Bonjour/Bonsoir !

Que ça fait du bien de revenir ! Chapitre 10, il était temps ! Désolé je répondrais pas à toutes les reviews mais merci à tous de lire ma fic et laisse rune trace de votre passage, c'est plus sympa de savoir que quelqu'un nous lit :D

Tea : Oui c'est sûr que c'est une fille un peu spéciale ^^ Mais non je ne pense pas faire mourir ce personnage.

Honey's-Darlings : Merci ! J'étais très heureuse en lisant ta review et ce pour pleins de raisons. C'est vraiment cool quand les gens remarquent que vous voulez changer un peu les habitudes ou en gros ne pas choisir un des mecs les plus populaires de One Piece. Encore merci pour ton commentaire !

Et merci à tous !

Bonne lecture !


Entre fantôme et ténèbres

Une grande voix d'homme m'interpella. Je ne sus répondre à sa question. C'était bien trop flou pour que j'y trouve une quelconque réponse. Je ne voyais que la flaque de sang sur le parquet, puis ce cadavre qui me parlait. Il se leva.

« Rends-le moi ! Rends-moi ce qui m'appartient ! »

Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Il agrippa mon poignet et me jeta violemment contre le mur. C'est juste à ce moment-là que je remarquais le sang sur mes doigts. Le cadavre ne cessait de me frapper, réclamant sans cesse cette chose que je n'avais définitivement pas. Mais n'était-il pas mort lui aussi ?

-AAAAAHH !

Un grand homme vint me plaquer contre le matelas. Mon cœur affolé reprit un rythme normal.

-C'est encore le même cauchemar ?

J'hochai lentement la tête. Je pouvais encore sentir les sueurs froides dans mon dos et cette peur qui me paralysait les membres. Il passa la main sur sa coupe en forme de banane d'un air pas plus rassuré que ça.

-Tu veux que j'appelle une infirmière ?

-Je suis en pleine forme… répondis-je avec ma voix cassée par les sanglots.

-Hm. Je vais chercher Izou.

-NON ! hurlai-je en saisissant le bras de Thatch. Surtout pas !

Il haussa un sourcil inquisiteur tandis que je retirai le drap sur mes jambes.

-Mais qu'est-ce qui s'est passé entre vous deux à la fin ? m'interrogea le commandant, exaspéré par mon mutisme à ce sujet-là.

-Rien du tout… j'ai juste du mal à m'en remettre, mentis-je.

-Moi je n'appellerais pas ça comme ça ! T'es carrément en train de délirer ma pauvre ! Allez, il faut que tu voies Izou… et une infirmière !

Le brun tenta de prendre mon poignet mais soudain, des sortes d'ombres noires jaillirent de mes mains. Il se retrouva plaqué contre le sol sous l'impact tandis que je reculai, apeurée par ces choses revenant vers moi. Je les sentis entrer à l'intérieur de mon corps, comme si c'était là leur place d'origine, quelque chose de naturel. Mais ça n'avait absolument rien d'humain. C'était monstrueux. Thatch se releva, en me regardant dans le blanc des yeux d'un air presque effrayé.

-Alors c'était vrai… Tu l'as mangé.

-Je voulais pas ! Je suis désolée !

Le commandant vint lentement vers moi et me tendit la main.

-N'aie pas peur. On t'apprendra à te contrôler.

Mes doigts frôlèrent les siens. Je sentis tout à coup une décharge en moi. Je reculai tête baissée, en ramenant mes mains contre ma poitrine.

-Désolé, je veux pas faire mal à quelqu'un… Je préfère rester ici…

-Mais Eris tu…

-Je ne veux pas ! criai-je en prenant ma tête douloureuse entre mes doigts crispés.

