Avertissements :
L'histoire de Candy Candy et de tous ses personnages appartiennent à Kyoko Mizuki, les images à Yumiko Igarashi et le dessin animé à TOEI Animation. L'histoire écrite ci-après est une fiction à but non lucratif.
Je remercie encore une fois avec toute ma gratitude, Lenniee, pour sa persévérance et son aide à perfectionner mes écrits.
Merci pour vos derniers commentaires et/ou PMs, Stormaw, K.e.c.s, ainsi qu'à Guest elisabeth pour le commentaire laissé pour mon autre histoire Le fil rouge du destin, peut-être lirez-vous aussi cette fiction, comme je ne peux pas vous envoyer de MP, je vous remercie ici et je suis entièrement d'accord avec vous au sujet de Candy et Albert et de leur histoire qui a aussi bercé mon enfance et adolescence. :D
Vos remarques sont un véritable encouragement, surtout que je traverse actuellement une période difficile, m'obligeant à espacer les publications. Cependant, si vous êtes pressé(e), je vous rappelle que vous pouvez lire la suite (mais non retravaillée avec Lenniee) sur mon blog avec des chansons, dessins, vidéos il possède un traducteur Google intégré.
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Chapitre 9 : les manigances de Jane
Dorénavant, Candy et Albert passaient tout leur temps libre ensemble. Ils n'avaient pas seulement retrouvé leur complicité d'antan, elle était devenue encore plus grande avec la dimension amoureuse. Ils restaient très discrets en présence d'autrui, mais les regards ne mentaient pas et leur complicité était trop criante de vérité. Jane, qui les épiait tout le temps, était de plus en plus jalouse. Au début, elle espérait faire une compétition à la loyale avec Candy pour regagner l'amour d'Albert, mais devant ses tentatives infructueuses et l'évidence de leur bonheur, sa jalousie commençait à la ronger et à l'aveugler, si bien qu'elle commença à échafauder un plan pour essayer de les séparer.
Première étape, elle envisagea de semer la zizanie entre eux, semer le doute dans leur esprit comme un poison qui irait se répandre jusqu'à leur cœur. Elle initia son plan par Candy avec laquelle elle se retrouva seule ce matin-là. Elle savait qu'Albert la cherchait parce qu'elle l'avait entendu demander à Lise où elle était, alors quand elle se trouva avec sa rivale, elle lui dit sur le ton le plus innocent du monde:
- Bonjour Candy, Joli Bert te cherche.
- Bonjour Jane… Joli Bert dis-tu ?!
Candy était extrêmement étonnée.
- Euh !... Je veux dire Albert, mais… je suppose que tu connais son petit nom secret que lui a donné sa sœur, non ? Maintenant je ne dois plus être la seule à être dans la confidence, si ? dit Jane malicieusement.
- Non, enfin… si, je connais ce surnom, répondit-elle interloquée.
- Il est dans la salle n°2. Vas-y, je m'occupe de rouler ces pansements.
Jane donnait l'apparence de rendre service à Candy, alors qu'elle se réjouissait en voyant l'air surpris et ennuyé de sa rivale qui ne comprenait pas.
En marchant vers la salle indiquée par Jane, Candy songeait qu'Albert lui avait pourtant bien dit qu'elle était la seule à qui il avait confié ce surnom, soi-disant secret, mais pourquoi lui aurait-il menti ? Peut-être avait-il oublié ? Non, on n'oublie pas ce genre de détail. Ou bien il ne voulait pas lui faire de peine en lui révélant que Jane aussi le connaissait? Non plus, ce n'était pas le genre d'Albert. Et pourtant… il lui avait déjà caché des choses… Oui mais en ce cas les circonstances le nécessitaient, c'était en partie pour la protéger et aussi pour préserver l'authenticité de leur relation, mais dans le cas présent, ce serait un mensonge mesquin. Ce n'était pas très grave en soi, mais c'était dérangeant comme un caillou dans la chaussure. Elle rejoignit donc son bienaimé dans l'idée d'éclaircir les choses, mais elle le trouva en compagnie de Jennifer et d'Allison, donc impossible de faire la lumière là-dessus pour le moment cependant Jennifer comprit qu'elle et sa collègue étaient de trop.
- Allison, tu viens ? J'ai besoin de ton aide.
