Le vol n°10 d'AbrutiAirLine est sur le point de décoller. Merci d'attacher vos ceintures, des turbulences dues à des montagnes russes émotionnelles sont à prévoir.

(C'est tout ce que je dirais pour l'instant, on se retrouve en bas ^^)


RAR

Lady B OHHH non j'ai peur de ta remarque là. Pourquoi on va avoir envie de frapper Derek? Qu'est ce qu'il va faire ce naze ? on pauvre Stiles

- Ben écoutes, je vais te laisser lire et tu me diras ce que tu en penses oki? :D

Charcoton Bonsoir, bonsoir, alors comme d'habitude j'ai une envie de frapper Derek, fort, fort mais en même temps C'EST TELLEMENT FRUSTRANT D'ARRÊTER LE CHAPITRE A CET ENDROIT, mon dieu. Bon, je suis désolée mais pour les deux prochains et derniers chapitres tu n'auras aucun rw de ma part, je pars en vacances à grand regret. Si je peux chopper un Mc Do avec wifi gratuite je saurais quoi faire. Bon ben encore un chapitre qui nous rapproche de la fin tant attendu mais pas tant que ça. La fin signifie dernier chapitre mais franchement j'ai aucune envie d'arrêter cette lecture. Bonne continuation

- Bonsoir ^^ Alors prépare toi à frapper Derek encore plus fort et à être encore frustrée, parce que l'auteur est encore plus sadique que moi ^^ Bah, quand tu reviendras tu pourras tout lire d'un coup ^^ Oui bientôt la fin :'( Mais ce n'est qu'un au revoir! je vais bientôt revenir avec une fic à moi :D Tu comprend pourquoi je relis cette fic à la moindre occasion? :D A bientôt et bonne vacances :D

Riska T'inquiète pas on te pardonne pour ton avance xD (si tu as envie de refaire le coup ne te gêne pas hein ) Bon bah je vais aussi maudire l'auteur ( oui j'arrête pas avec toi mais attention c'est affectif pas agressif et j'avoue qu'elle est très très forte l'auteur) Exploser AbrutiAirLine ce n'est pas du terrorisme voyons nous sommes trop gentille et adorable pour faire ça disons que c'est plus tôt un regrettable accidents prémédité qui n'était pas prévue (oui j'aime les longues phrases xD) Je viendrais baver avec toi une fois qu'on aura réussi a lui enlever son pantalon (et nous savons toutes les deux qu'il ne porte pas de sous vêtement ) Derek réfléchie trop et pas assez. Derek ne vois rien en plus il culpabilise d'avoir tromper Stiles avec Stiles et il le regrette ça m'énerve. Avec tout ce que tu dis sur le chapitre 10 j'ai peur de ce qui va se passer mais je sais déjà que Derek va mourir dans d'atroce souffrance. J'espere trop qui va pas le rejeter mais nous savons tous qu'il va le faire. Ahhh c'est trop sadique de nous laisser comme ça est un peux plus de sympathie envers nous trop nul en anglais pour pouvoir lire la suite. Et maintenant je pars a un stage pour apprendre de nouvel insulte pour Derek (sa va pas être facile j'ai pas beaucoup de vocabulaire xD) et je vais me perfectionner au maniement de Table puisque le fameux chapitre 10 arrive. Vraiment trop hâte de lire la suite vais encore rester frustré toute la semaine maintenant. A la prochaine Bye

- Ah ouf, merci. Du coup je suis aussi pardonnée pour celui ci ^^ (t'as vu, je me suis pas gênée ^^) J'aime tes phrases longues et ta façon de voir lol OUIIIIII ENLEVONS LE PANTALON DE DEREK! Derek réfléchit mal surtout. Je vais te laisser découvrir tout ça dans la chapitre en dessous en fait. J'attend ton avis Bye ^^

MariYann Bon, ok, j'avoue les prémonitions c'est pas mon truc. Hate de lire la suite. Ps : Armes chargées prêtes à être utilisées !

- lol je te rassure, c'est pas le mien non plus ^^ La suite est là ps: garde les à porter de main ^^


Lundi

Les nombres rougeoyants montrent 12h08.

Le plafond est blanc au-dessus de lui, les craquelures saignant dans l'ombre, rampant à travers les rayons de la lune. Il s'est souvent allongé comme ça, connaît les formes qu'ils font à travers le plafond à l'aube et au crépuscule et entre ces deux moments. Il y a une histoire complexe qui se tisse dans les ombres des branches créant des lézardes. S'il regarde juste au bon moment, on dirait que quelqu'un se tient à l'extérieur, attendant d'être invité à entrer.

La couette bleue qui couvre le lit est douce sous ses doigts agités. Il se tourne et se retourne, soupire, récite autant de chiffres après la virgule de PI qu'il peut, avant d'hésiter, fait une liste mentale de toutes les sortes d'Aconit Tue-loup et leurs effets, prépare mentalement la dissertation qu'il doit rendre dans quelques jours : une vue d'ensemble sur l'histoire de l'utilisation du Fantasme comme moyen de faire passer des informations en temps de guerre. Finstock devrait aimer… Ou pas. Peu importe.

A côté de lui, le réveil passe à 12h09.

Et Stiles ne pense pas à Derek.

Dimanche

- J'ai Fantasmé sur toi.

Il lui faut un moment pour que les mots atteignent son cerveau –Un cerveau qui combat de toutes ses forces pour les rejeter.

Parce que… Derek sait. Derek sait.

Et c'est juste…

- Putain.

Ce n'est pas comme ça que c'était supposé se passer. Derek comprenant tout seul, détestant Stiles à cause de ça. Parce qu'il est évident qu'il déteste Stiles maintenant. Il est trop horrifié, trop dégoûte pour être même dans la même pièce que lui. Pour quelle autre raison aurait-il passé la journée à flipper comme il l'a fait, fuyant le loft, évitant les yeux de Stiles ?