Il haussa les épaules avec un triste sourire et sortit de la pièce. Je lâchai alors un long soupir et m'affaissai contre le mur. C'était comme si mon propre corps m'effrayait. Je ne sentais même plus ce qu'il restait en moi et ce qui avait disparu. Tout ce qui faisait de moi un être humain ordinaire semblait s'être envolé. Il n'y avait plus que ce pouvoir dévorant. Je me recroquevillai un peu plus. Depuis la mort de Marshall, j'étais toujours restée avec Thatch. Je n'arrivais plus à parler avec Izou après ce qu'il s'était passé. De plus, entre mes cauchemars incessants et le Yami Yami no Mi que je n'arrivais définitivement pas à contrôler, je ne pensais plus qu'à rester cloîtrée là et attendre que miracle, tout redevienne comme avant. Mais ça n'arriverait pas. Jamais je ne rentrerais à Paris et cette chose au fond de moi qui me dévorait en était la preuve. Si ce n'est pas Teach le monstre, alors c'est moi.

0o0o0o0o0

Izou s'installa en tailleur, à même le sol, devant le gigantesque vieillard assis.

-Qu'y a-t-il fils ?

La forte voix de l'Empereur faisait écho dans toute la pièce.

-J'ai rempli mon devoir Père. A présent, si vous le voulez bien, j'aurais besoin de vous.

-… ?

-Il y a eu un grave accident la dernière fois, j'hésitai alors à vous en parler : Eris a mangé le Yami Yami no Mi.

Le géant arqua un sourcil curieux.

-Et que s'est-il passé ?

-Elle a acquis ses pouvoirs, exactement comme cela aurait pu arriver à n'importe qui mais le seul problème, c'est qu'elle ne contrôle rien. Absolument rien. Le fruit se manifeste de lui-même.

Alors que le travesti soupirait, le vieux affichait un air contrarié et légèrement inquiet.

-A-t-elle déjà blessé quelqu'un ?

-Pas encore mais vu ce que m'a décrit Thatch, elle n'en est pas loin.

-Alors qu'attends-tu fils ? Va donc t'occuper de la gamine !

Un frisson parcourut le commandant de la tête aux pieds.

-Mais Père je...

-C'est un ordre ! coupa le vieillard, inflexible.

-J'obéis Père, j'obéis... soupira Izou.

Il haussa les épaules et sortis tête baissée, en proie à de nombreuses questions. Lorsqu'il ouvrit la porte, une rafale sombre lui passa sous le nez, et elle était de plus suivie par un commandant à bout de souffle.

-Thatch ! Qu'est-ce que c'est que ça ?!

Sans jamais lâcher du regard cette longue forme noire et fluide qu'il poursuivait, il tourna le menton vers Izou.

-Aide-moi à l'arrêter ! C'est Eris !

-Quoi ?!

-Pas le temps de t'expliquer !

Il agrippa la manche du kimono rose et ramena dans sa course le travesti. Les deux hommes coururent un bon moment, dans les couloirs du Moby Dick, après cette silhouette humaine qui n'avait pour rien de tel. Ses bras et jambes, même cette chevelure de jais, se déformaient parfois et ondulaient comme de l'encre d'un noir profond. Tout ce que l'on voyait sur le visage de ténèbres était un grand sourire malveillant. Le travesti passa devant son camarade et d'un bond, il plaqua la créature au sol. Des griffes acérées se prolongèrent alors au bout des doigts de la chose. Elle voulu les planter dans le bras du commandant mais ce dernier esquiva l'offensive sans trop de mal. Thatch surgit alors derrière le corps noir et l'immobilisa net.

-On te tient Eris ! lança-t-il, tout joyeux, alors que son ami à côté était bien loin d'esquisser le moindre sourire. Qu'est-ce qu'il y a Izou ?

-Je pensais pas qu'elle aurait tant de mal à s'y faire, c'est étrange...

-Bah, chacun son rythme ! Essayons de la maîtriser le temps qu'elle y arrive. Pour l'instant on devrait la montrer à Père je crois.

Izou acquiesça. Alors que les deux commandants allaient repartir en emmenant avec eux Eris, cette dernière, sous sa nouvelle forme, ne l'entendit pas de cette oreille. Elle lacéra l'épaule de Thatch de ses longues griffes constituées de ténèbres et s'élança vers les escaliers descendant aux derniers niveaux du Moby Dick. Le commandant blessé se releva en fronçant les sourcils.

