Serena se sentait seule, extrêmement seule, tous les regards étaient pointés sur elle. Même sa mère et Rufus, qui venaient de rejoindre le groupe, étaient là à la dévisager. Ce qu'elle redoutait se produisit.

« Comment as-tu osé nous filmer ? Commença sa mère

-C'est pas possible ! Tu as plusieurs fois essayé de la démasquer et finalement tu l'as remplacée ! » Hurla Dan

Seules Nate, Blair et Dorota ne disaient rien. Dorota comprit pourquoi Serena passait autant de temps sur son ordinateur, Nate était au courant et Blair se contentait de la regarder. Tout le monde continuait de crier dans un grand brouhaha.

« Tu le savais ? demanda Dan s'adressant à Nate.

-Oui mais depuis très peu de temps. Et avant de la juger, vous devriez peut-être écouter ce qu'elle a dire.

-Nate, stop ! Je n'ai pas à ma justifier, j'assume mes… »

Elle ne termina pas sa phrase car Blair partit en direction du bar, Dan la suivit. Dorota regagna l'entrée et Lilly après avoir encore dit quelques mots partit à son tour, suivit de Rufus. L'ambiance était lourde et chacun avait accusé Serena.

« C'est une catastrophe, ils me haïssent tous et toi aussi pour n'avoir rien dit.

-Tu m'avais fait promettre de garder le secret et je respecte ce que tu as fait car si on aurait reçu nous aussi ce, « cadeau » on n'aurait tous fait la même chose.

-Il faut que j'aille m'excuser mais pas maintenant. C'est certes une grosse révélation mais ….

-Chuck part. Nate semblait toujours dans un état de second. Je suis tellement choqué, je ne comprends pas pourquoi il ne m'a rien dit mais toutes ces sorties de la semaine trouve soudain une explication : à sa façon il me disait au revoir.

-Tout comme avec moi leur de la soirée au Spectator.

-Et cette histoire avec Blair, si j'avais su je l'aurais aidée à racheter l'hôtel.

-Moi aussi, ajouta Serena, mais il n'aurait jamais accepté. Tu crois qu'on peut aller lui parler ?

-Pas ce soir, je pense qu'il n'est pas encore prêt. Rentrons.

-Oui mais où ? Blair doit me haïr et on ne peut pas aller chez toi car c'est aussi chez Chuck.

-Mais non allons chez Blair, ne t'inquiète pas, je crois qu'après sa dispute avec Chuck, elle ne t'en tiendra pas rigueur. »

Elle était assise au bar. Elle se sentait vide, elle avait échouée, elle n'avait pas réussit. Quelle soirée catastrophique. Serena avait été la remplaçante de Gossip Girl, qui elle, venait de publier un post horrible et Chuck partait. Elle n'entendit pas Dan arrivait mais ne fut pas surprise de sa présence devant elle.

« Raconte-moi, dit-il d'une voix douce.

-Il n'y a rien à dire de plus que ce que je vous ai déclaré tout à l'heure. Quant à ce post de Gossip Girl, ne t'inquiète pas, il n'en ai rien. Je me sentais juste tellement responsable et coupable que j'ai essayé de faire tout ce qui était possible même si j'ai échoué.

-Blair, c'est admirable ce que tu as fait. Tu as tout fait pour réparer tes erreurs et essayer de sauver ce que tu pouvais. Tu y as déployé une énergie folle. Tu aurais du m'en parlé. Même si je ne porte pas spécialement Chuck dans mon cœur, je t'aurai aidé. Et je ne m'inquiète pas, je comprends pourquoi tu l'as fait. Et d'une certaine façon, moi aussi je lui dois beaucoup pour ce qu'il a fait.

-C'est comme ça.

-On rentre ? Je pense qu'on a vécu beaucoup de chose en une soirée. Entre ce départ et Serena. »

Blair esquissa un sourire, Serena en Gossip Girl, il faudrait que demain elle lui en parle car pour le moment, elle seule, n'avait encore rien dit. Dan se leva et commença à lui prendre le bras.

« Attends, rentre-toi, j'ai encore une chose à faire.

