Chapitre 10 :
Moscou
Le lendemain, ce fut au tour de Draco, Pansy, Blaise et Théo de venir rendre visite à Onyx. Et ils étaient tout les quatre très inquiets pour lui, le souvenir de la crise vif à leurs esprits. Voir leur ami hurler de douleur avait été un vrai choc pour eux. Ils avaient ainsi réalisé quel calvaire était le sien et ils avaient passé un moment à en discuter avec Narcissa qui avait patiemment répondu à leurs question sur la magie brisée et ses conséquences. Sachant que Onyx était encore très affaibli, ce fut dans le calme qu'ils arrivèrent ce jour là. Leur ami était alors installé sur le grand balcon, au soleil. Il leur sourit en les voyant arriver et s'installer autour de lui en l'observant attentivement. Draco vint d'ailleurs s'accroupir près de lui, le tendant en posant une main sur la sienne mais ne reculant pas.
- Comment te sens tu ? Demanda-t-il en scrutant son visage pâle avec angoisse.
- Ça va maintenant, rassura Onyx. Ça va, je suis désolé de vous avoir imposé ça, s'excusa-t-il.
- Ce n'est pas de ta faute, répondit immédiatement Théodore. Tu n'as pas à t'excuser.
- Il a raison, appuya Draco. Tu n'as rien à te faire pardonner, dit-il en réajustant la couverture sur ses jambes. L'important, c'est que tu ailles bien.
Onyx lui sourit avec émotion et il prit place dans le siège à côté de lui. Ils discutèrent tranquillement un long moment, les quatre adolescents se rassurant peu à peu sur l'état de leur ami. Une fois détendus, Blaise et Pansy voulurent l'interroger sur son lien avec le Lord mais Draco et Théo ne laissèrent passer que des félicitations en règle avant de les arrêter dans leur élan pour ne pas qu'ils embête Onyx avec cela. Ils parlèrent plutôt de choses sans importances et de la rentrée qui approchait. Mais encore une fois, Draco éloigna le sujet en constatant que l'évocation de Poudlard avait largement tendu son cousin bien qu'il fut le seul à s'en rendre compte. Sachant ce qu'il en était, il détourna la conversation, recevant un regard de remerciement discret d'Onyx en réponse.
Ils restèrent jusqu'au déjeuner, s'en allant alors bien plus rassurés et ce fut avec ses parents que Onyx mangea tranquillement. Après le repas, Bellatrix offrit une longue séance de massage à son fils, Severus leur ayant fait parvenir des baumes à cet usage pour soulager un peu plus l'adolescent. La mère se fit donc une joie de s'en servir. Une fois fini, Onyx demanda pour essayer de marcher un peu et Rodolphus accepta de l'y aider, imposant toutefois une courte séance. Les deux parents l'encadrant, ils l'aidèrent d'abord à s'asseoir au bord du lit, se réjouissant de voir que les massages semblaient avoir facilité ses mouvements. Ce fut extrêmement tendu et prenant une grande respiration que Onyx tenta de se lever, soutenu par son père. Et si celui-ci n'avait pas été là, il aurait fait une violente rencontre avec le sol. Il s'agrippa à lui, sa mère venant lui offrir un second appuis. Encore une fois, ses jambes refusaient de le porter, pliant sous son poids et ne bougeant que maladroitement.
Pendant un moment, il tenta de se tenir droit mais il n'y parvint pas, ne faisant que s'énerver et se tendre un peu plus chaque seconde. Il en avait assez d'être un tel poids pour sa famille, une telle charge inutile. Il ne faisait que leur causer des soucis et voilà qu'il n'était même pas capable de se tenir debout. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour s'améliorer mais ce n'était pas assez, pas assez vite. Il ne voulait pas leur causer plus de soucis. Ses parents passaient tout leur temps à s'occuper de lui, ils devaient en avoir assez et il ne voulait pour rien au monde leur déplaire. Leur famille s'inquiétait tout le temps pour lui, comme ses amis et comme son Lord. Il voulait s'améliorer rapidement pour alléger la charge qu'il représentait. Il voulait au moins arriver à marcher pour que son père n'ait plus à le porter constamment, pour qu'ils voient qu'il s'améliorait. Mais ses jambes refusaient de le porter ou même de simplement bouger correctement et cela le désespérait profondément. Il se sentait tellement minable de ne pas pouvoir simplement tenir sur ses pieds.
Après un moment d'essais infructueux, il chuta une fois encore, délicatement rattrapé par son père. Et Rodolphus décida de mettre immédiatement fin à la séance en le sentant se mettre à trembler fortement dans ses bras, le sentant extrêmement tendu alors qu'il commençait à avoir du mal à respirer. Sans un mot, il le souleva pour l'asseoir sur son lit, venant prendre place à côté de lui alors que Bella en faisait de même.
- Calme toi mon ange, pria la mère en caressant ses cheveux alors qu'il était soudain très agité.
- Je suis désolé, s'excusa Onyx alors que les larmes perlaient à ses yeux de saphir. Je suis désolé, répéta-t-il avant d'éclater en sanglots et de cacher son visage dans ses mains.
- Qu'est-ce qu'il y a mon cœur ? Demanda Bella alors que Rodolphus le serrait contre lui.
- Je n'y arrive pas, je suis désolé, sanglota-t-il. Je suis désolé, dit-il avec panique.
- Que se passe-t-il ? Fit soudain la voix du Seigneur des ténèbres précédée du craquement du transplanage.
Parce qu'en effet, l'homme n'avait pas manqué la tension croissante de son âme sœur vite mêlée de désespoir, de panique, de honte, de culpabilité, de tristesse et de douleur. Alors il était aussitôt venu, son instinct protecteur envers lui démultiplié depuis la crise. Les parents tournèrent subitement le regard vers lui mais Onyx ne bougea pas, recroquevillé sur lui même. Le trouvant en pleurs et en panique, le Lord s'approcha prestement, le regard rivé sur lui. Il s'accroupit devant lui, Rodolphus reculant un peu, et il posa une main sur sa tête.
- Onyx ? Appela-t-il. Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il la voix plus douce que le couple ne lui ait jamais entendu.
- Je suis désolé, répéta celui-ci, je suis désolé, dit-il pleurant toujours le visage dans ses mains.
Le sentant complètement paniqué et apeuré, Tom se redressa un peu pour venir le prendre dans ses bras, calant sa tête dans son cou, un bras autour de ses reins et une main dans ses cheveux. Bellatrix et Rodolphus le laissèrent faire, néanmoins très inquiets. Car comme le Lord, ils avaient bien remarqué que le jeune homme perdait le contrôle de sa respiration et qu'il tremblait fortement.
- Que s'est-il passé ? Demanda Tom à Bella sa voix neutre pourtant teintée d'inquiétude.
La dame lui raconta alors et il comprit. Il avait bien perçu les sentiments du jeune homme alors qu'il tentait de marcher et il pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert en connaissant son passé. Alors il comprit immédiatement ce qu'il se passait dans sa tête. Mais il fallait le calmer avant tout.
- Onyx ? Onyx ? Appela-t-il en caressant ses cheveux. Calme toi, calme toi, pria-t-il.
- Je suis désolé, répéta l'adolescent.
- Ce n'est pas de ta faute Onyx, assura l'homme attentivement écouté par le couple. Tu n'as aucune raison de t'excuser et personne ne t'en veux je te l'assure. Calme toi et respire doucement.
Au soulagement général, l'adolescent se calma sous les mots et les attentions du Lord le tenant comme un bijou précieux. Sa délicatesse et son attention étaient évidentes, Bella et Rodolphus admirant cette attitude qu'ils n'avaient jamais vu même de loin chez lui. Mais ça lui semblait naturel avec Onyx et cela les rassura beaucoup quand à leur relation. Il était évident que leur fils serait traité de la plus douce des manières par leur maître qui leur prouvait à l'instant. Les sanglots prirent finalement fin et Tom s'abaissa de nouveau pour s'accroupir plus bas. Il se sépara de l'adolescent lentement pour venir prendre délicatement ses mains et les éloigner de son visage couvert de larmes. Il les déposa doucement et vint lui relever le menton de deux doigts pour capter son regard. Et Onyx sembla s'apaiser un peu plus en tombant dans ses yeux de rubis qu'il ne lâcha plus. L'homme fit apparaître un mouchoir de soie d'un geste de la main et il essuya précautionneusement son visage.
- Je n'y arrive pas, bredouilla le jeune homme lorsqu'il cessa. Je suis désolé, réitéra-t-il en serrant les dents.
- Onyx, écoute moi, demanda le Lord en posant une main sur sa joue et l'autre sur ses doigts. Tu n'es pas un minable parce que tu n'arrives pas à tenir debout, dit-il attentivement écouté par les parents sachant qu'il avait compris ce qu'il se passait grâce au lien. Tu n'as pas à t'excuser, ce n'est pas de ta faute. Tu y arriveras j'en suis certain. Ce n'est pas grave si tu n'y arrives pas aujourd'hui, demain ou dans une semaine. Tu as tout ton temps. Ton corps est très abîmé et tu es resté longtemps alité, tes jambes vont mettre un moment à se réveiller et il faudra les muscler à nouveau. Tu n'es pas un minable parce que tu n'y arrives pas aujourd'hui, c'est normal.
- Mais..., murmura l'adolescent.
- Non Onyx, coupa-t-il d'un doigt sur sa bouche. Tu te trompes. Tu ne dois pas te sentir coupable à cause de ton état. Et jamais tu m'entends, jamais personne ici ne t'en voudra parce que ça ne va pas, dit-il en attristant les parents comprenant au fur et à mesure qu'il parlait. Tu n'es pas un poids pour nous et personne ne se lassera de toi. Personne ne t'abandonnera c'est juré, dit-il alors qu'une larme roulait sur la joue pâle. Personne ne t'abandonnera et tu ne seras plus jamais seul. Tu n'es pas un fardeau. C'est avec joie que nous nous occupons de toi et que nous continuerons. Tu n'as pas à t'en faire ni à te presser ou à te forcer. Tu as tout ton temps pour guérir et avancer doucement. N'ai pas peur que l'on se lasse de toi ça n'arrivera pas. Tu n'es pas tout seul et peu importe ce que tu sais faire ou non, ce que tu peux faire ou non, ce n'est pas l'important. C'est toi qui importe et c'est tout ce que l'on veut : que tu sois simplement là avec nous. Ce n'est pas grave si tu n'y arrives pas aujourd'hui, nous ne sommes pas pressés. Et tu finiras pas y arriver.
- Mais je n'arrive même pas à tenir debout, remarqua l'adolescent l'air désespéré.
- Bien sûr que si tu peux tenir debout, assura le Lord.
- J'en suis incapable Tom, répondit-il alors que les larmes envahissaient de nouveau son regard.
- C'est faux Onyx, tu peux le faire j'en suis certain. Tu vas finir de te calmer tranquillement, dit-il doucement. Tu vas fumer un peu, continua-t-il en voyant qu'il respirait mal, et ensuite je te montre comment tenir debout, annonça-t-il. D'accord ?
L'adolescent approuva d'un petit signe de tête incertain et l'homme débarrassa une fois de plus son visage des larmes. Rodolphus attrapa sa kiseru qu'il prépara pour lui, la mère caressant les cheveux de son fils avec tendresse alors que le Lord restait accroupi devant lui, tenant l'une de ses mains. Onyx commença bientôt à fumer, les adultes s'appliquant à terminer de le calmer, le rassurant de douces paroles, les parents une fois de plus tristes de comprendre ce qui était passé par la tête de leur bébé. Ils louaient le fait que le Lord puisse suivre ses émotions et le comprendre bien plus efficacement que n'importe qui et ainsi le rassurer rapidement. Une fois le jeune homme de nouveau presque calme alors qu'il restait tendu, Tom prit ses mains dans les siennes.
- Bien, voyons ça maintenant, annonça-t-il.
Onyx se tendit de nouveau à la vitesse de l'éclair mais il acquiesça. Il bougea pour se lever mais le Lord l'arrêta d'un geste. Il se releva ensuite et vint entourer sa taille de ses bras, le soulevant du lit et le tenant contre lui. L'adolescent s'accrocha à ses robes, plus tendu encore et se disant qu'il n'y arriverait pas, honteux de sa faiblesse. Ses pieds ne touchaient pas le sol alors que Tom le tenait fermement contre lui. Celui-ci se pencha d'ailleurs à son oreille, se mettant à lui parler doucement :
- Maintenant Onyx, je veux que tu te détendes et que tu te calmes, demanda-t-il. N'aies pas peur, tu y arriveras, nous croyons en toi, dit-il en faisant sourire les parents et en émouvant son âme sœur. Tu as le temps et personne ne te demande d'être parfait. Détend toi, respire lentement et profondément, commanda-t-il satisfait de le sentir s'exécuter et l'écouter avec attention.
