Coucou tout le monde !

Chapitre très long par rapport aux autres (trois fois plus que le premier par exemple !)

Petite info de l'auteure, dans ce chapitre, il y a une chanson qu'elle trouve parfaite pour la scène : « Give Me Love » de Ed Sheeran

Je suis sûre que vous allez adorer ce qui va suivre, alors je vous laisse en profiter !

Alice.


Je n'ai pas parlé à Ron, Dean ou Seamus depuis deux semaines.

J'ai informé le professeur McGonagall de l'attaque le jour suivant, et elle s'est occupée d'eux. Je savais qu'ils s'étaient tapé des retenues jusqu'après les vacances de Noël.

L'histoire de mon discours à la Salle Commune de Gryffondor s'était propagée dans toute l'école, grâce au système de ragots de Poudlard. Plus personne ne nous harcelait Draco ou moi, sur notre amitié. Les Gryffondor étaient évidemment en colère contre moi pour avoir enlevé autant de points à notre Maison, mais ça ne m'intéressait pas le moins du monde. Les Serdaigle trouvaient ma réaction curieuse, mais n'en parlaient pas. Je sais que les Poufsouffle pensaient que ce que j'avais fait était noble, se battre pour le bien malgré mes appartenances.

La réaction la plus bizarre de toutes venait des Serpentard.

Ils étaient extraordinairement impressionnés par moi. Ils supporteraient Malfoy quoi qu'il fasse, il était leur leader après tout. Le fait que je l'ai guéri, puis hurlé sur ma propre Maison à propos de ce qui s'était passé m'avait mise dans leurs petits papiers, et tant pis pour mes origines.

Aussi, ils n'étaient pas mécontents du nombre de points que j'avais retiré.

Avoir les faveurs des Serpentard était honnêtement bizarre. Mais ça aidait beaucoup. Le premier jour suivant mon discours, Seamus avait tenté de me parler. Quand j'avais vaillamment pris la direction opposée, il m'avait attrapé le bras pour me parler.

Il avait été inconscient en une seconde par la main de chaque Serpentard dans le couloir.

Ron continuait de me jeter des regards noirs à chaque fois qu'on était dans la même pièce, mais je savais que je lui manquais. Il avait essayé de demander à Harry et Ginny de me parler, mais ils n'avaient pas voulu.

Le Couple d'or, même s'ils ne l'admettraient jamais, était résolument de mon côté. Ils haïssaient peut-être Malfoy, mais ils n'auraient jamais cautionné un tel acte si ça avait été quelqu'un d'autre.

Je passais le plus clair de mon temps à la bibliothèque. Après avoir passé deux nuits endormie dans les bras de Draco Malfoy, j'avais décidé qu'un moment loin de lui serait peut-être le remède dont j'avais besoin.

Ça ne l'était pas.

Même si je ne le voyais pas aussi souvent, je le voyais tous les soirs. Mes rêves étaient infestés de lui.

Je me réveillais en frissonnant tous les matins.

Ma peau allait cependant mieux. Pas assez à mon goût, mais assez pour que je le remarque. Je pouvais en quelques sortes manger, maintenant. Du moment que ce que je mangeais n'était pas super solide, je pouvais ne pas m'étouffer avec.

La préparation du Bal de Noël se passait bien. On avait choisi le thème du Paysage hivernal féerique. Un groupe de préfets avait été à Pré-au-lard quelques jours plus tôt pour aller chercher des décorations. La nourriture était fournie par les Trois Balais.

Il y avait un paquet de « fait » sur la liste des choses à faire.

Une nuit, à peu près deux semaines après l'attaque, je revins tard dans la Salle commune. J'avais étudié la Métamorphose, et je ne voulais rien d'autre que je m'allonger dans mon lit.

Mais Blaise était assis dans le canapé à m'attendre.

-Enfin t'es là ! fit-il, sa voix sonnant presque colérique. Je te cherche depuis deux semaines.

Je levais un sourcil.

-J'étais occupée.

Il croisa les bras.

-Pendant deux semaines ? demanda-t-il, l'air sceptique.

-Je passais du temps à la bibliothèque, répondis-je, mal à l'aise.

-Je pense que tu évitais Draco.

-Je ne l'évitais pas ! affirmais-je, même si je savais que c'était en vain.

-Je me fous que tu veuilles mettre de côté ton attirance pour Draco, dit Blaise. Comment savait-il tout sur tout ? Mais tu me dois quelque chose.

-Ah oui ? demandais-je, déconcertée.

Puis je me souvins.

Effectivement.

-Allez Hermione, supplia-t-il, le suspens est en train de me tuer. Avec qui t'as couché ?

-T'es sûr de vouloir savoir ? questionnais-je en soupirant.

Il hocha si rapidement la tête que je crus qu'il s'était cassé le cou.

-Parfait, bougonnais-je. Je levais la tête et le regardais droit dans les yeux. J'ai couché avec Olivier Dubois.

-Quoi ?! cria Blaise. Il n'était même pas dans la liste des possibilités !

-C'est ce que je pensais aussi, admis-je, m'allongeant sur le canapé. Blaise s'assit à mes pieds et les souleva, les posant sur ses cuisses.

-Un vrai perdant d'avance, réfléchit Blaise. Mais il a gagné, se faufilant parmi les premiers prétendants. Même pas dans les premiers, mais il brise les barrières et gagne le tournoi. En fait c'est une histoire de Cendrillon.

Je lui jetais un coup d'oeil.

-Est-ce que t'es en train de comparer ma perte de virginité à un événement sportif ?

-Peut-être, consentit-il en haussant les épaules, mais sérieusement ! Comment c'est arrivé ?

-C'était l'été après la Cinquième année, racontais-je en soupirant. Un jour on s'est rencontrés sur le Chemin de Traverse. On se connaissait de Poudlard, et on a décidé de commencer à sortir ensemble. Mais on continuait de dire qu'on était juste amis. Mais il y avait tellement de tension quand on était dans la même pièce qu'on s'est retrouvés à se tourner autour. Un jour, à la fin de l'été, on a perdu le contrôle et on l'a fait.

-T'avais quel âge ?

-Je devais avoir seize ans, repensais-je. Il en avait vingt.

-T'es une personne incroyable, Hermione Granger, rit Blaise.

-Pourquoi ? m'esclaffais-je.

-Parce qu'il y a énormément de facettes en toi. Il y a la Hermione qui est un agneau innocent. Puis il y a la Hermione qui dort avec un gars de quatre ans de plus qu'elle. Et il y a la Hermione qui déteste les Serpentard comme si c'était une religion. Ensuite il y a la Hermione qui défend quelqu'un contre sa Maison entière. Tu m'intrigues.

-Merci ? dis-je, pas sûre de comment répondre.

-C'était un compliment, expliqua-t-il.

-Ah, ok, fut ma seule réponse.

Ce fut à ce moment-là que Malfoy entra dans la Salle commune. Heureusement, il n'était pas blessé cette fois.

-Granger, j'ai besoin de te parler, dit-il, me voyant assise sur le canapé.

