Un nouveau monde pour une seconde chance
Disclaimer : Je ne possède absolument aucun personnage ou aucun lieu de cette fic. Je ne gagne pas d'argent pour cette histoire.
Chapitre 9
Promenade sur le Chemin de Traverse
Le lendemain, Willow entra dans la salle à manger tout sourire. Elle salua les personnes présentes et se servit son petit déjeuner. A peine assise, Giles lui demanda comment cela s'était passé. Elle lui raconta rapidement la journée. Enfin, elle eut l'impression de le faire rapidement. En fait, elle monopolisait la conversation, décrivant toute sa famille avec force détail. Autour de la table, toute la communauté souriait de la voir ainsi joyeuse. Personne, à part Giles, ne l'avait vu aussi heureuse. Ils avaient l'impression d'avoir une autre Willow en face d'eux, moins terrifiante et beaucoup plus amicale. Quand elle se rendit compte qu'elle parlait pour tout le monde elle rougit et s'excusa. Personne ne lui en voulut. Ils durent ensuite vaquer à leurs occupations. Elle se retrouva seule. Dans sa chambre, elle décida de lire mais son esprit était en effervescence. La pièce lui semblait bien trop calme, trop banale. Elle décida d'aller visiter le Chemin de Traverse. Elle convaincrait Tom de lui faire passer le mur. Elle prit un sac, ses papiers et chercha le vieux cahier qui lui servait de portoloin. Il n'avait aucun pouvoir. L'ayant déjà utilisé, ce n'était plus qu'un carnet sans importance. Elle se concentra afin de se rappeler comment Kalya l'avait ensorcelé. Quand elle crut avoir trouver la bonne formule, elle la prononça en espérant qu'elle ne s'était pas trompé. Les doigts croisés, elle l'enclencha, priant pour qu'elle ne se retrouve pas en plusieurs morceaux éparpillés aux quatre coins de la planète. Quand elle apparut dans la petite ruelle près du Chaudron Baveur, elle lâcha un cri aigu de victoire et de soulagement.
Quand elle entra dans le pub, elle se sentit tout de suite mieux. Malgré l'atmosphère saturée de fumée, elle commençait à adorer cet endroit. Elle se dirigea vers le bar et eu l'impression qu'elle faisait cela depuis toujours. Elle reçut un sourire édenté du barman. Elle s'accouda, lui commanda une Bièraubeurre et lui fit la tête qu'elle faisait à Alex pour obtenir tout ce qu'elle voulait. Tom vit tout de suite qu'elle voulait quelque chose. Elle lui expliqua ce qu'elle souhaitait et vu la tête que fit le sorcier, elle comprit qu'il n'était pas d'accord.
- Allez ! Tom ! Je serai sage. Une véritable image ! Personne ne me verra. Je me noierai au milieu de tous les autres piétons. S'il te plait !
Elle lui fit des yeux de chiens battus. Il hésita. Ce n'était pas une bonne idée. Elle n'était pas encore à l'aise avec ce monde. Elle en ignorait tant ! Pourtant, quelque chose dans son regard lui disait d'accepter. Cette femme était une ensorceleuse ! Il souffla.
- Faites attention ! Qu'il ne vous arrive rien, sinon je connais plusieurs Weasley qui ne seraient vraiment pas contents.
