Son lapin en chiffon roulé contre sa gorge, Roland clôt les paupières après que son père et moi ayons tour à tour déposé un baiser sur son petit front, entretenant de ce fait le même rituel sécurisant propre aux enfants, quand vient l'heure du coucher.

A son âge, je m'endormais au son de la respiration de Ruby, mes membres emmêlés aux siens.

« Bonne nuit mon cœur, je souffle doucement à son oreille avant de moucher la chandelle.

- Bonne nuit Maman. » Me répond-t-il de sa petite voix déjà lourde de sommeil.

Couchés à ses côtés, Will et Arthur ne tardent pas à le rejoindre, nous saluant d'un sourire pour l'un, et d'un signe de tête pour l'autre.

Il est tard, et la journée a été riche en émotions.

Par nécessité et sécurité, nous élisons domicile dans une vieille ferme abandonnée il y a de cela des années pour des raisons qui nous sont encore inconnues, à l'écart de tout le monde, tels les hors-la-loi que nous sommes devenus.

Mais ces deux dernières semaines ont prouvé que même les fugitifs peuvent avoir droit à une fin heureuse.

Suite à nos fiançailles - dont j'ai été réellement surprise d'apprendre que tout le monde les attendaient - nos compagnons ont tenu à s'occuper des noces, du banquet et de la confection d'un cadeau commun.

Qui leur a causé bien des tracas à l'entente des coups de marteaux et jurons colorés qui, sortant du coin à coucher de la chaumière où je loge, me sont même parvenus alors que je menais les bêtes à la clairière.

Quant à ma robe, je l'ai cousue moi-même dans l'un des rouleaux de tissu ramenés entre autres provisions, par le groupe durant ma première semaine parmi eux, ayant choisi celui qui se rapprochait le plus du bleu lavande.

Tout comme notre union, je l'ai faite belle et simple à la fois, coupée à mes mesures pour qu'elle puisse glisser sur mes courbes comme elle se doit. Contrairement à mon habitude, j'ai relevé mes cheveux en un élégant chignon, que j'ai ensuite coiffé d'une couronne composée des petits boutons blancs propre aux gypsophiles, et piquée de violettes sauvages.

Et ce matin, moi Regina, l'orpheline devenue sorcière par le savoir d'une bonne âme et sous l'office de Frère Tuck, me suis unie devant Dieu, notre fils et nos amis, à Robin des Bois, échangeant avec les siens mes vœux respectifs d'amour, de fidélité et de loyauté.

Redescendant de l'étage sans bruit - nos deux autres compagnons étant eux aussi partis se coucher - je pose à peine le pied à terre que mon époux me soulève dans ses bras comme si je ne pesais rien, pour dans un premier temps, nous faire sortir de la maison.

Le deuxième étant simplement de nous mener à l'autre chaumière qui sera désormais la nôtre.

Quand je ramène ensuite ma main sur son torse, la goutte de rubis de la bague de Granny scintille doucement à la lumière de la lune, qui baigne la forêt et le domaine de sa lumière laiteuse.

Elle est désormais mon seul héritage, et je n'en désire nulle autre.

« Voyons cette surprise. » Souffle mon époux quand nous arrivons devant la porte.

Parce que nous offrir l'intimité d'un foyer - Roland dormant avec eux cette première nuit pour nous laisser savourer la douceur de nos noces - n'est que la première partie de leur présent.

Intriguée moi aussi, je tend mon bras pour tourner la poignée, et pousser doucement le panneau de bois.

Pénétrant à l'intérieur, je ne remarque en premier lieu rien de changé, tout est sa place, aussi peu possédons-nous. Me reposant doucement sur le sol de terre battue, Robin s'emploie à allumer la chandelle reposant sur le rebord de l'âtre de la cheminée, éclairant la pièce d'une douce lueur.

C'est quand cette dernière danse sur le rideau tiré au fond de la pièce, alors que mon voleur se meut à mes côtés que je comprend.

Aussi je réduis la courte distance, et écarte les pans de tissus pour trouver un grand lit pourvu de l'ossature en bois propre aux couches à baldaquin des plus grands où, à défaut de rideaux, des guirlandes de lierre et de lavande y sont enroulées.