Stiles a imaginé ce moment des douzaines de fois : Venant au loft et se confessant au loup ou bien Derek réalisant (aussi improbable que ça paraisse) et venant à lui. Boyd laissant échapper quelque chose ou Stiles décidant que ça suffisait, attrapant Derek et l'embrassant jusqu'à ce qu'il ne puisse plus ignorer la connexion…

Mais peu importe comment ses rêves pleins d'espoirs commencent, ils se finissent toujours de la même façon : Derek est heureux, l'enlace et l'embrasse à lui couper le souffle.

Pas ressemblant à ce qu'il est maintenant : pâle, horrifié, les mots s'échappant de sa bouche comme s'il les vomissait.

- J'ai Fantasmé sur toi, répète-t-il, lentement comme s'il n'est pas sûr que Stiles l'a entendu la première fois.

Ses yeux sont rivés au sol, la tête baissée comme s'il était apeuré. (Derek. Apeuré) ou honteux. Et Stiles réalise avec un étrange choc que le monde tourne toujours au dehors de son esprit et qu'il n'a toujours pas réagi. Il a besoin de, besoin de se reprendre, de s'excuser. Il a besoin de ne pas se ruer, de ne pas envelopper Derek dans un câlin, peu importe ce que ces instincts lui hurlent, peu importe à quel point il sait que Derek aime secrètement être tenu et câliné et apaisé.

Parce que ce sont des informations privilégiées et que Derek ne les aurait jamais partagées avec Stiles s'il avait su. Bordel, mais qu'est-ce qui ne va pas avec lui ? Il doit s'excuser.

Au lieu de ça, se tenant immobile, il échappe un « Ouais » étranglé.

C'est pathétique, cette dérobade. Pourquoi sa satanée bouche ne fonctionne-t-elle pas quand il en a besoin ? Il a besoin d'expliquer, seigneur, il a besoin de raconter à Derek ce que ça voulait dire pour lui, toutes les pensées qui ont explosé dans sa tête et tous les sentiments qui compriment sa poitrine. Il arrive à ouvrir la bouche –la confession prête à sortir, attendez une seconde- mais Derek relève brusquement la tête, les sourcils froncés, son visage pâlissant encore plus alors qu'il grince :

- Tu savais ?

Et c'est définitivement supposé être le texte de l'humain.

- Eh bien… Ouais.

Est-ce que Derek a pensé qu'il était tous les deux dans le noir ? Que Stiles a commencé tous ces Fantasmes sans même savoir sur qui il les dirigeait ?

Si c'est possible, Derek devient encore plus pâle. Il bredouille, mal à l'aise, visiblement complètement hors de son élément. (Et pourquoi est-ce tellement touchant ? Ça ne devrait sérieusement pas l'être. Stiles a carrément des problèmes émotionnels qui ont grand besoin d'être examinés par un thérapeute) Mais il n'a pas l'air d'être sur le point d'éviscérer Stiles et d'avoir ses entrailles pour le dîner ou un truc du genre. C'est encourageant et Stiles essaye de se concentrer sur le fait d'être reconnaissant pour ça, parce que l'autre option est de penser à la façon dont Derek a l'air sur le point d'être malade et le plus jeune est quasi-sûr qu'il va commencer à pleurer s'il pense un peu trop à ça.

Il ne va pas commencer à pleurer. Il a encore au moins ça de dignité.

Les yeux de Derek se ferment et Stiles doit combattre le besoin de l'embrasser –ses lèvres, sa tempe- de passer des doigts apaisants dans ses cheveux. C'est presque irrésistible à ce point-là, un instinct qu'il sait à peine restreindre. Il voit que Derek va mal et il veut créer un Fantasme pour le faire se sentir mieux.

Mais ce n'est pas le bon moment. Derek a projeté des vagues de « Pas Bon » toute la journée. Stiles n'a juste pas su pourquoi jusqu'à présent.

- Je suis désolé, murmure-t-il et il l'est (Mais dieu, non, il ne l'est pas) Derek, je… Putain, j'aurais dû dire quelque chose plus tôt, j'aurais dû arrêter –

Derek fait un rapide mouvement avorté –Comme s'il voulait se rapprocher de Stiles et s'était restreint.

- Stiles, ce n'est pas de ta faute.

Il a l'air démoli, horrifié. Coupable.

Et peut-être que Stiles commence à percuter, alors qu'un petit frisson sauvage prend naissance au plus profond de sa poitrine, alors que Derek continue, les poings serrés :

- J'aurais dû arrêter. Je ne pensais pas à ce que je faisais jusqu'à ce que ce soit terminé, mais ce n'est pas une excuse. J'ai juste… Tu as tellement été là dernièrement et ton odeur était partout dans le loft. Quand j'ai été blessé, tu étais là et je pense qu'une part de moi s'est accrochée à ça. Donc, j'ai –

- Tu as Fantasmé sur moi, le coupe Stiles un peu craintif.

Et pour la première fois, il entend vraiment. Pas les mots qu'il avait peur que Derek dise, pas ce qu'il s'attendait à ce qu'il lui dise.

- Tu as Fantasmé sur moi.

Derek le regarde probablement de la même manière qu'a eu Stiles de regarder le loup, comme s'il n'est pas sûr que l'humain lui ait accordé assez d'attention, ou comme s'il pense qu'il peut être un complet idiot. Mais tout va bien, parce qu'ils sont tous les deux des idiots et que Derek a Fantasmé sur lui.

Derek n'a rien deviné. Derek ne sait pas qui est le Rêveur et il a quand même décidé qu'il voulait Stiles. Ce matin était pour lui. Derek l'imaginé lui. Et ça a été le meilleur Fantasme qu'ils ont jamais eu.

Mange ça, Rêveur !

Lundi

À quatre heures du matin, il abandonne complètement l'idée de dormir, s'enterrant plutôt sous les articles de Wikipédia. Ça arrive à le distraire assez longtemps pour que les lumières de l'aube passent à travers sa fenêtre, jusqu'à ce qu'il soit assez tard pour être distrait par les cours.