Il poussait aussi une bonne dose de calme et de chaleur dans le lien pour le rassurer et le tranquilliser, y parvenant sans trop de mal. Onyx lui, était complètement concentré sur le Lord et sur sa voix à son oreille, sur sa chaleur et ses bras forts autour de lui.
- Relaxe tes muscles. C'est bien, félicita-t-il en le sentant suivre ses consignes. Ne pense à rien et ne t'inquiète pas. Il n'y a pas d'enjeux et personne n'exige quoi que ce soit de toi.
Il lui parla ainsi une minute ou deux, Bellatrix et Rodolphus voyant leur fils se détendre complètement le front posé contre le torse de leur maître dont-il accrochait les robes de ses mains.
- Bien, maintenant, reprit Tom, je vais poser tes pieds au sol mais je ne te lâche pas. N'essaye pas de tenir debout pour l'instant, reste détendu compris ?
L'adolescent acquiesça et il le laissa glisser un peu contre lui, posant ses pieds nus sur le doux tapis et lorsqu'ils y furent bien à plat, il le bloqua de nouveau contre lui.
- Concentre toi sur le sol sous tes pieds, commanda le Lord alors qu'Onyx fermait les yeux pour faire ce qu'il disait en toute confiance. Remue les orteils. Tu sens comme c'est doux et chaud ? Demanda-t-il.
Le jeune homme approuva, souriant un peu alors que la laine soyeuse lui chatouillait la peau. Il était complètement concentré sur Tom, ne se préoccupant pas du reste comme il lui avait demandé.
- Maintenant, essaye de contracter doucement les muscles de tes jambes un à un, tranquillement, dicta-t-il ensuite et Onyx s'y attela pendant un moment. C'est bien, félicita-t-il alors. Lève un pied vers l'arrière, demanda-t-il alors.
Son âme sœur le fit lentement, pliant le genou. Le Seigneur lui fit renouveler le geste quelques fois sur une jambe puis l'autre, constatant qu'il avait bien du mal à seulement faire cela et qu'il grimaçait contre lui. Il sentait dans le lien qu'il avait un peu mal, son corps protestant après sa longue immobilisation et tout ce qu'il avait subi. Mais il y arriva tout de même sans se plaindre une seule fois.
- Voilà, c'est très bien, félicita patiemment l'homme. Repose bien les pieds à plat maintenant, dit-il, et bloque tes genoux et tes chevilles.
Prudemment, il relâcha ensuite lentement son étreinte sur l'adolescent dont le poids se reporta alors sur ses jambes. Et cette fois-ci, elles ne cédèrent pas bien que tremblantes. Il recula ensuite un peu, se séparant de quelques centimètres de son âme sœur en gardant tout de même ses mains sur ses bras. Et celui-ci en fit de même, respirant un peu plus fort d'appréhension. Tom le demanda de respirer profondément et il s'exécuta encore, conservant ainsi son calme. Ce fut d'un air un peu fasciné qu'Onyx regarda ses pieds, souriant en constatant qu'il tenait debout et s'en sentant extrêmement heureux. Il releva alors les yeux pour trouver le regard de rubis posé sur lui avec douceur.
- Bravo, félicita le Lord. Tu vois que tu peux tenir debout, remarqua-t-il.
Le jeune homme lui sourit un peu plus et l'homme fit un pas en arrière sans le lâcher.
- Marche maintenant, ordonna-t-il la voix pourtant calme et douce. Doucement. Lève un pied sans forcer sur tes muscles, avance le et repose le, commanda-t-il alors qu'Onyx obéissait sans lâcher ses yeux des siens.
Il ne se concentrait que sur lui à cet instant sans se permettre d'autres pensées. Ce fut mal assuré et précairement qu'il le fit, mais il avança d'un pas vacillant, se retrouvant de nouveau tout près de son âme sœur. À peine l'avait-il fait que ses jambes cédaient de nouveau mais Tom le rattrapa en douceur, le soulevant dans ses bras et venant le reposer sur le lit. Il se baissa de nouveau devant lui, écartant ses cheveux tombés en travers de son visage.
- Tu vois que tu peux le faire, remarqua-t-il en recevant un très beau sourire.
- Merci Tom, répondit-il.
- Tu vas y arriver Onyx, j'en suis certain, assura-t-il. Peu nous importe que cela te prenne des jours ou des années, nous n'exigeons rien de toi. Tu as le temps et quelque soit tes résultats, jamais nous ne t'abandonnerons. Tu ne seras plus jamais tout seul et tu n'as rien à nous prouver. Tu n'es pas une charge ou un fardeau, est-ce clair ? Tu n'es pas un objet que l'on jette. Tu n'es pas un minable bien au contraire. Tu es fort et tu te bas là où beaucoup auraient abandonné il y a longtemps et sans honte aucune. Nous sommes tous fier de toi alors n'aies pas peur. Tout ira bien maintenant. Tu peux avancer à ton rythme et si ça ne va pas ou que ça ne marche pas, si tu es fatigué ou mal, ce n'est pas grave, ce n'est certainement pas une honte après tout ce que tu as subi loin de là. Dans ces cas là, tu pourras te reposer autant que tu en auras besoin et nous serons là pour nous occuper de toi et trouver une solution. Ne te presse pas et ne t'inquiète pas ainsi, il n'y a aucune raison. Que tu marches ou non ne changera pas le fait que ta famille t'aime Onyx. Ça ne change rien pour moi non plus, assura-t-il. Et pas un seul d'entre nous ne t'abandonnera ou ne te délaissera. Aucun de nous ne cessera de t'aimer. Compris ? Demanda-t-il doucement.
Les yeux brillant d'émotion, Onyx acquiesça timidement et se pencha un peu vers le Lord, hésitant. Sentant son envie, le Lord se redressa et vint le prendre tendrement dans ses bras, l'adolescent se blottissant contre lui avec bonheur.
- Merci Tom, bredouilla-t-il contre lui. Merci.
L'homme alla alors caresser ses cheveux, finissant de le rassurer et de le réconforter alors que les parents regardaient avec attention et émotion. Il était désormais certain que le Lord traiterait leur fils comme le trésor qu'il était pour eux et qu'il veillerait sur lui, prendrait soin de lui. Il était venu tout de suite en sentant que quelque chose n'allait pas. Il avait su deviner la source de sa panique et de sa peur. Il avait su le rassurer et le réconforter. Il avait fait preuve d'une attention, d'une patience, d'une douceur et d'une tendresse dont on ne l'aurait jamais cru capable. Même ses amis proches du premier cercle n'auraient jamais pu imaginer voir ça. Oui, Onyx serait bien avec lui, c'était évident. Il s'écarta finalement du jeune homme qui avait maintenant l'air fatigué. Après la visite de ses amis et ses efforts de l'après midi, il avait maintenant besoin d'un peu de calme.
- Une bonne sieste ne te ferait pas de mal, constata le Seigneur.
L'adolescent acquiesça lourdement et il vint poser une main sur sa joue avec douceur.
- Je vais retourner travailler et toi tu vas te reposer tranquillement, dit-il alors. Je reviendrais te voir ce soir, d'accord ?
- D'accord, approuva-t-il avec un petit sourire.
- À tout à l'heure alors, dit-il en caressant encore sa joue.
Il se releva ensuite, laissant l'adolescent à sa mère qui le serra tendrement contre elle. Les deux parents relevèrent un regard emplis de reconnaissance vers lui, le saluant d'un signe de tête qu'il leur rendit avant de se détourner pour sortir. Ils se concentrèrent alors sur leur fils, le rassurant à leur tour, lui disant qu'ils l'aimaient et qu'ils seraient toujours là pour lui. Une fois sûr qu'il avait bien compris, ils le félicitèrent pour son succès du jour avant de le mettre au lit pour dormir un peu, la mère venant s'allonger avec lui pour le câliner, voulant définitivement le tranquilliser. L'adolescent dormit jusqu'en fin de journée, se réveillant peu avant une visite de Severus. Et celui-ci ravi toute la petite famille en annonçant qu'il avait trouvé une solution pour soulager les douleurs persistantes de la magie d'Onyx. Et pour cela, il avait exploité la piste de la kiseru une fois de plus après s'être rendu compte qu'aucune potion ne conviendrait. Et ce fut cette fois-ci un tabac brun bleuté qu'il présenta à l'adolescent, lui expliquant qu'il s'agissait d'un antalgique qui, régulièrement pris, devrait soulager la douleur de sa magie restante sans effets secondaires. Ils l'essayèrent donc et quelques minutes plus tard, ce fut un Onyx ravi et ému qui remercia le maître des potions avec une grande reconnaissance, ne sentant plus une douleur en lui. Severus en fut comblé lui aussi, soulagé d'avoir put trouver de quoi l'aider.
Dans les jours qui suivirent, l'état d'Onyx ne cessa de s'améliorer alors qu'il se remettait de tout ce qu'il lui était arrivé. Chaque jour, il reprenait un peu plus de force. Bellatrix et Rodolphus s'occupaient étroitement de lui aidés de Narcissa, Rabastan et Regulus qui venaient aussi souvent que possible voir le jeune homme, lui manifestant leur soutient et leur affection. Et chaque jour, Onyx tentait de marcher avec l'aide de ses parents. Ils avaient rapidement pris l'habitude de faire cela après la longue séance de massage que Bella lui offrait quotidiennement et qui réveillait ses muscles. À la grande fierté de ses parents, l'adolescent s'améliorait un peu plus à chaque fois. Ils veillaient désormais à le garder complètement calme lors de ces essais, le rassurant et le tranquillisant, le félicitant à chaque petite victoire et l'encourageant. Ils firent bien attention à ce qu'il ne s'énerve pas et ne s'angoisse pas, ayant bien compris que c'était cela qui l'avait bloqué jusque là. Et grâce à tout cela et à sa volonté, Onyx commença doucement à remarcher de nouveau précairement soutenu par son père toujours présent lors de ces séances. Mais rien que le fait de voir qu'il pouvait tenir debout et faire quelques pas remonta beaucoup le moral du jeune homme.
Ses amis venaient touts les jours lui rendre visite un moment, l'amusant, le divertissant et lui changeant les idées avec efficacité. Grâce à Severus, la vie fut plus facile pour l'adolescent. Son nouveau tabac faisait merveille pour apaiser ses douleurs restantes bien qu'il ne parvienne à lutter contre les fluctuations brutales de sa magie, les crises ou les douleurs les plus fortes mais celles-ci n'étant pas constantes et s'étant faites plus rares après la stabilisation, ce fut avec bien plus de confort pour Onyx que s'écoulèrent les journées. Il resta néanmoins faible, fatiguant rapidement alors qu'il avait bien du mal à récupérer une bonne motricité, ses mouvement lourds, maladroits et imprécis mais personne ne lui reprochait ou ne relevait.
Et bien sûr, le Seigneur des ténèbres venait le voir tout les jours, prenant toujours un peu de temps pour lui. Onyx avait toujours l'air immensément heureux lorsqu'il le voyait et l'homme se faisait visiblement plus serein et plus détendu avec lui. Tous l'avaient remarqué et en particulier les Lestrange, les Black, les Malfoy et Severus qui le voyaient de leurs yeux lorsqu'il venait alors qu'ils étaient eux mêmes venus voir Onyx. Il leur arrivait souvent de dîner en famille le soir, Draco se joignant à eux avec joie. Et Bellatrix et Rodolphus se faisaient une joie d'inviter le Lord à manger avec eux lorsqu'il venait le soir, sachant que cela plaisait énormément à leur fils. Le Lord acceptait presque systématiquement, en profitant pour passer d'avantage de temps avec sa jeune âme sœur. En général l'homme n'acceptait que rarement ce genre d'invitation et seulement pour des occasions particulière, mais la présence d'Onyx changeait les choses. Et le Lord découvrit alors que cela lui faisait du bien de passer un peu de temps simplement avec eux. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été en compagnie de ses amis uniquement pour le plaisir. Lors de ses repas, s'il gardait une attitude neutre et fermée, les autres adultes adoptaient une attitude plus simple, se faisant de nouveau ami et non servant et cela lui faisait du bien. Il retrouvait une proximité qu'il n'avait pas eu depuis longtemps avec eux. Et ce changement réjouit tout le monde.
