Maintenant seule, Milly se posta devant la fenêtre. Il faisait sombre, et les lampes à gaz lançait d'étrange lueurs dans les rues. Elle soupira, avant d'entendre la porte s'ouvrir. Se retournant derechef, elle ne vit pourtant rien. Ni personne. J'ai dû rêver, se dit elle. Toujours en soupirant elle s'affaira à retirer ses effets. Débarrassée de sa robe, elle se dirigea vers le petit sac de voyage que Holmes lui avait acheté avec la panoplie de la parfaite lady. Dedans se trouvait la chemise dans laquelle elle avait dormi lors de leur première escale. Elle avait l'odeur de Holmes. Évidemment. En souriant largement, elle se défit de ses sous-vêtements qu'elle fit glisser au sol, avant d'enfiler la chemise, plonger son visage dans le tissus. À moitié-nue, elle s'assit sur le lit puis se glissa dans les draps. Étrangement elle s'endormit assez rapidement, pour être réveillée à peine quelques heures plus tard.

-Vous êtes sur patron ? Entendit-elle de son réveil.

-Il faut lui apprendre, tu sais, une femme, ça s'éduque. Même si celle-ci ne me sera plus d'une grande utilité après. Elle parvint à ouvrir complètement les yeux sur une lanterne aveuglante. Debout ma chère Mildred !

-Que ? Henry ?

-Je vois que vous avez pris vos aises, c'est quoi, tout ces vêtements à même le sol ! Vous avez même perdu votre sens du rangement ? Fichtre ! Pierre, surveille moi l'entrée.

-Bien patron.

-Qu'est ce que vous me voulez ?

-Oh rien ma chère. Rien de bien méchant vous allez voir. Qu'est ce que ? Vous portez des vêtements d'homme pour dormir maintenant ? Remarqua t-il en s'approchant d'elle.

-Je...Je n'ai rien d'autre pour dormir.

-à d'autre ! Ce genre de draps de soie appelle généralement un corps nu ! Elle appartient à Holmes n'est-ce pas ?

-Qu'importe ! Je ne dors pas nue !

-Allons, allons, vous oubliez que nous avons été mariés ? Vous oubliez que j'ai eu maintes fois droit à vos faveurs ? Allons, ma chère.

-Vous êtes répugnant !

-Oh oh ! Calmes-vous donc !

-Mais qu'est ce que vous me voulez ?! Cria t-elle en sa cachant sous les draps. Il les tira bien vite, et empoigna le col de la chemise, étranglant la jeune femme.

-Je vais vous apprendre, ma chérie, à vous enfuir chercher de l'aide de l'autre côté de la Manche. Un seul anglais ne vous suffisait pas ?

-Mais... Mais cela n'a, n'a rien à voir !

-Bien sur, bien sur. Si je savais que vous étiez de si petite vertu je pense que j'aurai réfléchi à deux fois avant de vous épouser.

-J'aurai pu être la plus grande catin d'Europe, voir ma dot suffisait amplement !

Henry la gifla avant de relâcher le col.

-Ahahah, vous avez gagné en répartie depuis que vous trainez avec ce Sherlock Holmes. Et niveau force, comment cela se passe ? Joignant le geste à la parole il ré empoigna Milly, la plaquant sur le lit, avant de s'approcher d'elle, grimpant sur le lit.

-Qu'est ce que vous faite ! Glapit-elle, lançant ses poings vers son agresseur.

-Hola ! Je vais calmer vos ardeurs ! Sur ces mots il attrapa un des morceaux de tissus qui composait la robe de Milly et qui trainait sur le sol, puis, joignant les deux poignets meurtris de la jeune femme, les accrocha à la poutre en bois du grand lit.

-Henry ! Milly se débattait fortement, mais Henry vint s'appuyer de tout son poids sur ses jambes. Henry je vous en prie !

-Nous sommes toujours marié non ?

-Henry ! Comment pouvez vous penser à ça après ce que vous m'avez fait subir !

-Ce n'est qu'un simple rappel ma douce, juste un petit rappel à l'ordre !

-Je n'aurai pas l'occasion de recommencer vous voulez me tuer ! Arrêtez je vous en prie !

