Me voila de retour de vacances. C'était cro cro bien !
Désolée pour ce retard. La suite tout de suite...
Bonne lecture.
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Chapitre 10:
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Dean était de très bonne humeur ce matin. C'était aujourd'hui que Sam reprenait du service. Et même si Gigantor était encore astreint à des tâches administratives pour quelques semaines, Dean était heureux de retrouver son partenaire. Il ne l'aurait jamais avoué, même sous la torture, mais Sam lui avait énormément manqué.
Et lorsqu'il était heureux, Dean pouvait être un vrai gamin. Sam avait souvent fait les frais de ses blagues à deux sous. Il se souvenait encore avec embarras de la fois où il s'était malencontreusement assoupi dans leur voiture de patrouille après une nuit de surveillance particulièrement épuisante, et où Dean lui avait mis une cuillère en plastique dans sa bouche ouverte et fait une photo qu'il avait placardée à la vue de tous leur collègues, en grand format dans leur salle de détente. Sam s'était fait chambrer pendant des semaines !
Mais il s'était vengé. Et c'était bien ça le problème !
Leurs petites blagues avaient trop tendance à prendre la forme d'une surenchère acharnée manquant de dégénérer à chaque instant, chacun allant toujours plus loin, pour avoir le dernier mot. Plus d'une fois, Bobby avait dû intervenir pour les calmer avant que tout le commissariat ne fasse les frais de leurs idioties de cour de maternelle.
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C'est donc avec joie mais aussi avec réticence que Sam franchit les portes du commissariat ce matin là, constatant avec crainte que son co équipier et probable bourreau du jour était déjà arrivé. Tous ses collègues vinrent lui serrer la main, certains plus émus que d'autres, Garth en particulier, qui le serra dans ses bras bien trop longtemps. Ca le mit un peu mal à l'aise, mais c'était Garth, pas moyen d'y échapper, il fallait juste attendre que ça passe.
Dean rigola en assistant à ce spectacle, en faisant semblant d'essuyer des larmes d'émotions.
- Sam, tu n'imagines même pas comme je suis heureux de te voir. Déclara Dean d'un air trop aimable pour être honnête lorsque Garth le relâcha enfin.
Il écarta tous ses collègues présents et l'accompagna à son bureau.
- Assied toi. Laissez le respirer les gars, il ne faudrait pas qu'il se fatigue trop pour ton premier jour de reprise.
Sam entendit un énorme bruit de pet lorsqu'il s'assit sur sa chaise et se releva précipitamment en grimaçant sous la légère douleur résiduelle de sa blessure. Tous les officiers présents se retournèrent vers lui et Dean éclata de rire devant la mine atterrée de son partenaire.
- Sérieusement Dean ?
Sam retira le coussin péteur de sous son postérieur et le montra à tous, en lançant un regard navré à Dean qui se tenait les côtes tellement il riait fort. Sam soupira. Bon sang, cette première journée allait être vraiment, vraiment très longue !
Et effectivement, Dean se surpassa. Sam eut droit au stylo baveur qui lui mit de l'encre plein les doigts, au café salé un grand classique. Il faillit bien s'en étouffer et le recracha sur son bureau, en toussant et grimaçant. Puis il y eut le tiroir de son bureau dont la poignée avait été enduite de graisse de moteur...et bien d'autres encore. Il en était au point où il n'osait plus faire un mouvement, guettant la prochaine catastrophe qui allait lui tomber dessus, lorsqu'il se dit qu'il devait reprendre l'avantage.
- Alors raconte! La présentation à la famille Novak, comment ça s'est passé ?
Dean releva brusquement le nez du rapport qu'il lisait, puis détourna le regard, visiblement mal à l'aise de la question. Sam jubila.
- Euh... et bien les frères de Castiel sont ...euh ... très protecteurs. Bafouilla Dean.
- Tu as réussi l'inspection ?
- Plus ou moins. Disons que j'ai un peu déconné au début. Dit Dean en repensant à son petit aparté avec Michel et à la fureur de l'oméga à leur retour. Mais après, ça s'est plutôt bien passé.