Les jours passèrent et inévitablement, la rentrée arriva. Évidemment, il était hors de question que Onyx quitte le manoir pour retourner à l'école ou que ce soit. Premièrement parce qu'il était impensable pour lui de partir, impensable pour ses parents, impensable pour sa famille et impensable pour le Lord. Deuxièmement, il n'était certainement pas en état et enfin, sa magie ne lui permettait plus de suivre une éducation ordinaire. Aussi, il restait avec ses parents au manoir, sa famille convenant que pour le moment, Onyx avait seulement besoin de repos et de calme, besoin de se remettre de ces années de calvaire pour lui. La question ne s'était d'ailleurs posée pour personne tellement la réponse était évidente, seul Onyx avait demandé avec beaucoup de peur s'il allait devoir retourner dans une école quel qu'elle soit. Tout le monde l'avait alors rassuré en lui disant qu'il restait au manoir avec eux et cela l'avait soulagé.
La rentrée inquiétait cependant le jeune homme angoissant pour ses amis retournant à Poudlard pour une nouvelle année. Tout les quatre avaient été touchés par son angoisse à leur égard. Ils lui avaient promis de lui écrire souvent. Mais chacun savait que c'était la proximité avec Dumbledore et ses comparses qui l'inquiétait. La quatuor savait bien que le vieux directeur était responsable de son état et de tout ce qu'il avait subi même si seul Draco connaissait la véritable histoire. Et ils comprenaient donc parfaitement sa peur. Ils l'avaient donc rassuré en lui annonçant qu'ils avaient chacun un portoloin de secours au cas où et cela sembla le tranquilliser un peu.
Et il y avait aussi une autre personne pour qui Onyx s'inquiétait : Severus. Et pour des raisons évidentes. L'homme était venu lui même le rassurer, ricanant en lui disant que cela faisait bien des années qu'il était espion et qu'il saurait s'en sortir. La seule chose que le maître des potions redoutait était de ne plus pouvoir veiller lui même sur la santé de l'adolescent. C'était Narcissa qui allait prendre le relais. La dame avait étudié la médicomagie plus jeune mais elle n'avait jamais eu à l'exercer. Elle avait décidé de dépoussiérer ses connaissances avec l'aide de Severus afin de pouvoir veiller sur Onyx lorsqu'il serait parti. Le maître des potions avait sévèrement mis son savoir faire à l'épreuve et elle s'y était pliée de bonne grâce, voulant être sûre qu'elle serait capable de prendre soin du jeune homme très fragile. Severus l'avait ensuite instruite plus particulièrement sur l'état de son filleul et les effets de tout ce qu'il avait subi, lui apprenant tout ce qu'elle devait savoir sur la santé de l'adolescent. Elle avait réussi avec succès et c'était donc elle qui veillerait sur Onyx à sa place. Il avait cependant promis de revenir en cas d'urgence, assurant qu'il trouverait un moyen. Et il continuerait ses recherches en plus de faire lui même les potions d'Onyx qu'il leur enverrait.
Tout avait été réglé et la rentrée arriva finalement. Ce matin là, ce fut un Onyx debout qui était là lorsque ses amis vinrent lui dire au revoir. Cela faisait maintenant une dizaine de jours qu'il s'était de nouveau tenu debout pour la première fois et il parvenait maintenant à tenir sur ses jambes un petit moment et à faire quelques pas en restant appuyé sur son père. Il en était très fier et il avait donc tenu à être debout pour dire au revoir à ses amis. Et ceux-ci furent très agréablement surpris en le trouvant debout appuyé sur Rodolphus lorsqu'ils arrivèrent. Ils n'avaient jamais vu Onyx debout et ils ne parlaient jamais de ce sujet avec lui, sachant que ses difficultés à marcher le minait beaucoup. Ils furent donc ravis de le voir ainsi, lui souriant largement. Ils le félicitèrent pour cette réussite, heureux pour lui. Puis ils se dirent au revoir, les quatre Serpentard assurant une fois encore que tout irait bien pour eux. Severus était passé un peu plus tôt pour le rassurer à sa façon une dernière fois et il ne restait donc plus que ces quatre amis. Il les pria de faire attention à eux et de lui écrire régulièrement. Ils lui promirent avant de lui demander eux aussi de faire attention à lui et de prendre son temps pour se soigner tranquillement. Il leur promit à son tour avant de les regarder partir, angoissé à leur sujet.
Tom lui avait expliqué que Dumbledore ne pouvait pas s'en prendre à eux si facilement. Il lui avait dit que les quatre Serpentard avaient suivi des cours d'occlumencie pour se protéger et qu'ils sauraient se tenir loin du directeur. Il lui avait dit qu'on leur avait donné des portoloin de secours et qu'ils portaient des talismans de protection. Il l'avait rassuré, lui expliquant que l'homme ne pourrait s'attaquer au Serpentard comme ça même si on suspectait leurs parents d'être des mangemorts. Il restait malgré tout très inquiet à leur sujet, son expérience cuisante l'empêchant de réfléchir vraiment rationnellement lorsqu'on parlait de Dumbledore et de son entourage.
Les jours continuèrent ensuite à passer tranquillement et Onyx ne fut vraiment rassuré que lorsqu'il reçut les premières lettres de ses amis. Et il ne manqua pas les remarques de Théo, Blaise et Pansy au sujet de la disparition d'Harry Potter. Draco lui en parlait aussi mais bien plus sérieusement que leurs camarades, sachant ce qu'il en était. Il lui expliquait que plusieurs rumeurs sur le sujet courraient dont trois plus importantes que les autres. On disait soit qu'il avait été capturé par le Seigneur des Ténèbres, soit qu'il s'était enfuis et se cachait, soit qu'il avait carrément trahis. Le blond lui raconta sans toutefois entrer dans les détails. Il ne lui cacha pas que les Gryffondor n'avaient pas l'air plus affecté que ça par sa disparition mais ils ne s'étendirent pas sur le sujet, Onyx préférant laisser cela loin de lui. Et dés les lettres suivantes, Onyx remarqua que le sujet de la guerre et du Survivant avait été oublié. Il ne douta pas du fait que son cousin avait dû parler aux autres pour leur dire d'éviter le sujet, prétextant certainement qu'il n'avait pas besoin de ça avec tout ce qu'il avait subi. Quoi qu'il en soit, il n'en entendit plus parler hormis par quelques allusions passagères.
Pour Onyx, les journées furent calmes. Il reprenait des forces et s'améliorait en ce qui concernait la marche. Doucement, le repos lui faisait du bien. Grâce aux efforts de Severus, il pouvait dormir tranquillement, respirer plus librement et il n'avait presque plus de problème de douleur. Les potions nutritives commençaient à lui faire du bien, guérissant progressivement ses carences. Chaque jour, il prenait un bain avec les potions thérapeutiques et sa mère prenait grand soin de le masser, réveillant doucement son corps et stimulant ses muscles. Narcissa faisait un bilan tout les matins pour s'assurer qu'il allait bien. Et à l'enthousiasme général, l'adolescent allait de mieux en mieux, retrouvant un peu plus d'énergie et de joie de vivre au fur et à mesure que les choses s'amélioraient.
Plus alerte, le jeune homme eut bientôt envie d'occuper ses journées à autre chose que simplement se reposer. Et il savait exactement ce qu'il voulait faire pour ça. Il voulait rendre ses parents fiers de lui, il voulait rendre sa famille fier de lui et il voulait devenir celui qu'il aurait dû être sans l'enlèvement de Dumbledore. Aussi, un matin où il était seul avec elle, ce fut timidement qu'il demanda à sa marraine si elle pouvait lui apprendre ce qu'il ne savait pas au sujet des sangs purs, de la noblesse, des mages noirs, de leur tradition... il voulait refaire proprement son éducation, voulant devenir un fils dont ses parents pourraient ne pas avoir trop honte. Parce qu'à ses yeux il était toujours une honte pour eux. Il voulait donc faire en sorte d'améliorer les choses.
Ce fut avec le sourire que Narcissa accepta alors qu'elle n'avait que peu de chose à faire de ses journées. Elle se mit donc à lui donner des cours et rapidement, elle conseilla au jeune homme de demander aussi à Regulus, expliquant que sous ses airs de gamin blagueur, il était un sang pur parfaitement éduqué qui connaissait des traditions dont-elle ne savait même pas l'existence et que son savoir de la noblesse, de la bienséance et de la politique était très vaste. Depuis sa pseudo mort, l'homme se faisait très discret même parmi les mangemorts, peu sachant qu'il était encore en vie. Il exécutait des missions dans l'ombre pour le Lord, s'occupant surtout de créer des contacts à l'étranger et de parler aux Lords et possibles alliés d'autres pays. Mais cela ne l'occupait que peu et comme il communiquait surtout par hiboux ou autre moyen, il passait une grande partie de ses journées à lire dans la bibliothèque du manoir. Devant rester discret, il ne sortait presque jamais mais il s'en satisfaisait, plutôt solitaire et tranquille. Mais lorsque Onyx lui demanda, poussé par sa marraine, l'homme fut ravi d'accepter, se mettant à enseigner chaque jour avec joie à l'adolescent. Et cela lui permis de commencer à se rapprocher vraiment d'Onyx alors qu'il avait du mal à y parvenir. Il était doué pour les blagues mais il n'avait pas vraiment le tact et la douceur nécessaire avec Onyx. Il ne savait pas trop comment s'y prendre avec lui et ces cours lui ouvrirent une porte pour y arriver enfin.
Ce fut avec application et assiduité que l'adolescent refit tranquillement son éducation avec Regulus et Narcissa, les priant de garder ça pour eux pour le moment. Et ils obtempérèrent. Ils avaient bien compris qu'il voulait rattraper le temps perdu et rendre ses parents fiers de lui. Ils avaient donc accepté de le garder pour eux jusqu'à ce qu'il se sente assez sûr de lui pour leur dire sans avoir peur de les décevoir. Ils savaient bien que Rodolphus et Bellatrix ne seraient pas déçus quoi que fasse leur fils mais ils voulaient laisser Onyx prendre de l'assurance lui même et se rassurer tranquillement. Et ils voulaient aussi gagner sa confiance. Les journées de l'adolescent s'additionnèrent donc de ces leçons et Regulus et Narcissa se rendirent rapidement compte qu'Onyx était très intelligent et qu'il apprenait très vite. Mais ils n'étaient pas surpris, l'ayant déjà entrevu depuis un bon moment. Narcissa lui rappela aussi qu'elle lui avait promis des cours de piano et lorsque le jeune homme continua à se montrer enthousiaste à ce sujet, elle en fit apparaître un dans un coin de la grande chambre, près des fenêtres où ils profiteraient du soleil. Et elle se mit aussi à lui enseigner cela. Les débuts furent compliqués alors qu'Onyx avaient les gestes lourds et imprécis, ses mains tremblantes sur les touches. Mais Narcissa le rassura en disant qu'avec le temps, il s'améliorerait, lui expliquant que le piano serait aussi un bon exercice pour reprendre doucement une meilleure motricité dans les bras, les mains et les doigts.
Onyx se mit donc à passer ses journées ainsi. Il étudiait avec Regulus et Narcissa, apprenait le piano, s'exerçait à marcher, se reposait et passait du temps avec sa famille et avec le Lord qui ne manquait jamais une visite. Il venait tout les jours le voir, veillant sur lui avec soin. Et tout les jours, ils discutaient longuement. Il n'y avait qu'avec l'homme qu'Onyx osait aborder le problème de la guerre et celui-ci répondait à ses questions, lui parlant des véritables causes et enjeux, il lui parlait de tout sans barrière, se faisant précis et sincère. Mais ils parlaient aussi de bien d'autres choses, abordant toute sorte de sujets. Et parfois, ils ne parlaient pas, profitant simplement de la présence de l'autre. Souvent, le Lord venait le voir le soir et il restait parfois tard à simplement le regarder dormir, s'apaisant au contact de l'adolescent.