-Ne me dis pas que...

-Elle va mettre le feu aux stocks de poudre ! s'écria le travesti.

Un frisson parcourut les deux hommes. Ils foncèrent simultanément vers les escaliers et rattrapèrent la jeune femme qui, par chance, était moins rapide et entraînée qu'eux. Ne voulant pas prendre de risque cette fois-ci, Thatch encercla ses poignets de granit marin. Elle sursauta au contact des menottes, tandis que son corps « abandonnait » les ténèbres. Ce brusque changement lui arracha un cri de douleur, puis ses jambes affaiblies la lâchèrent. Elle tomba dans les bras d'Izou, au grand plaisir de ce dernier bien qu'il évitait de le montrer. La petite brune remuait les lèvres contre son torse, sans pour autant ouvrir les yeux.

-Elle s'est évanouie... constata-t-il avec un sourire affectueux pour la jeune fille blottie entre ses bras.

Il la souleva comme une princesse, sous le regard brûlant de curiosité de Thatch.

-Je rêve où ça devient chaud bouillant entre vous deux ?

-Hein ? Quoi ?

-Laisse tomber...

Le commandant croisa les bras sur sa poitrine avec un demi-sourire.

-T'aurais pas quelque chose à me dire par hasard ?

-Ah, tu crois ? rétorqua le travesti, complètement indifférent.

-Oui. Disons que c'est comme même étrange que vous vous évitiez comme ça tous les deux. Surtout que ça avait l'air de te déranger quand j'ai dit, précisément ce midi, qu'elle dormait dans mon lit depuis quelques jours...

-Je ne vois pas pourquoi ça me dérangerait. Elle est assez grande pour passer la nuit où elle le désire.

Thatch souffla de mécontentement.

-On se connaît depuis des années et t'oses me faire croire que tu t'en fiches ?! Alors ça c'est vraiment pas cool Izou ! rouspéta le commandant.

-Désolé de ne pas être aussi doué que toi avec les femmes !

-Oh mais ça je peux t'apprendre ! s'écria-t-il.

-Non merci...

Il déglutit difficilement et son camarade lui donna une grande tape sur l'épaule.

-Allez va ! Faut que t'emmènes notre petite princesse se reposer !

Il acquiesça d'un hochement de tête singulier et remonta les escaliers en bois, avec la jeune fille dans ses bras. C'était presque s'il l'entendait ronfler pendant qu'elle gigotait et lui bavait dessus, comme elle avait l'habitude de le faire lorsqu'elle dormait. Le travesti se dit alors qu'elle n'avait vraiment rien des femmes distinguées qu'il côtoyait autrefois, et pourtant elle lui plaisait.

0o0o0o0o0

Un mal de tête affreux me sciait le crâne. Exactement comme les matins où les imbéciles du dessous faisaient des travaux... Toujours le week-end. Et après ils osaient mettre un mot d'excuse dans l'ascenseur, que je déchirais le lundi en partant au travail. Et dans ces journées basiques de parisiens venait le métro. Ah oui le fameux métro de Paris ! Comment parler de la capitale française sans en venir à son magnifique moyen de transport public aux effluves d'urine. Mais là, c'était plutôt l'odeur du savon d'Izou qui parvenait jusqu'à moi. Ce n'est qu'en me redressant contre les coussins du grand lit où je me trouvai, que je remarquai mes deux poings liés par de grosses menottes dans une sorte de pierre que je ne reconnaissais pas.

-Mais what ? C'est quoi ce truc ?

-Du granit marin, me répondit une voix familière.

Je tournai la tête vers la porte de l'armoire et trouvai un grand homme adossé contre, vêtu d'un kimono rose et violet.

-Tu te souviens de ce que tu as fait ?

-Non.

-Inconsciente alors... autant pour moi. Ta peine n'en sera que plus légère.

