Bonjour à tous ! Après quelques temps sans avoir avancé dans Digital Generation, j'ai décidé de poster en sorte de cadeau de nouvel an le troisième chapitre de la deuxième partie sur , corrigé pour l'occasion. Même si d'habitude j'attends d'avoir un chapitre d'avance sur livejournal, j'ai préféré poster maintenant car je ne sais pas du tout quand je pourrais avancer pour cette fanfiction.
N'hésitez pas à laisser des commentaires sur livejournal, et également de me poster des questions sur mon compte formspring, que vous pourrez trouver sur mon lien « Homepage » de mon profile .
Je vous souhaite une agréable lecture. Je vous préviens par ailleurs qu'il ne s'y passe pas grand-chose, il y a surtout des dialogues. J'ai voulu pour ce chapitre me concentrer sur la relation entres les Digisauveurs, et leur amitié. Toutefois, l'histoire et les éléments de l'intriguent se mettent en place, soyez-en sûrs.
Digital Generation
Partie II
Shinka Mega System
Chapitre III
Le dimanche suivant, ils avaient tenté d'arriver à l'heure à l'aéroport, sans grand résultat. Daisuke était parti chercher Ken avant de rejoindre Miyako, Iori et Hikari au supermarché près du collège. Ils avaient été rejoints par Yamato et Takeru, avant de retrouver Jyou, Sora et Koushiro à l'arrêt de bus. Taichi avait rattrapé le groupe au tout dernier instant, ce qui lui valut de nombreuses moqueries.
- T'es drôle, toi, j'avais un entraînement juste avant, grogna Taichi, posant son sac de sport près de lui. Je me suis fait engueuler parce que je suis parti plus tôt.
- Qu'est-ce que tu as sorti comme excuse ? demanda Hikari d'un ton narquois.
- Que j'avais une tante malade et que je devais aller la voir à l'hôpital.
- C'est bidon comme excuse, soupira Yamato. Tu pouvais pas être un peu plus imaginatif ?
Taichi fit une grimace.
- Oh bien sûr, j'aurai pu lui dire que j'allais voir une copine parce qu'on prépare un plan pour sauver le monde.
Il but une longue gorgée de sa bouteille d'eau, l'air faussement songeur.
- Ouais, ça aurait pu marcher. Tu as absolument raison, Yamato, j'aurai dû être plus imaginatif, dis donc.
Yamato se contenta de le frapper à la tête. Sora, assise derrière eux, eut un léger sourire.
- Mimi doit être arrivée maintenant, dit Ken en jetant un coup d'œil à sa montre. On sera un petit peu en retard.
- Normal, on est de vrais bras cassés, soupira Jyou.
- Pour la dernière fois, c'est pas ma faute, rétorqua Taichi d'une voix exaspérée quand Daisuke lui lança un sourire moqueur. Et toi, si tu continues à te foutre de moi, tu oseras même plus te regarder dans la glace quand j'aurai fini de m'occuper de toi.
Miyako ricana quand Daisuke, hésitant à croire Taichi, finit par regarder ailleurs.
- Le sport, ça rend pas aimable, lança Koushiro, vérifiant quelque chose sur son portable. C'est pour ça que je n'en ai jamais fait.
- Merci bien, Koushiro, répliqua Sora, à la fois amusée et réprobatrice. C'est très gentil.
- Mais, mais non, je voulais pas dire ça comme ça ! Enfin, je veux dire…
- Rappelez-moi qui a gagné le championnat il y a quelques mois ? demanda Miyako
- Une fille pas aimable, d'après ce que j'ai compris, répondit Takeru.
Koushiro referma son portable d'un geste sec.
- Ce que vous êtes pénibles, grogna-t-il.
- On est arrivés, dit Iori en se levant le premier.
- Daisuke, n'oublie rien, je passerai pas derrière toi pour vérifier, déclara Yamato en ébouriffant les cheveux de son ami.
- Occupe-toi de tes affaires, grogna Daisuke d'un ton boudeur.
- Tu sais que tu peux être très chiant quand tu le veux ? lança Taichi à Yamato quand ils descendirent du bus.
- J'ai eu un excellent maître, répliqua Yamato en souriant, évitant de justesse la main de son meilleur ami contre sa nuque.
Sora, Jyou, Koushiro et Hikari avaient été les plus rapides et étaient déjà en train d'attendre la venue de Mimi. Jyou était resté debout, tenant d'une main mollement motivée un panneau marqué à l'encre rose « Bienvenue, Mimi ! »
- Pourquoi c'est moi qui dois tenir ce truc ?
- C'est toi qui as les bras les plus longs, et tu es aussi le plus grand, répondit Hikari en feuilletant un magazine. On te remarquera davantage.
- Qui a eu l'idée de la pancarte ?
Personne ne répondit.
- Bande de lâches, soupira Jyou, vaincu.
- Je me demande combien de valises Mimi a ramené avec elle, dit Sora, l'air songeur.
- Elle m'a dit qu'elle ne prendrait que le strict nécessaire, et qu'elle ferait envoyer ici ses autres affaires, répondit Koushiro.
- Le strict nécessaire, hein ? répéta Sora en riant. Je m'attends au pire.
- On a raté quelque chose ? fit Takeru en les rejoignant, suivi par le reste du groupe.
- Non, non, elle n'est pas encore arrivée.
- Je n'aime pas les aéroports, marmonna Miyako, s'ennuyant déjà. Si ça se trouve, son vol a pris du retard.
- Bah, ça nous laisse du temps pour nous occuper, rétorqua Taichi en haussant les épaules.
Il se vautra à côté de sa sœur.
- Tu lis ce genre de trucs ? demanda-t-il, curieux.
Hikari l'ignora. Sora croisa le regard de Yamato puis, gênée, se leva.
- Vous voulez quelque chose ? Je vais m'acheter une boisson.
- Je voudrais une barre de céréales au chocolat, lança Taichi, sa tête appuyée contre l'épaule d'Hikari, semblant déjà somnoler.
- Un jus d'orange, fit Iori.
- Ramène ce que tu veux, Sora, sourit Ken.
- Au pire, on ira nous-mêmes acheter si on en a envie, ajouta Miyako.
Yamato jeta un coup d'œil à Sora puis se leva à son tour.
- Je viens avec toi, déclara-t-il et cela le surprit autant que son amie.
- Ah ? Bon, d'accord, pas de souci, j'aurai pu y aller toute seule.
Yamato secoua la tête, souriant toujours. Sora, décontenancée, regarda ailleurs, sentant ses mains devenir moites. Il était déjà dix heures du matin et un monde fou circulait dans l'aérogare, de famille attendant l'annonce de leur vol jusqu'aux hommes d'affaires marchant d'un pas pressé.
- Ca faisait longtemps qu'on avait pas parlé tous les deux, fit Yamato alors qu'ils entraient dans la première boutique.
- Oh ?
Sora n'ajouta rien d'autre et s'en voulut presque. Une odeur forte de parfums divers et de sucre pesait dans l'air. Elle répondit vaguement au sourire poli de la vendeuse puis se dirigea vers le rayon des boissons. Yamato la suivit, et elle vit qu'il était tout aussi embarrassé qu'elle. Elle se demanda s'il regrettait de l'avoir accompagné puis laissa tomber.
- Je suis désolée, déclara-t-elle enfin, n'ayant finalement rien pris.
