Chapitre 10 : Running away
Drago mit quelques secondes à comprendre la situation mais dès qu'il sentit les lèvres d'Hermione pressées contre les siennes, il referma ses bras autour d'elle. Cela faisait des mois qu'il attendait cet instant et il comptait bien en profiter. Il ferma les yeux et approfondit leur baiser.
Hermione en revanche, se trouvait dans une situation inconfortable. D'une part, elle avait parfaitement conscience qu'elle était nue et se pressait contre le corps de Drago. Elle savait l'effet que cela ne tarderait pas à lui faire, et d'autre part, elle savait qu'il fallait qu'elle garde la tête froide car l'entrée de Luna dans la salle de bain était imminente. Cependant quand elle sentit les bras fermes de son compagnon la serrer, elle abandonna toutes ses réserves et ferma les yeux. Elle laissa les mains de Drago se promener sur son dos et chacune de ses caresses semblaient réveiller son corps qu'elle croyait complètement engourdi depuis qu'il l'avait quitté. Quand leur baiser pris fin, elle rouvrit les yeux. Drago la regardait. Un mélange de plaisir, de douceur et de perplexité se lisait dans ses yeux. Hermione lui sourit doucement et pressa à nouveau ses lèvres sur les siennes. Le jeune homme poussa un soupir de contentement.
La porte s'ouvrit quelques secondes plus tard et Luna apparut. Les linges qu'elle portait lui tombèrent des mains et elle poussa un petit cri. Drago poussa un grognement et s'exclama tandis qu'Hermione reprenait ses esprits :
- Qu'est-ce que tu fais ici toi ?
- Je…je suis désolée, je voulais seulement parler avec Hermione.
- Laisse-nous ! s'écria Drago.
La femme de chambre, effrayée, se précipita hors de la salle de bain et sortit en courant de la chambre. Dans le couloir, elle tomba nez-à-nez avec Harry qui l'attendait de pied ferme. La voyant essoufflée et passablement apeurée il lui demanda :
- Alors qu'as-tu vu ?
La jeune femme le regarda un instant d'un air effaré, secoua la tête et déclara :
- Crois-moi Harry, tu n'as aucune raison de t'inquiéter au sujet de leurs rapports physiques.
- Ça veut dire que tu les as surpris en train de…
- Oui, coupa Luna. Oh mon dieu, je n'arrive pas à croire que tu m'as obligé à faire ça !
- C'était pour la bonne cause Luna, répondit Harry. Maintenant retourne dans ta chambre et ouvre l'œil. Je veux que tu m'informes des moindres faits et gestes d'Hermione.
Luna acquiesça et son compagnon, après l'avoir à nouveau félicité, descendit rapidement l'escalier qui menait à la sortie. La femme de chambre resta là quelques instants, toujours abasourdie parce ce qu'elle avait vu puis jugeant qu'il ne faisait pas bon rester plantée devant la chambre du couple, elle battit en retraite vers sa propre chambre.
Dans la salle de bain, Hermione cligna plusieurs fois des paupières tandis que Drago portait une main à son visage. Il lui caressa doucement la joue et murmura :
- Où en étions-nous ?
Il ferma les yeux et leva son visage vers celui de la jeune femme, espérant reprendre leur activité là où l'avait laissé avant l'interruption de Luna. Mais la magie était rompue et Hermione se rendait maintenant compte de son erreur. Elle bénissait l'arrivée de Luna. Qui sait sinon jusqu'où elle aurait été ? Elle savait qu'elle ne devait pas retomber dans ses bras. C'était une erreur de croire qu'ils pourraient jamais réussir à être heureux ensemble. Elle avait trop souffert, elle refusait de revivre ça une seconde fois.
Elle posa le bout de ses doigts sur la bouche de Drago pour le stopper dans son mouvement et à l'aide de son autre main, elle prit appui sur le bord de la baignoire et sortit de l'eau. Le jeune homme lui attrapa le bras :
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je ne suis venue dans ton bain que parce que je savais que Luna arrivait. Je l'ai entendu parler avec Harry, il l'a obligé à venir voir si on avait toujours des relations…charnelles. Je n'ai pas eu d'autre choix.
Hermione attrapa un peignoir en soie qui trainait sur la commode de sa salle de bain et s'en vêtu. Elle sortie rapidement de la salle de bain, mais fut bientôt rattraper par le jeune homme.
