Le lendemain matin

La nuit s'était déroulée sans heurts. Alain et André avaient passé la nuit à parler d' idées nouvelles et de littérature un peu , de bêtises de jeunesse aussi, et de femmes surtout…

Le jour se levait , Oscar descendit les escaliers , prête à prendre la relève. Elle trouva dans le petit salon les deux compagnons étaient affalés sur sofa et fauteuil.

-Alors ? S'enquit-elle avec inquiétude

-Rien à signaler Commandant, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, ce que je m'apprête à faire . A ce propos , Catherine n'est pas avec vous ?

-Je pensais qu'elle était déjà en bas, je ne l'ai pas trouvée dans sa chambre. Répondit Oscar intriguée.

-Je crois savoir... Ne vous en faites pas. Dit Alain en s'étirant.

Oscar et André échangèrent un regard interrogateur.

Alain se rendit dans sa chambre, et trouva comme il l'avait deviné, Catherine , vraisemblablement nue, dans son lit. Elle était accoudée sur le coté, le regardait fixement avec une lueur coquine dans les yeux en se mordillant la lèvre inférieure de manière suggestive.

A la fois extrêmement tenté par ce qu'il vit et flatté de faire l'objet d'une initiative aussi audacieuse Il dû déployer beaucoup de force de caractère pour lui dire :

-Ma belle, jamais je n'aurais cru dire ça un jour à une fille nue dans mon propre lit, surtout aussi séduisante, mais, pas maintenant …

-Mais pourquoi ? Protesta-t-elle en se relevant sur son séant.

-Je viens de passer une nuit blanche, je ne suis pas au mieux de ma forme , je tiens à ce que notre première nuit soit parfaite . Tu le mérites...

La mine renfrognée, elle s'avança jusqu'à lui tout en tenant pudiquement le drap devant elle , soudain, elle saisit le jeune homme par la ceinture pour provoquer son déséquilibre et le faire tomber sur le lit . Sans un regard pour lui, elle se leva et passa sa chemise de nuit qu'elle avait laissée au sol, et sortit de la pièce. Alain en revanche ne manqua pas une miette du spectacle, quoique fugace, de Catherine dénudée. Son regard s'était attardé sur la croupe de la jeune femme « blanche et délicate comme un pétale de lys » avait-il pensé.

Catherine, boudeuse, rejoignit Oscar dans la cuisine.

-J'ai préparé le café moi même ! Déclara fièrement Oscar.

-Oh... Vous auriez dû m'attendre... Soupira Catherine soucieuse

-Ne fais pas cette tête, je sais tout de même faire du café.

-…

-Mais qu'est ce qui ne va pas ? Hier soir tu semblais si heureuse .

-C'est embarrassant, je n'ai pas envie d'en parler avec vous...

-Cesse de me voir comme ta maîtresse, dis-moi ce qui ne va pas.

-Alain a refusé mes avances.

-Quand ça ? Là, ce matin ?

-Oui... Il a dit qu'il était trop fatigué .

Il vint à l'esprit d'Oscar un sarcasme ayant pour objet la vigueur de son subordonné , mais elle le garda pour elle pour ne pas peiner son employée.

-C'est vrai qu'il n'avait pas l'air bien vaillant quand je suis descendue... Je n'y connais pas grand chose, mais peut être il veut peut être que votre première fois soit réussie, que les meilleures conditions soient réunies.

-C'est ce qu'il m'a dit.

-Alors tu vois !

-Merci de chercher à me rassurer

-Malgré la gouaille dont je fais montre, je trouve que vous faites un joli couple, je te l'ai déjà dit.

-Je vais au marché, je tenterai discrètement d'en savoir plus sur l'attaque d'hier.

-Tu n'es pas obligée...

-Il le faut, n'oubliez pas qu'ils peuvent revenir, imaginez la tête de votre père s'il arrive quelque chose à cette battisse.

-Tu as peut-être raison... Fais attention à toi .

-Faites attention à VOUS.

-Moi je sais me défendre...

-Vous devriez m'apprendre!Lança gaiement Catherine avant de sortir.