Le commandant eut un faible sourire. Mais je comprenais à peine de quoi il parlait.

-Une peine ? Je vais être punie ? J'ai fait quoi ? m'inquiétai-je.

Il vint s'asseoir au bord du matelas.

-Attends, je vais t'expliquer. Nous sommes environ deux mille hommes ici alors tu te doutes bien qu'il n'est vraiment pas facile de s'assurer que tout le monde se comporte comme il faut. C'est pourquoi il y a nous, les commandants, mais aussi nos lois. On a beau être pirate on a aussi un règlement à respecter.

-Tu m'en avais jamais parlé de ce règlement... murmurai-je un peu comme un reproche.

-J'espérais que tu n'ais pas à le savoir.

Je le voyais baisser les yeux vers le plancher et soupirer bruyamment. Il n'avait clairement pas envie de parler mais se força tout de même.

-Donc je te l'ai déjà dit, mais nous sommes deux mille. On est si nombreux qu'il serait bien trop facile de faire passer un autre pour coupable ou de créer de l'agitation, c'est pourquoi on a mis en place une espèce de... système pour prévoir ce genre de chose.

-C'est quoi ?

-Si quiconque présente une menace pour l'équipage, est un danger pour nous ou ceux qui l'entoure, alors on doit le gérer.

Je frissonnai.

-Quand tu dit « on doit le gérer »... C'est...

-Marshall était une exception, on ne va jamais jusque-là. N'y pense plus.

Le visage du cadavre et ses yeux blancs me revinrent soudainement en mémoire. J'eus un brusque sursaut. Avais-je perdu la tête ? Devant mon regard absent, Izou eut presque peur. Il me secoua les épaules en fronçant les sourcils d'un air soucieux.

-Eris ! Regarde-moi, okay ?

Il prit ma mâchoire entre ses deux mains pour me forcer à le regarder dans les yeux.

-Est-ce que tu te souviens de quelque chose ? Peu importe ce que c'est, il faut que tu me parles.

-Je dois devenir folle hein... C'est pour ça que tu me détestes Izou ?

-Ne fais pas semblant s'il te plaît, tu sais très bien ce que je ressens. N'oublie pas ce que je t'ai dit.

Et si j'en avais envie ? Et si je voulais pas entendre ça ? Parfois je me demandais si j'avais bien fait de me taire ce jour-là, de ne pas lui dire la vérité à mon tour. Et lui laisser de faux espoirs. Je fus soudainement prise dans une étreinte chaleureuse.

-Ils veulent te mettre en cellule.

-...quoi ?

-Après ce que tu as essayé de faire, une majeure partie de l'équipage n'a plus confiance.

-Jamais de la vie ! C'est pas eux qu'ont bouffé cette saleté ! m'énervai-je.

Nan mais c'est vrai quoi ! Faut dire quand même que dans l'histoire, c'est moi qui me prends tout. Et puis, je pense que depuis le début de ce bordel, vous avez quand même remarqué que la victime c'était toujours moi. Je m'écartai du travesti avant de bondir sur mes pieds.

-Je refuse de retourner en prison ! Et le vieux alors ? Il m'a pas défendu ?

-Eris tu allais mettre le feu au Moby Dick ! Tu sais ce que ça veut dire au moins ?

-Hm ?

Il se leva du lit à son tour, l'air grave.

-Que tu es un danger ! Qu'on ne peut pas te garder ici ! Voilà pourquoi je te répétais sans cesse de ne pas faire de bêtises : parce qu'ici chacun de tes actes compte énormément.

Je mis un peu de temps à réfléchir.

-Alors vous allez me jeter c'est ça ?

-Je leur ai proposé autre chose.

L'air sérieux qu'avait pris Izou me fit froncer les sourcils.

-Je leur ai dit que tu pouvais encore changer, qu'il te fallait juste un peu de temps pour t'habituer à ce que...

-A ce que je suis devenue.

-Ton fruit du démon.

