DISCLAIMER : Le monde merveilleux d'Harry Potter appartient à J. K. Rowling. Seule l'histoire est à moi !
Le Survivant
Harry sentait l'angoisse de ses coéquipiers autour de lui. Son premier match de Quiddicht allait commencer et Olivier Dubois avait peur qu'il ne soit pas à la hauteur. Même si le brun était confiant, ce n'était pas le cas pour le reste de la maison. Olivier avait refusé que qui que ce soit assiste aux entraînements, pour ne pas que l'information ne filtre dans les autres maisons. Elle n'aurait même pas dû se répandre dans la maison des Lions mais après qu'il ait entendu les jumeaux en parler pendant qu'il les espionnait, Ron avait vendu la mèche. Mais il l'avait amèrement regretté, ce qui faisait toujours sourire Harry.
Le brun jeta un coup d'œil aux jumeaux qui l'encadraient. Fred et Georges ne se retenaient pas de rouler des yeux face au discours à rallonge d'Olivier Dubois, sans compter son stress qu'il communiquait à toute l'équipe.
-On y va, annonça Olivier.
Dès qu'il posa un pied sur le terrain, Harry se ferma à la foule, n'entendant plus rien. L'excitation de son premier match dans cette vie était ternie par le fait que Quirell, poussé par Voldemort, tenterait de le tuer dans une heure. La dernière fois, Hermione avait réussi à le sauver mais cette fois, est-ce qu'elle aura la même réaction ? De toute façon, il fallait qu'il se concentre. Si Hermione ne lui venait pas en aide, il savait que Snape le sauverait, à contrecœur d'ailleurs. Après Samain, il avait repris son comportement horrible de sa première vie, comme vengeance parce que le petit brun l'avait aidé sans contrepartie. Dans un sens, ça le rassurait car un Severus Snape qui ne s'acharnait pas sur lui n'était pas Severus Snape.
Harry chevaucha son balai, un Nimbus 2000 gracieusement offert par Minerva McGonagall, et décolla dès que Mrs Bibine donna l'autorisation. Il fallait absolument qu'il se mette à la recherche du Vif d'Or avant que Quirell ne l'attaque. Sinon … Il espérait que Dumbledore soit assez rapide.
Il s'était rendu compte depuis un moment qu'il ne pourrait pas contrôler tous les événements qui allaient survenir dans sa vie. Dans certains cas, comme celui-là, il ne pouvait que laisser le destin faire. Mais ce n'était pas pour autant qu'il n'exploitait pas la situation. L'attaque de match allait lui servir pour faire tomber Dumbledore de son piédestal sans en avoir l'air.
D'une oreille distraite, Harry suivait le match. Les Gryffindor se débrouillait assez bien et les Slytherin aussi, malgré les actions à la limite de l'antijeu. Le Vif se cachait mais cela n'inquiétait pas trop Harry.
Une première secousse avertit le brun que le show allait commencer. Il tint plus fortement son balai et se laissa faire.
Sous les hurlements du public, le brun se sentit comme sur un taureau sauvage et était chahuté dans tous les sens. Les mains étaient crispées sur le manche car il savait que s'il lâchait, la chute serait plus rude que celle qui viendra avec les Dementor. Dès qu'il le pouvait, il regardait la tribune des professeurs. Quirell comme Snape ne les quittaient pas du regard mais il ne pouvait apercevoir ni Hermione et encore moins Neville. Il serra les dents et pria pour que cette attaque s'arrête rapidement car il sentait qu'il n'allait plus tenir très longtemps. Il était sur le point de lâcher quand il sentit que son balai ne faisait plus des siennes et qu'il aperçut le Vif d'Or. Puisant dans ses dernières forces, il plongea vers le sol et se rétama sur le sol. Alors que tout le monde arrivait vers lui, il tendit le bras et montra le Vif d'Or qu'il avait attrapé.
Et il tomba dans les pommes.
§§§§§
Harry mit un moment avant de comprendre qu'il se trouvait dans l'infirmerie de l'école. Il se redressa doucement et vérifia que tout était en place, y compris le médaillon des Potter que les Gobelins avaient lié à sa magie et qui interdisait à qui que ce soit toute manipulation mentale quand il était inconscient. Jusqu'à ce qu'il maîtrise parfaitement l'Occlumencie, Gripsec et Joshua avaient estimé qu'il serait plus sûr qu'il soit protégé de cette façon.