- Déconné ? Toi ? Comment c'est possible ? Bon c'est mon tour maintenant. Quand est ce que j'aurais la chance de le rencontrer cet oiseau rare? Vu les changements dans ton comportement ces derniers temps, j'ai vraiment hâte de le connaître. Et Gabriel m'a dit que lui aussi avait PLEIN de conseils à lui donner.
Dean grimaça à cette idée.
- Allez, on se fait un petit resto ce soir pour fêter mon retour? Proposa Sam ravi d'avoir enfin obtenu ce qu'il espérait, une occasion de se venger des tortures que Dean lui infligeait depuis le début de la journée.
- Euh, non... je sais pas...il ne sera peut être pas libre, il bosse là.
- Et bien pose lui la question. On rentrera pas tard. Insista son partenaire qui s'amusait de voir Dean mal à l'aise d'un seul coup. Quoi tu as honte de lui ?
- Bien sûr que non !
Sam jubila, sûr d'avoir remporté la bataille. Dean lui jeta un regard en biais en fronçant les sourcils, puis saisit son téléphone portable en grognant. Il transmit la proposition de Sam à Castiel, qui accepta à son grand désarroi.
- Ok, il nous rejoint au petit resto italien sur la trente-quatrième. Il finit son service à vingt heures aujourd'hui.
- Parfait. S'exclama Sam en se frottant les mains. Je préviens Gabriel. Il va être ravi !
- J'en doute pas. Maugréa Dean dépité, qui imaginait déjà la scène.
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Et effectivement il ne fut pas déçu. Gabriel s'en donna à cœur joie. Sam aux anges, regardait Dean rougir, pendant que son oméga racontait à un Castiel trés attentif, des anecdotes toutes plus croustillantes les unes que les autres sur la vie de son co équipier.
- Et il y a eu cette fois où Dean a dû prendre l'avion. Continua l'oméga visiblement ravi de l'attention de Castiel et de la gène plus que flagrante de Dean. Il était tellement mort de trouille que j'ai bien cru qu'il allait se pisser dessus.
L'alpha leva les yeux au ciel.
- Oh, ça va! N'exagère pas non plus !
- Quoi, j'exagère ? Demanda Gabriel à Sam, prenant son alpha à témoin.
- Pas du tout. Appuya Sam revanchard, un petit sourire en coin.
Il se souvenait comme si c'était hier de leur très court dialogue alors qu'il essayait de rassurer son partenaire dont les jointures avaient blanchi à force de se crisper sur les bras de son siège:
- Essaie de te relaxer. Lui avait dit Sam.
- Et toi d'la fermer ! Lui avait répondu Dean entre ses mâchoires crispées.
Sam ricana à ce souvenir et Dean se renfrogna.
- Et sans parler de sa passion complètement malsaine pour le Dr Sexy! Continua l'oméga moqueur.
Castiel ouvrit de grands yeux stupéfaits et demanda trés sérieusement:
- Tu as une passion malsaine pour un médecin, Dean ? De mon hôpital ? Je le connais ?
Sam et Gabriel éclatèrent de rire simultanément ! Et Dean faillit s'étouffer avec sa bouchée de spaghetti bolognaise qu'il recracha dans son assiette, fort peu élégamment.
- QUOI ? Hein ? MAIS NON ! C'est une série télé, Cass ! S'empressa t'il de répondre en s'essuyant la bouche du revers de sa main. Et vous fermez là ! Cria t'il à ses amis hilares. Oh Sam, tu vas me le payer, je te le jure! Tu vas me le payer très, très cher ! Menaça t'il en rougissant jusqu'aux oreilles. Je peux balancer du lourd moi aussi si il le faut. Je ne voulais pas en arriver là, mais puisque tu ne me laisses pas le choix. Je peux le faire ! C'est pas moi qui hurle comme une fillette lorsque j'aperçois un clown. Hein ?
- Bon ok, ok, on arrête un peu. Dit l'alpha en tentant de reprendre son sérieux, sentant venir la catastrophe.
Il leva les mains en signe de paix. Gabriel ricana mais poursuivit.
- Parle pour toi ! Moi j'en ai encore plein ! Castiel est ce que Dean t'a parlé de cette fois où il s'était mis à courir dans les rues en hurlant de peur poursuivi par un yorkshire ?