Blaise se leva.

-Est-ce que je dois vous laisser seuls ou... ?

Malfoy lui jeta un coup d'oeil.

-Non, ça va. C'est juste un problème administratif.

-Eh bien c'est sacrément chiant.

Je le frappais sur-le-champ derrière la tête.

-Mon Dieu femme ! cria-t-il. Ça fait mal !

Je ne pus cacher mon sourire.

Malfoy roula des yeux.

-Bref, Granger. Je viens juste de parler à McGonagall, et elle veut qu'on ouvre le bal.

Je levais les sourcils d'interrogation.

-Comme couper un ruban à l'entrée de la Grande Salle ?

-Non, continua-t-il. Comme danser. Elle veut que le Préfet en chef et la Préfète en chef dansent la première danse.

Il y eut un silence pendant quelques secondes.

Puis Blaise eut un fou rire.

Malfoy leva un sourcil.

-Il y a un problème, gars ?

Blaise secoua la tête, riant toujours. Il se redressa, s'asseyant sur le dessus du canapé.

-C'est juste que si vous vous faites tabasser pour un câlin, vous allez vous faire lyncher pour danser ensemble.

-Et c'est drôle parce que...

-Personne n'oserait, coupais-je Malfoy. Les Gryffondor savent tous que je les maudirais jusqu'en Allemagne s'ils ne font que lever le doigt vers nous.

Il y avait une note de fierté dans ma déclaration.

Blaise se mordit les lèvres et se força à ne pas rire.

Malfoy l'ignora.

-Donc, Granger. Je pensais qu'on devrait s'entraîner à danser pour ne pas avoir l'air de cons devant toute l'école.

-Bonne idée, acquiesçais-je, pensive. Demain dans la Salle commune ? Je me tournais vers Blaise. Ça veut dire ne sois pas là.

Il hocha lentement la tête, et me fit un clin d'oeil.

-Compris.

Malfoy repoussa Blaise de la main. Ce dernier en tomba par terre.

-Ouais, Granger. Ça marche.

-Ok alors, dis-je. Dans ce cas, je vais me coucher. Essayez de ne pas vous entre-tuer.

-On ne promet rien.

-Et je ne voudrais pas qu'il en soit autrement, souris-je.


Le lendemain, j'étais assise à la table de Gryffondor. Je mangeais du porridge et je lisais le Daily Prophet quand je sentis une présence derrière moi. Je me retournais lentement.

-Je n'ai pas particulièrement envie de te parler, Ronald.

-S'il-te-plaît, Hermione ? implora-t-il. Il avait l'air complètement dévasté. Donne-moi juste une chance de m'excuser.

Je soupirais. Si je refusais, il m'ennuierait avec pendant des jours.

-D'accord, grognais-je. T'as une chance.

Il passa rapidement de l'autre côté de la table. Il s'assit en face de moi.

-Je suis réellement désolé de ce qui s'est passé avec Malfoy, s'excusa-t-il. On ne voulait pas que ça aille si loin.

-Et tu voulais que ça ailles jusqu'où ? sifflais-je. Assez loin pour que j'aie à soigner sa cheville cassée ?

-Non ! s'exclama-t-il en secouant rapidement la tête. On essayait juste de lui faire peur, c'est tout.

Je laissais tomber ma cuillère dans mon bol.

-Et pourquoi exactement aviez-vous besoin de lui faire peur ?

-Parce qu'il t'a prise dans ses bras, dit-il comme si c'était le truc le plus évident du monde.

-Et ça te concerne parce que...

-C'est un Serpentard, 'Mione ! s'exclama Ron. Il est juste en train de profiter de toi.

-Pour la dernière fois, Ron ! criais-je, au summum de la frustration. Il ne se passe rien entre Malfoy et moi. On est juste amis, et même si on ne l'était pas, ce n'est pas ton putain de problème !

-T'es sûre que vous êtes juste amis ? demanda-t-il timidement.

-Oui, soupirais-je. Je ne te mentirais pas sur ça.

Ron se détendit, soulagé.

-Mais ce que t'as fait était immonde ! annonçais-je, en colère, et ne le laissant pas s'en tirer aussi facilement. C'était totalement inutile. Tu comprend ?

-Oui, soupira Ron en hochant la tête. On sait que c'était mal. On s'inquiétait juste pour toi, 'Mione.

-Vous n'en avez pas besoin, fit-je, repoussant les cheveux de mon visage. Je suis une grande fille Ron. Je peux m'occuper de moi-même.

-Je sais, sourit-il. Mais des fois je m'inquiète encore, tu sais ?

Je ne pouvais pas lui en vouloir pour toujours. Je souris en retour.

-Je sais. Et j'accepte vos excuses. Dis-le à Seamus et Dean.

-Merci ! cria-t-il, extatique à propos de la fin de la conversation.

-Mais je te jure que si vous refaites un jour quelque chose comme ça, à Malfoy ou à qui que ce soit, je vous castre tous.

Ron pâlit considérablement à ces mots.

-Compris, acquiesça-t-il rapidement.

-Bien, fit-je en souriant d'un air satisfait.

-Je suis content que tu sois plus en colère, Hermione, admit Ron.

-Oh, je le suis, répondis-je en mangeant du porridge. J'ai juste décidé de ne pas maudire vos couilles cette semaine.

-C'est apprécié, dit-il.

-Ça parle de couilles ? demanda Ginny, arrivant avec Harry.

-Hermione m'a pardonné ! les informa Ron.

Harry leva un sourcil.

-Et ça a mené à une conversation sur les couilles ?

-Je ne vais pas jeter un mauvais sort sur les siennes, reformulais-je.

-C'est notre Hermione, le petit pétard (ndt : comme un mini feu d'artifice), gloussa Harry.

-Et ne vous avisez pas de l'oublier, souris-je.

Ginny et Harry s'assirent, et on continua à prendre notre petit-déjeuner. Comme n'importe quel autre jour.

Je regardais pendant une seconde par-dessus mon épaule à la table des Serpentard.

Mais ça n'était pas comme tous les autres jours.

Tout avait changé.


Je revins tard à la Salle commune cette nuit-là. Après avoir dîné, j'avais passé presque une heure à la Salle commune de Gryffondor, à écouter Dean et Seamus implorer mon pardon.

Ça faisait du bien de les entendre ramper.

Je passais le portrait et laissais tomber mon sac à l'entrée. Je jetais un coup d'oeil circulaire. Blaise n'était nulle part.

Bien. Il avait comprit le truc.

Malfoy était assis sur le canapé en train de lire un livre. Il était dos à moi.

-Qu'est-ce que tu lis ? demandais-je curieusement, m'approchant de lui par derrière.

Il regarda par-dessus son épaule.

-Oh, je ne t'avais pas entendue rentrer.

-Qu'est-ce que c'est ? questionnais-je en pointant le livre du doigt.

Il me montra la couverture.

-Le Seigneur des Anneaux ? fit-je en levant un sourcil.

Il acquiesça.

-C'est un livre moldu.