Et ensuite, il se concentre sur ses devoirs, sur des recherches, sur le temps passé avec Scott jusqu'à ce que celui-ci commence à lui glisser des regards en coin… Et rien de tout ça n'est assez.

Par chance, quand son esprit vagabonde, il a des choses plus importantes sur lesquels se fixer que les Fantasmes. Le souvenir de cette dernière conversation –les yeux de Derek, la voix de Derek- est suffisante pour tuer toute envie.

Dimanche

Il réalise que maintenant, il sourit, ressemblant probablement à un cinglé. Il se sent presque désolé pour Derek qui ne sait absolument pas pourquoi l'humeur de Stiles a changé de façon aussi drastique, pourquoi il se mord la lèvre et combat l'envie d'éclater d'un rire joyeux… Parce qu'il a été jaloux de lui-même et maintenant, il n'a plus à l'être. Maintenant, Derek le veut, le veut vraiment. Et il peut tout raconter au loup et ils peuvent le faire en vrai et être heureux. Et, Dieu, il a besoin d'embrasser Derek maintenant, pour de vrai, avoir sa bouche sur lui, comme ça Derek peut finalement comprendre et tout sera bien, incroyable, réel…

Il est contre Derek avant même de pouvoir y penser, s'alignant pour poser sa bouche sur lui…

Mais Derek bronche à la dernière seconde, agrippant le bras de l'humain et faisant pression contre son torse, ne le repoussant pas, mais ne le laissant pas s'approcher non plus.

- Non.

Non ? Sérieusement ? Et pourquoi pas plutôt « Même pas en rêve ils devraient s'arrêter maintenant » ?

Parce qu'ils peuvent s'embrasser d'accord ? Ils devraient s'embrasser et ils ne devraient jamais s'arrêter, au moins jusqu'à ce qu'ils fassent d'autres choses plus intéressantes avec leur bouche et peut-être que Stiles semble un brin plaintif quand il lève une main pour attraper le poignet de Derek, son pouce traçant le bord de sa paume, mais il ne peut pas s'en empêcher. Ça ressemble au Fantasme le plus vivace qu'il ait eu, comme si tout pouvait se briser à tout instant et Derek reste juste là, le retenant, lui disant non ?

- Mais tu me veux.

Il a besoin de ça. Après des semaines à avoir pensé qu'il n'était pas assez bien, il a juste besoin que Derek soit heureux avec lui, pas grimaçant et évitant ses yeux et se démêlant de la prise de Stiles comme si ça lui faisait mal de le toucher.

- Je suis désolé, dit à nouveau le loup.

Et ça a l'air sincère et ça rend les choses pires. Derek n'est pas sincère, pas avec Stiles. Ils font des sarcasmes et ils se cherchent, mais c'est ce genre de rapports confortables qui définit leur entière relation. Il insulte Derek, Derek l'insulte. C'est comme ça qu'il sait qu'ils vont bien.

Mais maintenant, Derek le traite comme s'il allait se briser et il ne sait pas quoi faire de ça. Comment le rassurer, comment arranger la situation.

Alors il laisse Derek le déplacer, le laisse s'écarter de lui et répète d'un ton morne :

- Tu es désolé.

- Je ne voulais pas que ça arrive. Stiles, je ne…

Derek balbutie encore, les épaules tendues et dieu, que Stiles voudrait pouvoir le secouer. Il fait encore ce truc absurde du chemin de la culpabilité, comme s'il n'avait déjà pas assez de poids sur ses épaules. Pourquoi ressent-il le besoin constant d'en rajouter ?

- C'est bon, essaye Stiles, faible et à contre-pied.

Il ne s'est jamais senti aussi mal préparé pour une conversation de toute sa vie, mais il en a besoin. Derek doit arrêter de se sentir coupable. C'est un moment « tout ou rien » et putain, c'est terrifiant.

- Je suis… Derek, je suis d'accord avec ça. Je veux dire, si quelqu'un peut être d'accord avec ça, c'est moi. Je suis…

- Tu ne devrais pas l'être, coupe Derek. Je ne le suis pas.

Ce qui bloque à nouveau Stiles, le laissant les tripes nouées.

Il ne s'est jamais autorisé à se sentir mal à cause de ça, pas de la façon dont il aurait probablement dû. Derek a été trop dans le truc, donnant autant qu'il prenait. Mais il n'y a aucun moyen de dénier que le loup pense que c'est mal. Alors, qu'est-ce que Derek pense de lui ? Du Rêveur ? Il le veut, ouais, mais est-ce qu'il l'aime bien ? LE respecte ?

Est-ce que Stiles peut arrêter de penser à lui-même à la troisième personne avant de perdre complètement sa prise sur la réalité ?

- Je… Je ne…, commence-t-il et bégaye, peu sûr de la meilleure façon de s'exprimer et sentant sa poitrine, sa gorge commencer à se resserrer. Allez Derek, si quelqu'un te voulait comme ça… Si quelqu'un Fantasmait sur toi, tu serais d'accord avec ça ?

Parce que c'est tout ce qu'il retient maintenant : que Derek semblait d'accord avec ça. Il a besoin que Derek ait été d'accord avec ça.

Les lèvres de Derek forment une ligne étroite. Il fixe le mur le plus éloigné, comme si son regard pouvait percer un trou et qu'il pouvait s'y engouffrer. Échapper à cette conversation.

- … ça dépend de la personne.

Il n'y a pas de flirt, ce n'est définitivement pas une invitation. Stiles se passe nerveusement la langue sur ses lèvres sèches et il ne peut empêcher le masochiste qui le pousse à demander :

- Et si c'était moi ?

Le regard de Derek passe sur lui avant de se détourner à nouveau.

- Tu ne me veux pas, Stiles. Tu veux juste quelqu'un qui te veut.