- Quoi, mais c'est jamais arrivé ça ! Protesta Dean outré.
- Ah ouais ? t'es sur ? ...P't être bien que je l'ai l'imaginée celle là. Reconnu Gabriel, d'un air innocent.
Le repas se poursuivit, dans une ambiance détendue, enfin plus ou moins en ce qui concernait Dean, jusqu'au moment où le patron du resto mit en route le célèbre karaoké qui faisait la réputation de l'établissement.
- Bon allez, il vaut mieux s'en aller maintenant. Tenta Sam déjà embarrassé par ce qui allait inévitablement suivre.
- Pas question! Fit Dean enthousiaste. Allez Cass, on se lance ?
- Non non Dean, je ne chante pas ! Dit précipitamment l'oméga, sur un ton suppliant.
Dean le regarda. Castiel semblait réellement paniqué par l'idée de monter sur scène et de devoir chanter en public. Il n'insista pas.
- Bon, et bien ce sera toi alors, Sammy. Après tout, c'est toi qui a voulu sortir ce soir, maintenant faut assumer, mon vieux!
- Quoi ? Non ! Vas y tout seul si tu y tiens tellement.
- Allez ! Dead or alive. Tu la connais celle là. Fais pas ta timide, Samantha !
Il l'attrapa par le bras et fit monter sur scène un Sam qui traînait des pieds, sous le regard stupéfait de Castiel et celui nettement plus amusé de Gabriel. La musique démarra et les paroles commencèrent à s'afficher. Dean entama le premier couplet avec enthousiasme contrairement à Sam qui ne faisait que fredonner.
"It's all the same, only the names will change
Every day it seems we're wasting away
Another place where the faces are so cold
I'd drive all night just to get back home "
- Allez Sammy, avec moi ! Encouragea Dean.
Sam commença à chanter d'une voix plus forte accompagnant Dean qui s'époumonait.
"I'm a cowboy, on a steel horse I ride
I'm wanted dead or alive
Wanted dead or alive"
- c'est quelqu'un de bien, tu sais. Commença Gabriel qui regardait toujours Sam sur scène, sans se retourner vers Castiel. Un peu cro magnon sur les bords et même largement au fond, mais quelqu'un de bien.
Castiel ne savait que répondre. Il savait que Dean était quelqu'un de bien, mais était il le genre d'alpha avec lequel il pouvait envisager un avenir ?
- Il m'a parlé de toi, il te l'a dit ?
- Non. Répondit Castiel hésitant. Mais je l'avais compris quand il nous a présenté, à l'hopital, le soir où Sam a été blessé.
- Il voulait savoir comment te parler, essayer de changer. Dean Winchester, Grand Consommateur d'omégas devant l'Eternel qui envisageait de se caser ! Ca alors ! Une preuve incontestable de la toute puissance de Dieu et de ses miracles même sur les cas désespérés. Rigola Gabriel. Bon y a encore pas mal de boulot à faire avec lui, mais tu devrais t'en sortir si tu es à la hauteur de ta réputation. Et j'espère que tu assures au lit, si lui, est à la hauteur de la sienne. Il l'est ? Demanda Gabriel avec un petit air narquois à un Castiel embarrassé qui soutint pourtant son regard. Oh Cassy ! Je peux t'appeler Cassy ? Ne rougis pas mon choux. Tu as réussi à faire comprendre à Dean Winchester qu'un oméga avait un cerveau en plus d'un joli petit cul à combler, crois moi tu peux être fier ! Bon c'est sur, il n'arrivera jamais à la cheville de mon Sam, mais finalement, il est pas si mal ... comme 2ème choix.
Castiel aurait voulu poser mille questions à cet oméga qui connaissait son alpha bien mieux que lui. Mais il était si... déconcertant. Aucune ne parvenait à franchir ses lèvres. Gabriel sembla le comprendre puisqu'il reprit d'un ton soudain plus sérieux en se retournant vers lui:
- Il ne te frappera jamais. Ca, tu peux en être certain. Et il n'est pas le genre d'alpha à t'imposer de rester à la maison ou de lui obéïr en tout. Il ne le sait pas encore lui même, mais il t'aime. Sinon, il ne serait pas venu me demander conseils. Et crois moi sur parole, ça a du être une torture pour lui de le faire. J'ai pas failli m'en remettre. Si tu le laisse te clamer, il sera un bon alpha pour toi, j'en suis sur. Mais est ce que c'est ce que tu veux ?