Cinq minutes plus tard, Poppy Pomfrey entra dans la salle principale.
-Bon après-midi, monsieur Potter ! salua Poppy. Est-ce que vous vous sentez bien ?
-J'ai un peu mal, avoua Harry.
-Je vais vous faire un scan magique pour vérifier que tout va bien et ensuite, je vais vous donner une potion, sourit Poppy.
L'infirmière agita sa baguette et quelques instants plus tard, un parchemin apparut. Elle le lut attentivement.
-Toutes vos blessures sont totalement guéries, annonça Poppy. Voici votre potion.
Harry ouvrit la fiole et la but d'une traite. La douleur partit immédiatement.
-Que s'est-il passé ? demanda Harry. Je me souviens juste d'avoir pu attraper le Vif …
-Vous l'avez eu, confirma Poppy. Et la seconde suivante, vous vous êtes écrasé au sol. Vous aviez de nombreuses fractures mais heureusement, quelqu'un a eu la bonne idée d'amortir votre choc par la magie. Cela fait trois jours que vous êtes ici.
-Autant ? s'étonna Harry
-Oui, répondit Poppy.
-Quand pourrais-je sortir ? demanda Harry
-Ce soir, répondit Poppy. Je dois vous donner encore quelques potions et je veux voir qu'elles font correctement effet avant de vous permettre d'y aller. Est-ce que vous avez faim ?
Le grognement de son ventre répondit pour lui.
-Je vais vous apporter un plateau, rit Poppy. Restez tranquillement dans votre lit.
Alors qu'elle retournait dans son bureau, Harry observa les alentours. Au fil des années, l'infirmerie ne changerait pas et c'était réconfortant de voir que le lieu restait immuable. Il nota que sa table de chevet était remplie de parchemins roulés ou de sachets de confiseries.
-Oh, c'est vrai, sourit Poppy en ramenant le plateau de nourriture et en remarquant le regard d'Harry. Ce sont vos amis qui vous ont fait parvenir tout ça.
-C'est gentil, fit doucement Harry.
-Mangez ce que vous pouvez, déclara Poppy. Je viendrais récupérer le plateau dans une heure.
Harry commença par remplir son ventre avant de se pencher sur les cartes de rétablissement. Il en avait eu de l'équipe de Quiddicht, d'Hermione et de Neville, mais également de Draco et de Ron. Autant ça lui faisait chaud au cœur de la part du blond, autant il ne comprenait pas vraiment la démarche du roux. Depuis le désastreux cours de vol, le brun ne lui adressait plus la parole mais quand l'équipe de Quiddicht lui avait demandé pourquoi il s'était retrouvé à l'infirmerie le soir de Samain, il ne s'était pas gêné pour révéler que Ron, par ses remarques blessantes, aurait pu faire tuer Hermione qui n'était pas au courant pour le troll. L'événement datait d'à peine une semaine et il était clair que le roux tentait de rentrer dans ses bonnes grâces. Le brun réfléchit et estima qu'il était temps de faire entrer Ron dans son groupe d'amis. Ils ne seraient pas aussi proches que dans sa première vie mais ainsi, Dumbledore ne tentera pas grand-chose. A chaque repas, il sentait le regard songeur du vieil homme sur lui et il ne fallait pas qu'il ne se fasse plus curieux.
Trois heures plus tard, Harry quitta enfin l'infirmerie et gagna la tour de Gryffindor. Les quelques élèves présents le félicitèrent pour sa performance et s'assurèrent de sa santé avant qu'il ne puisse entrer dans sa chambre. Il sortit de sa poche toutes les cartes et les friandises qu'il avait reçues et écrivit une réponse pour Draco. Il savait parfaitement qu'il ne valait mieux pas qu'ils se fréquentent ouvertement mais il voulait lui montrer qu'il n'était pas contre devenir son ami.
-Harry !
Neville se précipita vers son ami et le serra dans ses bras.
-Tu m'as fait peur ! s'exclama Neville. Tu es sorti quand ?
-Tout à l'heure, sourit Harry.
-Tu vas bien ? s'inquiéta Neville
-Oui, j'ai quand même fait une bonne sieste, plaisanta Harry. Ce qui m'inquiète, c'est mon balai. Pourtant, il est neuf mais il est devenu comme fou !