Ça frappe assez fort l'humain pour qu'il flanche. Ses poings se serrent au point d'avoir les jointures blanches et il n'est même pas sûr de contre qui il est en colère. Derek, avec son inconscience stupide et ses doux yeux sincères ou lui-même pour merder aussi méchamment ce moment.

- Tu n'as aucune idée de ce que je ressens.

- Je sais exactement ce que ressent un adolescent qui pense être voulu. Comment ça peut devenir la chose la plus importante du monde et comment ça peut t'empêcher de voir la réalité –

- Alors, explique ce Fantasme Derek !

Sa voix est voilée, ses yeux floues de larmes, ses poings tremblants à ses côtés… Et il s'est promis qu'il ne pleurerait pas, mais il ne peut pas s'en empêcher. Ça part en couilles, pire que tout ce qu'il aurait pu imaginer, parce que même dans ses pires peurs d'être rejeté, au moins il ne s'effondrait pas comme un gosse devant Derek. Au moins, il ne suppliait pas.

- Explique-moi comment ça a pu être aussi bon, comment on peut aussi bien s'adapter, si tu ne veux pas de moi ? Comment tu as pu même te tendre vers moi. C'était… Tu ne peux pas truquer ça, ok, alors –

- Parfois, un Fantasme n'est rien d'autre qu'un fantasme, Stiles, déclare Derek d'une voix sèche, monotone, ne souffrant aucun argument. Tu comprendras quand tu auras plus d'expérience.

C'est une claque en plein visage, un rappel que quand Derek le regarde, il ne voit qu'un gamin sans expérience. Stiles pense qu'il connaît Derek mieux que personne, alors que le loup… Continue de ne pas le voir.

Il n'est même pas surpris de se retrouver à rire, amer et dur.

- Bien sûr. Bien. Je veux dire, pourquoi est-ce que tu voudrais de moi, hein ? Tu veux probablement quelqu'un de plus silencieux, que tu peux utiliser pour une baise rapide et dont tu peux te débarrasser quand tu n'en as pas besoin.

Stiles contre le Rêveur et le Rêveur l'emporte. Bien sûr qu'il le fait. Il a toujours su que ça se passerait comme ça. Tout ce que Derek pourrait vouloir de Stiles, sans aucun merdier dont s'embarrasser.

Derek laisse échapper un soupir frustré, la mâchoire crispée.

- Stiles…

Ce n'est rien d'autre qu'une mesquinerie éhontée qui pousse Stiles a agrippé le cou de Derek et a l'embrassé durement, lui coupant la parole et léchant à l'intérieur, vite et fort. La respiration de Derek se coupe alors que le torse de Stiles se colle au sien ses yeux devenant distants, sa tête bougeant un peu, alors qu'il casse les lèvres qui ne sont pas là. Et Stiles disparaît laissant le loup un peu hébété et énormément blessé quand il claque :

- Va te faire foutre Derek. Je ne suis pas un gosse. Et je ne suis pas celui qui ne peut pas décider de ce qu'il veut.

Mercredi

Le loft semble étrangement vide.

C'est stupide de ressentir ça alors que ça ne fait que quelques jours. De se sentir comme ça tout court, honnêtement. Ses Bêtas sont toujours aussi souvent là, Peter est dans le coin plus souvent que Derek ne le voudrait et ce n'est pas comme s'il avait besoin de plus avant.

… Sauf qu'à un moment, Stiles a commencé à s'infiltrer dans la vie de Derek –emplissant les espaces vides avec sa présence, son énergie et ses bruits. Derek ne s'est pas aperçu que ça arrivait, trop occupé avec d'autres distractions pour réaliser à quel point la compagnie de l'humain lui manque dans les moments où le monde est trop silencieux et ses pensées trop bruyantes.

Il peut toujours sentir le baiser féroce de Stiles sur sa bouche. La façon dont son corps s'est mis à brûler à ce contact fantôme, avec l'urgence de simplement oublier toutes ses convictions, de plaquer Stiles contre la première surface dure venue et de l'embrasser pour de vrai.

Mais il ne peut pas. Ce ne serait pas juste pour Stiles, pour le Rêveur, pour personne.

« Je ne suis pas celui qui ne peut pas décider de ce qu'il veut. »

C'est comme ça que tout a commencé, non ? Parce que Derek a pensé au Rêveur et a voulu Stiles à la place.

… Voulait une odeur, un visuel. Ne voulait pas Stiles.

Dieu, de qui se moque-t-il ?

Mais il tient au Rêveur, aussi intangible soit-il. Et il croit fermement que Stiles veut seulement être voulu, veut une seconde chance d'expérimenter les sensations du Fantasme. Il n'a jamais eu ça avant, c'est normal qu'il s'accroche au premier vrai Fantasme qu'il expérimente, qu'il essaye de construire quelque chose de plus considérable que ça ne l'était.

Ça n'a rien à voir avec Derek. Stiles n'a jamais pensé à Derek comme ça avant dimanche matin, après tout.

Il essaye de se distraire avec la télévision, faisant nerveusement défiler les options de Netflix, jusqu'à avoir envie de lancer la télécommande dans l'écran. Il va courir à la place.

OoOoO

Tard dans la nuit de mercredi, Stiles sent le premier touché hésitant. Des doigts effleurent son bras, une respiration fantôme contre sa joue.

Derek cherche le Rêveur. Stiles ne sait pas s'il doit être content ou se sentir insulté que ça ait pris trois jours au loup pour qu'il revienne.

Il est allongé immobile trop longtemps, laissant la bouche traîner le long de sa gorge. Petites léchouilles et dents traînantes, des mains chaudes enracinées à ses côtés, des pouces traçant ses côtes nues et –

Il repousse Derek, poussant sa main contre ses lèvres.

Les caresses fantômes s'évanouissent.

Son oreiller est humide quand il s'endort enfin.

OoOoO

Derek ne peut pas blâmer le Rêveur parce qu'il le repousse. Combien de fois a-t-il essayé de rejoindre Derek depuis dimanche, pour être repoussé ? Et ensuite, il a été distrait, passant ces trois jours, confus et misérable avant de trouver le courage de chercher à l'atteindre. Il y a une limite à ce que la plus patiente des personnes peut supporter avant de chercher un Objet plus facile.