Sam hurlait maintenant plus qu'il ne chantait et Dean le regardait amusé.
" Dead or alive...
Dead or alive...
Dead or alive !"
Dès que la chanson se termina, Sam redescendit de la scène sous les applaudissements enthousiastes de Gabriel qui l'embrassa avec fougue lorsqu'il s'assit auprès de lui, n'accordant plus aucune attention à Castiel qui le fixait toujours, perdu dans ses pensées. Sam passa un bras autour des épaules de son oméga et celui ci posa sa tête contre celle de son alpha. Gabriel fit un petit clin d'oeil à Castiel. Ils étaient si à l'aise et démonstratifs en public. Est ce que Dean et lui ... un jour ... ?
Il regarda vers la scene pour voir Dean le micro en main, qui enchaînait avec la chanson suivante, " I m too sexy". Sam se passa une main sur le visage mortifié en voyant son partenaire se déhancher, sans aucune retenue.
"I'm too sexy for my love, too sexy for my love
Love's going to leave me
I'm too sexy for my shirt, too sexy for my shirt
So sexy it hurts
And I'm too sexy for Milan, too sexy for Milan
New York and Japan
And I'm too sexy for your party, too sexy for your party
No way I'm disco dancing"
Les spectateurs commençaient à huer, et à demander à ce qu'il arrête le massacre, mais Dean ne s'en souciait pas un instant. Il s'éclatait. A la fin de la chanson, et le voyant pret à enchainer sur une troisième, Sam dû intervenir, monta sur scène, le saisit par les épaules et le fit descendre sous ses protestations véhémentes.
- Sam, rabat joie ! Y a jamais moyen de s'amuser avec toi !
- Ouais ben ne me remercie surtout pas de t'éviter la honte devant tous les collègues demain lorsqu'ils verront ta performance sur YouTube !
Dean sembla considérer sérieusement la question et grimaça. Il n'y avait visiblement pas pensé. Et merde !
- Heureusement que tu es là pour veiller sur mon honneur! T'es un frère, Sammy!
- C'est Sam ! Répéta t'il pour la millionième fois, sachant d'avance qu'il se fatiguait pour rien.
Il était minuit passé. Tout le monde travaillait le lendemain, et Sam avait encore besoin de se ménager. Les amis quittèrent donc le restaurant pour rentrer chez eux. Parvenus devant leurs voitures, Dean pris Sam dans ses bras pour une accolade aussi brève que virile.
- Content de te retrouver vieux !
Puis il s'écarta vivement et se passa une main sur la nuque en baissant la tête, gêné comme à chaque fois qu'il se laissait aller à ces démonstrations d'affection qui le mettaient si mal à l'aise. Sam sourit et lui envoya une bourrade dans l'épaule.
- Moi aussi Dean. Je suis content d'être revenu.
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Dans l'impala, Castiel restait silencieux, regardant par la fenêtre. Dean fredonnait sans y prêter attention, la mélodie de "I m too sexy" qu'il avait chantée un peu plus tôt. Puis s'apercevant du silence de son compagnon, il lui jeta un bref coup d'œil.
- Ca va pas, Cass ?
L'oméga ne répondit rien.
- Hey, parle moi, mon ange! Qu'est ce qu'il y a ? Me dis pas que je t'ai fait honte à ce point. Repris l'alpha en rigolant.
- Non Dean. Même si tes ...euh...performances...m'ont laissé plutôt perplexe. Répondit l'oméga en inclinant la tête de cet air si sérieux qui le caractérisait.
Dean sourit. Castiel était vraiment unique.
- Alors quoi ?
- Tes amis sont vraiment ... Je les aime beaucoup. Dit il avec émotion. Je n'ai jamais eu d'amis comme eux. Ils sont si simples, sincères. C'est très ... rafraîchissant. Et ils ont l'air si heureux. Lorsqu'ils se regardent...je ne pensais pas que ça existait.