Catherine déambulait dans les allées du marché d'Arras. Très peu de victuailles ornaient les étals, et lorsque c'était le cas, les légumes et les fruits étaient rarement de bonne qualité et leur prix était exorbitant. La météo désastreuse de ces dernières années n'arrangeait pas la situation du royaume. Elle se sentait suivie depuis un moment, elle prit place dans la file d'attente de la boulangerie, à la fois par nécessité et pour voir si son intuition était juste. Le groupe de personnes qu'elle soupçonnait s'était arrêté de marcher également. Elle jeta un coup d'œil discret : Elle ne les connaissait pas. Ce fut son tour de se faire servir : Catherine venait régulièrement avec ses maîtres à Arras lorsque ceux-ci avait à faire. La boulangère la reconnu et se livra aux bavardages d'usage. Quand, un apprenti qui avait visiblement entendu leur conversation, se retourna brusquement.

-Tu travailles pour les Jarjayes ?

-Absolument … Mais je ne crois pas que nous ayons été présentés … Répondit Catherine soupçonneuse.

-Gilbert ! On ne tutoie pas les dames, même si elles sont jeunes, je te l'ai dit cent fois ! Réprimanda la boulangère.

-Ma vie a été sauvée grâce à Oscar quand j'étais enfant , elle a payé la note du médecin que mes parents n'auraient jamais pu régler.

-Voilà qui lui ressemble bien... Sourit Catherine.

-Alors, elle est en ville... ?

-Oui à ce propos , connaissez vous ces personnes, là-bas ? Demanda-t-elle tout bas en les désignant de la tête. Gilbert lui fit signe de le suivre dans l'arrière boutique, elle le suivit.

-Pas plus que ça pourquoi ?

-Je crois qu'ils me suivent , et hier quelqu'un a essayé d'incendier la villa Jarjayes, c'est peut être lié.

-Eux et moi, on assiste aux mêmes assemblées. Vous savez, sur ces nouvelles idées. Insinua-t-il sur la pointe des pieds.

-Justement, Oscar adhère à ces idées, si ils sont impliqués dans cette histoire, ils se trompent de cible. On ne répare pas une injustice par une autre. Oscar ne souhaite aucune poursuite et nous ne sommes là que pour quelques jours... Et puis, ma vie de femme dépend de notre tranquillité. Trépigna-t-elle.

-Comment ça ?

-Oubliez ce que je viens de dire. Dit Catherine en secouant la tête.

-Bien... Je vais leur parler, attendez-moi ici.

Gilbert sorti de la boutique à la rencontre du petit groupe. Catherine les observait à la dérobée. La discussion semblait assez mouvementée. Elle aurait payé cher pour pouvoir les entendre. Il revint au bout d'une demi-heure environ.

-Vous aviez vu juste... J'ai vu ça avec eux, ils vous laisseront tranquilles... Mais si j'étais vous je ne traînerais pas trop dans les parages.

-On est là que pour quelques jours. Rien que ça, ça me va.

-Pouvez-vous dire à Oscar combien je lui suis reconnaissant ?

-Ce sera fait...

De retour à la villa, Catherine rapporta à Oscar ce qui lui était arrivé dans le bourg d'Arras. Puis elles consacrèrent une bonne partie de la journée à « l'instruction ménagère» d'Oscar qui se montra élève plutôt navrante bien que pleine de bonne volonté. Elle était une calamité en couture, un désastre en entretient du linge, désespérante pour cirer le parquet, mais semblait montrer quelques prédispositions pour la cuisine. Décidément, elle et André allaient faire un couple hors du commun lorsqu'ils se mettraient en ménage. Pensa Catherine.

Plus tard dans l'après midi , André descendit. Les deux jeunes femmes le tinrent au courant des dernières nouvelles. Voyant que Catherine surveillait la porte de la cuisine comme le lait sur le feu. André lui dit :

-Il me semble qu'Alain dort encore...

-Les ours ça hiberne , c'est connu ! Lança Oscar avec un sourire en coin, la bouche dissimulée derrière sa tasse de café.

-Je vais lui monter de l'eau

-Tu n'as pas besoin de prétexte fallacieux pour monter le voir dans sa chambre, tu sais. Dit malicieusement la militaire. Catherine sortit de la pièce.

