettres, je suis contente que ça plaise ! En effet, j'ai oublié quelques mots Oo je me relierai pendant mes vacances je pense, pour l'instant je n'ai pas vraiment le temps, et j'en suis désolée :(
Mama : Oui il est amoureux ( : Voici la suite, jeune impatiente !
Evangii : Oh merci, ça me touche tellement ! Je suis ravie de t'avoir fait aimé ce couple qui peut être crédible et intéressant si l'on oublie les clichés ! Voici la suite.
Zonkoni : Oui, Drago se laisse de plus en plus allé avec Hermione, au fur et à mesure qu'il réalise à quel point il l'aime. J'espère que la suite te plaira, et les deux derniers chapitre sont du point de vue de Drago, donc te voilà servie ! J'espère que tu ne seras pas déçue par cette fin :D
Bonne lecture !
Depuis qu'il était rentré chez lui, pour les vacances de Pâques, Drago tournait en rond et ressassait sans arrêt les mêmes pensées. Etendu dans son lit, il regardait d'un œil distrait la courbe de la Lune qui commençait déjà à décliner. Les premières lueurs du soleil ne tarderaient pas à baigner de lumière le vaste parc du Manoir, et il se lèverait, plus fatigué que jamais de n'avoir pas fermé l'œil de la nuit. Encore.
A chaque fois, c'était la même histoire. Alors qu'il tombait de fatigue, il plongeait dans des rêves plus vrais que nature, où souvenirs et imaginaire se mêlaient dangereusement. C'était pour cette raison qu'il refusait de dormir. Il se contentait de micro sommeils, qui duraient le temps d'un battement de cils. C'était suffisant. Les bras croisés derrière la tête, Drago restait parfaitement immobile. Si son torse nu ne s'était pas soulevé au rythme de sa respiration, il aurait été aisé de le confondre avec du marbre. Sa peau pâle et son regard inexpressif faisait de lui une statue inquiétante et intimidante.
Cela faisait une semaine qu'il était rentré chez lui, une semaine durant la quelle il n'avait pratiquement pas dormi. Ni mangé d'ailleurs. Ses parents étaient restés indifférents à son état, mais il les avait entendus parler dans le grand bureau de son père. Sa mère, inquiète, voulait faire venir un médicomage, mais Lucius assurait que le stresse des ASPIC's était le seul à blâmer dans l'histoire, et qu'une fois les examens terminés, Drago serait à nouveau comme avant.
C'était bien mal connaître son fils cependant, qui n'avait jamais vraiment connu l'anxiété de rater un examen. Bon élève malgré tout, il se contentait de réviser ce que bon lui semblait, et cela avait toujours été suffisant à sa réussite. Non, le stresse n'y était pour rien. Drago aurait préféré cela, d'ailleurs, car il aurait su palier à ce mal. Ce qu'il vivait été tout autre : la culpabilité. A cette pensée, Drago sentit son rythme cardiaque s'accélérer dans sa poitrine, et pour la première fois en une semaine, il se permit de plonger dans le souvenir douloureux de la dernière fois qu'il avait vu Hermione.
Leur semaine autour du monde avait été une formidable expérience. Jamais Drago n'avait vu Hermione aussi réjouie et épanouie. Elle s'intéressait à tout, s'enchantait de tout. Elle avait goûté à tous les plats traditionnels, s'était inquiétée de l'histoire de chaque pays, et repartait toujours avec un petit souvenir, que Drago prenait soin de lui offrir. Il ne se souvenait pas avoir jamais été aussi heureux. Bien sûr, Hermione avait été souvent fatiguée, la marche, le rythme soutenu des visites, tout cela avait un impact sur son état, mais à chaque fois, elle en réclamait plus. Et qui était-il pour le lui refuser ?
A chaque fois qu'ils rentraient le soir, ils s'écroulaient sur le lit de l'hôtel ou de la maison d'hôte choisie expressément par Drago, et ils s'endormaient paisiblement. Quelle drôle de sensation que de se sentir profondément bien, de savoir que l'avoir dans ses bras lui suffisait. Parfois amants tendresse, parfois amants terribles, c'était ce que Drago aimait avec Hermione. Jamais relation n'avait été si fusionnelle. Ni aussi destructrice d'ailleurs…
Et c'était cela, le pire. A leur retour en Grande Bretagne, pour leur dernière journée, Drago avait choisi le Pays de Galles. Il avait trouvé la maisonnette apaisante, avec ses couleurs pastelles et le bruit des vagues qui se fracassaient contre la roche des falaises. Il s'était déjà vu, sur un transat, au soleil, à discuter toute l'après-midi avec Hermione. Mais ça ne s'était pas passé comme ça. Tout avait été trop beau, et comme pour les punir d'un bonheur trop grand, le pire était arrivé.
Drago se revoyait entrer dans la chambre, deux verres de citronnade à la main. Il revoyait Hermione étendue par terre, les yeux clos. Sa respiration trop lente pour être normale, et ses poumons qui peinaient à se remplir d'air. Il la revoyait là, sur le sol, comme un ange déchu. Si belle, si pure. Et pourtant si douloureuse à regarder. Les verres étaient tombés et s'étaient brisés – à l'instar de son cœur. Il s'était précipité sur elle, et avait glissé un bras sous ses genoux, un autre dans son dos. Sans prendre le temps de ramasser leurs affaires, il avait transplanné jusqu'à Sainte Mangouste. Les médicomages l'avaient prise en charge, laissant Drago, seul, dans le couloir.
Les cents pas n'avaient rien changé, pas plus que les litres de café qu'il avait entrepris de boire. Son cœur cognait douloureusement dans sa poitrine : Hermione était en train de mourir, et il était aussi inutile qu'il pouvait l'être. Trois heures après leur arrivée, le médicomage qui s'occupait d'Hermione depuis le début était venu parler à Drago.
—Elle s'est réveillée, murmura-t-il.
Drago sentit tout son être se détendre. Elle n'était pas morte, pas encore. C'était un miracle. Un sursit supplémentaire. Pour combien de temps ? Nul n'aurait su le dire, pas même le médicomage. Il disait que cela pouvait durer quelques heures, quelques jours. Peut être même quelques mois. Rien n'était moins sûr cependant.
—Vous voulez la voir ? proposa aimablement le médicomage.
Et alors que Drago aller accepter, trop heureux de retrouver Hermione, vivante, deux personnes se précipitèrent sur le médecin. La femme, d'une beauté rare, avait les cheveux clairs, et de grands yeux noisette emplis de larmes. L'homme qui lui tenait la main, avait lui, les cheveux auburn, et des yeux clairs. Drago n'en douta pas une seule seconde : il se tenait devant Mr et Mrs. Granger. Ceux-ci, trop engourdis par le désarroi ne lui prêtèrent aucune attention, et posèrent toutes sortes de question au médicomage qui tenta de les rassurer.
Drago comprit qu'il n'était désormais plus à sa place. Les parents d'Hermione avaient été contactés, et c'était à eux de s'occuper de leur fille. Qui était-il, lui ? Le petit ami illégitime, dont personne ne connaissait l'existence ? Il en était certain. Alors, à regret, il recula de quelques pas, et s'engouffra dans l'ombre d'un couloir désert. Perdu entre le soulagement et le désespoir, il s'éclipsa en silence, et regagna le Manoir, où ses parents devaient l'attendre : les vacances de Pâques avaient débuté le matin même.
