Au printemps, au lieu des fleurs pétrifiées par le gel déposées par leurs amis, ce furent des plantes naturelles et vivaces qui éclorent insolemment sur la tombe de Sherlock et John, comme un doigt d'honneur à la mort qui les avait pris.
C'était pourtant tellement triste et injuste cette vie sur leurs tombes, alors qu'eux étaient endormis à jamais, condamnés à disparaître de la mémoire de tous ceux qui les avaient connus. Car ils tomberaient inévitablement dans l'oubli : les vivants ne peuvent pas penser sans arrêt aux morts sous peine de les rejoindre trop vite. Pourtant, Sherlock et John, comme tous ceux qui étaient étendus à leurs côtés, ne méritaient pas d'être oubliés.
On ne devrait jamais oublier les morts.
