Déjà le 10e épisode et la fin de la première journée à Konoha pour nos deux ninjas. Pas facile de revenir, hein Sasuke ... et demain sera pire hihihi ... Bonne lecture et merci pour les reviews !
Disclaimer : Les personnages et le monde de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto. Je ne gagne aucun centime avec leur utilisation, juste le plaisir d'écrire.
10 - Nezumi
Je dépose la chandelle sur le bureau en bois verni. Naruto est près de la bibliothèque, un de ses doigts court sur les dos des livres exposés. Je me rapproche moi aussi des étagères, et pose la main sur les ouvrages du troisième étage. Je retire une dizaine de livres, et met à jour la cache secrète. Je n'ai pas besoin de me replonger dans mes souvenirs pour les visualiser. Au contraire, je dois tout faire pour surtout ne pas y penser !
- Quel petit cachotier ton père ! il t'a montré cette cache quand tu étais enfant ?
- Involontairement, oui. Ma mémoire a eu le temps d'enregistrer les moindres détails.
Je me poste devant la cache, enclenche mon Sharingan et effectue les signes que j'ai vus dans mon souvenir il y a quelques heures.
- T'as une mémoire d'éléphant dis donc …
- J'ai utilisé le Sharingan sur moi-même pour revivre mes propres souvenirs. C'est pour ça que tu m'as retrouvé inconscient. J'étais trop … affaibli pour résister à ça. La cache est une protection contre les non-Uchiha. Elle ne s'ouvre que si elle reconnait un Sharingan effectuant les bons signes.
- Tes yeux sont fantastiques.
Je me retourne vivement vers lui. Depuis quand cet idiot me fait des compliments ? Mais je ne décèle aucune malice dans son regard. Il regarde fixement la cache qui est désormais ouverte.
Je tends la main et attrape les dossiers déposés là. Au fond du coffre, se trouve également un petit coffret en bois que je sors également.
- On retourne dans le salon ?
Je referme la porte de la cache désormais vide, replace les livres devant, et suis Naruto qui a déjà attrapé la chandelle. Il a été plus rapide que moi à regagner le salon et lorsque j'atteins la grande salle, il a déjà poussé la table basse et installé un futon sur le parquet ciré, sur lequel il se jette violement.
- Au fait, il sort d'où ce truc ?
Il se retourne vers moi et se place à l'extrémité gauche du matelas.
- Je … je l'ai ramené peu de temps après ton départ. Ce n'était pas l'amour fou entre certains villageois et moi à l'époque, et lorsque j'avais besoin de … de … recharger mes batteries, je venais passer quelques heures ici.
- Y'a que toi pour venir ici pour te retrouver, dans une maison maudite.
- Elle n'est pas maudite, juste triste. Elle est … seule. Comme moi à l'époque. Et puis, c'est ta maison.
Je sens son regard me balayer de bas en haut.
- Hn ?
- Elles te vont bien, les fringues de ton frère.
Je lève les yeux au ciel. Un profond soupire me répond. Naruto se relève lentement et vient se planter face à moi, son regard si bleu vrillé dans le mien. Il est sérieux comme jamais.
- Je te fais confiance pour ne pas chercher à quitter cette pièce. Même si tu ne comprends pas tout, je sais que tu as compris que certaines personnes en ont après toi au village. Et pas parce que tu es un nukenin. Tant que la vieille ne m'a pas donné les pleins pouvoirs d'Hokage, je ne peux pas faire tout ce que je voudrais faire pour te protéger. Mais ce n'est pas encore le moment pour ça. Il nous reste des choses à faire dans l'ombre, choses que je ne pourrais plus faire une fois Kage. Tu cherches des informations, nous aussi.
- Qui en a après moi ?
- Ce n'est pas toi qu'ils veulent, ce sont tes yeux. D'après ce que nous savons, il leur faut plusieurs Sharingans pour activer quelque chose, on pense à une arme mais on manque d'informations là-dessus.
Il baisse alors le visage, regarde ses pieds et met une main derrière sa nuque.
