Bon, après vous avoir bien fait patienter, je reviens avec un nouveau chapitre. Déjà le dixième! Qu'est-ce que ça passe vite!! Bonne lecture!

lyosha: Nooonnnn!!! Pitié! Ne m'engueule pas!! Sinon tu connaîtras pas la suite! Niark niark!!! La guerre des agrumes... Hmmm... Dois-je faire un commentaire là-dessus? Non, je préfère encore me taire. Merci encore!!

MAHA1959: Cela me fait vraiment très plaisir d'avoir de nouveaux reviewers! Surtout quand c'est pour me dire qu'ils apprécient! Je crois que le monde sorciers a une sacrée provision de fous qui ne demandent qu'à s'exprimer. C'est sûr qu'entre Némésis et Severus, va y avoir du grabuge... plus de détails dans ce chapitre peut-être... qui sait... (ben moi, je suis l'auteur quand même). Merci beaucoup en tout cas!!

Chapitre X

In Nomine Justitiae

Cela faisait maintenant près de deux semaines que Némésis était retenue par l'Ordre du Phénix. Elle n'allait pas se plaindre, après tout personne ne la maltraitait. Mais les journées étaient inlassablement les mêmes. Dumbledore arrivait le matin, la liait avec Snape et venait le soir les libérer. Némésis essayait de faire le moins possible attention au professeur. Cependant, la tension entre eux deux était des fois tellement à son comble, qu'ils ne pouvaient pas faire autrement que s'engueuler. Némésis ne parlait à personne, à part à Ginny. Elle avait résolu de lui confier ses loups dans la journée, le professeur Snape ne pouvant pas les supporter et vice-versa. Ginny était adorable, elle avait révélé à Némésis que Snape pratiquait la Legilimancie. Ce qui arrangea bien cette dernière car elle évitait ainsi de croiser le regard du maître de potions afin d'éviter qu'il pénètre dans son esprit. Némésis ne s'était toujours pas décidée à envoyer de lettre à Belzé. Elle aurait pourtant aimé avoir des nouvelles. Est-ce qu'il s'inquiétait ? Si oui, est-ce qu'il la cherchait ? Elle se posait toutes ces questions en même temps qu'elle préparait sa potion. Ce matin, ça faisait le troisième chaudron de cette saleté de mixture qu'elle concoctait. Elle en avait marre mais au moins elle s'occupait. Il y a trois jours pourtant, elle avait cru pouvoir s'échapper. Le professeur Snape avait négligemment laissé traîner sa baguette sur une table pendant qu'il choisissait des ingrédients. Némésis avait sauté sur l'occasion. Mais à peine avait-elle esquissé un mouvement vers la baguette, qu'une main l'avait arrêtée net, enfermant son poignet dans un étau d'acier.

- N'y songez même pas Miss, avait murmuré une voix dans son oreille, la faisant frissonner.

C'était impressionnant la capacité qu'avait cet homme à vous faire sentir mal à l'aise rien qu'en adoptant certaines intonations de voix ou simplement en vous regardant. Le fait est que depuis cet incident, le professeur gardait constamment un œil sur elle, histoire que l'envie lui passe de refaire une tentative du même genre. Le beau prétexte ! Il gardait surtout un œil sur elle car depuis une semaine, il s'était aperçu qu'il appréciait de plus en plus observer le corps de la demoiselle. Un jour, alors qu'ils étaient tous les deux en pleine préparation et qu'ils venaient de terminer leur énième dispute (que Snape avait remportée haut la main soit dit en passant), le professeur s'était retourné au même moment où Némésis se penchait. Il avait eu alors la plus belle vision de son décolleté qu'il n'aurait jamais pu imaginer et n'avait pas cherché à détourner le regard. La vue l'avait tellement déconcentré, qu'il avait laissé tomber un peu n'importe quoi dans son chaudron ce qui avait eu pour effet de faire virer la potion. Némésis n'avait bien sûr pas raté cette occasion pour se moquer de lui. Et il n'avait rien trouvé à redire. Qu'est-ce qu'il aurait pu dire pour sa défense de toute façon ? Désolé, j'étais en contemplation de votre poitrine ? Elle lui aurait assurément dit de regarder ailleurs la prochaine fois et avec un peu de chance il se serait même pris une gifle.

Aujourd'hui, ils ne s'étaient pas encore disputés, ça relevait du miracle ! Mais bon, la journée n'était pas encore finie. La dernière altercation en date remontait à pas plus tard que hier soir. Snape avait reproché à Némésis de mélanger ses ingrédients avec les siens. Après un débat acharné, ce fut Némésis qui eut le dessus en répliquant que s'il ne prenait pas toute la table et était un peu plus ordonné, cela n'arriverait pas. Pour l'instant, la Miss menait le professeur 53 à 51. C'est pour vous dire le nombre de fois où il y avait eu matière à controverses entre les deux enchaînés.