-Je rentre au loft, si tu le souhaites, rejoins-moi plus tard. »

Elle lui sourit et se dirigea vers les ascenseurs.

Il était assis sur le canapé et réfléchissait à la semaine écoulée. Il avait passé du temps avec Nate, Serena, Lilly sauf Blair. Mr Radcliff lui avait au détour d'une discussion sur l'hôtel avoué qu'une jeune femme devait vraiment tenir à lui car elle lui avait proposé une bonne somme d'argent pour lui racheter. Blair. Il le savait et il n'avait pas du tout aimé ce comportement.

Lorsqu'il entendit le bruit de l'ascenseur, il ne fut par surpris, il s'y attendait même. Pour autant il ne se leva pas.

« Je ne compte plus le nombre de fois ou tu es venue ici et où tu t'es arrêtée juste ou tu es en ce moment. »

Il tourna la tête et la regarda.

« Je pense que nous devrions parler.

-J'ai rien à dire.

-Moi, si. Tu as le droit d'être en colère contre moi avec tout ce que je t'ai fait subir mais je ne regrette pas d'avoir voulu racheter ton hôtel à Mr Radcliff et cela qu'importe ta réaction.

-Tu ne comprends pas, imagine la presse aurait eu vent de cette affaire. J'aurais fait les gros titres « Charles Bass perd son hôtel et pour éviter la honte part en Angleterre. » Tu aurais pu tout gâcher. Serena aurait même pu en faire ça une !

-Je croyais que j'avais déjà tout gâché. Tu pars et c'est ma faute.

-Non Blair, je ne veux pas encore le refrain de ta culpabilité. Ca sonne bien trop faux et je n'ai pas le courage de faire semblant. Il n'y a rien à dire de plus, tu peux t'en aller.

-Quand pars-tu ?

-La semaine prochaine.

-Tu ne me diras pas au revoir, n'est-ce pas ?

-Blair je t'ai dit adieu il y a déjà bien longtemps maintenant. M'éloigner de toi ne peux me faire que du bien. »

Il s'était levé et s'appuyait maintenant contre le bar, penchant la tête. Blair n'avait pas bougé quand après quelques instants, il sentit sa main contre son bras.

« Alors c'est à mon tour de te dire adieu. »

Elle ne pleurait pas. Elle se contenta de la regarder, il pouvait lire qu'il avait gagné, elle n'insisterait pas. Elle le laisserait partir. Cette pensée le soulagea.

« Sois heureux Chuck »

Elle s'écarta de lui puis hésitante, elle se rapprocha. Il la regardait toujours. Lui-même était un peu chamboulé par tous les évènements de cette soirée. Blair posa sa main gauche contre son joue, il ne recula pas. C'était son tour à elle de lui faire ses adieux. Il vit Blair se penchait en avant, fermer les yeux et sentit soudainement ses lèvres sur les siennes.

Elle les avait posée avec douceur, les touchant à peine, les effleurant tout au plus de peur à son tremblement de se faire rejeter. Il ne bougea pas. Il la sentit se rapprocher un peu plus de lui, leurs corps se touchant très légèrement par endroit. L'espace d'une seconde, il pensait qu'elle allait se retirer et partir mais à sa surprise Blair pressa ses lèvres plus fortes contre les siennes.

Ce qui avait commencé par un simple petit baiser commençait à s'approfondir. Blair commença à l'embrasser plus franchement. Il ne la repoussa pas. Ses lèvres pressaient les siennes avec plus de détermination. Elle ouvrit la bouche délicatement, elle n'hésitait plus, et il laissa sa bouche s'unir à la sienne.

Il se laissa aller totalement, il ne pensait plus à rien, il ne réfléchissait plus, il posa ses mains contre les hanches de Blair qui se rapprocha encore de lui. Il sentait ses mains à elle sur ses épaules et dans son cou. Il entendit un léger son sortir de la bouche de Blair qui continuait à l'embrasser avec fougue. Il respirait difficilement car Blair ne lui laissait que peu de répit. Elle se rapprocha encore de lui, son corps pressé contre le sien. Elle l'embrassait langoureusement et enchaînait des baisers de plus en plus passionnés. Elle dévorait ses lèvres.

