« Queudver et Rogue se retrouvent au même moment au chemin de Traverse, Voldemort s'immisce dans mon sommeil… Mais qu'est ce qui se passe ? Il y a un complot contre moi, c'est certain, pensa Harry »

Deux semaines s'étaient passées depuis son entretien avec Dumbledore. Il fermait chaque fois son esprit avant de s'en dormir mais il ressentait un léger pincement au cœur de ne pas essayer d'entendre les paroles de Sirius. Il avait promis au directeur de l'école et ne contesta pas son ordre. Cependant, Ginny n'expliqua pas pourquoi elle était allée voir Dumbledore. Il n'en parla pas à Ron et Hermione de peur de les inquiéter autant qu'il était. Harry se baladait dans les couloirs en quête de réponse à ses questions lorsqu'il croisa Ginny. Son cœur fit un bon dans sa poitrine sous la surprise de cette rencontre.

- Ginny, qu'est-ce que tu fais là ? demanda machinalement Harry.

- J'étais avec Ron et Hermione à la bibliothèque mais ils se disputaient encore une nouvelle fois, répondit Ginny dans un soupir, donc je me suis éclipsée en douce pour me diriger vers la salle commune.

- Mais Ginny, répondit Harry d'un ton amusé, le chemin menant à la tour de Gryffondor à la bibliothèque est à l'opposé d'ici…

- Ah oui, bafouilla la jeune fille dont le visage vira écarlate, enfin…je…je te cherchais pour savoir comment tu allais. Je te trouve soucieux depuis plusieurs jours, dit-elle d'une voix plus assurée, surtout ne te fais pas de soucis pour ma conversation avec Dumbledore ce n'est pas grave, tu sais.

- Pourquoi…

- Harry, coupa Ginny d'un ton poli mais ferme, j'ai promis à Dumbledore de n'en discuter à personne. Et je sais que tu te soucis de quelque chose d'autre, ajouta-t-elle en espérant de changer le sujet de conversation.

- Eh bien, je me pose beaucoup de questions sur l'apparition de Queudver et de cet étrange rêve avec Sirius…admit-il.

Un silence demeura quelques secondes puis Harry reprit en regardant dans les yeux Ginny :

- Je pense qu'il y a un complot sur moi pour me livrer à Voldemort. Depuis déjà plusieurs années, il essaye de me tuer. A présent, il veut ma peau plus que tout et je pense que son but est de me faire sortir de Poudlard.

Harry avait tourné mille fois les paroles de Ron dans sa tête : « Peut être que quelqu'un cherche à te faire sortir de Poudlard ? ». Il voulait en parler avec ce dernier et Hermione, malheureusement ses deux amis étaient préoccupés par leurs querelles quotidiennes. Il ne pouvait plus garder cela pour lui et se confia à la seule personne dont il avait une confiance totale hormis Ron et Hermione : Ginny.

- Je dois te dire, murmura doucement Ginny, que ça ne m'étonne pas que Voldemort essaye de tuer. Cependant, nous n'avons pas de preuves véridiques que quelqu'un veut te faire sortir de Poudlard. Mais, déclara Ginny d'une voix plus forte pour que Harry ne l'interrompt pas, sache que Dumbledore est là et il te protégera coûte que coûte. Il ne faut pas que tu agisses par toi même au risque de ta vie. Fais confiance en Dumbledore, il ne veut que ton bonheur et ta survie.

Harry était stupéfait des paroles tenues par la personne en face de lui. Elle parlait sagement avec une telle maturité qu'il ne la voyait plus du tout comme la petite sœur de son meilleur ami. A ce moment, Harry se rendit compte réellement que Ginny avait grandi, physiquement bien sûr (il l'avait agréablement remarqué déjà depuis l'été) mais aussi au niveau de l'esprit. Elle était réaliste sur la situation ainsi que rassurante. « Une drôle d'évolution, pensa Harry charmé, Ginny était devenue une femme tout simplement, enfin une jeune femme tout de même, se rectifia-t-il à lui même. »

- Oui tu as raison, acquiesça -t-il finalement. Que dis-tu de rejoindre la salle commune et laisser Voldemort de coté ce soir ?

- Avec plaisir, monsieur Potter, annonça-t-elle en pouffant de rire.

Ils regagnèrent ensemble la salle commune en parlant naturellement du prochain match de Quidditch où s'affrontera Gryffondor et Serpentard. Lorsque le tableau de la Grosse Dame les laissa s'engouffrer dans la salle commune, Ron et Hermione se disputaient encore à propos du devoir de Ron.

- Non mais franchement, s'indigna Hermione, je ne pourrais pas toujours faire tes devoirs sous prétexte que tu n'écoutes rien au cours.

- Tu ne veux même pas m'aider pour un simple devoir de Métamorphose, protesta le jeune homme. On est ami je te signale !

- Oh regarde, s'éleva la voix de Ginny à dans la tête de Harry.