- Quoi donc ?
- J'ai manqué de tact la dernière fois. Quand je t'ai demandé si on pouvait… encore parler de nous deux.
Parler sans avoir une voix pincée par la honte était bien plus difficile qu'elle ne l'aurait cru. Elle sentit le regard de Yamato sur elle, à la fois étonné et tendre, et elle le détesta un bref instant. Elle se dirigea vers les jouets, attrapa une peluche de lapin, pensant même à l'acheter.
- Je ne te poserai plus de question à ce sujet. Ca ne me regarde pas, tu m'avais prévenue de toute façon.
Yamato baissa les yeux, comme un enfant. Elle lui jeta un rapide coup d'œil, résistant à l'envie de le serrer contre elle.
- Je n'ai pas envie de faire semblant, répondit-il après un court instant. Je ne peux pas faire comme si rien ne s'était passé entre nous, ce ne serait pas juste pour toi.
Il fronça les sourcils, comme furieux contre lui-même.
- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire, en fait. Je veux dire…
Il soupira, regarda ailleurs. En le voyant si désemparé, Sora eut un sourire.
- Ne t'embrouilles pas pour ça, je comprends.
« C'est faux », pensa Yamato, et il savait qu'il avait raison.
Sora examina le lapin en peluche sous toutes les coutures, semblant satisfaite.
- Je vais l'acheter. Un petit cadeau de bienvenue pour Mimi, ça lui plaira.
Son visage s'épanouit subitement et Yamato sourit à son tour.
- Je trouve qu'il louche, lança-t-il sournoisement en s'approchant de la peluche.
- Laisse tomber, tu ne me feras pas changer d'avis.
- Je disais ça pour que tu le reposes et que je l'offre moi-même à Mimi.
- T'es vraiment horrible, rit Sora, enfin détendue.
Elle le frappa doucement à l'épaule et le contact, en un sens, apaisa Yamato qui fit semblant de s'offusquer. Sora redevint brusquement sérieuse et tenant le cadeau dans les bras, elle regarda son ami.
- Je ne m'attends pas à que tu me parles de ta vie amoureuse, ça me ferait trop mal encore, avoua-t-elle d'une voix contrôlée. Considère-moi comme une vraie amie. Respecte-moi comme telle.
« Et ne me fais plus souffrir comme ça », semblaient dire ses yeux. Yamato, la gorge serrée, hocha la tête. Ils s'étaient dirigés vers la caisse. Sora sursauta.
- J'ai oublié ce que voulaient Taichi et Iori, et mon… oh zut, j'ai oublié mon porte-monnaie ! Et dire que c'est moi qui avais proposé d'aller chercher quelque chose à boire, je suis vraiment stupide, ajouta-t-elle d'une voix grondante de colère.
- Laisse, je vais payer, rétorqua Yamato en fouillant dans la poche avant de son jean.
- Non, non, je vais aller chercher mon sac et je serai-
- Tu me rembourseras tout à l'heure, dit Yamato sur un ton apaisant. Fais pas tant d'histoires pour ça. Et… je crois que c'était une barre aux céréales pour Taichi et un jus d'orange pour Iori. Et toi ?
- Je retourne chercher tout ça, attends-moi là.
Elle revint les bras chargés d'un sac de bonbons, de deux cannettes de thé et une de café, un jus d'orange et un pack de barre aux céréales, sans oublier la peluche qui fut décoré d'un ruban.
- Je suis désolée, murmura Sora quand Yamato paya le tout.
- Je te l'ai dit, tu me rembourseras. Et tu as raison, Mimi sera très contente de ce cadeau.
Quand ils retournèrent au point de rendez-vous, Jyou tentait de convaincre Ken et Daisuke de porter la pancarte à leur tour tandis que Koushiro, Mimi, Takeru et Iori discutaient du club d'informatique du lycée. Hikari lisait toujours son magazine, passant une main dans les cheveux de son frère qui lui racontait sans doute une histoire drôle, les yeux fermés par la fatigue. Parfois Hikari souriait aux plaisanteries de Taichi, sans pour autant cesser sa lecture.
- Oh, ce lapin est adorable ! s'exclama Miyako en voyant la peluche dans les bras de Sora. C'est pour Mimi ?
- Oui, un petit cadeau quand elle arrivera.
- Son avion a bien décollé en retard, ajouta Koushiro, ils l'ont annoncé tout à l'heure.
- Pas grave, ça nous laissera le temps de manger, répliqua Daisuke en prenant des mains de Yamato le sac de bonbons. Des « Bâtons de Feu ? » ajouta-t-il en jetant un œil curieux sur l'emballage.
- J'ai pris ce qui me passait sous la main.
- « Un seul bonbon vous fera cracher les flammes de l'Enfer », lut Iori, surpris.
Takeru émit un sifflement.
- Trop cool, s'écria Taichi sans ouvrir les yeux.
- Les « flammes de l'Enfer » ? répéta Jyou, dubitatif.
- Je suis pas vraiment tenté, déclara Iori.
- Moi, ça me tente, lança Ken, surprenant tout le monde.
Daisuke attrapa son meilleur ami par l'épaule en ricanant.
- Ca me tente aussi !
Taichi, lentement, se redressa, massant son cou douloureux à force d'être resté dans une position inconfortable. Il leva une main pour signifier qu'il était partant. Il lança un regard plein de défi à Yamato.
- Alors, blondinet ?
- Tu pleureras comme une fillette quand je t'aurai battu, répliqua son meilleur ami avec dédain. Ok, c'est bon pour moi.
Koushiro, sentant qu'on le regardait, ne releva même pas la tête de son ordinateur.
- Vous pouvez vous assoir dessus, je ne participe pas.
- Bouuh, mauviette ! lança Taichi, les mains en porte-voix.
- Allez, quoi, Koushiro, fit Sora.
- T'as pas de cran, Ko, rit Jyou. Ecoute, si tu le fais, je le fais aussi.
- Tu rêves, rétorqua Koushiro, catégorique.
Il croisa le regard de Yamato qui eut l'air déçu.
- Je t'aurai cru plus courageux, Koushiro, c'est dommage.
Silence.
- Bon, d'accord, d'accord, je le fais, dit enfin Koushiro, le visage empourpré.
- Yamato, je sais pas comment tu fais, mais tu sais le faire, lança Daisuke en faisant un V de la victoire.
- Mais de quoi tu parles ?
- Bon, comme Koushiro le fait, je le fais aussi, lança Jyou, décidé.
- Personne d'autre veut le faire ?
- Moi ! s'écria Miyako. Moi, moi !
Sora ouvrit le sac de bonbons. C'était de fins bâtonnets d'un rouge vif saupoudrés de sucre.
- On dirait des Pocky, fit remarquer Hikari, ayant finalement posé son magazine près d'elle.
- Des Pocky de l'Enfer, rectifia Iori.
- Bon, voici le jeu, dit Daisuke, aussi sérieux que pour un match de football. Le gagnant est celui qui en mange le plus.
Les autres acquiescèrent. Miyako fixait son bonbon comme s'il s'agissait d'une arme.
- Vous voulez pas savoir les ingrédients avant de manger ? demanda Sora.
- Non, sinon il risque d'y avoir trop d'abandon pour que ça soit drôle.
- Je vais t'écraser, grogna Taichi à Yamato.
- A trois, on le met en entier dans la bouche, décida Ken, très concentré.