Émerveillée, je m'approche de notre nouvelle couche tout en faisant le tour, pour me mieux me rendre compte du travail effectué.

Parce que même aussi serrés que possible, il nous a été jusque là des plus difficile, voir impossible de dormir à deux dans un de ces lits aussi étroits que nous nous sommes appropriés chacun notre tour.

Ceci-dit, il est déjà de bon ton que nous ayons eut autre chose que simples paillasses, leur nombre devant s'expliquer par celui des membres des deux familles ayant habités ici.

Aussi, en cadeau de mariage, et s'étant servi du bois fournis par les montants des lits restants, nos compagnons se sont-ils improvisés menuisiers pour nous fabriquer une couche nuptiale digne de ce nom.

C'est si bien taillé et imbriqué ensemble qu'on pourrait s'y méprendre sans mal.

« C'est grandiose. » Je murmure, presque pour moi-même, embrassant ensuite notre nouvel environnement du regard.

Tandis que Robin me rejoint, et prend soin de refermer le volet unique du coin de la pièce avant de poser la chandelle sur la table de chevet, je remarque également l'imposant coffre de bois qui, ayant lui aussi subi quelques changements, trône majestueusement devant le lit.

Je ne doute pas un seul instant que toutes nos affaires réunies ont dû y être déposées.

Enroulant ensuite ses mains autour de ma taille après avoir ôté ma couronne de fleurs, et défait mes longs cheveux, mon voleur me serre tendrement contre lui, chuchotant à mon oreille :

« Et si on testait notre cadeau ? »

Un sourire se dessinant ses mes lèvres, je me tourne dans ses bras pour lui faire face, entourant son cou des miens.

« Tu es insatiable, je le taquine tandis que j'ondule contre lui sous les caresses de ses mains, qui descendent s'échouer sur l'arrondi de mes fesses.

- On a encore rien fait, se défend-t-il, enfouissant son visage dans mon cou pour le parsemer de baiser brûlants. Dois-je te rappeler que c'est toi même, qui a préféré attendre le temps de ma convalescence ?

- Plus longue est l'attente, meilleur est le plaisir. » Je susurre alors en réponse à son oreille, omettant volontairement le fait que je ne voulais réellement pas le blesser davantage.

Je le sens se tendre contre moi avant qu'il ne concède dans un murmure rauque :

« C'est vrai. »

Et rompant par la suite notre étreinte sans toutefois la moindre brusquerie, le regard voilé d'un désir brûlant:

« Et désormais, tu es mienne. »

Parcourue de la même fièvre, je me colle à lui, ondulant une énième fois tandis que je commence à défaire les lacets de sa chemise.

« Comme tu es mien. »

Il lève les bras pour me faciliter les choses quand je soulève le vêtement pour le lui retirer, posant ensuite ma paume gauche sur sa cicatrice récente dont j'ai retiré les points deux jours auparavant. Un long frisson glisse sur sa peau alors que ses doigts agiles ne sont pas en reste, jouant à dénouer mon corsage, tirant doucement sur le cordon pour prendre le temps de me dénuder.

J'esquisse un mouvement pour l'aider mais il avorte mon geste d'un baiser tendre sur ma bouche, demandant dans une prière de la même veine :

« Laisse moi faire. »

Alors une fois n'est pas coutume, j'obéis, en profitant pour caresser la peau couturée de son torse, soupirant doucement alors que ma robe commence à s'ouvrir.

Libérés de leur prison de tissu, mes seins se dévoilent finalement à lui, ronds et blancs, si ce n'est mes mamelons bruns déjà durcis sous l'envie qui me submerge. Les empoignant doucement entre ses paumes calleuses, Robin prend son temps pour les cajoler, les pulpes de ses pouces venant ensuite taquiner leurs pointes si sensibles.

Me mordant la lèvre sous le plaisir qui afflue en moi, je sens mon cœur s'affoler quand après avoir remonté ses mains sur mes épaules pour accompagner la chute de ma robe, Robin embrasse ma gorge, puis descend à mesure que l'étoffe glisse sur mes bras.

N'ayant pas manqué de tracer une ligne imaginaire d'ardents baisers sur mon grain de peau, il se positionne ensuite à genoux devant moi, terminant de me dévêtir.