Cette semaine avait sans doute était la plus longue de sa courte vie. Sans aucune nouvelle d'Hermione, il ne lui avait pas écrit non plus. Peut être par peur de ne pas avoir de réponse, ou bien par lâcheté, par culpabilité. Etait-ce à cause de lui que sa santé avait dérapé ? A cause de leur tour du monde trop épuisant, trop compact ? Il regrettait l'idée qu'il avait pourtant trouvé si brillante à l'époque.
Drago rouvrit les yeux et jeta un coup d'œil à sa montre. Midi. Il s'était endormi sans même s'en rendre compte. Il se souvenait du soleil qui se levait tout juste, et à présent, l'astre du jour avait bien entamé sa course, et s'élevait haut dans le ciel. Encore fatigué, mais conscient de l'heure, Drago se leva péniblement et enfila un pantalon et une chemise – seuls vêtements tolérés autre qu'une robe de sorcier, dans le manoir. Il quitta sa chambre qui avait l'allure d'une suite, et descendit dans le grand salon, vide. Son père devait être parti au ministère, quant à sa mère, elle devait vaquer à ses occupations dans la maison.
En jetant un coup d'œil par la fenêtre, Drago découvrit un magnifique ciel bleu. C'était la première belle journée printanière que leur offrait le temps. Comme consciente de l'état de Drago, la météo mettait tout en œuvre pour apaiser sa peine. Drago franchit la grande baie vitrée et se retrouva sur la terrasse. Sa mère était là, assise à la table et feuilletait d'un air concentré le dernier exemplaire de la Gazette du Sorcier. Quand elle entendit les bruits de pas, elle leva ses yeux clairs vers son fils et lui adressa un petit sourire.
—Tu te lèves bien tard, mon fils.
—Désolé, j'ai eu du mal à m'endormir.
—Veux-tu une tasse de café ?
Narcissa n'était pas la même personne en présence de son mari, et en présence de son fils. Femme très fière et distinguée, elle ne se permettait aucune faiblesse et se noyait dans l'indifférence quand elle trônait à côté de son époux. Quand celui-ci était absent, cependant, elle redevenait la mère louve qu'elle avait toujours été au fond d'elle, et aimait passer du temps avec son fils, partageant des moments simples de la vie quotidienne.
Drago accepta et s'installa à côté de sa mère. Celle-ci fit appeler l'elfe de maison et commanda deux tasses de café, qui seraient – Drago en était sûr – accompagné de viennoiseries plus succulentes les unes que les autres. Quand l'elfe revint, cependant, elle n'apporta aucune tasse, et se contenta de se tortiller et de se tordre les mains, mal à l'aise.
—Qu'y-a-t-il Penny ? demanda Narcissa d'un ton agacé.
—Un visiteur, Mrs. Malefoy. Elle demande à entrer.
—Et bien fais la rentrer, s'impatienta Narcissa.
Mais Drago sentait l'elfe un peu trop mal à l'aise. Qui était ce visiteur qui mettait ainsi leur serviteur dans l'embarras ?
—Qui est-ce ? demanda calmement Drago.
—C'est la jeune Miss. Weasley, Maître Drago, balbutia Penny en gardant les yeux rivés vers le sol.
Narcissa sembla s'étouffer avec sa propre salive quand le nom de Weasley fut prononcé. Drago se leva lentement et posa une main rassurante sur l'épaule de sa mère.
—Je m'en occupe, maman.
Il rentra dans le Manoir et se dirigea vers la porte d'entrée qui était restée ouverte. Ginny se trouvait sur le seuil, complètement à l'aise. Elle portait un short bien trop court pour la décence et un chemisier aussi flamboyant que ses cheveux. Elle regardait de ses grands yeux bleus l'intérieur du Manoir. Quand elle croisa le regard de Drago, elle lui adressa un sourire sincère, bien qu'un peu triste. Le cœur de Drago se serra, se pouvait-il qu'elle soit là pour une annoncer une trop mauvaise nouvelle ? Son visage dut se décomposer, car Ginny se contenta de faire un pas en avant et de poser une main douce sur son épaule.
—Ca va, murmura-t-elle. Ca va.
La mâchoire de Drago se desserra naturellement. Il referma la porte derrière Ginny et la regarda un bref instant avant de demander d'une voix plus douce qu'à l'ordinaire.
—Elle est toujours à Sainte Mangouste ?
—Non, répondit Ginny. Elle est rentrée chez ses parents, il y a trois jours. Elle est alitée, trop faible pour marcher. Mais elle garde le moral, ajouta-t-elle avant que sa voix ne se brise.
Les larmes remplirent les yeux de Ginny, et Drago sentit son ventre se tordre de douleur. Il avait la désagréable impression que la fille Weasley n'était pas venue que pour lui dire qu'Hermione allait bien. Quand elle se fut reprit et que les larmes eurent disparu de ses yeux clairs, Ginny reprit la parole d'une voix moins tremblante :
—Ecoute, j'ai quelque chose à te dire.
—Tiens tiens, Miss Weasley, vous devez avoir un bien piètre sens de l'orientation pour venir vous perdre sur nos terres.
La voix de Narcissa, souveraine et froide, s'était élevée dans le grand hall d'entrée. Drago se retourna légèrement pour voir sa mère avancer et se placer à ses côtés. Il vit ses yeux s'arrêter quelques secondes sur le short minuscule de Ginny et sa bouche se crisper devant tant de vulgarité. Ginny aurait sans doute qualifié son short de tendance, tandis que Narcissa l'aurait peut être traité de fille de joie.
—Lady Malefoy, salua Ginny en la regardant droit dans les yeux. Je ne me suis pas perdue, votre manoir était ma destination.
—Quelle drôle d'idée, renifla Narcissa.
Puis, se tournant vers son fils.
—Je ne veux pas savoir ce qu'elle fait là. Arrange-toi pour qu'elle soit partie avant le retour de ton père.
Elle avait parlé de Ginny comme si celle-ci n'était pas là. Elle lui jeta un ultime coup d'œil et tourna les talons en direction de son bureau, dans le quel elle s'enferma sans ajouter quoi que ce soit. Drago soupira mais fut reconnaissant à sa mère de ne pas avoir fait un scandale. Il se tourna à nouveau vers Ginny et la questionna du regard.
—Tu voulais me dire quelque chose ?
Mais en guise de réponse, Ginny lui tendit une lettre écrite de la main d'Hermione. Drago l'ouvrit et en parcourut les lignes avec douleur. A chaque mot supplémentaire, c'était un poignard dans son cœur qui s'enfonçait délicatement. Elle ne voulait pas qu'il vienne. Elle lui disait qu'elle était rentrée chez ses parents, mais qu'elle ne voulait qu'il la voie dans son état. Elle le remerciait pour cette semaine magnifique, et lui disait qu'elle l'aimait.
Elle l'aimait. Mais elle ne voulait pas le voir. Et c'était encore plus douloureux.
Drago se contenta de froissa le parchemin et de le jeter en boule dans le cheminée éteinte. Il était fou de rage. Comment pouvait-elle lui interdire de venir ? Il se mit à marcher dans le grand hall, tel un loup en cage, sous le regard inquiet de Ginny. Il ne put réprimander un cri de rage et son poing vint bientôt d'abattre contre le mur de pierre. S'il ne se cassa aucun os, des plaies sanguinolentes s'ouvrirent à chaque jointure et bientôt sa main fut entièrement recouverte de sang.
—Pourquoi elle me fait ça ? grogna-t-il.
