Toujours pas morte, même pas noyée, désolée. Mais réjouissez-vous, vous ne pleurerez pas ce soir (pas à cause de moi, en tous cas !), ce qui est déjà une nette amélioration ! J'en ai enfin fini avec Subaru et je passe maintenant à Vous verrez bien ! Ce chapitre n'est pas vraiment mon préféré, il est assez court et autant vous dire qu'il n'a pas une grande portée philosophique, mais ça m'a rendue heureuse de l'écrire Pour une fois, je vais peut-être vous remonter le moral !
Mich' Loinvoyant :
Oui, je confirme, c'est horrible. Je ne suis pas sûre qu'il soit normal de ne pas pleurer (tu es louche) parce que la situation de Subaru est hum, triste ? Enfin, voici tout de même la suite de mes cours de philo, décidément très prolifiques par les temps qui courentFlorinoir :
-.- Eh bien, j'aurais déprimé tout le monde ! Rassure-toi, celui-ci ne risque pas de te faire pleurer (enfin, j'espère o.O). Merci pour ta review !Kestrel21:
Je suis contente que tu aies trouvé ça "charmant" Oh oui, la retraite sentimentale est le deuxième livre qui m'a fait pleurer dans ma jeune existence Je crois que j'avais un penchant pour les amours éternelles et torturées à l'époque. Comme quoi, on se refait pas. Une note plus joyeuse pour toi !Aphykit
: Du moment que Julien ne t'a pas vue dans cet état Eh oui, j'ai toujours voulu écrire une entrevue Fuma/Subaru. Voilà qui est fait, avec toutes les larmes qui vont avec, forcément C'était bien, Gladiator ?Ps : t'as pas intérêt à me refaire le coup de la remarque sur Troie, espèce de Byce !
Alors, lisez attentivement ce chapitre. Les leçons qui vous y seront données sont à retenir pour vos périodes de révisions ! Je dédicace aimablement cette histoire à Stupido qui en avait passé la commande (mais oui, ça va te revenir..)
Gute Lektüre, gute Schokolade !
Nuit blanche et café noir
-Echec au roi.
Sorata cilla.
-Echec Comment tu as fait ça ?
Yuzuriha eut un sourire resplendissant.
-Tu n'es pas assez attentif, Sora-chan. Tu vois, là (elle désigna un pion et une tour blanche) je préparais déjà une attaque. Je pensais que tu allais manger mon fou avec ton cavalier, mais
Sorata avala une longue gorgée de café noir. Très serré. Bon Dieu, quelle heure pouvait-il bien être ? Comment Yuzuriha savait-elle aussi bien jouer ?
-Où est-ce que tu as appris les échecs ? Demanda-t-il avec méfiance.
-Oh, j'y jouais avec mes amis du collège.
-Hum
Il versa un peu de café dans la tasse de la jeune fille. Elle le vida aussitôt, sans grimacer une fois. Yuzuriha tenait bien le café, aussi. Cette fille était décidément pleine de surprises.
Yuzuriha voyait décliner son compagnon depuis plus d'une demi-heure. Il s'était mis à piquer du nez vers deux heure du matin et le café ne semblait pas arranger les choses. Elle devait réagir, ce n'était pas le moment de dormir !
-Sora-chan ! S'écria-t-elle comme elle voyait les yeux du jeune homme papillonner. Tu veux jouer à autre chose ?
-Nia ? Marmonna le garçon en se frottant les yeux. Ooh Tu sais quoi ? Je crois qu'Hinoto essaye de nous tuer.
-Quoi ! s'exclama la plus jeune en serrant sa tasse contre sa poitrine.
-Oui, bien sûr ! Elle veux nous tuer à la tâche, il n'y a pas d'autre explication ! C'est elle qui nous demande de veiller toute la nuit au lieu de nous reposer, comme de raison.
-Mais, Sora-chan, remarqua sévèrement Yuzuriha, si les Anges attaquaient en pleine nuit ? Il faut bien que quelqu'un soit prêt à
-Oh ça va, ça va, Arashi m'a déjà fait la leçon la semaine dernière Zut ! Pourquoi faut-il que vous soyez tous si sérieux ?
-Aah ! S'esclaffa la jeune fille, Tu as pu passer toute la nuit en tête à tête avec Arashi-san, non ? Tu ne vas quand même pas te plaindre !
-Moi, non, confirma Sorata, mais si tu l'avais entendue, elle
Ils se mirent à rire ensemble.
-Bon, je vais refaire du café, annonça Sorata. Je crois qu'on va en avoir besoin.
Il se leva et s'éclipsa rapidement, ébouriffant sa tignasse noire. Yuzuriha soupira. Elle n'était même pas fatiguée. Ou, du moins, elle savait qu'elle ne trouverait pas le sommeil de sitôt. Pourquoi dormait-elle si mal, ces temps-ci ? Est-ce qu'elle était inquiète ?