- Je prends les paris, chuchota Iori en sortant de son sac un calepin qu'il posa sur ses genoux.
Koushiro pâlit.
- Je, je suis pas sûr de pouvoir le faire, les gars.
- Tais-toi et mange. On y va à trois.
- Un.
- Deux.
- Trois !
Ils fourrèrent dans un même mouvement le bonbon dans leur bouche. La réaction fut immédiate.
- Oh la vache ! gémit Jyou en fermant les yeux.
Taichi serra les lèvres, se retenant de cracher. Il faisait des petits bonds comme pour éviter de se mettre à courir. Koushiro croquait son bonbon avec lenteur, une expression d'intense souffrance sur le visage. Lorsque Hikari le tapota à l'épaule, ce fut comme s'il ne l'avait pas remarquée. Daisuke avait plaqué une main contre ses lèvres et trépignait. Ken n'avait pas supporté et était reparti le jeter dans une poubelle.
- Ah, déjà un abandon, fit Hikari, déçue que ce soit Ken.
Yamato s'était assis et avait croisé les bras pour contenir une violente toux qui le secouait. Son front et ses joues étaient brûlants.
- Yamato, ça va ? demanda Sora, commençant à s'inquiéter.
- Miyako, c'est de la triche ! s'exclama Iori en voyant son amie attraper son jus d'orange pour le vider d'une longue gorgée.
- Disqualification ! fit Takeru d'une voix impitoyable.
- C'est… C'est fort ! Mais y a quoi dedans ? C'est quoi ce truc ?
- Et ils le vendent à des enfants, parvint à ajouter Taichi d'une voix hachée.
Jyou avait les larmes aux yeux, tout comme Daisuke qui laissa pendre sa langue hors de sa bouche.
- 'A 'uuule !
- Qu'est-ce qu'il dit ?
- Je crois qu'il dit que ça brûle.
- Sans blague.
- Bon, ça fait deux joueurs en moins. On recommence !
Koushiro leva les yeux au ciel. Taichi lui fit un sourire. Il avait le visage rouge et humide de sueur.
- Pas mal, pas mal, admit Yamato en se remettant debout.
- La prochaine fois, tu seras par terre, répliqua Taichi goguenard.
- A trois !
Jyou abandonna après ce tour. Il se voûta subitement et recrachant le bonbon dans ses mains courut jusqu'aux toilettes sous les rires de ses amis. Koushiro resta immobile, ayant encore plus l'air de souffrir que la première fois, murmurant des « Je ne sens rien, je ne sens rien, je ne sens rien, je ne sens rien » d'une voix éteinte.
- Plus je regarde Koushiro, plus j'ai l'impression qu'il est tombé en Enfer, fit Miyako, songeuse.
- Il résiste bien, ajouta Hikari. C'est assez surprenant.
Daisuke jurait à chaque fois qu'il mâchait, ce qui valut une tape de Taichi qui, tout chancelant, le rata à deux reprises. Quand Yamato se moqua de lui, il fit un mouvement de bras tellement lent qu'il s'arrêta à mi-chemin, incapable de frapper son meilleur ami. Lorsqu'ils finirent, ils étaient dans un piteux état.
- Temps mort pour boire de l'eau ? gémit Daisuke.
- Non, sinon c'est trop facile, rétorqua Miyako, se vengeant comme elle pouvait.
Yamato avait la respiration sifflante.
- Envie d'abandonner ? fit sournoisement Taichi.
- Ferme-la.
Hikari avait finalement cessé de s'intéresser au jeu, lisant la page des horoscopes.
- A trois ! grimaça Daisuke.
Cependant, à peine avait-il croqué qu'il recrachait le tout par terre, le visage écarlate.
- Beeuh, c'est dégoûtant Daisuke ! lança Sora, écœurée.
- Tu baves en plus, ricana Takeru.
Très embarrassé, Daisuke s'agenouilla pour ramasser les restes de son bonbon, évitant de croiser le regard de ses amis. Koushiro avait fermé les yeux et tentait comme pour les fois précédentes de rester impassible. Son corps avait un mouvement régulier, comme s'il se trouvait sur un bateau en pleine tempête.
- Koushiro ? fit Miyako, à la fois amusée et inquiète.
- On dirait qu'il est en transe.
- Au moins, il est calme, pas comme les deux autres débiles là-bas, dit Hikari en pointant du doigt son frère et Yamato non loin d'elle.
- Déclare forfait, tu tiendras pas ! explosa Taichi, exaspéré, les yeux rouges à force de pleurer.
Yamato tenta de répondre mais eut une crise de toux qui le força à s'appuyer contre son frère. Taichi, sentant la victoire toute proche, fit un grand sourire malgré la souffrance qui se peignait sur son visage.
- Vas-y, dis que tu abandonnes, et je me ficherai pas trop de toi, ajouta-t-il.
- Tu… Tu crois vraiment que je vais…
Yamato se tut, reprit son souffle. Lentement, il sourit à son tour.
- Tu peux toujours rêver.
- Eh les gars, je vous rappelle que Koushiro participe lui aussi, dit Ken.
- Et lui, il fait pas autant de cinéma que vous, ajouta Daisuke.
- Toi, nettoie tes saletés et ensuite tu pourras parler, répliqua Taichi sans même lui accorder un regard.
- Bon, on est plus que trois, dit doucement Koushiro, parlant enfin depuis le début du jeu.
- Tu sais, tu peux très bien arrêter si tu trouves ça idiot, dit Taichi en posant une main amicale sur l'épaule de son ami.
- Continue à influencer les autres pour gagner, Taichi, et je te disqualifie, lança froidement sa sœur.
- T'es vraiment pas drôle, sœurette.
- Tiens, j'ai une idée, proposa soudainement Jyou qui était enfin revenu des toilettes. Comme vous n'êtes plus que trois, vous ne mangerez pas un mais deux bonbons.
Taichi lança un rapide coup d'œil à Yamato puis Koushiro, évaluant ses chances.
- Okay, ça marche. Deux d'un coup.
- Vous êtes fous, soupira Sora.
Koushiro serra les lèvres, mais ne sembla pas refuser la nouvelle condition. Yamato fixait avec un air d'envie la bouteille d'eau à moitié vide de son meilleur ami. Ils prirent deux bâtonnets dans le sac de Sora, les regardant avec un mélange de défi et de dégoût.
- Je mangerai plus jamais de ce truc après ça, promit Taichi.
- Pareil pour moi, fit Koushiro.
- A trois !
Le souffle coupé, Iori observait intensément ses amis, crispant ses doigts sur son calepin. Yamato fut le premier à avaler les deux bâtonnets. Son visage s'empourpra et son corps se tendit sous l'afflux d'une violente toux. Il ferma une main en un poing et se frappa la poitrine, littéralement en train de s'étouffer. Taichi, pris d'un fou rire, se détourna pour ne plus le regarder. Il sautait sur place en émettant des sifflements ridicules.
- Ils me font honte, dit Hikari, médusée.
Koushiro ne bougea pas, mais son visage avait à présent une teinte proche de la couleur de ses cheveux. Une main sur la bouche, il eut un brusque haut-le-corps avant de se redresser. Des larmes brûlantes coulaient sur ses joues.
- J'dis que Taichi craque le premier, dit précipitamment Daisuke à Iori.
- Moi, Yamato, ajouta Takeru.