- Tu as répondu à mon baiser ! l'accusa-t-il. Tu ne peux pas dire que tu n'as pas envie que l'on reprenne notre relation quand dès que je te touche, tu t'enflammes sous mes doigts.
- C'est faux ! Totalement faux ! Je jouais la comédie à cause de Luna.
- Prouve-le dans ce cas ! s'écria Drago. Laisse-moi t'embrasser à nouveau et si tu ne réagis pas alors je saurais que tu disais la vérité.
- Cesse donc ces enfantillages Drago. Tu ne vois donc pas que nous devons faire face à des problèmes plus importants qu'un simple baiser ? gémit Hermione en se laissant tomber sur le lit.
Elle semblait visiblement dépassée par les événements et la colère de son compagnon fondit comme neige au soleil dès qu'il posait un regard sur son visage décomposé. Drago s'approcha doucement d'elle et lui prit les mains avec une grande douceur.
- On va s'en sortir Hermione, lui murmura-t-il. On s'en sort toujours.
Il esquissa un pâle sourire continua :
- Il faut juste que l'on trouve une solution à notre problème.
- Quel problème ? demanda Hermione, en souriant à son tour. Tu parles du fait que l'on soit coincés dans une de nos vies réincarnées ou bien du fait que je sois une prostituée en planque pour faire tomber le grand bandit que tu es ?
- Hum, je ne suis pas certain qu'on puisse faire grand-chose quant au fait que l'on soit coincés dans nos vies antérieures. Soit on va revenir dans nos vrais corps au bout d'un moment, soit nos très chers amis à Poudlard vont bien trouver un moyen de nous ramener ! répliqua Drago.
- Tu ne penses tout de même pas que ce sont ces mêmes soi-disant amis qui nous sont envoyés volontairement dans ce voyage dans le passé qui vont nous aider à revenir ? Écoute Drago, je suis fatiguée de tous ces changements de corps et d'époque. Je veux rentrer à Poudlard, dans mon corps… Ah si seulement on avait nos baguettes, on pourrait essayer de nous faire revenir nous-mêmes.
- Ma chérie tu es vraiment un génie !
- Ne m'appelle pas « chérie » ! s'exclama Hermione.
- Mon amour, tu es un génie ! corrigea le jeune homme. Il faut qu'on trouve des sorciers et qu'on leur demande de nous renvoyer chez nous. Nous, même si on avait une baguette, on ne pourrait rien faire, nous sommes des moldus dans cette vie.
- Comment veux-tu qu'on trouve des sorciers ici ? Alors qu'aucun sang magique ne coule dans nos veines ?
- Je ne sais pas, avoua Drago. Mais c'est une idée à creuser.
- Je suis d'accord. Néanmoins je pense qu'il faut d'abord nous concentrer sur notre problème présent. On doit se sortir de ce mauvais pas. Harry attend que je lui livre des preuves contre toi d'ici peu de temps.
- Je ne vois qu'une seule solution, déclara Drago. Nous devons nous enfuir.
Hermione lui jeta un regard en coin. Pendant leur conversation, elle s'était levée et avait commencé à s'habiller alors que le jeune homme n'était toujours vêtu que d'une seule serviette de bain nouée autour de la taille.
- Ne me regarde pas comme cela Hermione. Tu sais que c'est la seule solution. Si on reste ici, soit mon père soit Harry finiront par nous tomber dessus.
- S'enfuir pour aller où ? demanda la jeune femme. On ne connaît personne ici. Nous n'avons aucun ami envers nous qui nous tourner.
- On trouvera. Écoute Hermione, on n'a pas le choix. Si tu as autre chose à me proposer, je t'écoute ! Sinon, je file dès que possible à l'appartement de mon père où je pourrai récupérer assez d'argent pour qu'on puisse s'en sortir et on part aussitôt après.
La jeune femme avait suspendu tous ses mouvements. Un étrange pressentiment lui chuchotait au plus profond d'elle-même que la fuite n'était pas une bonne idée. Mais aucun autre choix ne s'imposa à son esprit. En désespoir de cause, elle hocha la tête en signe d'acceptation.
- Comment va-t-on réussir à disparaître ?
- Ne te préoccupe pas de cela, répondit Drago. Je vais m'occuper de tout. Je passerai te prendre dès demain soir. Surtout agit de façon parfaitement naturelle dans la journée il ne faut pas que qui que ce soit n'en vienne à soupçonner notre fuite.