Ginny s'approcha doucement derrière lui, et posa à nouveau sa main sur son épaule. Elle attendit qu'il se retourne, et le regarda droit dans les yeux.
—Parce qu'elle veut que tu gardes un bon souvenir d'elle.
Drago fit claquer sa langue contre son palais et détourna le regard. Mais Ginny ne semblait pas avoir terminé. Elle le força à la regarder, elle avait un petit air mutin sur le visage.
—Est-ce que cela signifie que tu dois suivre ses instructions à la lettre ? Est-ce que tu dois l'écouter et rester sagement à l'écart ?
—Je ne sais même pas où elle habite, grogna Drago.
Ginny éclata d'un rire franc.
—A d'autres, Malefoy. Comme si retrouver une maison était chose difficile. Et puis, ne fais pas comme si je n'existai pas.
Elle sortit de sa poche un autre petit bout de parchemin, sur le quel elle avait écrit l'adresse moldue d'Hermione. Elle plaqua le parchemin dans la main meurtrie de Drago, et appuya bien fort sur les plaies du Serpentard avec un petit sourire sadique qui lui allait bien.
—Sa fenêtre au premier étage, la troisième en partant de la droite.
Elle lui adressa un dernier sourire et tourna les talons. Drago regarda un instant le parchemin déjà tâché de sang avant de courir jusqu'à Ginny pour lui ouvrir la porte.
—Merci, soupira-t-il. Je te revaudrai ça.
—Tu ne me dois rien. Je le fais pour Hermione. Mais si tu pouvais garder ça pour toi et ne pas me mêler à vos histoires, ce serait sympa.
—Compte sur moi.
—Au revoir, Malefoy.
Et elle sortit. Drago la regarda marcher jusqu'au grand portail, puis referma la porte du grand manoir. Il ne pouvait pas en rester là. Ginny lui avait tendu une perche, à lui de savoir s'en saisir. Aussi se décida-t-il : ce soir, il se rendrait chez les Granger, qu'Hermione le veuille, ou non.
C'était comme si l'espoir s'était mis à fleurir dans la tête de Drago. Il savait pourtant, au fond de lui, qu'une telle joie était vaine. Il s'était fait à l'idée de ne plus jamais revoir Hermione, mais voilà qu'on lui laissait une dernière occasion de passer du temps avec elle. S'il avait été raisonnable, Drago serait resté chez lui. Car la revoir, puis la perdre à nouveau – cette fois ci définitivement – c'était comme s'enfoncer une flèche en plein cœur. Mais qu'importait s'il souffrait après, pour l'instant, il ne voulait qu'une chose : revoir une dernière fois les yeux pétillants et doux d'Hermione Granger.
La journée passa si lentement, que Drago se demanda si les minutes ne duraient pas plus de soixante secondes. Quand enfin, le dîner fut annoncé, il se précipita à table et mangea à toute allure. Ses parents le regardaient avec des yeux inquiets et ce fut son père qui posa enfin la question :
—Es-tu pressé, Drago ?
—Je sors, si cela ne vous ennuie pas.
Lucius et Narcissa partagèrent un regard.
—Peut-on te demander avec qui ?
—Je rejoins Blaise et Pansy à Pré-au-Lard. Nous passerons la nuit chez Blaise, sa mère s'est absentée pour la semaine.
Lucius le regarda un bref instant de son regard perçant et Drago se demanda un instant s'il était conscient que son fils lui mentait. Il ne fit aucune remarque cependant et se contenta d'acquiescer et de poser ses couverts lentement.
—Je suis sûr que vous passerez une bonne soirée.
Et sans ajouter quoi que ce soit, Drago se leva, embrassa sa mère sur le front, inclina la tête vers son père et quitta le manoir, avec dans sa poche, l'adresse précieusement conservée de la maison des Granger. Ils avaient mangé tard, ce soir là, car une réunion importante avait retenu Lucius au Ministère. Il faisait nuit noire, et Drago entendit le clocher du village voisin sonner onze heures. Inspirant profondément une bouffée d'air frais, Drago transplanna dans un 'plop' sonore, en pensant précisément à l'adresse que Ginny lui avait confié.
Quand il réapparut, ce fut devant une maison pleine de charme et entourée d'un jardin magnifiquement entretenu. Sur la boîte aux lettres, il put lire « Famille Granger », et fut rassurer de voir qu'il ne s'était pas trompé. Son cœur battait la chamade, il n'était pas certain qu'Hermione soit très heureuse de le revoir. Mais il n'avait pas pu s'en empêcher.
Il leva les yeux vers le premier étage, et compta trois fenêtres, en partant de la droite. Il n'y avait pas de volet, comme sur toute maison anglaise qui se respecte, aussi, Drago put voir que la lumière y était allumée. Devait-il y monter ? Ou passer par la porte d'entrée ? Son éducation lui intimait de sonner, mais à une heure si tardive, il craignait de ne pas être accueilli aussi chaleureusement qu'il l'espérait. Il opta finalement pour la première option, et sortit sa baguette, non sans savoir vérifié au préalable qu'il n'y avait personne alentours pour voir son petit manège. Il se fit léviter jusqu'à la fenêtre, et jeta un bref coup d'œil à l'intérieur. Une autre porte était ouverte, à l'intérieure, et Drago comprit qu'il s'agissait de la salle de bain d'Hermione. Elle ne dormait pas encore.
Il frappa trois coups secs et attendit patiemment qu'Hermione daigne lui ouvrir. Mais quand elle sortit de la salle de bain, Hermione n'était plus tout à fait celle que Drago avait connue. Elle ne portait que ses sous-vêtements de coton blanc, et Drago réalisa avec horreur à quel point elle avait maigri. Son tatouage cachait ses côtes, bien trop saillantes cependant. Mais ce n'était pas ce qui choqua le plus Drago. Non. Ce qui attira indéniablement son regard, ce fut le crâne, complètement chauve d'Hermione. Ses belles boucles avaient complètement disparu.
Quand Hermione vit Drago de l'autre côté de sa vitre, elle eut une expression de terreur. Ses yeux s'écarquillèrent, et elle enfila rapidement une robe de chambre noire, rabattant le capuchon sur sa tête. Elle s'approcha furtivement de la fenêtre et l'ouvrit en silence.
—Qu'est-ce que tu fais là ? murmura-t-elle d'une voix éteinte.
Elle n'avait même pas la force d'être en colère contre lui. Malgré tout, Hermione s'écarta de la fenêtre pour le laisser entrer, et Drago glissa à l'intérieur avec grâce. Aussitôt, Hermione referma la fenêtre derrière lui, non sans avoir jeta un coup d'œil aux alentours pour s'assurer que personne n'avait vu un homme voler près de sa fenêtre. Elle ferma ensuite les rideaux et se tourna pour faire face à Drago.
Jamais celui-ci n'avait pensé se trouver un jour dans la chambre d'Hermione Granger. C'était une pièce d'un beau volume, aux couleurs clairs. Il s'était attendu à du rouge et or, ce n'était pourtant que du beige, du blanc, du bleu ciel. C'était un endroit apaisant. Son bureau était encombré de parchemin, de plume et de bouteille d'encre, mais le reste était parfaitement rangé. Pas de chaussure qui trainait, pas de vêtements en boule sur le sol : aucune ressemblance avec la chambre de Pansy qui était sans cesse en désordre, malgré le passage quotidien de la sorcière de ménage.
—Je t'avais dis de pas venir, finit par lâcher Hermione à voix basse.