- Takeru, c'est ton frère, quand même !
- Justement, sourit Takeru.
Et, comme pour confirmer ses propos, Yamato fit un bruit étranglé et serrant les dents courut aux toilettes sous les applaudissements moqueurs de Jyou. Satisfait, Takeru fit un geste vers le calepin de Iori. Daisuke, écœuré, s'éloigna de lui. A cet instant, Taichi poussa un juron et attrapa sa bouteille d'eau qu'il vida en deux longues gorgées.
- Ah, Taichi a perdu, finalement.
- Ca veut dire que…
- Wow, Koushiro ! Tu as réussi ! s'émerveilla Miyako. Et dire que tu pensais ne pas y arriver !
Lentement, Koushiro se retourna. Il semblait en état de choc.
- J'ai… soif, croassa-t-il.
- Ko ? fit Jyou, commençant à s'inquiéter.
Il enfonça son index dans son épaule. Koushiro leva à peine la tête pour regarder son ami. Son visage était si rouge qu'on pouvait presque sentir de la chaleur en émaner. Il avait un regard hagard, comme s'il revenait d'un long voyage. Inquiète, Sora lui tendit une autre cannette de jus de fruits qu'elle était partie acheter. Koushiro la but avec une avidité qui était presque comique. Il avait l'air de ne même pas se rendre compte qu'il avait gagné.
- Tu pourrais avoir l'air un peu plus content, tu sais, dit sèchement Taichi, furieux d'avoir perdu.
- La vache, on dirait que ça l'a cassé en deux, ce truc, ajouta Daisuke.
Il échangea un regard entendu avec Ken et sourit.
- C'est trop bien !
Peu à peu, les couleurs sur les joues de Koushiro s'estompèrent et quand il se remit à parler, sa voix était rauque, comme engourdie.
- Je… Je… ferai plus jamais… ça…
Ce fut tellement soudain que les autres Digisauveurs éclatèrent de rire. Taichi prit Koushiro par l'épaule, ayant déjà oublié sa défaite.
- T'es bourré de ressources, toi ! Qu'est-ce qu'on ferait bien sans toi, hein ? Alors, blondinet, t'as pas supporté le choc ? ajouta-t-il quand Yamato les rejoignit, les yeux encore brillants de larmes.
- Va te faire voir, répondit son meilleur ami. Bravo, Ko, tu t'es bien débrouillé.
- Oh, oh, je ne sais pas du tout comment j'ai fait.
- Le mental, c'est le mental, chantonna Miyako. Il faut un mental d'acier.
- Rah la poisse, j'ai perdu ! fit Ken.
Iori, très content de lui, referma son calepin qu'il remit dans son sac.
- Iori, tu peux faire preuve d'une honnêteté implacable mais quand il s'agit de jeux, tu perds tout contrôle, fit remarquer Sora, amusée.
- Mais qu'est-ce que dirait Wallace s'il te voyait à cet instant ? lança sournoisement Daisuke.
- Daisuke, t'es qu'un crétin.
Taichi s'était rassis, s'éventant avec le magazine de sa sœur. Yamato, silencieux, le regarda un instant avant de détourner les yeux. Sora ne remarqua rien, préoccupée par le sac de bonbons qu'elle tenait contre elle.
- Il n'en reste presque plus, qu'est-ce qu'on en fait ?
- Jette-les ! dirent Koushiro et Jyou d'une même voix.
- Pourquoi ? On pourrait en garder pour faire des blagues, proposa Daisuke, goguenard.
- Daisuke, si tu étais près de moi je t'aurai déjà frappé, lança Taichi d'une voix paresseuse. Bon, quand est-ce que Mimi arrive, je commence franchement à m'ennuyer ! Si j'avais su qu'elle serait en retard, je serai resté jusqu'au bout à mon entraînement.
- Arrête de te plaindre, sourit Yamato, plus amusé qu'agacé.
- Quelqu'un a un jeu de cartes ? demanda Ken.
Tout le monde répondit par la négative. Désespéré, Daisuke se vautra sur les jambes de Ken, croisant ses mains sous sa nuque. Koushiro avait rallumé son ordinateur portable et tentait de trouver des jeux sur Internet pour faire patienter les plus jeunes du groupe. Sora s'était assise près d'Hikari et avait arraché le magazine des mains de Taichi pour le lire. Vexé, ce dernier s'était levé, vagabondant dans les environs. L'air était plus lourd, moite des nouveaux arrivants, en masse compacte dans l'aérogare, se mélangeant dans un brouhaha de voix artificielles, d'exclamations exaspérées et du roulement des valises.
Yamato, ne pouvant plus supporter de rester à ne rien faire, rejoignit Taichi alors que ce dernier fixait d'un air morne la vitrine de la boutique de souvenirs à une centaine de mètres du reste du groupe.
- J'aurai préféré passer du temps à faire autre chose, moi aussi, dit-il par-dessus l'épaule de son meilleur ami.
Taichi eut un sourire, continuant toujours de regarder la petite tour de Tokyo dans la boule à neige.
- Qu'est-ce que c'est kitch, ricana-t-il. Je devrais en acheter une pour mon père avant de rentrer, il adore ce genre de trucs, surtout quand il y a des paill-
Il s'interrompit. Discrètement, Yamato avait attrapé son poignet entre ses doigts, dans une prise légère, attentive et ne bougeait plus, faisant mine de regarder les objets déposés en vitrine. Taichi fit un mouvement pour s'éloigner mais Yamato resserra doucement sa prise, pour ne pas le lâcher.
- Tu peux me dire ce que tu fabriques ? chuchota Taichi, la bouche sèche.
- Il faut vraiment te l'expliquer ? répliqua Yamato sur le même ton.
Taichi hésita un instant avant de répondre. Il sentit la nervosité envahir son corps comme une vague désagréable de chaleur et inspira profondément.
- Je…
Il regarda ailleurs. Le contact des doigts de Yamato lui faisait du bien, comme une présence dont il n'avait plus l'habitude, et il s'en voulut pour ça.
- Je, je veux dire, je croyais que tu n'aimais pas ce genre d'attitude en public, parvint-il enfin à bégayer.
Embarrassé, il se dégagea finalement de la prise de son meilleur ami d'un geste un peu brusque.
- Tu ne sais pas ce que tu veux, ajouta-t-il, soudain furieux.
- Toi non plus, Taichi.
Taichi se retourna pour lancer une réplique cinglante mais les mots moururent dans sa gorge quand il vit le regard blessé de Yamato, malgré les efforts de ce dernier pour le cacher. Il se figea, ne trouvant plus rien à dire. C'était lui qu'il voyait dans les yeux de Yamato, cet autre lui-même qui avait eu si peur des mois auparavant d'être rejeté, d'être tout seul pour avoir pris des risques. C'était son propre regard et il n'arrivait plus à le supporter. Il serra les lèvres, honteux, et légèrement, attrapa le poignet de Yamato entre ses doigts en une tentative muette de pardon.
« S'il te plaît, s'il te plaît… »
« Et ne me fais plus mal comme ça. »
Le regard de Yamato s'adoucit. Souriant légèrement, il s'éloigna de Taichi pour rejoindre le groupe. Jyou avait repris sa pancarte et la tendait bien haut, malgré sa gêne évidente.
- Ils viennent d'annoncer l'atterrissage de l'avion de Mimi, lança Sora à Taichi, ce dernier ayant finalement fini par acheter la boule de neige pour son père.