Entièrement.

« Tu es si belle. » Affirme-t-il ensuite, enlaçant ma taille de ses mains, et posant son front sur mon ventre sur lequel il pose à nouveau ses lèvres, après avoir envoyé la totalité de mes mes vêtements sur le coffre de bois.

L'amour n'est pas pas chose inconnue pour moi, et bien que je n'ai été avec personne après Daniel, les gestes de Robin me rappelle sans mal mes premiers émois.

J'étais jeune alors, et tout autant novice que l'était mon tendre promis à cette époque. Nous avons appris ensemble, découvrant mutuellement nos corps d'adolescents dans une passion nouvelle et hésitante, malgré la folie de nos actes.

Aujourd'hui, je suis une femme avec les formes et les courbes qui sied à un corps adulte, mais j'ai conscience d'avoir encore à recevoir pour pouvoir donner.

Et voir cette tendresse infinie dans les yeux de celui avec lequel j'ai librement choisi de vivre, sentir ce respect dans ses gestes, me donne le sentiment d'être plus belle encore qu'il ne peut le penser, moi qui ne me suis jamais vu autrement qu'à travers les yeux d'autrui.

Aussi je sens ma vision s'embuer de reconnaissance et de joie, de me savoir unie pour toujours à un homme aussi merveilleux.

Croisant mon regard, Robin s'inquiète une seconde avant que je ne secoue la tête pour le détromper, souriant doucement tout en posant une main sur sa tête pour passer tendrement les doigts dans ses cheveux courts.

« Je t'aime. » Je lui confie dans un souffle, consciente au-delà du possible d'avoir à jamais lié, à la fois mon cœur et mon âme aux siens.

Ses mains reprennent leur danse dans mon dos, ainsi que mes fesses et reviennent ensuite sur mon bassin, m'invitant d'un geste à m'asseoir tandis qu'il me répond d'une voix basse :

« Je t'aime aussi ma Douce. »

Suivant le mouvement, j'accède à sa requête, m'allongeant même avant de commencer à me glisser au creux des draps, pensant qu'il viendrait me rejoindre.

Mais Robin bloque mes chevilles entre ses mains avant d'écarter doucement mes jambes pour se placer entre elles. Comprenant ce qu'il a en tête, je cherche alors à me redresser, quand mon futur amant pose une main ferme sur mon ventre.

« Robin, j'appelle ensuite. Ne te crois pas obligé. »

En réponse, sa main se déplace pour venir se placer derrière ma cuisse pour me placer plus confortablement, juste avant qu'il ne pose un chaste baiser sur mon sexe humide. J'en frémis de suite, grisée par la décharge de plaisir qui vient de m'embraser.

« Laisse-moi t'aimer comme tu le mérite. » M'invite alors mon époux, son souffle chaud devant mon entrée sensible accélérant mon rythme cardiaque.

Puis sa langue mutine se mêle aussitôt à la dance, et je rend les armes.

La tête rejetée en arrière et les mains se fermant convulsivement sur le drap, je me tortille d'un plaisir brûlant d'un feu divin et enivrant, en venant rapidement à gémir sans retenue et sans honte.

Se jouant de moi alors qu'il vient de glisser un premier doigt en moi, alternant vitesse et profondeur sans jamais cesser me de goûter, il me fait découvrir des zones de félicité dont je n'avais moi-même pas conscience.

« Robin, j'halète soudainement, sentant les premières vagues de l'apogée de mon plaisir m'envahir, alors qu'il accentue sa douce torture. Robin, je vais... »

Une seconde plus tard, l'orgasme me submerge et j'en savoure sans gêne la moindre étincelle que je sens crépiter en moi.

J'inspire doucement et lentement le temps de reprendre mes esprits, aidée des baisers humides de mon amant sur mes cuisses, avant de me redresser souplement et sceller nos lèvres ensemble.

Rapidement, j'entreprend de défaire sa ceinture d'un geste sûr, déboutonnant ensuite le pantalon pour faufiler ma main à l'intérieur.

Un grognement s'échoue sur ma bouche quand je referme mes doigts sur son membre déjà dur, m'employant par la suite à le caresser avec lenteur et fermeté sur toute sa longueur.