Drago le regarda avec un petit rictus en coin, et s'approcha doucement d'elle. Il voulut poser ses mains sur ses hanches si fines mais elle eut un mouvement de recul. Surpris – et meurtri, Drago se renfrogna et tout sourire disparu de son visage pâle.
—Tu ferais mieux de partir, Drago.
—Mais, enfin, Hermione, qu'est-ce qui te prend ? s'énerva Drago.
C'est alors qu'Hermione éclata en sanglots. C'était la réaction la plus inattendue qui soit. Drago avait songé à tous les scenarios possibles : qu'elle s'énerve, qu'elle lui saute au cou, qu'ils s'embrassent passionnément. Mais certainement pas qu'elle se mette à pleurer. D'abord ébranlé, il finit par s'approcher d'elle et de la prendre par la main pour la faire asseoir sur le lit. Il s'agenouilla face à elle et tenta désespérément de capter son regard.
—Ne pleurs pas, murmura-t-il d'une voix douce.
—Je… T'avais… Dit … De ne pas… Venir, hoqueta Hermione entre deux sanglots.
—Mais pourquoi ? tenta de comprendra Drago.
Hermione eut un dernier hoquet avant de s'écarter de Drago et retirer sa capuche. Son crâne complètement chauve attira un instant le regard de Drago, mais à présent que le choque était passé, il ne se sentit pas complètement dévasté par la perte de la chevelure d'Hermione. En réalité, il préférait qu'elle perde ses boucles, plutôt que la vie.
—Tu crois que j'ai envie que l'on me voit dans cet état ? Aussi faible, aussi… pitoyable !
C'était donc cela. Drago avait pensé – naïvement – qu'Hermione ne voulait pas qu'il la trouve laide, sans ses cheveux. Mais c'était bien mal connaître Hermione qui n'apportait pas grande importance à son apparence. Non, ce qui l'inquiétait c'était de paraître plus malade encore, plus faible. Elle ne voulait pas que les gens s'apitoient sur son sort : la pauvre Hermione, qui a le cancer. La pauvre Hermione qui a perdu ses cheveux. La pauvre Hermione qui va mourir. C'était ce qu'elle voulait éviter à tout prix. Et comme toujours, Drago s'y attellerait avec application.
—Tiens, tu es allée chez le coiffeur ? murmura-t-il avec un petit sourire moqueur.
Et toute la tension qui s'était accumulée, autant chez lui que chez elle, sembla disparaître grâce à cette simple phrase. A l'instant où il la prononça, Hermione éclata d'un petit rire amusé, tandis que Drago ne put se départir de son sourire. Trop heureux de la retrouver, avec ou sans cheveux. Il se releva du tapis sur le quel il s'était agenouillé, et s'approcha doucement d'Hermione. Il posa une main douce sur sa joue et s'empara de sa taille avec son autre main. Il l'attira avec brutalité contre lui, s'assurant qu'elle ne pourrait plus le repousser désormais, et la regarda droit dans les yeux.
—J'adore, murmura-t-il en déposant un baiser dans le creux de son cou.
Ce fut assez pour la faire craquer, et bientôt Hermione glissa ses mains autour du cou de Drago, et posa ses lèvres douces et encore mentholée sur celles du Serpentard. Le baiser, d'abord doux et timide, se transforma rapidement en quelque chose de plus nécessaire. De plus bestial. A l'instant où leurs langues se trouvèrent, c'en fut fini de leurs taquineries.
—Tes parents… murmura Drago avant que les choses ne dérapent.
—Ils dorment.
Et ce fut l'autorisation pour aller plus loin. Les mains de Drago s'activèrent autour du nœud de la robe de chambre d'Hermione, et bientôt, celle-ci glissa le long de son corps pour finir sa chute sur le sol. Il l'avait entre ses bras, entre ses mains, le corps presque nu d'Hermione. Tant chéri, admiré, adoré. Peut être trop maigre sous ses mains expertes, mais toujours aussi doux et évocateur de désir chez Drago. Hermione, quant à elle, avait défait chacun des boutons de la chemise de Drago, qui se retrouva bientôt torse nu. Leurs peaux se trouvèrent enfin, frissonnantes, languissantes. Et dans une valse lubrique, peut être un peu trop indécente, ils se retrouvèrent comme pour leur première fois. Perdu entre soupire de désir et gémissement de plaisir, la nuit fut longue et exténuante. Mais ce fut sans doute la plus nécessaire qu'ils eut jamais passé.
Habitué à perdre ses mains dans la chevelure brune d'Hermione, Drago découvrit bientôt une partie du corps d'Hermione qu'il n'avait jamais exploré auparavant. Son crâne lisse était aussi doux que le reste de son corps, si bien qu'il y déposa des monceaux de baisers, plus torrides les uns que les autres.
Quand leurs corps, courbaturés, mais apaisés, se délièrent, Hermione s'allongea au près de Drago, sous les couvertures de laine, et caressa avec douceur son torse glabre.
—Je vais devoir partir avant que tes parents ne se réveillent, murmura Drago.
—Hum…
Hermione dormait déjà à moitié, la tête posée sur le torse de Drago. Celui-ci préféra la laisser dormir quelques heures, mais se promit qu'aux premières lueurs du soleil, il s'extirperait de ses draps et quitterai la maison des Granger. Malheureusement, la semaine d'insomnie dont il avait été victime eut raison de lui, et Drago sombra à son tour dans les bras de Morphée, plus rapidement qu'il ne l'avait prévu…
—Hermione ?
Une voix féminine s'éleva de derrière la porte, suivit de trois petits coups secs, sur le bois. Drago mit quelques secondes à comprendre ce qu'il se passait, et Hermione ne sembla pas se réveiller. Ce fut les secondes de trop : Mrs. Granger entra dans la chambre de sa fille et se retrouva face à un spectacle au quel elle ne s'attendait sûrement pas. Sa fille était étendue sur un garçon torse nu, sur son lit, sous les couvertures. Leur nudité ne faisait aucune doute, leur vêtements étaient étendus, bien en évidence, sur le parquet. Drago sentit son cœur s'emballer quand il croisa le regard de la mère d'Hermione, tandis que celle-ci avait remonté les couvertures jusqu'à son menton et regardait sa mère avec surprise.
—Maman ? Mais qu'est-ce que tu…
—Tu ne dors jamais autant d'habitude, alors j'ai cru que … peut être… il y avait un souci, balbutia sa mère, dont le regard passait de Drago à Hermione d'un air intrigué.
Elle dut se rendre compte que la situation était gênante, car elle se tourna les talons et referma la porte derrière elle, non sans annoncer :
—Bien, nous parlerons de tout cela à table. Nous vous attendons.
Drago déglutit difficilement et tourna un visage pâle et inquiet vers Hermione. Celle-ci ne semblait pas embarrassée outre mesure. Elle se leva et alla enfiler ses vêtements. Drago, toujours abasourdi, la regarder faire glisser son jean sur ses jambes fuselées et le boutonner sur son ventre si plat. Il se perdit dans la contemplation de sa silhouette si gracile, ses seins rebondis furent bientôt enveloppés de dentelle, tandis qu'elle revêtait un pull de laine.
— Habille-toi, Drago, lui sourit-elle en lui balançant sa chemise.
Celui-ci la réceptionna et la boutonna lentement, avant de se regarder dans le miroir sur pied de la chambre et de réaliser avec horreur combien elle était froissée. Hermione du s'en apercevoir car elle sortit sa baguette et la pointa sur la chemise qui retrouva bientôt une allure lisse et propre.