Elle le remercia chaleureusement sur le court chemin qui menait au mur. Il lui ouvrit le chemin et la supplia de faire attention. Elle sautilla sur le chemin, toute contente. Et une journée de shopping, une ! Elle resta immobile au début de l'allée pendant quelques minutes, examinant chaque détail. Elle avait l'impression d'entrer dans un de ces univers qui n'existait qu'à la télévision. Il y avait tant de choses à voir qu'il lui semblait qu'elle n'avait pas assez d'une vie pour tout voir. Elle erra pendant pas mal de temps, se contentant de regarder les vitrines et les passants. Elle aurait bien le temps de rentrer dedans plus tard. Elle arriva à un embranchement. Sur sa droite, il y avait un immense bâtiment en marbre blanc. Sur la façade, on pouvait voir gravé : Gringotts Bank. C'était ici que travaillait son frère Bill normalement. Il était bientôt l'heure de déjeuner, peut-être pouvait-elle le voir et l'inviter à manger ? En espérant qu'il voudrai bien la voir, bien sûr. Elle décida de tenter le coup et allait entrer quand son regard se tourna de l'autre côté. Elle vit l'entrée d'une autre rue qui semblait disparaître dans les ténèbres malgré le soleil éblouissant. Sans s'en rendre compte, elle fit quelques pas vers elle. Il y avait quelque chose d'étrange émanant de l'allée, quelque chose de sombre. Cela trouvait un écho en elle et elle sentait une irrésistible envie d'y aller, d'y entrer, de plonger dans ses ténèbres. Ce qu'on faisait là, c'était de la magie noire. Elle frissonna et se concentra sur Gringotts. Elle devait s'éloigner. Elle le fit mais chaque pas était pénible. Les portes de la banque étaient immenses et en bronze. Elle grimpa les marches et découvrit une étrange créature. Elle était petite, avait un teint sombre, des doigts et des oreilles fins. Les yeux légèrement bridés étaient pleins d'intelligence. Le portier portait un uniforme écarlate. Elle le salua et il fit un petit signe de tête. Timidement, elle entra dans la bâtisse. Elle se retrouva dans un hall d'entrée qui débouchait sur de nouvelles portes, mais en argent cette fois-ci. Elle s'approcha, son regard parcourant les gravures sur les murs. Elle allait entrer quand elle remarqua les inscriptions sur les portes. Elle s'arrêta pour les lire :
Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse.
Elle se demanda quel sort était réservé à ceux assez fous pour vouloir braquer cette banque. Deux créatures gardaient les portes. Elle les salua aussi et ils lui ouvrirent les portes. Elle entra alors dans un hall immense en marbre. Derrière un très long comptoir, elle vit des centaines de créatures travaillant. Il y avait aussi énormément de sorciers. Elle sentit une pointe de désespoir en se demandant comment elle allait faire pour trouver son frère là-dedans. Elle remarqua plusieurs autres portes fermées. Certains sorciers accompagnés d'une petite créature disparaissaient derrière. Elle avança de quelques pas en serrant la bretelle de son sac. Elle chercha des yeux un poste de renseignements avec quelqu'un qui pourrait lui indiquer comment trouver son frère. Elle soupira à fendre l'âme.
- Willow ?
Elle se retourna au son de la voix.
- Bill ! lança-t-elle avec soulagement en regardant son frère avancé vers elle.
Il portait une robe, ce qui était étrange. Quand elle avait été au Terrier la veille, ils portaient tous des vêtements moldus. Le voir avec ces cheveux en catogan, sa boucle d'oreille et sa robe était dérangeant. Mais peu importe. Le principal, c'est qu'elle n'aurait pas à parler à ces créatures qui semblaient si peu amicales.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda son frère.
- J'étais dans le coin et je me demandais si ça t'arrivait de déjeuner. Et si c'était le cas, si tu accepterait de me montrer où on peut trouver un peu de nourriture ici.
- Bien sûr que ça ne me dérange pas ! Je vais juste dire à mon patron que je prends ma pause.
Elle le regarda aller parler avec une de ces petites choses. Quand il revint, elle lui demanda ce que c'était. Des gobelins, lui apprit-il. Elle les fixa mais Bill lui dit d'arrêter, ils ne supportaient pas cela. Il avait réussi à obtenir une pause déjeuner un peu plus longue. Il connaissait un petit restaurant où il les emmena. C'était un petit établissement en face d'une boutique de baguettes appelée Chez Ollivander. L'ambiance était chaleureuse et plaisante. Ils trouvèrent une table en terrasse et s'y installèrent.
- Ca me fait vraiment plaisir que tu sois passé, lui dit Bill.
- Quand j'ai vu la banque, je me suis rappelée que tu travaillais là alors je me suis dis « pourquoi pas ? » En tout cas, heureusement que tu es passé par le hall sinon je pense que je ne t'aurais jamais trouvé. Qu'est-ce que tu fais exactement ? Les banquiers avaient tous l'air d'être gobelin.
- Je suis briseur de sorts.
- Et cela consiste en quoi ?