Elle fit un clin d'œil que seule Allison pouvait voir.
- Ah, oui, Jenny, tout de suite, répondit-elle avec un sourire malicieux.
Les deux filles sortirent de la pièce en gloussant, essayant de contenir leurs rires. Elles savaient très bien que les deux blonds formaient maintenant un couple. C'était un peu un secret de polichinelle dans l'hôpital ; les gens parlaient et la rumeur se propageait. Cela ne posait pas de soucis pour la plupart, surtout que les deux tourtereaux étaient très appréciés, aussi bien par l'ensemble du personnel que par les blessés. Seuls quelques esprits rigides avaient des fortes réserves, notamment le Dr Mercier, un homme d'âge mûr et avec un esprit de la vieille école, qui considérait inacceptable une relation amoureuse entre un ex-père adoptif et sa fille. Cependant il fermait les yeux, car Candy était sa meilleure infirmière. De plus, M. Ardlay avait fait preuve d'un grand dévouement et était capable de faire beaucoup de choses. Or, par les temps qui courraient, du personnel compétent et dévoué était une chose précieuse dont il n'avait pas le luxe de se passer, et visiblement son confrère, le Dr de Vigny, n'y voyait pas d'inconvénient. « Ah ces jeunes, avec leurs idées modernes, nous mèneront à la décadence ! » Avait-il pensé en soupirant.
Ainsi les deux blonds se retrouvèrent seuls.
- Pourquoi ai-je l'impression que cette aide dont a besoin ta collègue a l'allure de quelque chose de providentiel ? dit Albert avec malice et l'œil brillant.
- Je pense qu'elles ont deviné pour nous deux, répondit-elle en riant.
Albert profita de leur moment d'isolement pour la saisir par la taille et lui déposer un petit baiser sur les lèvres.
- Attention Joli Bert, on pourrait nous surprendre !
- Eh bien soit ! De toute façon, j'ai envie de crier à la face du monde que je t'aime et que tu m'aimes. Par contre, j'avais envie et besoin de te voir.
- Au fait, c'est Jane qui m'a dit que, je la cite : « Joli Bert te cherche. »
Elle regarda attentivement Albert droit dans les yeux pour y voir sa réaction, mais elle lut seulement son étonnement et sa perplexité.
- Je ne comprends pas. Tu veux dire que Jane m'a appelé ainsi ?! s'exclama-t-il, les yeux arrondis et les sourcils levés avant de les froncer.
- Tout à fait, et en me précisant que c'était le petit nom secret donné par ta sœur.
- Mais c'est impossible, je ne le lui ai jamais dit, s'étonna-t-il en se grattant le menton en réflexion.
- Pourtant elle n'a pas pu l'inventer ! s'exclama Candy perplexe.
- Candy, je peux t'assurer que je ne lui ai jamais révélé mon petit secret. Tu es la seule et l'unique personne à qui je l'ai dit. Et pourquoi mentirais-je ? répondit-il en la regardant bien droit dans les yeux, avec conviction mêlée à une petite pointe d'indignation.
- Mais alors comment l'a-t-elle appris ? poursuivit-elle.
- J'aimerais bien le savoir.
Il fit une pause pour réfléchir, tout comme Candy qui se fit très vite son opinion à ce sujet, puis il poursuivit en lui prenant les mains, inquiet:
- Mais dis-moi, tu me crois au moins ?
- Non, absolument pas ! s'exclama-t-elle l'air sévère.
Albert sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, en pensant qu'elle ne lui faisait pas confiance. Il savait bien qu'il avait été si secret dans le passé avec elle : cela aurait-il entamé sa confiance en lui ? Alors comment allait-il la convaincre, si elle ne croyait pas en sa bonne foi ? mais Candy éclata de rire et reprit aussitôt.
- Je plaisantais… Bien sûr que je te crois, mon amour, mais il faut dire que c'est quand même étrange.
Elle savait qu'Albert ne mentait pas. Elle pouvait le lire dans son regard et le sentir à l'intonation de sa voix.
- Tu m'as fait une de ces peurs, petite farceuse ! Et tu mérites une punition pour cela.
Il se mit à la chatouiller, la faisant rire à nouveau avant de déposer un baiser rapide sur ses lèvres. Ils se calmèrent et reprirent leur sérieux.