Il hocha encore la tête.

-Je ne pensais pas que tu voudrais lire quelque chose d'écrit par quelqu'un d'autre qu'un Sang-pur, admis-je justement.

-Il y a des choses universelles pour tout le monde, expliqua-t-il en haussant les épaules. La littérature est l'une d'entre elles.

-Quelles sont les autres choses ?

Il me regarda intensément pendant une fraction de secondes.

-Peut-être qu'un jour je te le dirais.

-On ne devrais pas s'entraîner ? demandais-je nerveusement, me sentant rougir sous son regard profond.

-Effectivement, répondit-il. Dois-je aller mettre un smoking ?

-Non, fis-je en haussant les épaules. Je suis quasi sûre que tu seras capable de bouger dans n'importe quoi.

Ou dans rien du tout.

Je me précipitais à l'étage. Je mis une courte jupe haute bleu sombre, et une chemise attachée. Je mis une paire de talons noirs, et redescendis.

Ce n'était pas ce que j'avais prévu de mettre pour le Bal, mais une jupe est une jupe.

Je vis les yeux de Malfoy se dilater quand il vit ma tenue. Je rougis, essayant d'éviter son regard.

-T'as de la musique ? demandais-je aussi vite que possible.

Il pencha la tête, et se dirigea vers un lecteur de musique posé sur la table.

-Tu sais que j'ai dit que certaines choses sont universelles pour tout le monde ? La musique est une autre de ces choses.

Quand les premiers accord de la chanson se firent entendre, je la reconnus et souris. Malfoy tendit la main. Je m'avançais et la saisit. Il plaça fermement sa main dans le bas de mon dos, et je posais la mienne sur son épaule.

Give me love like her,

Il me fit tourner, puis me rapprocha de lui. Je levais les yeux vers les siens, gris sombre.

'Cause lately I've been waking up alone

Ils étaient intenses, mais il y avait une émotion qui couvait derrière, quelque chose que je ne reconnus pas.

Paint splattered teardrops on my shirt,

Il commença à prendre le contrôle. Je suivis, gardant une emprise ferme sur sa main. On tourna dans la salle.

Told you I'd let them go,

Je plaçais mes deux mains sur ses épaules. Je sautais, ses mains sur ma taille. Il nous fit tourner.

And that I'll fight my corner,

Quand je retombais, mes battements de cœur accélérèrent. Ma peau était rouge.

Maybe tonight I'll call you,

Il pencha la tête, et me fis un sourire suffisant.

After my blood turn into alcohol,

Il me fit pencher en arrière sans prévenir, son visage à quelques centimètres seulement du mien.

No, I just wanna hold you.

On se regarda dans les yeux pendant quelques secondes. On y était, je le savais. Il me sourit lentement d'un air satisfait. Je tentais de calmer ma respiration, qui était devenue erratique. Puis soudainement, ses lèvres vinrent s'écraser sur les miennes.

Give a little time to me or burn this out

Il me releva, ne brisant jamais notre baiser passionné.

We'll play hide and seek to turn this around

Une de ses mains alla dans mes cheveux, l'autre était toujours fermement pressée contre le bas de mon dos. J'enroulais mes bras autour de son cou.

All I want is the taste that your lips allow.

Il avança, me pressant contre le mur. Je soupirais alors que ses lèvres bougeaient dans mon cou, envoyant des ondes de choc à travers ma peau partout où elles touchaient.

My my, my my, oh give me love.

Je ramenais ses lèvres vers les miennes. On était pris de folie. Je levais une jambe et l'entourais autour de lui. Il passa sa main sur ma cuisse, ses doigts embrasant ma peau.

Ce n'était pas assez, pensais-je désespérément. Je posais mes mains sur son torse et déchirais sa chemise, ne séparant pas une fois nos lèvres. Il l'enleva d'un coup d'épaules, puis ses mains enlevèrent la mienne.

Je ne résistais pas.

Ses lèvres étaient comme du feu, brûlant partout où elles touchaient. Mais je voulais que ça s'arrête jamais. Je voulais qu'il ne s'arrête jamais de m'embrasser, de me toucher.

Il s'écrasa contre moi, provoquant un gémissement du fond de ma gorge.

J'en voulais toujours plus.

Mais ce fut là que la réalité vint me percuter de plein fouet.

Je le repoussais. Il recula de quelques pas en trébuchant. Je ramassais ma chemise et la serrais contre moi. On haletait tous les deux.

-On peut pas faire ça, haletais-je, tentant de calmer mon cœur qui cavalait.

Il repoussa ses cheveux de son visage.

-Quoi ?

La confusion était évidente.

-Toi et moi, expliquais-je en secouant la tête. Ça. Ça ne peut pas arriver.

Il releva la tête et s'avança vers moi.

-Et pourquoi pas ? murmura-t-il. Ça fait des semaines que ça devait arriver. Il était juste en face de moi. Il leva la main vers ma joue. Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu ne le veux pas.

Je regardais désespérément ses orbes gris.

-Je ne peux pas.

-Je sais, murmura-t-il, baissant encore ses lèvres vers les miennes.

Je sentis une fois de plus le feu dans ma poitrine, mais je me forçais à le refouler.

-C'est nous, Malfoy ! criais-je, repoussant mes mèches, et respirant lourdement.

Il me regarda.

-Merci, je ne le savais vraiment pas.

-Je le pense, Malfoy, soupirais-je. Même si je veux que ça arrive, ça ne peut pas.

-Tu ne m'a pas donné une seule raison valide de pourquoi pas.

-Parce que c'est nous ! m'exclamais-je. On est les Préfets en chef. On vit ensemble. On doit être capable de travailler ensemble et de bien fonctionner. On ne peut pas faire ça si on s'envoie en l'air.

Il leva un sourcil.

-En fait, je pense qu'on fonctionnerai mieux si on couchait ensemble.

-Non, marmonnais-je en secouant la tête. Je t'aime comme un ami, et bordel je l'admet : je veux te sauter dessus. Mais je ne peux pas ! Et si on s'engage par là, il n'y a pas de retour en arrière possible.

-Peut-être que je ne veux pas reculer, Hermione ! dit-il, frustré.

Je me figeais.

-Quoi ? demanda-t-il.

-Tu m'a appelée Hermione, expliquais-je en clignant des yeux.

-C'est ton prénom, fit-il en soupirant.

Je le regardais d'un air ahuri.

-Tu ne m'a jamais appelée comme ça.

-Les choses peuvent changer.

-Pas ça, fis-je en secouant la tête. Ce n'est pas nous. On vient de deux mondes différents, Malfoy ! Je suis Née-moldue, tu es un Sang-pur. Je suis une Gryffondor, tu es un Serpentard !

Ses yeux s'étrécirent.

-Je pense pas que tu croies que ça compte.

-Bien sûr que ça compte ! m'écriais-je.

-Bien sûr que non, dit-il fermement. Tu ne t'inquiètes pas que nous deux ça fonctionne pas, ou qu'on soit de deux mondes différents. Tu n'as même pas peur de la réaction de tes amis. T'as peur de toi-même.