A son tour, il l'approcha de lui, colla ses mains contre ses reins et l'attira vers lui violemment obtenant un nouveau gémissement de la part de Blair.

Le baiser n'avait duré que quelques instants mais avait été d'une rare intensité.

« Blair ! Hurla Serena du haut de l'escalier. Il faut qu'on parle. »

Blair qui se trouvait dans le hall s'arrêta et se retourna, l'air peu aimable. Serena s'approche, un air désolé sur son minois.

« Je tenais à m'excuser pour hier soir et pour tous ces mois de mensonge. J'aurais du te le dire depuis le début que j'avais reçu l'ordinateur. Mais comme je te l'ai déjà avoué, à cette période j'étais faible et je me suis laisser prendre au jeu. Ca m'a plus d'avoir ce pouvoir.

-Quand ?

-Quoi ?

-Tu l'as reçu quand l'ordinateur ?

-Peu de temps après ton mariage, Georgina m'en a fait cadeau.

-Georgina ? C'est elle qui t'as donné l'ordi ?

-Oui, elle m'a tout fait livrer par la poste avec un petit mot typique d'elle. Tu la connais. En tout cas tu as raison d'être en colère. J'ai honte.

-Ne dis pas n'importe quoi ! Bien sûr que je suis choquée mais plus parce que c'est toi qui a été choisi que moi, à ta place je ne me serais pas gêné pour passer mes nerfs dessus et faire le maximum de ravage. A ta place on l'aurait tous utilisé.

-On croirait entendre Nate.

-Mais bien sûr, tu nous connais, d'ailleurs seul Nate, à mon avis n'en aurait rien fait ! Même Dan l'aurait utilisé !

-Je crois que tu es la seule à ne pas être en colère contre moi, avec Nate, bien sûr. Pourtant, j'étais morte de peur à l'idée que tu le découvres, que tu sois déçue de moi.

-S, ces derniers temps, je dois l'admettre, elle esquissa une grimace, tu as beaucoup changé. En bien. Tu es nettement plus mature et plus sûre de tes choix que moi alors peut importe que tu ai été Gossip Girl dans un moment de faiblesse. Et puis, elle rigola, tu es Serena Van Der Woodsen, tu vaux beaucoup mieux que tous ces gens de bas étages. »

Serena rigola, c'était vraiment du Blair tout craché, elle n'était pas en colère mais jalouse du cadeau, si l'on pouvait appeler ça comme ça, qu'elle avait reçu. Néanmoins, après les révélations de la journée, Serena désirait aborder un autre point nettement moins drôle.

« Comment ça va toi ?

-Si ta question signifie « Comment digères-tu le départ de Chuck » je te répondrais bien. »

Serena s'approcha, elle doutait de la sincérité de son amie et savait que sous cet air faussement détaché, Blair devait traverser une véritable tempête émotionnelle. Dans ces moments, il n'était pas toujours très facile de lui montrer son soutient. Elle l'a pris dans ses bras quelques instants. En rompant leur étreinte, elle aperçut, l'espace d'un instant, la tristesse qui régnait au fond des yeux de sa meilleure amie. Blair inspira un grand coup, afin de se redonner une certaine contenance.

« Va travailler. Même si tu couches avec le patron, il pourra toujours te réprimander pour ton retard. »

Blair était assise sur l'un des tabourets de la cuisine. Elle était seule, pensive. Elle dégustait distraitement une tarte aux fraises. Eleanor entra dans la cuisine et vint s'installer près de sa fille. Elle lui calla une mèche de cheveux derrière l'oreille attirant ainsi son attention.

« Celle servit au petit-déjeuner n'était pas à ton goût ?

-Si, elle était délicieuce mais j'avais envie d'autre chose. D'une saveur différente.

-Eh, cette saveur est-elle égale, moins bien ou supérieure à l'ancienne ?

Eleanor échangea un regard profond avec sa fille.

-Elle est juste différente. Elle me correspond plus en certains points que l'ancienne mais, d'un autre côté, il lui manque ce piquant, ce petit plus qui fait toute la différence.