—On va déjeuner avec tes parents ? finit par demander Drago d'une voix rauque.
—C'est bien ce que ma mère a dit.
—Mais…
C'était bien la première qu'il ne trouvait pas les mots.
Hermione éclata de son rire si pur et Drago ne put s'empêcher de sourire. Ce son avait le don de l'apaiser, et puis, songea-t-il, il était Drago Malefoy, hors de question de se laisser aller à la panique. Les Granger ne devaient pas être aussi terribles que cela. Il avait côtoyé Voldemort de près, alors, qu'était la famille d'Hermione à côté de cela ?
Hermione s'empara de sa main, et Drago réalisa qu'elle avait entouré sa tête d'un foulard. C'était joli, mais il la préférait sans ces artifices. Avant de franchir le seuil de la porte, Hermione déposa un baiser sur la joue de Drago, et tous deux descendirent l'escalier pour rejoindre Mr. et Mrs. Granger qui s'attelaient à la cuisine. Le couvert était mis pour quatre personnes.
—Bonjour, murmura Hermione qui avait perdu un peu de son assurance.
—Bonjour, sourit le père d'Hermione.
Puis, se tournant vers Drago.
—Patrick Granger, dit-il en lui tendant la main.
Drago fut surpris de tant de bienveillance mais ne laissa rien paraître et serra aussi chaleureusement que possible la main de Mr Granger.
—Drago…
—Malefoy, termina Mr Granger. Nous savons qui vous êtes, jeune homme. Notre fille nous a beaucoup parlé de vous. Mais ce n'est pas la première fois que nous nous croisons, n'est-ce pas ?
C'était comme une vague qui déferlait sur Drago. Il regarda Hermione avec un sourcil arqué : alors comme ça, elle leur avait parlé de lui ? Drago se sentit coupable de ne pas en avoir parlé à ses parents. Mais ceux-ci n'auraient pas compris, et Drago avait voulu garder son jardin secret, lui qui avait toujours tout dit à ses parents. Quant au fait de savoir s'ils s'étaient déjà croisés…
—A Sainte Mangouste, murmura Mrs. Granger qui s'était approchée à son tour.
—Je ne pensais pas que vous…
—Nous vous avons vu. Et le médecin nous a dit que c'était vous, qui aviez emmené Hermione d'urgence à l'hôpital. Nous vous en sommes reconnaissants.
Drago se passa une main nerveuse dans les cheveux, et haussa les épaules avec nonchalance. Il ne voulait la reconnaissance de personne. En fait, il attendait le moment où les Granger lui diraient que cela ne se faisait pas d'entrer dans la chambre d'une fille en plein milieu de la nuit, de dormir avec elle – et plus si affinité – et de se faire réveiller par les parents de la dite fille. Mais ce moment ne vint jamais.
—Passons à table, j'ai préparé un gratin de pommes de terre.
Drago fut installé en face d'Hermione, tandis que ses parents se mirent de part et d'autre de la table ronde. Mrs. Granger déposa sur la table un énorme plat et servit une part généreuse à chacun. Elle accompagna le tout d'un rôti de veau et dont Mr. Granger venta les mérites de longues minutes.
—Bien, maintenant, si vous me disiez ce que vous faisiez dans la chambre d'Hermione, ce matin ? Il m'avait semblé que hier soir, quand j'ai souhaité la bonne nuit à ma fille, il n'y avait personne d'autre, sourit Patrick.
Drago se sentit rougir – sans doute pour la première fois de tout sa vie. Il reposa lentement ses couverts et regarda le père d'Hermione droit dans les yeux.
—Je sais que ces choses ne se font pas, Monsieur. Mais la situation étant exceptionnelle, je me suis permis de venir vérifier qu'Hermione allait bien.
Un petit sourire naquit sur les lèvres des deux parents d'Hermione.
—Bien sûr. Vous craignez peut être que nous ne nous en occupions pas bien ?
—Non, s'étrangla Drago de plus en plus mal à l'aise. Je… Je ne l'avais pas vu depuis Sainte Mangouste alors je…
Les parents d'Hermione échangèrent un regard tandis que Drago tentait désespérément d'appeler Hermione à l'aide. Celle-ci avait les yeux rivés sur son assiette et mangeait avec application. Drago était persuadé qu'elle le faisait exprès, et qu'elle-même n'était pas très à l'aise.
—N'en parlons plus, décréta Mrs. Granger.
Alors c'était tout ? songea Drago. Il dormait dans le lit de leur fille de dix sept ans, et ils n'étaient pas fâchés outre mesure ? Quelle étrange famille. Lui qui pensait être accueilli comme un pestiféré, voilà qu'une bonne poignée de main et qu'un gratin faisait l'affaire. Si seulement la vie pouvait être toujours aussi simple.
—Mais la prochaine fois que vous rendrez visite à Hermione, tâchez de passer par la porte d'entrée. Et d'être là à l'heure du dîner.
Ce fut le moment que choisit Hermione pour lever la tête et regarder ses parents avec de grands yeux.
—C'est tout ? murmura-t-elle, effarée.
Elle aussi se posait autant de question de Drago, de toute évidence.
—Ecoute chérie, déclara Mr. Granger en posant une main sur celle de sa fille. Je crois que la situation est assez difficile pour tout le monde. Et si, inviter Drago sous notre toit, te permet de vivre de beaux moments, alors nous ne nous y opposerons pas. Nous voulons juste que ça se fasse en bonne et due forme et qu'il passe par la porte d'entrée.
—Bien sûr, Monsieur, assura Drago d'un air solennel.
Les Granger étaient des gens agréables, souriants, bienveillants. Le père d'Hermione avait toujours quelque chose d'intéressant à raconter, et Drago réalisa que la magie n'était pas nécessaire à la vie quotidienne. Lui qui avait été élevé dans la discréditation totale des moldus, découvrait à présent un monde tout à fait vivable. Mrs. Granger, quant à elle, était pleine de bonnes intentions, et proposa même de s'occuper de ses dents gratuitement, si l'envie lui prenait de faire un… détarta…détraga… Enfin, une technique moldue pour nettoyer les dents et prévenir contre les carries.
Ainsi, comme il en avait été convenu, Drago vint rendre visite à Hermione tous les jours qui suivirent. Il resta dormir une nuit ou deux, mais les jours où Potter et Weasley venaient, il s'éclipsait et allait rendre visite à Pansy et Blaise. La vie aurait pu continuer longtemps comme ça, si l'état de santé d'Hermione ne se dégradait pas de manière continuelle. Chaque jour signait un peu plus sa perte. Le vendredi avant la rentrée à Poudlard, Drago vint lui rendre visite avec l'idée d'aller faire une promenade près de la rivière qui bordait le village.
Mais quand il sonna, et qu'Hermione vint lui ouvrir, elle était assise dans une chaise roulante. Bien sûr, ce n'était pas la première fois qu'il la voyait dedans, mais c'était la première fois qu'elle ne trouvait pas même la force de lui ouvrir la porte, sur ses deux jambes. Elle paraissait fatiguée, et des cernes violets entouraient ses yeux.
Il se pencha pour l'embrasser tendrement. Quand il passait le seuil de cette porte, Drago se promettait de ne plus penser à la maladie, ni à la mort. Quand il était avec Hermione, il s'interdisait de déprimer et de pleurer sa perte. Et elle le lui rendait merveilleusement bien, qu'il ne le regrettait jamais.