- Tu sais, en y repensant, c'était comme si elle l'avait fait exprès, car elle avait l'air content en me disant cela.
- Dans ce cas c'est embêtant, car cela signifie qu'elle essaye de semer le doute entre nous. Je me demande vraiment comment elle a pu le savoir, c'est comme si …
- Tu penses qu'elle aurait pu nous entendre ?
- Oui exactement.
- Je ne vois pas d'autre explication.
- Aura-t-elle tout entendu ?
Il avait l'air très ennuyé.
- Tu veux parler de ta révélation à propos du Prince des collines ? demanda Candy contrariée.
- Oui, et j'espère fortement que non. C'est notre petit secret à tous les deux. De plus elle aurait pu nous voir ! Je déteste l'idée...
Tout comme Candy, il était très contrarié à de cette éventualité, sans parler de celle d'avoir été espionnés. Que Jane les avait peut-être vus partager des moments intimes, c'était vraiment très perturbant.
- Je l'espère aussi.
- Mais enfin, qu'est-ce qu'elle espère en faisant cela ? Je ne l'aurais pas cru capable d'une telle bassesse.
Albert était désabusé et écœuré.
- Elle doit souffrir si elle t'aime toujours.
- Ce n'est pas une raison pour détruire le bonheur des autres. Toi, tu étais bien prête à t'effacer pour mon propre bonheur, même si cela aurait signifié de me laisser à elle. C'est cela que j'appelle de l'amour profond et sincère, capable de sacrifice pour l'être aimé.
Il la regarda avec amour en lui caressant tendrement la joue. Elle lui sourit, puis elle inclina la tête contre sa main chaude et aimante en fermant les yeux pour mieux apprécier sa touche délicate et rassurante. Chacun d'eux avait déjà fait des sacrifices pour l'autre. Candy avait perdu son travail, ruiné sa réputation en vivant avec son patient amnésique, et elle aurait laissé Albert à Jane si tel avait été son choix. Quant à Albert, il avait risqué sa vie pour sauver sa blonde préférée des pattes d'un lion, ainsi qu'en la recherchant jusqu'ici et il l'avait aussi menée vers Terry à Rockstown, pensant qu'il était son avenir dans le bonheur. Oui, chacun d'eux avait déjà fait preuve d'abnégation pour l'autre et était prêt à se sacrifier, encore et encore. C'était un amour fort, profond et sincère.
- Je dois lui en parler et mettre les choses au point. Je ne veux pas la laisser s'immiscer ainsi entre nous, reprit Albert sur un ton irrité.
- Oui, tu as raison, mais ne soit pas trop dur avec elle.
- Je te reconnais bien là mon amour, ton âme est si belle, ton cœur si pur. C'est pour cela que je t'aime tant !
Son regard brillait en lui disant cela. A ce moment-là, Lise entra dans la pièce.
- Bonjour, je suis désolée de vous déranger, mais de nouveaux blessés viennent d'arriver et l'on a besoin de vous, M. Ardlay, pour les transporter.
- Bonjour Lise, répondit Candy en rougissant un peu.
- Bonjour Lise, mais s'il vous plaît, appelez-moi Albert. Après tout vous êtes la meilleure amie de Candy.
- Très bien Albert, et promettez-moi de la rendre heureuse.
Lise n'avait pas la langue dans sa poche.
- Lise ! la réprimanda Candy.
- Il n'y a pas de souci. Je suis heureux de voir quelqu'un se soucier de toi, Candy. Merci Lise, et ce n'est pas un problème de vous faire cette promesse, car c'est mon plus cher désir, répondit Albert avec conviction.
Albert laissa donc les deux amies qui discutèrent en reprenant leur service. Candy confia ses inquiétudes par rapport à Jane sans pour autant révéler l'histoire de du petit nom d'Albert. Lise lui promit d'ouvrir l'œil sur elle.