Il fallut encore deux semaines avant qu'Onyx n'arrive à marcher vraiment pendant un moment. Il avançait lentement, largement soutenu par Rodolphus et parfois par Rabastan qui venait l'aider quand il pouvait. L'adolescent marchait chaque jour un peu plus. Il avait d'abord voyagé dans l'appartement familial. Il avait insisté pour que son père ne le porte plus, profitant des petits trajets entre sa chambre et les autres pièces pour s'exercer un peu plus. Et lorsqu'il avait gagné un peu plus d'endurance, il était allé se promener dans les couloirs. Ils restaient cependant soigneusement à l'étage réservé au premier cercle pour ne pas faire de rencontre susceptible de mettre l'adolescent mal à l'aise. Ce fut pourtant l'occasion pour lui de faire la connaissance des autres membres du premier cercle du Lord. Il rencontra le père de Théodore, l'oncle paternel de Blaise monsieur Zabini, le père de Pansy et Macnair. Tous furent très précautionneux et calmes avec lui, amicaux, tachant de ne pas lui faire peur. Et ce fut avec brio qu'Onyx se maîtrisa bien qu'il fut très tendu. Rodolphus et Rabastan qui avaient été là, le père le soutenant et le parrain à ses côtés pour prévenir une chute, l'avaient vu se tendre significativement aux approches inconnues, reculant un peu instinctivement. Ils l'avaient vu se cacher un peu derrière son père sans même s'en rendre compte et Rodolphus lui avait volontiers offert sa protection sans un mot, le rassurant. Et il fallait aussi dire que le père avait bien l'intention de protéger son enfant de tout et n'importe quoi, se postant lui même toujours devant Onyx sans faire attention quand quelqu'un l'approchait.
Ce fut pourtant en douceur qu'ils firent connaissance, l'adolescent rencontrant aussi les épouses s'il y en avait et rencontrant aussi la très connue mère de Blaise à une occasion. Et deux semaines après la rentrée, il arrivait à marcher pendant un moment même si cela le fatiguait beaucoup. Toutefois, cela lui faisait le plus grand bien au niveau moral alors qu'il commençait enfin à voir qu'il arriverait à remarcher vraiment avec du temps. La famille patienta cependant encore une semaine de plus avant de décider de faire une surprise à Onyx. Ce matin là, l'adolescent et ses parents furent rejoint par Rabastan, Regulus, Narcissa et Lucius peu après le petit déjeuner. Le jeune homme sembla ravi de les voir comme toujours et ce fut joyeusement qu'il les salua. Il avait meilleure mine maintenant. Il gardait un teint pâle mais désormais sain. Les cernes sous ses yeux s'étaient estompées, ses joues avaient repris un peu de volume, ne se faisant plus aussi creuses et embellissant un peu plus encore son visage. Ses cheveux brillaient, démontrant une meilleure santé et ses yeux se faisaient plus vivants et brillants. Cela faisait plaisir à voir. Tous vinrent s'asseoir avec eux ne manquant pas de noter que le jeune homme était toujours emmitouflé dans un épais peignoir. Il n'arrivait pas à se réchauffer, se faisant très frileux alors ses parents veillaient toujours à ce qu'il soit bien couvert, n'hésitant pas à ajouter un sort de réchauffe sur ses habits. Et c'était pour cela qu'il faisait toujours un peu plus chaud qu'ailleurs dans les appartements des Lestrange.
- Onyx, interpella sa mère près de lui, il y a une chose que l'on aimerait faire avec toi mais si tu n'en n'a pas envie, ce n'est pas grave, assura-t-elle.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda l'adolescent curieux.
- Du shopping, rigola Regulus en le surprenant.
- Nous nous sommes dit qu'aller prendre l'air te ferait du bien, continua Rodolphus. Alors on aimerait te proposer une petite sortie shopping sur une allée sorcière.
- Pas en Angleterre, ajouta Bellatrix pour le rassurer, nous irions à Moscou. Là bas, les mages noirs n'ont pas de problème et nos familles y sont connues alors nous pouvons nous y promener sans problème en toute liberté. Nous avons eu cette idée maintenant que tu arrives à marcher un peu mais si tu n'as pas envie, on reste à la maison, dit-elle tranquillement.
- Tout le monde vient ? Demanda timidement l'adolescent en les balayant du regard.
- Oui, nous allons tous ensemble et on reste toujours avec toi, répondit Rodolphus en ayant bien saisit l'appréhension de son fils.
Celui-ci réfléchit encore un instant avant de finalement acquiescer à la proposition avec un léger sourire. Cela le rendait nerveux alors qu'il n'avait jamais quitté la sécurité du manoir depuis son arrivée mais sortir avec sa famille, comme le faisait une famille normale, lui faisait bien envie. Il approuva donc, rassuré de savoir qu'ils venaient tous avec lui. Et bien que cela avait été prévu dés le début, cela avait été la condition du Seigneur des Ténèbres pour autoriser cela. L'homme n'avait pas été très enjoué à l'idée de voir sa jeune âme sœur sortir de son manoir mais savoir que près de la moitié de son premier cercle l'accompagnerait l'avait rassuré. Et puis Moscou était sûre pour eux. La Russie était l'un des seul pays de leur côté dans leurs idées alors autant en profiter un peu. Ce fut donc avec joie que Bellatrix et sa sœur annoncèrent qu'elles allaient habiller le jeune homme pour la sortie. Rodolphus aida alors son fils à marcher jusqu'à sa chambre, l'asseyant dans un fauteuil et le laissant aux soins de ces dames. Enjouées, elles firent mettre un pantalon de costume noir à l'adolescent, le maintenant d'une ceinture à la boucle d'argent. Elles lui firent passer une chemise de soie couleur saphir, couverte ensuite d'un gilet ajusté. Elles le chaussèrent de souliers de cuir et terminèrent par une ample robe sorcière de velours saphir aux reflets argentés fermée de d'une fine chaînette sur le devant. Bellatrix s'occupa ensuite de démêler ses longs cheveux, les tressant ensuite en une coiffure complexe et traditionnelle qui fit sourire Narcissa. Il s'agissait d'un enchevêtrement de tresses fines ou épaisses de diverses formes, la blonde y reconnaissant une ancienne coiffure traditionnelle que portaient les héritiers de grandes familles. Ce qu'était Onyx puisqu'il hériterait des Lestrange un jour.
Une fois le jeune homme prêt, Rodolphus fut rappelé et il sourit largement devant l'allure noble de son fils. Il le trouvait magnifique ainsi et il en était très fier. Il lui fit d'ailleurs remarqué et Onyx sourit largement à son compliment. Il en reçut d'ailleurs d'autres en regagnant le salon pour trouver le reste de la famille et il en fut visiblement touché. Tous se regroupèrent alors, prêt à partir en transplanant. Auparavant, ils s'étaient assuré qu'Onyx supporterait le transplanage d'escorte et Severus avait assuré que cela irait si le transplanage était correctement effectué par un sorcier expérimenté en la matière. Rodolphus n'accepta donc pas de céder cette responsabilité à quiconque, protecteur. Il demanda à son fils de prendre sa main tout en passant son bras autour le lui pour le maintenir fermement et ce fut sans hésiter que le jeune homme se cala contre lui. Un dernier regard pour vérifier que tout le monde était prêt et ils transplanaient tous direction Moscou et son allée sorcière. Et la première chose que fit Rodolphus en réapparaissant fut de vérifier que son fils avait bien supporté la chose. Onyx tanguait un peu sur ses pieds et il resserra son étreinte autour de lui :
- Est-ce que ça va mon ange ? Demanda le père inquiet.
- Oui, répondit l'adolescent, j'ai juste la tête qui tourne un peu. Ça va passer, dit-il doucement.
Aussitôt qu'elle apparut, Narcissa fut à ses côtés, vérifiant qu'il allait bien alors que tout les adultes s'étaient regroupés autour deux, s'assurant que l'adolescent avait supporté le voyage. Et ils furent tous rassurés en le voyant reprendre rapidement pied, le léger malaise passé. Et en sentant le vent très frais de Russie, Bellatrix s'empressa de faire apparaître une belle cape noire à laquelle elle jeta un sort de réchauffe, s'empressant de la passer à son fils qui la remercia. Une fois sûr qu'il allait bien, ils le laissèrent regarder autour de lui, s'écartant un peu. Ils étaient apparut sur une petite place pavée circulaire surplombée de hautes maisons sombres. Les rambarde des balcons étaient sculptées et les linteaux soigneusement décorés dans un style qu'Onyx n'avait jamais vu et qu'il attribua aux Russes. L'endroit était abrité et désert, une petite ruelle semblant donner sur une allée plus grande juste devant eux.
- On y va ? Invita Bellatrix en souriant à son fils qui avait l'air anxieux.
Il lui sourit pourtant en réponse, acquiesçant d'un signe de tête. Rodophus s'assura qu'il profitait bien de son appuis, se tenant contre lui et lui ayant fait prendre son bras. Bellatrix se tint de l'autre côté de son fils et le petit groupe se mit tranquillement en route, se calant sur le rythme du jeune homme. Narcissa prit élégamment le bras de son mari, ravie par cette promenade en famille et avec son époux qu'elle n'avait que peu pour elle. Et cela semblait aussi plaire à Lucius qui ne s'arrêtait que rarement de travailler. Regulus, couvert d'un glamour pour l'occasion, et Rabastan marchaient l'un près de l'autre et tous gardaient un œil sur l'adolescent soigneusement placé au milieu du groupe. Chacun fut fier en le regardant. Onyx se tenait très droit et fier, la tête haute et le visage neutre. Il avait vraiment belle allure ainsi et il était très beau, l'air noble. Et c'était avec fierté que ses parents le regardaient. Narcissa et Regulus échangèrent un regard complice alors qu'ils voyaient là les effets de leurs leçons sur l'adolescent qui s'appliquait visiblement à les mettre en œuvre. Onyx avait beaucoup insisté pour savoir comment il devait se tenir et il avait insisté pour revoir ses manières, voulant faire honneur à ses parents. Et il avait parfaitement retenu ce qu'ils lui avaient dit, se tenant parfaitement comme il se devait. Il prenait appuis sur Rodolphus qui maintenait son équilibre mais cela était discret. Il prenait soin de marcher correctement, sa démarche lente et calculée pour ne pas trébucher se faisant alors presque féline sans qu'il ne s'en aperçoive, envoûtante par sa lenteur et sa douceur. Il était très élégant ainsi et ses parents eurent l'air absolument ravis en l'observant, fier.
Ils s'engagèrent dans la ruelle pour bientôt déboucher dans une allée plus large et beaucoup plus animée. Le sol était pavé là aussi, la route piétonne bordée de hautes et larges maisons de bois collées les unes aux autres. Les balcons avaient des rambardes sculptée, les façades étaient décorées et colorée dans la tradition russe. Au loin, on voyait une sorte de petit palais aux tours couronnées de sorte de poires tel les palais d'ici, la structure couverte de mosaïque d'or. Bella expliqua à son fils qu'il s'agissait du Gringotts de la ville. Le rez de chaussé des maisons était occupé par de nombreuses boutiques diverses et variées s'étalant un peu à l'extérieur pour certaines. Il y avait beaucoup d'animation, de monde, de bruits et d'odeurs. Et cela sembla faire peur à l'adolescent. Bien qu'il garda une expression maîtrisée, il se tendit significativement, un tremblement le parcourant un instant. Il se crispa et raffermit sa prise sur le bras de son père, reculant légèrement comme pour se cacher légèrement derrière lui. Tous le remarquèrent et le comprirent. Ça ne devait pas être facile pour lui alors qu'il avait encore bien du mal avec les présences étrangères et là, il y avait beaucoup de monde. Bellatrix passa immédiatement une main rassurante dans son dos, se rapprochant de lui pour le rassurer. Rodolphus posa sa main libre sur les siennes, Rabastan se dressant dans son dos en une sentinelle rassurante. Tous l'entourèrent d'un peu plus près et cela sembla le détendre un peu, leur prouvant sa confiance en eux. Son père lui assura que tout irait bien et qu'ils veillaient sur lui puis ils se remirent tranquillement en route, détendus. Ils commencèrent par se balader, Onyx se détendant doucement entouré de sa famille, se sentant en sécurité avec eux. Et il commença bientôt à regarder un peu plus autour de lui, appuyé sur son père dont-il se tenait très proche.
Leur premier arrêt fut pour une boutique de vêtement luxueux. Depuis son arrivée, Onyx n'avait pas encore eu de vêtements à lui. Narcissa était allée acheter quelques pyjamas confortables pour sa convalescence, des sous vêtements et des peignoirs mais cela avait été fait à la va vite pour parer au plus pressé. Et aujourd'hui, c'était dans la garde robe de Draco qu'on avait pioché, ajustant les habits à sa taille d'un sort. Pour ses parents, il était temps qu'il ait son propre dressing et ce fut donc par là qu'ils commencèrent. Ils entrèrent, vite abordés par un duo de vendeur, une femme et un homme. Onyx supposa qu'ils devaient les connaître un minimum puisqu'ils leur parlèrent immédiatement en anglais, leurs voix teintées d'un fort accent russe. Leurs noms furent également cité sans présentations alors qu'ils avaient l'air ravis de les voir. Ils s'adressèrent toute de suite à Narcissa et Bellatrix, leur demandant ce qu'ils pouvaient faire pour eux. Ce fut avec fierté que Bella présenta tout d'abord son fils, surprenant très visiblement les deux vendeurs qui se reprirent pourtant bien vite. Elle leur annonça alors qu'ils étaient là pour faire une garde robe complète à l'adolescent et il ne fallut pas longtemps pour qu'ils s'activent.
