Bonjour ^^ après une petite semaine d'absence voici le chapitre 10. J'espère que vous apprécierez de retrouver nos héros ^^
Merci à tous ceux qui m'ont envoyé des petits mots d'encouragement (je n'ai hélas pas pu répondre à certains faute de lien pour le faire), et à ceux qui m'ont mis en follow ou en favoris.
Je vous souhaite un bon week-end. Pour ceux qui ne me suivent pas sur Facebook, je vous annonce que j'ai écris cette semaine le dernier chapitre de la fic, elle en compte donc 14.
Il est temps pour moi de retourner travailler sur le prochain manuscrit qui je l'espère pourra être publié fin 2018 chez Mix Editions. Croisez les doigts pour moi ^^
Chapitre 10
Stiles et Peter venaient à peine d'entamer le dessert lorsque des coups violents résonnèrent contre la porte. Non sans un soupir, le loup alla ouvrir pour se retrouver avec une arme pointée entre les deux yeux. En temps normal il aurait plutôt mal réagit, mais là, il resta exceptionnellement zen. L'uniforme et l'odeur proche de celle du « potentiel » lui indiquaient sans erreur possible l'identité de l'intru.
- Shérif Stilinski, je présume…
- Où est mon fils ? Si vous lui avez fait quoi que ce soit…
Peter s'écarta tandis qu'un cri plus juvénile s'élevait derrière lui.
- Papa ! Qu'est-ce que tu fais là ? Je t'ai pourtant envoyé un SMS.
- Il aurait pu t'obliger à l'envoyer.
De la pointe de son pistolet il désigna l'homme sur le côté tout en lui jetant un regard meurtrier.
- Je n'ai rien fait à part le nourrir. Maintenant je vous saurais gré de ranger ça. Un accident est si vite arrivé. Je parie que les balles sont à l'aconit en plus… Un cadeau de Argent, je me trompe ?
- Bien vu.
- Ça suffit papa. Arrête de menacer Peter. Nous étions juste en train de dîner.
John s'exécuta non sans poser de nouveau sur le peintre ses prunelles froides empreintes d'une mise en garde très claire.
- Un peu de blanquette peut-être, shérif ? proposa Peter comme si la situation n'avait rien d'inhabituelle.
- Ne jouez pas avec mes nerfs, monsieur Hale. Pas après l'ultimatum que vous avez posé à la meute et à mon fils.
Stiles fini par se lever et s'approcha de son père avec un sourire qui se voulait rassurant.
- Je vais très bien. D'ailleurs, Peter a renoncé à sa demande.
- Heu, pas exactement, précisa l'alpha. Disons que ce n'est plus une obligation qui sera couché sur contrat et condition sine qua non pour un accord. Mais la demande demeure, j'aimerais que tu deviennes mon compagnon.
Il se tourna vers le père du jeune homme afin de s'adresser à lui.
- Je suis tout à fait sérieux à l'égard de votre fils. J'ai commis une erreur hier soir. Je n'aurais pas dû le traiter ainsi. J'oublie parfois que tout ne s'obtient pas par la force ou la manipulation. Je vous présente mes excuses à tous les deux. Je veux juste que vous m'autorisiez à courtiser Stiles. S'il n'envisage pas de vie commune après quelques jours, je le laisserais reprendre le cours normal de sa vie.
- Je ne vous connais pas, monsieur Hale. Et pour l'instant on ne peut pas dire que vous ayez marqué des points. Vous n'avez pas donné l'image d'un homme bien. Vous êtes apparu chez nous en clamant vos droits et en menaçant.
- Parce que je suis un loup, shérif. Un alpha. Pas un humain. Je réagis comme tel. Mais je ne m'attends pas à ce que vous compreniez.
- Scott aussi est un alpha et il ne se conduit pas ainsi.
- Oui, mais est-il seulement un bon alpha ?