-Nan... ça c'est pas un pouvoir. Et c'est même pas ce que tu crois ! Tu sais pas ce que je vis !

Personne ne le sait. Comment savoir ce que c'est que de n'être plus soi-même ? Sentir dans son propre corps une force étrangère qui fait lentement de vous le pire des monstres ? Ma conscience, aussi, s'écarte de moi. Avant il me restait encore un petit bout de quelque chose, même si j'avais tout perdu après cet accident, mais là, je ne suis plus rien. Je ne me sens pas humaine. Pas dans cet état-là.

Une main réconfortante saisit mon épaule.

-Ne désespère pas. Tu te souviens ? J'ai encore une promesse envers toi et un devoir à remplir. Maintenant on a des responsabilités tous les deux. Je peux te montrer Eris.

Il saisit doucement mon poignet menotté.

-La personne que tu étais dans ton monde n'est pas morte.

Les larmes me montèrent aux yeux en repensant à ce jour. C'était une injustice.

-Et si c'était mieux ? Cette fille qui est morte dans une rue de Paris... et si ça n'avait pas été une grande perte ? sanglotai-je. Cette fille ne manquera à personne, je le sais.

-Je ne devrais pas le dire mais si on trouvait le moyen pour que tu puisses rentrer chez toi, la vérité c'est que je ne suis pas sûr de pouvoir l'accepter.

-Pourquoi tu dis ça ?

Le commandant esquissa un faible sourire.

-Tu le sais. Et ce sera de ta faute, ricana-t-il.

-Je suis pas d'humeur à plaisanter...

-Elle est passé où cette petite gamine énervante dont on m'a refilé la garde ? Tu ne vas pas me dire qu'elle est morte elle aussi ? insista le travesti d'un air malicieux.

Je ramenai mes poings encerclés de métal vers ma poitrine.

-Alors ça aucune chance ! criai-je en le poussant sur le lit.

Il tomba dos le matelas et je m'allongeai à côté de lui.

-Tu as au moins le mérite de m'avoir redonné le sourire.

-Mais j'ai raison nan ? Parce qu'une gamine reste une gamine.

-Dis, tu penses que j'arriverais à me contrôler ?

Izou se redressa un peu et posa la main contre ma joue.

-Bien sûr que tu peux le faire. Choisis seulement qui tu es. Personnellement, peu importe ton choix, mes sentiments ne changeront pas.

-T'es con ou quoi ? Je suis devenue folle ! J'entends et je vois des choses mortes ! Tu veux aimer une folle ?!

-Tu n'est pas folle, articula-t-il lentement. Et oui je t'aime.

-Imbécile.

Je me levai du lit et claquai violemment la porte derrière moi. Un vide immense se creusa au fond de moi. Je courus dans les infinis couloirs du Moby Dick, montai quelques escaliers et m'arrêtai devant l'un d'eux. Celui dont exactement trois marches portaient encore des traces de sang. Ils n'avaient sûrement pas pu les enlever, elles s'étaient imprégnées dans le bois. Je m'assis à juste à côté, sur la toute dernière marche et regardait ces marques rouge d'un œil absent.

-Dis-moi pourquoi t'es là Teach. T'es mort, je t'ai vu mourir de mes propres yeux, alors pourquoi t'es encore là ?

-T'as raison : les morts ne parlent pas.

-Te fous pas de ma gueule ! hurlai-je au revenant. A cause de toi j'ai failli les tuer, et ME tuer !

Mais justement gamine. Tu voulais retourner dans ton monde, moi je te donne la solution.

-Pff... Pourquoi tu m'aiderais ? Ton fantôme est aussi con que toi en fait...

-Je t'aide pas, je m'aide moi. Si tu crèves le Yami Yami no Mi renaîtra quelque part dans ce monde et par la même occasion, tu retournes à ton trou. C'est équitable nan ?

-Mais au passage tu veux que j'emporte au moins un ou deux commandants dans ma mort hein ? Laisse tomber... Disparais. J'en ai assez de voir ta sale tronche !