-J'ai appris pour le départ de Chuck. »

Blair cessa de regarder sa mère et se replongea dans sa tarte. Eleanor, toujours assise sur le tabouret, la contemplait. Elle avait bien vu les changements d'humeurs récents de Blair et depuis qu'elle en connaissait la cause, elle s'inquiétait pour sa fille.

« J'ai vu le post de Gossip Girl à ce sujet. Elle s'arrêta un instant. Notamment, sur ton implication dans ce départ et sur ton engagement pour remédier à la situation. »

Blair pris une grand inspiration. Toujours sans quitter des yeux sa tarte, elle se décida à répondre aux interrogations de sa mère.

« J'ai tout essayé. Mais ce n'est pas suffisant. Je n'ai pu empêcher ce qu'il s'est passé. Je me sens tellement coupable, responsable de ce qu'il lui arrive. J'aimerai vraiment rattraper la situation, améliorer les choses.

-Au-delà du paiement de ta dote, qui, souviens-toi était son choix et sa responsabilité, Blair regarda sa mère, c'était un geste honorable et désintéressé de sa part. Je l'en remercierai toujours de ce qu'il a fait pour toi. Mais, ce n'est pas ce que je voulais évoquer maintenant. Je voulais parler de tes sentiments pour lui. De ce piquant, de ce petit plus qui fait toute la différence. Elle fixa Blair en disant ces mots. Je pense que tu dois lui parler, du règlement de la dote et de ce qu'elle implique pour lui, de vos sentiments, de ton divorce et de ta nouvelle relation avec Dan surtout au vu de ce que tu en penses. Mettre les choses à plat. Comme je te l'ai fait remarquer à mon retour, j'ai vraiment été très surprise de découvrir la personne avec qui tu étais en couple. Pourtant, Chuck était tellement une évidence. Je n'imaginais personne d'autre pour toi après l'épisode Louis. Et, elle reprit sa respiration, si cette évidence était aussi naturelle pour moi, alors, imagine pour lui.

-J'ai essayé. On en a parlé, il a dit la même chose que toi sur notre relation et son tournant depuis l'accident de voiture. J'ai perdu le contrôle, elle releva les yeux vers sa mère. J'étais perdue, la situation m'échappait complètement avec le mariage, cet amour inoubliable et incontrôlable pour lui. J'avais peur. Je me sens si vulnérable quand je suis avec lui, comme exposée mais tellement forte à la fois, tellement vivante, elle se stoppa, tellement amoureuse. Elle baissa les yeux.

-Ne baisse pas les yeux. Elle lui releva le menton vers elle. Tu es une Waldorf. Tu n'as pas à avoir peur de tes sentiments, ni à te sentir faible. Je crois que tu devrais aussi parler avec Dan.

-J'aime ma relation avec lui. C'est si différent, si simple. Il m'aime, il me l'a dit.

-Blair, tu es peut être tout à fait bien dans cette relation. Si tu souhaites réellement t'impliquer et la faire aller de l'avant, tu te dois de mettre les choses au point avec Chuck pour savoir où vous en êtes, évaluer ce que son départ à réveiller en toi. Une fois que tu seras sûr, ton choix s'imposera de lui-même. Quant à Dan, sois honnête avec lui, il t'aime sincèrement, tu ne devrais pas le faire souffrir. »

Blair esquissa un sourire. Sa mère était de bons conseils. Elle la remercia et l'a pris dans ses bras. Tout en l'enlaçant, elle se rappela que le jour de son mariage, sa mère n'avait pas hésité à aller chercher Chuck car, son prince ne se trouvait pas à Monaco mais, ici, à New York et tout le monde le savait.

Serena, comme prévu, arriva en retard à son travail. Elle se dépêcha de déposer ses affaires sur son bureau, d'enlever sa messagerie vocale, sous les yeux malveillants de ses collègues, avant de filer vers le bureau de Nate.

« Tu es en retard ce matin. Serena pris une mine contrite. Mais je ne t'en tiendrai pas rigueur. Il lui souria.

-Considère ça néanmoins comme mon excuse mais je discutais avec Blair.