—Allons faire un tour, proposa-t-il simplement. Je pousserai ton fauteuil.
Hermione accepta, et après s'être habillés de manteau et d'écharpes –il faisait encore frais – ils quittèrent la maison. Le vent frais vint s'engouffrer dans ses cheveux, et Drago sentit un poids le quitter. Comme si, à chaque fois qu'il entrait chez les Granger, leur peine venait l'accabler un peu plus. Dehors, il se sentait plus libre, plus heureux. Poussant Hermione d'un pas modéré, ils se mirent à discuter de tout et de rien, à faire des pronostiques sur les sujets des ASPIC's, à se moquer de la tête de Goyle quand il réfléchissait, ou de Crabbe quand il essayait de faire de l'humour.
Enfin, ils arrivèrent sur le pont qui enjambait la rivière, et le bruit de l'eau vint égayer leurs oreilles à l'affût. L'eau était bleue et limpide, et c'était tellement agréable à regarder, qu'ils restèrent là, silencieux, à contempler les vaguelettes et les poissons qui sautaient hors de l'eau, de temps à autres. Il leur restait une grande descente à parcourir avant d'arriver sur les plages de galets qui bordaient l'eau. Celles-ci étaient souvent prises par les pêcheurs et les jeunes enfants qui s'amusaient au bord de l'eau.
—Drago ? murmura Hermione alors que celui-ci entamait la descente lentement et précautionneusement.
—Oui ?
—Et si tu lâchais le fauteuil ? Monte dessus avec moi, et on le laissa descendre tout seul.
—Tu es folle, ça va aller super vite.
Mais en disant cela, Drago était déjà en train d'aider Hermione à se relever. Il s'installa à sa place, et l'installa confortablement sur ses genoux. A présent, ils étaient tous les deux assis dans le fauteuil roulant, et il ne restait plus qu'à desserrer le frein. Drago prit quand même soin de sortir sa baguette magique, qu'il cacha dans sa manche.
—Tu es sûre ? questionna-t-il.
—Dernière montée d'adrénaline, assura Hermione, les yeux brillants de joie.
Et comment le lui refuser ?
Alors Drago désactiva le frein, et la chaise se mit à rouler. D'abord lentement, puis, au fur et à mesure que la pente s'accentuait, le fauteuil prit de l'allure. Au milieu de la pente, la vitesse était telle que Drago pouvait sentir le vent siffler dans ses oreilles. Mais le plus beau son, c'était encore et toujours le rire d'Hermione. Ce carillon si doux qu'il donnait l'impression de provenir d'un ange. Ses hurlements de joie et ses mains qui se cramponnaient à celles de Drago, donnaient à celui-ci la sensation de voler. Alors c'était ça le bonheur ? Rendre heureuse celle que l'on aime ? Jamais il n'avait pensé que c'était si facile. Et à chaque rire d'Hermione, il tombait un peu plus et inexorablement amoureux.
Ils arrivèrent sur la plage de galets si rapidement, qu'ils durent hurler aux enfants de s'écarter. Bientôt, Drago dut poser ses pieds sur le sol pour ralentir leur folle course, et ce fut tout juste s'ils n'atterrirent pas dans l'eau glaciale de la rivière. En fait, ils n'étaient qu'à deux mètres de la rivière quand le fauteuil s'arrêta enfin.
Le cœur de Drago tambourinait contre sa cage thoracique et il se demanda s'il retrouverait un jour, un rythme normal, tant c'était douloureux. Hermione quant à elle, avait le sourire jusqu'aux oreilles, et ses yeux pétillants semblaient hurler « Encore ! On recommence ? ».
Quand ils rentrèrent le soir, et qu'ils racontèrent leurs aventures aux Granger, ceux-ci ne semblaient pas aussi enthousiastes qu'eux.
—Drago, je pensais que vous calmeriez ses folies, le morigéna Mr. Granger.
Il avait cependant le sourire aux lèvres, car la joie d'Hermione avait contaminé tout le monde. Elle était si heureuse, si pleine de vie, que personne n'osa rappeler à quel point c'était dangereux de faire une telle chose. Et puis de toute façon, qui s'en souciait ? Hermione avait passé un bon moment et était revenue entière, rien ne servait de la réprimander pour cela.
Cette nuit là, fut la dernière qu'ils partagèrent. Les Granger les invitèrent au restaurant, et s'éclipsèrent au cinéma, leur laissant la maison pour eux seuls. Drago trouva cette attention délicate, bien qu'un peu étrange, mais ne dit rien, car encore une fois, la bonne humeur d'Hermione eut raison de ses interrogations.
Cette nuit là, fut la plus torride qu'ils aient jamais passé. Hermione, pourtant malade et affaiblie par le traitement, n'arrêtait jamais, et à chaque fois que Drago était sur le point de tomber endormi, elle repartait à l'attaque, l'assaillant de baisers, tous plus libidineux les uns que les autres.
Cette nuit là, Drago ne cessa de répéter à Hermione combien il l'aimait. Combien elle comptait pour lui. C'était sans doute la première fois qu'il se laissait aller à tant de confidences, mais il sentait, au plus profond de lui, que c'était sa dernière chance de le lui dire. Et ca faisait tellement mal, ça le brûlait de l'intérieur, ça le déchirait, ça le brisait. Alors, pour se guérir, il murmurait, telle une litanie au milieu de la nuit « Je t'aime, Hermione ». Et celle-ci de répondre par des baisers à la fois doux et torrides, et de chuchoter à chaque fois un « Moi aussi » sincère et apaisant.
Le dimanche soir, dernier jour des vacances, Hermione accompagna Drago jusqu'au Quai 9 ¾ . Elle avait supplié ses parents qui n'avaient accepté qu'à la condition qu'elle reste sur son fauteuil roulant. Ce qu'elle avait fait, elle n'avait de toute façon pas la force de les contredire, et encore moins de marcher. Drago, quant à lui, avait dit à ses parents que ce n'était pas la peine de l'accompagner, et que de toute façon, il serait bientôt de retour, son diplôme en poche, près à vivre la vie qu'ils avaient écrite pour lui.
—Au revoir, Drago, murmura Hermione qui tenait la main du Serpentard comme s'il avait s'agit d'une bouée de sauvetage.
Autour d'eux, les badauds regardaient d'un air intrigué ce qui se passait entre Drago Malefoy et Hermione Granger. Et sans doute les plus commères d'entre eux espéraient avoir quelque chose de croustillant à ses mettre sous la dent. Drago allait leur offrir le plus beau des scoops.
Il se pencha doucement et déposa un baiser chaud et passionné sur les lèvres tremblantes d'Hermione. Il caressa sa joue de longue seconde en plantant ses yeux d'acier dans les siens.
—Je viendrai te voir dans deux semaines, Hermione. Tiens le coup.
Mais elle ne tint pas le coup. Cinq jours après son départ pour Poudlard, Drago reçut une lettre des Granger qui lui disait qu'Hermione avait été à nouveau hospitalisée. Selon les guérisseurs, c'était la fin. Ce matin là, au petit déjeuner, quand il lut la lettre, Drago sentit son corps entier se décomposer. Etait-il possible de souffrir autant ? Il le savait à présent. Il ne dit pas un mot, se leva, et se dirigea vers le hall. En passant devant la table de Gryffondor, il vit Ginny en larmes, dans les bras d'un Potter blafard. Quant à Weasley… Il avait l'air d'un cadavre.