- Oh, enfin ! soupira-t-il.
Quand il croisa le regard de Yamato, il se sentit beaucoup mieux et alla aider Jyou en sifflotant pour lui-même un air de dessin animé.
- J'ai l'air ridicule, maugréa Jyou.
- Mais non, tu donnes juste l'impression d'être un amoureux transi, ou alors le président d'un fan-club, répondit sereinement Taichi.
- Tu as vraiment les mots qu'il faut pour remonter le moral des gens, toi.
Taichi ricana. Il sentait encore sur son poignet les doigts de Yamato et cette tiédeur qui s'estompait progressivement lui donnait l'impression qu'il serait capable de tout faire.
- Ah, je la vois ! fit Hikari, ravie.
- Oh, c'est vrai, murmura Takeru. Ce chapeau rose…
- Hello, guys ! cria Mimi, délaissant d'un coup son chariot à bagages pour courir aussi vite que le permettaient ses bottines à talons compensés.
Taichi eut à peine le temps de relâcher la pancarte que déjà Mimi sautait dans ses bras, plaquant une bise sonore sur sa joue. Il éclata de rire, emporté par l'énergie de son amie.
- C'est moi ou tu deviens de plus en plus légère, espèce de brindille ? plaisanta-t-il.
Mimi se contenta de lui faire une grimace avant d'embrasser Sora et Hikari qui commencèrent aussitôt à lui demander comment c'était passé le voyage. Jyou, dépité, regarda la pancarte qu'il tenait toujours.
- Et tout ça pour rien, soupira-t-il.
- Mais bien sûr que non, idiot, répliqua Mimi qui l'avait entendu. Tu crois que je ne l'ai pas vu ? C'est vraiment gentil, merci beaucoup !
Tout en riant, elle prit la pancarte qu'elle examina, tentant de cacher son ravissement en la montrant aux autres. Koushiro eut un sourire un peu gêné quand il avoua que c'était son idée. Yamato, hilare, le félicita d'une brève tape sur l'épaule.
- Je suis vraiment désolée que vous ayez autant attendu, dit finalement Mimi, repartant chercher son chariot à bagages. Il y a eu un problème au décollage, à cause de toutes les histoires qui se sont passées à New York.
Ses yeux s'assombrirent d'un coup. Elle eut un petit rire bref.
- Décidément, le Sable fait tout pour nous contrer.
- Wow, Mimi, tu as apporté combien de valises ? dit Miyako, impressionnée.
- Juste le…
- Strict nécessaire, répondit Taichi d'un ton mutin.
Mimi lui lança un regard faussement désapprobateur avant de s'éloigner superbement.
- Taichi, le jour où tu me comprendras sera celui où tu te retrouveras avec une poitrine.
Yamato eut un rictus.
- Eh, la blonde, je t'ai vu, lança son meilleur ami, vexé.
- Je demande qu'on change de sujet de conversation pour stopper toute image traumatisante concernant Taichi, dit Daisuke en levant une main.
- Je suis ! lança Takeru.
Mimi éclata de rire puis fit glisser le cordon de son chapeau de cow-boy pour le laisser retomber sur ses épaules. Trois ans avaient passé et pourtant il lui allait toujours aussi bien, peut-être un peu usé sur les bords, mais la couleur, d'un rose très doux, était restée la même, aussi inflexible que l'humeur de Mimi. Il sembla à Taichi qu'une atmosphère plus légère venait de s'installer dans leur groupe, ce sentiment d'union que seuls les Digisauveurs pouvaient comprendre. Ils étaient là, tous ensemble, enfin, et cette émotion les parcourut tous, semblable à la chaleur de leur Symbole gravé dans leur poitrine.
Mimi se tourna pour regarder Taichi et son sourire s'épanouit. Dans la lumière, ses cheveux avaient un reflet doré, fluide. Tout le monde se souvenait de ses précédentes teintures, passant du blond jusqu'au rose méché de l'année dernière. Finalement, Mimi était revenue à sa couleur naturelle, au grand soulagement de ses amis.
- Taichi a raison, dit alors Sora en prenant doucement le bras de Mimi entre ses doigts. Tu as maigri, je trouve.
Mimi faillit lui répondre que c'était également son cas mais après avoir jeté un bref coup d'œil à Yamato fit comme si elle n'avait pas entendu.
- Bon, on y va ? proposa Taichi, épuisé. Et je commence vraiment à avoir faim.
- Ah, oui, il est presque midi, tiens, fit Jyou, surpris.
- On a attendu aussi longtemps ? s'étonna Daisuke.
- Tu ne t'en es pas rendu compte, tu étais trop occupé à vomir tes bonbons de l'Enfer, répliqua Takeru, narquois.
Devant le regard interrogateur de Mimi, Sora lui montra le paquet de bonbons, lui expliquant l'idiotie du jeu qu'ils avaient mis en place pendant qu'ils attendaient.
- Wow, ça a l'air cool, j'ai bien envie d'en goûter un, si je peux cracher du-
- NON ! répliquèrent ses amis d'une même voix.
- Oh. Okay, répondit faiblement Mimi.
- Je me rappelle encore de ce goût, beuh, gémit Miyako, portant une main sur sa gorge par réflexe.
Taichi, écoutant d'une oreille distraite les commentaires moqueurs de Daisuke, se tourna vers Yamato qui lui sourit discrètement, comme s'il voulait dire quelque chose. Et, au moment où tous les autres sortaient de l'aéroport, portés par une énergie nouvelle, ses doigts touchèrent le bas du dos de son meilleur ami, en une pression légère qui disparut aussitôt.
- La lumière a disparu, souffla Agumon, abasourdi.
Quand il se redressa il retint un grognement sourd entre ses crocs. Une de ses pattes était blessée, engourdie.
- Agumon, repose-toi, lança Biyomon d'une voix suppliante.
- Nous devons tous nous reposer, ajouta Tentomon. Nous avons fait beaucoup d'efforts, beaucoup trop même.
Tailmon émit un bruit qui ressemblait à un sanglot. Recroquevillée contre Palmon, elle cachait aux autres la vue de ses deux pattes meurtries, aux cicatrices d'un rouge vif. Elle murmurait le nom d'Hikari inlassablement, perdant le contrôle dont elle avait toujours fait preuve.
- Oh, Tailmon, gémit Patamon, ému.
Dans un bruissement d'ailes, Hawkmon vint les rejoindre près du feu. Agumon qui s'était rassis se leva d'un bond, ignorant la douleur brûlante de sa patte.
- Alors, tu en as trouvé d'autres ?
Hawkmon secoua la tête, dépité.
- Il n'en reste pratiquement plus, et ils sont encore plus loin que ce que je croyais.
Furieux, Gabumon lança une brindille dans le feu qui se mourait déjà. Ses yeux se durcirent et sous la fourrure bleue, l'ombre de son véritable corps se dessina, puissante, sauvage.
- Comment on va faire pour les prévenir alors ? rugit-il, l'émotion s'emparant de lui brusquement. Comment on va faire si on peut seulement retarder ce qui va se passer de toute façon ?
- Gabumon, lança Wormmon d'une voix forte.
- Non, Wormmon, non ! Regardez dans quel état nous sommes ! Regardez Tailmon !