Il s'approcha encore de moi.

-T'as peur de ce que je te fais ressentir, murmura-t-il. T'as peur du désir qui te brûle entière.

Il plaça une main dans mon dos, et l'autre dans mes cheveux.

-J'ai raison, n'est-ce pas ? demanda-t-il d'un air arrogant.

Je secouais la tête et me défis de son étreinte.

-Non, Malfoy. Je peux juste pas le faire. Pas maintenant. Et pas avec toi.

Il me regarda pendant à peu près une minute sans interruption.

-Je ne vais pas te forcer à faire quelque chose que tu ne veux pas faire, dit-il sérieusement. Ce n'est pas qui je suis. Mais quand tu réaliseras que tu veux le faire, et que tu voudras de moi, je serais là. Il sourit d'un air audacieux. Et quel genre d'homme serais-je si je refusais qu'une femme demande ma compagnie au lit ?

Je pris une profonde inspiration.

-Je m'en souviendrais, marmonnais-je.

-Tu ferais mieux, dit-il. Il s'approcha et m'embrassa la joue. Bonne nuit Hemione, murmura-t-il.

Je fermais les yeux et comptais jusqu'à dix. Quand je les ouvrit, il était parti.

Je chancelais tandis que je montais les marches, laissant toujours la musique se jouer dans la Salle commune.

Il avait raison. Bien sûr qu'il avait raison. Je me fichais qu'il soit un Serpentard. J'étais passée au-dessus des rivalités entre Maisons de mon enfance. Je me fichais qu'Harry et Ron me crucifient. Je me fichais qu'on soit de galaxies différentes.

C'était moi. Cette luxure me réduisait en cendres. Si je commençais ça, jusqu'où ça irait ? Jusqu'où ça me mènerait ? Ça me déchirerait de l'intérieur, détruisant ma vie par la même occasion. Le désir était dangereux quand il était non maîtrisé.

C'est pourquoi je ne pouvais me laisser aller. Peu importe combien je le voulais, peu importe combien ça me tuait. Ça n'en valait pas le risque.

Je poussais un gémissement et m'affalais dans mon lit.

Les prochaines semaines allaient être merdiques.


J'avais raison. Les dernières semaines ont été merdiques.

J'ai évité Malfoy comme la peste. A chaque fois que je le voyais, mon visage devenait aussi rouge qu'une tomate alors que je fuyais sans bruit. Je ne pouvais m'enlever notre session de roulage de pelle passionné de la tête.

Et ça n'avait rien fait pour faire diminuer mon apparente envie insatiable de lui.

Heureusement, avec le Bal de Noël qui approchait, j'étais toujours occupée. Il y avait toujours des décorations à aller chercher, des formulaires à signer et des groupes à appeler. Comme ça, je n'avais pas de temps à perdre sur Malfoy et ses lèvres.

Ou d'autres parties de son corps.

Le soir de Noël, je revins crevée à la Salle commune. J'avais été à la Salle commune de Gryffondor pour une soirée, et j'étais assez fatiguée. Ça avait été cool pourtant. La Maison s'était finalement remise du sermon et des points retirés, et c'était une bonne chance pour nous de nous relâcher avec de la Bièreaubeurre.

J'étais sûre qu'ils cachaient le Whisky Pur-Feu pour quand je serais partie.

Je retournais à la Salle commune en détachant mes cheveux. Ils faisaient de grosses boucles. Ils rebondissaient sur mes épaules en les couvrant. Je portais un dos-nu rouge avec un slim blanc, et mes épaules étaient dénudées.

-T'as l'air classe, dit une voix.

-Merci Blaise, répondis-je, essayant d'étouffer un bâillement. Soirée de Noël de Gryffondor.

Il était allongé sur le canapé.

-On a eu celle de Serpentard le week-end dernier. Je ne pouvais pas me tenir droit le lendemain.

-C'était la semaine dernière ? demandais-je en haussant un sourcil. Mais Malfoy était là...

-Il ne voulait pas y aller, commenta Blaise en haussant les épaules.

Je fis ma bouche de cul-de-poule. C'était étrange de la part de Malfoy de ne pas avoir saisi l'opportunité de se prendre une cuite.

-T'es prête pour le Bal de Noël demain ? demanda Blaise en se levant.

-Enfin, respirais-je. J'ai terminé pour de bon tous les préparatifs cette après-midi. On est parés.

-Qui est ton cavalier ? questionna-t-il en me faisant signe de m'asseoir à côté de lui sur le canapé.

-Personne, répondis-je simplement.

Ses yeux s'ouvrirent en grand.

-Avec un corps comme le tien, personne ne t'a demandé ?

-Capitaine misogyne, au rapport, raillais-je en roulant des yeux.

-Allons, me corrigea-t-il, tu sais que j'aime et j'adore ta brillante personnalité, un esprit aiguisé, et des reparties marrantes. Mais si ça n'est pas suffisant pour pousser un gars à sauter le pas, enfin Hermione, regarde ta poitrine.

-On m'a demandé, lui dis-je, Terry, Dean, Michael, et deux Quatrième année que je ne connaissais pas. Je leur ais tous dit non.

-Tu quoi ?! cria Blaise. C'est une sacrée liste de cavaliers.

-Je ne voulais y aller avec aucun d'entre eux, dis-je, me glissant sur le canapé. Je ne voulais pas être attaquée toute la soirée.

-Eh bien si tu n'y vas pas avec un de ces branleurs, tu voudrais m'accompagner moi ?

-T'accompagner toi ? demandais-je en le regardant. Au bal ?

-Ouais, fit Blaise en haussant les épaules. Pourquoi pas ? Juste en amis bien sûr. Il y a aussi un paquet de filles qui m'ont demandé, mais je ne les voudrais que pour la fin de la nuit. Je ne pourrais pas m'afficher avec elles avant ça. Même pas de médiocres personnes avec qui converser.

-Bien sûr, Blaise, acceptais-je en souriant. J'irais avec toi. Ce sera cool d'y aller avec un ami.

-Et je serais honoré de t'assister dans ce rayon, gloussa-t-il.

Je ris, et il leva un sourcil.

-Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?

-Je pensais juste à l'Hermione de l'année dernière, répondis-je honnêtement. Ou l'année avant ça. Si tu avais dit à cette fille-là qu'elle irait au Bal de Noël avec Blaise Zabini parce qu'elle ne voulait pas se faire harceler, elle t'aurais ri au nez.

-T'as beaucoup changé cette année, médita Blaise, pensif.

-Beaucoup ? Plus qu'une tonne. J'ai défendu le Prince de Serpentard contre ma propre Maison en retirant cent cinquante points. Je traîne quotidiennement avec des Serpentard et j'adore ça. J'ai perdu un pari qui m'a fait me balader en vêtements de pute dans toute l'école pendant une semaine. Il s'est passé un truc avec Draco, pour l'amour de Merlin !