-Je n'en ai pas dormit de la nuit alors je n'imagine même pas dans quel état doit être Blair. Surtout qu'elle vit avec ça depuis une semaine. »

Serena contourna le bureau et vint s'asseoir sur ses genoux. Il passa tendrement ses bras sous les siens. De près, elle remarqua les cernes sous ses yeux témoin de sa courte nuit. Il avait les traits tirés et semblait dans le même état que Blair, ce matin.

-Moi aussi la nouvelle m'a bouleversée. J'arrive toujours pas y croire. C'est dur d'imaginer que Chuck va nous quitter pour s'installer à Londres. C'est comme si une partie de moi-même partait avec lui. Je n'aurais jamais cru que son départ m'aurait autant chamboulé. Moi qui ne voulais pas de lui comme demi-frère, il me manque déjà avant même d'être partie. Il n'y aura plus notre quatuor, toi, moi, lui et Blair. Elle soupira.

-Je ressens la même chose que toi. Depuis qu'on s'est remis ensemble, je m'imaginais à nouveau comme à l'ancienne époque où on était tous les quatre à vivre à l'Empire. Je me disais qu'on aurait pu revivre ça. Que Chuck allait reconquérir Blair car malgré toute cette colère qu'il a contre elle, il est toujours aussi amoureux d'elle. J'ai bien vu sa façon de la regarder. Lui et moi, on a vécu de supers moments dernièrement, il va me manquer. Je voudrais vraiment qu'il reste. Mais pour ça, il me faudrait accomplir un miracle.

Il faisait presque nuit quand Nate rentra à l'Empire. Il avait longuement travaillé sur tous les dossiers en cours. Il avait également rangé son bureau, fait du tri dans son ordinateur mais malgré toutes ses tentatives pour espérer gagner un maximum de temps, il était là dans l'ascenseur qui le ramenait chez lui. Hier soir, après l'annonce de la nouvelle de son départ, il était rentré très tard et n'avait pas croisé Chuck dans la suite. Il savait que ce soir, il se verrait et qu'il devrait parler.

Au moment où les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, il ne vit ni Chuck, ni Monkey. Il souffla et alla déposer ses affaires sur le canapé. Il entendit bientôt des bruits de pas émanant de la cuisine et bientôt le chien vint à sa rencontre, suivit de Chuck.

« Tu rentres bien tard.

-Désolé, j'avais pas mal de boulot, des dossiers à boucler. Il caressa Monkey. »

Chuck alla s'asseoir dans l'un des deux canapés et invita Nate à faire de-même. Face à face et après quelques instants, Nate se décida.

« Pourquoi est-ce que tu en as parlé à personne ? On aurait pu t'aider.

-Nathaniel, c'est inutile. On ne va pas refaire l'histoire éternellement. Néanmoins, ne te sens pas mis à l'écart du fait que je ne te l'ai pas dit. Même Blair n'aurait jamais du être au courant. Je lui ai avoué dans un moment de faiblesse. Alors comme ça Serena était devenue Gossip Girl et tu ne m'avais rien dit. Je vois que je ne suis pas le seul à avoir des secrets. »

Nate souri à son ami et lui raconta toute l'histoire.

Blair était allongée sur l'un des gros coussins qui décorait son lit. Sur le ventre, elle bougeait d'avant en arrière ses jambes et réfléchissait. Elle songeait à ce que sa mère lui avait conseillé ce matin. Elle se rappelait également les évènements survenus la veille, à l'Empire. Elle était venue s'expliquer mais il n'avait pas voulu l'entendre. Il était énervé contre elle, elle pouvait amplement le comprendre. En repensant à ce qu'elle avait fait, elle trouva, elle aussi, tout cela stupide. Il avait raison.

Elle pensa également au poste de GG, « seule une femme amoureuse » peut faire ce qu'elle a fait. Chuck. Elle se retourna et vint se positionner sur le dos, elle se mit à regarder le plafond.

Flashback

Elle avait franchit la ligne. Même si celle-ci était invisible. Elle était envahie par un sentiment terrible de transgression. Elle avait commis, à la fois, une erreur fatale et délicieuse.