- Ne t'en fais pas pour ça ! s'exclama Hermione. Tous ces voyages dans le temps auront au moins eu le mérite de parfaire mes talents d'actrice.
Le jeune homme acquiesça et décida de retourner dans son bain. Après tout, il était nécessaire qu'il fasse croire aux autres habitants de la maisonnée que tout se passait bien avec Hermione et décida donc qu'il ne partirait pas avant que les premières lueurs du jour ne pointent le bout de leur nez.
Hermione, quant à elle, s'était habillée en tenue de nuit et se glissa sous les draps. Son esprit n'était pas obnubilé par leur fuite mais par ce qui venait de se passer dans la salle de bain. Plus elle y pensait, plus son corps gagnait en température. Elle n'avait jamais connu d'autres hommes que Drago et n'en n'avait jamais ressenti l'envie. Il était le seul qui avait jamais réussi à la faire se sentir désirable. Et plus elle repensait à ces moments intimes, plus elle avait envie de jeter ses doutes et réflexions aux orties et de partir rejoindre Drago dans cette baignoire pour finir ce qu'ils y avaient commencé. «Non, Hermione, non ! » S'exhorta-t-elle. «Tu dois de montrer forte ! Pense qu'il t'a abandonné quand tu en avais le plus besoin. Pense à… »
Les pensées de la jeune femme furent soudain interrompues par un bruit suspect derrière sa porte d'entrée de chambre. Doucement, elle se leva et s'approcha de l'endroit où le bruit s'était fait entendre. Au pied de sa porte se trouvait un petit morceau de papier qu'elle ramassa et parcourut rapidement du regard : «Rendez-vous cet après-midi, à 14h00 dans les cuisines. Harry». Le sang de la jeune femme se mit à battre intensément dans ses veines. Rapidement, elle se dirigea vers la salle de bain. Drago était toujours dans la baignoire et releva tout de suite la tête à son entrée.
- Décidément, je n'arriverai pas à finir de prendre ce bain tranquillement !
Sans répondre, Hermione lui tendit le papier qu'il lu aussitôt.
- Tu es convaincue maintenant ? lui demanda-t-il. On doit partir le plus tôt possible.
- Que faire ? Dois-je aller à ce rendez-vous ?
- Je pense que oui. Si tu n'y vas pas, ça attiserait les soupçons et on ne pourrait plus s'enfuir.
- On n'arrivera jamais à s'en sortir. Il nous faudrait déjà trouver une excuse pour pouvoir sortir ce soir et dès qu'ils ne nous verrons pas rentrer, l'alerte sera donnée et comme on n'aura pas pris assez d'avance, on…
La jeune femme, qui s'était assise sur le bord de la baignoire, eut un mouvement de recul lorsque Drago se releva et lui colla un baiser mouillé sur les lèvres.
- J'ai une idée, déclara-t-il une fois leur baiser terminé.
Hermione se regarda une dernière fois dans son miroir. Elle avait choisi de porter une petite robe bleue nuit et avait passé une bonne demi-heure à soigner son maquillage. Elle voulait paraître le plus imprégnée possible par son rôle de prostituée pour ne pas alerter Harry. Une fois prête, elle sortit de sa chambre et se rendit dans les cuisines de la maison close. Elle passa devant Mac Gonagall, la patronne de l'établissement, qui lui lança un drôle de regard, empreint de respect et de colère. Elle poussa la porte et entra dans la pièce. Harry été assis à l'une des tables qui composaient le maigre mobilier des cuisines. Mais il n'était pas seul, Luna était avec lui.
- Ah Hermione, te voilà ! S'exclama le jeune homme.
La jeune femme hocha la tête d'un air entendu. Elle paraissait calme et froide mais intérieurement, elle bouillait de rage. Elle avait eu le temps de réfléchir et n'arrivait pas à croire que son meilleur ami ait accepté qu'elle participe à une telle mission est et ait pu la livrer une pièce de viande à des hommes qu'il juge très dangereux.
- Bien, nous allons pouvoir commencer, reprit-il. Hermione, je voulais te voir aujourd'hui car j'ai reçu des ordres de ma hiérarchie. La situation devient un peu tendue et j'ai besoin que notre affaire avance le plus rapidement possible. Peux-tu me donner des nouvelles informations sur les Malefoy ?
- Pour le moment non, répondit fermement Hermione.