La seconde où les mots furent prononcés, je claquais mes mains sur ma bouche. Mais c'était trop tard. Les yeux de Blaise sortirent de leurs orbites et sa mâchoire tomba au sol.

On resta assis là dans l'embarras pendant plusieurs secondes avant qu'il n'explose de rire.

-T'as emballé Draco ? suffoqua-t-il, son corps secoué de rires.

Je soupirais.

-Ouais, admis-je, essayant d'éviter les yeux de Blaise.

Il se plia en deux tellement il riait fort.

-Pourquoi est-ce que c'est si drôle ? criais-je.

-Parce que vous êtes tous les deux un disque rayé, rit-il, perdant le contrôle de lui-même. « Non Blaise, je ne veux pas me taper Granger, tu la ferme avec ça » singea-t-il. « Blaise, je ne suis pas attirée par Draco Malfoy » dit-il, la voix haut perchée. Il rit encore. Quand, en fait, vous y allez comme des lapins.

Je fus bouche-bée.

-On y va pas comme des lapins !

-Et le disque rayé continue, déclara-t-il avec un sourire arrogant.

-Ce n'était pas exactement prévu, grognais-je.

-Hermione, dit-il, essayant de ne pas sourire. La plupart des gens ne planifient pas dans leur emploi du temps quand ils vont rouler une pelle à quelqu'un.

-C'est juste arrivé, Blaise ! On dansait, et puis on s'embrassait.

-J'imagine que c'était quand vous vous entraîniez pour le Bal de Noël, questionna-t-il. J'approuvais. C'était il y a deux semaines.

-Félicitations sur des maths de base.

-Tu l'évites depuis, n'est-ce pas ? demanda-t-il en roulant des yeux.

-Ouais.

-Tu dois t'en occuper, me sermonna Blaise, sinon tu vas exploser.

-Je ne vais pas exploser, ronchonnais-je.

Blaise me lança un coup d'oeil qui montrait clairement qu'il ne me croyait absolument pas.

C'est à ce moment-là que le portrait s'ouvrit. Malfoy entra, son sac battant sur sa hanche.

Je rougis immédiatement. Blaise leva les yeux au ciel et se leva.

-Je te verrais demain, Hermione, dit-il. Souviens-toi de ce que je t'ai dit.

Il donna une tape sur l'épaule de Malfoy et quitta la pièce.

Il y eut un silence pendant une seconde alors que je calmais mon rougissement. Quand mon visage redevint normal, je me détendis.

-T'as terminé toutes les préparations ? demanda Malfoy, s'asseyant dans un des fauteuils.

Je hochais la tête. Ça me faisait bizarre de lui parler.

-On est fin prêts pour demain. Sois juste à l'heure et on est bons.

Il y eut un blanc pendant quelques minutes.

Ce n'était pas gênant, réalisais-je soudainement. C'était un préambule, comme le calme avant la tempête. La tension entre nous augmentait, et j'étais sûre qu'elle se briserait bientôt.

Je me levais rapidement.

-Bon, demain c'est Noël, donc je vais me coucher.

-Avec qui tu vas au Bal ? demanda-t-il sans crier gare.

-Blaise, en amis, répondis-je, la langue sèche. Et toi ?

-Astoria, dit-il simplement.

Il sonnait triste.

J'acquiesçais. J'avais toute notre interaction dans la peau. On se tenait au bord d'un précipice, j'en était sûre. Pile au bord que tout change.

Il fallait juste que l'un de nous fasse le premier pas.

Je restais là à le regarder pendant plusieurs secondes, puis j'entendis un tapotement à la fenêtre. Je regardais par là.

Un hibou.

J'ouvris la fenêtre et laissais le hibou entrer. Il laissa tomber une lettre sur les cuisses de Malfoy et repartit.

-Je vais y aller, dis-je doucement.

Malfoy hocha la tête, son attention concentrée sur la lettre. Je sortis sans bruit, montais les marches et entrais dans la chambre.

Je claquais la porte. Ça devenait ridicule. Être dans une pièce avec lui me rappelait combien je le voulais. L'embrasser n'avais rien changé du tout.

Mais ça avait l'air trop calme. Trop détendu. Le temps semblait se geler quand je me tenais dans la même pièce que lui. Tout allait plus doucement. Mes mouvements, mes mots.

Je mis mon pyjama. Alors que je m'assoupissais, je devins sûre d'une chose.

La tempête approchait, et quand elle viendrait, elle allait frapper fort.


Le matin du Noël 1997 ne fut pas si mouvementé. Je me levais et me dirigeais vers la Salle commune de Gryffondor pour échanger nos cadeaux, avec Ron, Ginny et Harry. Ginny m'offrit du parfum et un paquet de plumes sucrées. Ron m'offrit la nouvelle copie révisée de L'Histoire de Poudlard, qui me fit bondit et lui sauter dans les bras.

Ce que m'avait offert Ron était incroyable, mais mon cadeau préféré était probablement celui d'Harry.

C'était un bracelet à breloques. Il y avait un livre de sortilèges, un hibou, un Poudlard, une baguette, et un petit cadre photo. Dedans, il y avait une photo de nous trois, Ron, Harry et moi.

-La famille avant le sang, dit-il doucement.

Je lui sautais aussi dans les bras pour lui faire un câlin.

Je traînais avec eux dans la matinée. On eut un gros petit-déjeuner de Noël, puis une grosse bataille de boules de neige avec le reste des Gryffondor.

Je perdis.

Je partis à midi pour revérifier tout ce qu'on avait préparé pour le Bal de Noël. On était complètement dans les temps. Malfoy s'occupait de quelque chose, alors je rassemblais tous les préfets pour décorer.

Le hall était absolument splendide quand on eut terminé. Il y avait des stalactites scintillants qui pendaient du plafond. Des statues de glace des quatre fondateurs se tenaient dans les coins. L'air brillait grâce à un sort bien placé que j'avais lancé. La piste de danse était propre, et avait été ensorcelée pour ressembler à de la glace. Sur les côtés de la Grande Salle il y avait des tables circulaires, toutes bleues avec des nappes d'argent, avec des sculptures de hiboux au milieu.

C'était bien un Paysage hivernal.

Le Bal commençait à six heures. Autour de quatre heures et demi, je laissais les préfets pour aller me préparer. Je me dirigeais vers la Salle commune. Malfoy n'était nulle part.

La robe que j'avais sélectionnée était pendue sur une patère derrière la porte. Je la sortis de la housse à vêtements et l'enfilais. Je mis aussi des talons argentés à lanières. Je remontais à demi mes cheveux, avec quelques mèches dans une broche de papillon violet, et le reste lâché en boucles sur mes épaules. Après avoir mis une touche de maquillage, j'étais prête.

Puis j'entendis un coup à la porte.

C'était Ginny.

Elle portait une belle robe violette. Elle avait un décolleté en cœur, et était en mousseline de soie. Elle tombait au sol. C'était un bustier avec un poitrine était mise en valeur par des beaux cheveux roux lâches, et elle avait un grand sourire.

Mais quand elle me vit, son sourire se transforma en choc.

