Justice
Ce n'était pas une question de bien ou de mal. Non. C'était juste de la justice.
-Je te hais.
Il le savait. Il le sentait.
-Je n'ai pas eu le choix Sherlock.
Ton tranchant, rauque et sévère. C'était tout de même incroyable d'en arriver là, tout de même !
Ils se regardèrent en chien de faïence. Le détective montrait toute sa désapprobation, toute sa rancœur. Il n'aurait jamais cru que John agirait derrière les mises en garde qu'il lui avait lancé.
-Je t'ai dit des centaines, voire des milliers de fois de ne plus faire ça !
-Ce n'est pas une raison pour me confisquer mon ordinateur.
Non, il n'avait pas le droit. C'était tellement... Tellement... !
-C'est une bonne raison pour le faire, au contraire ! Tu n'avais pas le droit de recommencer, Sherlock ! Pirater les mails d'Anderson et de Donovan par pure distraction en les bombardant de virus, ce n'est vraiment pas le meilleur moyen pour éviter l'ennui !
-Tu ne m'as rien dit au début.
-Bon sang Sherlock j'étais persuadé que tu arrêterais de toi-même ! Preuve est faite que non, il faut en plus que j'agisse pour que tu cesses tes âneries !
-Ce ne sont pas des âneries.
-Ah non ? Des gamineries peut-être ?
Sherlock grimaça.
-Non plus.
-Alors qu'est-ce que c'est ?
-De la justice. Ils méritent de se faire pirater leurs ordinateurs.
-Ah bon ?
John posa le laptop en haussant un sourcil curieux.
-Oui. Quand ils sauront qu'ils ne doivent plus dire du mal de quelqu'un dans leur dos, alors j'arrêterai.
-Sherlock... soupira le médecin en levant les yeux au ciel. Tout le monde dit du mal des autres dans leur dos. Sauf toi, se reprit-il après une courte pause, parce que tu le fais devant les autres.
-Exactement !
-Ce n'est malheureusement pas une bonne raison pour leur faire ça.
-Bien sûr que si !
John fronça les sourcils.
-Vraiment ?
-Oui.
-Alors dis-le moi. C'est quoi la bonne raison ?
Sherlock s'agita en sifflant entre les dents. Il se leva du canapé, fit quelques pas en s'ébouriffant les cheveux d'une main agacée, puis jeta un regard mauvais au médecin avant d'ouvrir la bouche :
-C'est toi, ma bonne raison.
Et il s'en alla s'enfermer dans la cuisine pour se passer les nerfs sur le cadavre encore tout frais d'un chien écrasé par une voiture.