Pendant ce temps-là, Jane passa à la deuxième étape de son plan : discréditer Candy aux yeux d'Albert. L'esprit de la jeune femme était complètement empoisonné par la jalousie, ce qui la poussait à agir de manière machiavélique, pourtant elle ne s'était jamais comportée de la sorte dans le passé. Mais maintenant qu'elle avait vu ce baiser passionné et surpris cette confidence, ce nom secret qu'il ne lui avait jamais révélé à elle, c'en était trop pour elle. Encore heureux qu'elle n'avait pas entendu le début de leur conversation ; elle avait juste saisi le moment où Albert demandait à Candy de ne pas l'appeler son prince, et Jane avait simplement cru qu'il parlait du prince charmant en général. Ensuite elle était partie, ne supportant plus de les voir s'embrasser de nouveau elle ne savait donc pas pour le secret du Prince des Collines. Par contre elle avait entendu parler de l'annulation de l'adoption de Candy le matin, et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : Albert allait la demander en mariage, sinon il n'aurait jamais brisé ce lien.
Albert allait épouser cette fille, elle allait devenir madame Ardlay. Jane en était aussi sûre que désespérée.
Elle repensa avec douleur à leur rupture lorsqu'il lui avait dit qu'il ne l'aimait pas assez pour pouvoir l'épouser. Jane se sentait blessée et meurtrie. Mais que possédait Candy qu'elle n'avait pas ? Elle n'était pas moins jolie qu'elle, elles faisaient le même métier, et elle avait même était jusqu'à s'offrir à Albert au cours d'une nuit passée sous une tente en pleine savane, lors d'une excursion. Ils avaient chacun leur tente au début, mais elle l'avait rejoint car elle avait eu peur en entendant le ricanement des hyènes et le rugissement lointain des lions alors une chose en entraînant une autre, ils s'étaient retrouvés dans un baiser passionné, mais il n'avait pas cédé à la tentation, il n'avait pas voulu profiter de la situation. Ainsi, ils n'eurent jamais de relations intimes. Albert avait été un vrai gentleman. Or maintenant, c'est une autre qui aurait ce privilège.
L'amour jaloux fit donc perdre la tête à la jeune-femme. Albert lui-même avait eu l'impression de ne pas la reconnaître. La Jane qu'il avait connue au Kenya était si altruiste, si dévouée et compatissante, alors sa façon de vouloir semer la zizanie entre lui et Candy le décevait et le désolait aussi, car il se sentait en partie responsable pour l'avoir fait souffrir. En même temps, plus que jamais, il était sûr d'avoir fait le bon choix d'avoir rompu avec elle.
XXX
A peine avait-elle quitté Candy que Jane commença par lancer une rumeur. Elle raconta à Allison, qu'elle savait très bavarde par ouï-dire, qu'elle avait surpris Candy dans une discussion « très intime » avec le beau Dr de Vigny. Elle avait dit cela avec beaucoup de sous-entendus.
- Mais surtout, tu ne dis rien Allison, c'est entre nous, c'est une confidence que je t'ai faite.
Et bien évidemment, Allison s'empressa d'aller raconter cela à d'autres, qui à leur tour propagèrent la rumeur en ajoutant à chaque fois quelques détails croustillants. Quelques-uns, en sachant que Candy fréquentait Albert, étaient un peu perplexe, mais devant un bon bavardage, presque personne ne put résister. Ce potin fit très vite le tour de l'hôpital qui ne comptait pas plus d'une vingtaine de personnes parmi tout le personnel, et à la fin de la journée les ragots étaient que Candy et le Dr de Vigny s'étaient embrassés. Il faut dire qu'après le tango que Candy avait dansé avec le Dr de Vigny, il n'était pas très difficile d'imaginer des choses. Et comme toujours dans ce genre d'histoire, c'étaient les premiers concernés qui furent avertis en dernier.
Germaine, une aide-soignante, grande brune aux yeux ambrés et qui en pinçait pour Albert, était en train de raconter à Jennifer les derniers commérages concernant Candy, dont elle était jalouse par ailleurs. C'est alors que le jeune homme arriva à leur hauteur ; Germaine, qui lui tournait le dos, ne le vit pas venir, alors qu'elle était en pleine discussion avec sa collègue.
- Tu te rends compte ? Pauvre M. Ardlay quand il saura pour Candy et le Dr de Vigny… ! En tout cas je suis prête à le consoler.