La dame refusa que l'on prenne les mesures de son fils, ne voulant pas qu'un étranger lance un sort sur son fils et Narcissa donna ses tailles qu'elle avait elle même prise pour les premiers vêtements qu'elle avait acheté. On imposa pas non plus les essayages épuisant au jeune homme, ne voulant pas non plus voir de sorts d'habillements si près de lui. Il fut plutôt assis dans un confortable fauteuil, encadré de son père, de son parrain et de Lucius tandis que les deux dames et Regulus s'affairaient avec les deux vendeurs, discutant, choisissant et lui montrant de multiples tenues, lui demandant son avis. Mais rapidement, Onyx ne sut plus où donner de la tête, n'ayant jamais vraiment fait attention à son style vestimentaire. Il y avait tellement de vêtements qu'il ne savait plus du tout où on en était et il laissa rapidement le soin aux trois Black de choisir pour lui. Rapidement, il vit apparaître un long porte vêtements sur lequel semblait se retrouver ce qui plaisait au trio. Il y eut rapidement une montagne de vêtements et il en fut un peu déconcerté.
- Comment ils vont faire pour choisir dans tout ça ? Demanda-t-il à son père près de lui qui regardait avec patience.
- Ils ne vont pas choisir dans tout ça, s'amusa Rodolphus, ils vont acheter tout ça, expliqua-t-il.
- Quoi ? Mais je n'ai pas besoin d'autant de vêtement, intervint Onyx l'air très gêné et un peu paniqué. Deux trois tenues suffiraient largement. Je...
- Onyx, détend toi, intima doucement son père. Nous sommes ravis de pouvoir enfin t'offrir tout ça, dit-il en ayant bien deviné ce qui le dérangeait vraiment.
- Mais ça va coûter une fortune, remarqua l'adolescent.
- Et nous en avons plus que les moyens, tranquillisa l'adulte. Tu mérites d'avoir tout ça mon cœur et nous pouvons enfin te donner tout ce que nous avons toujours voulu t'offrir. Ne t'en fait pas, ça nous fait vraiment plaisir et tu as besoin de vêtements.
- Et s'il y a bien une chose que j'ai apprise de mes années de mariage avec Narcissa, intervint doucement Lucius qui avait suivi l'échange comme Rabastan, c'est qu'il ne faut pas se mettre en travers de la route d'un Black qui a décidé de t'habiller, s'amusa-t-il. Narcissa est comme ça, Bella et Regulus aussi et Draco leur à emboîté le pas, soupira-t-il. Ça doit être dans le sang.
- Onyx risque de devenir comme ça aussi alors, s'amusa le parrain.
- Je n'arriverais jamais à m'y retrouver dans tout ça, remarqua le jeune homme en regardant les vêtements volant devant eux.
- Tu peux les laisser faire pour ça, répondit Rodolphus en désignant le trio, ils ont bon goût et un bon sens de la mode et de l'élégance. Ne t'inquiète pas Onyx, ce n'est pas un problème, rassura-t-il une fois de plus en le voyant encore très anxieux.
- Laisse nous te gâter un peu, demanda Rabastan, c'est pour ça qu'on voulait t'emmener ici. Alors profites en, ça nous fait plaisir. Et c'est pour toutes les années qu'on a raté, dit-il en passant une main rassurante dans son dos.
Il y eut un moment de silence alors que le jeune homme se triturait les doigts l'air embarrassé, mais il sourit finalement légèrement, l'air de s'être un peu convaincu qu'il avait le droit d'accepter tout ça.
- Merci, dit-il finalement en regardant son père qui lui sourit largement.
- De rien mon fils, répondit-il en le faisant sourire un peu plus.
Ce fut ensuite un peu plus tranquillement qu'ils regardèrent le trio constituer la garde robe du jeune homme. Il y avait toute sorte de vêtements pour toutes les occasions, grandes ou quotidiennes. Mais tous étaient d'excellente qualité, dans des matières nobles. On vit aussi passer chaussures et ceintures suivis d'une ribambelle d'accessoires de toute sorte. Rodolphus, Rabastan et Lucius s'appliquèrent à détendre le jeune homme qui semblait extrêmement gêné et embarrassé. Et Onyx préféra finalement porter son regard ailleurs pour essayer de ne plus penser à l'immense cadeau que ses parents s'apprêtaient à lui faire et qu'il ne pensait pas mériter. Il observa le reste de la boutique et ses yeux s'arrêtèrent sur une robe qui attira son attention. Elle était posée sur un mannequin. D'un magnifique bleu saphir foncé mêlé de noir, elle était faîte pour sculpter le corps d'une femme. Elle avait un très beau corsage de soie et de dentelle à motif floral. Le cou et la poitrine étaient dégagés, mis en valeur par un beau décolleté carré. Les manches épousaient les bras, de dentelles elles aussi. Et la jupe fluide un peu plissée à la taille tombait le long des jambes jusqu'aux chevilles. Elle était assez simple mais très belle aux yeux du jeune homme.
- Maman serait magnifique dans cette robe, remarqua-t-il tout bas.
Les trois hommes autour de lui l'avaient pourtant bien entendu, dirigeant le regard dans la même direction que lui pour voir de quelle robe il parlait.
- Et bien oui, il a aussi le sens de la mode des Black, remarqua Lucius en avisant la belle tenue.
- Ça fait longtemps que l'on n'a pas vu Bella dans une autre couleur que du noir, remarqua Rabastan.
- C'est vrai qu'elle lui irait très bien, approuva Rodolphus en souriant légèrement. Aimerais-tu qu'on lui achète en cachette pour lui offrir tout à l'heure ? Demanda-t-il d'un air conspirateur.
Et il n'eut pas besoin de réponse pour comprendre que l'idée plaisait à son fils lorsqu'il se tourna vers lui avec un immense sourire. Il lui fit alors un clin d'œil, profitant du fait que sa femme était très occupée avec la garde robe de leur fils. Il se leva, laissant l'adolescent à son parrain et son oncle pour gagner le comptoir où un autre vendeur travaillait en silence avec discrétion. Il le rejoignit sous le regard de son fils, désignant la robe d'un geste et échangeant quelques paroles basses avec son interlocuteur. L'homme approuva d'un signe de tête et quelques instants plus tard, il remettait un beau paquet soigneusement emballé à Rodolphus qui le rétrécit et le rangea bien vite, jetant un coup d'œil à sa femme en grande discussion avec son cousin et sa sœur. Il paya ensuite discrètement pour revenir vers son fils, ni vu ni connu.
- On lui offrira tout à l'heure en rentrant, lui dit-il avec un sourire complice.
Onyx sourit lui aussi de toute ses dents, l'air très heureux à cette idée et il remercia son père une fois encore. Il ne fallut plus très longtemps pour que les trois Black soient satisfaits et ils revinrent alors vers Onyx assis dans son fauteuil, laissant les vendeurs emballer ce qu'ils avaient choisis.
- Ce n'est qu'un début mais on va commencer avec ça, sourit la mère en s'abaissant près de lui.
- Un début ? Releva Onyx éberlué. Mais il y a déjà plus de vêtements que je n'en n'ai jamais vu. Vous n'avez pas besoin d'acheter tout ça pour moi, dit-il en jetant un coup d'œil à son père.
- Moi j'estime que tu en as besoin, contra doucement la mère en lui souriant. Ne t'en fait pas pour cela mon ange. Ça me fait tellement plaisir de t'offrir tout ça et comme ça, tu auras toujours le choix pour t'habiller et tu auras tes propres vêtements, remarqua-t-elle alors qu'elle avait bien noté qu'il n'en n'avait jamais beaucoup eu dans sa vie. Ne t'inquiète pas mon bébé, dit-elle avec douceur en prenant ses mains pour qu'il cesse de se triturer les doigts d'angoisse, tout vas bien d'accord ?
Il acquiesça finalement, se détendant face à son sourire. Rodolphus se chargea d'aller payer, réduisant les nombreux paquets pour les ranger ensuite. Le personnel de la boutique leur souhaita une bonne journée, souhaitant de vite les revoir avec de grands sourires. Et au vu de tout ce qu'ils avaient acheté, Onyx n'en fut pas étonné. Le jeune homme retrouva l'appuie de son père qui l'aida à se lever et ils partirent tranquillement, les adultes entourant le jeune homme. Ils retrouvèrent la rue et Onyx se tendit de nouveau, vite rassuré par la présence de sa famille. Leur arrêt suivant fut une vaste librairie qui attisa visiblement l'intérêt de l'adolescent. Mais après la boutique de vêtement, il n'osa rien demander même poussé par les adultes. Il semblait très gêné et embarrassé, anxieux et pas une fois il ne montra quels livres l'intéressaient. Répétant qu'il ne voulait d'aucun d'entre eux bien que l'envie brille dans son regard. Il persista pourtant et voyant que cela le mettait très mal à l'aise, les adultes laissèrent tomber pour le moment et ils ressortirent sans rien acheter. Il en fut ainsi dans plusieurs des boutiques suivantes, Onyx se faisant plus silencieux et tendu. Il s'accrochait d'ailleurs un peu plus à Rodolphus comme s'il avait peur qu'il le laisse là, pensant sans doute qu'il les dérangeait.
D'un accord tacite, les adultes décidèrent de s'arrêter dans un restaurant pour manger et laisser Onyx se reposer un peu. Ils choisirent une table à l'écart et abritée des regards, les parents encadrant leur fils sur une baquette arrondie. L'adolescent était tendu, le regard bas et la mâchoire crispée. Bellatrix passa un bras autour de lui, pour l'attirer contre elle et elle déposa un long baiser doux sur sa tempe, le détendant enfin un peu. Elle posa une main sur les siennes, caressant son visage de l'autre. Elle lui fit d'ailleurs tourner vers elle, lui souriant doucement lorsqu'il la regarda.
- Je t'aime mon bébé, murmura-t-elle tendrement.
Et cela figea une seconde l'adolescent avant de le détendre vraiment. Il sourit à sa mère et se pencha vers elle, quémandant une étreinte qui lui fut aussitôt offerte sous les regards attendris de tous. Bella l'entoura d'un bras, posant sa main libre sur ses cheveux et collant sa joue à sa tête.
- Je sais que tu n'es pas habitué à tout ça mon ange, dit-elle doucement. Mais tu ne dois pas te sentir mal parce que l'on a envie de te faire des cadeaux. Tu les mérites Onyx. Il n'y a aucune raison d'avoir peur. Ne t'inquiète pas et laisse nous nous occuper de toi mon chéri. N'ai pas peur de nous et n'ai pas peur de dire ce dont tu as envie, dit-elle tranquillement.
- Je... je ne sais pas, bredouilla-t-il en se tassant contre elle.
- Ça viendra, ne t'en fait pas, rassura-t-elle. Mais n'ai pas peur d'accepter un cadeau.
- Je ne le mérite pas, murmura-t-il pourtant entendu par tous. Je ne fais que vous causer des problème, dit-il tristement en les attristant tous.
- Onyx, appela doucement Bella en resserrant son étreinte autour de lui, tu ne nous causes pas de problème mon bébé, assura-t-elle alors qu'elle lui avait déjà dit de nombreuses fois. Comment ce que nous avons de plus précieux au monde pourrait être un problème ? Demanda-t-elle. Tu es ce que nous avons de plus beau et tu es ce que ton père et moi aimons le plus au monde, dit-elle en le détendant visiblement. Et si tu mérites ce que l'on veut t'offrir, ne serait-ce que parce que tu me fais le bonheur d'être mon fils, dit-elle en le faisant sourire et en souriant elle même. Tu le mérites parce que tu es fort et admirable, que tu te bats tout les jours. Tu as le droit à tout ça et nous te l'aurions offert depuis longtemps si nous avions pu. Et puis égoïstement, ça nous fait plaisir à nous aussi de te gâter. Alors n'ai pas peur mon cœur et ton père te l'a dit : l'argent n'est pas un problème pour nous. Il ne faut pas t'angoisser de la sorte pour si peu. Tout vas bien, d'accord ?