-Bien, alors prenons plus ça pour une punition voulez-vous ? Tout en souriant de façon mesquine, il arracha d'un coup les boutons de la chemise fragile de Holmes, laissant maintenant complètement nue le corps de Milly.

-Je vous en supplie... Milly commençait à pleurer lorsque, après s'être défait de son pantalon, Henry venait s'allonger de tout son long sur elle. Un bruit sourd le stoppa net, tombant de tout son poids, puis roulant sur le côté.

-Vous allez bien ? Lança une voix très familière. Toujours sous le choc, Milly ne reconnu pas tout de suite, quand celui-ci s'approcha de la lanterne, elle s'écria en ravalant ses larmes.

-Holmes ! Oh Holmes vous ici ! Oh mon dieu merci ! Holmes éteignit la petite lanterne pour allumer la grande la chambre, le spectacle sous une plus grande lumière le stoppa net. Milly était complètement nue, à la merci de n'importe qui, et Henry à demi-nu se trouvait face contre le matelas. Merci ! Lança une nouvelle fois Milly, avant de voir le désarroi de Holmes. Qu'est ce... Ah, oh... Maladroitement, elle essaya de reprendre la couverture avec ses pieds. Détachez moi ! Finit-elle par hurler face à plusieurs échecs.

Holmes ne bougeait pas, le spectacle était, comment dire, certes, alléchant.

-Ne criez pas ! Finit-il par dire enfin. Il y en a un qui garde la porte.

-Détachez moi ! Relança t-elle en chuchotant.

-Je ne sais pas...

-Holmes ! Mais il traînait toujours. Holmes si vous ne me détachez pas je réveille Henry en lui donnant des coups de pieds !

-Vous êtes sérieuse ? Vous voulez lever votre jambe ?

Milly se mit à rougir instantanément.

-je... Je n'hésiterai pas !

-J'aimerai bien voir ça ! Dit Holmes en s'asseyant au bord du lit.

-Holmes ! Je n'ai pas vraiment la tête à la plaisanterie !

-Mais à la menace ?

-Enfin, Holmes ! Mais il ne faisait que sourire, la situation devait lui plaire malgré tout. Milly pris une grand inspiration, et leva la jambe, laissant apparaître chaque détail de sa féminité. Elle aperçu Holmes se mordre la lèvre avant de fermer les yeux pour asséner un coup à Henry qui était assommé à côté. Mais Holmes rattrapa bien vite la jambe volante, et la reposa sur les draps.

-Je ne pensais pas que vous le feriez. Dit-il, visiblement troublé.

-D...Détachez-moi, Holmes. De toute évidence, le trouble les touchait tout les deux. Tout en suivant sa jambe, Holmes s'avança vers Milly, toujours en restant sur le lit, s'allongeant presque prés d'elle. Il s'arrêta presque à hauteur de ses seins, avant de déglutir et continuer. Il était face à son visage maintenant. H...Holmes... Dit Milly, les joues pourpres. Elle tenta de se cacher derrière l'un de ses bras relevés, mais Holmes grimpa mieux sur le lit. Elle remarqua alors qu'il n'avait pas ses chaussures. Tout deux respiraient fortement, et, les deux genoux sur le matelas, Holmes se glissait vers son visage, se mordant la lèvre. Milly ne savait plus que dire, ni quoi faire. Son corps tremblait à intervalle, et de léger frissons la traversait toute entière. Finalement il attrapa son visage et l'embrassa avec fougue, comme s'il venait seulement à l'instant d'en avoir la permission. Milly ne pu taire un gémissement alors qu'il venait coller son corps contre le sien. Elle sentit d'ailleurs qu'effectivement la situation lui plaisait énormément. Il s'hasarda même à empoigner l'un de ses seins. Après avoir lâché ses lèvres, il s'engouffra dans sa nuque chaude, en respirant faiblement, réalisant peut être ce qu'il était en train de faire. Un bruit les fit sursauter tout les deux, et le poing de Holmes se dirigea à une vitesse folle vers le visage de Henry qui venait de se réveiller. Reprenant leurs esprits, Holmes se releva de la jeune femme.