Bien sûr, Miss ! On se verra demain.
Mais il n'était pas venu, le lendemain. Ni le jour suivant, ni aucun autre de cette semaine.
Kusanagi Où êtes-vous ?
-Soucieuse ?
Sorata était de retour, l'air légèrement moins endormi qu'auparavant. Elle hocha vigoureusement la tête, sans rien préciser d'autre.
-Laisse-moi deviner (il vint se rasseoir auprès d'elle) Tu ne manges plus assez de glaces ?
Elle se figea les yeux écarquillés.
-Oui, moi aussi je suis dans cet état quand je n'ai pas eu mon taux quotidien de sucre, continua-t-il en souriant. Les gens sous-estiment toujours les besoins nutritionnels des adolescents en pleine croissance
Il se tut un instant, contemplant le fond de sa tasse vide avec une inspiration soudaine.
-C'est celui avec qui tu vas au parc, n'est-ce pas ?
Il reprit la cafetière. Elle se moucha bruyamment, les joues brûlantes. Pourquoi Sorata ne pouvait-il pas se contenter d'être aussi bête qu'il en avait l'air ? Elle prit une longue inspiration et ferma les yeux.
-Oui, c'est lui.
-Tu es amoureuse ?
Il regardait toujours la table, comme si la réponse ne l'intéressait que modérément. Yuzuriha rougit encore davantage.
-Je je crois que oui.
-Aha ! s'exclama Sorata, reprenant tout à coup du poil de la bête. Je le savais ! En fait les femmes n'ont pas de secret pur moi
-Arashi-san n'a pas l'air de partager ton point de vue.
-Elle est juste trop obstinée pour l'admettre
La jeune fille haussa les épaules. Sorata était certainement intuitif.
-Alooors, dis moi tout ! Tu le connais depuis longtemps ?
-Hum Eh bien je l'ai rencontré le jour de mon arrivée à Tokyo. C'est le premier homme qui a vu Inuki (elle désigna le gros chien qui somnolait à ses pieds). Depuis Je le vois régulièrement.
-Comme c'est romantique ! s'écria le garçon, maintenant clairement captivé. Dis donc, j'espère qu'il n'est pas trop entreprenant ?
-Entre ? Oh ! Oh non ! Kusanagi-san ne serait jamais Non. Il est un peu gêné par mes sentiments, je pense. Il me considère comme une petite fille.
-Une petite fille ? s'étonna Sorata. Pourquoi, quel âge a-t-il ?
-Quel? Je ne sais pas.
-Tu ne sais pas ?
-Eh bien, non. Je ne lui a jamais demandé. Enfin, j'imagine qu'il doit avoir environ l'âge d'Aoki-san.
-De
Sorata ouvrit la bouche plusieurs fois, les yeux ronds comme des soucoupes.
-Mais Yuzu-chan ! Il pourrait être ton père, alors !
La jeune fille fronça les sourcils. Elle serra sa tasse de café entre ses petites mains et jeta un regard sévère à son ami.
-Il n'est pas si vieux que ça, Sora-chan. Et puis de toutes façons, qu'est-ce que ça change ?
Ça change Ça change
Il la regarda, impuissant, alors q'elle refusait son évidence.
-Tu sais je crois Que je l'aime vraiment. Lui, il m'aime bien, c'est tout. Mais tant pis, ça ne me gêne pas, du moment que je peux être avec lui.
Sorata referma la bouche. Lentement, il hocha la tête. Cette fois-ci, Yuzuriha l'avait brillamment coincé.
-Je comprends.
Il eut un petit rire et se frotta le haut du crâne.
-L'amour ce n'est jamais facile, hein ? Ils nous font tourner en bourrique.
Elle secoua la tête en souriant, puis elle se resservit une tasse de café.
-Il en reste un tout petit peu. Tu en veux ? proposa-t-elle.
-Hum Sorata eut soudain l'air pensif. Tu sais quoi ? Je crois qu'on se prend trop au sérieux.
-Trop au sérieux, répéta-t-elle sans comprendre.
-Oui. Je veux dire, le monde l'apocalypse, tout ça Après tout, peut-être qu'on sera tous morts dans trois mois
-Non, écoute, ce que je veux dire c'est qu'on ne devrait pas oublier de vivre. Regarde-nous là, à nous morfondre devant notre café noir - et sans sucre ! Franchement, Yuzuriha, ça ne te ferait pas de mal de prendre quelques kilos - au lieu de profiter de ce qui compte.
Elle demeura interdite un moment.
-Quel rapport avec le café ? demanda-t-elle finalement.