Il acquiesça contre elle, visiblement soulagé et elle le garda encore un moment dans ses bras, Rodolphus passant une main dans le dos de son fils en d'apaisantes caresses. Le jeune homme sortit finalement de l'étreinte de sa mère et personne ne fit de remarque, le laissant se détendre un peu. Ayant prévu la chose, le père fit apparaître la kiseru et le tabac de son fils, lui faisant fumer une dose pour sa respiration et une autre pour la douleur, sachant que marcher la faisait revenir plus vite. Et le temps qu'il fume, on avait pris leurs commandes et servis les entrées. Ce fut dans le calme qu'ils mangèrent, discutant légèrement de choses et d'autres, laissant Onyx se remettre de ses émotions, calé entre ses parents. Ils prirent leur temps pour que l'adolescent puisse manger à son rythme alors qu'il avait encore un appétit d'oiseau puis ils repartirent finalement.
D'un commun accord, ils décidèrent de ne faire encore que trois boutiques où ils voulaient impérativement aller avant de rentrer, Onyx commençant à sévèrement fatiguer. Ils allèrent d'abord vers une boutique où ils achetèrent une belle canne pour Onyx qui l'avait timidement réclamé quelques jours auparavant, expliquant qu'il aimerait essayer de marcher seul. Ils en achetèrent donc une, Lucius aidant alors qu'il avait l'habitude de ces objets. Et ce fut sur une belle canne de bois laqué noir au pommeau d'argent ciselé qu'ils s'orientèrent. Une fois l'achat fait, ils allèrent vers la boutique suivante. Ce fut un endroit vaste plein d'objets en tout genre que découvrit Onyx. D'après ce qu'il voyait, il ne s'agissait que d'objets insolites ou rares mais il n'en n'était pas certain, n'en connaissant pas la majeure partie. Il y avait un grand comptoir et derrière celui-ci se tenait un homme d'âge mur élégamment habillé. Il avait les cheveux châtains, il était grand et mince et un monocle ouvragé trônait sur son visage triangulaire. Il sourit largement en les voyant entrer, les saluant tous de leurs noms respectifs avec respect. Mais il ne vit pas tout de suite l'adolescent caché derrière Lucius et toujours au bras de son père.
- Et bien mesdames et messieurs, que puis je pour vous aujourd'hui ? Demanda-t-il d'une voix chargée de son accent slave.
- Nous sommes venus acheter une baguette monsieur Klotckoff, annonça Bellatrix impérieuse.
- Je suppose que vous recherchez une baguette bien précise pour venir la chercher ici. Il n'y en a pas beaucoup dans cette boutique, remarqua le commerçant intrigué.
- Nous recherchons en effet une baguette bien précise, approuva Rabastan alors qu'Onyx écoutait très intrigué. D'après nos renseignement, vous êtes encore l'un des derniers à en avoir, dit-il en attisant un peu plus la curiosité de l'homme. Nous sommes venus acheter une baguette de cristal, annonça-t-il.
L'homme se redressa l'air concentré, tenant son monocle entre deux doigts et les observant un à un très attentivement. Il reprit ensuite la parole avec sérieux :
- Les baguettes de cristal sont rares et réservées exclusivement à un type très particulier de sorcier. Je ne peux vous en vendre une ainsi même si vous me proposez de gros prix, dit-il comme s'il avait déjà eu le cas. Ces baguettes sont pour des gens qui en ont vraiment besoin et je les garderais pour ces personnes exclusivement.
- Nous ne vous demandons pas cette baguette pour nous mon cher, corrigea Lucius. Mais pour ce jeune homme, dit-il en s'écartant pour laisser voir Onyx derrière lui.
L'adolescent afficha une mine surprise, jetant un coup d'œil interrogatif au blond avant de regarder son père près de lui. Une baguette pour lui ? Mais il ne pouvait plus utiliser de baguette et il ne s'était même pas encore risqué à penser à la magie, terrorisé à l'idée de ne pas arriver à en refaire un jour. Alors une baguette ? Il se demandait ce que voulait faire sa famille, interloqué. Rodolphus lui adressa un regard confiant, lui désignant le commerçant d'un signe de tête. Onyx reporta alors son attention sur lui, sursautant un peu en voyant qu'il avait posé un regard perçant sur lui, semblant l'étudier. Il tenait son monocle de deux doigts et lorsqu'il vit l'objet reluire étrangement, l'adolescent comprit qu'il était magique. Remarquant que personne n'était alerté par l'examen de l'homme, il se laissa faire, se rapprochant tout de même subtilement de son père qui passa un bras dans son dos pour lui assurer sa présence et son soutient. Cela dura un instant dans le silence et le commerçant se redressa finalement, le regard triste.
- Je suis désolé de ce qu'il vous est arrivé mon enfant, dit-il avec une réelle compassion. Vous devez être extrêmement courageux et fort pour avoir résister à pareille épreuve à votre âge. Je vois que cela est encore très récent. Cela ne doit pas être facile pour vous. Venez, invita-t-il doucement, nous allons essayer de vous trouver l'outil idéal pour vous permettre d'appréhender de nouveau votre magie.
Hésitant mais très curieux, Onyx se laissa pousser vers le comptoir par ses parents, le reste de la famille se postant autour d'eux. En voyant que l'adolescent s'appuyait sur son père, l'homme fit apparaître un confortable fauteuil pour lui, abaissant une partie du comptoir pour le mettre à hauteur et s'asseyant face à lui. Rodolphus assis son fils qui remercia timidement le commerçant. Celui-ci ferma la boutique d'un coup de baguette, fermant les stores pour visiblement être tranquille. Voyant son fils anxieux, Bellatrix vint s'asseoir sur l'accoudoir de son siège, Rodolphus posant une main sur son épaule et cela le rassura visiblement.
- Puis-je savoir qui est ce jeune homme ? Demanda l'homme en regardant les Lestrange.
- Je vous présente mon fils, Onyx Lestrange, présenta Rodolphus avec fierté. Onyx, voici Alexandre Klotckoff qui est un excellent commerçant ici à Moscou.
- Enchanté, répondit Onyx avec un élégant signe de tête sobre.
- Enchanté moi aussi, enchaîna l'homme visiblement très surpris. J'ignorais que vous aviez eu un fils, remarqua-t-il en regardant Rodolphus. J'en suis très heureux pour vous, dit-il en regardant le couple qui le remercia d'un simple signe de tête.
D'un coup de baguette, l'homme fit venir plusieurs coffrets à baguette. Tous étaient très ouvragés, de bois laqué de diverses nuances. Il y en avait six en tout.
- Les baguettes de cristal sont des baguettes très spéciales, expliqua Alexandre en regardant Onyx. Elles ont été crée spécialement pour les sorciers à la magie brisée et ne peuvent être utilisées que par une seule et unique personne. Il y en avait vingt et une à la base, fabriquées par un créateur de baguette qui à lui même traversé cette épreuve et qui a cherché un moyen d'utiliser sa magie quand même. Il a alors créé ces baguettes, raconta-t-il. Lorsqu'une magie est brisée, elle ne répond plus du tout de la même manière. Elle explose constamment en vous, instable et sauvage. Une baguette ordinaire va capter la magie du sorcier, l'amplifier, la canaliser et la modeler pour produire le sort. Je ne connais que les généralités mais ces baguettes de cristal fonctionnent autrement. Une magie brisée explose et à tendance à s'emballer quand on la sollicite. Alors cette baguette n'amplifie pas la magie au contraire, elle va en absorber le surplus pour la calmer. Il y a deux manières d'utiliser ses baguette : avec sa magie comme on le ferait ordinairement, et avec la magie qu'elle emmagasine. Votre magie brisée explose continuellement en vous et c'est pour ça que vous perdez beaucoup de magie et d'énergie qui s'évapore simplement en s'échappant de votre corps. Plaquée contre votre peau, la baguette de cristal absorbe une partie de cette magie perdue et la stocke pour que vous puissiez vous en servir plus tard sans que vous n'ayez à solliciter votre pouvoir.
Concentré, Onyx écoutait attentivement, l'idée que l'une de ces baguettes puisse l'aider à refaire de la magie faisant grandir un espoir fou en lui. Et autour de lui, tous en faisaient de même attentifs pour tenter de comprendre comment pouvait fonctionner la magie du jeune homme, espérant pouvoir peut-être l'aider plus tard. Ils avaient programmé cette sortie d'abord et avant tout pour pouvoir venir ici chercher l'une de ces baguettes, sachant que le commerçant était l'un des seuls à en avoir. Ollivander et Gregorovitch en avaient aussi mais il aurait été très imprudent d'aller chez le premier tandis que le deuxième n'en n'avait que deux en magasin. Ils avaient donc bien plus de chance d'en trouver une pour Onyx ici. La magie était le seul sujet qui n'avait pas du tout évolué pour Onyx et tous savaient que c'était là ce qui le déprimait le plus dans tout ceci : la destruction de sa magie. Ils voulaient donc tenter de commencer à l'aider à appréhender de nouveau son pouvoir mais pour cela, il avait besoin d'un outil capable de l'aider. Ils avaient donc cherché et découverts ces baguettes et les derniers commerçants susceptibles d'en avoir.
- Ces baguettes ne sont faites que de cristal, de pierres précieuses ou fines ou de minéraux et métaux à propriétés magiques, expliqua le commerçant. Car ce sont là les seuls matériaux capables d'encaisser les chocs d'explosion de votre magie et de la stocker. Il n'y a pas de cœur magique comme dans d'autres baguettes puisqu'il n'y a pas besoin d'amplifier la magie. Il y a cependant dans chacune d'entre elle une pierre magique très puissante capable de réguler votre magie. Dans ce cas, la baguette ne choisit pas son sorcier, c'est votre magie qui va choisir. Elle choisira la baguette qui peu s'allier avec elle pour que tout ceci fonctionne. Malheureusement, il n'y a pas de garantie que l'une de ces baguettes vous convienne ou même qu'une autre baguette de cristal vous convienne. Les matériaux qui composent ces baguettes ne peuvent correspondre qu'à une seule magie en fonction de leur composition alors il vous faut de la chance, dit-il doucement. Mais non allons essayer, poussa-t-il la voix encourageante. Ces coffrets sont fait spécialement pour analyser votre magie dans son état actuel et déterminer si elle convient à la baguette qu'elle contient. Si c'est le cas, le coffret s'ouvrira. Je n'ai moi même jamais vu les baguettes qui s'y trouvent. Vous n'avez qu'à poser votre main dessus et attendre un peu, expliqua-t-il.
Onyx hésita, tendu et il regarda tour à tour ses parents qui lui sourirent avec confiance. Sa mère prit sa main gauche, son père posant sa main sur son épaule pour le soutenir. Cela représentait tellement et personne ne doutait du fait que l'adolescent avait beaucoup d'espoir devant ces baguettes. Mais il devait aussi être terrorisé à l'idée qu'aucune ne lui réponde. Si cela arriverait, il se sentirait certainement honteux et il penserait sûrement décevoir ses parents. Mais si ça marchait, ça l'aiderait beaucoup. Rabastan vint s'appuyer sur le dossier du fauteuil de son filleul, posant sa grande main sur sa tête pour marquer sa présence. Et toutes ces marques de soutient semblèrent l'encourager un peu. Il avança alors sa main et tous remarquèrent qu'il tremblait un peu, le comprenant. Il posa sa main sur un premier coffret de bois clair assez long. Les décorations dorés s'illuminèrent un moment et Onyx retint son souffle, plein d'espoir. Mais finalement, la lumière s'éteignit sans que la boîte ne s'ouvre. L'adolescent se tendit horriblement, reprenant sa main tremblante.
- Essaye encore Onyx, poussa doucement son père avec calme en serrant doucement son épaule.
Le jeune homme serra la main de sa mère et avança sa main vers le deuxième coffret sous l'attention de tous. Et une seconde fois, il ne se produit rien. Ce fut également le cas avec le troisième et le quatrième coffret. Ce fut terriblement tendu que l'adolescent recula sa main, tremblant un peu.
- Calme toi Onyx, pria doucement Rabastan en caressant sa tête.
- Inutile de te mettre dans un état pareil, appuya sa mère en caressant sa main. Il existe encore d'autres baguettes de cristal et si aucune ne te convient, on trouvera un autre moyen. Alors détend toi, tout vas bien, assura-t-elle.
Narcissa vint se poster près de Rabastan, posant une main délicate sur l'épaule encore libre de son filleul. Lucius et Regulus se rapprochèrent un peu, offrant de légers sourires calmes à l'adolescent pour essayer de le tranquilliser. Déglutissant, Onyx avança alors sa main vers le cinquième coffret, Alexandre attendant sans faire de remarque, s'effaçant alors qu'il respectait visiblement la difficulté du moment pour le jeune homme. Il posa sa main fine sur le cinquième coffret. Il était long d'environ une cinquantaine de centimètres, noir et de bois laqué. Il était orné d'un motif en arabesque fin et élégant. Celui-ci s'illumina lorsqu'il y posa ses doigts tremblants. Il ferma les yeux en serrant les dents, extrêmement tendu. Il sursauta brusquement quand un petit clic se fit entendre. Le silence planait autour de lui et il entendit soudain la voix de sa mère.