-Harry, déclara Neville d'une voix grave. Les balais sont enchantés pour ne pas qu'on puisse les trafiquer et ils sont testés individuellement avant chaque vente. Tout le monde sait ça. Nous pensons qu'on a voulu l'ensorceler.
-Qui ça, nous ? demanda Harry
-Hermione et moi, souffla Neville. Comme ce n'est pas à la portée d'un élève, on a regardé du côté des adultes …
Harry pencha la tête sur le côté. Dans sa première vie, Ron avait tout de suite sauté sur la conclusion que Snape était celui qui avait ensorcelé son balai, à cause de son comportement antipathique et parce que c'était un Slytherin, donc pour lui automatiquement adepte de magie noire. Mais là, c'était Neville. Il était curieux de connaître ses déductions.
-Hermione et moi avons remarqué qu'il y avait deux Sorciers qui ne te quittaient pas des yeux et qui avaient leurs baguettes dans leurs mains, reprit Neville. Hermione pensait que c'était le professeur Snape mais moi, je penchais pour le professeur Quirell. Enfin bref. Nous sommes allés sous la tribune des professeurs et nous avons le feu à une cape. Ça a déconcentré la personne qui s'en prenait à toi.
-Merci, sourit Harry. Donc, les professeurs Snape ou Quirell m'en veulent. Pourquoi ?
-Je ne sais pas, haussa des épaules Neville. Mais je ne pense pas que ce soit le professeur Snape.
-Pourquoi ? s'étonna Harry
-Parce que s'il avait voulu te tuer, il y aurait des façons bien plus subtiles, sourit Neville. C'est un maître de Potions, et parmi les meilleurs. Pourquoi il s'embêterait à te donner une mort aussi spectaculaire ?
Le brun dut concéder que le raisonnement ne manquait pas de pertinence.
-Mais, et le professeur Quirell ? demanda Harry
-Je ne sais pas, souffla Neville. Il n'a pas vraiment la carrure d'un tueur mais qui sait …
-Tu as raison, sourit Harry. Au fait, merci pour la carte et les chocolats !
-De rien, rougit Neville. J'ai pensé que ça te ferait plaisir.
-On les partagera après le dîner, promit Harry. On y va ?
Les deux amis descendirent dans la salle commune où ils retrouvèrent Hermione avec qui ils se rendirent dans la Grande Salle.
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Du secret de sa malle, quelque jours plus tard, Harry avait retiré et ouvert le coffre à Double Sens et en prit une missive qu'il l'attendait.
Cher Harry,
Comme vous me l'avez demandé, j'ai lancé un sort sur le domicile de votre tante pour diriger le courrier destiné à vos tuteurs vers le manoir Potter.
A ce jour, aucun courrier de l'école n'est parvenu. Donc il semble clair que le directeur n'a pas jugé utile de les prévenir que vous avez failli perdre la vie.
Les Gobelins ont trouvé une solution assez … innovante pour contrer le fait que votre famille et vous soyez sous surveillance.
Ils vous proposent de faire déménager les Dursley.
J'imagine parfaitement votre étonnement et votre scepticisme mais je peux vous assurer que cette idée est parfaitement viable. Pour faire simple, imaginez qu'un sort de traçage soit une corde. Vous êtes à un bout, l'autre bout doit être un endroit où vous revenez régulièrement. Pour votre tante, votre oncle, votre cousin et vous, l'autre bout de la corde se trouve à Privet Drive.
Ce type de sort est assez lourd à placer. Faire déménager votre famille permettrait de couper l'herbe sous le pied et annuler le sort.
Il suffit juste de votre accord pour que les Gobelins mettent en marche leur plan. Ils m'ont également assuré qu'avant la fin de l'année scolaire, ils pourraient avoir terminé et mis en place les sorts qui interdiraient ce genre de fantaisies.
J'ai également pris contact avec votre avocat Sorcier. Les sorts de traçage sont illégaux s'ils ne sont pas posés par la famille du Sorcier ou sur sa demande. Comme ils ont été posés après votre émancipation, Dumbledore risque très gros. Si vous voulez faire couler le directeur, il vaut mieux que vous ayez de votre côté votre avocat. J'ai déjà eu l'occasion de rencontrer Myron Lyre et il est assez bon dans sa partie. Sans compter qu'il a une dent contre Dumbledore, c'est un ancien Slytherin.