Lentement, à contrecœur, les Digimons se tournèrent vers le petit corps de Tailmon blotti contre les pattes fraîches de Palmon, pris de tremblements douloureux.
- Hikari, Hikari, Hikari, chuchota-t-elle. Oh, Hikari…
Gomamon ouvrit la bouche, réticent.
- Tailmon a été affectée car Hikari elle-même a un lien puissant avec le Sable. Et elle n'est pas la seule, ajouta-t-il en un souffle haché par la fatigue.
- Je sais, répondit abruptement. Je sais qu'elle n'est pas la seule.
Il y eut un silence pesant, à peine perturbé par le craquement du bois dans les flammes.
- Il en faut un autre, juste un autre, lança Gabumon d'une voix éteinte. Juste un autre.
- Qu'est-ce que tu viens de dire ?
Le visage de Koushiro s'assombrit et Yamato vit dans ses yeux quelque chose qu'il n'avait jamais vu auparavant, ou plutôt quelque chose qui n'avait jamais suffisamment retenu son attention jusqu'à ce jour. Assis à son bureau, sa chaise tournée du côté de ses amis, les mains crispées sur les genoux, Koushiro resta silencieux un moment qui parut durer une éternité. Il avait ce regard, très sombre, étrangement cru, qui semblait de plus en plus familier pour Yamato.
Il hésita, inspira puis redressa la tête.
- J'ai crée un Portail avec Wallace pour le Digimonde.
- Tu as quoi ? bredouilla Miyako et dans sa voix on entendit un mélange d'admiration et de stupéfaction.
- Mais, mais enfin comment tu as… ? ajouta Jyou, bégayant à son tour.
Koushiro eut un léger sourire.
- Je ne pourrais pas vraiment vous l'expliquer, ça prendrait beaucoup trop de temps et nous n'en avons plus beaucoup.
Taichi regarda Koushiro, imperturbable. Yamato, assis à côté de lui, comprit que ce n'était qu'une façade, cette façade qu'il avait utilisé des années auparavant, quand le salut de groupe reposait sur ses épaules. Les lèvres serrées, il émit un bruit qui ressemblait à un ricanement.
- Depuis combien de temps ?
Koushiro leva les yeux au plafond, songeur.
- Je dirais que j'ai commencé juste après l'intervention de Wallace, le soir du concert de Yamato. J'en ai parlé avec lui et on a décidé de créer nous-mêmes un Portail.
Brusquement, Iori se redressa, les yeux écarquillés. Il était tellement tendu qu'il se rendit pas compte qu'il avait fait tomber son verre vide sur le sol.
- Alors, c'est de ça dont parlait Wallace, souffla-t-il, comprenant enfin.
- Mais de quoi tu parles ? demanda Daisuke, impatient.
Iori regarda Koushiro qui lui sourit.
- Wallace disait que c'était comme chercher un numéro de téléphone en appuyant au hasard sur les touches. Il disait chercher des points de connexions.
- C'… C'est vrai ? balbutia Ken, impressionné. Ca a dû être un travail considérable.
- Plus que tu ne pourrais l'imaginer, ajouta Koushiro d'une voix éteinte. Moi-même, avec le lycée, je n'ai pas pu travailler tous les jours, mais grâce à Wallace, nous avons pris une avance considérable. Pour résumer, nous avons cherché tous les points de connexion existant entre notre monde et le Digimonde. Beaucoup d'entre eux ont été détruit, notamment à cause de nos Digimons qui s'en servaient pour nous contacter. Ces points de connexion se détruisent après une utilisation à présent. Au final, il nous a fallu répertorier tous les points afin d'en créer un à notre tour.
- Mais pour quoi faire ? fit Hikari, curieuse. Si nous avons un point de libre, pour ne pas l'utiliser ?
- Parce que ces points sont fragiles ; s'il faut pour un aller-retour détruire deux points de connexion, ce sera un gâchis. Et on ne peut pas se permettre de gaspiller les quelques ressources qu'il nous reste.
Taichi approuva d'un signe de tête. Ses mâchoires étaient serrées et une de ses mains s'était fermée en un poing sur son genou droit.
- Alors pourquoi répertorier tous les points de connexion si on ne va pas les utiliser ? demanda Ken.
Koushiro fronça les sourcils. Il se tourna vers son ordinateur, l'alluma, et tout en tapant sur son clavier, répondit.
- Chaque point de connexion a un code digital unique. Et chaque code nous amène à un endroit précis du Digimonde. Rappelez-vous, quand nous ouvrons le Portail, nous ne tombons jamais au même endroit. Nous pouvons calculer l'endroit où nous irons, grâce à ce code. Jusqu'à très récemment, nous croyions que le Portail était une voie unique, mais ce n'est pas le cas. Il existe des centaines, voire des milliers de points de connexion.
Il s'arrêta de parler un instant, cliquant sur deux-trois fenêtres. Ses amis ne dirent pas un mot, attendant la suite. Koushiro était dans son élément, dans ce qu'il était le plus doué et il n'était pas venu à l'esprit des Digisauveurs de le contredire. Yamato, pensif, fixait la nuque de Koushiro, espérant qu'il se retourne pour qu'enfin la lueur dans ses yeux, si sombre et crue, soit visible.
- Je pense ça… oui, ça devrait aller, murmura Koushiro en s'adressant à l'écran. Il suffit d'attendre un peu. Donc, comme je le disais, il y a des milliers de connexion. Comment faire alors pour avoir notre propre point de connexion ? En reproduisant nous-mêmes un code digital. Et c'est là que ça se complique. Créer un code veut dire créer un portail vers une certaine sortie. Et cette sortie peut être le Digimonde. Ou peut-être pas.
Takeru tressaillit.
- Tu veux dire que nous pouvons passer dans un autre monde encore ?
- Oui, et le plus terrifiant est qu'il peut y avoir un monde comme il peut ne pas y en avoir. Nous pouvons tomber dans un néant total, ou bien, avec plus de succès, dans un autre monde. De ce fait, nos chances d'accéder au Digimonde s'en retrouvent amincies par toutes les possibilités de mondes existant.
Ken sentit sa bouche devenir sèche et lorsqu'il croisa le regard inquiet d'Hikari, il comprit où cela pouvait les mener.
- Nous pourrions tomber aussi dans le Monde Noir, dit-il dans un souffle.
Hikari frissonna. Personne ne fit de commentaire.
- Et ce code, tu en es où exactement ? demanda enfin Yamato.
Koushiro réfléchit.
- Je ne vais pas pouvoir te donner d'indications très précises : chaque code est unique mais ceux concernant le Digimonde ont plusieurs chiffres et lettres en commun. Le tout est de pouvoir les retrouver et ensuite composer le reste du code pour nous amener à un endroit précis.
Il croisa les bras, fixant le sol. Il ne semblait même plus répondre à son ami mais une question qu'il s'était posée à lui-même.
- Oui, environ, j'ai dû écrire une partie du code, peut-être pas tout, mais au moins une grande partie.
- Koushiro ! lança brusquement Taichi d'une voix ferme.
Le jeune garçon, surpris dans sa réflexion, sursauta et regarda Taichi avec un air presque coupable. Au moment où il ouvrit la bouche, un petit son jaillit des enceintes de l'ordinateur. Soulagé, Koushiro se retourna pour cliquer sur un lien.
- Ah, ca y est, il est connecté, sourit-il.
