Petit avertissement : Si vous n'aimez pas le yaoi, ne lisez pas. L'histoire peut très bien se terminer au chapitre précédent. Vous voilà prévenu.
Chapitre un : En essayant de comprendre pourquoi je t'aime…
En cette belle après-midi de décembre, Envy squattait le divan pendant que Ed prenait sa douche. Une fois n'est pas coutume, il réfléchissait. A cet incident qui avait eu lieu quelques semaines auparavent et dont les séquelles (à savoir l'immortalité de Ed) ne semblaient pas vouloir disparaître. A sa relation avec l'alchimiste. A son ancienne vie qui ne lui manquait pas. Au fait qu'un jour ou l'autre, quelqu'un découvrirait leur secret. Mais ce sur quoi il s'interrogeait le plus était le plus bizarre. Chaque fois qu'il parlait à son ami, il lâchait des trucs qu'il ne voulait pas dire, il s'empourprait et souhaitait disparaître sous terre. Il rougissait devant une minuscule crevette ! Il ne se comprenait plus. Un jour, il avait regardé Ed, qui lisait un livre, pendant environ une demi-heure avant de lui annoncer, l'air rêveur :
-Tu es très mignon, en fait, Edward.
Lequel avait failli faire une attaque cardiaque, avait rougi jusqu'aux oreilles et avait pris la fuite. En reprenant ses esprits, Envy avait essayé de se pendre, mais avait échoué. Lamentablement. « Foutue immortalité » était devenue la pensée la plus utilisée des deux adolescents.
Brusquement, une idée le traversa. Et s'il était…! Non, s'en serait rendu compte avant. Bien sûr. Cependant, un doute subsistait. Il se devait de vérifier.
Inner Envy : Je me lève du divan et je me dirige vers la salle de bains. Que fais-je ? Suis-je devenu dingue ? Bah, on s'en fout. Et toi, l'auteur, arrête de me faire penser comme un pète-cul ! (Mwa : Maieuh !) J'entends le bruit de l'eau jusqu'ici. J'ouvre la porte et je vois…le rideau de la douche qui tente en vain de cacher la silhouette de ma cible. N'importe quoi, ce rideau. Un truc aussi inutile ne mérite pas d'être là, entre nous deux. Il faudra que je l'enlève, un de ces jours. Et que je le remplace par un tissu en plastique transparent. Héhéhéhé, je suis génial. Tiens, je ne vois plus Ed. Où est-il ? Il n'a pas pu sortir…donc il est encore dedans. Il est tombé ? J'arrache le rideau et me prend un coup de pied entre les deux yeux. J'ai du savon dans l'œil, nom d'un… ! Ah ! Ca y est, je le vois. Pourquoi est-il derrière moi, avec une serviette autour des hanches ? Comment s'est-il déplacé si vite ?
Envy: Hey! Salut, O chibi-san! Comment t'as fait ça?
Edward : Je t'ai entendu venir, je me suis laissé tomber dans la cabine, je t'ai envoyé mon pied et je suis sorti. Qu'est-ce que t'as pas compris là-dedans ?
Envy : Mais, comment t'as fait pour m'entendre ? Je ne faisais pas de bruit !
Ed : J'espère que tu plaisantes, tu es aussi silencieux qu'un éléphant dans le rayon casseroles ! A moins que ce soit encore de la faute du sang que tu m'as donné… J'ai des oreilles d'Homonculus, maintenant, génial ! Je te jure que si je commence à porter des jupes, ça va aller mal pour ton matricule !
Envy : J'vois pas pourquoi, ça t'irait bien. Le pire qui pourrait arriver, c'est que tu te mettes à baver partout comme Gluttony, là, ce serait grave.
Ed : Je t'ai déjà dit que j'en avais marre de toi ?
Envy : A peu près deux cent fois depuis hier soir, pourquoi ?
Edward le dévisagea, les sourcils froncés. Et fila s'habiller.
Envy : Ben où tu vas ? Tu sors ?
Ed : Oui, je sors, non, tu ne me suis pas, et si tu veux savoir, je vais à la bibliothèque m'informer sur ce qui m'arrive !
Voilà comment Envy passa du statut de « maitre chanteur » à celui de « pervers à tendances pédophiles ». Et se retrouva seul toute la soirée.
La nuit venue, Edward revint à la maison les bras chargés de livres et se plongea aussitôt dedans, n'accordant pas un regard à la pizza surgelée que son colocataire lui présentait. Le pauvre en prit pour son grade et se mit à bouder. Il attrapa un bouquin au hasard et le feuilleta.