- Je le crois. Mais il n'y a pas que ça. Stiles est jeune, il a été accepté à l'université et il est hors de question que je le laisse y renoncer.
- Il n'en a jamais été question. Tous les membres de ma meute font ou ont fait des études et ont un travail. Il n'y a pas de raison que ce soit différent pour Stiles.
- Mais vous habitez New-York.
- Je vous rappelle que je revendique ce territoire, comme vous me l'avez rappelé il y pas une seconde. Si McCall et moi parvenons à nous entendre je résiderais à Beacon Hills tout comme les miens. Donc rien ne changera pour Stiles de ce point de vu là. Il reste près de vous, près de ses amis, de la ville qu'il a toujours connue. Et ses plans pour son avenir professionnel ne changent pas non plus. Je suis juste un élément nouveau dans sa vie, pas un obstacle à celle-ci telle qu'il l'a programmée.
Le shérif hocha la tête.
- Très bien. Essayez donc de vous faire aimer de mon fils. Mais je ne vous conseille pas de le faire souffrir. Vous me considérez comme un simple humain, mais je sais me servir d'une arme et mon adjoint est un chien de l'enfer.
- J'ai parfaitement compris le message, shérif.
- Bien, en attendant il est tard. Stiles tu rentres avec moi.
Le jeune homme que la conversation avait laissé sans voix ne songea même pas à refuser. Il saisit sa veste prestement, salua Peter puis rejoignit son père dehors. Il avait l'impression que sa vie changeait trop et trop vite. Un peu comme s'il avait pénétré dans un monde parallèle où il serait lui sans l'être vraiment. La tête pour une fois totalement vide, il mit le contact et suivit la voiture de police à bord de sa vieille Roscoe. C'est tout aussi hébété qu'il se glissa dans son lit une heure plus tard. Mais après avoir dormi toute la fin de l'après-midi, le sommeil le fuyait et peu à peu son cerveau se remit à fonctionner. Les premières images sur lesquelles il se focalisa furent celles de l'atelier et tout ce qui y avait eu lieu. Il sentit aussitôt son corps s'embraser et sut dans l'instant qu'il voulait revivre de tels moments. Se fondre dans les bras du peintre, lui abandonner son corps et son cœur entièrement. Il désirait plus que tout lui laisser une chance de le séduire, de lui prouver qu'il tenait à lui, aussi irrationnelle que cette pensée soit à ses yeux. Comment un lien si fort pouvait-il se créer en si peu de temps ? Est-il réel ou n'était-ce que du désir brut et animal ? Mais la réponse était évidente. S'il ne s'agissait que de sexe, il n'aurait pas envie d'être auprès du loup pour autre chose qu'assouvir ses pulsions. Or, il aimait parler avec lui, poser pour lui, partager leurs repas ou n'importe quelle autre activité du quotidien.
Peter éprouvait-il également cela ? Si ce n'était pas le cas, quel intérêt aurait-il à le prendre pour compagnon ?
En y réfléchissant, ce n'était peut-être pas l'homme qu'il voulait mais l'Etincelle. Cette seule idée alourdie sa poitrine jusqu'à la rendre douloureuse. Toutes les meutes voulaient un Emissaire et ils étaient rares. Comment être certain ? Deaton saurait peut-être l'éclairer… Oui, il lui demanderait conseille dès que possible.
C'est sur cette bonne résolution que ses yeux se fermèrent sur la réalité pour pénétrer le monde onirique qui se révéla cette nuit-là particulièrement accueillant et doux. Il rêva de sa mère, de son sourire, de sa tendresse, toutes ces choses qui avaient été elle avant que la maladie ne la lui vole. Elle lui murmurait des mots rassurants comme seuls une mère ou un père peuvent le faire.