Jennifer essayait de lui faire signe de se taire, mais il était trop tard. Albert avait entendu et sur le coup, il sentit son cœur se serrer et comme si une lance lui transperça la poitrine. Il n'en croyait pas ses oreilles. « Que se passe-t-il ici ? Candy et le Dr de Vigny, mais quelle est donc cette histoire ? »
- Et que devrais-je savoir à propos de Candy et du Dr de Vigny, mesdemoiselles ? demanda-t-il la gorge nouée.
- Euh… C'est-à-dire que… Germaine bafouillait en rougissant.
- Eh bien j'attends ! s'impatienta le blond, le cœur battant et la bouche sèche en observant l'embarras de la jeune femme.
- Il parait que l'on a vu Candy et le Dr de Vigny s'embrasser, répondit Jennifer qui était moins gênée.
Sur le moment Albert reçut la nouvelle comme un coup de poignard en plein cœur. L'image de Candy dansant le tango avec le Dr de Vigny traversa son esprit comme pour accréditer cette thèse, le troublant davantage, le bouleversant même en lacérant chaque fibre de son cœur, en torturant son âme.
Tout son monde était en train de basculer.
Après quelques secondes en enfer, qui lui parurent une éternité, son esprit logique finit par reprendre le dessus. Il connaissait trop bien sa Candy, elle n'était pas une fille volage. Candy n'était pas une femme infidèle.
« Non je n'y crois pas. C'est impossible ! Candy ne me ferait jamais une chose pareille, ce ne serait pas elle ! » Pensa-t-il.
- Et qui est ce « on » ? demanda-t-il alors sur un ton fébrile. Albert avait décidé d'en savoir plus.
- Ben… en fait, … c'est la rumeur qui circule actuellement, bredouilla Germaine, rouge comme une pivoine.
- Ah, je vois. Donc vous n'avez rien vu en fait ?
Albert s'échauffait de plus en plus.
- Euh… Non…
Germaine avait la tête baissée en se tortillant les doigts. Albert bouillait intérieurement, il ne pouvait pas croire à cela et il était révolté que l'on puisse salir ainsi l'honneur de sa chère blonde.
- Et cela vous amuse de propager de tels ragots ? De ruiner la réputation d'une jeune femme et d'un médecin sans aucune preuve que de stupides potins ?
- Non... Bien sûr que non !...
Germaine qui était du genre impressionnable et sensible était au bord des larmes. En plus, elle était prise en défaut justement par celui pour qui elle avait le béguin.
- Alors maintenant cela suffit ! Que je ne vous y reprenne plus !
Albert avait cédé à la colère et parlait d'un ton très sec.
- Non, non M. Ardlay, c'est promis.
Répondirent en chœur les deux jeunes-filles comme deux écolières sermonnées par leur professeur. Albert avait une autorité naturelle sur les gens même sans colère, sentiment auquel il cédait rarement, mais dès que l'on osait s'en prendre à Candy, cela prenait le meilleur de lui et cela valait aussi bien pour ces deux commères.
- Très bien.
Albert s'éloigna alors en fulminant. Non, il ne pouvait pas croire un traître mot de cette histoire, car il avait confiance en Candy. Toutes leurs discussions à cœur ouvert lui avaient montré la force de son amour pour lui, mais il fallait qu'il en ait le cœur net. En fait, il commençait à avoir une petite idée de la provenance de cette rumeur.
XXX
Ce que Jane n'avait pas prévu dans son esprit tourmenté, était que le Dr de Vigny allait finir par apprendre la rumeur lui aussi, même s'il fut quasiment le dernier à le savoir, et en tant qu'homme d'honneur et de principe, il irait en rechercher l'auteur. Il était scandalisé par ce qu'il avait appris par la bouche de son collègue, le Dr Mercier, qui l'avait lui-même su en surprenant la conversation entre deux infirmières. Alors, en tant que médecin-chef, il lui fut facile de mener sa petite enquête en interrogeant le personnel au passage il fit de sévères remontrances et très vite il apprit par Allison que c'était Jane la coupable. Il la fit convoquer immédiatement dans son bureau.
- Mlle Pierce, j'ai mené mon enquête et je sais de source sûre que vous avez propagé une rumeur me mettant en cause.
- Quelle rumeur ? demanda-t-elle pour gagner du temps.
- Parce qu'il y en a plusieurs ? Je parle de celle où vous m'avez vu embrasser l'une de vos collègues, répondit-il avec sarcasme et colère mêlés.