Ce matin, Némésis était donc passablement énervée. D'une part parce qu'elle en avait marre de faire toujours la même potion et d'autre part, à cause d'un syndrome menstruel bien connu des femmes. Autant dire que ce n'était pas le moment de la chercher, chose qu'avait tout de suite remarqué le professeur (qu'elle était énervée, pas qu'elle avait ses règles). Sauf que l'énervement refoulé allait bientôt donner lieu à une erreur de la part de Némésis. Erreur qui se manifesta aux oreilles du professeur par un mélodieux :

- Et merde !

Le professeur en se retournant eut juste le temps de voir Némésis porter son pouce à la bouche. Elle leva les yeux vers lui, consciente que sa tirade n'avait pas dû passer inaperçue.

- Aucun commentaire.
- À vrai dire, railla le professeur, je me demandais quand ce moment allait enfin arriver.
- Vous aviez pris des paris ?

Le professeur ne répondit pas, il se contenta de se diriger vers ses ingrédients. Il sortit d'une étagère un pot d'onguent et le posa à côté de Némésis.

- Mettez ça sur votre blessure, cela vous évitera de me déposer du sang sur toute la table.
- Trop aimable, lâcha Némésis, qui fut tout de même étonnée que Snape lui propose un semblant d'aide.

L'onguent se révéla plus qu'efficace, la blessure qui n'était pas très importante en soi, se résorba toute seule au bout de quelques secondes.

- Vous avez quand même de la chance d'être tombé sur moi en tant que tueuse.
- Voyez-vous ça ? Puis-je savoir pourquoi ?
- Parce que si mon chef avait décidé de vous envoyer l'assassin qui devait initialement s'occuper de vous, et que vous l'aviez aussi amené à l'Ordre du Phénix, je vous garantis qu'il n'aurait pas supporté longtemps de faire des potions. Avec un peu de chance, vous vous seriez même déjà pris un chaudron dans la tête.
- Ravi que vous n'ayez pas essayé de le faire. Mais dites-moi, ce n'était pas vous qui deviez me tuer au départ ?
- Non.
- Alors qui ?
- Mystère.
- Pourquoi on vous a envoyé alors ?
- Il se trouve que celui qui devait vous tuer avait fait une grosse connerie la nuit juste avant celle où je vous ai attaqué. Mon chef n'a pas apprécié. Pour le punir, il a décidé de me confier la tâche qui devait normalement être attribuée à votre assassin de départ.
- Dites, celui qui devait me tuer, ce ne serait pas par hasard celui qui a tué Knight ? Et l'erreur qu'il a faite, c'est celle de tuer sa fille ?
- Oui. C'était une grosse erreur. Nous sommes peut-être des tueurs, mais nous avons des principes, sur lesquels notre chef est très pointilleux. Il n'a jamais cautionné l'agression d'un enfant. Il a toujours dit de nous en tenir aux Mangemorts, nous ne devions sous aucun prétexte nous en prendre à la famille.
- Il a tué la fille parce qu'il pensait qu'elle deviendrait un Mangemort n'est-ce pas ?
- Oui, approuva Némésis avec un hochement de tête, et parce qu'elle avait vu qui il était. Le pire dans cette histoire, c'est le fait que j'étais là le soir où ça s'est passé. À 20 secondes près, la fille de Knight était encore en vie.
- Serait-ce du remord Miss ?
- J'ai du remord vis-à-vis de la petite, mais pas face aux Mangemorts que j'ai tué.
- Quelle était votre manière de tuer ?
- Avada Kedavra. Vous voyez, vous n'êtes pas tombé sur le pire des assassins.
- En effet, approuva Snape en repensant aux meurtres dont on avait parlé dans les journaux et dont certains étaient particulièrement sordides.
- Je ne suis pas une adepte de la torture. J'ai vu des gens être torturés et je ne comprends pas que l'on puisse faire subir cela à quelqu'un.
- Qui ?
- Mes parents. Ils ont été torturés et massacrés par des Mangemorts. Quand ils en ont eu fini avec eux, je n'aurai jamais pu les reconnaître si je n'avais pas assisté à toute la scène.
- Vous savez qui étaient ces Mangemorts ?
- Il n'y en a qu'un seul qui a ôté son masque.
- Devant vous ?
- J'avais six ans à l'époque. À mon avis, il devait penser que je ne me souviendrai pas de lui. Mais je me souviens. Je ne connais pas son nom, mais je connais son visage. Si je le trouve, il est mort.
- Il n'a pas été jugé, n'est-ce pas ?
- Non. J'ai suivi les procès avec attention. La seule chose qui m'intéressait quand j'ouvrais le journal, c'était de voir la tête des condamnés à Azkaban. Mais lui, je ne l'ai jamais vu.

