Alors les commentaires du chapitres d'hier m'ont énormément amusées. Je vous laisse découvrir la suite, vous me retrouvez juste après. Bonne lecture !

« Tu veux du thé ? »

« Pardon ? » Hermione détourna sa tête de là où elle était dirigée, examinant ses doigts. C'étaient des choses curieuses, des doigts. Fins, pas trop long, un peu de terre sous les ongles, peut-être, mais certainement pas désagréables.

Dans tous les cas, c'était de loin plus facile de les regarder que de regarder l'homme assis en face d'elle.

« J'ai du thé … si tu en veux, » dit l'homme un jour familier, observant le monde comme un petit garçon avant la maladie de sa mère. Ce petit garçon marchait sur la pointe des pieds autour d'elle, prudent de ne pas la déranger et peu habitué à la maladie, quoi qu'elle puisse être. Les yeux de Harry brillaient d'un fin voile du désir d'approbation, quelque chose qui rappelait beaucoup trop à Hermione son propre fils.

« Oh. Juste un peu, s'il-te-plaît. »

Harry se leva et versa le thé dans deux étranges petites coupes. Il poussa l'une d'elle devant Hermoine, l'allongea d'un peu de lait et de sucre. Pour sa défense, ses mains tremblaient légèrement.

Il y eut un inconfortable silence durant lequel Hermione sirota son thé, évitant de regarder les yeux verts.

« Je n'ai jamais cessé de te chercher, » dit soudainement Harry. Leurs yeux se rencontrèrent, et Hermione reposa lentement sa tasse, ses mains tremblotant. Elle ne voulait pas laisser tomber la porcelaine.

« Harry … »

« J'ai pensé que tu étais morte des dizaines de fois, » ricana-t-il, sans que quelque chose ne soit réellement amusant. « Je pensais que peut-être il, » pas besoin de dire son nom, « t'avait fait quelque chose. Peut-être qu'il t'avait mangé, je ne sais pas. »

« Harry. »

« Après que Voldemort a été vaincu, j'ai pensé qu'un signe de toi se présenterait. Nous avons écumé les forêts à ta recherche. Ron et moi avons, » il ajouta inutilement. « Lupin avait perçu ton, hum, odeur et t'a cherchée. Mais nous n'avons jamais rien trouvé. »

Dieux, elle voulait qu'il arrête.

« Je n'ai jamais perdu la foi. Je savais que je te reverrai à nouveau. Je le savais. Ginny sera tellement contente. Nous sommes mariés maintenant, tu sais ? Oh, et Ron bien sûr. Tous les Weasley. » Son visage se transforma en un masque de bonheur, et Hermione ne put supporter sa vue. « Molly nous a quittés, tu dois en avoir entendu parler. Elle regrettait le temps où elle disait toutes ces vilaines choses à ton sujet par rapport à ce que Rita Skeeter avait écrit. Oh, Merlin, tu vas pouvoir connaître Lizzie maintenant. C'est ma fille, mon aînée. Ginny en attend un autre. Nous pensons que ce sera un garçon. J'ai fait de toi la marraine de Lizzie, puisque je savais que tu n'étais pas partie, pas vraiment. »

« Harry, s'il-te-plaît … »

« Ce sera exactement comme c'était, enfin sans le sociopathe essayant de nous tuer à chaque tournant. Oh, et Lizzie. Tu vas l'adorer. Je lui ai tout dit sur toi, elle t'aime déjà. Ça sera comme au bon vieux temps, tu verras, ça sera comme - »

« Harry ! » cria-t-elle, et son regard glacé abandonna ses yeux à nouveau. Il la regardait, effrayé, tremblant, l'observant pour la première fois peut-être. Ce moment disparaîtrait bientôt et il déglutit.

« J'en ai trop fait ? » demanda-t-il.

Elle posa sa tête entre ses mains. « J'ai un garçon, Harry. »

Il y eut une inspiration d'air, et elle n'avait pas besoin de le regarder pour savoir qu'il y avait une inconfortable horreur sur son visage.

« Est-ce qu'il, » il lutta pour trouver le mot. « Est-ce qu'il t'a forcée à - »

« Arrête ça immédiatement, Harry Potter, » sa voix avait pris le familier ton autoritaire qu'elle avait tant de fois utilisé sur le garçon. « Tu t'engages sur un terrain dont il n'est pas aisé de s'aventurer. »

« Il a, est-ce qu'il a, » dit le garçon, calmement.

« Il m'a changée, Harry. A biens des égards, et pas seulement de la façon dont tu penses. »

« Il t'a fait du mal. »

Hermione soupira, se demandant d'un air absent si Fenrir avait commencé à chercher après elle. « Je ne nierai pas qu'il l'a fait, au début. Ce n'était pas de ma propre volonté. »

« Je vais le tuer, » jura-t-il, la même lueur que dans son enfance brillant dans ses yeux.

Hermione sentit quelque chose comprimer sa poitrine, seulement parce qu'elle voyait que Harry n'avait pas encore grandi. Pas totalement. Pas comme elle.

Si elle y pensait, elle trouverait ça étrange. Elle avait grandit rapidement, plus rapidement que lorsque son hymen avait été rompu, et avec la maturité issue de nombreuses idées à moitié faussées. Mais même ainsi, elle pensait à Hati, son petit nez plissé, et elle ne pouvait s'empêcher de sourire, ni de sentir la chaleur envahir sa poitrine quand elle pensait à Fenrir dormant à côté d'elle, ses bras enroulés autour de sa taille et son visage enfoui dans ses cheveux.