XXXX
Peter, après avoir mis un peu d'ordre, laissa la place à l'animal en lui et parti courir. Au cœur des bois, il retrouva les siens et une chasse aux cerfs les tint éveillés jusqu'à l'aube. C'était un tel bonheur, un tel sentiment de liberté de parcourir ainsi les bois sans aucune contrainte, en meute. C'était ce qui leur avait le plus manqué à New-York. Ils n'étaient pas faits pour les métropoles mais pour les grands espaces, les montagnes et les forêts. L'air de la nuit était empli de mille senteurs délicieuses. Il caressait leur fourrure de ses doigts éthérés mais non dépourvu d'amour. Cette nuit-là, plus que tout autre, Peter fut convaincu d'appartenir à cette terre comme elle lui appartenait. Elle l'avait rappelé pour veiller sur elle, pour qu'ils puissent se nourrir l'un de l'autre, c'était une évidence et alors qu'il refermait sa puissante mâchoire sur la gorge de l'animal encore vibrant de vie, buvant son sang avant de dévorer sa chair, cette certitude s'ancra en lui. Il ne partirait d'ici.
La lune décroissante observait l'halali de son regard borgne mais attentif. Elle n'avait pas sur eux le même impact que lorsqu'elle était pleine mais elle demeurait leur amie autant que leur maîtresse, renouvelant leur serment silencieux chaque nuit et ce, jusqu'à ce que la mort emporte ses précieux loups avec elle.
Lorsque que Peter, repu, se coucha sur un long rocher plat qui surplombait la ville, Isaac vint s'installer à ses côtés tout contre son flanc. Ils se léchèrent afin de nettoyer les dernières traces de sang. On sentait le profond attachement qui les liait. Le reste de la meute présente se tenait à peine plus loin, en demi-cercle. Ils offraient une image surréaliste et magnifique.
Juste avant que le soleil ne se lève, que la brume matinale ne s'étiole glissant autour d'eux dans un effleurement sensuel, l'alpha hurla. Ses bêtas se joignirent alors à lui et un chant presque mystique s'éleva pour saluer l'astre lunaire qui s'effaçait jusqu'à la nuit prochaine, partageant pour quelques heures son royaume avec Hélios.
Enfin, les loups se séparèrent et rentrèrent au petit trot pour un peu de repos.
La matinée suivante, vers 10 heures, Stiles eu la surprise de trouver Peter, vêtu d'un short en jean élimé et d'un tee-shirt bleu assorti à ses yeux, en train de préparer un panier à pique-nique. Le jeune homme venait à peine de terminer de ranger l'atelier et le salon. Il pénétrait d'un pas dansant dans la cuisine chantonnant un air rétro que la radio lui soufflait.
- Tu es enfin réveillé ! Heu… Tu sors ?
Il paraissait désormais futile depuis leur torride séance de pose de maintenir le vouvoiement.
- Rectification, ON sort, précisa le loup de fort bonne humeur. C'est une journée magnifique et il y a un endroit que j'ai très envie de découvrir. Boyd et Erica m'ont parlé d'un petit coin sympa près d'un lac.
Stiles hocha la tête avec enthousiasme.
- Oui, c'est vrai, c'est un endroit super. On adore y aller avec Scott. Il y a des tas de petites cachettes où chacun peut trouver un peu d'intimité.
Peter haussa ses sourcils d'un air moqueur.
- Pas ce genre d'intimité, objecta le jeune homme. Juste, on n'est pas les uns sur les autres…
- J'aime bien être les uns sur les autres, moi, déclara Peter plus moqueur que jamais.
- Rahhh ! Ça suffit. Tu as très bien compris ce que je voulais dire. Prend plutôt une nappe, je suis certain que tu as oublié.
Le loup, fier de lui, rouvrit le panier pour lui montrer le bout de tissus sagement plier au-dessus des victuailles.
- Même pas, non. J'ai aussi pensé aux draps de bain.
Il prit la main de l'humain dans la sienne avec un enthousiasme enfantin pour le tirer derrière lui jusqu'à sa voiture rutilante. Stiles jeta un coup d'œil dubitatif sur la carrosserie à la ligne épurée.