Sans s'en rendre compte, le professeur avait délaissé sa potion et était maintenant appuyé contre la table, au côté de Némésis. Il devait continuer à la faire parler, elle finirait bien par laisser échapper un indice sur ses compagnons.

- Vous vous êtes engagé en tant qu'assassin pour vous venger.
- Au début, c'était un peu le principe. Après, je me suis rendue compte que je n'étais pas la seule à avoir perdu un membre de ma famille dont l'assassin n'avait pas été jugé. J'ai décidé de faire ça aussi pour les autres.
- Combien avez-vous tué de Mangemorts ?
- Neuf je crois, réfléchit Némésis.
- Et je suppose que l'assassin de vos parents n'était pas parmi eux ?
- Comment vous avez deviné ?
- Quelque chose me dit que lorsque vous l'aurez trouvé et tué, vous arrêterez automatiquement de vous adonner aux meurtres. Si vous continuez à tuer, c'est que vous ne l'avez pas trouvé.
- Quel talent de déduction Snape.
- Vous me faites presque peur à me nommer Snape, je suis plus habitué à ce que vous m'appeliez Mangemort, ironisa le professeur.
- Dites-vous que cela m'a échappé, répondit Némésis.

Elle releva la tête et esquissa un léger sourire. Pas un sourire ironique ou sarcastique comme d'habitude, mais un vrai sourire honnête. Le professeur ne put croire tout de suite que ce sourire lui était adressé. Ses yeux plongèrent dans les saphirs de Némésis, accrochant son regard. Elle ne se déroba pas, plongeant aussi dans les onyx de l'homme à ses côtés. Lentement, naturellement, leurs visages s'avancèrent, avalant petit à petit les centimètres qui les séparaient l'un de l'autre. Gardant les yeux rivés sur ceux de la personne qui lui faisait face, ils se rapprochaient toujours, à des années lumières de la réalité. Ce qui était sur le point d'arriver aurait pu se faire si quelqu'un n'avait pas choisi ce moment propice pour débouler dans la cuisine. Snape et Némésis s'écartèrent.

- Dites-moi Miss, avez-vous lu le journal ce matin ? demanda Dumbledore.
- Non.
- Alors laissez-moi vous faire un résumé. Cinq familles de Mangemorts massacrées la nuit dernière. Hommes, femmes, enfants, aucune distinction, un vrai bain de sang. Aucun doute sur le fait que se sont vos amis qui sont à l'origine de cette… boucherie. Car on ne peut appeler ça autrement. Manifestement, ils ont décidé d'en finir plus vite que prévu. Mais je vous signale qu'il y avait des innocents dans les victimes.

Némésis n'écoutait plus, pourtant chaque mot que prononçait Dumbledore était du venin. C'est impossible. Belzé n'aurait jamais approuvé ça.

- Cela ne se peut pas, murmura Némésis.
- Les faits sont là Miss.
- C'est impossible, ce n'est pas les miens qui ont fait ça.
- Le ministère a trouvé une lettre sur chaque lieu de meurtre. « In nomine justitiæ » était écrit sur chaque missive, ce qui veut dire…
- « Au nom de la justice », termina Snape.
- Exactement, ce qui est tout à fait le genre de phrase que vous pourriez utiliser dans votre Ordre.
- Ce n'était pas nous, insista Némésis.
- Alors qui ?

Elle n'avait pas de réponse à fournir. Dumbledore leva sa baguette. Némésis crut qu'elle allait écoper d'un sortilège. Snape aussi le pensa quand il vit l'état de colère dans lequel Albus se trouvait, mais ce dernier se contenta de défaire le lien qui la retenait au professeur.

- Sortez Miss. Retournez dans votre chambre, laissa tomber Dumbledore d'un air las.

Némésis ne se le fit pas dire deux fois, elle arracha le journal des mains de Dumbledore et partit s'enfermer dans sa chambre. Personne ne la vit de tout le reste de la journée, mais personne ne s'en étonna car tout le monde avait lu le journal.


Et voilà ce nouveau petit chapitre au compte rond terminé! Le prochain arrive demain matin, si vous êtes sages. A la prochaine peut-être!!