Et Derek ne peut pas oublier que, peu importe qui il est, le Rêveur n'a fait aucun effort pour le trouver. Pour le rejoindre dans le monde réel, pour transformer ce qu'ils ont en quelque chose de plus que des rendez-vous illicites dans leur esprit. Qui dit qu'il veut plus, de toute façon ?

Quelquefois, un Fantasme est juste un fantasme, après tout.

Peut-être qu'il est temps qu'il écoute son propre conseil.

OoOoO

- Je dis juste que tu as été étrangement silencieux cette semaine mec.

Scott est assis sur la chaise de bureau de Stiles, appuyé contre le dossier, les mains croisées alors que Stiles fixe les craquelures du plafond. Il ne s'est même pas embêté à bouger depuis que Scott est entré. Avec le recul, ça en dit un peu, mais il n'arrive pas à s'en soucier.

Il laisse échapper un long soupir.

- Tu sais, après qu'Allison et toi avez rompu, vous disiez que les Fantasmes vous remettaient toujours ensemble ?

Il sent plus qu'il ne voit Scott bouger, des vagues d'inquiétudes s'échappant du loup alors qu'il explique :

- Ouais. Elle disait qu'elle voulait garder ses distances, mais je savais qu'elle continuait de penser à moi tout le temps qu'elle était en France. Je n'aurais probablement pas eu le courage de lui parler sinon. Et ils l'ont aidée à se rappeler que j'étais toujours la même personne, loup-garou ou pas.

Stiles hoche la tête et ferme les yeux. Il se demande si ce serait pousser le bouchon trop loin de demander des pots de glace et un marathon films pour la rupture d'une relation qui n'a jamais réellement existé. Il se demande s'il pourra à nouveau regarder du Marvel sans penser à la réaction de Derek devant les films.

… Oh Dieu, Derek a tué Firefly pour lui, pas vrai ?

- Ouais, ben sans vouloir offenser toute ton épique histoire d'amour, les Fantasmes craignent.

Il y a une autre courte pause, puis, Scott bouge, se laissant tomber sur le lit à côté de lui.

- Ah, donc tout ça, c'est à propos de tout ce truc d'admirateur secret qui Fantasme sur toi. Tu as découvert qui c'est ?

Scott n'en sait pas plus que les autres –Que Stiles a dû sortir de certaines classes pour cause de Fantasmes. Il n'a pas poussé Stiles pour en savoir plus et Stiles n'a jamais été aussi reconnaissant pour la nature distraite de son ami. Maintenant, il se demande si, peut-être, Scott n'attendait pas simplement qu'il en parle en premier.

Il hausse les épaules, les yeux toujours fermés. C'est plus sûr ici, derrière ses paupières sombres. Les fissures de la peinture du plafond commencent un peu trop à ressembler à une métaphore pour sa vie.

- Ce n'est plus un problème, maintenant, répond-il d'un ton morne. C'est fini.

Une lente expiration.

- Et c'est une bonne chose ? Ou…

Il hausse à nouveau les épaules et Scott se tait.

Il y a un frisson sur sa peau –De l'autre côté de la ville, Derek pense au Rêveur pendant une seconde avant de couper court. C'est arrivé toute la journée, depuis la tentative de la nuit dernière. Il sait que Derek ne le fait pas exprès qu'il n'essaye pas d'atteindre Stiles. –C'est juste des touches rapides, terminées trop vite pour être intentionnelles- mais ça rend lentement Stiles cinglé, alimentant sa misère avec le rappel que Derek ne veut pas de lui.

Il se force à ouvrir les yeux.

- Si Allison avait Fantasmé sur toi et que tu n'avais pas su que c'était elle, tu lui en aurais voulu ?

Il tourne lentement la tête, découvrant son meilleur ami qui le fixe incrédule.

- SI c'était Allison, comment j'aurais pu ne pas savoir que c'était elle ?

Exactement la question de Stiles. Il soupire, son regard dérivant.

- Ok, alors disons que c'était… Isaac. Disons qu'Isaac a Fantasmé sur toi.

Sauf que ce n'est pas non plus la bonne comparaison, pas vrai ?

- Je veux dire… Non, oublie ça. Disons que quelqu'un a Fantasmé sur toi et que tu aimais et que c'était quelqu'un que tu connaissais, mais que tu ne savais pas que c'était cette personne. Et je sais que ce n'est pas bien de Fantasmer sur quelqu'un sans sa permission, mais… Serais-tu en colère contre cette personne ?

Scott continue de le fixer, comme s'il essayait de résoudre un puzzle de 5000 pièces, sans le modèle. Et Stiles vient de lui donner des pièces super importantes et peut-être que c'était une très mauvaise idée, mais Stiles devient lentement cinglé là et s'il ne peut pas se confier à Scott, alors à qui le peut-il ?

Après quelques battements de cœur, Scott s'assoit lentement.

- Mec, est ce qu'Isaac a Fantasmé sur toi ?

- Quoi ? Non ! Et puis-je ajouter Eurk ?

Ok peut-être pas eurk, mais… Ouais, définitivement eurk.

- Isaac et moi ne sommes pas sur le radar de l'autre de cette façon. Crois-moi.

- Alors…

Les sourcils de Scott se froncent sous la concentration. Ses lèvres se tordent.

- …Oh wow, est-ce que c'était Jackson ? C'est pour ça qu'il a été un super connard à propos de ça ? Parce que si c'est ça –

Stiles grimace, lui tirant la langue.

- Oh Dieu, wow. Non, s'il te plaît, non et je retire officiellement mon eurk sur Isaac. Cette conversation prend des chemins où je ne veux plus jamais aller et j'ai un peu peur de ton cerveau maintenant, mon pote, alors on va juste –

- Hey !