J'ai rappelé aux Dursley que vous ne comptiez pas revenir chez eux pour les vacances de fin d'années, puisque le contrat d'apprentissage veut que vous soyez chez moi pendant toutes les vacances scolaires. Mais je comprends parfaitement que vous vouliez passer un Solstice sous le signe de la Magie.
Je vous ferais parvenir d'ici peu différents ouvrages pour votre culture Sorcière. En tant que précepteur d'étiquette, j'attends de vous qu'à défaut de maîtriser intégralement tout ce qu'il y a dedans, vous reteniez le maximum des règles écrites.
Bien à vous,
Joshua Cameron
Harry sourit. L'information qui l'importait le plus était le fait de faire déménager les Dursley. L'idée avait du mérite mais il fallait surtout qu'elle se fasse à ses conditions.
D'ailleurs, il prit la lettre de Gripsec.
Héritier Potter,
Je ne sais pas si vous avez lu la lettre de Joshua Cameron mais nous avons trouvé une solution pour tous les sorts de contrôle qui pèsent sur vous et votre famille. Pour vous aider à prendre votre décision, nous avons fait quelques recherches préalables.
Le 4, Privet Drive appartient aux trois quarts à Pétunia Evans Dursley, le dernier quart à Vernon Dursley. Il y a une maison non loin qui est en vente qui est légèrement plus grande et qui conviendrait parfaitement à votre famille, mis à part qu'elle est de plein pied et que les combles sont isolées mais non aménagées. Si vous le souhaitez, je vous enverrai des photographies magiques des lieux. Au prix auquel nous allons la proposer à votre famille, ils céderont très facilement.
J'ai pris bonne note de votre demande d'examen des comptes de votre famille. Malheureusement, vous aviez raison, les Dursley ne touchent qu'une allocation pour s'occuper de vous depuis votre arrivée dans leur foyer de la part du Ministère. Mais il n'y a aucune trace de celle provenant des coffres de la famille Potter. Les doutes concernant le détournement de fonds semblent avérés.
Si vous avez d'autres questions, je reste à votre entière disposition.
Que votre or coule à flots,
Gripsec
Harry sourit. Il se doutait que le directeur était capable de cela. Mais c'était bien dans ses intentions de lui faire payer au centuple. Il était tenté de faire déménager les Dursley mais il fallait que les protections magiques soient telles qu'on ne puisse pas se douter que les sorts n'avaient aucune prise.
Le brun s'empara d'une plume et d'un parchemin mais alors qu'il allait écrire la première ligne, une alarme l'avertit que quelqu'un allait entrer dans la chambre. Il jeta les lettres dans le coffre qu'il referma puis d'un geste de baguette, le réduit et le glissa dans sa poche. En prévision d'une telle situation, il avait laissé ouvert un livre sur le prochain cours, ici de Sortilèges. Il se redressa et faillit lâcher un grognement en voyant Ron arriver. Le roux lui fit un sourire timide avant de s'approcher.
-Euh … Harry ? fit Ron
-Oui, Ron ? soupira Harry
-Je voulais savoir … si tu avais bien reçu ma carte … quand tu étais à l'infirmerie, souffla Ron.
Harry se retint de lever un sourcil intrigué. C'était le cas de le dire, le roux avait mangé du lion et avait trouvé le courage de lui demander ça. Il tenait vraiment à devenir son ami.
-Je l'ai reçu, répondit Harry.
-Tu ne m'as pas remercié, fit remarquer sèchement Ron.
-Parce qu'on ne s'adresse pas la parole, rappela Harry. Ce sont Fred et Georges qui m'ont expliqué que tu devais sûrement vouloir devenir mon ami.
En fait, après avoir montré la carte de bon rétablissement aux jumeaux, ces derniers avaient déclaré que leur frère devait en avoir marre de rester seul et qu'il avait jeté son dévolu sur lui pour lui faire l'honneur de devenir son ami. Et surtout, qu'il devait être attiré par la renommée d'être l'ami d'Harry Potter.
Oui, même à cet âge, ils avaient une piètre opinion de leur dernier frère.
Ron rougit. Il ne se savait pas aussi facile à lire. En même temps, ses frères le connaissaient très bien.
-Ecoute, j'ai fait des erreurs et je m'en excuse, fit Ron. Je veux qu'on recommence tout depuis le début. D'accord ?