-Euh, je suis désolé, dit-il en commençant à la détacher.

-Ce n'est rien Holmes... partons vite d'ici. Il empoigna les affaires de Milly pour les lui tendre. Je suis désolée, mais votre chemise est fichu.

-Ce n'est pas un drame, jetez là !

Milly s'habilla rapidement et se dirigea vers la porte.

-Co...Comment allons-nous faire pour Pierre ?

-Il est parti se coucher.

-Pardon ?

-Regardez sous la porte, on ne voit pas l'ombre de ses pieds, soit il est parti se chercher un café pour se tenir éveillé jusqu'à ce que Henry ai fini sa petite affaire, soit il sait très bien que ça peut durer longtemps, et il est parti se coucher.

-Vous penchez plus pour ?

-La deuxième.

-Pourquoi ?

-Il n'y a pas de service café à cette heure-ci.

Milly pouffa avant d'ouvrir légèrement la porte. Elle s'engouffra dans le couloir, suivit de Holmes.

-Libre ! Dit-elle une fois dehors, en prenant une grande bouffée d'air. Je ne pourrais jamais assez vous remercier Holmes, je n'ose même pas imaginer ce que j'aurai du subir si vous n'étiez pas arrivé à temps... Mais au fait, comment cela a été possible ?

-Hum, en fait, je m'étais caché dans la salle de bain.

-Pardon ?

-Oui, juste après être parti, j'ai attendu dans le couloir que Pierre ai une envie pressante, puis je me suis vite engouffré dans la chambre. J'avais même enlevé mes chaussures pour ne pas faire de bruit. Mais vous avez été alerté par le bruit de la porte. Par contre, je me suis endormie dans la salle de bain, c'est pour cela que je n'ai pas pu intervenir plus vite...

-Oh. Merci, merci énormément Mr Holmes.

-Vous ne vous en doutiez pas ?

-De quoi donc ?

-Qu'il allait venir pour... vous punir ?

-Sincèrement, non... Quand vous m'aviez demandé si j'avais peur, je ne voyais en rien cela... Je ne le pensais pas capable, oh, je ne le pensais pas capable de bien des choses.

Après un long silence et une courte marche, Holmes s'arrêta devant une petit enseigne.

-Arrêtons nous ici, ils vont surement penser que nous sommes sortis de la ville. Et je ne veux pas vous infliger un voyage forcé après ces évènements.

-Vous êtes vraiment adorable Holmes... Je vous dois énormément.

L'établissement n'avait rien a voir avec le luxueux hôtel qu'ils venaient de quitter, mais tout deux n'en avaient cure.

-Deux chambres ? Demanda Holmes.

-Une. Répondit Milly derechef. La chambre non plus n'avait rien à voir, ce n'était pas des draps de soie, et le parquet craquait. Ce qui n'empêcha pas Milly de sourire largement en s'y asseyant. Il me semble assez confortable, et assez grand pour que nous ne dormions pas l'un sur l'autre. Elle se releva pour jeter un œil sur la vue. Tout en regardant dehors elle défit les nœuds qui tenaient ses vêtements. Elle sortit la chemise déchirée du sac et commença à la mettre.

-Mais, vous ne l'avez pas jeté ? Plus personne ne peut la mettre !

-Ce n'est pas grave, elle est assez longue pour me recouvrir un tant soit peut. Elle attrapa le pan de tissus qui avait servit à l'attacher et le nouas autour de sa taille, pour en faire une ceinture. Tadaa !

-Ingénieux, dit il en gloussant. Lui aussi n'avait sur lui que sa chemise, par pudeur, et ses sous-vêtements. Il se dirigea vers la fenêtre où se tenait Milly. Vous redoutez qu'il nous retrouve ?

-Bien sur. Il nous a déjà trouvé une fois...

-Il va nous croire hors de la ville, je vous l'assure.

-Je ne peux que vous croire, Holmes. Jusqu'ici, vous suivre n'a été que bénéfique.

-Bien sur, il ne peut en être autrement. Au lit ?

-Oui, oui, pardonnez moi.