-Tu vas les laisser en paix cette fois, hein Oscar ? Glissa André narquois. Oscar haussa les épaules

Catherine entra sans frapper , la porte s'ouvrit sur Alain, entièrement nu cette fois, de dos face à la commode , en train de se laver. ( Il n'avait donc pas tant besoin d'eau que ça) En entendant la porte s'ouvrir, il s'immobilisa. La jeune femme, bouche bée, focalisa son attention sur un filet d'eau qui coula de la naissance de la nuque du jeune homme, le long de son dos musclé et moite avant de terminer sa course sur le haut de ses fesses galbées et fermes. Il se retourna pour connaître l'identité de l'intrus, à la vue de sa belle, son regard se fit velours. Il posa son éponge, s'avança vers elle, offrant son torse ainsi que son attribut viril à la vue de la curieuse. Elle était cramoisie , son cœur tambourinait dans sa poitrine ,elle brûlait d'envie de le contempler , mais détourna le regard.

-Cette fois, je t'assure que je n'en ai pas fait exprès ma belle.

-Je vais arrêter de t'apporter de l'eau s'il se passe ce genre de chose à chaque fois.

-C'est vraiment ce que tu veux ?

-Mets-toi quelque chose sur le dos, bon sang ! Ne vois-tu pas que tu me troubles ? Balbutia-t-elle.

-Sur le dos, hein ? Demanda-t-il avec un sourire ravageur.

-Alain, tu vois ce que je veux dire...

-Je te trouve bien prude pour quelqu'un qui voulait me sauter dessus pas plus tard qu'hier. Il mis sa main sous son menton pour qu'elle le regarde en face. Pourquoi tant d'hésitation ma jolie ?

-C'est le résultat de six années d'abstinence je suppose. Avoua-t-elle embarrassée.

-Comment ? Ça fait six ans que tu n'as pas … ?

-Et comment, et avec qui aurais-je pu … ? Ça n'est pas facile pour une femme , de plus, je ne garde pas un bon souvenir de ce qu'on appelle les plaisirs de la chair … Et pourtant quand je suis avec toi, quand tu me prends dans tes bras et que tu m'embrasses, je perds tout contrôle. J'en brûle d'envie Alain, tu enflammes tous mes sens , tu me fais perdre la raison , mais j'ai peur … C'est stupide n'est ce pas ?

-Laisse-moi prendre soin de toi. Tu n'as rien à craindre de moi ma douce . Sache que je n'ai touché aucune femme depuis qu'on se connaît. Depuis que je t'ai vue, je n'ai voulu que toi.

Alain posa ses lèvres sur celles de sa bien aimée, approfondit le baiser, et la souleva de terre. Il la porta jusqu'au lit où il la déposa précautionneusement . Tout en la déshabillant, il la berçait de paroles réconfortantes et flatteuses , faisant même parfois preuve d'une surprenante poésie lorsqu'il louait sa beauté. Il l'abreuvait de « je t'aime » , de « n'aie pas peur » . Elle frissonnait d'émotion sous ses mains expérimentés, elle sentait ses joues rougir, son cœur s'emballer, la jeune femme se sentait presque comme une jeune vierge car aucun homme ne l'avait traitée avec tant d'égards, n'avait eu de mots si tendres pour elle. L'amour le vrai , elle réalisa qu'elle ne l'avait jamais connu.

Le dernier rempart de tissus enfin tombé, ce fut avec vive émotion qu'Alain redécouvrit ce corps nu , entrevu pourtant par deux fois auparavant, mais cette fois il était tout près de lui , si près de lui qu'il pouvait , non, il allait le toucher , le découvrir , le goûter, respirer son parfum. Il ressentait déjà sa douce chaleur . La peau de la jeune femme était saupoudrée ça et là fines tâches de rousseur ,cette peau si raffinée, si douce sur laquelle ses mains allaient pouvoir s'attarder à loisir. Il admira ses lèvres sucrées, sa chevelure rousse et soyeuse, son visage aux trains tellement fins, ses seins menus mais tellement gracieux qu' il ne pu résister à la tentation de se délecter d' un téton rose aussi tentant qu' une sucrerie. Ce qui arracha aussitôt un soupir alangui à sa partenaire. Son ventre plat , délicat, ses chairs féminines pareilles à un cœur d'orchidée qu'entourait sa toison cuivrée , ses jambes longues et musclées sans excès, Dieu il aimait tout chez cette femme, son corps tout entier était une invitation à la chair, il en était fou. Mise en confiance par ses gestes et ses paroles Catherine laissa son regard vagabonder sur le corps de son amant, il était musclé de manière harmonieuse , sculpté par de longues heures d'exercice physique, son torse était puissant, elle se sentait si frêle entre ses bras protecteurs. Sa bouche appelait la sienne, son odeur l'envoûtait.