- Je sais que tu n'es pas une fleur fragile, que tu n'as pas besoin d'être protégé, mais je voudrais éviter que tu défonces la moitié du village en te défendant. Etre Hokage d'un village en ruine, ce n'est pas vraiment ce que j'ai en tête …
Il me contourne alors, et va s'assoir contre le mur à l'autre bout de la pièce. Il retire son blouson criard et le dépose à côté de lui après l'avoir plié consciencieusement. Je m'installe sur le futon devant moi, tourné face à lui, et commence à feuilleter les documents retirés de la cachette. Un léger murmure me parvient au bout de quelques minutes. J'essaie de faire abstention de ce ronronnement incessant, mais c'est peine perdue. Il grogne, chuchote, marmonne et pouffe même parfois. Agacé, je hausse le ton :
- T'as pas bientôt fini ?
- Pardon ? oups j'ai oublié que tu étais là … je discutais un peu avec … avec … heu … non rien, bon ben désolé, je me tais. Bonne nuit Sas'ke.
- Bonne nuit ? tu vas dormir contre ce mur ?
- Eh bien oui, je n'ai amené qu'un seul futon et je me vois mal dormir dans une des chambres. Ce serait trop, trop étrange. Mais ne t'occupe pas de moi, lis tes documents et pense à te reposer un peu quand même.
- Rhhhhaaa tu m'énerves. Ramène tes fesses et ferme-la.
- Quoi ?
- C'est un futon deux places, mais si tu ronfles je t'en colle une dont tu te souviendras.
- Sa… Sas'ke, tu … tu veux que je … vienne … là ?
- Tu vas me le faire répéter combien de fois ? tu me fais perdre du temps pour rien là … Bouge-toi et ramène tes putains de fesses !
Timidement, le blond se redresse le long du mur, ébauche un pas dans ma direction, puis deux. Je soupire bruyamment, exaspéré. Il accélère donc, et vient se positionner à ma droite. En ne me quittant pas des yeux, il s'assoit doucement, puis ose enfin s'étendre à mes côtés. J'attrape la couverture pliée à côté du futon et l'étend sur nos deux paires de jambes. Je me retourne alors sur le ventre, relevé sur les coudes, et les documents entre les mains. D'un coup d'œil j'aperçois un Naruto légèrement effrayé et de plus en plus rouge.
- Respire Baka, tu vas me faire une syncope. C'était il y a longtemps, mais on a déjà dormi dans le même lit, en mission, je te rappelle.
- Ou… oui … mais ce matin … lorsque je suis sorti du village … et que tu étais assis au milieu du chemin … je … je n'aurais pas cru que ce soir … je serais dans le même lit que toi …
Le pire c'est qu'il a raison. Cela fait moins de 24 heures que je suis à Konoha et je partage ma couche avec un Baka blond. Pour cacher les rougeurs qui commencent moi aussi à me monter aux joues, je lui assène un coup avec les feuilles que je tiens dans la main. Quelques secondes s'écoulent avant que je ne reprenne d'une voix basse :
- Arrête de dire des bêtises, et dors maintenant. Je ne m'échapperai pas.
- Sas'ke …
- Hm ?
- Non rien …
- Rhaaa mais t'es toujours aussi chiant ? parle, bordel, ou tais-toi mais ne commence pas quelque chose pour t'arrêter au milieu !
- Non je ne veux pas te déranger dans ta lecture …
Agacé, je replie les documents et les range avec la boite sous un rebord du futon. Puis je me retourne vers mon ex coéquipier et m'installe sur le flanc, le coude au sol, la main soutenant ma tête.
- Accouche …
- …
- Naruto !
Il est allongé sur le dos, le visage pointé vers le ciel, les yeux grands ouverts, les mains croisées sous sa nuque.
- Quand je serai Hokage … la première chose que je ferai … c'est de te retirer du bingo book …
- Hein ? pourquoi tu ferais ça ?
- Parce que tu n'as jamais rien fait contre le village.
- Je parle mais tu ne m'écoutes pas c'est ça ? je t'ai déjà dit …
- Je sais ce que tu m'as dit ! mais je suis toujours en vie non ? vouloir me tuer et me tuer sont deux choses différentes. Et si tu avais embrassé les convictions de ton serpent de Sensei, tu ne l'aurais pas coupé en deux en nous avertissant de bien surveiller son corps... euh … ses corps…
Un léger rire vient ponctuer sa dernière phrase, faisant encore plus briller ses pupilles à la lueur de la bougie. Me mettant une claque mentalement, je ramène mon attention sur la couverture, que je commence à triturer de ma main libre.
- Comment tu as fait ?
Naruto tourne son visage vers moi, les sourcils relevés.
- Fait quoi ?