- Ouvre les yeux Onyx, pria-t-elle la voix joyeuse. C'est ta baguette, c'est toi qui doit la voir en premier.
Se demandant ce qu'elle voulait dire, il releva les paupières et il découvrit alors que le coffret s'était entrouvert sous sa main. Il le fixa, figé de stupeur. Le coffret noir s'était ouvert et il eut bien du mal à réaliser ce que cela voulait dire.
- Elle est à vous maintenant, sourit Klotckoff en le réveillant. Prenez là, poussa-t-il.
Souriant légèrement, Onyx prit révérencieusement le long coffret pour le déposer sur ses genoux. Tous observant curieux de découvrir la baguette. Lentement, il releva le couvercle, émerveillé par l'objet qu'il y trouva. La baguette était plus longue que la normale, mesurant environ quarante cinq centimètres. Elle était fine, sa poignée torsadée d'un noir profond, semblant fait d'onyx nervé de saphir et de gris sombre. Le sillon de la torsade était emplie d'un fil d'argent brillant comme un miroir descendant pour former une cage à l'extrémité de la baguette. Et dans cette cage d'argent, il y avait un beau saphir taillé en cabochon lisse. Il était d'un magnifique bleu foncé aux reflets d'argent. Le corps de la baguette lui, s'affinait vers sa pointe et elle semblait avoir été plongé dans un sceau de petites pierres précieuses la couvrant complètement sans placement logique. Il y avait des dizaines ou des centaines de minuscules pierres précieuses parsemant le corps de cristal de la baguette. En regardant de près on s'apercevait que chacune d'entre elle était soigneusement taillée et chacune d'entre elle brillait très légèrement. Certaines étaient noires, d'autres d'un gris anthracite et d'autres encore prenaient des nuances de saphirs. L'objet était splendide et à l'admiration générale, le saphir qui en ornait la poignée avait l'exacte couleur des yeux d'Onyx.
- Elle est splendide, murmura l'adolescent fasciné.
Il leva sa main et l'avança vers l'objet qui brillait un peu plus à son approche. Lorsqu'il posa ses doigts sur elle, elle brilla plus fort. Lorsque la lumière s'éteignit, la baguette avait disparu et l'adolescent avait une très belle chevalière en argent où était monté un saphir presque identique à celui de la baguette mais cette fois plus petit. Elle était simple mais finement ciselé, magnifique ainsi passé à son majeur droit. Tous restèrent sans voix devant cela. Toute l'attention d'Onyx était tournée vers cette bague, la sentant agréablement tiède contre sa peau. Il fut surpris par l'effet presque apaisant que l'objet avait sur lui. C'était très agréable alors qu'il sentait comme une douce onde de calme provenir de la chevalière. Il voulut revoir la baguette et le bijou se changea instantanément, l'outil réapparaissant dans sa main.
- Elle est géniale, bredouilla-t-il fasciné alors qu'il l'effleurait de sa main libre.
Autour de lui, tous l'observaient en souriant, très heureux et soulagés de lui avoir trouvé une baguette qui lui convenait. Et le sourire sur le visage de l'adolescent valait largement la peine.
- Combien en voulez vous ? Demanda Rodolphus en se levant.
Il éloigna le commerçant de son fils, ne voulant pas le gêner davantage avec les questions d'argent qui l'avait stressé toute la matinée. Il alla plus loin sur le long comptoir avec lui, discutant la voix basse avec l'homme, infiniment heureux de voir son fils sourire largement en regardant sa baguette d'un air fasciné. Il paya l'objet après une petite négociation, remerciant l'homme pour son aide. Ils revinrent ensuite auprès des autres et Alexandre s'éclipsa en leur demandant de patienter un instant. Il revint un moment plus tard avec un livre emballé dans un pièce de velours gris. Il le posa devant l'adolescent, le déballant face à lui en révélant une couverture de cuir impeccable décorée de pièces d'argents et ornée d'une écriture argentée finement calligraphiée. Il n'était pas très grand, ni très épais.
- Ce livre va avec la baguette, expliqua-t-il. Il ne peut être lu que par celui qui a une baguette de cristal et il regroupe les recherches sur la magie brisée faite par le fabriquant. Cela vous aidera sûrement.
- Merci, répondit-il.
- Je vous emballe le livre et le coffret, je suppose que vous gardez la baguette avec vous, sourit-il.
L'adolescent approuva, serrant l'outil dans ses mains en souriant. L'homme s'éloigna alors et Bellatrix caressa la joue de son fils, attirant son attention. Il lui sourit, penchant sa tête vers sa main.
- Tu es heureux ? Demanda-t-elle doucement.
- Oui, merci beaucoup, répondit-il l'air ému.
Elle passa un bras autour de lui pour l'étreindre et il lui rendit, la baguette redevenant chevalière à son doigt lorsqu'il la lâcha. Rodolphus vint aussi l'étreindre, son fils le remerciant avec émotion. Puis ce furent au tour des autres de venir le féliciter et il les remercia chaudement, très touché qu'ils aient pris le temps de chercher et de l'amener ici pour lui trouver une nouvelle baguette. Alexandre revint finalement et Rodolphus récupéra le paquet. Puis il revint vers son fils, lui offrant son appuis et l'aidant à se relever. L'adolescent semblait vraiment fatigué maintenant, ses jambes tremblantes et Rabastan vint se baisser devant lui :
- Te sens tu encore assez fort pour une dernière boutique ? Demanda-t-il l'air inquiet. Il y a encore une chose que j'aimerais faire avec toi. Ensuite on rentre à la maison.
Onyx acquiesça bien que manquant visiblement de force et son parrain vint se poster à l'opposé de Rodolphus, passant un bras dans son dos pour le soutenir un peu plus. Tranquillement, le groupe quitta alors la boutique, remerciant une dernière fois le commerçant qui les salua en les priant de revenir quand bon leur semblerait. Ils marchèrent tranquillement, Lucius ayant repris les devant avec Narcissa, cachant l'adolescent qui marchait derrière lui avec Rabastan et Rodolphus, Regulus et Bella fermant la marche en veillant sur le jeune homme. Ils n'allèrent pas très loin et Onyx compris immédiatement dans quel genre de magasin ils allaient en approchant : une ménagerie magique. Elle semblait bien plus grande que celle du chemin de Traverse et il fut immédiatement émerveillé par tout les animaux qui s'y trouvaient. Il aimait les animaux qui eux ne lui avaient jamais fait de mal. Lucius et sa femme s'écartèrent pour le laisser regarder et Rodophus laissa son fils à son frère. Rabastan avait insisté pour venir, voulant faire son propre cadeau à son filleul. Et il avait une idée bien précise pour ça. L'homme garda un bras fermement enroulé autour de lui, lui donnant sa main libre pour l'assurer un peu plus alors qu'il le sentait tremblant. Mais l'adolescent semblait tellement pris dans son observation des cages et des animaux qu'il ne faisait pas attention à ses jambes défaillantes qui peinaient à le tenir encore debout. Narcissa rejoignit le duo, voulant elle aussi faire un cadeau ici. Lucius occupa le vendeur qui vint les voir, lui annonçant qu'ils étaient là pour l'adolescent mais qu'ils voulaient d'abord lui laisser le temps de regarder. Le vieil homme obtempéra, se tenant pourtant à leur disposition en restant à une distance respectueuse.
Le parrain et la marraine emmenèrent leur filleul voir les créatures. Il y en avait de toute sorte, exotiques ou plus communes, d'ornement ou de combat. L'adolescent se figea pourtant en tombant sur une Harfang des neiges, ressemblant à Hedwige. Le souvenir de sa chouette l'emplie de tristesse. Elle avait été sa seule véritable amie et elle était morte à cause de lui. Il détourna les yeux, sentant les larmes lui monter au regard. Et cela, les adultes ne le manquèrent pas, comprenant soudainement en voyant l'animal. Regulus demanda au vendeur de couvrir la cage de la chouette blanche et de toute autre semblable s'il en avait et l'homme obtempéra, ayant bien reconnu ceux qui se tenaient dans sa boutique et ne voulant pour rien au monde les contrarier.
- N'y pense plus Onyx, pria Narcissa en caressant sa joue.
Il tourna un regard infiniment triste vers elle et elle lui sourit chaudement, le réconfortant.
- Tu vas avoir besoin d'un messager si tu veux continuer à écrire à Draco et aux autres, remarqua-t-elle. Alors tu vas choisir un oiseau ou un animal messager et je te l'offre, annonça-t-elle joyeusement. Et il n'y a pas de mais qui tienne, le coupa-t-elle délicatement avant qu'il ne proteste. Tu vas en avoir besoin si tu veux communiquer avec d'autres et ça me fait plaisir. Alors tu as juste à choisir le compagnon qui te plaît d'accord ? Je ne peux pas le faire à ta place, ce genre de chose doit se sentir.
Il hésita longuement, regardant son visage doux et souriant et il approuva finalement, laissant son parrain l'aider à gagner la section des messagers. Il n'avait jamais pensé qu'il aurait de nouveau une chouette après Hedwige et par peur d'un souvenir blessant, il se dirigea d'abord vers les rapaces type aigle ou buse. Mais ses yeux tombèrent finalement sur une grande chouette lapone aux yeux orageux et dont le gris du plumage était très foncé. Il eut immédiatement un coup de cœur pour elle, attiré par sa grande tête ronde à l'expression douce. Elle lui plaisait et Narcissa le remarqua immédiatement. Elle demanda au vendeur s'il était possible de voir la chouette de plus près et l'homme s'empressa de la sortir. Rodolphus passa un gant sur son bras pour prendre la grande chouette, ne voulant pas laisser l'inconnu s'approcher de son fils qui serait immanquablement très mal à l'aise. Et ce fut donc lui même qu'il amena l'animal devant son fils pour qu'il puisse la voir de plus près. Onyx eut l'air ravi et il leva lentement une main tremblante pour toucher l'oiseau qui restait très calme et tranquille. Et le jeune homme sourit en touchant le plumage doux et lisse de la chouette. Celle-ci tourna étrangement la tête sur côté dans sa main comme pour la retourner, amusant l'adolescent alors qu'elle semblait adorer la caresse.
- Celle-ci ? Demanda Narcissa ravie de le revoir sourire.
- Celle-ci, approuva-t-il alors qu'il était déjà tombé sous le charme de la créature douce.
La blonde se tourna alors vers le vendeur, déclarant qu'elle prenait l'oiseau et celui-ci spécifia que c'était une femelle. Narcissa s'éloigna avec lui pour lui demander certaines choses et Onyx resta à caresser un moment la chouette sur le bras de son père. Rodolphus emporta finalement l'oiseau vers le comptoir avec Narcissa, Rabastan proposant à son filleul de continuer pour voir les autres animaux. Ils s'engagèrent alors un peu plus loin dans la boutique et bientôt, une grande cage en forme d'ogive attira l'attention de l'adolescent. À l'intérieur, un animal noir et blanc sautait dans tout les sens.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il à son parrain qui regarda alors à son tour.
Ne voyant pas bien de là où ils étaient, ils s'approchèrent doucement, remarquant qu'une barrière magique entourait aussi les barreaux. Dans la cage, il y avait une sorte de singe d'une quarantaine de centimètres doté d'une très longue queue rayée noire et blanche. Il sautait dans tout les sens, faisant des cabrioles et des cascades à la chaîne, amusant beaucoup Onyx qui regardait le spectacle. Et il rit un peu lorsque le singe sauta en manqua son trapèze, tombant et faisant un roulé boulé, terminant assis l'air un peu sonné. Et toute sa famille tourna son attention vers eux en entendant son rire. C'était là une chose tellement rare qu'elle valait plus que la peine d'être notée. Entendre Onyx rire spontanément n'était que très rarement arrivé depuis qu'ils l'avaient sauvé et tous n'avaient pas eu se plaisir. Ce fut donc très intrigués de découvrir ce qui l'amusait qu'ils le rejoignirent, trouvant une sorte de singe secouant sa petite tête comme pour reprendre ses esprits. Il releva ensuite son regard vers Onyx qui riait doucement et l'on découvrit deux grands yeux bleus turquoises qui captèrent ceux de l'adolescent. L'animal se releva, faisant de nouveau rire Onyx lorsqu'il sautilla étrangement sur le côté en pas chassé, levant ses mains pour s'approcher de lui. Le jeune homme voulu avancer une main pour le toucher mais la barrière l'en empêcha et il soupira de déception. Bella appela le vendeur, lui demandant s'il était possible de laisser son fils toucher la créature comme il en avait envie. Mais malgré son air menaçant, l'homme refusa :
- Je ne peux pas, expliqua-t-il de sa voix accentuée. Cette créature se lie immédiatement et irrémédiablement avec le premier qui la touche. Alors il faut l'acheter pour la voir de plus près.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Rabastan.