Harry sentit une bouffée de haine remonter et il était vraiment très tenté de refuser cette main tendue comme il l'avait fait avec celle de Draco. Il avait encore en travers de la gorge ce qu'il avait fait dans sa première vie, allant jusqu'à le sacrifier à Dumbledore.
Seulement, ça ne s'était pas encore passé et s'il avait son mot à dire, ça ne se passerait jamais. Il savait à quoi s'en tenir avec certaines personnes et il ne comptait pas se faire avoir une nouvelle fois. Mais il allait devoir faire des concessions. Mais à ses conditions.
-D'accord, accepta Harry.
Devant le grand sourire rassuré de Ron, Harry faillit laisser échapper un rictus machiavélique. Le roux ne savait pas que sa tâche allait sérieusement se compliquer.
Ron s'installa sur le lit d'Harry et commença à babiller gaiement. Le brun l'écoutait d'une oreille distraite. Ce n'était pas qu'il n'était pas intéressé mais franchement, est-ce que ça le concernait que son père faisait une collection de prises électriques ? Déjà que chez les Sorciers, il passait pour un illuminé, mais Ron ne se rendait pas compte qu'en racontant à tout va la curiosité de son père pour les Moldus, il mettait lui-même sa famille sur le ban de la société. Un soir, l'été après la mort de Voldemort, Hermione, Harry, Fred et Georges avaient parlé de la vision des Sorciers sur les Moldus et ils en étaient venus à parler du patriarche Weasley. Dans le monde Sorcier, sa curiosité concernant les Moldus était connue mais personne ne savait à quel point elle allait. Enfin, jusqu'à ce que Ron ouvre sa grande bouche. Malheureusement, cela avait contribué à faire déprécier les Weasley, qui avaient péniblement réussi à remonter dans l'estime des Sang Pur. Le titre de Traître à leur Sang se faisait oublier mais quand Ron avait commencé à révéler des éléments de la vie privée des Weasley, tout leur était retombé dessus. Comme Molly, Ginny et Ron vivaient dans leur monde, ils n'avaient rien remarqué mais Arthur, Percy, Fred et Georges, ainsi que Bill dans une moindre mesure, avaient dû faire face aux conséquences des actes du dernier mâle de la famille. Arthur puis Percy s'étaient vus méprisés par les Sorciers bien-pensant du Ministère et ils n'avaient pas pu prétendre aux postes auxquels ils auraient dû accéder avec leurs qualifications. Pire, ils étaient cantonnés aux tâches ingrates et leurs collègues ne se cachaient pas pour se moquer d'eux. Tout ça à cause d'un sale gosse qui ne savait pas se taire.
Ron, donc.
L'arrivée de Neville acheva le calvaire d'Harry. Ce dernier avait un peu de mal avec le roux qui ne montrait pas ses meilleurs côtés.
-J'ai entendu les autres maisons, sourit Neville. Tu es surnommé le Survivant, tu sais.
Harry et Neville en avaient parlé, le brun ne comprenait pas l'engouement sur sa soi-disant résistance au sort de mort que lui avait rapporté le châtain. Tous les deux avaient fini par en faire une plaisanterie.
-Bien sûr que c'est le Survivant ! s'exclama Ron. Tu as quand même vaincu Tu Sais Qui !
-Qui ? demanda Harry de manière automatique
-Ben … tu sais, hésita Ron.
-Non, je ne sais pas, assura Harry.
Cette manie de ne pas nommer Voldemort avait le don de lui hérisser le poil, encore plus depuis qu'il l'avait tué. Neville avait bien compris qu'il était inutile de lui parler des circonstances de la mort de ses parents, ce qui comprenait l'attaque de Voldemort, et les autres élèves avaient accepté sur la demande du châtain de ne plus venir l'ennuyer sur cet épisode de sa vie.
Bien évidemment, Ron ne faisait rien comme tout le monde.
-Je ne dirais pas son nom ! grogna Ron
-Alors ne parle pas de lui, grinça Harry. Je ne suis pas un survivant.
-Si ! insista Ron. C'est comme ça qu'on te connait. Harry Potter le Survivant ! Cool, non ?
Harry et Neville se regardèrent brièvement.
Qu'est-ce qui leur avait pris de lui adresser la parole ?