Posant son front sur le mien alors qu'il tend notre baiser, Robin me prévient dans un soupir rauque où je suis fière d'y déceler un plaisir à l'état brut :

« Je ne vais pas tenir longtemps si tu continue. »

Parce que je sens moi aussi un feu ardent dévorer depuis peu mes entrailles, je lui ordonne sans préambule :

« Alors fais-moi l'amour. »

Pour toute réponse, il m'embrasse une nouvelle fois, se redressant doucement pour m'inviter à m'allonger à mon aise, tandis qu'il se recule pour retirer ses derniers vêtements, les posant comme les miens sur le dessus du coffre.

Puis il vient s'allonger sur moi, prenant garde à toutefois faire peser son poids sur ses avants-bras, avant de se placer entre mes cuisses ouvertes.

Alors que mes mains se glissent sur son dos pour venir se poser sur ses fesses rondes et musclées, il plonge tendrement en moi, me laissant cependant le temps de m'habituer à sa présence.

« Ça va ? » Me demande-t-il doucement, replaçant une mèche de cheveux égarée sur mon front.

Incapable de parler tant le plaisir d'être emplie de lui me laisse sans voix, j'hoche la tête dans un sourire, néanmoins touchée par sa prévenance. Mais me sentant présentement totalement prête à le recevoir tout entier, j'accentue la pression de mes paumes et ondule langoureusement contre lui, la manœuvre aboutissant sans mal à une union complète et charnelle de nos deux corps, cette dernière nous ayant également arraché un long râle de plaisir mutuel.

Je l'emprisonne ensuite de mes bras et de mes jambes quand il débute un va-et-vient, qui s'intensifie rapidement en vitesse et fermeté, le gardant contre moi tout en profitant pleinement du plaisir qu'il me donne.

Avant de faire mine de le repousser pour inverser les positions.

J'ai encore beaucoup à apprendre, mais je sais ce que je veux et suis mon envie instinctive d'être sur lui, offerte comme personne d'autre que lui ne me verra un jour.

Et quand je vois briller ses pupilles d'un éclat particulier alors que je le chevauche présentement, ses grandes mains glissant sur ma taille pour remonter dans mon dos en de longues caresses, j'en souris de fierté et d'effronterie. Juste avant qu'en guise de représailles, il n'accompagne mes mouvements de hanches voluptueux d'un rythme bien à lui, qui me remplit de sa présence dans sa totalité, et m'arrache sans mal de lascifs gémissements, traduisant une extase sans nom.

Qu'il est bon d'être ainsi possédée par cet homme...

Me cambrant sous le feu qui embrase mes entrailles, je rejette la tête en arrière, assurant mon équilibre de ma main gauche sur ma cheville, et de la droite sur son ventre ferme, dont les muscles se contactent sous mes doigts à chacun de nos assauts combinés menés entre mes chairs humides.

Jamais je ne me suis senti autant moi-même qu'à cette seconde, dévoilée sans pudeur, ni artifice d'aucune sorte aux yeux de mon amant, comme si le monde autour de nous n'avait plus lieu d'exister.

Les yeux mis clos et la lèvre inférieure prise entre mes dents, je sens mon souffle se bloquer alors que quelque chose commence à se rompre en moi, doux prémice d'un plus grand délice à venir. Alors je soulève mes paupières et redresse la tête pour ancrer mon regard à celui de Robin, un voile de luxure assombrissant ses iris quand dans un sourire, il nous achève tous deux sur l'autel de la passion d'un coup si bien placé, que je me tend d'un seul ensemble, un cri muet au fond de la gorge.

« Bon Dieu. » Je jure dans un murmure une seconde plus tard, le cœur battant si fort que je ne crains l'espace d'un court instant qu'il ne finisse par exploser.

Terrassée par la jouissance qui engourdit mes membres d'une chaleur bienheureuse, je me désengage ensuite avec douceur, m'allongeant cependant sur le torse de mon voleur, le haut de ma tête reposant au creux de sa gorge.

Loin de se plaindre de ma position, ce dernier tâtonne autour de nous pour nous couvrir sommairement, avant d'enrouler ses bras protecteurs autour de moi.

« Tu es merveilleuse. » Me souffle-t-il avec une tendresse sans pareil.

Mais je sombre déjà.