NdT : Ce chapitre ne contient que le PDV Draco. En espérant que l'histoire vous intéresse et que la traduction vous convienne… à bientôt !


Chapitre 9

Les balades nocturnes dans le château. Je déteste les balades nocturnes dans le château. Elles me font toujours réfléchir, généralement à propos de choses que j'essaie d'ignorer. Blaise dirait que ça aide pour faire le tri dans sa tête, mais voilà le problème, ces marches ne m'aident pas à faire le tri. Du tout.

Elles commencent bien, je ne fais que parcourir les couloirs en pensant à des choses quelconques. Mais alors, mon esprit s'enfonce dans des lieux profonds, me laissant des pensées confuses sur... non... ne pas le mentionner, si je le mentionne alors j'y penserai...

Je ne prêtais pas attention à là où j'allais jusqu'à ce que j'entende un léger bruit. Je tournai la tête et ne vis rien, mais je remarquai que j'étais dans la partie principale du château. J'étais juste à côté des grands escaliers, alors même que je ne me souvenais pas d'avoir quitté les cachots.

Normalement, je restais dans les donjons quand c'était mon tour de garde, mais mes pas me menaient dans la partie principale parce que... non... stop... En soupirant, je m'appuyai contre le mur, près d'une porte en chêne, je ne pouvais pas penser à ça maintenant. Je ne pouvais jamais penser à ça. Un bruit résonna derrière moi je ne me donnai pas la peine de tourner la tête – Snape me couvrirait, et si Rusard ou quelqu'un d'autre m'attrapais, une soirée de retenue ne me tuerait pas.

Un autre bruit – décidément, quelqu'un était en train de venir vers moi. Je ne me tournai toujours pas, qui que ce fût il pouvait me voir, il saurait que j'étais ici si c'était un professeur, il dirait quelque chose, si c'était un étudiant, il passerait à côté ou dirait quelque chose, je n'avais pas besoin de me retourner. Un autre bruit... cette fois je pouvais entendre le son de pieds nus sur le sol de pierre, une respiration légère, il s'approchait... assez près pour me voir, il devait me fixer, pourquoi n'avais-je pas cette sensation de picotements sur le dos ou dans mon cou alors ? Les pas s'approchaient, la respiration devenait plus lourde et plus rapide... qui était derrière moi ?

Mon corps se tendit et je sortis ma baguette, il y avait quelque chose dans le rythme lent de la personne qui marchait, la façon dont elle respirait, la façon qu'elle avait de ne pas prononcer un mot. Cela me donnait la chair de poule. Lentement je me tournai, baguette levée, un sort sur le bout de la langue.

« Weasley ? » C'était la Weaslette ; elle était en train de marcher, en chemise de nuit sans manches qui dévoilait ses épaules parsemées de taches de rousseur. La chose la plus étrange dans tout ça était que ça dévoilait aussi ses coupures sur ses bras et jambes ; ne voulait-elle pas garder ça caché ? Elle semblait regarder vaguement au loin, mais sans voir quoi que ce soit.

La dernière Weasley avait ce regard paranoïaque indéfinissable réalisant que ma position défensive l'effrayait probablement, j'abaissai ma baguette et fis un pas en avant. Elle semblait toujours effrayée. « Que fais-tu debout ? » demandai-je en la regardant dans les yeux.

Elle ne dit rien, au lieu de quoi elle se rapprocha de plusieurs pas, mais elle ne venait pas vers moi, elle semblait se diriger vers les portes.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Alors cela me frappa, le rythme lent, le regard perdu au loin, le silence... la Weaslette était en pleine crise de somnambulisme.

Devais-je la réveiller ? Faut-il réveiller les somnambules ? Ou cela ne faisait-il qu'empirer les choses ? Weasley avait posé ses deux mains sur la porte, son visage toujours empreint d'une expression paranoïaque. Elle semblait nager en plein cauchemar.

« Weasley ? » dis-je lentement peut-être que je pouvais l'éveiller sans l'effrayer.

Elle ne répondit pas, mais elle poussa la porte et une fois celle-ci ouverte, elle se tourna vers moi. Ou du moins c'était comme si elle me faisait face, son dos était tourné vers le parc et elle regardait tout autour. Le vent soufflait, il y avait un énorme orage au-dehors, et le froid me donna la chair de poule. J'étais tout habillé, Weasley n'avait qu'une chemise de nuit et pas de chaussures, elle devait geler. Un petit sourire étira ses lèvres avant qu'elle ne se tourne et ne sorte.

Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas la laisser déambuler dans le parc à cette heure, au milieu d'un orage, mais si j'essayais de la réveiller les choses risquaient d'empirer... je me tins là pendant un moment, essayant de me décider, je n'avais pas beaucoup de temps, le parc était immense et il était impossible de dire quelle direction elle avait prise. Blaise serait inquiet s'il le savait, et je suppose qu'il devrait le savoir, mais je n'avais pas le temps de courir aux cachots pour le prévenir.

Je grognai et passai ma main dans mes cheveux. Je détestais les rondes de nuit. Sans plus réfléchir, j'allai sur le pas de la porte et regardai dehors. Pour quelqu'un qui marchait si lentement il y a quelques instants, la Belette était partie rapidement. Elle était déjà proche de la forêt ; s'il n'y avait pas eu un éclair et son éclatante chevelure rousse, je ne l'aurais pas vue.

Il n'y avait pas plus de temps à perdre, je courus au milieu de l'orage. La pluie commençait à s'intensifier et le parc était gelé par une mince couche de neige, tombée plus tôt. Je ne pouvais pas voir exactement où était allée la Weaslette à cause de la pluie, mais je courus vers la forêt.

« Weasley ? » appelai-je en m'arrêtant un bref instant. Mes cheveux humides collaient à mon visage, les repoussant d'un mouvement brusque, je plissai les yeux à travers la pluie. Et je la vis.

Elle se tenait à la lisière de la forêt, regardant juste à l'intérieur, sans bouger... j'espérai qu'elle reste là, je n'aimais pas la forêt, je ne l'avais jamais aimée, et je ne me sentais pas d'y pourchasser la rouquine. Je me remis à courir ; peut-être pouvais-je l'attraper avant qu'elle n'aille dans la forêt.

A dix pieds d'elle... huit pieds... six pieds... elle fit un pas vers la forêt. Bon sang.

« Weasley ! » Pas de réponse.

« Ginny ! » Elle sembla s'arrêter un moment.

Trois pieds... elle fit un pas dans la forêt. Je piquai un sprint, les muscles de mes mollets protestèrent et brûlèrent, mais je m'en foutais. Elle était à moins d'un pied de distance, tendant un bras je la saisis à la taille à l'instant où elle allait faire un autre pas.

Je ne savais pas à quoi je m'attendais ; peut-être qu'elle se réveille, qu'elle tombe dans mes bras, ou encore qu'elle essaye de courir... je ne sais pas, mais je savais que je ne m'attendais pas à ce qu'elle lâche un hurlement à glacer le sang et se débatte comme un beau diable. Elle me donna un coup de pied dans la jambe, un coup de poing à la poitrine, gifla mes bras, et tira même mes cheveux. De quoi cette fille rêvait-elle ?

Je la manquai de la lâcher, mais plus elle se débattait, plus fort je la tenais. Je devais la ramener au château, à Blaise.

« Ginny calme-toi. » J'allais ajouter que c'était seulement moi, mais quelque part je doutais que cela l'aiderait à se calmer si elle avait un cauchemar. Ses mouvements s'arrêtèrent ; baissant le regard sur son visage, je remarquai que ses yeux étaient ouverts.

« Ginny ? » Elle cligna des yeux, peut-être se réveillait-elle. Ses yeux s'ouvrirent encore à moitié, je ne devais pas l'effrayer. Et alors elle devint molle entre mes bras.

« C'est quoi ce... » Mes genoux commencèrent à céder sous son poids, je la déplaçai, la soulevant à la manière des mariées et tournai son visage contre ma poitrine pour qu'elle n'ait pas d'eau dans le nez.

Après être certain d'avoir une bonne prise sur elle, je commençai à retourner vers le château. Ça allait être une longue et lente marche jusqu'aux cachots.

« Blaise ? » J'entrai dans la salle commune et plaçai doucement la rousse sur le canapé. Blaise n'était pas là. Bon sang. La nuit où il a vraiment pu traîner son cul jusqu'à son lit était la nuit où je comptais sur lui pour s'être endormi dans la salle commune.

Attrapant une couverture, je la lançai sur le corps endormi et trempé de Weasley avant de me précipiter dans les escaliers menant à la chambre privée de Blaise.

« Blaise ! » appelai-je en ouvrant la porte sans prendre la peine de frapper.

Blaise sursauta quand il entendit la porte claquer contre le mur. « Qu'y a-t-il Draco ? » demanda-t-il en parcourant la pièce du regard.