- Tu sais, la fin de la route n'est pas très bonne pour aller jusqu'au lac. Il vaudrait mieux prendre Roscoe. Ton truc est magnifique, et très tape à l'œil surtout, mais pas du tout fait pour la campagne.
- Il me semble plus à même de rouler que ton tas de boue.
Peter compris immédiatement qu'il aurait dû se taire en voyant le regard furieux du jeune homme.
- Fais gaffe à ce que tu dis. Je tiens à cette voiture plus qu'à la prunelle de mes yeux, je te signale. Je donnerais n'importe quoi pour pouvoir la remettre en état. Dis encore un mot de travers à son sujet et tu vas morfler. Maintenant pose ton cul sexy dedans, on y va.
Le loup, étonnamment obéissant fit ce qu'on lui demandait. Ce n'était sans doute jamais arriver dans toute sa chienne de vie, ou en tout cas, il n'en avait pas le souvenir. Se pourrait-il que Stiles se conduise déjà comme le compagnon d'un Alpha ? Surprenant la vitesse avec laquelle les choses évoluaient ! Il en restait sans voix. Mais il sentait surtout qu'il avait fait de la peine à Stiles tout comme il avait perçu la véracité des mots du jeune homme au sujet de son attachement à cette voiture. Ce n'était pas un simple caprice ou une banale vexation.
Après quelques minutes de route, il se décida à demander des explications, tentant d'avoir une voix aussi douce que possible pour ne pas braquer l'humain.
- Pourquoi cette voiture précisément ?
Stiles détourna un instant les yeux de la route pour observer le visage du loup, mais n'y vit qu'un réel intérêt qui le décida à répondre honnêtement.
- C'était celle de ma mère. Quand je la conduis, j'ai l'impression qu'elle est encore à mes côtés.
Peter hocha la tête, signifiant par là qu'il comprenait.
- Tu sais, Stiles, c'est certainement le cas.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Eh bien, chez les loups, enfin ceux un peu évolués, pas comme ton copain Scott un peu attardé, nous pensons que parfois l'âme des morts restent à nos côtés. Certains parviennent même à transcender la mort pour revenir. Mais ce dernier point est extrêmement rare je te l'accorde. Les esprits demeurent souvent aux côtés de ceux qu'ils ont aimés et désirent protéger. Il arrive qu'un objet facilite le lien… Comme une voiture par exemple.
- Tu es sérieux ? S'exclama Stiles à qui cette idée plaisait.
- Bien sûr. Je ne plaisanterais pas sur un tel sujet.
- Et… Il y a un moyen de leur parler ?
Peter haussa les épaules.
- Tu n'as pas demandé à l'Emissaire qui te forme ?
- Non. Je n'envisageais pas cette possibilité et nous n'avons pas entamer les leçons sur la mort et ce qu'il y a après. Je crois que j'avais peur qu'il me réponde qu'il n'y avait rien que le néant. Et pour être honnête, je ne parle jamais de ma mère, pas même avec mon père. Lui aussi à beaucoup souffert de sa disparition. Encore aujourd'hui, il n'a personne et je le regrette. J'aimerais qu'il trouve une femme à aimer de nouveau. Qu'il refasse sa vie. Surtout maintenant que je vais partir. Et pour ton information, Scott n'est pas un attardé compris ? D'abord tu insultes ma précieuse voiture et maintenant mon meilleur ami… Tu files un mauvais coton Peter Hale…
Il claqua la langue contre son palet pour manifester son mécontentement qui au fond était plus du cinéma qu'une réelle colère. Il commençait à comprendre un peu le fonctionnement de Peter et il savait qu'il ne pensait pas vraiment ce qu'il avait dit sur Scott.
XXX
Arrivés à destination, ils se garèrent et quittèrent le véhicule, interrompant ainsi la conversation. Peter saisit le panier et suivit Stiles sur un petit chemin piétonnier plutôt escarpé qui grimpait sec.