Il se positionna au dessus d'elle, Catherine pouvait sentir l'expression virile du désir du jeune homme sur elle. Elle se crispa. Pour la mettre en confiance, il se mit à l'embrasser sur la bouche, le cou, tantôt tendrement, tantôt avec ardeur. Puis à nouveau, il s'attarda sur sa poitrine qu'il entreprit de caresser de sa langue , de ses lèvres, Catherine commença à gémir timidement. Alain ne voulait surtout pas la posséder de suite, il voulait prendre son temps, la déguster, lui donner le plaisir dont elle avait toujours été privée. Sans cesser ses baisers, lentement il glissa une main entre eux et inséra très doucement entre les cuisses de la jeune femme, un, puis deux doigts experts qu'il fit habilement bouger . Avec le pouce , il stimula avec succès le point dont il savait qu'il pouvait rendre les femmes ivres de plaisir. A présent, la jeune femme haletait , se cambrait, se déhanchait, s'agrippait aux draps, il se recula pour mieux la regarder prendre du plaisir sous ses caresses, voir son visage magnifié par l'extase. Dans un cri de jouissance elle murmura d'une voix syncopée :

-Alain... Je... Je t'aime !

Le son divin de la voix d'une femme gémissant son prénom, le son divin d'une déclaration pendant l'acte d'amour. Il était aux anges. Elle s'empara de sa bouche l'embrassant fougueusement. Il fut grisé d'être autant désiré, il la voulait plus que tout , mais bien que le corps de sa belle fût prêt , en témoignaient l'humidité et la chaleur de son intimité , il renouvela sur elle ces gestes magiques , toujours en l'embrassant, en la comblant de mots d'amour, jusqu'à ce que d'elle même elle le supplie presque.

-Viens... Je t'en prie... Souffla-t-elle enfin.

Il la pénétra sans peine , il poussa un râle, et amorça avec prudence le jeu de va et vient. La jeune femme réagit de manière favorable, elle l'entoura de ses bras, passa une de ses jambes atour de la taille du jeune homme, elle descendit ses mains le long de son dos en appréciant chaque aspérité de sa peau, jusqu'à atteindre ses fesses qu'elle empoigna pour lui signifier qu'il pouvait intensifier son mouvement. Ses coups de reins étaient maintenant fermes et lancinants, sa partenaire ne put s'empêcher de bouger le bassin, intensifiant ainsi leur plaisir réciproque. Il était proche de l'extase , mais il voulait résister, attendre pour le plaisir de sa belle , lorsqu'elle commença à jouir à nouveau , il s'autorisa à la rejoindre . A l'unissons, ils atteignirent le paroxysme. Ils ne faisaient plus qu'un , corps et âme ils s'appartenaient , ivres de la chair de l'autre, étourdis de volupté, comme transportés dans un autre monde. Ils restèrent de longues minutes enlacés tendrement, silencieux, goûtant simplement le moment présent. Alain s'était montré tellement rassurant, tendre, amoureux, attentionné. Jamais Catherine n'aurait cru, la première fois qu'ils s'étaient vus que derrière cette armoire à glace, cet effronté ( bien que séduisant ) se cachait un amant aussi généreux. Elle le contemplait de ses yeux enamourés , il semblait pensif.

-A quoi penses-tu ? Demanda-t-elle.

-Que j'ai faim ! Pas toi ? Il se leva promptement.

-Il y a des restes du repas de ce midi dans le garde-manger de la cuisine... Il grimaça.

-Ho... C'est pas Oscar qui a cuisiné au moins ? Grommela-t-il en se rhabillant.

-Non … S'amusa-t-elle. Il s'apprêta à sortir de la chambre.

-Je t'aime ma douce... Tu viens ?

-Je vais rester un peu ici je pense... Répondit-elle en s'enroulant un peu plus dans les couvertures.

-Je t'ai épuisée ? Railla-t-il avec un de ces sourires dont lui seul a le secret.

-… Je pourrais dormir avec toi ce soir ?

-Bien sûr ! Quelle drôle de question !

Le reste du séjour se passa merveilleusement bien , l'apprentissage d'Oscar était toujours aussi laborieux mais les amis avaient appris à encore mieux se connaître et à mieux s'apprécier pour certains. Le jour du départ arriva trop vite, les deux couples rentrèrent au château de la famille Jarjayes , Alain y compris , puisqu'il y avait laissé sa jument.