Inner Envy : Tsssss…Il ne me regarde même pas. Si j'étais lui, je serais content d'avoir de tels pouvoirs. Mais lui, non. « Oh, mon dieu, je suis en train de devenir comme mon monstre de partenaire, sauvez-moi ! » Bon. De quoi parle ce bouquin, déjà ? Ah, oui, des Homonculus. Alors, voyons voir… Qui sait, si je trouve un truc intéressant, il me pardonnera peut-être ? Les pierres rouges, patati, patata… Immortalité… Pfouuu, ce que c'est ennuyeux ! Si ça tombe, je pourrais en trouver un sur les humains, ça m'aiderait, parce que là, franchement, je sèche. Genre leurs habitudes, leurs penchants, leur façon de penser, ce qu'ils aiment…Ouroboros…pas intéressant. Voyons la suite… « Le sang d'Homonculus présente des particularités fort étranges… », tiens ! «Le sang d'Homonculus, gorgé de l'essence des pierres rouges, rend toute personne qui en reçoit presque immortel » Ca, je le savais. « Il apporte aussi certains pouvoirs qui varient selon le donneur et le receveur, celui-ci devenant presque aussi rapide, affuté, fort et puissant que son/sa frère/sœur de sang. Cependant, le donneur subit aussi certains effets… » QUOI ? « Effectivement, un Homonculus éprouvera rapidement un désir de protéger et de servir la personne à qui il a donné son fluide vital. Ce désir souvent réciproque, ténu au début, se manifestera plus tard par une attirance irrémédiable et une fidélité à toute épreuve envers le receveur. C'est pourquoi il est préférable que les deux individus soient de sexes opposés et en bon terme, sans quoi de grandes souffrances… »Et merde, j'ai fait la connerie de ma vie et ce stupide bouquin est en train de me dire que c'est irrémédiable et que ça va empirer ?! « Certains Homonculus, au Moyen-Age, enlevaient des villageois, les vidaient de leur sang et l'échangeaient par le leur pour se construire un harem fidèle jusqu'à la fin des temps, vu que tous étaient quasi immortels. Dès lors, des luttes se déclaraient entre individus humains, chacun voulant être le seul à servir son maitre. » Ed va se battre pour moi ? Cool. Ils sont dingues ces vieux Homonculus ! « C'est pour cette raison que tous les humains immortels ont tous disparu de nos jours. » Merde, qu'est-ce que je vais lui dire, moi ? « Salut, Ed, comment vas-tu ? Au fait, as-tu développé le désir innébranlable de me protéger au péril de ta vie ? Sinon, tu veux du beurre ou de la confiture sur tes croissants ? Je pourrais te mettre les deux, si je n'avais pas aussi peur de te faire mourir en te bouchant les artères ! » Je vois ça d'ici.
Envy : Hum…tu as trouvé quelque chose, Ed ?
Ed : Non, pas encore, et toi ?
Envy : Heu, rien du tout…
Ed ne verra jamais ce livre. Je ne veux pas qu'il me mette dehors. Pas maintenant. Plutôt sauter vingt fois du même pont. Je me lève et je passe derrière Ed, tendant le bras juste à côté de lui pour récupérer la pizza froide. Edward rougit et s'écarte. Et moi, je manque de fondre en larmes.
Envy : Je vais me coucher.
Ed : C'est ça, bonne nuit.
Il fuit mon regard, se demandant sans doute encore pourquoi j'essayais de l'espionner sous la douche. J'emporte l'assiette, la vide, la range dans le lave-vaisselle et je vais me coucher après avoir dissimulé le livre sous mon lit. Je ne trouve pas le sommeil, mon esprit refusant de se reposer avant de savoir ce qu'il adviendra de nous deux. Ed ne quitte pas la table de la cuisine une seule fois et je sais qu'il préfèrera dormir sur place plutôt que d'admettre qu'il n'a rien trouvé en allant se coucher.
A cinq heures du matin, je me lève pour prendre un verre d'eau (le lait est banni de cette maison depuis que nous y habitons) et je le vois avachi sur un livre grand ouvert, les yeux fermés. Je me saisis du plaid et l'en entoure. Faudrait pas non plus qu'il s'enrhume. Même endormi, il reconnaît mon toucher. Ses paupières se contractent tandis que son dos frissonne. De dégout, sans doute.