- Viens, c'est par là, indiqua le jeune homme à une intersection.
Pendant ce temps, Peter se demandait s'il devait parler à Stiles de ce qu'il soupçonnait au sujet du shérif Stilinski ou s'il valait mieux se taire. Le jeune homme était-il sincère en disant qu'il souhaitait que son père refasse sa vie, ou croyait-il seulement le désirer ?
Ils marchèrent en silence sur quelques mètres, à travers les pins gigantesques aux ramures majestueuses, lorsqu'enfin le lac révéla sa surface miroitante sous le soleil de midi. L'eau était si claire et si pure qu'elle semblait n'être qu'une immense flaque d'argent pur.
L'Alpha songea aux vers de Rimbaud :
« C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. »
Et Dieu merci, aucun mort n'y gisait !1 Il ne demeurait que le côté serein et la beauté parfaite de la nature.
- Ici, ça te va ? demanda Stiles en désignant un petit espace mi ombre mi soleil, près d'un rocher contre lequel il était possible de s'appuyer pour profiter de l'agréable vue bucolique.
- C'est idéal. Cet endroit ressemble à un paradis sur terre. Nous serons pour la journée Adam et Eve.
- Oui et qui tu vois dans le rôle d'Eve ? demanda insidieusement Stiles en regardant le loup par en-dessous.
Peter qui sentait le terrain miné se corrigea dans un rire bas.
- Très bien, disons Adam et Adam alors.
Le jeune homme sourit à pleine dents, tout à fait d'accord avec cette nouvelle formulation. Il ne se priva pas non plus d'admirer le loup qui s'étirait paresseusement après avoir déposé le panier tout en regardant autour de lui avec contentement.
- Si on prenait un bain avant de manger, proposa Peter les yeux posés avec convoitise sur l'eau ondulant lentement sous l'effet d'une légère brise.
Ces petites rides liquides ajoutaient au charme aqueux de l'immense lac. Les humains n'avaient pas autant de chance. Seule la nature pouvait atteindre une telle perfection à travers les âges. Elle regardait passer les humains et les loups, immuable et indifférente.
Stiles inspira un grand coup, se gorgeant de cet air pur qu'on ne trouvait que dans ce genre de lieux protégés des agressions humaines. Ils se dévêtirent entièrement, lorgnant le corps de l'autre avant de plonger avec délice et prudence dans cette eau froide malgré le soleil haut dans le ciel. Nageant, riant tout en discutant, ils se sentaient seuls au monde et vraiment heureux. Lorsqu'ils quittèrent enfin les bras accueillants du lac, ils étendirent deux larges draps de bain l'un à côté de l'autre avant de se laisser tomber dessus comme des étoiles de mer, avec un soupire de béatitude. Ils semblaient échappés d'une image de la mythologie grecque. Nus et magnifiques comme Zeus et Ganymède auraient pu l'être.
Chacun de leur côté, et sans le partager, ils réalisaient qu'ils ne s'étaient jamais sentis aussi bien qu'en cet instant. C'était un moment hors du temps et même hors espace, comme une bulle magique née uniquement pour eux. Pour leur offrir un havre de paix destiné à abriter un amour naissant. Peter posa sa main encore fraîche sur celle du jeune homme tournant son visage vers lui, pour fondre son regard brillant dans celui de l'humain qui en avait fait autant. Ils entrelacèrent leurs doigts les serrant un peu plus fort que nécessaire. Parfois, un geste est plus évocateur que des mots. Les paroles sont bien trop légères et enclines à s'envoler dans les airs.
Après quelques minutes à gouter la quiétude de ces instants, Peter interrogea Stiles à voix basse.
- Tu es vraiment sincère en disant que tu veux que ton père refasse sa vie ?
Le jeune homme s'étonna.
- Oui, bien sûr.
Il se demandait pourquoi le loup reprenait cette conversation qu'il avait lui-même presque oublié, s'étant focalisé sur autre chose par la suite.