- Mais je n'ai jamais dit que vous aviez embrassé Candy ! se défendit-elle.
- C'est donc bien vous.
Il n'avait pas dit qu'il s'agissait de Candy, exprès, elle était tombée dans le panneau, elle savait très bien de quoi il parlait.
- Mais je … j'ai seulement dit que vous… que vous aviez discuté… avec elle, c'est tout, bredouilla-t-elle.
- En insinuant qu'il s'agissait d'une conversation très …privée, mais pourquoi avez-vous colporté une chose pareille ?
Son ton était intimidant.
- Je… je voulais … discréditer Candy auprès de… M. Ardlay, avoua-t-elle.
- Mais pourquoi, enfin ? demanda-t-il agacé, mais également surpris.
- Parce que je l'aime ! Il était mon petit-ami lorsque nous étions en Afrique. s'exclama-t-elle avec passion.
- Mais vous vous êtes servi de moi et vous m'avez mis dans une situation des plus délicates. Vous n'avez donc rien de mieux à faire que vos manigances infâmes pour satisfaire des desseins fielleux et égoïstes, en ternissant la réputation de deux personnes ? C'est tout simplement inacceptable ! Vous devriez avoir honte alors qu'en ce moment il y a tant d'hommes, de femmes et d'enfants qui souffrent à cause de la guerre. Chaque jour vous le voyez, ici même dans cet hôpital. Ouvrez donc les yeux, Mlle Pierce, regardez autour de vous ! dit-il en colère.
Jane commença à se sentir terriblement coupable, le médecin avait raison. Il avait réussi à réveiller sa conscience qui avait été empoisonnée par le venin de la jalousie. Il y avait en effet tellement de personnes qui souffraient dans le monde entier : comment avait-elle pu oublier toutes ses valeurs ? De plus, le Dr de Vigny n'avait rien à voir dans son histoire avec Albert et elle lui avait fait du tort. Elle avait en plus utilisé les sentiments que le médecin éprouvait envers Candy et qu'elle avait devinés, or il avait dû souffrir lui aussi de voir le couple de blonds ensemble. Elle en prit conscience.
- Oh, je vous demande pardon !... J'étais si désespérée... Mais je sais que j'ai mal agi.
- C'est aussi à vos deux collègues que vous devriez présenter vos excuses, et en public pour démentir la rumeur. Vous auriez pu détruire leur relation et faire leur malheur.
Il lui parlait sur un ton de reproche. C'est alors que Jane éclata en sanglots. Son visage enterré dans ses mains, elle se mit à trembler de tous ses membres, puis elle répéta plusieurs fois entre deux gémissements « Oh mon Dieu, qu'ai-je fait ? … Je suis tellement désolée... Pardonnez-moi ! » puis elle vacilla. Pierre la saisit dans ses bras pour lui éviter la chute. Il sentit ses tremblements et son repentir sincère. Il la fit s'asseoir sur la table d'examen et s'installa à côté d'elle pour la soutenir. Elle lui paraissait si fragile, si vulnérable et il comprenait très bien ses émotions même s'il ne concevait pas d'agir de la sorte. Et pourtant, lui-même avait eu son propre moment de faiblesse en ayant profité du tango pour flirter avec Candy, même si c'était avant de savoir qu'elle et formaient un couple. Ce n'était pas vraiment très juste ni très élégant de sa part, il s'était laissé emporter par ses sentiments envers son infirmière préférée en saisissant cette opportunité, mais il l'avait regretté quelque part. L'amour à sens unique était un puissant sentiment, l'un des plus cruels qui soit et qui ne laisse aucun répit à sa victime. Alors qui était-il pour la juger ? Sa colère envers elle s'éteignit tout à coup, laissant place à une bouffée de compassion pour cette jeune femme au cœur brisé qui ressemblait à Candy. Il éprouva un besoin irrépressible presque viscéral de la réconforter.
- Mlle Pierce, calmez-vous... Je vous pardonne.
- Je sais que je ne le mérite pas. Et je comprendrais si vous vous voulez ma démission, ses sanglots redoublèrent.