- Ah ben c'est sûr que ce n'est pas dans les soirées cocktail de ton père que tu as du passer des moments comme ça.
- Non effectivement. confirma Castiel qui ne souhaitait visiblement pas s'étendre sur le sujet.
Dean repensa à ce mouvement de gêne que Castiel avait eu lorsque Balthazar avait parlé de ce Richard Roman à une des réceptions en question. Il hésita un moment puis finit par lui poser la question qui le taraudait.
Castiel regardait fixement devant lui. Visiblement ça n'était pas un bon souvenir. Il répondit simplement d'une voix calme, presque fataliste.
- Pour certains alphas, nous ne serons jamais que des bouts de viande, Dean.
- Il t'a fait du mal ? S'inquiéta Dean, sentant aussitôt une boule d'angoisse et de colère se former dans sa gorge.
- Il a essayé. Heureusement Lucifer est intervenu à temps. Sinon...
Il ne termina pas sa phrase.
- Fumier ! Cracha Dean entre ses dents serrées.
- C'était il y a longtemps Dean. Repris Castiel en regardant de nouveau par la fenêtre le paysage nocturne qui défilait.
Il se retourna vers son alpha et repris sur un ton plus léger pour changer de sujet.
- Ce Gabriel est vraiment un oméga incroyable. Il est tellement sûr de lui. Si libéré.
- Ouais, presque un peu trop ! S'écria Dean qui regretta ses paroles immédiatement. Enfin je veux dire... il me nargue sans arrêt. T'imagine même pas tout ce qu'il m'a fait endurer les fois où Sam m'a invité chez eux !
Castiel sourit imperceptiblement. Il aimait vraiment les amis de Dean. Il aimait Dean. La vie lui avait réservé bien plus de belles choses qu'il ne l'aurait cru possible. Il posa son front sur la vitre de l'impala, replongeant dans sa contemplation des rues désertes de la ville illuminée par les lampadaires. Dean posa une main sur sa cuisse, tenant le volant de l'autre. Castiel vint poser la sienne sur celle de son alpha.
Le reste du trajet se fit ainsi, dans un silence confortable.
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Le lendemain matin, le réveil fut un peu difficile. Castiel assis au bord du lit, était entrain de s'habiller, alors que Dean qui ne travaillait que plus tard, paressait encore dans le lit.
- Je rentrerai tard ce soir. Dit Castiel. Je dois faire quelques heures supplémentaires pour compenser mes futures absences. Dans deux jours, je vais être ... indisposé. Je devrais rentrer chez moi, ces jours là, Dean. Tu comprends ?
Il ne put s'empêcher de baisser les yeux.
- Cass ! Gronda Dean qui ne comprenait vraiment pas pourquoi l'oméga était encore si gêné par le sujet. Bon sang, mais il n'y avait vraiment pas de quoi. C'était la nature bordel !
Il s'assit sur le lit, et le regarda désapprobateur.
- Tu sais qu'il faudra qu'on en parle vraiment, Cass. Nous sommes ensembles maintenant, je peux t'aider. Il n'y a pas de raison que tu continues de t'infliger ce supplice.
Castiel ne répondait rien, immobile, le regard toujours baissé. Dean se rapprocha de lui et lui releva le visage.
- Hé Cass, regarde moi. Je pensais que la question était réglée. Combien de fois est ce que je devrais te le dire ? Pas de gêne entre nous. Tu sais tout de moi. Même ce que j'aurais préféré te cacher. Et je veux tout connaître de toi.
- Pas ça! Ne pu s'empêcher de répondre vivement Castiel avec un mélange de colère et de honte dans la voix. Je ne veux pas que tu me vois comme ça, sans aucun contrôle, pire qu'un animal.
- Tu n'es pas un animal, Cass. Et je ne connais personne qui ait autant de contrôle sur lui même que toi. Tes chaleurs sont aussi violentes parce que tu résistes à ta nature depuis bien trop longtemps. Laisse moi t'aider. Tu verras, ça sera beaucoup plus facile. ... Et ce sera un plaisir pour moi, crois moi...continua Dean en se rallongeant dans les draps, et s'exposant nu au regard de Castiel, en le fixant d'un air suggestif pour tenter de détendre l'oméga qui rougissait de plus en plus.