André et Alain se chargèrent de l'attelage, les deux jeunes femmes se digèrent vers le château, chargées de bagages. Lorsqu'Oscar suivie de Catherine pénétra dans le hall , elle trouva la maison étrangement calme. Des petits pas empressés se firent entendre sur le carrelage centenaire. Grand-mère fit son apparition , l'air grave .

-Grand-Mère, qu'y a-t-il? Demanda Oscar soucieuse.

-C'est ton père... Il est furieux... Il est dans son bureau il veut te voir tout de suite...

Oscar était pétrifiée , sans même laisser la vieille femme finir sa phrase, elle fila vers le bureau de son paternel. Il avait dû découvrir sa liaison avec André. En chemin, son esprit fut submergé par un vent de panique, mille et une questions se bousculaient : Comment avait il su ? qu'allait -il advenir d'André ? Pourvu qu'il ne lui fasse pas de mal. Serait-il chassé de la maison ? Son père allait il la marier de force à Girodelle ou bien encore, l'envoyer au couvent ? Laquelle des deux options était la pire d'ailleurs ? Oscar trouva le général assis à son bureau, le visage dur et impassible, comme à l'accoutumée, il était impossible de savoir ce qu'il avait en tête. Elle n'était pas une froussarde, ni une enfant, mais face à lui, Oscar se sentait toute petite dans ses chaussures.

-Père... Vous vouliez me voir... ?

-En effet mon enfant, je voulais vous voir. J'ai eu vent de quelque rumeur fâcheuse qui pourrait entacher la réputation de notre famille et je voulais vous demander confirmation.

-Père je suis navrée que vous l'ayez appris de cette manière... Commença Oscar le plus calmement possible.

-Et moi donc! Mais, laissez-moi finir , je vous prie . Vous et cette... « personne » étant assez... proches, surtout ces derniers temps à ce qu'on m'a dit, vous allez pouvoir confirmer ou infirmer ces « on dit » .

-André et moi comptions nous entretenir avec vous à ce sujet dès votre retour, je vous l'assure.

-Qu'est ce qu'André vient faire dans cette histoire ? On n'a pas besoin de son opinion de toute façons, ceci ne le regarde nullement, ! Oscar déploya toute la force mentale en sa possession pour rester froide.

-Et bien, naturellement qu' il est au courant …

-Comment cela « naturellement » ? Cessez votre impertinence ! André est au courant,pfff ... Décidément, il n'y a que moi qui ne le sache pas dans cette maison, j'ai l'impression ! Qui d'autre le sait ?

-Et bien Catherine le sait... Elle est même à l'origine de tout cela, et je lui serai éternellement reconnaissante de la franchise dont elle a fait preuve quand ...

-Ça je le sais bien, le voilà notre problème... C'est scandaleux, c'est licencieux, c'est intolérable … « Éternellement reconnaissante » , mais où avez vous la tête, bon sang !

-Père , je sais que ça peut sembler honteux, mais les temps changent, vous ne pouvez pas vivre dans le passé.

-Il y a des choses auxquelles je ne me ferai pas et que je ne peux tolérer sous mon toit. C'est une maison chrétienne ici , pas un cloaque douteux dans lequel vous avez vos habitudes vous et votre compère !

-Père comment pouvez vous tenir un tel langage ? André et moi nous nous aimons d'un amour aussi fort, aussi sincère que s'il avait été de condition noble, et vous ni personne ne pourrez rien y faire .

-Mais de quoi parlez vous mon enfant ?

-Je viens de vous le dire...

-Vous et André Grandier vous… ? La patriarche n'est croyait pas ses oreilles.

-Et bien oui , de quoi venons-nous juste de parler ?

-Je vous parlais de Catherine, notre domestique ! Gronda-t-il. On a reçu une lettre de dénonciation anonyme , c'est une ancienne prostituée...

Oscar hoqueta... Quelle bévue ne venait-elle pas de commettre... Et Catherine... Quelle était cette histoire de prostitution, elle savait qu'elle cachait quelque chose, mais elle s'attendait tout sauf à ça.

-Je suis aussi étonnée que vous, je n'en avait pas la moindre idée... Articula-t-elle

-Ça ne fait rien, mettons ça de côté, voulez-vous. Dans le doute, je vais simplement la renvoyer... Nous avons une affaire plus sérieuse, n'est ce pas ? Allez me chercher André, je vous prie...