Chapitre 10 : To listen or not to listen…
- … Donne moi une dernière chance Jade…
De ses grands yeux verts, elle le fixa. Elle ne savait pas si elle devait accepter ou bien au contraire refuser. Elle ne voulait pas être comme toute ces femmes qui pardonnaient à leurs maris quelque soit la faute qu'ils aurait commis. Mais elle l'aimait tellement…
- Tu es un démon d'égoïsme et de cupidité Malefoy… Tu ne peux pas t'empêcher de servir tes propre intérêt, et de faire passer ta personne avant les autre… et malgré tout ça, je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie de toi, et de construire quelque chose avec toi - devant le sourire qui commençait à fleurir sur les lèvres du jeune homme - Néanmoins… Tu n'as actuellement pas les qualités requise pour faire ce que j'attend de toi… et je ne veux pas te changer… Il faudrait quelqu'un que tu aimes, et qui t'aimes, suffisamment pour le faire, et je ne suis pas cette personne Malefoy… Que tu le veuilles ou non, je ne suis pas la personne qui te changeras… et j'en suis profondément navrée… mais c'est ainsi.
Elle s'approcha de lui à pas de loup et vint déposer un chaste baisé sur sa joue.
- Un jour, peut-être… mais pas aujourd'hui…
Elle prit son sac et alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la salle sur demande, il lui attrapa le bras d'un mouvement brusque.
Il ne la laisserait pas partir, pas cette fois. Alors qu'il plaquait ses lèvres sur les siennes, il laissa ses mains se promener sur le corps de sa belle.
Jade eut un frisson : Encore un fois elle remarquait l'emprise qu'il avait sur son corps, un emprise dangereuse. Pourquoi n'arrivait-elle jamais à se débattre dans ses bras?
- On en a déjà parler Malefoy je…
Il laissa ses lèvres glisser du cou de la jeune femme jusqu'à sa gorge. Elle détestait quand il faisait ça, c'était tellement agréable, trop agréable, elle ne pouvait pas résister à ça… Le corps de ce mec était tout entier destiné à la débauche…
- Lâche moi Malefoy - elle gémit sous la pression des lèvres sur sa clavicule - S'il te plait…
Mais maintenant qu'il savait que ça ne la gênait pas véritablement, il n'avait pas l'intention de la laisser partir, d'ailleurs, c'était bien simple, elle semblait si vulnérable, là, entre ses bras, qu'il ne savait même pas s'il pourrait ne serait-ce que se retenir de lui sauter dessus…
La jeune femme ferma les yeux, elle savait pertinemment ce qui allait suivre, elle n'était pas assez forte pour lui résister, et encore une fois, elle se laisserait avoir au piège cruel qu'il représentait…
Dans une dernière tentative pour se défaire de lui elle murmura :
- Dray, s'il te plait…
Dray. C'était son surnom. Ce surnom qu'elle n'utilisait que lorsqu'elle le suppliait. Il cherchait dans ses yeux une quelconque réponse aux questions qui l'assaillait…
- Qu'est-ce que tu m'as fait? - commença-t-il d'une voix rauque - Pourquoi est-ce que quand je me retrouve dans la même pièce que toi, je n'ai qu'une envie, celle de te sauter dessus? Pourquoi ne peux-tu pas être grosse, moche, et pas attirante pour deux sous? Pourquoi est-ce que, quand j'entend les autres mecs dirent que t'es bonne je crève d'envie de les frapper? - Il recula, et la regarda de haut en bas - Qu'est-ce que tu m'as fait bordel? J'ai l'impression de devenir comme ces lopettes de Griffondors, à parler sentiment et autre conneries du genre…
Jade eut peur, peur de ce qu'elle ressentait pour lui, peur de ce que lui semblait ressentir pour elle, peur que cette fierté, qui lui interdisait de revenir avec lui à cause de ce qu'il lui avait fait, ne les détruisent tout les deux… Alors d'un mouvement impulsif, elle se laissa glisser jusqu'à lui, pour l'enserrer tout contre elle, tentant dans cette étreinte de faire passer toute la frustration qu'elle ressentait.