« Tu ne feras rien, » dit-elle tranquillement.

« Hermione, tu ne peux pas- »

« Non. »

Harry ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Lizzie, se dirigeant vers la cuisine, arrêta les mots sur ses lèvres.

« Papa, » dit la fille, regardant timidement Hermione. « Je peux avoir du lait ? »

Harry se leva comme un automate, prenant mécaniquement une tasse et versant le lait. Il tendit le verre gentiment à sa fille. « Tu en as assez ? Peut-être même trop pour toi mais tu iras faire pipi. »

Hermione sentit la tendresse envahir son cœur alors qu'elle les regardait.

Lizzie pouffa, attrapant le pantalon de Harry de sa main libre. « Papa, » dit-elle.

« Qu'est-ce qu'il y a, mon petit cœur ? »

« Qui est-ce ? » demanda-t-elle innocemment, ses grands et immenses yeux verts observant avec une attention curieuse pas très différemment de Hati quand il regardait un scarabée particulièrement fascinant.

« C'est … » et il hésita. Vraiment, que pouvait-il dire de cette fille ?

Elle est un fantôme, chérie. Revenue d'entre les morts toute propre et nette. Pas aussi innocente que la dernière fois qu'il l'avait vue, mais en une seule morceau. Peut-être un petit peu dérangée, peut-être un peu amochée, mais rien que des sortilèges, quelques potions et une thérapie ne puissent changer.

Ou peut-être …

Elle est une ami, mais elle couche avec l'ennemi. Pire, elle a un fils avec l'ennemi. Par association cela la fait devenir mon ennemi, mais je ne peux pas me sortir du tourment émotionnel de boue et de fange du moment présent pour reconnaître ce fait. Peut-être dans quelques jours quand je surmonterai la nouveauté de la voir sous une forme tangible et pas dans mes désirs.

Mieux encore …

Elle ressemblait à quelqu'un qu'il avait l'habitude d'aimer mais elle n'était pas cette personne. Qu'était-il arrivé à la fille qu'il aimait comme une amie, une sœur, même comme sa mère.

« C'est Hermione Granger, » décida-t-il, regardant vers elle incertain. Comme si dans ses yeux, il lui demandait, tu es Hermione Granger, n'est-ce-pas ?

Quelque part, dans sa poitrine, au plus profond de cet étranglant orifice, Hermione sentit son cœur se serrer, et sa première pensée fut pour Fenrir.

« Je suis Hermione, » dit-elle à la petite fille, alors que ses yeux étaient sur Harry. « Mais je ne suis pas Granger. »


C'était quelques temps avant qu'Hermione ne quitte la maison que Harry avait construit, le cottage de pierre que Harry, Ginny et Lizzie appelaient maison. Il y avait eu des cris, des pleurs, et une confession choquante venant de la bouche de Hermione. Bien qu'elle ait trébuché sur les mots (des mots utilisés pour avoir une signification plus sensée pour elle, maintenant ils étaient dit et la faisaient frissonner), elle était parvenue à les surmonter.

Maintenant, elle avançait, ses jambes la portant rapidement à travers les bois.

« Je ne te laisserai pas retourner avec lui. »

« Tu n'as pas le choix. »

« Par l'enfer, de quoi es-tu en train de parler ! Je ne te laisserai pas retourner vers ce … ce meurtrier ! »

« C'est mon choix. »

Pause.

« Tu ne peux pas dire ça sérieusement. »

« Et pourtant, si. »

« Mais après quoi est-ce qu'il … »

« Je ne garde aucune haine en moi pour ce qu'il a fait. J'aime notre fils. Je m'inquiète pour eux deux. »

« Tu es folle. »

A la fin, elle n'avait pas pleuré, ni montré un quelconque signe extérieur de tourment. Elle imaginait que Fenrir serait fier d'elle pour cela, et cela lui procurait une chaleur aux joues.

Il la retrouva au bord de la forêt, l'inquiétude inscrite sur son visage. Ses épaules tendues s'abaissèrent de soulagement quand il la vit.

« Tu t'étais perdue ? » demanda-t-il, sardonique, allant vers elle pour l'enlacer.

Elle colla son corps contre lui, reposant sa tête sur son épaule. « J'ai rencontré un vieil ami. Je ne voulais pas t'inquiéter, » dit-elle.

« Je pensais que quelque chose t'était arrivée. Je croyais que quelqu'un t'avait fait du mal. »

« Tu ne laisserais pas ça arriver, » dit-elle, un petit sourire se formant sur ses lèvres.

Bien sûr qu'il ne laisserait pas cela arriver. Il était le seul qui était autorisé à la blesser, et il s'interdisait lui-même ce droit.

Elle déplaça ses mains dans ses cheveux à lui, prête à l'attirer pour l'embrasser, quand une voix explosa dans les bois.

« Enlevez vos sales pattes d'elle. »

C'était Harry, sa baguette tendue, et son visage tordu en une horrible expression de haine.

Voila, vous aviez peur qu'Hermione ne s'enfuit vers Harry, maintenant vous pouvez avoir peur de ce qu'il s'apprête à faire ^^. Je vous avais dit que l'évolution entre Hermione et Fenrir était superbement bien construite et encore dans ce chapitre, on le voit. En pleine conversation avec Harry, elle pense encore à Fenrir et à ce qu'il penserait d'elle. Et puis il parle ^^, chose qu'il ne faisait presque pas avant. J'ai eu un commentaire me disant que chacun d'eux avait fait un morceau de chemin vers l'autre. Hermione vers la sauvagerie et Fenrir vers la civilisation. Comme c'est vrai !