-Hermione ?

-Oui? demandais-je, immédiatement nerveuse.

Qu'est-ce qui n'allait pas ? Est-ce que je m'étais accidentellement fait des yeux de raton-laveur ?

-T'es magnifique ! cria-t-elle. Mon cœur se détendit. Où t'as pris cette robe ?

-Je l'ai achetée cet été en France, répondis-je. J'avais le sentiment que j'en aurais besoin un jour, et j'en suis tombée amoureuse.

C'était une robe dont on pouvait facilement tomber amoureuse. Bleu ciel, la robe sans bretelles était serrée jusqu'à la taille, puis s'évasait en une jupe à plusieurs niveaux. La jupe était faite d'organza doux qui s'écoulait sur mes jambes comme une cascade. Elle avait aussi un bustier en cœur, et des accents violet fleuri autour du buste et de la taille.

-Les garçons ne vont pas pouvoir s'empêcher de te vouloir, sourit Ginny, me lançant un coup d'oeil. Pas quand tu ressembles à ça.

-Merci Merlin que j'y aille avec un ami alors, soufflais-je en soulagement.

Ginny me regarda.

-Tu ne nous as pas dit que t'y allais avec quelqu'un. Je pensais que t'avais repoussé tous ces gars.

-C'est ce que j'ai fait, répondis-je, j'y vais avec Blaise, en amis.

Elle se figea.

-Blaise ? Comme dans Blaise Zabini ?

-Oui, dis-je prudemment, pas sûre de sa réaction.

-Ron va flipper grave, pouffa-t-elle.

-Pourquoi est-ce qu'il s'en soucierait ? demandais-je sur la défensive.

-Parce que c'est Ron, et c'est toi.

-Ce n'est pas une explication.

-T'inquiètes pas de ça, soupira Ginny.

Je laissais passer. M'inquiéter de Ron n'était pas dans ma liste de priorités ce soir.

-On descend ?

Je hochais la tête.

-Tu rejoins Harry en bas aussi ?

-Oui. Je voulais attendre jusqu'au dernier moment pour lui montrer ma robe. Il va péter un câble.

-Oh que oui, souris-je. Même avec tout ce qui se passait à côté, j'étais heureuse pour Ginny et Harry. C'était deux personnes faites l'une pour l'autre. Ils avaient juste été trop débiles pendant plusieurs années pour le réaliser.

Nous nous dirigeâmes vers le Hall. Quand nous entrâmes, je vis pas mal de têtes se retourner sur nous.

Harry et Ron parlaient à Dean et Seamus. Quand nous arrivâmes à leur hauteur, leurs têtes se levèrent vers nous.

Harry était focalisé sur Ginny, mais les trois autres étaient sur moi.

-Hermione...bafouilla Ron. T'es incroyable.

-Merci, Ron, souris-je. Les deux autres étaient bouche-bée.

-La vache, Hermione ! fit Seamus, la bouche grande ouverte.

Dean n'arrivait pas à trouver les mots.

C'était étrange d'avoir toute cette attention, mais ça me semblait très familier. Un autre Bal de Noël, une autre belle robe. C'était comme si j'étais revenue trois ans en arrière.

J'avais juste besoin d'un Joueur international de Quidditch et le compte serait bon.

Je sentis une petite tape sur mon épaule.

-Vous avez l'air adorable ce soir, Miss Granger.

C'était Blaise. Il avait l'air beau lui aussi, habillé d'un costume. Je vis plein de filles l'observer ouvertement.

-Vous avez l'air assez élégant aussi, M. Zabini.

Je fis une petite révérence, et il me tendit son bras. Je le pris.

-T'es au courant que tu vas littéralement avoir des gars qui se jetteront des maléfices entre eux pour te parler, n'est-ce pas ? rigola Blaise, nous dirigeant vers la Grande Salle.

-C'est une bonne année pour mon apparence, songeais-je. Le changement pendant l'été, le costume de pute, maintenant ça.

-Effectivement, dit Blaise. Sans parler du fait que chaque garçon dans l'école est obsédé par toi.

-Non ils ne le sont pas, m'esclaffais-je devant une telle absurdité.

-Oh oui qu'ils le sont.

-Quoi ! Non ! coupais-je. Pas question.

Blaise me mena à une table et nous nous assîmes.

-Pas un seul gars dans cette salle ne regarde sa cavalière. Bon, sauf Potter, mais Potter est une anomalie de la nature s'il y en a une.

Ça ne pouvait pas être vrai, pensais-je. Je balayais la pièce du regard, mais évidemment, Blaise avait raison. Ils avaient tous leurs yeux sur moi. Et résultat, les yeux des filles l'étaient aussi, mais elles avaient juste l'air en colère.

-Aussi, continua Blaise, tu vis avec Draco depuis quatre moi. Si tu penses que tous les gars ne pensent qu'à toi après ça, je pense que t'es bornée.

J'ouvris grand la bouche.

-Malfoy n'est pas obsédé par moi.

Il haussa les épaules.

-Tu ne peux pas ignorer ce qui est sous ton nez.

A ce moment-là, le professeur Dumbledore se leva. Il était habillé d'une robe violet profond, et il avait cet éclat familier dans le regard. Je ne l'avais pas beaucoup vu cette année parce que c'était McGonagall qui était en charge des élèves, alors c'était habituellement elle que je rencontrais. Mais voir Dumbledore se lever me rappela à quel point sa présence était forte. Ça m'avait manqué de lui parler.

Après la bataille au Département des Mystères, il était devenu une sorte de figure paternelle pour tous ceux qui s'étaient battus. Et il était une des seules personnes qui comprenaient mon amour pour les livres. Je pouvais lui parler pendant des heures et je n'avais jamais l'impression de l'ennuyer.

Ça me manquait.

-Joyeux Noël, s'exclama-t-il, sa voix portant à chaque coin de la Grande Salle. Bienvenue au Bal de Noël. Ce soir est une célébration de Noël, de la magie, de l'amitié, et bien sûr, de l'unité entre les Maisons. Pour ouvrir le Bal, je vais demander aux Préfets en chef de venir sur la piste et nous honorer de la première danse.

La Salle se remplit d'applaudissements.

-Ne l'embrasse pas cette fois, gloussa Blaise.

Je le fusillais du regard avant de m'avancer vers la piste de danse. Dumbledore me sourit, et retourna à la table des professeurs. Je me demandais où était Malfoy quand je sentis sa présence derrière moi.

Je me retournais.

Dire qu'il me coupa le souffle serait un euphémisme. Il était plus que beau, plus que parfait. Il portait un costume similaire à celui de Blaise. Ce n'étaient pas les habits pourtant. Peut-être que c'était la lumière, peut-être que c'était l'atmosphère, mais il était beau. Une peau aussi blanche que de la porcelaine, des yeux d'argent qui brûlaient brillamment, un sourire suffisant au coin des lèvres. Ses cheveux brillaient sous la lumière de la Grande Salle.

Il tendit la main.

-M'accorderais-tu cette danse ?