Celui-ci observait la dispute de ses deux amis dans un mélange de moquerie et de désespoir. Il remarqua soudain que Ginny regardait le tableau où était affiché les annonces. Le regard de la jeune fille s'arrêtait particulièrement sur l'annonce de la sortie à…

- Pré-au-Lard ! Elle est prévue fin-octobre, s'empressa Ginny enthousiaste.

-J'espère que d'ici là nos deux tourtereaux auront arrêtés de se chamailler.

Harry et Ginny se regardaient dans les yeux en esquissant chacun un sourire. Il sentait son esprit s'enrôler de chaleur sous les yeux de la jolie rouquine. Tombé sous le charme, il lui demanda d'une voix saccadée :

- Euh… est ce que…enfin…ça te dirai qu'on aille…

Ginny espérait qu'il lui pose LA question. Elle doutait toujours des sentiments de Harry à son égard. Cette sortie permettrait à Ginny de dissiper ses doutes à propos du jeune homme. Soudain Hermione fut secouer d'un sanglot violent et disparut dans l'antre du tableau. Tout le monde observait Ron. Harry détourna à contre cœur son regard de Ginny et s'écria :

- Qu'est ce qui s'est passé ?

- Je lui ai juste dis un, hésita Ron, un truc.

- Un truc ? Et c'était quoi ce truc, Ronald ? demanda Ginny en colère.

Voyant Harry et Ginny furieux, il prit l'initiative de révéler la vérité.

- Je l'ai traité de Miss-Je-Sais-Tout, marmonna péniblement Ron.

- Ron, répliqua Harry, tu sais très bien que Hermione n'acceptera jamais qu'on lui dise ça et encore moins par la personne qu'elle aime.

- Qu'elle aime ? s'étonna Ron. Elle…m'aime ?

- Bien sur que oui imbécile, hurla Ginny, ça crève les yeux qu'elle t'aime et que TU l'aimes, en pointant son index vers son frère. Mais ce n'est pas en la critiquant, en se disputant avec elle et en la traitant ainsi que tu sortiras avec Hermione !

Ron ouvrit la bouche puis la referma aussi vite à la vue de sa sœur et de Harry. Ce dernier reprit calmement :

- Ecoute, tu vas aller voir Hermione en mettant ta fierté de coté et lui dire que tu es un simple crétin que tu t'excuses pour tes paroles et que tu l'invites à venir au Pré-au-Lard juste avec toi.

Le visage de Ron prenait une teinte rougeâtre jurant horriblement avec ses cheveux. La mine honteuse, il allait s'exécuter mais…

- Je ne sais pas où elle est ? s'exclama-t-il. La château est trop grand pour que je la cherche partout…

- Seulement, lança Harry d'un air malicieux, je connais un parchemin qui peut nous aider…

- La carte du Maraudeur, murmurèrent en cœur les deux Weasley.

Ils montèrent tous les trois dans le dortoir des garçons en quête de la carte. Lorsque Harry la trouva, il prononça distinctement :

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

A peine Poudlard apparu, Ron découvrit Hermione à la tour d'Astronomie. Tandis qu'il partait rejoindre sa bien aimée, Harry repensa à ce qu'il voulait demander à Ginny avant la colère de Hermione.

- Ginny, commença-t-il en se retournant vers elle, je voulais… Qu'est ce qu'il y a ?

Elle était comme pétrifiée et la couleur de ses joues s'envolait laissant la pâleur apparaître. Son regard fixait intensément la carte. Elle montra lentement quelque chose sur le parchemin. Harry observa immédiatement et faillit tomber à la renverse en voyant l'individu courir dans le hall d'entrée.

- Harry, murmura Ginny, je...

Mais il commençait déjà à dévaler l'escalier en tenant toujours dans sa main la carte du Maraudeur. Il sortit en trombe de la salle commune, le regard toujours fixé sur le parchemin. La personne se déplaçait rapidement, elle franchissait les portes et courait dans le parc de Poudlard lorsque…

BANG !

- Harry, réveille toi, chanta une voix douce à son oreille.

Ses yeux s'ouvraient timidement. Il voyait quatre silhouette près de lui dont une tenant sa main. Harry se rendit compte enfin qu'il était allongé en plein milieu d'un couloir. Puis une nouvelle voix plus rauque gémit :

- Je suis désolé, je ne t'ai pas vu arriver… Tu courais tellement vite…

Il reconnut, adosser à un mur, Neville tremblant encore du choc. Soudain, il se rappela pourquoi il courait à vive allure.

- Oh non, s'écria-t-il. La carte où est la carte ? OU EST LA CARTE ?

- Il n'est plus sur la carte, reprit la voix douce, j'étais juste derrière toi quand tu as été…disons… intercepté par Neville. Après avoir vu que tu n'avais rien de grave, j'ai regardé la carte mais il avait disparu.

Harry comprit que Ginny était celle qui tenait sa main. Elle lui donna ses lunettes et Harry découvrit Ron et Hermione l'observant d'un air inquiet.

- Qui était sur la carte ?

Ginny anxieuse observait Harry comme s'il allait exploser. Ce dernier se releva péniblement et malgré la voix douce et apaisante de la sœur de son meilleur ami, son corps tremblait de fureur et il hurla :

- PETER PETTIGROW !