- S'il te plait… Arrête… Je ne veux pas de ça… Je ne veux pas que tu… que tu… Laisse moi Dray… Oublie moi… Pour ton propre bien, oublie moi…
Et doucement, lentement, elle se détacha de lui, puis recula jusqu'à la porte, qu'elle ouvrit tout aussi doucement. Une fois la porte refermer, elle courut, plus vite que jamais, vers le bas, jusqu'au hall, puis au parc. Elle suffoquait, le souffle qu'il lui avait insufflé quelques minutes plus tôt lui brûlait les poumons… Elle avait besoin de calme… et là, un arbre, au branche basse, très feuillu… Entre ses branches, elle alla se blottir. Les genoux sous le menton, les mains sur les tibias… Elle tremblait, de froid, de peur, de rage… Elle allait encore passer à coté du bonheur, comme cette fois là, avec Camille…
La tête posé contre le tronc de l'arbre, elle se laissa aller à dormir.
Un peu plus loin, un peu plus haut, un observateur silencieux poussa un couinement. Il ne comprendrait jamais les humains qui se sentait toujours obligés d'aller contre leur nature…
Ï
Elles couraient. C'était presque une habitude pour elles, de courir, parce qu'elles étaient des tueuses, et que, par conséquent, elles devaient fréquemment filer. Mais aujourd'hui, ce n'était pas pour échapper à l'ennemi, mais au contraire pour aller à l'ennemi. On ne savait pas qui ils étaient, arrivés le matin même ils s'amusaient à tuer tout ce qui croisait leur chemin, et bien sur, les trois quart faisaient partit de leur ''grande famille''.
Pourtant elle l'avait dit à Rodrigue, qu'elle ne voulait plus faire ce genre de chose, aller tuer d'autres personnes, mais il avait toujours des arguments de choc, du genre qu'on abandonnait pas sa famille, et que ce serait la dernière, et qu'après, elles pourraient arrêter… Alors Camille et elles y étaient allées.
- Ce sera la dernière… - lui avait-elle dit - Alors transformons ça en grand spectacle.
Elle avait sourit bien sur. Camille aimait le grand spectacle…
- Aller Carmen, en scène…
Elles avaient foncer. Pourquoi à ce moment là, elle ne l'avait pas retenu, pourquoi n'avait-elle pas refuser? Rien ne pouvait alors leur arriver, parce qu'elles étaient Carmen et Emma Cortez, parce qu'elles étaient les meilleures dans ce domaine…
C'était finit, ils n'étaient plus que deux, elles étaient encore deux. Ils ne pouvaient pas les battre. Une détonation, un sourire vint se dessiner sur ses lèvres alors qu'à son tour elle envoyais son adversaire ad patres. Elle se tourna vers son amie, vers Emma, vers Camille…
Son corps qui tombe, ses yeux bleu encore ouvert, ses cheveux roux qui viennent finalement auréoler son visage. Immobile, blanche, sur le dos… Et en face d'elle, ce type, un sourire de démon sur les lèvres… Il l'avait eu, il avait eu Emma.
L'air narquois qui animait son visage se transforma vite en grimace de pure terreur…
Ce soir il souffrirait…
Au sol, des gouttes de pluie qui semblait ne plus vouloir s'arrêter, ces gouttes de pluie qui seraient toutes ces larmes qu'elle ne laisserait jamais couler…
Ce soir il souffrirait, puis il mourrait…
Jade ouvrit brusquement les yeux, le souffle court. Pourquoi fallait-il qu'elle rêve de ça maintenant? Alors qu'elle avait tellement de problème…
- Jade… Lève toi maintenant… - lui murmura une voix à ses cotés.