- Chut ! Ne dites pas de bêtises. Tout le monde peut faire des erreurs, et je sais que c'est la souffrance qui vous a poussée à agir ainsi. Je n'approuve pas ce genre d'attitude, mais au moins vous vous en repentez et vous avez des remords, ce qui prouve que vous n'êtes pas une mauvaise personne dans le fond. Vous vous êtes égarée sur un chemin obscur, mais maintenant vous avez retrouvé la voie de la lumière.
- Merci Dr de Vigny.
Jane sentit brusquement la chaleur réconfortante qui émanait du médecin et elle se sentit mieux un poids lui avait été enlevé et elle commença à se calmer. Elle fut touchée de la réaction de Pierre, de sa compréhension, de sa douceur malgré la puissance masculine de sa silhouette. Sa voix chaleureuse était si apaisante... Elle fut agréablement surprise de se sentir vraiment bien entre ses bras et ce fut avec regret qu'elle quitta son étreinte quelques instants plus tard. Ils se mirent alors à discuter. Jane lui raconta son expérience au Kenya. Elle lui parla aussi de sa relation avec Albert, ce qui permit à Pierre de mieux comprendre son désespoir et sa souffrance. Il découvrit certains aspects de Jane qui lui plaisaient. Elle était une jeune femme passionnée, engagée, dévouée, pleine de compassion envers la souffrance d'autrui, ce qui était en total contradiction avec ce qu'elle avait laissé paraître dernièrement, mais personne n'était parfait et tout un chacun pouvait avoir une faiblesse passagère, après tout.
Entre temps, Lise, qui avait entendu les rumeurs, avait prévenu Candy de la situation. La blonde était atterrée : qui avait bien pu propager une telle fausseté ? En discutant, les deux filles en vinrent à la même conclusion : Jane ! Pourtant Albert devait lui avoir parlé, alors comment avait-elle osé ? Candy croisa son bienaimé dans un couloir. Elle voulut lui faire part de la situation, mais il était déjà au courant.
- Albert as-tu déjà parlé à Jane ? Demanda-t-elle, l'air préoccupée.
- Non, je n'ai pas encore réussi à la voir. Es-tu au courant de ce qui se dit sur toi et le Dr de Vigny ? répondit-il avec le même air que Candy.
- Oui, Lise vient de m'en parler. C'est de la pure calomnie ! s'exclama Candy indignée.
- Oui je le sais bien, lui répondit-il en lui posant la main sur l'épaule pour accentuer ses paroles.
- Nous pensons que c'est Jane qui a lancé la rumeur, dit Lise.
- Moi aussi, dit Albert soulagé de savoir qu'ils étaient arrivés à la même conclusion, puis il ajouta sur un air courroucé : ma patience et ma compréhension ont des limites, et elle va m'entendre !
C'est alors qu'ils virent Jane sortir du bureau du Dr de Vigny, les yeux rougis et l'air déconfit.
- Ah, te voilà Jane, ça tombe bien car j'ai des choses à te dire ! dit Albert en colère.
- Je sais… Je… J'ai des excuses à vous faire… à tous les deux, répondit-elle l'air affligé, en baissant la tête de honte.
- Mais enfin, Jane, qu'est-ce qui t'a pris ?! Je ne te reconnais pas ! continua Albert sur le même ton.
- Calme-toi, Albert. Puisque Jane s'excuse, peut-être devrions-nous en discuter tranquillement ailleurs ? dit Candy calmement.
- Oui tu as raison Candy, dit-il en respirant profondément. Venez, allons dehors.
Les deux jeunes filles le suivirent, tandis que Lise se défila, après avoir étreint le bras de Candy en lui démontrant son appréciation.
Jane sentit qu'elle avait profondément déçu Albert. Elle avait lu dans son regard du mépris mélangé à sa colère, ce qui lui transperça le cœur, mais c'était mérité car elle avait très mal agi. En plus, elle avait sali la réputation de deux personnes innocentes et elle comprit que même s'il arrivait à lui pardonner un jour, tout était fini avec Albert. Jamais elle ne récupérerait son amour. Comme l'avait dit le Dr de Vigny, la jalousie l'avait conduite sur un bien mauvais chemin.
La colère d'Albert avait du mal à se faner. Jane avait voulu détruire sa relation avec Candy et leur amour si précieux, cet amour qu'il avait attendu si longtemps pour qu'il s'épanouisse enfin. Et en plus, en faisant du tort à l'élue de son cœur. Il savait à quel point un amour non partagé pouvait faire souffrir, mais il ne comprenait pas que l'on puisse agir de la sorte il avait découvert un côté de Jane qu'il n'aurait pas soupçonné.