Voyant le visage d'Harry changer et se durcir, elle jugea bon d'ajouter :
- Mais je risque fort d'avoir de nouvelles preuves à charge contre eux d'ici deux jours.
- Et pourquoi cela ?
- Malefoy m'a avoué que son père l'envoyer en mission spéciale à Denver pour y rencontrer de nouvelles recrues potentielles pour leur entreprise.
- De nouvelles recrues ? Et en quoi cela va-t-il nous intéresser ?
- Il m'emmène avec lui, et il aura sûrement sur lui des notes écrites de Lord V que je pourrais lui dérober. De plus, je pensais, étant donné que nous connaissons désormais la ville où il va recruter de nouveaux malfrats, tu pourrais peut-être envoyer quelques hommes en couverture.
- Oui, murmura Harry. C'est une bonne idée. Si tout fonctionne bien, les hommes en mission et toi-même auront réuni assez de preuves contre Malefoy et ses complices d'ici la fin du mois et nous pourrons procéder à leurs arrestations.
Hermione acquiesça et Luna sourit. Cette dernière semblait visiblement ravie de constater qu'elle en aurait bientôt terminé avec cette mission.
- Cependant, je ne suis pas rassuré à l'idée qu'il t'emmène avec lui, déclara Harry. Je ne pourrais pas te protéger. À moins que je ne vous fasse suivre…
- Non ! S'exclama Hermione un peu trop abruptement. Si jamais, il soupçonne quoique ce soit, j'aurais fait tout cela pour rien. En plus il pourrait vite devenir violent et même si je sais me défendre, je ne suis pas certaine de faire le poids face à lui.
- Oui tu as raison, acquiesça Harry. Mais j'insiste pour que dès que tu arrives à Denver, tu me tiennes au courant de la situation avec des télégrammes réguliers.
- Bien sûr, répondit Hermione. Est-ce tout ? Je dois aller préparer mes bagages avant que Malefoy ne vienne me chercher.
- Quand doit-il arriver ?
- D'ici la fin de journée.
- Bien, répondit Harry. Dans ce cas, je te laisse remonter à ta chambre. Une petite surprise t'y attend.
- Une surprise ? demanda Hermione d'une voix blanche.
Harry hocha la tête et la jeune femme blêmit. Un étrange pressentiment lui étreignit le ventre mais elle se força à sourire pour ne rien laisser paraître de son malaise. Elle salua Luna et sortit rapidement de la pièce. Elle monta les marches qui menaient au premier étage à reculons et hésita longuement avant de pousser la porte de sa chambre. Elle fit trois pas et retint son souffle. Un homme se tenait dans la pièce, dos à elle. Elle sentait son sang battre dans ses tempes et cherchait vainement un objet à portée de main, qui pourrait lui servir d'arme. Elle se maudissait d'avoir laissé son arme à feu sous son oreiller. Rapidement, elle laissa son regard vagabonder sur l'inconnu, qui, l'ayant sûrement entendu entrer finit par se retourner.
- Hermione, mon amour ! s'écria-t-il en se précipitant vers la jeune femme et en la prenant dans ses bras.
- Ron ! s'exclama Hermione en poussant un soupir de soulagement. Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je viens de revenir d'une mission et Harry m'a donné la permission de venir te voir. Comment vas-tu ?
- Je vais bien.
- Harry m'a dit que tu en avais bientôt terminé avec Malefoy. Tu ne peux pas savoir à quel point je suis soulagé de savoir qu'il ne pourra bientôt plus poser ses sales pattes sur toi.
- Pardon ?
- Je n'aurais jamais dû accepter que tu te lances dans cette opération. Alors, je sais qu'on n'était pas encore fiancé quand tu as été mise sous couverture mais jamais je ne t'aurais laissé faire si j'avais été présent quand Harry te l'a proposé.
Hermione hocha la tête et s'apprêtait à répondre quand leur ami entra dans la pièce.
- J'espère que tu apprécies ma petite surprise Hermione, déclara Harry en lui faisant un petit clin d'œil.
- Beaucoup, répondit-elle en serrant les dents.
Elle venait de réaliser qu'elle allait avoir beaucoup de mal à se sortir de cette situation.
- Profitez bien de ces quelques heures ensemble. Hermione, j'attends ton premier télégramme dès ce soir, dit Harry avant de quitter rapidement la pièce.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire de télégramme ? demanda Ron. Tu pars quelque part ?