Scott lui attrape le bras et Stiles s'interrompt, jetant un coup d'œil pour découvrir son meilleur ami le regardant d'un air sérieux, doux et sincère.

- Écoute, juste… Sérieusement, ok ? L'amour ne prend jamais la même route pour personne. Et tout ce truc à propos des Fantasmes, c'est une zone grise, c'est pour ça que c'est si dur de faire des lois dessus. Certaines personnes pourraient penser qu'Allison et moi utilisant les Fantasmes pour savoir où nous en étions après avoir rompu peut être flippant, on pensait que c'était romantique, sourit-il un peu embarrassé et très heureux et Stiles n'a jamais été aussi jaloux de lui. C'est juste, ne te laisse pas écraser par ce qui est juste ou pas, d'accord ? Ce qui importe, c'est avec quoi le Rêveur et toi êtes à l'aise. Je veux dire, qui va faire attention à la façon dont les choses ont commencé entre vous, si vous vous êtes trouvés et que vous vous rendez heureux ?

Ce qui serait un merveilleux conseil, si Derek voulait seulement de lui.

OoOoO

- Ok, tu atteins de nouveaux sommets sur l'échelle de ne pas avoir de vie, là tout de suite, Derek. Je pourrais ne rien dire, mais étant mon Alpha et tout, je suis quasi-sûre que ça m'affectera méchamment si tu dérailles complètement.

Derek ne s'embête même pas à arrêter de faire des pompes –sur une main et les chevilles croisées pour corser les choses- comme Erica entre dans la pièce et s'arrête pour le fixer. Il n'y a aucune raison de s'arrêter. Il peut dire sans regarder qu'Erica a une main sur la hanche, fait la moue et arque un sourcil sceptique. Elle a totalement une expression qui le juge et pour être honnête, elle n'a pas besoin d'autre.

Et ensuite…

- Tu ne devrais pas être en cours ?

Un grognement silencieux.

- Les cours sont finis depuis deux heures, Boss. Et tu m'as réveillé une heure trop tôt ce matin avec tes stupides bruits de musculation. Et j'ai la nette impression que tu ne t'es pas arrêté depuis.

Il se met à genoux pour zieuter derrière la jeune fille et découvre que le soleil est bas dans le pense qu'il a dû s'arrêter à un moment pour boire –il y a un verre vide sur la table.

… Alors peut-être qu'aller de l'avant n'est pas aussi simple que ce que Derek espérait.

Erica s'assoit sur le canapé devant lui, les jambes croisées sous elle et la tête penchée sur le côté. Derrière son sang-froid Derek peut voir sa sincère inquiétude et ça l'agace de savoir qu'il en est la cause.

- Tu n'as vraiment aucune idée de l'heure qu'il est ?

Honnêtement, il ne s'est pas embêté à le vérifier. Ça n'avait pas l'air important. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il n'est pas arrivé à dormir de la nuit, que chaque fois que son esprit commence à vagabonder –vers le Rêveur, vers Stiles, vers le merdier compliqué qu'il n'avait pas réalisé avoir besoin, jusqu'à ce qu'il le perde-, il l'en a empêché et a poussé son corps plus durement.

Il n'a pas encore atteint ses limites.

Après le feu, il a utilisé la musculation jusqu'à l'épuisement, travaillant dur pendant des heures, jusqu'à ce que Laura l'oblige à arrêter, manger et se reposer. Et si elle n'était pas dans le coin, jusqu'à ce qu'il s'effondre, trop épuisé pour cauchemarder.

… Ou peut-être que son esprit en état de semi-conscience, esseulé et tordu, essayait de rejoindre Kate, la femme dont il était si sûr d'être amoureux. Il se sent toujours malade quand il y pense, ces Fantasmes sans honte qu'il avait sur elle alors qu'elle complotait la mort de sa famille. La façon dont il pensait toujours à elle, de temps en temps, même après, lui manquant… Ou celle qu'il pensait qu'elle était.

On peut s'attendre à des Flashs après une rupture, c'est connu. L'esprit essaye d'atteindre l'autre par habitude… mais la plupart des relations se ne termine pas en bain de sang.

L'épuisement avait été le seul moyen d'arrêter les bruits dans sa tête, de faire en sorte que ses pensées traîtresses ne le trahissent pas.

En tant qu'Alpha, avec plus de force et d'endurance qu'il en avait en tant que Bêta, il n'est toujours pas arrivé à atteindre son point de rupture. Mais à en juger par l'expression sur le visage d'Erica –et la façon dont la pièce commence à devenir floue derrière elle –il ne doit pas en être loin.

- Hey, dit-elle doucement, comme il ne l'a jamais entendu, l'inquiétude claire sur son visage et pas juste cachée sous des couches d'indifférence cool. Tu n'as pas besoin de travailler si dur. Je sais que ton territoire est menacé, mais on gère. On a géré. Ce qu'on ne peut pas gérer, c'est notre Alpha se musclant à mort pour prouver à quel point il est coriace.

- Erica.

Pour la première fois, Derek s'aperçoit que Boyd se tient dans l'embrasure de la porte, un sac à dos accroché à l'épaule, les sourcils froncés.

- Laisse le tranquille.

D'habitude, un mot de Boyd suffit pour qu'Erica lâche l'os qu'elle ronge, mais cette fois, ça semble l'énerver encore plus. Elle se remet sur ses pieds alors que Derek se met debout, s'effondrant presque au vertige causé par le mouvement trop brusque.

Ouais, il a définitivement poussé ses limites. Au moins, il n'aura pas à s'inquiéter de glisser dans un Fantasme avant de s'évanouir. Il n'est pas sûr de qui son esprit voudrait atteindre et il n'y a pas d'option sûre.

En même temps, l'inquiétude dans les yeux d'Erica devient de l'indignation, de la frustration et Derek n'a pas fait suffisamment attention les jours précédents pour le sentir venir.