La jeune femme leva les yeux surprise. Ginny. Elle lui ressemblait tellement, à Camille, les même yeux bleu, les même cheveux roux, le même caractère impulsif et rieur…
Elle l'attrapa par le bras, pour la pousser à se lever.
- Je ne sais pas ce que tu as, mais vient, on en parlera au chaud…
Tandis que Jade se levait puis la suivait jusqu'à leur dortoir, la rousse parlait :
- Tu sais Jade, ton frère s'inquiète beaucoup pour toi… Tu ne manges presque plus, tu te comportes de manière totalement lunatique… Il faudra que tu lui parles un jour ou l'autre…
- Je sais mais… - commença la brune - Je ne sais plus ou j'en suis… Je… je crois bien que je suis en train de tomber amoureuse… Mais… Je sais qu'il faut pas, parce qu'avec lui, je ne serais jamais heureuse…
Ginny éclata d'un rire cristallin.
- Heureusement que je n'ait pas écouté Harry quand il m'a sortit que je ne serais jamais heureuse avec lui parce qu'il était un sac à ennuis… Sinon, je serais encore à attendre… Un jour, Luna m'a dit une chose qui m'a marqué, elle m'a dit qu'on ne peux pas être heureux si on se met soit même des bâtons dans les roues…
- Luna?
- Luna Lovegood… Une fille de mon année, à Serdaigle… Un peu dingue, mais vachement sympa… son père est le rédacteur en chef du Chicaneur, tu sais, le journal… Faudrait que je te la présente, tordue comme tu es, tu l'adorerais…
La jeune femme eut un sourire amusé, puis soudain, un pensé vint à elle.
- Dit Gin… J'y pense que maintenant mais… Ton père… où il est?
Le visage de la rousse s'assombrit.
- Il est mort… Tué par Lucius Malefoy pendant la guerre…
Jade s'arrêta, baissa les yeux, puis reporta son regard sur son amie qui s'était elle aussi arrêtée.
- Je… Si tu as besoin de parler - puis souriant légèrement - on pourrait partager nos statut d'orpheline de père…
Alors que quelques secondes plus tôt, l'expression de Ginny était devenu franchement triste, un immense sourire revint fleurir sur ses lèvres.
- Pourquoi pas… Quoique, j'aurais peur de devenir aussi cinglée que toi…
Et elles repartirent bras dessus bras dessous jusqu'au château.
Ï
Hermione eut un soupir las. Une semaine qu'ils étaient en vacances, une semaine que Blaise Zabinni passait ses après midi avec Drago dans la salle commune des préfets en chef, et surtout, une semaine que ce dernier ressassait des idées noirs, inquiétant à la fois son homologue et son meilleur ami.
- Si tu me disais ce que t'as au lieu faire la gueule, je pourrais peut-être t'aider… - s'exclamait pour la Nième fois le brun.
- Je te dis que ça va… - lui grogna le préfet en réponse.
Blaise tourna un regard suppliant à Hermione qui s'approcha doucement des deux jeunes hommes.
- Que c'est-il passé Drago? Dit moi… - demanda-t-elle d'une voix douce.
Il tourna son regard d'acier vers elle, un sourire mi figue mi raisin sur les lèvres.
- Dit moi Granger, est-ce que toutes les filles intelligentes sont des emmerdeuses, ou est-ce une propriété purement Gryffondor?
La jeune femme le regarda surprise.
- Tu as un problème avec une fille de Gryffondor?
Le blonde soupira en haussant les épaules, et se leva comme pour quitter la salle commune.
- Je m'emmerde, je m'arrache.
Et sans demander son reste il quitta la pièce.
Hermione et Blaise se regardèrent un instant, puis le jeune homme demanda, las :
- Qu'est-ce que ta copine Black à encore fait à mon pote?
- Je crois que je pourrais te retourner la question… Qu'est-ce que ton pote à fait à ma copine? - répondit-elle un peu plus agressivement qu'elle ne l'aurait voulu.