Il passa le quart d'heure suivant à lui expliquer que normalement, il travaille en Egypte où il part à la recherche de trésors enfouis dans les pyramides et autres. Il doit passer outre tous les sortilèges de protection qui auraient pu être poser. Il lui conta quelques unes de ses missions et elle l'écouta avec intérêt. La jeune femme se rendit compte alors que qui dit monde à part peut vouloir dire argent différent. Elle demanda à Bill qui lui confirma qu'il y avait un argent sorcier. Il fouilla dans une de ses poches et en sortit trois pièces qu'il posa sur la table. De tailles normales, il y en avait une en or, une en argent et une en bronze. Bill lui expliqua que c'était un Gallion d'or, une Mornille d'argent et une Noise de bronze. Il la regarda en souriant pendant qu'elle répétait plusieurs fois les noms, les mémorisant. Il lui expliqua ensuite que un Gallion était égale à dix-sept Mornilles ou quatre-cent quatre-vingt treize Noises. Elle le fixa un moment, se demandant si il était sérieux.
- Ce sont les vraies valeurs, confirma-t-il.
- Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer, hein ? Alors, un Gallion fait dix-sept Mornilles ou quatre cent quatre-vingt treize Noises.
Comme pour les noms, elle répéta la conversion plusieurs fois, les yeux fermés. Il lui expliqua ensuite que un dollar américain équivalait à deux Mornilles et neuf Noises ou que une livre équivalait à trois Mornilles et onze Noises. Elle demanda ensuite comment elle pouvait faire pour échanger de l'argent moldu contre de l'argent sorcier. Il lui proposa de lui prêter de l'argent aujourd'hui et elle pourrait repasser dans les jours suivants afin d'ouvrir un compte. Elle parut gênée et il insista lourdement pour qu'elle accepte. Elle finit par céder. Elle lui demanda si elle devait s'acheter des robes. Si elle comptait passer inaperçue dans ce monde, mieux valait qu'elle se fonde dans la foule. Il lui dit que c'était une bonne idée et lui indiqua quelques magasins. Le temps était passé plus vite que prévu et se rendit compte qu'il devait retourner travailler. Les gobelins aimaient les gens ponctuels. Elle le raccompagna jusqu'à l'entrée de la banque. Il la remercia pour ce déjeuner.
- C'est plutôt à moi de te remercier. Tu m'as amenée déjeuner, tu as payé le restaurant et tu m'as prêtée de l'argent en plus. Alors, merci pour tout.
Il l'enlaça brièvement et l'invita à repasser quand elle voulait. Puis il s'engouffra dans la banque et elle se retrouva seule au milieu de la rue. Elle regarda à droite et à gauche en se demandant où aller. Elle retourna sur ses pas et entra dans une boutique de robes d'occasion. Elle flâna dans les rangées jusqu'à ce qu'une dame d'une cinquantaine d'années vienne lui demander si elle avait besoin d'aide. Willow lui expliqua alors son problème : elle n'avait rien à se mettre. Aussitôt la vendeuse – Anita- l'aida à choisir parmi toutes les robes. La jeune sorcière lui expliqua qu'elle vivait principalement parmi les moldus et qu'elle aimerait avoir certaines robes qui puissent être portées dans les deux mondes. Elle acheta trois robes qui passeraient parfaitement dans le monde sorcier et qui seraient certes extravagantes dans son monde mais iraient quand même. On la jugerait juste un peu marginale. Elle en ressortit le sourire aux lèvres. Puis elle remonta l'allée et entra dans une librairie : Fleury et Bott. Elle erra entre les étagères. Ici et là, elle s'arrêtait, prenait un livre et lisait la quatrième de couverture. Elle finit par acheter un livre sur l'histoire de la société sorcière, un sur les sortilèges de base et un bestiaire. Quand elle sortit, elle se rendit compte que l'après-midi était déjà bien avancé. Elle décida de s'arrêter dans un café avant de rentrer. Elle s'installa en terrasse et commanda une grande limonade arc-en-ciel, même si elle n'avait aucune idée du goût que cela avait. Elle sortit son livre d'histoire et commença à le feuilleter. On lui apporta sa boisson rapidement. Elle avait les différentes teintes d'un arc-en-ciel dans un grand verre évasé vers le haut. Il y avait une paille et elle goûta. La saveur qui explosa sur sa langue était incroyable. C'est comme si elle goûtait pleins d'arômes en même temps. Elle continua à siroter sa boisson tout en lisant.