« C'est la Weaslette, » dis-je dans un souffle, me tenant sur le pas de la porte.

Les yeux de Blaise s'écarquillèrent. « Elle est encore là ? »

« Ouais, elle est dans la salle commune. » Je décidai de ne pas lui parler de cette histoire de somnambulisme, pas encore.

« Elle peut monter ici. »

Je levai les yeux au ciel. « Je ne suis pas ton elfe de maison, » rétorquai-je. « Et même si je l'étais, tu devrais descendre pour la voir, là... »

« Qu'est-ce que tu... aucune importance. » Blaise secoua la tête et sauta du lit.

Je retournai dans la salle commune avant que Blaise n'ait quitté sa chambre. Weasley dormait toujours, elle ne semblait pas avoir bougé. Elle était toujours trempée sortant ma baguette, j'exécutai quelques sorts de séchage sur ses bras, ses jambes, son buste...

« Qu'est-ce que tu fais ? » J'étais sur le point de sécher ses cheveux quand Blaise entra.

« Je la sèche, » dis-je simplement en achevant mon sort.

« Pourquoi a-t-elle besoin d'être séchée ? » Il avait un ton accusateur, je savais qu'il ne l'était pas, qu'il était juste inquiet, mais il semblait penser que c'était moi qui était à l'origine de tout ça.

« Parce qu'elle était dehors, en plein orage. »

« Quoi ? » Les yeux de Blaise se levèrent brusquement jusqu'aux miens.

Je soupirai. « Apportons-la dans ta chambre, il y fait chaud, et je te dirai tout. »

Blaise acquiesça et souleva la rouquine, avec une douceur et des gestes aussi précautionneux que les miens quelques minutes plus tôt. Il ne prononça pas un mot en la portant dans sa chambre. Il la déposa doucement sur le lit et la couvrit avec les draps épais.

« D'accord, alors qu'est-il arrivé ? » demanda-t-il après s'être assuré que la rousse dormait paisiblement.

Je soupirai. Il était trop tard pour discuter de ça maintenant. Sans dire un mot, j'allai au bout du lit et m'assis aux pieds de la Weaslette. Normalement, je ne me serais assis nulle part près d'elle si je pouvais l'éviter, parce que je ne voulais pas la réveiller et... qu'elle était une Weasley, mais mes jambes me tuaient et je ne pouvais pas rester debout plus longtemps.

« Très bien, alors j'étais en train de marcher encore dans le château, et j'étais près des grandes portes… »

« Je pensais que tu restais toujours dans les donjons... moins de chance d'être attrapé, » m'interrompit Blaise.

« C'est ce que je fais habituellement. Dernièrement, je me balade dans la partie principale du château. Je suppose que les donjons deviennent ennuyeux. » J'haussai les épaules. « Bon, tu veux discuter des mes promenades nocturnes ou je peux poursuivre ? »

« Je voudrais bien oui, mais plus tard. » Blaise eut un sourire en coin.

Je roulai des yeux, bref. « Donc je disais, j'étais aux portes en chêne, et j'ai entendu quelqu'un venir derrière moi, je n'ai pas bougé ou regardé en arrière, et il ne disait rien donc je me doutais que ce n'était pas un prof. Il a continué à approcher, il était assez près pour me voir, mais comme il ne disait rien je trouvais ça bizarre. Il était si calme, excepté sa respiration, il respirait si rapidement. J'ai fini par me tourner, baguette levée, près à lancer un sort. » Je m'interrompis et regardai la rousse endormie, me demandant ce dont elle avait bien pu rêver...

« C'est alors que j'ai vu que c'était la Weaslette. » Je fis un mouvement de tête en direction du lit. Blaise fronça les sourcils au nom que j'avais choisi, mais je m'en foutais. « Elle semblait terrifiée. »

« Bien sûr qu'elle l'était, elle t'a trouvé en pleine nuit dans une partie du château où tu ne vas habituellement pas, avec ta baguette levée. Tu lui as probablement fait peur, » dit Blaise.

« Non, même après que j'ai baissé ma baguette, elle est restée sans rien dire, juste avec l'air terrifié. »

« Quoi ? Ça n'a aucun... »

« Elle faisait une crise de somnambulisme Blaise, » soupirai-je ; franchement, je pensais que Blaise l'aurait deviné maintenant.

« Oh. » Blaise sembla pensif un moment. « Alors tu l'as trouvée en pleine crise de somnambulisme et tu as décidé de l'emmener jusqu'aux cachots ? » Blaise me lança un regard curieux.