- Je pensais que je pourrais... mais je ne suis pas prêt, Dean. Dit Castiel qui se leva pour s'apprêter à partir.
Dean savait que Castiel parlait de sa peur d'être clamé. Il comprenait dans une certaine mesure. Mais il refusait de le laisser souffrir, alors qu'il pouvait l'empêcher. Il soupira alors que Castiel franchissait le seuil de la chambre et quittait l'appartement.
Foutue tête de mule !
Mais il comptait bien lui en reparler ce soir et il finirait bien par lui faire entendre raison !
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Dean finit par se lever et alla à la cuisine se servir un bon café noir. Ca l'aiderait à se réveiller complètement.
Il s'assit sur le canapé, la tasse en main, prenant garde de ne pas renverser le breuvage et alluma la télévision pour faire un fond sonore.
La chaîne info diffusait les actualités en continu, répétant inlassablement les mêmes commentaires. Dean écoutait d'une oreille distraite le présentateur parler du dernier procès en cours. Il se fit plus attentif en voyant apparaître sur l'écran le logo de Sucrocorp, et une photo de son PDG.
Dean sentit une bouffée de rage remonter de son ventre jusque dans sa gorge. Il serra les mâchoires. Ce salopard avait osé s'en prendre à Castiel, et en plus alors qu'il n'était qu'un enfant! Pas étonnant que l'oméga ait une aussi piètre opinion de lui même et des alphas en général! Dean ferma les yeux pour chasser la pulsion meurtrière qu'il sentait monter en lui en voyant sur l'écran le visage souriant de l'homme d'affaires. Il espérait sincèrement ne jamais avoir à se trouver en présence de cette ordure car il savait qu'il ne pourrait pas se contrôler.
Il souhaita silencieusement bonne chance à Balthazar et Anna, car à défaut de pouvoir le faire payer de son sang comme il le meritait, il espérait tout au moins que les deux avocats obtiendraient sa condamnation pour ses malversations financières. C'était bien un minimum !
Putain, ce monde est vraiment pourri! Songea Dean.
Puis il éteignit la télévision et se dirigea vers la salle de bain pour se prendre une bonne douche avant d'aller bosser.
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Vingt deux heures trente.
Dean tournait en rond dans son appartement comme un lion en cage. Castiel n'était pas encore rentré. Il consulta les messages de son téléphone portable pour la cinquantième fois d'affilée. L'oméga lui avait dit qu'il allait faire des heures supplémentaires, sans préciser à quel moment il comptait quitter son poste.
Ils s'étaient contactés par SMS plusieurs fois dans la journée. Castiel avait eu une journée chargée. Les urgences n'avaient pas désempli.
Lorsqu'il n'avait pas répondu au dernier message que Dean lui avait envoyé une heure plus tôt l'alpha ne s'était pas inquiété. Il savait que lorsque l'infirmier travaillait sur une réanimation, il n'avait pas le temps de lire ou de répondre à ses messages. Il se souvenait de son comportement concentré lorsque Sam avait été blessé, son sérieux, son application.
Dean ne s'était pas inquiété non plus lorsqu'il avait vu le temps filer, toujours pour le même motif, il savait que Castiel n'abandonnerait jamais un patient en cours de soins simplement parce qu'il était l'heure pour lui de quitter son poste.
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Mais là, Dean s'inquiétait. Vraiment. Il envoya un deuxième message.
Est ce que tu es toujours à l'hosto, Cass ? STP, prends une seconde pour me rassurer, je commence à m'inquiéter sérieusement.
Il attendit quelques minutes, essayant de se concentrer sur la télévision, sur son plat qui chauffait au micro-onde. Bref, tout sauf la boule d'angoisse qui grossissait de plus en plus dans sa gorge.
Au bout de dix minutes d'attente supplémentaire, il n'en pouvait plus. Il attrapa sa veste, sortit de son appartement et se dirigea vers l'hôpital.