Ils sortirent dans le parc et rejoignirent un coin désert.
- Jane, franchement, je n'aurais jamais cru cela de toi. Tout d'abord cette histoire avec mon petit nom secret... d'ailleurs comment l'as-tu su ?
- Je … Je vous ai surpris… l'autre jour dans ce parc et … je vous ai espionnés, juste au moment où tu lui as révélé ce nom secret.
- Je ne pensais pas que tu en arriverais là, dit-il d'un ton dur. Il était horripilé.
- En fait, je n'ai entendu que cela, dès que j'ai entendu cette confidence je suis partie. Cela m'a tellement fait mal, car tu ne m'avais jamais confié ce petit secret, à moi.
- Mais enfin, qu'est-ce que tu espérais en agissant ainsi ?
Il était soulagé qu'au moins elle ne savait pas pour le Prince de la Colline.
- Je ne sais pas… je sais maintenant que c'était insensé …
- Et ensuite cette rumeur.
Albert avait du mal à garder son calme.
- En fait, j'ai juste dit que Candy avait eu une discussion privée avec le Dr de Vigny, se défendit-elle.
- Juste dit ? N'essaie pas de te disculper, c'est ignoble ! dit-il, en levant les bras, outré, scandalisé.
- J'étais désespérée… Je vous demande pardon… à tous les deux.
Elle éclata en sanglots.
- Je te pardonne Jane, dit Candy.
C'en était trop pour elle qui prit Jane dans ses bras. Elle éprouvait de la compassion pour cette jeune femme amoureuse et désespérée, qui pourtant se repentait sincèrement. Elle savait bien combien l'amour pouvait être cruel lorsqu'on ne pouvait pas le partager avec l'être aimé pour une raison ou pour une autre. Candy avait les larmes aux yeux et, en voyant la scène, la colère d'Albert vacilla aussitôt. Il fut touché de voir celle qu'il aimait de tout son cœur être aussi généreuse de caractère, être aussi magnanime et capable de pardonner. Pendant qu'il l'admirait, il se laissa infuser de ces sentiments charitables pendant quelques minutes avant de déclarer sur un ton ferme, mais plus calme.
- Je te pardonne aussi puisque Candy, qui est la principale victime, a la bonté de le faire et que ta repentance a l'air sincère, mais j'exige que tu lui fasses des excuses publiques.
- Albert, ce n'est pas la peine, intercéda Candy qui ne voulait pas ajouter l'humiliation publique à la peine de la jeune femme.
- Mais si Candy, ton honneur et ta réputation ont été salis, insista Albert.
- De toute façon, le Dr de Vigny l'exige aussi. Alors je le ferai au réfectoire au moment du repas, répondit Jane.
- Et bien sûr, plus aucune manigance, ajouta-t-il fermement.
- C'est promis.
Candy pensait qu'une fois de plus Albert l'avait protégée. Elle se rendait compte qu'il ne laisserait jamais personne la blesser et qu'il pouvait se montrer intransigeant envers les gens qui oseraient le faire. Elle ne l'en aima que davantage pour cela.
C'est ainsi que le soir même au moment du dîner, Jane fit des excuses publiques au réfectoire, rectifiant le mensonge, lavant la réputation de Candy et du Dr de Vigny. Jane pensait qu'il serait peut-être préférable pour elle de partir, même si Pierre de Vigny ne l'avait pas exigé. Elle avait eu de la chance que les trois personnes à qui elle avait fait du tort lui aient pardonnée, mais ce serait peut-être mieux de repartir en Afrique. Pas au Kenya, cependant, où elle avait trop de souvenirs, plutôt vers un nouveau pays. Pour l'instant elle était encore trop bouleversée pour prendre une décision définitive, mais elle allait y réfléchir sérieusement.
à suivre...
Que va-t-il se passer dans le prochain chapitre ? Je peux vous promettre des émotions…
Et pour terminer je vous conseille une vidéo sur Candy & Albert de Angie Jb : True Angie Jb, CAHA, GF 2016, et pour les nostalgiques de Spandau Ballet et de leur plus grand tube "True".