Plusieurs minutes après, une ombre tomba sur sa table et quelqu'un s'assit sur la chaise à côté. Elle leva les yeux et découvrit que son visiteur importun était le sorcier qui avait eu une altercation avec son père à la sortie du restaurant.
- Lucius Malefoy, c'est ça ?
Il parut satisfait qu'elle se souvienne de lui. Il jeta un coup d'œil sur son livre.
- On s'instruit ?
- J'ai beaucoup de choses à apprendre sur ce monde, répliqua-t-elle acerbe.
Cet homme ne lui plaisait pas. Il émanait de lui de la méchanceté pure. Il commanda un café et s'installa plus confortablement. Elle remarqua que le serveur était légèrement plus nerveux. Elle fixa le sorcier :
- Qu'est-ce que vous voulez ?
Un sourire narquois étira ses lèvres et elle n'aima pas cela. Il balaya l'allée du regard.
- Que pensez-vous de ce monde ?
- En quoi ça vous regarde ?
- Agressive ? Ce n'est pas grave. Je vais vous en apprendre un peu plus. Cette société était fière avant, fière et puissante. Certains enfants découvrent qu'ils ont des pouvoirs et entrent dans notre monde, avec leur sang impur. Alors maintenant, les vrais sorciers se font rares. Et lorsqu'ils ont le sang pur, beaucoup s'abaissent à se mélanger avec les sang-de-bourbes et les moldus. C'est écœurant. Maintenant que vous entrez dans ce monde, vous devez faire un choix, trouver votre place.
Elle le regardait en se demandant si il était sérieux. Dans son esprit, ce discours faisait écho à la doctrine de ce chef nazi. Pureté de la race et tout.
- Et vous comptez faire quoi ? Exterminer tout ceux qui n'ont pas le sang assez pur ?
Il avait un air affreusement sérieux. Elle esquissa un geste pour appeler le serveur mais il lui attrapa le poignet et la fixa droit dans les yeux :
- Votre famille est bourrée de bons sentiments. Comment croyez-vous qu'ils réagiront en apprenant ce que vous avez fait ?
Son sang se glaça dans les veines. De quoi parlait-il ? Pouvait-il savoir pour Warren ? Pour le temple ? Ses yeux étaient menaçants, brillant d'un éclat métallique. Elle reposa son bras sur la table.
- Vous ne savez rien de moi, siffla-t-elle la voix légèrement plus assurée qu'elle n'y aurait cru.
Les lèvres pâles du sorcier s'étirèrent.
- Vous avez été adoptée par Ira et Sheila Rosenberg et vivez à Sunnydale. C'est un point d'énergie connu sous le nom de la Bouche de l'Enfer. Je pense que le trop plein de magie à cacher vos dons aux écoles américaines. Vous avez donc dû apprendre seule, loin de notre société. Puis il y a cette sorcière dont nous avons senti la puissance au début de l'été. D'après ce que nous avons pu savoir, elle a tué un homme et faillit détruire ce monde. Les détails restent vagues. Je crois que vous êtes cette sorcière.
Elle n'avait pas besoin de nier cela, l'expression sur son visage devait être assez éloquente. Elle vit que ses mains s'étaient mises à trembler. Elle devait partir. Elle se leva brusquement mais Lucius suivit son mouvement et lui bloqua le chemin.
- Mon Maître veut faire votre connaissance, Miss Weasley. Vous l'intriguez.
Les yeux de la rouquine s'arrondirent de surprise à la mention de son « Maître ». Puis, de la colère les illumina et elle s'approcha de Lucius :
- Je ne sais pas qui est votre Maître, mais il devrait apprendre qu'essayer de kidnapper, c'est mal. Quant à votre petit discours, il ne marche pas avec moi. Peu m'importe la pureté du sang. En fait, les gens qui y font attention me révulsent.
Elle vit les mâchoires du sorcier se crisper et une bouffée de satisfaction s'empara d'elle. Elle prit son sac.
- Vous feriez mieux de réfléchir, Miss Weasley.
Elle se tourna vers lui une dernière fois :
- C'est déjà tout réfléchi, Monsieur Malefoy.