Il savait que Castiel serait furieux s'il le voyait débarquer ainsi sur son lieu de travail. Il aurait l'impression que Dean le surveillait, cherchait à le contrôler. Mais tant pis. Après tout il n'avait qu'à lui répondre, merde ! Dean préférait essuyer la colère de Castiel, plutôt que de continuer à se ronger les sangs ainsi.
Son angoisse ne fit que grandir alors qu'il s'approchait des urgences du petit hôpital. Quelque chose n'allait pas, son instinct d'alpha et de policier le lui criait, il en était de plus en plus convaincu. Castiel aurait déjà du le rappeler.
Il entra dans la salle d'attente et essaya de l'apercevoir lorsque la porte automatique du service s'ouvrit. Si il voyait l'oméga, il pourrait discrètement repartir sans se faire voir et Castiel n'aurait jamais à savoir que Dean était venu jusque là. Mais il ne le voyait nulle part.
Il aperçut Michel, au fond de la salle, examinant la radio d'un patient au négatoscope. Cela rassura un peu Dean. Il savait que les deux frères avaient souvent le même emploi du temps. Il supposait que Michel le faisait exprès, sans rien dire à son cadet, pour pouvoir veiller discrètement sur lui. Sans qu'il le sache bien sur, car sinon Castiel en aurait été mortifié et furieux, sans aucun doute.
Dean patienta donc encore un peu, assis au fond de la salle d'attente, espérant apercevoir parmi toutes ces blouses blanches les cheveux bruns éternellement décoiffés de Castiel. En vain.
Au bout de quelques minutes, il se leva et se dirigea vers la réceptionniste.
- Bonsoir, pourriez vous me dire si Castiel Novak est toujours au travail, s'il vous plait ?
La cinquantenaire lui jeta un regard peu amène.
- Je ne surveille pas les allers et venues des membres du personnel, jeune homme. Et de toute façon, connaître quelqu'un qui travaille ici ne vous donnera aucun privilège. Vous êtes conscient, ne hurlez pas de douleur, et votre sang se coule pas sur le sol, donc vous attendrez votre tour comme tout le monde.
Dean réprima un mouvement d'humeur. Cette vieille bique le prenait visiblement pour un patient resquilleur.
- Je voudrais parler au Docteur Novak, s'il vous plait. Je sais qu'il est là. Tenta alors Dean qui commençait à s'agacer.
La femme poussa un soupir exaspéré.
- Allez vous asseoir jeune homme. Sinon, j'appelle la sécurité !
Il allait sortir sa carte de policier pour forcer le passage, lorsque la porte automatique s'ouvrit pour laisser passer un brancard. Dean se précipita.
- Hé, vous ne pouvez pas... ! Hurla la vieille bique en question alors qu'il pénétrait dans la salle de soin réservée au personnel et aux patients traités.
Dean se dirigea directement vers Michel qui lui tournait le dos.
- Michel ? Commença Dean. Je suis désolé de vous déranger, mais est ce que Castiel est toujours ici ?
Le médecin se retourna vivement et reconnu Dean.
- Castiel ? Mais non. Il est parti il y a au moins deux heures. Il n'est pas rentré chez vous ?
Dean vit le visage de l'aîné se décomposer alors que sa propre angoisse atteignait des sommets.
- Attendez, je vais me renseigner.
Il interpella une jeune infirmière. Dean la reconnu. C'était elle qui l'avait pris en charge pour nettoyer sa plaie à suturer, avant que Castiel n'arrive.
Castiel, mais bon sang, où est ce qu'il était passé ? Son estomac se noua.
- Ruby ? Vous avez vu Castiel ?
- Mais non, docteur. Il a fini son service depuis un bon moment déjà. Je l'ai vu sortir des vestiaires, il y a presque deux heures. Il m'a dit au revoir. Vous avez besoin de quelque chose ?
- Non, merci Ruby. Ça ira.
Il revint vers l'inspecteur.
- C'est ce que je disais. Castiel est parti depuis deux heures. Vous avez essayé de l'appeler sur son portable ?