Sa voix m'envoya des frissons dans tous le dos.

Je hochais la tête, pas sûre de pouvoir parler.

Je pris sa main, mon autre main sur son épaule. La sienne vint dans le bas de mon dos et me rapprocha de lui.

Ses yeux me brûlaient de l'intérieur.

La musique arriva, et nous commençâmes. Mais j'étais à peine concentrée sur nos mouvements. Tout ce que je notais, c'était ses mains, me touchant si intimement mais si pleines de feu.

Il était une autre sorte de dragon.

-On s'en sort plutôt bien pour s'être entraînés une seule fois, plaisanta-t-il.

Je levais les yeux vers lui, le cœur battant.

-En fait on ne s'est pas vraiment entraînés.

-On s'est entraînés, on a juste pas dansé, répondit-il, me regardant dans les yeux, les siens incandescents. J'attends juste que tu me dise à quoi on s'entraînait.

-Je te le dirais quand je le saurais, dis-je doucement.

-C'est ça.

On continua de danser. L'air autour était épais de tension. On ne rompit jamais le contact de nos yeux.

Tu ne peux pas ignorer quelque chose qui est juste sous ton nez.

J'avais essayé pendant presque un mois. Je l'avais mis de côté, prétendant que ça n'existait pas. J'avais espéré que peut-être, si j'attendais assez longtemps, ça s'évanouirait juste.

Ça ne s'était pas évanoui.

La luxure me consumait toujours.

La chanson se finit, et ça me fit presque mal de le sentir retirer ses mains de sur moi. Avant qu'on ne se sépare, il s'approcha de moi et murmura dans mon oreille.

-T'es absolument magnifique ce soir.

Puis il s'en alla.

Je me tins immobile pendant plusieurs secondes au milieu de la salle. Puis je réalisais que les gens me regardaient toujours. Je quittais hâtivement la piste, et trébuchait presque sur Blaise.

Il avait une main sur la bouche et essayais de ne pas rire.

-Oui ? sifflais-je.

Il me lança un regard.

-Vous devriez écrire un livre sur comment ignorer la tension sexuelle. Parce que c'est évident que c'est votre activité favorite.

Je m'effondrais sur une chaise.

-C'était si évident que ça ?

-Je pense que le Ministère envoie des groupes d'urgence à Poudlard parce qu'ils l'ont senti sur leurs radars.

-Ron et Harry vont me tuer, râlais-je.

-Eh bien fais ta prière maintenant parce qu'il se dirigent par ici.

Je relevais la tête. Évidemment, Ron, Harry et Ginny traversaient la Grande Salle pour venir vers nous.

Dès qu'ils arrivèrent, je m'assurais de parler en premier.

-Tu ne devrais pas laisser Lavande seule, Ron.

Ils allaient ensemble au Bal, Lavande semblait actuellement être en train de draguer un Sixième année de Serdaigle.

-C'était quoi ce bordel ? cracha Ron, ignorant complètement ce que je venais de dire.

-C'était juste une danse, me justifiais-je, essayant de paraître le plus direct et professionnel possible.

Je pouvais entendre Blaise rire derrière moi.

-Hermione, dit lentement Harry, tu savais que tu danserais avec Malfoy ?

-Oui, répondis-je aussitôt.

-Pourquoi tu ne nous l'a pas dit ?

-Parce que ce n'était pas important, fit-je en haussant les épaules. Je n'ai pas besoin de vous dire tout ce qui se passe dans ma vie.

-Tu ne nous as clairement rien dit, aboya Ron. Danser avec Malfoy, devenir amie avec Malfoy, défendre Malfoy. Mais putain qu'est-ce qui se passe entre Malfoy et toi ?

-Rien, Ronald, sifflais-je. Il se trouve que je l'apprécie en tant que personne. Et il m'a sauvé la vie, tu te souviens ?

-Tu dis toujours ça, 'Mione, dit Ginny en parlant pour la première fois. Mais honnêtement, ça a l'air de plus que ça.

Je fus bouche-bée.

-Les gars, pourquoi vous ne me croyez pas ?

-On te croit, affirma Harry, c'est à lui qu'on ne fait pas confiance.

-Je suis heureux de voir que vous me tenez en si haute estime.

Je grognais.

Malfoy avait manifestement suivi toute la scène, et décidé que sa présence était absolument nécessaire. Il se tenait là, les bras croisés et un sourire insolent sur le visage.

J'entendis Blaise se lever derrière moi. Il s'avança et se posta à côté de Malfoy, croisant les bras aussi.

Oh Merlin.

-Mais putain qu'est-ce que tu fiches, Malfoy ? demanda Ron avec force.

-Je suis presque sûr d'être là, mais il est toujours possible que j'ai tord.

Je me tournais vers Harry, Ron et Ginny.

-Les gars, je pense que vous devriez y aller.

-Mais Hermione, on s'inquiète juste pour toi ! s'étrangla Ginny.

-Et je m'en fous, dis-je honnêtement. Je n'ai pas trois ans. Vous devez commencer à me faire confiance, je sais ce que je fais.

-Pas quand tu te fais Malfoy ! cria Ron.

Silence total.

-Ronald Billius Weasley, dis-je, ma voix dangereusement lente. Je ne couche pas avec Malfoy. Et même si je couchais avec, tu sais quoi ? Ce ne serait pas ton putain de problème. Je t'ai déjà dit que je défendrais Draco Malfoy, et notre relation. Et c'est ce que je fais maintenant.

Je me tournais vers Draco et Blaise, et ignorais complètement les Gryffondor derrière moi, l'incrédulité se peignant sur leurs visages.

-Désolée que mes amis soient si débiles.

Ils rirent tous les deux.

-Allez Hermione, dis-nous quelque chose qu'on ne sait pas déjà, dit Blaise en souriant.

-Tu devrais retourner voir Astoria, dis-je à Draco.

Ses yeux se voilèrent d'un certain sentiment pendant une seconde. Mais il hocha la tête, et s'en alla.

Je tendis ma main à Blaise.

-Allons danser.

-Miss Granger, je crois que c'est la meilleure idée que t'as eu de la soirée.

Nous quittâmes Ron, Ginny et Harry. Je ne me retournais pas pour voir l'expression sur leurs visages. Je ne me retournais pas pour avoir le dernier mot.

Je ne me retournais pas du tout.

Blaise et moi passâmes le reste de la nuit à danser. C'était tellement sympa de juste traîner avec lui. On était vraiment en voie de devenir des amis plutôt proches.

Je ne reparlais pas à Ginny, Ron ou Harry cette nuit-là. Je les vis, surtout Ron, nous lançant à Blaise et moi des regards de travers, mais honnêtement, je ne pouvais pas moins m'en soucier. Ce n'était pas leur problème.

Ce n'était pas leur vie.

Le Bal de Noël fut vraiment un gros succès. Le groupe de musique sorcier avait de la bonne musique, la nourriture était délicieuse, la Grande Salle était magnifique, et tout le monde semblait s'amuser.

A la fin de la soirée, Blaise me ramena à la Salle commune. A la porte, il prit la main et la baisa.