- Malefoy m'emmène à Denver pour y recruter de nouveaux hommes de main, répondit Hermione en profitant de l'occasion pour s'esquiver de l'étreinte de Ron et pour ramasser le petit bagage à main vide qui se trouvait au sol.
- Tu plaisantes ? s'enquit Ron. Il n'a jamais été question que tu ailles où que ce soit avec lui.
- Ne t'inquiète pas, Harry me fait suivre et je dois lui envoyer des rapports complets via télégrammes tous les jours. Et je ne pars que pour deux jours.
- Je ne suis pas rassuré du tout !
- Tout va bien se passer. Je te le promets.
Ron secoua la tête, visiblement peu enclin à la croire mais vint quand même se placer derrière la jeune femme. Il se pencha vers elle et Hermione sentit son souffle dans son cou.
- Tu m'as tellement manqué, murmura-t-il en lui embrassant la nuque. Ta peau m'a manqué, ton odeur m'a manqué, ta douceur aussi. Je suis tellement heureux que nous ayons quelques heures devant nous, rien qu'à nous.
Ronald laissa ses mains vagabonder sur le corps d'Hermione, qui se tendit à l'extrême. Elle devait se faire violence pour ne pas se retourner et gifler son ami.
- Ron, je ne suis pas certaine que ce soit le bon moment pour ça.
- Et pourquoi cela ? demanda-t-il sans cesser de la caresser.
- Parce que je dois me préparer et que si je ne suis pas prête à temps Malefoy pourra se douter que quelque chose cloche.
- Arrête un peu, veux-tu ? Cela fait des semaines que je rêve de pouvoir enfin te tenir dans mes bras.
- Je n'ai vraiment pas le temps Ron !
- Mais enfin, qu'est-ce qui t'arrive ? s'exclama le jeune homme. Laisse-moi faire voyons !
Ron avait retourné la jeune femme et lui devorait le visage de baisers. Hermione ferma les yeux et serra les poings. Elle s'efforça de rester calme mais la peur lui serrait la gorge. Lorsque les mains de son fiancé commencèrent à remonter le jupon de sa robe, elle n'y tint plus et tenta vainement de se libérer de son étreinte.
- Non ! Ron, non !
Le jeune homme vit rouge quand Hermione se débattit vivement entre ses bras.
- Tu laisses cette ordure de Malefoy te toucher et moi je n'ai pas droit de prendre ce qui m'appartient ! déclara-t-il en la laissant se libérer.
- Je ne t'appartiens par Ron. Et je ne coucherais pas avec toi.
Hermione avait fait le tour de son lit et ferma son bagage à main désormais rempli de vêtements et de sa trousse de toilette. Ron la rejoignit en trois enjambées et lui enserra les épaules. Son visage était devenu rouge de colère.
- Tu veux que je te paye moi aussi ! C'est ça que tu veux, sale putain ?
Ron secoua Hermione pendant quelques secondes avant la jeter sur le lit. Il s'écroula sur elle et commença à lui arracher ses vêtements. Hermione, qui se débattait comme une sauvage, tenta de se défendre avec ses poings et pieds mais ils furent bientôt immobilisés par les bras et le poids de son agresseur. En désespoir de cause, elle se mit rapidement à hurler et à appeler au secours. Mais elle savait bien que personne ne répondrait. À cette heure-ci, il n'y avait pas âme qui vive dans cette aile de la maison. Quand son corsage céda sous les gestes violents du jeune homme, des larmes de rage et de peur se mirent à couler sur ses joues.
- Tu aurais dû réfléchir à deux fois avant de me rejeter. J'ai entendu des rumeurs, des bruits de couloir sur toi et Malefoy. Des rumeurs qui disaient que toi et lui ne faisiez pas que vous envoyez en l'air. Je n'ai pas voulu y croire. Mais maintenant, je me rends compte que c'était vrai. Tu t'es abaissé à son niveau. Tu ne vaux pas mieux que toutes ces femmes qui vendent leur corps. Et tu vas me payer cette humiliation.
Ron releva le haut de son corps pour dégager une de des mains et tenta de baisser son pantalon. Ce fut à cet instant qu'une brève détonation retentit. Le visage de Ron se figea en une grimace crispée. Hermione sentit la main qui lui emprisonnait les poignets se détendre et une tache de sang se répandre sur son torse. Au bout de quelques secondes, il s'écroula sur Hermione qui sentit le liquide chaud se répandre sur son ventre nu. Rapidement, elle se dégagea et avisa Mac Gonagall qui se tenait debout devant elle, une arme à feu entre les mains. Hermione reprit bien vite ses esprits et se précipita vers Ron qui gisait sur le lit, les yeux grands ouverts.