- Bien sûr. Il ne répond pas. Je tombe directement sur son répondeur. Et il ne répond pas à mes messages non plus. Merde, où est ce qu'il est passé ? Il n'a rien dit ? Il n'avaitpas de rendez vous, ou devait passer chez quelqu'un en partant ? Demanda Dean qui se raccrochait encore de toutes ses forces à l'espoir qu'il ne se soit rien arrivé de grave. Dans son esprit defilèrent les images des dossiers d'agressions d'omégas, toutes plus violentes les unes que les autre qu'il devait traiter quotidiennement. Il ferma les yeux une seconde pour évacuer l'angoisse.
- Il ne m'a rien dit, mais la journée a été chargée. On s'est très peu parlé. Répondit Michel.
Le médecin attrapa son portable et composa un numéro.
- Anna ? Oui, c'est moi. Est-ce que Castiel est passé à la maison ?
- ...
- Non. Il est parti de l'hôpital, mais n'est pas arrivé chez Dean.
- ...
- Ne panique pas Anna ! On va le retrouver.
- ...
- Non, je préfère que tu restes à la maison. Si jamais il y vient, appelle moi immédiatement.
- ...
- Oui, bien sûr, je te tiens au courant dès que je sais quoi que ce soit.
Michel raccrocha.
- Castiel n'est pas chez nous, il n'y est pas passé de la soirée. Je vais aller voir sur le parking du personnel si sa voiture y est toujours.
L'inquiétude était palpable dans sa voix. Lui aussi savait ce qui avait pu arriver. Il les voyait arriver dans son service, tous ces omégas agressés, battus, violés.
Mais au moins lui ne voyait que ceux qui étaient toujours vivants. Songea Dean alors que d'autres images, pires encore passaient devant ses yeux.
Ils parcoururent toutes les allées deux fois. La voiture n'y était plus. Castiel était donc parti avec son véhicule. Dean tentait de réfléchir calmement, comme il le ferait pour n'importe quelle disparition d'oméga, mais sans y parvenir. Il était furieux contre lui même, incapable de penser froidement, justement parce que ce n'était pas n'importe quel oméga. C'était Castiel. SON Castiel.
- Ressaisit toi Winchester, bon sang ! Se giffla t'il mentalement.
- Il a pu avoir un problème avec sa voiture ou un accident pendant son trajet. J'ai fait le trajet de l'hôpital à chez moi , si il avait eu un souci avec sa voiture, je l'aurais croisé. Je vais faire la même chose de l'hôpital à chez vous. Je vous tiens au courant. Dit il à Michel.
Michel aquiessa et regarda l'alpha s'eloigner rapidement.
Mais Castiel resta introuvable. Dean pensa qu'il avait pu faire un crochet par la petite pâtisserie de la rue voisine. L'oméga s'y arrêtait parfois en rentrant du travail pour lui ramener un de ces morceaux de tarte aux pommes que Dean aimait tellement. Cela le fit sourire malgré son angoisse. Castiel pouvait être tellement attentionné.
Alors qu'il s'engageait dans la petite rue, il aperçut enfin la voiture de Castiel, garée non loin du petit commerce. Il se précipita.
La portière conducteur était grande ouverte. Il y avait du sang sur l'appui tête. Dean compris immédiatement de quoi il s'agissait.
Il prit son téléphone et parla d'une voix blanche.
- Sam, j'ai besoin de toi. Castiel a été enlevé.
Il lui donna l'adresse.
- J'arrive. Ne bouge pas. Dit seulement Sam en raccrochant.
Dean s'effondra sur le trottoir, ses jambes refusant de le porter plus longtemps. Il prit son visage entre ses mains, essayant d'étouffer le cri qui montait dans sa gorge. Et pour la première fois depuis qu'il n'était plus un enfant, il pria ce Dieu auquel il était pourtant sûr de ne pas croire.
Non, pas Castiel ! Non, non, non, non, je vous en prie, je vous en supplie pas lui ! Par pitié! Pas lui ! Prenez ma vie, prenez mon âme, mais rendez le moi. Répétait il dans sa tête, en une litanie infinie, laissant les mots noyer sa panique, incapable de formuler une pensée plus cohérente.
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Vous voyez finalement, c'est bien que j'ai publié ce chapitre en retard. Comme ça ça fait moins long à attendre pour avoir la suite...
Non, ça ne vous console pas ? Vous avez toujours envie de me tuer?
Bon ok.
A la semaine prochaine... ;)