Tout deux, de chaque côté du lit vinrent se ranger sous l'épaisse couverture.

-Ça va aller ? Lui demanda Holmes en glissant une mèche de cheveux derrière son épaule.

-Oui, oui merci. C'est juste... Étrange de m'endormir là, à côté de vous.

-Oh, si vous voulez, nous pouvons aller retrouver Henry.

-Holmes !

-Je propose juste.

-Quand je pense qu'il... Ah mon dieu, cet homme me débecte ! Je ne pourrais jamais assez vous remercier vous savez.

-Vous savez, en règle général je ne me sens pas mal vis à vis de ce qui arrive à mon client. Si je peux ou doit le « sauver » pour l'enquête, je le fais, mais normalement...

-Pardon ?

-Vous m'avez fait peur.

-Oh, je, ah... Vraiment ?

-Pour tout vous dire, ce sont vos cris qui m'ont réveillé de la salle de bain. Désolé pour ça d'ailleurs, d'habitude je peux rester à l'affut des heures sans broncher. He bien je dois avouer que vos cris m'ont retourné l'estomac.

-Holmes...

-Et puis quand j'ai vu qu'il se tenait au dessus de vous, alors que je vous entendait pleurer. Pour la première fois, ma lady, mon sang n'a fait qu'un tour.

-Holmes...

-Penser qu'il allait, ah, comment oser se dire gentleman après ça ?

-Holmes, enfin...

-Je ne comprend vraiment pas, ni sa motivation pour vous faire subir cela, ni ce que j'ai pu ressentir comme dégout, comme.. rage ? Lorsque je vous ai vu. Milly n'arrivait pas à attirer son attention, il faisait sombre et tout deux parlait face à l'obscurité. Elle grimpa alors sur lui. Qu'est ce que ?!

-C'en est trop, dit-elle, vous pourriez penser que c'est déplacé après une telle tentative de viol, mais..., mais... Holmes posa ses mains sur son dos brûlant, glissant sur le début de ses fesses. Il se sentit même onduler légèrement entre les jambes écartées de la jeune femme qui soupira lourdement. C'en est trop, Holmes, gémit-elle. Rapidement, Holmes fit glisser ses mains puissantes sur sa nuque, l'intimant à venir l'embrasser. Sa bouche s'ouvrit, et leurs langues purent enfin jouer ensemble, entre les soupirs et les gémissements. L'une de ses mains revint se poser sur son dos, et Milly n'hésitait pas à se laisser onduler sur Holmes qui devenait de plus en plus dur.

-Vous n'avez pas l'habitude ? Demanda t-elle au Holmes hésitant. Il acquiesça d'un gémissement gêné. Peut on allumer une lanterne ?

-O...Oui si vous voulez.

Riant légèrement, Milly se défit du corps de Holmes pour allumer une lanterne, et ferma de moitié la petite porte en ferraille, pour ne prodiguer qu'une douce lumière.

-Mieux, dit elle en venant s'allonger aux côtés de Holmes. Il semblait tendu. Ça ne va pas ?

-Si, sisi c'est juste que... Qu'est ce que vous faites ?!

-Je ne sais pas, j'imagine que je vais vous aider à vous décrisper. Elle avait glissé sa main fraiche sur le sous-vêtement tendu de Holmes qui basculait la tête en arrière. Lentement il fit glisser le nœud de fortune que Milly s'était fait en guise de ceinture, et il redécouvrit la peau blanche et douce de sa poitrine, de son ventre. Très vite il dirigea ces lèvres vers celui-ci, attrapant Milly par les hanches et la poussant à mieux s'installer près de lui. Une fois allongée il voulut se mettre au dessus d'elle, mais elle l'en empêcha. Surpris, il se rallongea sur le lit sans rien dire, pendant qu'elle récupéra par terre la bande de tissus qu'il avait fait tomber.

-Vous avez aimé ceci, non ? Sur moi, certes, mais je suis certaine que sur vous cela ira à ravir.

Holmes déglutit, comment réagir ? Avec tendresse elle enserra ses poignets dans le doux tissus et l'attacha à la poutre du lit. Rien ne nous dérangera maintenant, Mr Holmes.