- Il ne respire presque plus, s'écria Hermione. Il faut faire quelque chose. Faites appeler un médecin.
- Non ! répondit calmement Mac Gonagall. Personne ne touche à mes filles, qu'elles soient sous couverture ou non. Il mérite de mourir.
- Mais…
Hermione tenta vainement d'endiguer l'afflux de sang mais cessa bientôt de faire pression sur la poitrine de son fiancé quand elle dit que Ron ne respirait plus et que son pouls ne battait plus.
- Il est mort, balbutia-t-elle.
- Tu ferais mieux de prendre des affaires et de filer, déclara la patronne. Quelqu'un pourrait arriver et tu ne pourrais plus fuir.
- Non, je ne peux pas le laisser. Je dois…
- Ne fait pas l'idiote, répondit-elle en posant sur les épaules d'Hermione un manteau et en lui tendant son bagage à main. Je t'ai sauvé mais je ne laisserais pas ma maison couler à cause de toi. Quand quelqu'un entrera dans la pièce je dirais que j'y suis entrée après avoir entendu le coup de feu et que je t'ai vu l'arme à la main et que tu m'as bousculé avant de t'enfuir pour rejoindre ton amant.
Hermione resta tétanisée, comme si elle ne semblait pas comprendre ce que Mac Gonagall lui avait dit.
- Entends-tu ce que je dis ? s'exclama cette dernière. Ferme ce manteau, ton corsage est déchiré et tu es couverte de sang. Maintenant file.
Mac Gonagall lui secoua légèrement le bras, ce qui fit aussitôt réagir la jeune femme. S'efforçant de ne pas laisser son regard s'égarer sur le corps sans vie de Ron, elle ferma les boutons de son manteau long et agrippa son bagage. Elle descendit rapidement les marches et se hâta vers la sortie. L'air frais qui lui cingla le visage lorsqu'il mit les pieds dehors lui fit énormément de bien et aussitôt, elle jeta un coup d'œil autour d'elle. Elle repéra presque immédiatement une voiture noire garée devant l'entrée de la maison et reconnu Ivan, le chauffeur et fils de la patronne du bordel. En moins de deux secondes, elle fut devant lui et lui demanda s'il pouvait la conduire à un rendez-vous en centre-ville. Il accepta prestement et il l'exhorta à s'asseoir à l'arrière. D'un geste rapide, elle jeta sa valise sur le siège en cuir et s'apprêtait à s'y installer quand elle sentit une main lui agripper le bras.
- Que fais-tu ici ?
C'était Harry.
- Lâche-moi Harry, répondit-elle en tentant de se dégager.
- Explique-moi ce qui se passe. Où est Ron ?
- Tu vas me laisser partir Harry, déclara Hermione en sortant de sa poche l'arme qu'elle avait récupérée dans sa chambre avant de quitter la pièce. Ou je te jure que je tire.
Ivan était sorti de la voiture et observa la scène, ne sachant trop que faire. Hermione tremblait et des larmes avaient réapparu dans ses yeux. Harry, lui, avait le visage fermé.
- Tout va bien madame ? demanda le chauffeur.
- Tout va très bien. Ce monsieur allait partir, répondit Hermione. Nous y allons tout de suite Ivan. Pour la dernière fois Harry, lâche-moi.
- Tu n'oseras jamais tirer, répondit le policier en affichant un sourire sarcastique.
- Ne me pousse pas à bout, répondit Hermione en pointant le canon de son arme sur la poitrine du jeune homme.
Celui-ci observa un instant le regard de la jeune femme. De nombreux sentiments semblaient y livrer bataille : détermination, colère, peur. Il la connaissait et savait jusqu'où elle était capable d'aller, c'était d'ailleurs pour cette raison qu'il l'avait engagé. Avec un soupir d'exaspération, il lui lâcha le bras et se recula de deux pas. Hermione en profita pour se glisser dans la voiture et ordonna au chauffeur de démarrer rapidement. Harry se doutant que quelque chose de grave venait de se produire se hâta de s'engouffrer dans la maison et monta dans la chambre de la jeune femme. Il y trouva la patronne de l'établissement en train de fermer les paupières de Ron, qui baignait toujours dans son sang.