Il se tenait devant elle. La bouche encore entre-ouverte. Quelques instants plus tôt, elle venait de quitter ses lèvres. Elle avait sentie sa respiration contre la sienne, ses frissons, le même trouble qui la balayait de tout son être.

« Chuck. »

« Blair ? »

La voix de Dan la sortit de sa rêverie. Elle se redressa, lui lança un sourire et l'invita à venir s'asseoir près d'elle.

« Tu veux qu'on parle ? lui demanda t'il sincèrement inquiet.

-Non. Il n'y a rien de plus à ajouter à ce qu'on s'est dit hier. Ne t'inquiète pas pour moi. »

Il l'a pris dans ses bras mais à cet instant, il sentit une différence. Bien qu'infime, il savait qu'une partie de Blair ne lui appartenait plus. Il resserra son étreinte. L'inquiétude brutale qui se rependait dans l'ensemble de son être à cette conclusion n'était peut être que le début d'une réflexion plus terrible encore.

Cela faisait maintenant trois jours qu'elle attendait avec impatience ce rendez-vous. Elles avaient besoin de parler. Avec les nombreux rebondissements de ces derniers jours, elle souhaitait vraiment tenter de remettre les choses aux claires. Lorsqu'elle entendit le bruit de l'ascenseur et les talons martelant le sol, elle posa son café et vint à sa rencontre.

« Serena, ma chérie, assieds-toi. »

Après une accolade très froide, Lilly reprit sa place dans le canapé, près de sa fille.

« Pourquoi as-tu demandé à me voir ?

-Je crois qu'il faut qu'on parle. Serena acquiesça. Après ce qui s'est passé il y a trois jours, je me suis remise en question, je vois les évènements différemment. Je ne parle pas uniquement du divorce mais aussi du départ de Charles et du fait que tu as été Gossip Girl. D'avoir été mise à l'écart, de n'avoir été au courant de rien, ça m'a bouleversé. Je crois que tu avais raison, j'ai été égoïste.

-Maman, je ne dirais pas égoïste. Je pense surtout que, malgré que tu ai toujours dit le contraire, tu souffres de ta séparation.

-J'ai mis du temps à m'en rendre-compte mais, oui, je vis mal ce nouvel échec sentimental.

-Rufus est un homme bien. Tu n'as jamais été autant épanouie depuis que vous êtes ensemble. Je crois vraiment que tu devrais faire un pas vers lui et essayer de recoller les morceaux.

-Ma fille a bien grandie, elle est devenue bien sage. Tu as raison, j'irai lui parler. Mais ce qui m'a fait ouvrir les yeux c'est de ne pas m'avoir rendu-compte du mal être et des tourments que vivaient mes enfants. Tu aurais du venir me parler ma chérie. J'aurai dû être là pour t'aider et t'écouter. Au lieu de ça tu t'es réfugié dans ce site.

-Maman, même si tu aurais été là, j'aurai agi de la même façon. Je pense, qu'au fond, cette expérience m'a été bénéfique. J'en ressors grandi. Lilly esquissa un sourire. Je voulais m'excuser aussi pour la vidéo de toi et Rufus, je n'aurais jamais du faire ça mais j'étais en colère.

-Merci. Je dois aussi te présenter mes excuses. C'est probablement mieux que tout le monde soit au courant. De plus, je vais arrêter de fréquenter tous ces hommes. »

Serena souri à son tour. Elle était fière de sa mère et de son nouveau comportement.

« Il faut que j'aille voir Charles maintenant. Depuis son annonce, je n'ai pas pu lui parler. »

Cette fois, Serena eut un sourire triste. Elle voyait bien dans les yeux de sa mère toute l'inquiétude qu'elle avait pour son demi-frère.

Serena passait les portes de l'ascenseur quand pour la seconde fois de la journée, elle aperçut sa mère. Elle s'apprêtait à partir. Elle se tenait près de Chuck et l'embrassa affectueusement sur la joue. Serena entra dans la suite tandis que sa mère appelait l'ascenseur.

« Salut Chuck. Nate est là ?

-L'une des tes informatrices ne t'as pas envoyé de mail ? »

Serena souffla et laissa tomber son sac sur le canapé en levant les yeux. Chuck n'avait pas perdu son humour.