Drago allait sortir quand Ginny l'appela. Il se demanda un instant s'il n'avait pas rêvé, puis les trois Gryffondor se dirigèrent vers lui.
—Dumbledore a prévu un portoloin à midi, pour Sainte Mangouste, lui indiqua Potter la gorge nouée.
Drago comprit qu'il l'invitait à venir voir une dernière fois Hermione.
—Ca lui ferait plaisir, tenta de sourire Ginny.
Alors, Drago acquiesça. Il n'aimait pas les Weasley, et encore moins Potter, mais pour voir Hermione une dernière fois, il aurait vendu son âme au Diable – si elle n'avait pas déjà appartenu à Voldemort. A midi, ce jour là, Drago retrouva les trois autres devant le bureau de Dumbledore. Quand ils entèrent dans la vaste pièce, le regard du vieux directeur se posa sur Drago. Ce dernier eut la désagréable sensation que le vieillard savait qu'il viendrait. Que Dumbledore savait ce qu'il y avait entre Drago et Hermione.
—Touchez tous le portoloin, il ne vous reste plus qu'une minute.
Tous quatre posèrent un doigt sur le vieux grimoire que Dumbledore avait ensorcelé pour eux. Avant d'être aspiré par l'obscurité, Drago entendit Dumbledore s'adresser directement à lui.
—Je suis heureux que vous soyez là, Mr. Malefoy.
—J'aurai préféré être ailleurs, Monsieur.
Et le crochet invisible du portoloin vint s'emparer de son nombril et bientôt, l'obscurité fut le seul décor qu'ils purent entrevoir. La seconde d'après, ils étaient à Sainte Mangouste, dans une pièce spécialement prévue à cet effet. Ils furent accueillis par deux mages qui leur demanda le nom de la patiente qu'ils venaient voir, et on leur indiqua un numéro de chambre.
Au fur et à mesure que Drago approchait de la chambre, ses mains devinrent moites et ses yeux vitreux. Son cœur, pourtant brisé, tambourinait dans sa poitrine, criant silencieusement qu'il voulait sortir pour rejoindre sa moitié. Mais c'était impossible, car sa moitié allait bientôt partir. Sans lui.
Quand ils arrivèrent devant la porte, Drago réalisa avec horreur que de nombreux proches s'étaient réunis. C'était donc vraiment la fin, songea-t-il avec amertume. Les parents Weasley étaient là, ainsi que le professeur McGonagall. Quatre personnes âgées étaient assises et pleuraient dans un coin, Drago comprit qu'il s'agissait des grands parents d'Hermione. Il se mit légèrement à l'écart, suffoquant devant tant de monde et se demanda si c'était une bonne chose qu'il reste ici.
Au moment où il allait craquer et quitter les lieux, une main vint se poser sur son épaule. C'était Patrick Granger, dont les yeux rougis trahissaient une nuit difficile. Malgré tout, il trouva la force de lui adresser un petit sourire triste.
—Merci d'être venu. Je sais que ça compte pour elle.
Mrs. Granger était là aussi, et à la grande surprise de Drago, elle s'approcha et le serra doucement dans ses bras. Ses petites mains fraiches vinrent se poser sur les joues glabres de Drago, et elle plongea son regard noisette dans le sien.
—Merci Drago. Merci d'avoir rendu notre fille aussi heureuse pour ses derniers moments.
Et elle déposa un baiser – humide de larmes – sur la joue de ce qui aurait pu être un jour son gendre. Drago se laissa aller à la serrer quelques secondes dans ses bras, et serra la main de Mr. Granger avec douceur. Tous les regards s'étaient tournés vers eux, et c'était bien normal. Les Granger avaient choisi de se recueillir avec Drago, c'était là la preuve qu'il avait joué un rôle important.
—Elle souffrait trop depuis trois jours, expliqua le père d'Hermione d'une voix enrouée. Ils l'ont mise dans un coma artificiel, jusqu'à ce qu'elle décide de partir.
Savoir qu'Hermione avait souffert était au-delà du supportable pour Drago. Sa mâchoire se crispa et il retint un cri de rage. La présence des parents d'Hermione l'apaisait étrangement.
Les parents d'Hermione décrétèrent que chacun irait voir Hermione à tour de rôle. Ce fut d'abord les grands parents, qui y allèrent tous ensemble. Puis le couple Weasley, accompagné de McGonagall. Enfin Harry, Ron et Ginny s'y attardèrent plus longtemps que les autres. Quand ils sortirent, Ginny pleuraient à chaude larme, tandis que son frère et Potter étaient blancs et vacillaient légèrement. Enfin, Mrs. Granger proposa à Drago d'y aller.
— Je peux y aller en dernier ? supplia-t-elle à voix basse, peu certain d'avoir le courage d'y aller.
—Bien sûr.
Les parents d'Hermione allèrent à leur tour faire leurs adieux à leur fille. Ils restèrent presqu'une heure à l'intérieur, et quand quittèrent la chambre, leur visage baigné de larmes en disait long sur la difficulté de quitter leur fille unique. Drago ne pouvait plus reculer désormais, c'était à son tour.
Le sourire encourageant des Granger le porta jusqu'à la porte et quand il fut entré, il la referma soigneusement derrière lui.
Hermione était là. Endormie, plus belle que jamais. Son corps se soulevait au rythme de sa respiration. Elle avait l'air sereine, un petit sourire s'était dessiné sur ses lèvres. Drago s'était attendu à la voir embourbée dans des tuyaux, mais il n'en était rien. Une seule électrode magique était posé sur son cœur, et son rythme cardiaque se dessinait magiquement sur un tableau noir, au dessus du lit. Elle était aussi naturelle qu'elle pouvait l'être. Sans maquillage, sans artifice. Magnifique, voilà ce qu'elle était.
Drago, le pas chancelant, s'approcha d'elle et s'assit sur la chaise qui avait été placée à côté du lit. Il s'empara de la main d'Hermione et la porta à ses lèvres. De son autre main, il caressa son front chaud.
—Salut, murmura-t-il d'une voix rauque.
Elle ne se réveilla pas cependant. Elle ne se réveillerait sans doute pas. Il embrassa chacun de ses doigts et continua à frôler du bout des doigts son front, puis son nez, et enfin ses lèvres.
—On a beau savoir que ça va arriver, on n'est jamais vraiment préparé. Pas vrai ?
Une larme glissa le long de sa joue. Il l'essuya d'un revers de la main, avant de continuer.
—Tu me manques déjà, Hermione. J'ai vécu avec toi les plus beaux moments de ma vie. Je t'aime à en mourir, et je crois que je ne supporterai pas de te perdre. Mais c'est mieux, Hermione. Ils m'ont dit que tu souffrais trop…
Sa voix se brisa. Et sans crier gare, il éclata en sanglot. C'était la première fois de sa vie qu'il pleurait autant, mais il ne pouvait retenir le flot continue des ces larmes salées qui semblaient n'en plus finir. Et à chaque fois que ses yeux se posaient sur elle, il sentait son cœur se serrer, sa gorge se nouer. Parviendrait-il un jour à faire son deuil ? Le deuil de l'amour d'une vie était si possible ?
—Tu as le droit de partir, mon amour. Laisse-toi aller. Tu n'auras plus mal, Hermione. C'est comme de s'endormir. Hermione, tu m'entends ? murmura-t-il.
Il se leva et s'assit sur le bord du lit. Il déposa un baiser salé sur ses lèvres fraîches et caressa, pour la dernière, le visage dont il était si éperdument amoureux.