Il appuya sur une touche puis tourna l'écran vers ses amis. Pendant un instant, ils ne virent que du noir, et des bruissements à peine perceptible. Enfin, en rééquilibrant sa caméra, Wallace apparut, une lueur soucieuse dans les yeux. La qualité de l'image n'était pas excellente et son visage apparaissait comme froissé et flou.
- Salut à tout le monde, lança-t-il d'une voix étouffée.
- W… Wallace ? souffla Iori.
- Je n'ai pas pu me connecter plus tôt, désolé.
Une petite silhouette blanche apparut à l'écran, les saluant d'une patte encore plus petite.
- Bonjour, bonjour !
- Terriermon, pousse-toi ! grogna Wallace, embarrassé.
- Rabat-joiiiiie, chanta son Digimon, retombant de la chaise dans un bruit sourd. Si c'est comme ça, je vais manger le gâteau tout seul !
Mimi eut un sourire triste et détourna les yeux. Un sentiment lourd s'empara des Digisauveurs à la vue de Terriermon, ce sentiment de manque qu'ils éprouvaient en permanence, comme un membre fantôme. Sora, la gorge serrée, se rappela des plumes tièdes de Biyomon dans son cou alors qu'elle se blottissait contre elle la nuit, en totale confiance, débordante d'amour pour son amie. C'était une partie d'eux qui avait disparu. Taichi vit le visage de Yamato s'assombrir, devina à quoi il pensait et se dépêcha de revenir au sujet de la conversation.
- Alors, Wallace, c'est quoi cette histoire de Portail avec Koushiro ?
- Je vais vous expliquer : il y a deux mois environ, lors de la deuxième attaque, je vous avais dit que Terriermon avait réussi à contacter Tentomon, deux minutes pas plus. Je n'avais pas compris comment il avait fait. Il avait trouvé une faille, et avait réussi à trouver un accès pour le Digimonde. J'ai donc compris que ce n'était pas impossible de contacter le Digimonde, il fallait juste savoir comment le faire.
Koushiro approuva d'un signe de tête.
- Je vous l'ai dit tout à l'heure ; Wallace m'en a parlé juste après l'intervention du Sable au concert de Yamato. Pour ma part, j'avais déjà essayé sans succès de créer mon propre Portail. Beaucoup trop complexe, et surtout trop dangereux : je n'avais pas assez d'informations pour continuer. Wallace m'a parlé de Terriermon, et de la faille. Nous avons fini par analyser la composition d'un point de connexion, puis à le comparer à un autre et encore un autre. C'est ce qui nous a permis de comprendre.
- J'ai répertorié les points de connexion, tandis que Koushiro s'occupait de mettre en place le Portail à proprement dit.
Un silence suivit cette déclaration. Taichi se mit debout, lentement. Il eut une sorte de geste du bras et quand il releva la tête, son regard était fier, féroce. Ce regard d'enfant d'autrefois, un regard devenu beaucoup plus dur et déterminé.
- Le Portail sera prêt quand ?
Wallace ne le regarda plus réellement, trop occupé à cliquer sur des fichiers sur son ordinateur.
- Il est prêt à 90%, répondit-il enfin.
- Nous voulions vous en parler à la fin, lorsque le Portail aurait été achevé, ajouta Koushiro, un peu gêné. Mais à cause des évènements récents, Wallace a voulu vous l'informer maintenant.
Taichi serra les dents.
- Combien de temps encore ?
Wallace et Koushiro échangèrent un regard entendu.
- Deux à trois semaines, peut-être même un mois, dit Wallace. Maintenant que nous avons la plus grosse part du code et que la base du Portail est établie, il ne nous reste plus qu'à retrouver les quelques éléments manquants. Cependant…, ajouta-t-il, soudainement grave.
- Cependant ? répéta Iori.
- Je vais devoir me consacrer entièrement à ce travail, chez moi. Pourtant, ça ne suffira pas pour que tout soit prêt. Je viendrais donc au Japon dans trois semaines pour faire les derniers réglages. Vous devez comprendre que c'est extrêmement sérieux cette fois-ci. Auparavant, nous étions aidés par nos Digimons, ou par le Digimonde lui-même. Ce n'est plus le cas maintenant à cause du Sable. Si nous nous trompons, il n'y aura aucune possibilité de retour.
Taichi eut un rire bref. Ses yeux étaient pleins d'une flamme nouvelle, débordante de force.
- Je crois qu'on l'a bien compris ça.
Devant la confusion de ses amis, il eut un sourire éclatant.
- Dès l'instant où nous sommes tombés dans le Digimonde, il nous a été impossible d'y échapper. Alors, faisons-tout pour le sauver à notre manière.
Wallace ne dit rien. Il observa les yeux de Taichi, n'y vit aucune crainte puis acquiesça.
- Très bien, je vais faire tout mon possible pour le Portail soit prêt dans quelques semaines. Koushiro, je compte sur toi.
- Pas de problèmes, répondit le jeune garçon, impassible.
- Sur ce, je vais vous laisser. J'ai encore beaucoup de travail à faire.
La fenêtre s'éteignit, faisant place au fond d'écran gris que Koushiro avait choisi pour son ordinateur. D'un coup, la tension qui s'était installée dans la chambre se dissipa, une tension quasiment physique. A la fin de la conversation, Ken sentit ses épaules se dénouer et s'aperçut avec soulagement que le visage d'Hikari avait repris des couleurs. Takeru, assis près d'elle, lui tenait la main en lui parlant doucement.
Koushiro se tourna vers ses amis. Ses yeux, remarqua Yamato, n'avaient plus cette expression sombre qui le surprenait. Il avait l'air plutôt calme, posé. Miyako soupira bruyamment, jetant ses bras en arrière comme pour s'étirer.
- Pff, quelle histoire !
Taichi ne dit rien, le regard ailleurs. Il s'était rassis mais sa main était toujours crispée en un poing sur son genou droit. Yamato se retint de poser ses doigts sur son poignet pour l'apaiser.
- On en a plus appris en une journée qu'en deux mois, résuma Sora, songeuse.
- Je suis désolé, répéta Koushiro, ne semblant finalement pas l'être beaucoup. Je devais garder le secret un certain temps.
- Non, nous comprenons, rétorqua Mimi en lui souriant. Tu as fait beaucoup, Koushiro, vraiment. Je ne sais ce que nous ferions si tu n'étais pas là.
Koushiro, gêné et ravi à la fois, détourna les yeux.
- Eh, vous avez pas faim ? dit Daisuke en se levant.
- Oh que si, rit Hikari et son rire fit plaisir à Ken. Comme on a tout de suite parlé, j'avais oublié que je n'avais rien mangé depuis ce matin.
- Et il est deux heures, ajouta Jyou.
- Je propose qu'on fasse un repas spécial, déclara Yamato.
- A deux heures de l'après-midi ? dit Iori, surpris.
- On s'en fiche, on est les Digisauveurs, on fait ce qu'on veut ! répliqua Daisuke en faisant un large mouvement de la main comme pour balayer toutes les futilités.
- Je dois avoir quelques trucs dans la cuisine, dit Koushiro en se dirigeant vers la porte de sa chambre.
Mimi leva les yeux au plafond.
- J'ai envie de manger une pizza, dit-elle d'une voix rêveuse.
- Mimi, tu viens juste d'arriver des Etats-Unis et la première chose que tu veux manger c'est une pizza ?