- Non. Ecoute, peu importe pourquoi tu te morfonds, arrange-le. Tu n'es pas un loup solitaire Derek. Tu ne peux pas disparaître comme ça. Alors peu importe le merdier que Boyd connaît apparemment, mais pour lequel je ne suis pas assez bonne pour…

Elle fait une pause, repousse ses cheveux, lançant un grognement à son petit-ami.

- Bref. Je m'en fiche. Débrouille ton merdier Derek, je le pense.

OoOoO

L'Alpha se force à avaler un peu de nourriture et s'effondre pour 6 heures complètes. Quand il se réveille, il est agité, nerveux et ça le démange d'aller courir.

«Débrouille ton merdier, Derek »

Il grogne, frottant son visage d'une main.

Peu importe ce qui se passe dans sa vie, peu importe la merde qu'il a créée, peu importe s'il peut ou non tout arranger, il doit bien au Rêveur de lui donner une chance de lui. Dieu sait qu'il l'a rejeté assez de fois.

Alors, une fois de plus, et ensuite il arrêtera de s'étendre sur le sujet. Il est temps d'avancer, d'une façon ou d'une autre.

Il l'atteint, un pouce timide traçant une mâchoire aiguisée –

Et il est giflé, dur, fort et avec colère.

Pas de mains sur ses lèvres, pas de « Attends ». Juste frappé, écarté.

Fini. Derek laisse échapper une respiration tremblante, se forçant à rouvrir les yeux.

C'est bien, se rappelle-t-il. Il a déjà traversé pire que ça.

Il s'assoit lentement, ignorant la douleur sourde dans sa poitrine. Il voulait une réponse et il l'a eue. Maintenant, il doit juste trouver quelque chose de différent sur lequel se concentrer, un moyen de garder son attention loin de –

Le Rêveur s'écrase contre lui, le poussant une surface dure alors que leur bouches s'ouvre, dure, désespérée et blessante.

Le Rêveur grogne dans le contact meurtrissant, prenant, prenant ce qu'il a à offrir, parce qu'il le voulait tellement, ça lui a manqué si –

Il y a des mains s'insinuant dans ses cheveux, tirant durement. Des mains frappant son torse, en colère et le poussant avant de le rapprocher. Des dents mordent ses lèvres alors qu'un genou se glisse le long de sa cuisse. Le Rêveur l'escalade presque avec le besoin d'être plus proche –

Et Derek l'entraîne, ses mains glissant plus haut sur son dos, enserrant sa nuque, croyant à peine que ça arrive, qu'il a ça à nouveau après des jours à se débattre sans –

Leur poitrine est alignée et il sent la respiration hachée du Rêveur. Sent l'humidité contre sa bouche, contre sa joue alors qu'il frotte sa barbe le long de cette mâchoire lisse.

Le Rêveur tressaille contre lui, le tirant plus proche, mais Derek se fige.

Le Rêveur pleure.

Il y a une vibration de protestation, le Rêveur poussant impatiemment son épaule, des dents rivées à son cou, suçant durement, des baisers durs contre sa peau…

Et le Rêveur pleure.

Derek n'a pas besoin de les voir, de sentir les larmes salées pour savoir –

Un instant plus tard, il tient le Rêveur avec précaution, serrant le corps svelte contre lui.

Le Rêveur se déchaîne à nouveau, haletant durement contre sa clavicule, une rafale de coups de poings sans élan et sans force le frappe –

Et Derek le tient fermement, chuchotant contre son oreille, embrassant son cou, attendant tout ce temps la claque dure contre sa bouche pour l'écarter. Ça n'arrive jamais.

Ils ne sont plus contre le mur (la porte ?), ils sont maintenant ensemble dans le nid d'un lit chaud et de draps doux. Le Rêveur s'accroche à lui frénétiquement. Des lèvres bougent sans force contre son épaule, murmurant des mots sans son qu'il ne peut espérer comprendre entre deux respirations hachées.

Et Derek se contente de le tenir, ses mains caressants doucement la colonne vertébrale, son nez traînant le long de ce ou et souhaitant pourvoir respirer son odeur. Mais tout ce qu'il peut sentir sont les échos de la meute flottant dans le loft. Ses Bêtas, Scott, Allison. Stiles.

Il arrête de flairer, soufflant avant que ses pensées ne puissent le trahir à nouveau. Il peut gérer de ne pas avoir d'odeur, d'image, de voix. Il prendre ce que le Rêveur est prêt à lui donner aussi longtemps qu'il le laisse rester.

OoOoO

Stiles se réveille le lendemain avec les traces sèches de ses larmes sur ses joues et le souvenir des bras de Derek autour de lui et il essaye de se convaincre que ça lui suffit. Qu'il est chanceux que Derek veuille une part de lui.

Il cherche et Derek est instantanément là, avec lui, l'embrassant lentement et profondément et c'est si bon qu'il peut presque oublier qu'il a y des choses qu'il ne peut pas avoir.

C'est suffisant. Il peut donner à Derek ce dont il a besoin.

Comme l'a dit Scott, l'amour fonctionne différemment pour chacun. Alors peut-être que c'est juste comme ça que ça fonctionne entre Derek et lui. Aussi longtemps qu'il peut garder ses distances dans la réalité, garder les choses séparées dans sa tête, il ira bien.

OoOoO

Bien sûr, le vendredi soir, Scott arrive enfin à organiser une nuit de la meute et le truc entier est un enfer absolu. On peut compter sur Scott pour écouter son meilleur ami la seule fois où il ne devrait pas.

Ça se passe chez Derek et Stiles pourrait juste refuser d'y aller, mais maintenant Scott a assez de pièces du puzzle pour tout comprendre si Stiles commence un peu trop à protester. Et peu importe combien l'humain aime Scott, il en sait assez sur son complexe du héros pour être sûr qu'il irait voir Derek pour essayer d'arranger les choses et ce serait un nouveau genre de cauchemar.

Alors il y a va et fait de son mieux pour agir comme si ça ne le tuait pas.