Puis elle partit sans même payer sa consommation. Il s'en chargera, cela lui apprendra. Pourtant, c'était sans compter sur la détermination du sorcier. Elle avançait rapidement et devant la banque quand elle sentit qu'on l'attrapait par le bras et qu'on l'entraînait dans l'allée qu'elle avait vu plus tôt. Quand elle leva les yeux, elle ne vit que la chevelure blonde de Lucius. Elle tenta de se dégager mais il avait une poigne de fer. Malgré la douleur qu'il faisait naître dans son bras, elle resta silencieuse. Elle n'allait pas se faire le plaisir de lui dire. La rue était sale et grise, loin de celle lumineuse qu'elle venait de quitter. Lucius la lâcha brusquement et elle dut mettre les mains en avant pour éviter de s'écraser contre le mur. Elle se tourna vers lui, l'air furieux :
- Mais vous êtes malade !
Rien qu'en une seconde, elle sentit la magie poindre. Tout autour d'elle, elle la sentait et elle savait que son organisme la voulait, désespérément. Elle devait sortir.
- Vous allez m'écouter, rugit le sorcier. Vous ne savez pas à qui vous avez affaire.
- Vous non plus, répliqua-t-elle d'une voix basse et menaçante qui surprit Lucius.
Mais il ne laissa rien paraître et fit un pas vers elle :
- Vous avez cette part d'ombre en vous. C'est le genre de chose dont vous n'arriverez jamais à vous séparer. Les Wealsey ne l'accepteront jamais, ne vous accepterons jamais. Vous avez goûté à une magie puissante qu'ils ne comprennent pas. Ils vous jugeront pour vos actes et ils ne verront plus que cela en vous, la meurtrière. Vous serez pour eux une menace qu'il faudra surveiller. Je vous offre une alternative. Mon Maître vous apprendra à utiliser vos pouvoirs, à les contrôler et à faire de vous ce que vous êtes destinez à devenir, une grande sorcière. C'est une place dans ce monde que je vous offre, une place de choix.
Elle mit un instant avant de pouvoir répondre. Elle n'aimait pas ce qu'il disait car cela ne faisait que raviver ses doutes. Elle tremblait sans même sans rendre compte. Elle sentait la magie en elle, autour d'elle, profitant de ses doutes pour fendre ses protections. Elle se redressa et le regarda dans les yeux :
- Ca ne m'intéresse pas.
- Vous feriez mieux d'y réfléchir.
- C'est tout réfléchi.
Elle voulut le contourner mais il se plaça devant elle. Il était entre elle et la sortie.
- Laissez-moi passer, ordonna-t-elle.
Il ne semblait pas être prêt à le faire. Elle sentait la colère monter en elle, enfler et demander de la magie pour l'évacuer. Mais elle ne devait pas céder. Elle vit les yeux de Lucius briller d'intérêt et elle comprit son manège. Il voulait la pousser hors de ses gonds.
- Vous n'y arriverez pas, lui dit-elle. Restez hors de ma vie. Sinon, vous pourriez finir comme Warren.
Le sourire du sorcier se crispa légèrement. Les yeux de Willow s'assombrirent légèrement et d'un mouvement de poignet, elle l'envoya valser contre un mur, dégageant le passage. Elle ne resta pas et fonça vers la sortie. Derrière elle, elle entendait Lucius rire :
- Vous faîtes partie des ténèbres, peu importe où vous fuyez ! Vous faîtes partie de notre monde !
Elle ne se retourna pas. Le soleil ne la réchauffa pas et l'allée qui lui avait paru si accueillante l'étouffait. Elle retourna rapidement au Chaudron Baveur. Tom vit son agitation et demanda si tout c'était bien passé. Elle le rassura mais il ne marcha pas. Il la laissa néanmoins partir. Quand elle rentra, elle évita tout le monde et fonça dans sa chambre. Elle était agitée, énervée. Elle sentait la magie ne demander qu'à sortir pour assouvir sa colère. Lucius avait ranimé tous ses doutes, ses inquiétudes et elle détestait cela. Il avait réussi à la découvrir, à mettre à nue ce qu'elle était et à jouer avec elle. Il s'était servi de ses craintes pour la convaincre avec une facilité déconcertante. Elle frissonna. Ce monde semblait moins amical. Ce « Maître » en avait après elle et elle savait que c'était sérieux. Elle devait en parler à Giles. Mais cela attendrait le lendemain. Pour l'instant, elle voulait rester seule.
A suivre...