-Le café, c'est l'obligation, le sérieux, l'amertume. C'est tout sauf une boisson joyeuse. Ça empêche de dormir, ça rend nerveux. Dis moi, qui boit du café toute la journée ?
-Subaru-san, répondit-elle sans réfléchir.
-Exactement. Tu veux que je pousse ma démonstration plus avant ?
-Non, murmura-t-elle. Je crois que j'ai compris.
Il y eut un léger silence durant lequel ils fixèrent chacun leur tasse fumante. Puis, Sorata attrapa la sienne et vida son contenu dans la cafetière. Une odeur forte et capiteuse se répandit dans la pièce. Yuzuriha le regarda un instant, les yeux écarquillés, puis elle saisit à son tour la tasse posée devant elle et imita le jeune homme. Ils se dévisagèrent un long moment avant qu'un grand sourire ne vienne se peindre sur le visage de Sorata.
-Ce n'était pas si difficile, conclut-il. Maintenant, il est temps de goûter aux vraies choses de la vie !
-Les vraies choses ?
-Le chocolat chaud ! s'exclama-t-il comme une évidence.
Il se leva d'un bond et se précipita vers la cuisine comme s'il s'était déplacé sur des ressorts. La jeune fille le suivit des yeux, éberluée.
-Sora-chan ? Appela-t-elle timidement. Nous avons Du chocolat ?
-Bien sûr ! Hurla-t-il depuis l'autre côté du couloir. C'est moi qui ai fait les courses cette semaine, alors j'ai renouvelé le stock !
Sa tête apparut à l'angle du mur.
-Il y a même des biscuits à la noix de coco.
Yuzuriha cilla. Puis, sans plus hésiter, elle bondit à son tour et courut rejoindre le jeune homme dans la cuisine. Sorata s'affairait joyeusement autour des placards. Une casserole de lait chauffait doucement sur le feu tandis qu'il s'appliquait à casser de gros morceaux de chocolat noir sur le plan de travail.
-Ça, déclara-t-il doctement, je t'assure que ça réveille !
La jeune fille se mit à rire et s'assit à la table de chêne. De fait, les joues rosies et les mains réchauffées par la chaleur émise par la cuisinière, elle se sentait à présent parfaitement réveillée.
-Peut-être qu'on devrait aller chercher Arashi-san ? suggéra-t-elle. Je suis sûre qu'une tasse de chocolat lui ferait du bien
-Eh bien si tu te portes volontaire pour la réveiller, ce sera avec plaisir. Moi, je ne prends pas le risque. Je vis assez dangereusement comme ça, je trouve Franchement, ce serait dommage de me faire décapiter par ma future épouse plutôt que de mourir au combat.
-Effectivement, concéda Yuzuriha, tu n'as pas besoin de nouveaux ennemis
Elle suspendit sa phrase. Derrière la fenêtre close, un léger craquement venait de se faire entendre. Sorata se figea sur place, une spatule recouverte de chocolat fondu à la main. La poignée de la porte-fenêtre tourna lentement. Les rideaux tirés obstruaient leur vision et les empêcher d'appréhender l'éventuel danger qui se tenait de l'autre côté du mur. Inuki se dressa de toute sa hauteur, Yuzuriha s'écarta silencieusement de la table, Sorata retint son souffle
Un juron retentit derrière la porte.
-Qui est l'imbécile qui a fermé cette porte ? Grogna la voix de Kamui alors que la poignée tournait vainement sur elle-même.
Les deux jeunes gens poussèrent un soupir de soulagement. La jeune fille traversa la pièce et ouvrit la porte de verre. Le garçon qui se trouvait derrière lui lança un regard assassin et pénétra dans la cuisine. Yuzuriha ne manqua pas de remarquer qu'il ne marchait pas très droit.
-Puis-je savoir pourquoi vous m'avez enfermé dehors ? s'insurgea-t-il, indigné.
-Tu n'étais pas enfermé, Kamui, lança Sorata avec un sourire amical. La porte n'est jamais verrouillée. Tu tournais juste la poignée dans le mauvais sens.
Le garçon le regarda un long moment sas rien dire, les yeux vacants, puis se retourna vers la porte fautive pour la contempler pareillement.
-Oh, dit-il enfin, sans grande conviction.
Il alla aussitôt s'asseoir -ou plutôt s'écrouler- à la table de la cuisine. Sorata et Yuzuriha échangèrent un regard concerné.
-Kamui-chan ? Commença la jeune fille. Tu as bu ?
-'Tout p'tit peu, marmonna-t-il. Il y a du café ?
-Du chocolat, répliqua Sorata avec un clin d'il, c'est encore mieux pour la gueule de bois.
Kamui agita mollement la main, ce qu'ils prirent tous les deux comme un signe d'assentiment. Le lait émit un léger sifflement.