Il n'y a probablement aucune chance pour que tout soit éclairci avec Derek, parce qu'il a l'air misérable –tapi dans les coins, évitant tout le monde et généralement faisant une version de lui-même moins en colère et plus dépressive que celle de l'année précédente. Même sa barbe a l'air triste.- négligée, un désordre dépenaillé qui donne tellement envie à Stiles de traverser la pièce et d'enfermer Derek dans ses bras, qu'ils en sont douloureux à cause du vide.

Derek évite de regarder Stiles autant que le jeune le fixe et c'est à se demander comment personne dans la pièce ne sait qu'ils baisaient presque, que leur misère est projetée, se mélangeant. Mais Derek a toujours été le genre de mec à se tapir dans les coins et il n'agit probablement pas si différemment de d'habitude si on n'y regarde pas de trop près.

Et Stiles est le champion pour sourire quand il se brise à l'intérieur.

D'un autre côté, les autres sont occupés à se distraire, s'amuser. Musique, nourriture et ragots et Stiles pense que certains dansent à un moment. Peut-être même qu'il est entraîné avec eux. Mais à la fin de la soirée, tout ce qu'il peut se rappeler, c'est la façon dont Derek lui a pris le bras en passant et a soufflé « Tu me manques. » assez doucement pour que l'humain pense l'avoir imaginé.

Il s'était rapidement écarté, le regard évitant le loup, sûr que Derek pouvait sentir la brûlure salée de ses yeux.

OoOoO

Stiles rentre à la maison, se cassant presque l'orteil en donnant un coup de pied de frustration dans un des pneus de sa voiture et boitille jusqu'à sa chambre pour aller s'effondrer sur son lit.

Boyd est déjà en train de l'attendre, appuyé contre le mur près de la fenêtre.

- Tu sais, un autre truc à propos des loups. La meute est importante pour nous. La Loyauté est importante pour nous.

Stiles roule lentement sur le dos et le fixe. C'est quoi sa vie, sérieux, pour qu'il ne soit même pas surpris de trouver un loup-garou dans sa chambre, l'attendant avec ses leçons de vie zen ?

- Si j'étais déjà avec Erica et que quelqu'un arrivait et était attiré par moi, je ne me laisserais pas penser à être avec cette personne, aussi super-sexy et intelligente et droite qu'elle puisse être.

Boyd grimace un peu alors qu'il parle, comme si imaginer quelqu'un d'aussi bon pour lui qu'Erica était un concept totalement aberrant. Stiles laisse échapper un soupir fatigué.

- C'est génial pour Erica, mec. Content que vous soyez heureux.

Boyd le regarde juste, les yeux sombres et le jugeant dans l'obscurité de la chambre, comme s'il pensait que Stiles n'avait absolument pas compris ce qu'il voulait dire. Et peut-être que c'est le cas, mais il a eu une semaine de merde. Il trouve qu'il a le droit d'être un peu sarcastique devant le bonheur des autres.

Quand le Bêta ne part pas, Stiles lève les yeux au ciel.

- Donc, ce que tu dis, c'est que tant que Derek sera avec le moi-Rêveur, il ne se laissera pas penser à être avec le moi-moi. Que peut-être s'il le faisait, s'il savait que nous sommes la même personne. Que je devrais, quoi, sauter, tout risquer pour la petite chance qu'il puisse me voir de cette façon ?

« Parfois, un Fantasme n'est qu'un fantasme. »

« Tu me manques »

Les fissures du plafond sont sombres dans la faible lumière.

- J'ai essayé, d'accord ? Il ne veut juste pas l'entendre.

Bon d'accord, il n'a pas essayé si dur que ça. N'a pas dit les mots et s'est juste tenu là, laissant Derek sauter sur ses propres conclusions. Et à en juger par le regard de Boyd, il le sait aussi.

- Écoute, comment je suis supposé savoir s'il me veut réellement ? Comment je peux savoir que ce n'est pas le mieux que je peux avoir ?

La semaine précédente ne lui a pas laissé le choix. Il a été précipité dedans sans avertissement, sans une seconde pour pouvoir se préparer ou décider quoi faire. Ce que le Rêveur a maintenant avec Derek est bon, putain, c'est bon. Même si ça rend Stiles malheureux.

Alors comment pourrait-il risquer d'abandonner ça, risquer de ne plus rien avoir du tout ?

Il y a une traînée d 'ombre alors que Boyd va à la fenêtre, bloquant la faible lumière.

- Hey, je partage juste une histoire. Mais est-ce que la semaine t'a semblé bonne ?

Et il est parti au battement de cœur suivant, laissant Stiles seul avec ses pensées écrasantes et le poids des possibilités.

OoOoO

Peut-être que c'était inévitable que ça arrive cette nuit, l'écho de la peau de Stiles frais dans la paume de la main de Derek, son odeur flottant dans le loft, triste et nostalgique, cuisante de larmes non versées. La façon dont son corps a bougé quand Erica l'a traîné pour danser avec les autres –des membres trop longs et sans énergie et bien plus captivant que ce qu'ils devraient être.

Alors peut-être que c'est inévitable que, quand Derek se laisse tomber dans son lit, cette nuit-là, son esprit –Un effleurement rapide de corps- va à Stiles au lieu du Rêveur.

Juste un bref contact avant qu'il ne s'en échappe, jurant. Sortant du lit, attrapant déjà son téléphone pour envoyer un message d'excuses…

Quand une paire de doigts caresse ses lèvres. Doux, tendres : Attend.

… Quoi ?


Tout d'abord, ne me frappez pas! Je rappelle que je ne suis que la traductrice! C'est pas ma faute si Cliff s'était installé chez l'auteur à ce moment là! ;)

Ensuite, z'avez vu, je poste en avance. C'est grâce à la magnifique TheCrasy qui, même en vacances, a trouvé le temps de me corriger le dernier chapitre. MA BELLE TU ES FABULEUSE!

Et donc, du coup, ben je poste le dernier chapitre Mardi :D

Bon week end les loulous bisous tout plein ^^