—Lâche prise. Tout ira bien. Je m'occuperai de tes parents, je ferais en sorte qu'ils ne manquent de rien. Hermione… N'ai pas peur. Sache que je t'aime. Je t'aime mon amour.
Et ce fut la fin. L'électrocardiogramme qui se dessinait sur le tableau noir ne fut plus qu'une ligne, droite, parfaite. Le cœur d'Hermione venait d'arrêter de battre, définitivement. Drago ne put retenir un hurlement de douleur. Et son cœur de se déchirer, de saigner jusqu'à l'épuisement. Souffrir autant était-il permis ? Il n'en savait rien, mais il sentait la terre s'ouvrir sous ses pieds, et il se sentit sombrer dans un gouffre sans fin, uniquement fait de douleur, de peine et de tristesse.
Derrière lui, la porte s'ouvrit, et les Granger entrèrent. Ils s'approchèrent de leur fille, pleurant silencieusement l'enfant prodige. Hermione Granger était morte. L'année de ses dix-sept ans.
On l'avait annoncé dans un article de la Gazette du Sorcier. Hermione Granger, meilleure amie d'Harry Potter et sans doute l'élève la plus brillante de Poudlard, venait de s'éteindre à la suite d'une tumeur magique incurable. Une cérémonie aurait lieu à Poudlard, et tout le monde pourrait s'y rendre, puis les plus proches iraient à l'enterrement privé, qui aurait lieu dans le cimetière du village des Granger.
Les trois jours qui avaient séparé la mort d'Hermione et son enterrement avaient été les plus longs que Drago n'eut jamais à vivre. Il ne dormit pas, malgré les potions de sommeil qui lui avait acheté Pansy. Cette dernière n'était pas en très bon état non plus d'ailleurs. Blaise et elle, ne supportaient pas de voir leur meilleur aussi malheureux, et la mort de Granger les avait affecté plus qu'ils ne l'auraient pensé.
Ils se rendirent ensemble à la cérémonie qui avait lieu à Poudlard. Tous les élèves, tous les professeurs et les amis sorciers de la famille et d'Hermione s'étaient rassemblés dans le grand parc. Il y avait les Weasley au grand complet, Remus Lupin, l'auror Tonks, Hagrid. Drago crut même reconnaître le libraire de Fleury et Bott. Ils étaient des centaines à s'être déplacés. Certains par amitié pour Dumbledore, d'autre pour se montrer au côté d'Harry Potter, et enfin ceux qui avaient vraiment connu et aimé Hermione.
La cérémonie fut émouvante. Les parents d'Hermione ne firent aucun discours, mais Potter et Weasley prirent la parole quelques minutes, pour un discours –il devait l'admettre – émouvant et drôle. Drago savait que c'était ce qu'aurait voulu Hermione. Quand enfin, tous les discours furent terminés, les Granger s'approchèrent de Drago et le saluèrent, les yeux baignés de larmes.
—Allons-y, murmura Mrs. Granger.
Les Granger avaient demandé à Drago s'il pouvait les mener jusqu'à chez eux en transplannant pour gagner du temps et accueillir toutes les personnes qui viendraient rendre un dernier hommage à Hermione. Drago n'avait pas eu le cœur de refuser, et ils marchèrent jusqu'à Pré-au-Lard, en silence, avant de pouvoir transplanner jusqu'au cimetière où auraient lieux les funérailles.
Le cimetière était déjà plein : les grands parents, les cousins, les oncles et les tantes d'Hermione étaient tous rassemblés, et pleuraient tous dans les bras des autres. C'était un spectacle déchirant, mais à la fois émouvant : Hermione avait été tant aimée.
Drago avait demandé à Pansy et Blaise de venir. Pour l'aider, pour le soutenir, et il les repéra dans un coin du cimetière. Ils avaient pris le soin de ne porter que du noir et Pansy avait dans ses bras une énorme gerbe de lys blancs.
—Merci, murmura-t-il à leur adresse.
—C'est fait pour ça, les copains, sourit Blaise tristement.
—Tu es prêt ?
Mais Drago ne l'était. Les parents d'Hermione lui avaient demandé de faire un discours. Parce qu'ils ne souhaitaient pas faire une cérémonie religieuse. Ils voulaient que chacun ait une pensée pour elle et que Drago fasse un discours à son honneur. Mais Drago ne s'en sentait pas capable. Entre ses mains, le discours qu'il avait écrit n'était plus qu'un bout de parchemin froissé. Ses mains moites et son cœur malade l'empêchaient de quelconque bon sens. Il se sentir vaciller et pâlir et il eut besoin de se rattraper sur Blaise pour ne pas tomber.
—J'peux pas, grogna-t-il la voix rauque.
—Personne ne t'y oblige Drago.
Non personne ne l'y obligeait. Mais quand il vit le cortège avancer jusqu'à eux, et quand il vit le cercueil d'Hermione, il se dit qu'il n'avait pas le droit. Il ne pouvait pas être indifférent et aussi égoïste. Les parents d'Hermione comptaient, alors, il le ferait. Quand tout le monde fut rassemblé autour du cercueil, Drago s'approcha lentement, se tenait près des Granger. Il regarda son parchemin une dernière fois, et… à la dernière minute, décida que ce n'était pas le bon discours. Qu'il ne pouvait pas se permettre de dire des banalités sur une fille aussi peu banale. Il improvisa.
Hermione Granger a toujours été à mes yeux l'insupportable Miss-Je-Sais-Tout de l'école. Trop intelligente, trop logique, trop brillante. Trop belle. Trop généreuse, trop bienveillante, trop douce. Trop parfaite. Tellement parfaite qu'il est impossible de ne pas l'aimer. Je ne l'ai réalisé que trop tard. Trois mois, c'était tout ce qu'il me restait pour l'aimer, et j'espère que ça a suffit à lui faire comprendre qu'elle a compté plus que quiconque. Si je ne devais retenir qu'une seule chose, je crois que ce serait son rire. Ce rire presque magique, presqu'enfantin qui éclate en un millier de petits morceaux scintillants. Ce rire que tout le monde a déjà entendu, et qui marque à jamais. Celui qui guérit les blessures, qui panse les plaies. Celui qui dit que tout va bien. Même quand tout va mal. Et à cet instant précis, je vais au plus mal. Parce qu'un monde sans Hermione Granger n'est pas un monde qui vaille la peine d'être vécu. Et putain, que ça fait mal. Et au fond, je la déteste d'être partie trop tôt. Je la hais de nous laisser tous plantés là, sans sa lumière pour nous guider. J'aurai préféré mourir à sa place, car le monde sans elle ne sera plus jamais le même. Je l'aime, et c'est sans doute ce qui causera ma perte. Mais je suis fier de l'avoir connue et d'avoir fait partie de sa vie, un mois, un jour, même une minute, m'aurait suffi. J'espère qu'elle est bien, là où elle. Et j'espère qu'elle sait à quel point nous l'aimons. A quel point je l'aime. La vie est une chienne, mais c'est elle qui nous a permis de vivre d'aussi beaux moments avec Hermione.
Et voilà, c'est la fin ! J'espère que vous n'aurez pas été déçus par la mort d'Hermione, j'ai essayé de la rendre réaliste, ainsi que la réaction de Drago. Dites moi ce que vous en avez pensé, en espérant ne pas vous avoir fait pleuré ! Je reviens mercredi prochain avec un épilogue, sur ce, portez vous bien !