-Dis donc, poursuivit Sorata en jetant de gros morceaux de chocolat dans le liquide bouillant, je ne pensais pas que tu rentrerais si tôt.
-Il est presque quatre heure.
-Oui, disons que je ne pensais pas que tu rentrerais du tout.
Il eut juste le temps de se baisser pour éviter la salière qui s'écrasa sur le placard derrière lui. Il semblait, tous comptes faits, que Sorata eût plus d'ennemis que prévu. Yuzuriha cligna plusieurs fois des yeux. Apparemment, quelque chose dans la boutade de Sorata lui avait échappé
-Oooh ! Du calme ! dit-il en se mettant hors de portée. Je ne savais pas que c'était une corde sensible
Tous deux virent clairement Kamui scanner la table à la recherche d'un nouveau projectile. Hélas, le poivrier se trouvait de l'autre côté de la table et se lever pour s'en emparer représentait un effort qu'il n'était pas prêt à fournir.
-Je suis surprise que Keiichi-kun t'ait laissé rentré tout seul dans cet état, observa Yuzuriha.
-Il ne m'a pas laissé rentrer, murmura l'intéressé, le front appuyé sur la table. Il m'a ramené jusqu'ici.
-En voiture ?
-Non, à pieds.
-Ah ! S'exclama Sorata. Pourquoi tu ne l'as pas invité à entrer ?
Kamui le fusilla du regard puis laissa retomber sa tête sur la table. Sorata se tourna vers la jeune fille et haussa les épaules. Le liquide épais et sombre qui frémissait dans la casserole dégageait une odeur agréable et épicée.
-À mon avis, ils se sont disputés, glissa le jeune homme à l'oreille de son amie.
-On ne s'est pas disputés, grinça Kamui entre ses dents. Il Il voulait que je reste et
Il se tut et inspira bruyamment. Ses joues s'était enflammées.
-Et tu as refusé ? Demanda Sorata, incrédule.
Kamui émit un son étrange, à mi-chemin entre la plainte et le grognement. Les deux autres décidèrent d'abandonner la conversation.
-Eh bien ! Fit joyeusement Sorata. Maintenant que nous sommes tous les trois, on va pouvoir s'amuser ! Qu'est-ce que vous voulez faire ? J'ai bien envie de préparer quelque chose J'ai envie de faire des cookies !
-J'ai envie de vomir
Yuzuriha fit un bond sur le côté et agrippa avec sollicitude une bassine de cuivre posée sur une étagère. Elle la tendit le plus rapidement possible au garçon qui avait pris une délicate teinte de gazon fraîchement taillé. Sorata secoua la tête avec une prévenance de grand frère.
-Tu vois, Kamui ? Tu es trop jeune pour boire. Les enfants de nos jours
-Tu n'as que deux ans de plus que moi, marmonna Kamui, les mains solidement refermées sur la bassine.
-Toute une vie
-Sorata !
Il haussa les épaules et ôta la casserole du feu. L'odeur vint chatouiller les narines exercées de Yuzuriha qui se rassit, soudain oublieuse de la condition précaire de son voisin. Kamui releva la tête, l'air surpris, et huma prudemment le fumet qui se répandit en volutes moites dans la pièce. Un silence quasi-religieux s'établit lors que Sorata versait le contenu de sa casserole dans les trois tasses posées sur le comptoir.
-Ce qu'il y a de bien avec le chocolat, remarqua-t-il en souriant, c'est qu'il y en a toujours assez.
Elle acquiesça avec le même sourire, terriblement contagieux, qui menaçait même la bouche austère du garçon accroché à la cuve devant lui. La jeune fille inspira profondément l'arôme du chocolat chaud. Elle y trouva quelque chose de nostalgique, le souvenir de longues veillées d'hiver auprès du feu, la voix de sa grand-mère, la chaleur de la fourrure d'Inuki. Mais, étrangement, elle eut la certitude que désormais, ce parfum devrait toujours lui rappeler cette soirée de septembre, la table froide de la cuisine et les visages des deux garçons assis avec elle - Sorata rieur, Kamui boudeur, comme d'habitude. Une chose était sûre : elle ne regrettait pas d'être restée debout.
-C'est une boisson plus conviviale que le saké, remarqua Sorata avec un regard appuyé à son voisin.
Il y eut un bruit de verre brisé, suivi d'une exclamation indignée.
-Kamui ! Tu ne vas pas te retourner contre tes propres camarades, quand même ?
Finalement, les tours de garde pouvaient avoir du bon.
OOoOoOoOoOo
Vous voyez, il faut toujours être optimiste dans la vie ! Ou, à défaut, s'octroyer une bonne nuit de sommeil Gute Nacht jeder !
Review ?