« Eh bien... non, c'est là que ça devient étrange... » Je m'arrêtai. « Plus étrange encore, » corrigeai-je.

Blaise se pencha plus près pour montrer qu'il écoutait.

« Elle est allée jusqu'aux portes, et est sortie. » Je m'arrêtai encore ; on pouvait toujours entendre l'orage vaguement, même dans les cachots. « Il faisait vraiment un temps pourri dehors, » ajoutai-je.

« Elle est sortie malgré l'orage ? »

« Ouais, je suis resté là à me demander si je devais la suivre, je ne pense pas qu'on est censé essayer de réveiller les gens en crise de somnambulisme. »

« On ne l'est pas, » confirma Blaise.

« Je l'ai suivie... évidemment. Elle n'avait pas de chaussures ou quoi que ce soit, elle se serait transformée en un bloc de glace. »

Blaise acquiesça.

« Au moment où je l'ai attrapée elle avait fait un pas dans la forêt interdite. » Je frissonnai. Je détestais cette forêt. « Je ne me sentais pas de la suivre toute la nuit juste pour être sûr qu'elle ne se fasse pas tuer, alors je l'ai attrapée. » Je m'arrêtai pour jeter un regard sur la rousse. Quelque chose coinçait chez elle.

« Elle a hurlé, » dis-je sans regarder Blaise.

« Bien sûr qu'elle a crié ! Quelqu'un l'a attrapée très soudainement. »

« Non, elle a hurlé comme si... je ne sais pas... comme si j'allais l'entraîner droit en enfer. » Je regardai Blaise dans les yeux, il semblait ne pas comprendre. « Elle s'est débattue comme un beau diable et m'a même tiré les cheveux. »

Blaise renifla. Je décidai de ne pas m'attarder sur ce fait.

« Alors elle a ouvert les yeux, elle semblait étonnée, quand elle a cligné des yeux elle a eu le même regard horrifié qu'avant, et après elle s'est évanouie, » finis-je.

« Je croyais que tu avais dit qu'elle faisait une crise de somnambulisme ? »

« Oui, c'est ce que je ne comprends pas. C'était comme si elle était éveillée ; mais pas assez pour réaliser ce qu'il se passait et alors elle s'est rendormie... dans un sommeil plus profond. »

« Alors tu l'as portée ici, » dit Blaise après un moment d'un silence troublé.

« Ouais, qu'étais-je supposé faire d'autre ? La laisser sous la pluie ? » rétorquai-je. « Les Malfoy ne sont pas si mauvais. »

« Je sais, je n'aurais simplement jamais pensé que tu prendrais soin d'une Weasley dans la salle commune Slytherin parce que tu l'as trouvée dehors, en pleine crise de somnambulisme. » Blaise eut un sourire en coin.

« Eh bien, ce n'est pas comme si je l'avais prévu, et je n'ai pas non plus envie que ça devienne une habitude. »

« D'accord, alors qu'est-ce que tout ça veut dire ?

« De quoi es-tu en train de parler ? » demandai-je, alors même que j'en avais une sacrée bonne idée.

« La potion et maintenant le somnambulisme. »

« Si elle a fait une crise de somnambulisme, alors elle n'a pas pris la potion, » dis-je, additionnant mentalement des choses à la liste. Comme les regards terrifiés, le manque de sommeil, les coupures, et l'évanouissement.

« Pas faux... » dit lentement Blaise.

J'ouvris la bouche pour dire quelque chose, mais à ce moment le lit commença à bouger. La Weaslette se réveillait. Je me levai avec réticence, après avoir eu un cauchemar aussi vivace je doutais qu'elle veuille se réveiller avec quelqu'un assis sur son lit.

« Où suis-je ? » Ses yeux s'ouvrirent brusquement. Elle semblait paniquée.

Je commençai à me rapprocher, pour lui dire ce qu'il s'était passé, mais Blaise me devança.

« Dans ma chambre Ginny, est-ce que tu vas bien ? » demanda Blaise. Je m'appuyai contre le montant du lit.

« Ouais... »

« Tu sais ce qu'il s'est passé ? »

Elle secoua la tête. Blaise leva le regard vers moi, et je fis un bref mouvement de tête, ce n'était pas comme si nous ne pouvions pas lui dire qu'elle était somnambule.

« Tu as fait une crise de somnambulisme. Draco t'a trouvée dehors, dans la forêt. » Ses yeux se levèrent brusquement jusqu'aux miens. Je ne dis rien, parce que je ne savais pas quoi dire.