- C'est un maki catta magique, répondit l'homme. Ce singe est un animal de compagnie exclusivement et n'est pas puissant. La seule capacité qu'il a consiste en de petites téléportations sur quelques mètres. Il est aussi très intelligent mais plutôt turbulent. On les dit aussi très affectueux mais fragiles aussi. Ils aiment la chaleur.
Tous avaient écouté, regardant Onyx balader son doigt sur la barrière l'air envieux alors que le petit singe essayait de l'attraper, le faisant sourire.
- Tu le veux Onyx ? Demanda doucement Rabastan.
L'adolescent se tourna subitement vers lui et l'on vit clairement dans son regard qu'il en avait plus qu'envie. Mais il baissa le visage.
- Cissy m'a déjà offert la chouette, remarqua-t-il.
- Et alors ? Demanda l'homme. Moi aussi je veux te faire des cadeaux, baragouina-t-il avec une moue enfantine. Et je vois bien qu'il te plaît, dit-il en reprenant un peu plus de sérieux.
- Il est drôle et mignon, sourit-il en regardant l'animal avec affection.
- Alors on le prend, conclu simplement Rabastan en faisant signe au vendeur qui eut l'air ravi.
Tous savaient qu'il adorait les animaux qui avaient été les seuls à ne pas lui faire de mal et à lui donner de l'affection. Et c'était pour cela que son parrain avait voulu l'amener ici pour un offrir un compagnon qui lui ferait du bien. Bon, le petit singe n'était pas prévu au programme mais il faisait rire Onyx et cela n'avait pas de prix aux yeux de la famille. C'est ébahis et l'air un peu perdu que l'adolescent regarda le vendeur annuler la barrière de la cage et ouvrir une petite porte devant lui. Heureux, il tendit une main vers l'animal qui le regardait faire et il sursauta lorsque celui-ci sauta sur son bras, gagnant ses épaules en un bond. Il se posta sur l'une d'entre elle, entourant son cou de sa queue et frottant sa tête contre lui en roucoulant littéralement. Onyx avait nettement senti le léger lien s'établir avec l'animal au contact et il rit de nouveau lorsqu'il se frotta contre lui en ronronnant. Il leva une main pour le caresser, ravi et fut amusé en sentant le singe jouer avec ses tresses. Et le tableau attendri tout le monde autour d'eux. Onyx souriait sincèrement et c'était tout ce qu'ils voulaient.
- Tu viens mon grand, poussa Rabastan. Je t'ai amené ici pour une raison bien précise, annonça-t-il.
- Quoi donc ? Demanda le jeune homme curieux.
À l'amusement général, le maki avait tourné le même visage curieux vers Rabastan, imitant exactement la gestuelle de son nouveau maître qui ne se rendit compte de rien. L'homme pouffa, surprit et il eut bien du mal à se retenir d'exploser de rire lorsque l'air interrogatif de son filleul se répercuta sur le singe l'imitant. C'était hilarant. Il reprit pourtant son sérieux pour expliquer :
- Je suis venu ici pour qu'on fasse une tentative à une sorte de tirage au sort aux familiers, annonça-t-il.
Onyx afficha un air franchement curieux et son parrain l'emmena vers le fond de la boutique, le singe restant perché sur l'épaule du jeune homme. Ils arrivèrent finalement dans un espace dégagé. Contre le mur, il y avait une arcade gothique.
- Il y a un dispositif spécial dans cette boutique, expliqua Rabastan. Ce monsieur, dit-il en désignant le vendeur qui les avait accompagné simplement, a une grande réserve avec de très nombreux familiers en tout genre. La majorité sont commun : chouettes, hiboux, rats, chats, serpents, reptiles... mais quelques uns sont très rares. Il a mis une espèce de loterie en place. On paye et on lance un rituel magique. Ce rituel va balayer toute sa réserve et faire apparaître un familier. Ça peut être n'importe lequel du plus simple au plus rare. Et tu emportes celui qui apparaît.
- Beaucoup de monde essaye pour tenter d'emporter à moindre prix un familier rare, expliqua Bellatrix. Il y a même des dragons, des phénix, des griffons... Mais en général, c'est un familier très simple qui apparaît et qui au final, est payé plus cher qu'il ne vaut.
- Mais il y a un petit secret que peu de monde connais à propos de ce rituel, s'amusa Rabastan en laissant la parole au vendeur qui souriant en ayant suivi la conversation.
- Le secret c'est qu'en réalité, dit-il en attirant son attention, ce n'est pas un hasard. C'est le familier dont le joueur à vraiment besoin qui apparaît et dont-il saura s'occuper. La plus part des gens s'imaginent qu'ils ont besoin d'avoir un familier très impressionnant mais ce n'est pas le cas. Ce sont souvent des chouettes, des hiboux, des chats ou des familiers communs qui apparaissent.
- C'est un moyen de se faire un peu plus d'argent je suppose, remarqua Onyx en faisant rire l'homme.
- Et aussi un moyen de m'assurer que mes familiers spéciaux vont à quelqu'un qui a vraiment besoin d'eux et qui saura s'occuper d'eux, expliqua-t-il.
- On va essayer pour toi, annonça Rabastan, on tombera certainement sur un familier qui pourra assurément t'aider au quotidien, dit-il sérieusement.
- Mais tu m'offres déjà le..., commença l'adolescent de nouveau gêné.
- Je t'ai fais venir ici pour ça Onyx, coupa Rabastan avec douceur. Ce serait bête de partir sans le faire. Et je sais que tu adores les animaux. Ça te fera des compagnons pour les moments où nous sommes occupés, remarqua-t-il. On y va ?
Onyx hésita encore mais il céda rapidement, sa fatigue apparente y étant certainement pour quelque chose. Rabastan sortit alors la somme demandée pour la loterie, sachant qu'il fallait payer d'avance et le vendeur lui tendit un petit coffret avec un pierre ronde et translucide à l'intérieur.
- Tu n'as qu'à tenir ça dans ta main, expliqua son parrain, le reste se fait tout seul.
Hésitant encore un peu mais poussé par l'homme, Onyx prit la pierre, l'air tout de même légèrement curieux alors que le maki observait sur son épaule. Rapidement, la pierre se mit à briller et l'intérieur de l'arcade devant eux en fit de même. Tous reportèrent alors leur attention sur elle. La pierre dans la main du jeune homme s'évapora doucement et une sorte de portail s'ouvrit dans l'arcade.
- Le familier va apparaître maintenant, annonça le vendeur l'air curieux lui aussi, le lien avec lui sera établi donc il vous appartient déjà, expliqua-t-il. Voyons voir ça maintenant, dit-il l'air un peu excité en regardant l'arcade.
Et tous écarquillèrent les yeux lorsque le résultat apparut. Il n'y avait pas un, mais deux familiers. Deux énormes panthères des neiges magnifiques. La plus petite devait bien mesurer un mètre trente de haut au dos, la deuxième, plus massive prenant une dizaine de centimètres de plus. Elles avancèrent, lentes, élégantes et silencieuses, splendides. Leur pelage abondant était impeccable, semblant particulièrement doux. Elles avaient de grands yeux d'un bleu glacial. Elles étaient impressionnantes, imposantes et visiblement très puissantes, irradiant d'une légère magie. Elles avancèrent tranquillement vers Onyx qu'elles regardaient intensément, calmes et sereines. L'arcade derrière elles s'éteignit mais personne n'y fit attention, regardant les deux grands félins s'avancer vers leur nouveau maître. Toute deux vinrent s'asseoir simplement devant lui patientes. L'adolescent leva une main, hypnotisé et il caressa la plus grande qui se mit à ronronner de plaisir. Il passa à la seconde qui en fit de même et un immense sourire s'étala sur son visage. On le regarda câliner les impressionnantes créatures, tous se remettant de leurs émotions.
- Et bien, je n'aurais jamais cru voir sortir ces deux là, remarqua le vendeur en s'attirant le regard curieux des adultes. Vous avez touché là des familiers que beaucoup de monde a convoité jeune homme, annonça-t-il. Les panthères des neiges magiques de l'Himalaya. Elles sont très rares car très peu nombreuses en liberté et très difficile à capturer. C'est un couple et donc l'un ne va pas sans l'autre. La plus petite est la femelle, elle est née chez moi mais n'en reste pas moins sauvage. Et le plus grand est le mâle qui a été capturé et qui s'est lié avec cette demoiselle en arrivant ici. J'espérais en tirer des petits mais ils ne m'en n'ont jamais donné, expliqua-t-il. Je ne pensais pas qu'elles sortiraient un jour. Beaucoup de monde est venu pour tenter de les avoirs mais elles sont très difficiles, ne voulaient de personne et n'acceptent pas qu'on les touche en général, vous êtes le premier à le faire. Vous avez énormément de chance. Une fois liés, ce sont des créatures très loyales et très protectrices avec leur maître. Elles sont d'un naturel calme mais elles pourraient être d'une férocité extrême si vous veniez à être en danger ou si vous leur ordonniez d'attaquer. Elles sont très intelligentes. Et elles ont des pouvoirs sur la glace et sur ce que l'on appelle le feu bleu. Mais je ne l'ai jamais vu de mes yeux.
- Elles sont splendides, remarqua Onyx fasciné.
- Et ça prouve encore une fois que tu es un Lestrange dans toute sa splendeur, remarqua Rodolphus. De tout temps nous avons eu les panthères pour emblème, expliqua-t-il. Toute sorte de panthère mais celles-ci sont magnifiques.
- Elles sont à toi maintenant, sourit son parrain ravi du résultat de son cadeau.
- C'est incroyable, bredouilla le jeune homme n'en revenant pas et n'arrivant pas à réaliser.
- Elles seront de parfaits gardes du corps pour toi mon ange, remarqua sa mère heureuse de savoir que son fils aurait de telles créatures avec lui pour veiller sur lui.
- Elles sont vraiment pour moi ? Demanda-t-il en faisant sourire les adultes.
- Elles sont liés à toi maintenant, expliqua Rabastan, elles n'obéiront à personne d'autre. Reste un peu avec elles, dit-il en faisant apparaître un siège pour l'y installer, je vais aller régler ton singe aussi, annonça-t-il.
Petit singe qui se cachait d'ailleurs derrière la tête de l'adolescent face aux panthères. Réalisant doucement, Onyx caressa les deux grands félins lui faisant face paisiblement, l'observant et ronronnant sous ses caresses. Les autres se rapprochèrent, regardant en souriant, voyant déjà quelle magnifique garde les panthères seraient pour l'adolescent affaibli. Rabastan revint après un moment et Onyx le remercia les larmes aux yeux, très ému. Son parrain vint l'étreindre doucement, le priant de ne pas pleurer et lui disant qu'il était très heureux de lui faire plaisir. Regulus se chargea de récupérer la chouette et ils décidèrent bientôt de partir, le jeune homme visiblement à bout de force maintenant. Et cela se confirma lorsqu'il tenta de se lever lourdement et que ses jambes refusèrent de le porter plus longtemps, cédant en tremblant affreusement. Son père le rattrapa précautionneusement, remarquant qu'il était vraiment temps de rentrer. Mais il n'eut pas le temps de soulever l'adolescent que la plus grande des deux panthères venait s'allonger à ses pieds, le regardant en l'invitant visiblement à s'asseoir sur son dos.
- Et bien elles pourront t'aider pour ça aussi, remarqua son père.
Il l'aida à s'installer sur le dos du félin qui se releva souplement, Onyx perché sur son dos ayant très fier allure. La femelle vint se frotter contre sa jambe et il sourit, lui donnant une caresse. Et ce fut ainsi qu'ils quittèrent la boutique, attirant immanquablement l'attention avec les deux grandes panthères. Ils gagnèrent une aire de transplanage proche et Rodolphus prit cette fois-ci son fils épuisé dans ses bras pour le voyage, laissant les familiers aux autres. Et quelques instants plus tard, ils quittaient Moscou pour rentrer chez eux, très heureux d'avoir pu gâter un peu l'adolescent aujourd'hui.