- Eh, j'ai faim, je veux manger une pizza ! Et une pizza faite maison !
- Tu délires, dit Daisuke, médusé. Ca va prendre une heure rien que pour faire la pâte.
- Qu'est-ce que tu en sais, lui demanda Takeru, le regardant par en-dessous.
Daisuke, vexé, lui repoussa.
- Je le sais, c'est tout !
- Tu le sais parce que tu as essayé et que tu as raté, lança sournoisement Miyako.
La rougeur qui monta au visage de Daisuke fit une réponse suffisamment éloquente. Mimi éclata de rire, taquinant davantage son ami. Yamato se retourna vers Taichi qui ne semblait écouter personne.
- Ca va ? murmura-t-il.
Taichi le regarda, comme tiré d'une rêverie. Ses yeux s'adoucirent.
- Oui, ça va. J'ai même super faim, ajouta-t-il en riant.
- Je veux une pizza ! continua Mimi. Une grande pizza maison !
- Mais on te dit que c'est pas possible, répliqua bruyamment Daisuke.
Koushiro revint dans la chambre à cet instant, les bras chargés de paquets de gâteaux.
- Ouais, c'est super équilibré tout ça, dit Sora en faisant une grimace.
Koushiro rougit.
- Je n'ai pas trouvé autre chose, ma mère est partie faire les courses.
Yamato se leva en soupirant.
- Je suis sûr que tu as quelque chose d'autre, je vais regarder ce qu'il y a.
Daisuke lança un regard plein de reconnaissance à son ami. Tout le monde savait que Yamato se débrouillait plutôt bien en cuisine, ce qui leur assurait au moins un repas consistant. Koushiro eut l'air soulagé, déposant les paquets sur le sol.
- Ca va faire des miettes, fit remarquer Hikari.
- J'ai vu ta table basse dans le salon, dit Taichi en se levant à son tour. Je vais l'amener ici.
- Ce ne serait pas plus simple de manger dans le salon ? proposa Iori.
- Si, mais ce serait moins marrant, répliqua Miyako, rayonnante.
Taichi, retrouvant le sourire, quitta la chambre pour se diriger vers le salon. Il entendit Yamato dans la cuisine en train de fredonnant une chanson qu'il ne connaissait pas. Il vit toutes les chaussures dans l'entrée, fut amusé par le désordre ambiant. Maintenant, ils savaient tous ce qui les attendait, ils pouvaient faire quelque chose pour le Digimonde, pour leurs amis. Yamato se mit à siffler, doucement, et envahi par un sentiment brut Taichi retourna à la cuisine propre et rangée par Mme Izumi.
Yamato regardait pensivement le réfrigérateur, sifflant toujours.
- Tu as trouvé des trucs comestibles ? demanda Taichi en s'appuyant à la porte blanche.
Yamato fronça les sourcils.
- Oui, mais pas beaucoup. Des œufs ? lança-t-il en les attrapant.
- Ouais, pourquoi pas, ça devrait aller.
Yamato, satisfait, se dirigea vers les plaques. Il allait casser les œufs dans un bol quand Taichi se mit à rire.
- Je rigolais parce que ça me rappelle le Digimonde, expliqua Taichi devant son regard surpris.
Yamato réfléchit puis un sourire s'épanouit sur ses lèvres.
- Haha, oui, les œufs et les sources chaudes, ajouta-t-il. On les faisait cuire dans l'eau ou alors sur les pierres qu'on chauffait. Ca n'avait pratiquement pas de goût.
- On n'avait rien d'autre à manger, continua Taichi, nostalgique. Je me rappelle qu'on était tous là à manger nos œufs, et on avait juste envie de pleurer.
Yamato acquiesça, cassant les œufs.
- Omelette ?
- Et œufs au plat ? fit Taichi d'un air mutin.
Yamato eut un petit rire. Ses mains toutes blanches, et fortes, attirèrent l'œil de Taichi. Ces mains qui lui avaient serré le poignet à l'aéroport en une prise possessive, pleine d'envie. Se sentant détendu, il s'approcha de son meilleur ami, passant ses doigts sur une de ses hanches en un contact lointain, comme pour ne pas le gêner. Yamato ne le repoussa pas.
- Je suis désolé pour tout à l'heure, dit finalement Taichi.
- Quand ça ?
- A l'aéroport.
- Oh, ça. Ce n'est pas grave, et de toute façon j'avais déjà oublié.
Taichi le crut et cela le soulagea. Il enroula ses mains autour de la taille de Yamato, toujours de cette manière un peu distante. Il hésita un instant puis posa ses lèvres sur la nuque de son meilleur ami, doucement.
- Qu'est-ce qui te prend tout d'un coup ? demanda Yamato amusé.
- Rien du tout, j'avais juste envie d'être un peu tranquille avec toi.
Yamato se retourna et dans un même mouvement prit le visage de Taichi dans ses mains avant de l'embrasser. Taichi répondit au baiser, amusé à son tour. Il allait lui dire quelque chose au sujet des œufs quand il entendit des pas se diriger vers la cuisine. Sans réfléchir, il s'éloigna de Yamato brusquement à l'instant où Jyou entrait, étonné de le voir là.
- Eh Taichi, on l'attend toujours cette table basse.
- Oh, ah oui, j'avais oublié, répondit Taichi en bafouillant.
Il vit un sourire narquois sur les lèvres de Yamato et se retint de lui donner un coup de pied dans le tibia.
- Tu as si peu de muscles que porter une table basse te semble impossible ? ajouta Jyou en regardant ce que faisait cuire Yamato. Oh cool, des œufs. Ca me rappelle le Digi-
- Ouais, pareil, l'interrompit Taichi en sortant de la cuisine.
- Il est fâché ? demanda Jyou.
Yamato faillit répondre puis se contenta de secouer la tête en ayant l'air aussi étonné que son ami. Il crut encore sentir le contact de Taichi sur sa nuque et cela le fit sourire légèrement. Quand il eut fini de faire les œufs, il fut acclamé par ses amis qui l'attendaient dans la chambre, assis autour de la table que Taichi avait ramenée. Mimi applaudit encore plus fort avant de lever la pancarte « Bienvenue Mimi » qu'elle avait précieusement gardée.
- Qu'est-ce que j'ai faim ! maugréa Daisuke en arrosant son omelette de ketchup.
- C'est étonnant vu que tu as mangé à toi tout seul deux paquets de gâteaux, répliqua Taichi, goguenard.
- Je suis en pleine croissance, c'est tout !
- Si seulement ton cerveau pouvait être aussi en pleine croissance, souffla Taichi en regardant ailleurs.
- Sale…
- Temps mort ! fit Hikari, fatiguée. Taichi, tais-toi et mange.
- Ouais, mange, crétin, approuva Yamato en piquant la joue de son meilleur ami avec une de ses baguettes.
Réunis tous ensemble, ils mangèrent de bon cœur, bavardant et riant. Ils n'avaient pas oublié ce qu'il se passerait deux à trois semaines plus tard, s'ils parviendraient à retourner dans le Digimonde ou non. Néanmoins, mangeant des œufs à la façon de leur première aventure, partageant la bouteille de soda que Koushiro avait fini par retrouver dans la cuisine, ils se sentirent plus heureux qu'ils ne l'avaient été depuis deux mois, trouvant le contact de leur Digivice dans leur poche enfin réconfortant.
A suivre…