« Il a dit que tu semblais terrifiée. De quoi étais-tu en train de rêver ? » Elle retourna finalement son regard vers Blaise. Lentement elle se redressa, alternant son regard entre nous, et elle soupira.

« Je ne m'en souviens pas. » Je ne fus pas tellement convaincu.

Blaise pinça les lèvres. Il ne semblait pas y croire non plus.

« Tu es trempé, » dit-elle tout à coup en m'observant. Je n'avais même pas remarqué.

« Il pleuvait. »

« Oh. »

Nous fûmes silencieux pendant un moment. Vraiment silencieux. Vraiment silencieux, et mal à l'aise. Blaise regardait Weasley, Weasley parcourait la pièce du regard, et je les observais tous deux.

« C'est bon si je prends une douche ? » Sa petite voix traversa l'épais silence qui s'était installé autour de nous.

« Ouais, » acquiesça Blaise.

Weasley sourit et sortit lentement du lit. Serrant ses bras autour de son corps, elle se dirigea dans la salle de bain mitoyenne.

« Tu la crois ? » me demanda Blaise.

Je soupirai et m'assis une fois de plus sur le lit. « Je ne sais pas. Pas vraiment, » dis-je pensivement en sortant ma baguette et en me séchant. « Qu'est-ce que tu penses de tout ça ? »

« Je ne sais pas. Elle n'a donné aucune réponse. »

J'acquiesçai. « Tu penses que tout est lié n'est-ce pas ? » interrogeai-je en me demandant si Blaise en était arrivé à la même conclusion que moi.

« Quoi ? Tu veux dire la potion et les coupures ? »

« Ouais, et le manque de sommeil... l'évanouissement. » Je décidai de ne pas parler des regards, pour l'instant je ne l'avais pas vue les lancer à quelqu'un, mais ce regard... je doutais qu'il s'agisse d'une bonne chose.

« C'est probablement le cas. Mais je ne comprends pas comment. » Blaise soupira.

C'était étrange de le voir si incertain ; Blaise semblait toujours tout savoir sur tout le monde. Il avait généralement raison aussi... mais maintenant... Weasley le rendait juste aussi curieux et troublé que moi. C'était rafraîchissant à voir ; Blaise était déconcerté, juste comme nous autres.

Blaise me regarda avec impatience. « Je ne sais pas, » admis-je.

« Et pourquoi t'en préoccupes-tu ? »

« Ce n'est pas le cas. Je suis curieux, je le reconnais. Mais je ne m'en préoccupe pas. »

« Hum. » Blaise sourit.

Je roulai des yeux. Je savais qu'il voulait plus de réponses. Mais je ne pouvais lui en donner aucune. Je ne savais pas pourquoi la Weasley me rendait si curieux, je ne savais pas pourquoi je l'avais suivie dehors ce soir, sauvée d'une hypothermie et l'avais ramenée ici. Je n'avais pas pu la laisser là, c'est vrai. Mais je n'étais pas obligé de la conduire à Blaise ... ce que j'avais fait. Il aurait été furieux s'il avait découvert que je l'avais simplement laissée dans une quelconque partie du château.

« Tu sais - »

Blaise n'acheva jamais cette pensée cependant. A ce moment nous entendîmes un cri venant de la salle de bain. C'était le même cri à glacer le sang que j'avais entendu plus tôt. Et dire qu'il ne me donna pas la chair de poule ou fit se hérisser les cheveux de mon cou aurait été un mensonge. Nous nous regardâmes avant de sauter sur nos pieds, tous deux avec la même pensée en tête ; qu'avait-il bien pu se passer ?

Blaise ouvrit la porte de la salle de bain et entra précautionneusement à l'intérieur, je le suivis bien que l'idée de voir la Weaslette en petite tenue ou nue ne me tentait pas. Heureusement, ce ne fut pas le cas… mais ce qui nous attendait n'était pas moins inquiétant.

Ginny Weasley gisait sur le sol de la salle de bain avec le rideau de douche enroulé autour de son corps nu. C'était une situation assez nulle en soi, mais alors je vis le sang. Ses bras en étaient couverts, il semblait venir d'une coupure à la tête, probablement due à sa chute, et ses jambes saignaient également. L'eau se déversait toujours, nettoyant le sang sur le sol aussi rapidement que celui sur son corps frêle. Le dégoût que je ressentais était certainement évident sur mon visage, et l'expression de Blaise était horrifiée. Ginny, elle, arborait un air vraiment serein.

Qu'est-ce que tu t'es fait ?