Drago finissait de mettre les liasses de billets dans sa mallette quand il entendit des coups précipités frappés à la porte. Ses sourcils se froncèrent. Il avait fait en sorte de donner des missions à tous les hommes qui étaient sous ses ordres pour les éloigner de cet appartement où il savait qu'il pourrait trouver assez d'argent pour que lui et Hermione puissent disparaître. Les coups continuèrent et il se souvint soudain qu'il avait laissé cette adresse à Hermione en cas d'urgence. Il ouvrit la porte et une tornade brune en larmes se jeta dans ses bras. Elle sanglota lourdement pendant quelques minutes avant que Drago ne parviennent à la calmer.
- Que s'est-il passé Hermione ? demanda-t-il.
- Ron… hoqueta- t-elle. C'était mon fiancé...Il a essayé de… Mac Gonagall l'a tué. Je n'ai pas pu le sauver.
- Ma pauvre chérie, murmura-t-il en lui caressant doucement les cheveux pour tenter de la calmer.
- J'ai dû m'enfuir. Harry a essayé de m'en empêcher, je l'ai menacé avec l'arme que tu m'as laissée. Il va nous poursuivre.
- À ton avis, combien as-tu pris d'avance sur lui ?
- Dix, peut-être quinze minutes maximum, balbutia la jeune femme. Le chauffeur m'a emmené ici mais je pense qu'il va tout dire à Harry une fois rentré. D'ailleurs, je pense qu'il est déjà notre poursuite.
- Dans ce cas, on file ici tout de suite, déclara Drago en la faisant se lever.
Il ramassa le bagage Hermione, pris sa mallette de billets et se dépêcha de sortir de l'appartement. En moins de deux minutes, il s'était installé dans la voiture de Drago et celui-ci l'a fit démarrer en trombe.
- Où va-t-on ? demanda Hermione
- Au port. Je nous ai réservé deux billets sur un paquebot à destination de l'Angleterre, sous deux noms d'emprunt. Le navire quitte le port à 20h00 ce soir, mais si on peut embarquer maintenant sous nos faux noms, on devrait être tranquille jusqu'au départ.
- Combien de temps avant d'arriver là-bas ?
- Une bonne trentaine de minutes.
- On n'y arrivera jamais. Harry saura que l'on va essayer de s'enfuir. Il va mettre en place des barrages à toutes les sorties de la ville, y compris au port.
Drago soupira et fixa son regard sur la route. Il ne voulait pas se l'avouer mais il avait de gros doutes concernant la réussite de leur plan. Il avait remarqué que des hommes avaient tenté de le suivre ce matin même en sortant de la maison close. Il avait réussi à les semer mais mais il n'était pas sûr qu'ils n'aient pas retrouvé sa trace peu de temps après. La voix d'Hermione le tira de ses pensées.
- Je ne supporterais pas qu'il t'arrive encore quelque chose.
- Il ne va rien m'arriver Hermione, promit Drago.
- Tu ne peux pas l'affirmer. Plus on avance dans cette découverte de nos vies antérieures, pire c'est. Pour le moment on n'a pas vécu une seule vie où nous étions heureux et où l'on ne se faisait pas tuer.
-Qu'est-ce que tu essaies de me dire Hermione ?
- Je sais que tu voudrais que l'on se donne une seconde chance mais ces voyages me font réaliser que ça ne peut pas fonctionner entre nous.
- Je ne vois pas les choses de la même manière, répondit Drago en serrant les dents. Ce que je vois, c'est que dans chacune de nos vies passées, nous étions ensemble et aussi amoureux que nous le sommes.
- Qu'est-ce qui te dit que je suis toujours amoureuse de toi ?
- Drago accusa le coup et lança un regard blessé à la jeune femme.
- De plus, nous nous aimons peut-être dans ces vies mais l'univers semble vouloir nous séparer. Je suis désolée Drago, je sais que cela te peine…
- Mais rien du tout, répliqua ce dernier. Tu peux bien argumenter comme tu veux Hermione. Tu ne feras pas changer d'avis nous concernant. Tu ne pourras pas non plus m'empêcher de me battre pour nous.
- Tu es une vraie tête de mule Drago Malefoy !
- C'est pour cette raison que tu m'aimes ! répondit-il en essayant d'afficher un sourire charmeur.