- Parfois, les gens pensent vouloir sincèrement que les autres soient heureux en refaisant leur vie, mais inconsciemment…
Le peintre laissa ses mots en suspens, faisant confiance à l'intelligence de Stiles pour comprendre rapidement où il voulait en venir.
- Non, je t'assure que je suis sincère. Je ne veux pas qu'il se sente seul. Je sais que je ne pourrais pas être tout le temps là. Et de toute manière, un fils ne remplace pas un grand amour. Ce sont deux relations totalement différentes même si complémentaires.
Peter caressa la main de Stiles de la pulpe de son index.
- Tu es vraiment un homme bien. Je le sais et pourtant je continue de m'en étonner à chaque fois. Tes sentiments dépassent toujours ta simple personne. Je n'espérais même pas rencontrer quelqu'un comme toi.
Stiles resta silencieux, touché par les mots presque naïfs de l'alpha.
- Tu sais, la nuit dernière je me suis demandé si tu ne cherchais pas l'Emissaire en moi plus que le compagnon, osa Stiles.
- C'est légitime. Je ne nie pas que t'avoir à nos côtés avec cette fonction est un plus notable pour la meute. Mais je ne t'aurais pas choisi pour compagnon uniquement pour ça. Ce n'est pas ainsi que ça fonctionne de toute manière. On vous appelle les « potentiels » et c'est vrai que vous pouvez refuser, mais vous allez à l'encontre de la nature et de votre bien en faisant cela. Et je ne te parle pas du notre. Ce sera très dur pour moi si tu décides de t'éloigner, je ne te le cache pas. Mais ça le sera aussi pour toi, même si tu n'en seras pas conscient tout de suite. Cette connexion tu ne la retrouveras pas. Je ne dis pas que tu n'auras pas une belle vie aux côtés de quelqu'un qui t'aime, mais tu ressentiras tout de même un manque. C'est inévitable.
- Qu'est-ce qui me garantit que tu ne dis pas ça pour m'inciter à accepter.
- Demande à ton mentor. Un Emissaire n'ignore pas ce genre de chose. Il nous connait sur le bout des doigts.
Stiles se promit de le faire. Il avait maintenant une longue liste de choses à aborder avec Deaton.
- Tu sais… pour ton père…
Peter hésita encore un peu.
- Oui ? demanda Stiles, impatient de savoir pourquoi le loup revenait sans cesse là-dessus.
- Je pense qu'il a déjà trouvé quelqu'un.
- Comment tu peux le savoir ? Tu ne l'as rencontré qu'une seule fois, et on ne peut pas dire qu'il ait partagé ses secrets avec toi. Surtout de cet ordre.
- Il n'en a pas eu besoin, son battement cœur l'a trahi. Et son odeur aussi. Il sentait le sexe et une autre personne. Fortement.
- T'es sérieux ? s'exclama le jeune homme bien au-delà de la surprise.
- Je pense que tu ne t'attends pas à ce que je vais te dire…
- Allez ! Accouche ! s'énerva le jeune homme impatient d'en savoir davantage.
- Je crois que c'est son adjoint, ce chien de l'enfer dont il a parlé. Son rythme cardiaque à réagit en parlant de lui.
L'humain se redressa d'un mouvement brusque, totalement effaré.
- Parrish ! Tu rigoles ?! Mon père est hétéro en plus. La preuve, je suis là.
- Tu sais très bien que ça ne veut rien dire ces petites cases idiotes.
- Parrish ! répéta Stiles au bord du court-circuit. Je suis sûr que tu te trompes.
- Peut-être.
Mais tous deux savaient que non.
- Ben merde, alors ! s'exclama Stiles, incrédule.
Il se relaissa tomber en arrière les yeux fixés vers le ciel bleu sur lequel courraient librement de petits moutons blancs vaporeux.
A suivre…
1 Tiré du poème « Le Dormeur du val ».
-