-Je me suis énormément amusé avec toi ce soir, Miss Granger.

-Avec toi aussi, M. Zabini, souris-je.

-Maintenant, dit-il, se redressant, j'ai une Serpentard qui meurt d'envie de faire connaissance avec moi, si tu vois ce que je veux dire, dit-il avec un clin d'oeil.

-Passe une bonne nuit, Blaise, ris-je.

-Ne t'inquiète pas pour moi, dit-il en se tournant pour me quitter. Alors qu'il s'en allait, tourna la tête par-dessus son épaule. Règle ton problème de tension sexuelle !

Et il fut parti.

J'entrais dans la Salle commune. Malfoy n'était pas encore rentré. Je décidais de l'attendre, pour m'excuser de la stupidité des Gyffondor. Je m'avançais et m'assis sur le rebord de fenêtre, regardant le ciel de la nuit. Je retirais la broche en papillon de mes cheveux, et les laissais cascader dans mon dos.

Il revint quelques minutes plus tard.

J'entendis la porte s'ouvrir, et le son de ses pas. Il s'arrêta quand il me vit.

-Tes amis de Gryffondor sont assez idiots, Granger.

-Oui, affirmais-je.

Il s'esclaffa et retira son nœud papillon et sa veste, les lançant sur le canapé. Il ne lui restait que sa chemise blanche.

-Je voulais m'excuser pour eux, commençais-je, mais il me coupa.

-Pas besoin de t'excuser, Granger. Je sais comment ils sont.

-Mais ils ne devraient pas être comme ça ! criais-je. Ce truc de rivalité entre les Maisons et cette haine mutuelle est exagérée et épuisante. Voldemort est mort depuis deux ans, et même sans ça, la décision d'un Choixpeau n'est pas une raison pour haïr quelqu'un.

-Je suis d'accord, dit-il, s'avançant de quelques pas et se passant la main dans les cheveux. Mais c'est comme ça.

-Et ça ne le devrait pas ! explosais-je Si toi et moi on peut bien s'entendre, alors ils devraient en être capable aussi.

Je respirais rapidement, et mon cœur cognait contre ma poitrine.

-Et pire, continuais-je, ils pensent qu'ils contrôlent ma vie. Ils pensent qu'ils ont le droit de savoir tout mes faits et gestes, et que leur opinion devrait être la chose la plus importante pour moi avant de prendre une décision. Mais non. Pas du tout. Si je veux être amie avec toi, Draco Malfoy, alors ce n'est pas leur problème. Si je veux traîner avec toi et jouer à la Bataille explosive, ce n'est pas leur problème ! Si je veux te faire un câlin dans la Grande Salle, ce n'est pas leur problème. Si je veux...je m'arrêtais.

La pièce était encore pleine de tension. Je sentais les yeux de Malfoy brûler dans mon âme. Je tentais d'arrêter les battement effrénés de mon cœur.

-Si tu veux quoi, Hermione ? demanda-t-il doucement, avançant encore de quelques pas. Il y avait un peu de défi dans sa voix. J'avais l'impression de me sentir comme quand j'avais accepté le pari: dangereuse, puissante et un peu effrayée.

C'était faire un pas dans le vide. C'était un cri dans l'oubli. C'était la dernière étape. C'était la route que j'avais eu peur d'emprunter, mais que j'avais prise quand même.

C'était mon choix. L'altercation avec Ron, Harry et Ginny n'avait fait que l'affirmer.

C'était la tempête après le calme.

Et quand il dit mon nom, on m'avait donné assez de courage pour parler.

-Si je te veux, alors ce n'est pas leur problème, dis-je d'une voix forte, ne reculant pas cette fois.

Le choc sur son visage était évident, mais il fut vite remplacé par un sourire satisfait.

-Qu'est-ce que tu vas faire, du coup ?

Je le regardais dans les yeux pendant une seconde. Puis, sans aucune hésitation, et sans perdre une seconde, je fis un pas en avant et amenais ses lèvres vers les miennes dans un baiser torride.

En feu. C'était comment je me sentais. Mais au lieu de détester ça, ou de l'éteindre, je m'en délectais, le laissant me consumer entière.

Il m'embrassa avec passion, et avec possessivité. J'entrelaçais mes mains à ses cheveux, et l'amenais plus près de moi, Il mit sa main dans mon dos, et me colla à lui.

Cette fois, je n'allais pas me défiler. Je n'allais pas m'arrêter. Je ne le voulais pas.

Le feu pouvait me consumer.

Du moment que je le sentais quand je brûlais.

Je décollais mes lèvres des siennes et commençais à embrasser son cou. Tout en l'embrassant, je déboutonnais sa chemise et la lui retirais. Je fis courir mes mains sur son torse. Il était si beau.

Mince, cela se voyait, et une peau aussi douce que du marbre.

Il passa ses mains dans mon dos, et je le sentis défaire les liens qui maintenaient ma robe. Et bientôt, la robe tomba. Je retirais mes chaussures d'un coup de pied.

Malfoy m'observa pendant une seconde, les yeux sombres et sensuels. Puis il s'avança et je fus pressée contre lui.

-Absolument magnifique, souffla-t-il, et baissa la tête pour m'embrasser.


Le feu est une chose puissante. Il peut vous réduire à néant, créant des cendres de quelqu'un qui un jour a parlé et aimé, et qui peut aussi te remplir d'assez de chaleur pour te soulever.

Cette nuit-là, j'expérimentais les deux.

De mon cœur au bout de mes ongles, je sentis le feu. Je le sentis partout où ses lèvres me touchaient, partout où ses mains me rapprochaient de lui. C'était comme si des étoiles remplissaient ma vue.

Je brûlais cette nuit-là. Et j'en savourais chaque seconde. Je savourais ses yeux d'argent, si profonds que je pouvais presque tomber à l'intérieur. Je savourais son étreinte, son intime et pourtant si forte. Je le savourais, ce gars que j'avais haï si longtemps, mais qui était la seule personne à m'avoir fait ressentir autant.

Je savourais Draco Malfoy.

Et il me savourait.

Le matin suivant, je me réveillais lentement, reprenant peu à peu connaissance. Je sentis l'air contre ma peau nue. Les souvenirs de la nuit précédente me revinrent en mémoire. Je pris quelques profondes inspirations et ouvris les yeux.

Et c'est comme ça que mon désir pour Draco m'a conduit à me réveiller nue dans son lit le matin de Noël.

Deux péchés d'accomplis, encore cinq.


Alors, alors, alors, qui est heureux ? :) Je vous suggère extrêmement fort de me le dire par des reviews ;)

Aussi, désolée pour le "y aller comme des lapins", je suis quasi sûre qu'il y a une expression française pour ça, mais je n'arrive pas à la retrouver.

Prochain chapitre : Plein de surprises (c'est le cas de le dire) et beaucoup de rire qui s'annonce (enfin pour moi qui ai un humour...spécial. Mais j'ai adoré le traduire !)

A dimanche !

Alice.