« Avoue, ça te manquera. »

Serena souri. Nate arriva de la salle de bain à cet instant précis, il s'essuyait les cheveux avec une serviette.

« Tu es là. Elle l'embrassa.

-Je reviens tout juste du sport.

-Mais tu es douché cette fois. »

Elle avança d'un pas léger et discret dans l'appartement. Le salon était vide. Seules les lueurs de deux petites lampes l'éclairaient dans la noirceur de la nuit. Il n'y avait aucun bruit. Elle regarda le bar mais ne vit aucune trace d'un récent passage. Elle était stressée. Elle se sentait glacée. Elle décida de partir, soudainement elle ne s'en sentait plus capable. En se retournant, elle vit qu'une fine lumière émanait de sa chambre. Elle s'arrêta net comme tétanisée. Il était la. Instinctivement, elle sentit son pouls accéléré, elle regarda le sol un instant et se répéta mentalement qu'elle devait le faire.

Elle alla doucement jusqu'à la porte. Une fois devant, elle hésita. Elle tendit néanmoins le poing et toqua. Lorsqu'elle entendit le « Entrez », elle saisit la poignée de porte et entra.

Du seuil, elle le vit. Il était en peignoir, debout, penché vers sa commode. Il ne l'avait pas encore vu, il devait probablement croire que c'était Nate.

« Chuck. »

Lorsqu'il tourna la tête vers elle, elle pouvait lire l'étonnement au fond de ses yeux. Il avait la même expression qu'elle, celle de la vulnérabilité. Il se redressa mais n'avança pas. Visiblement, il attendait l'explication quant à la raison de sa venue. Blair entra dans la chambre et s'arrêta au pied du lit.

« Je veux juste parler. »

Ils étaient face à face à se regarder. Blair attendait. Elle attendait un signe qui lui fasse comprendre qu'il acceptait la discussion et qu'elle pouvait parler. Il ne disait rien alors elle se lança.

« J'ai besoin de savoir. Qu'est-ce que tu as ressenti après l'accident ? Etais-tu vraiment décider à aller au bout du monde avec moi ?

-Blair. Tu as déjà les réponses à ses questions. »

Blair était au bord des larmes, elle ne s'était jamais sentie aussi faible, aussi triste. Elle n'avait plus rien à perdre. Elle s'approcha très légèrement.

« Il y d'autres choses que j'ai besoin de savoir. Tu m'as libérée d'une vie de malheur et de tristesse au prix de la tienne. Tu m'as dit que tu me détestais pour ce que je t'avais fait qu'à cause de moi, tu avais tout perdu. Mais, elle s'approcha encore, j'ai besoin de savoir. »

Elle avait les yeux brillants. Elle était proche de lui maintenant. Sa respiration était saccadée. Elle le regardait dans les yeux. Lui aussi regardait le fond de ses yeux marrons avec une grande intensité.

« Sens-tu cette tension ? Ressens-tu l'accélération de ton souffle, les battements oppressants de ton cœur contre ta poitrine, le réveil de tous tes sens, ce besoin presque vitale de devoir sentir, toucher, caresser la moindre parcelle de peau ? Veux-tu, à chaque instant, avoir son regard posé sur toi et en frémir tellement ça te bouleverse ? Pouvoir embrasser la douceur de ses lèvres, partager ses rires et ses tristesses. C'est toutes ces choses qui me dévorent, qui me rendent vulnérable, qui m'hypnotisent. Tu m'éblouis Chuck Bass. »

Elle s'arrêta un instant.

« Je n'ai jamais ressentie ça pour quelqu'un d'autre même si j'ai mis beaucoup trop de temps à m'en rendre-compte. Tu es le seul. J'ai commis un tas d'erreurs, nous avons commis un tas d'erreurs. Il faut cesser de se blesser mutuellement, chacun son tour. Ce baiser que l'on a échangé m'a transformée. Maintenant, elle le fixa, j'ai besoin de savoir, un « nous » est-il encore possible ? »

Elle vit la surprise dans son regard mais le reste de ses sentiments était indescriptible. Il baissa la tête. Lorsqu'il la releva, elle eu la réponse à sa question.