- J'ai vu les villageois ce matin … ils te saluaient de la même manière que la Hokage… leurs regards ont … changé …
- Il faut que je remonte plus loin dans le temps si tu veux comprendre. Après ton départ, j'ai cru devenir fou. Non, on a cru, Sakura, Kakashi-Sensei et moi, devenir fous. Puis Tenzô et Saï sont venus nous secouer. On en a bavé tu sais, mais au final, ça nous a unis comme jamais. Et on a repris les missions, tous les cinq. Puis Jiraya est venu me chercher pour m'entrainer. Alors je suis parti moi aussi. Mais je suis resté en contact avec eux. Avant mon départ, Saï a mis au point ces petites toiles aux monstres, et il a passé des jours et des jours à nous apprendre à les utiliser. Comme tu peux l'imaginer, je ne suis pas vraiment à l'aise avec le dessin. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs, à notre artiste. Mais il n'a jamais lâché le morceau, jusqu'à ce que j'y arrive. J'ai voyagé aux quatre coins du monde avec Jiraya, et j'ai lié des liens avec tous les dirigeants de ces pays. Ça a duré presque trois ans, et quand nous sommes rentrés, Tsunade m'a emmené avec elle pour signer tous les traités d'alliance. C'est à partir de là qu'elle a commencé à me présenter comme son successeur.
- Je vois …
- Ils sont ma famille, Sas'ke.
- Je suis …
- Tu devrais en faire partie aussi …
- …
- Non. Ca ne tient qu'à toi d'en faire partie aussi. On a toujours parlé de toi, pensé à toi. Dans chacune de nos missions, chacun de nos déplacements, on cherchait des indices pour te localiser. Depuis mon retour, nous ne formons pas une équipe. Pas officiellement. Mais dans l'ombre, nous sommes tous les cinq l'équipe Nezumi.
- Nezumi … comme une souris … comme celles qui ont l'insigne du village sur leur dos …
- Tu as remarqué ça ? oui, elles ont l'insigne mais légèrement différent parce que notre équipe n'est pas officielle. Malheureusement, certaines personnes ont très mal pris que Tsunade affiche si ouvertement son successeur. Et encore plus que ce soit moi. Depuis quelques mois, les menaces se font plus précises. Nous avons réussi à découvrir leur cible : le Sharingan. Mais sans preuve matérielle on ne peut rien faire. Kakashi ne passe plus une minute seul depuis qu'on sait ça. Et maintenant toi qui se présente devant les portes de Konoha ... Sans parler que nous n'arrivons pas à localiser ton frère.
- Mon frère ?
- Peu importe à qui les pupilles appartiennent, tout ce qu'ils veulent ce sont seulement des Sharingans. Ils peuvent greffer vos yeux sur des larbins à leur solde.
- Tous les vulgaires larbins ne valent pas Kakashi. Supporter une greffe de Sharingan est une chose, savoir l'utiliser en est une autre.
- Tu penses qu'un œil greffé n'aurait pas pu ouvrir le coffre de ton père ?
- … Et si vous trouvez cette arme avant eux ?
- J'espère pouvoir compter sur toi pour la détruire ! pas sur ton sharingan, sur toi …
- …
Il tourne lentement la tête et plonge son regard dans le mien. Sa main droite se lève tout aussi lentement et vient se poser sur ma joue gauche. Ses doigts remontent le long de ma tempe et se perdent dans la mèche de mes cheveux qui encadre mon visage.
- Même si tu repars demain, je suis heureux de passer ces moments avec toi, de discuter avec toi. Pour rien au monde je n'aurais laissé quelqu'un d'autre veiller sur toi.
Ma main qui soutient ma tête au niveau de mes tempes glisse alors jusqu'à sa main plongée dans mes cheveux, et la recouvre. Je retire alors mon coude et m'allonge complètement, tout en redescendant sa main au niveau de ma joue que je repose sur l'oreiller, comprimant sa main entre le tissu et ma peau. Sa main est chaude, tellement chaude sur ma joue froide que j'en ferme les yeux. Je veux imprimer cette chaleur dans ma mémoire, dans ma peau. Elle me détend et pour la première fois depuis très longtemps, je suis bien. Je sens le sommeil approcher à grands pas et je dois me concentrer pour formuler tout haut le fond de mes pensées.
- Je n'aurais pas laissé quelqu'un d'autre que toi veiller sur moi …