Il se voulait désinvolte mais intérieurement, il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur des paroles de sa compagne. Il les comprenait et même s'il ne partageait pas ses inquiétudes, il craignait de ne pas réussir à la convaincre de dépasser ces peurs. Il secoua vivement la tête et se concentra sur la route. Ils arrivaient en vue du port et longeaient pour le moment les docks. Le jeune homme commença à se détendre. Dans une dizaine de minutes, ils devraient être arrivés et embarqués à bord du paquebot qui les mènerait jusqu'à leur liberté. Mais soudain, Drago pila net et tenta vainement de faire demi-tour.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- On nous a suivi. Je vais tenter de prendre une rue annexe.
Mais des coups de feu retentissaient déjà dans la rue et la vitre arrière de leur véhicule explosa bruyamment. Drago cria à Hermione :
- Baisse-toi !
Un de leurs pneus éclata et le jeune homme perdit le contrôle de la voiture. Une nouvelle rafle de balle fut tirée et Drago fut touché à l'épaule gauche. Vrillé par la douleur, il lâcha le volant. Sa voiture tourna sur elle-même et sortit de la route. Elle se dirigea à vive allure vers le bord du quai. Le véhicule heurta les petites pierres qui bordaient le quai mais ces dernières, ne l'arrêtèrent pas et il plongea à pic dans la mer. Le monstre de métal s'enfonça rapidement dans l'eau.
Harry, qui se trouvait dans une des voitures qui avaient pris en chasses Drago et Hermione vit le véhicule du couple sortir de la route et se précipiter dans l'eau. Il se gara rapidement bord du quai.
- Tenez-vous prêts ! criait-il à ses hommes qui se tenaient à ses côtés. Dès qu'ils remonteront à la surface vous les tiendrez en joug mais vous ne tirerez pas. Je les veux vivants.
Mais le couple ne parviendra jamais à s'extirper de la voiture. La tête de Dragon heurta le volant lors de la chute de la voiture et le jeune homme perdit connaissance alors que l'eau glacée envahissait lentement l'habitacle. Hermione, avait reçu une balle dans la poitrine quelques minutes auparavant. Elle était déjà morte avant que leur voiture ne plonge dans la mer.
Southampton, Angleterre. 1831
Hermione se réveilla en sursaut et comprit aussitôt qu'elle avait dû changer de vie réincarnée. Elle se trouvait dans une charmante petite chambre, très propre et baignée par le soleil extérieur. Elle porta son attention sur le mobilier et data vaguement l'époque à l'ère victorienne. Elle se releva légèrement de la position allongée dans laquelle elle se trouvait et poussa un petit cri de surprise. Elle était enceinte, et aux vues de la proéminence son ventre, elle ne devait pas être très loin de son terme. Une bouffée de panique envahit. Ce n'était pas possible ! Elle ne pouvait pas être enceinte, elle ne pouvait pas mettre un enfant au monde. Elle ne savait même pas où elle se trouvait ni qui était le père. « Oh Mon Dieu, le père ! » pensa-t-elle. Elle avait peur de découvrir son identité. Après les désastres de ses relations amoureuses dans ses vies précédentes, elle s'attendait au pire ! Ses pensées furent soudain interrompues lorsque la porte de la chambre s'ouvrit avec fracas.
- Mère ! s'écria la petite fille aux cheveux blonds comme les blés, qui venait d'entrer dans la pièce. Regardez le joli jouet que père m'a ramené de son voyage.
L'enfant tendit une petite poupée en tissu vers Hermione qui, abasourdie, ne savait que répondre. Pour se donner une contenance, elle s'efforça de sourire. Elle entendit de nouveaux bruits de pas et leva le regard. Drago, majestueux dans son costume d'époque, se tenait dans l'embrasure de la porte. La petite fille se précipita dans ses bras.
- Je venais juste montrer à mère la jolie poupée que vous m'avez offert. Je l'adore. Je vais aller la mettre au lit dans ma chambre, décréta la petite fille, en courant hors de la pièce.
Drago s'approcha d'Hermione qui était restée interdite devant la scène qui venait de se jouer devant elle. Doucement, il a pris dans ses bras et murmura :
- Tu vois, on l'a notre vie heureuse ici.
Hermione s'écarta lentement de l'étreinte de son compagnon. Les larmes coulaient sur ses joues.
Ndla : Voilà, je suis de retour après une longue absence ! J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur et continuerez de me lire !
Bon week-end à tous !
