NDA : ce chapitre est exceptionnellement du point de vu de Percy :) Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser une review !
Percy tapait du pied par terre, regardant ses mains croisés en attendant son tour. La porte s'ouvrit, faisant face à un petit bonhomme rond au nez rouge et aux yeux embués de larmes.
« On se revoit la semaine prochaine Monsieur D, d'accord ? sourit la femme derrière lui en lui tapotant l'épaule.
- Moui. »
Le fameux Monsieur D sortit du cabinet sous le regard perplexe de Percy qui releva les yeux vers la femme à la peau noire en face de lui. Elle lui fit un sourire rayonnant, un sourire qu'elle ne lui réservait qu'à lui, son patient préféré.
« Bonjour Percy, entres. »
Le jeune homme se leva d'un mouvement souple et entra dans le bureau, allant directement s'assoir sur le fauteuil en cuir marron qui semblait avoir accueilli tellement de gens que le cuir en était tout abimé. Percy laissa son regard se perdre sur le bureau dérangé de sa psychologue, puis se concentra sur elle lorsqu'elle s'assit en face de lui en remettant parfaitement bien son tailleur.
« Alors ? Ta semaine ?
- Banale.
- Tu n'as pas l'air d'avoir passer une semaine banale. »
Percy soupira et s'affala sur le dossier de son fauteuil, laissant sa tête pendre en arrière et ferma les yeux. Non, sa semaine avait été loin d'être banale. Plutôt pleine de surprise.
« Ma mère a engagé une entreprise d'architecture pour refaire le Complexe, commença-t-il.
- Et c'est bien ?
- Ouais. Je vais pouvoir me remettre doucement en restant avec eux, enfin elle vu que Papa est toujours absent.
- J'ai entendu dire qu'il était en ville.
- Ouais, je sais pas encore pourquoi mais oui.
- Et donc ?
- Y'a cette fille, reprit-il en se redressant. Annabeth Chase. Elle est l'architecte qui a été choisie pour le boulot et elle va travailler avec Will sur le projet. Enfin ils ont déjà commencé. »
Percy resta silencieux un instant.
« Elle est amie avec Piper. Du coup elle est venue à une soirée avec nous la dernière fois. Ils ont l'air de tous l'apprécier.
- Hum ?
- Elle est sympa, vraiment, enfin du moins au début. On rigolait pas mal mais mon père est arrivé et je pense qu'elle a eu peur pour son travail.
- Comment ça ?
- Elle s'est totalement renfermé. Et puis Rachel n'a pas aidé.
- Rachel Dare, la jeune femme amoureuse de toi.
- C'est toi qui le dit ça, Perséphone, mais on en sait rien.
- Percy, ne sois pas aussi aveugle, mais peut importe. Tu me parlais d'Annabeth.
- Mouais. Annabeth. Mademoiselle Chase, c'est comme ça qu'elle veut que je l'appelle. Pour des raisons professionnelles tu comprends ? ricana Percy sarcastique.
- Tu n'aimes pas cette idée j'imagine.
- On s'entendait bien, et Rachel a tout gâché avec ses réflexions ! »
Percy soupira et reposa sa tête contre le dossier, fixant le plafond d'un air morne.
« Je suppose que je suis juste déçu.
- Pourquoi ?
- Pip' l'aime vraiment bien et même Clarisse a dit qu'elle était cool, c'est un signe ça non ?
- Quel genre de signe ?
- Le genre qui me permet de devenir ami avec quelqu'un qui n'est pas de ma famille… Enfin je suppose.
- Tu veux faire de nouvelles rencontres ?
- Non, pas spécialement. Je crois…, commença Percy avant de soupirer d'hésitation. Je crois qu'avec toute cette histoire j'ai juste besoin d'un truc nouveau dans ma vie. Pas cette vieille rengaine qui me tourne autour tous les jours. Me lever, voir Jason, voir Clarisse, manger avec ma mère, voir Nico, voir Rachel parce qu'elle me harcèle, rentrer, manger, prendre mon traitement et dormir.
- Elle casse ta monotonie ?
- Elle cassait ma monotonie. Je crois qu'elle me déteste.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Son regard. Ses yeux. Ils sont toujours si froid et neutre… À la soirée, y'avait son ami, Grover. Elle était tellement plus chaleureuse avec lui.
- Elle ne te connait pas Percy, lui si. C'est surement ça la différence.
- Sauf qu'elle veut pas me connaitre. T'as oublié ce détail. Pas de relation autre que professionnelle.
- Elle est très pro, tu ne peux pas lui reprocher. Elle travaille pour ta famille, n'oublies pas non plus ce détail.
- Ouais. Je suppose…
- Hum ?
- Et après la fin des travaux, elle va disparaitre et elle sera la fille qui viendra à l'anniversaire de Piper et qui a failli être notre amie.
- Tu n'as pas pensé qu'elle pouvait avoir peur ?
- De quoi ?
- Et bien, votre petit groupe ? Ta famille ? Toi ?
- Comment ça ?
- Toi et tes amis êtes si proches, si fusionnels, ça peut troubler, surtout si elle ne connait qu'une personne du groupe. Et ta famille est très importante dans la communauté new yorkaise, voir au-delà, ton père est quelqu'un de très influent.
- Mais moi…, commença Percy.
- Toi tu es l'un des nageurs les plus populaires et les plus prometteurs de sa génération Percy. Tu es très beau et très charismatique. Ça peut troubler plus d'une personne lorsqu'on ne te connait pas. »
Percy fixa sa psychologue en réfléchissant à chacun de ses mots. Perséphone n'avait pas tord, peut-être qu'il avait été trop dur. En soit, il ne la connaissait pas, il ne pouvait pas savoir ce qu'elle avait ressentit lorsqu'elle avait été attaquée et par son père, et par Rachel.
« Alors je dois faire le premier pas ? M'excuser ?
- Laisses-lui le temps de digérer tout ça d'abord, ne presse pas les choses. On ne force pas une amitié.
- Rachel force bien, elle. »
Perséphone éclata d'un rire joyeux face à la mine boudeuse du jeune homme face à elle. Percy retrouva son sourire en entendant le rire mélodieux de sa psychologue. Il aimait vraiment bien discuter avec elle. Perséphone reprit son sérieux et posa une main sur le genoux du garçon.
« J'ai un autre patient, mais je veux que tu reviennes la semaine prochaine d'accord ?
- D'acc, dit Percy en se levant.
- Et n'oublies pas de faire attention à toi d'accord ?
- Je prends bien mon traitement.
- Je ne parle pas que de ça Percy. Prends vraiment soin de toi. Reste toi-même et évite les contradictions.
- Promis, souffla-t-il en sortant du bureau. »
Percy descendit les marches de l'escalier en courant, quittant l'immeuble du Docteur Perséphone les mains dans les poches. Il était plus détendu, plus serein. Les séances avec elle lui redonnait toujours le moral, et c'est avec un léger sourire qu'il entra dans la voiture conduite par Argos.