-Tu dis ça mais t'en penses le contraire ! s'extasia le mort-vivant. Sinon t'aurais déjà couru à l'infirmerie te faire examiner mais non, tu préfères m'écouter. La preuve qu'au fond t'es pas si gentille que tu veux le faire paraître. Gamine, on se ressemble tellement toi et moi. Fais ce que je dis et ils n'auront pas le temps de se débarrasser de toi.

Je tressaillis en sentant le courant d'air glacé provoqué par la main morte sur mon épaule.

-Se débarrasser de moi ?!

-Héhé... Nan mais tu t'attendais à quoi ? C'est pas des enfants de chœur chérie ! Et je parie que le vieux attend juste qu'Izou ait le dos tourné pour te couper la tête. Ils ont jamais eue l'intention de te ramener chez toi ! T'as ma parole de fantôme !

Mes yeux dérivèrent au sol. Si tout n'avait été qu'un mensonge, alors moi, je n'ai plus rien.

-Et Teach, tu...

A peine avais-je relevé la tête vers l'âme errante qu'elle avait cédé sa place depuis bien longtemps à un tout autre visage.

-Izou ? Tu l'as vu toi aussi ? demandai-je au commandant.

Il me regardait d'un air presque effrayé, les yeux grands ouverts et les traits contractés. J'esquissai un petit sourire et pris une voix angélique.

-Mais pourquoi tu fais cette tête-là ?

Je me tournai vers les marches tachées de rouge plus en bas.

-Teach ! Je sais que t'es encore un peu fâché contre Izou mais reviens ! J'ai encore des questions à te poser vieux gorille !

La main tremblante du travesti frôla de peu ma joue.

-Il n'y a personne... susurra-t-il tout bas.

-Mais si ! Il était juste là ! criai-je en pointant du doigt l'escalier. Cette fois ce n'était pas un rêve ou cauchemar débile ! Marshall est toujours en vie ! Il m'a même dit que vous vouliez que je disparaisse !

Mais pourquoi Izou faisait-il une tête pareille ? On aurait dit qu'il avait peur de ce que je disais. Et de moi.

-Tu me crois pas hein ?

Sa face se décomposa un peu plus. Il se baissa vers moi, et me serra si fort dans ses bras que j'étouffai presque.

-Il n'y a rien Eris... oublie ça, il n'y rien, chuchota-t-il à mon oreille.

Je voulais rétorquer quelque chose, lui crier que je ne mentais pas mais le désespoir dans sa voix me fit trop de peine. Je ne voulais pas encore le décevoir mais je ne voulais pas non plus faire semblant d'être normale. Je repoussai de mes poings menottés le torse du commandant.

-Tu ne vois rien toi et les autres non plus, donc je suis vraiment devenue folle. Je croyais que ça n'arrivait que dans les films... et c'est bizarre parce que...

Les larmes me montèrent aux yeux.

-Je te jure que j'essaie de revenir à la réalité Izou ! Mais c'est pas possible !

-Viens là... chuchota-t-il.

J'obéis instinctivement à la voix rassurante du travesti, me calais entre ses bras et frottait doucement mon nez contre sa nuque.

-Tu m'as manqué...

-Toi aussi.

Izou s'écarta un peu et esquissa un grand sourire en serrant son petit doigt autour du mien.

-Ce n'est pas comme ça qu'on fait une promesse chez toi ? ricana-t-il.

-Si... ou un check sinon, dis-je en cognant doucement mon poing contre le sien.

-Un check ? Je ne connaissais pas.

Il ria un peu mais je voyais toujours l'inquiétude dans ses yeux malgré son ton doux et persuasif. Il se frotta les mains d'un air enjoué.

-Parfait ! Alors tu vas m'accompagner à l'infirmerie, je suis certain qu'elles pourront t'aider.

Je me maudissais intérieurement de l'avoir laissé m'amadouer.


Merci d'avoir lu !

Je vous dis à la prochaine et laissez-moi un petit commentaire (dans le carré juste en bas) si vous avez le temps ^^