Un nouveau regard passa entre eux, et elle se laissa tomber dans la canapé dans un soupir.
- Excuse moi, je dois dire que tout ça ma fatigue… Il y a six mois, je l'aurais vu dans cet état là, je me serais réjouit, mais… ça me saoule… maintenant, j'ai bien l'impression que je commence à le considérer comme un… un camarade…
Blaise eut un sourire. La mort de celui-dont-on-ne-doit-plus-parler les avait tous changé, ne serait-ce que dans les rapport des Serpentard avec les autres élèves, notamment avec les Gryffondors…
- T'occupes pas de Drago, il est suffisamment grand pour survivre à un râteau… Mais je dois dire que je m'inquiète un peu pour ta copine… Si j'ai bien compris le sens de ta question, elle ne va pas super non plus en ce moment… Alors… - il se tut un instant, semblant perdu dans ses pensées - Tu ne crois pas qu'elle pourrait refuser toute relation avec Drago, pour une raison autre que celle de leur attirance réciproque?
La préfète eut un haussement de sourcil interrogatif : Elle ne se serait jamais attendu à ce genre de constatation de la part du brun. Mais ce n'était pas totalement faux : Sinon, Jade n'aurait pas changer dans sa façon de se comporter.
- Je vais allé parler avec elle… - déclara-t-elle en se relevant d'un coup.
La jeune femme attrapa sa cape sur le porte manteau, sa baguette sur la table, et quitta la salle commune, laissant un Blaise un peu surpris par sa réaction impulsive.
- Et moi, je fais quoi? - demanda-t-il au vide - Je suppose que je dois allez parler avec Drago… pff… Plus facile à dire qu'à faire…
Ï
- Réponds moi sincèrement Jade… Est-ce que, oui ou non, tu ressens des sentiments pour Drago Malefoy?
La jeune femme regarda autour d'elle : Ron et Harry qui avait un air horrifié, Ginny qui gardait les yeux baissé pour ne rien trahir, et Hermione, face à elle, qui la fixait d'un regard scrutateur.
Elle ne savait pas vraiment ce qui lui avait pris, elle avait débarqué dans la salle commune des Griffondors, et s'était planté face à elle.
- Réponds Jade. - insista la préfète.
La brune lâcha un soupire résigné : Après tout, elle n'avait rien à cacher à son frère et à ses meilleurs amis.
- Oui. - répondit-elle à mi-voix.
Ron glapit, Harry fronça les sourcils, Ginny releva la tête un air las sur le visage, et Hermione prit un air victorieux.
- Maintenant, explique moi pourquoi, et ce malgré ce que lui ressent, n'es-tu pas actuellement avec lui à faire toute ces choses que la morale réprouve et que vous adorez?
Jade rougit et baissa les yeux. C'était une bonne question ça.
- Mais enfin Mione - commença Ron - Elle ne peut pas sortir avec l'autre fouine décoloré, se serait…
- … Se serait contre nature! - termina Harry - En plus, il est probablement déjà fiancé à je ne sais qu'elle pouf sans cervelle mais à l'héritage gros comme l'empire states building, et au sang plus pure que de l'eau de roche.
Hermione fixa ses amis d'un air mauvais : Ne pouvait-il pas se taire parfois?
- Arrêtez un peu tout les trois… - s'exclama Ginny - Vous ne savez strictement rien de l'histoire alors ne commencez pas à essayer de vous mêler de son histoire avec lui!
Les trois septième année la regardèrent abasourdi : Elle avait l'art et la manière de mener son monde à la baguette.
- Je sais pertinemment que vous vous inquiétez pour elle, et moi aussi, mais ce n'est franchement pas une raison pour lui entériner votre avis comme ça… C'est déjà suffisamment compliqué pour elle de se décider toute seule…
Alors que Ginny continuait à sermonner ses trois aînées, ils entendirent soudainement un éclat de rire.
