Comme d'habitude, n'hésitez pas à me laisser vos impressions dans les commentaires! Surtout maintenant qu'on va enfin avoir, pour de bon, une suite à la série : priez avec moi pour le maximum de SouHaru (du Sousuke tout court, déjà, je serai heureuse mais bon, du SouHaru c'est encore mieux 8D)
Là aussi comme d'habitude, le rating est là pour une raison 8)
10. Don't stop me now (Queen)
Ils observèrent le soleil lentement monter vers son zénith, accoudés à la rambarde du ferry en direction de Zamami, île à une quarantaine de kilomètres de la capitale d'Okinawa. Alors que Sousuke mangeait un pain au melon, Haru terminait une pomme qu'il avait prise dans le chariot de nourriture auquel ils avaient encore eu droit la veille pour leur dîner.
Cela faisait plus d'une semaine qu'ils étaient dans l'extrême sud de l'archipel. Deux jours après leur arrivée, ils avaient visité plus en profondeur l'île principale, dont la capitale Naha. C'était comme s'ils souhaitaient étirer au maximum leur voyage, ayant par exemple pris la journée pour visiter le château Shujiro, un peu petit, bien que magnifique dans sa couleur rouge visible à des kilomètres.
Mais ils finissaient toujours par explorer les alentours, simplement marcher dans les rues pavées du Shurikinjocho, prendre des photos, s'asseoir pour discuter pendant quelques minutes, heures. Parfois, ils se contentaient d'aller à la plage, puis de rentrer tôt pour se regarder un film, ou bien faire l'amour, en plein après-midi, car ils le pouvaient, et le voulaient.
Sousuke se sentait grisé par ses sentiments et l'effet qu'ils avaient sur lui. C'était comme une douce béatitude, mais qui durait, encore et encore. Une histoire d'amour comme il n'en avait vu qu'en fiction, soudaine mais sincère, puissante, passionnelle. Car Haru aussi se complaisait dans le nouveau développement de leur relation.
C'était certainement ce qui le touchait le plus. Encore une fois, il n'était pas celui qui connaissait le mieux l'ancien nageur. Pourtant, il savait que celui-ci n'avait jamais été aussi radieux, parfois comme un enfant, quand il réveillait Sousuke qui dormait au soleil, en lui volant un baiser, pour mieux plonger et nager ensuie, laissant le plus grand incapable de comprendre ce qu'il venait de se produire. Il voyait ses sourires, tellement plus présents qu'auparavant, ses épaules détendues, l'air sans cesse à l'aise qu'il avait lorsqu'ils étaient ensemble. Même Tachibana, lorsqu'ils lui avaient parlé par Skype, avait remarqué cette différence.
Il étira son dos, puis son épaule, en revenant de la poubelle où il avait été jeter son emballage ainsi que le trognon de pomme. Quand il revint, le regard de Haru traînait sur lui.
« Si tu as mal, tu me le dis. » se contenta-t-il de lui asséner comme un reproche. Sousuke soupira :
« Bien sûr que je te le dirais. Et là ce n'est rien, c'est normal d'avoir de petites douleurs lorsque je bouge beaucoup. Ça ne m'était pas arrivé depuis plusieurs années, mais c'est juste un peu gênant, ça ne veut rien dire.
– On pourrait aller voir un médecin pour être sûrs.
– Non, gronda-t-il, en fondant ses yeux dans ceux de son compagnon. Je connais mon corps, tout comme mes limites, je l'ai appris à mes dépens. Y a vraiment pas besoin que tu t'inquiètes.
– Je ne veux pas que ce voyage te cause de mauvaises choses. »
Il s'accouda près de lui, fixant ensuite les vagues, une commissure étirant la moue un peu lasse qu'il ne pouvait s'empêcher de sortir à chaque fois que Haru s'inquiétait à tort pour lui.
« Même si je me pète de nouveau l'épaule, y a peu de risques que je regrette d'être parti avec toi.
– Ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi.
– Haru, je suis sérieux, insista-t-il, tournant à nouveau sa tête vers lui. Je vais bien. Et si ça ne va pas, je t'assure que je ne le cacherai pas. J'ai retenu la leçon, tu sais? »
Le plus petit ne sembla pas très satisfait, mais fut forcé de hocher la tête, venant ensuite coller son épaule contre la sienne. Ils s'approchaient de Zamami, et le soleil était encore une fois bien puissant, ce matin-là.
« Tu sais quel jour on est? »
Sousuke haussa un sourcil, ne s'attendant pas à cette question.
« Euh, jeudi?
– Le premier septembre. »
Ses yeux s'écarquillèrent, et sa voix se haussa :
« Tu plaisantes!
– Non. »
Un temps s'écoula, alors qu'il laissait l'information le recouvrir, une main sur son front, ébahi.
« Bon sang, ça passe vite...
– C'est bientôt ton anniversaire, non? »
Il acquiesça, se mordant la lèvre, car c'était bien ça qui le secouait. Dans deux semaines précisément, il aurait trente ans, et quitter la vingtaine était un cap; un cap qu'il se sentait soudain peu préparé à franchir.
« Je suis vieux...
– J'ai déjà trente ans moi, lui fit remarquer Haru.
– Ouais, mais t'es un nageur pro, gémit-il. Ça passe mieux. Je suis un chômeur de trente ans moins quinze jours.
– C'est dans si peu de temps?
– Le 14. »
Le plus petit eut l'air d'avoir lui aussi besoin de quelque temps pour se faire à l'aveu. Puis quelque chose commença à le contrarier, Sousuke le vit, et le fit immédiatement remarquer :
« Qu'est-ce qu'il y a?
– Tu voudrais passer ton anniversaire avec Rin, non? »
Il faillit répondre qu'il s'en fichait, mais ce n'était pas vrai. Avec sa démission, et son arrivée à Tokyo, il s'était décidé à ne plus laisser tomber son meilleur ami. Il avait Haru, mais ce n'était pas une raison pour négliger l'une des personnes qui avaient été les plus importantes pour lui, qui souhaiterait qu'ils passent ce jour ensemble.
Il hésita. Il ne voulait vraiment pas que ce voyage se termine, mais cela arriverait forcément un jour. Il fallait qu'ils rentrent. Cela faisait plus d'un mois qu'ils étaient partis, qu'ils avaient fui, et il ne pouvait éternellement se le permettre. Il devait retrouver un travail, s'installer à Tokyo, faire face à Rin, à ses parents.
Mais Haru était le plus important, au fond. Alors la première chose qu'il lui répondit fut :
« Tu veux rentrer, toi? »
Son partenaire resta silencieux, à observer les vagues, et la terre se rapprocher d'eux. Quelques poissons filaient près de la coque, leur dos à la limite de la surface de l'eau. Plus loin, sur le pont, un jeune garçon pinçait les cordes de sa guitare, chantant doucement aux quelques filles qui l'accompagnaient :
« All the times that I cried
Keeping all the things I knew inside
It's hard, but it's harder to ignore it
If they were right, I'd agree
But it's them they know not me
Now there's a way and I know that I have to go away
I know I have to go »
L'ancien nageur inspira, laissant le temps à la musique de planer encore quelques instants, puis finit par murmurer :
« Je me disais de toute manière que ce fou ne disparaîtrait pas si je ne faisais rien. Je ne veux pas le laisser plus longtemps dans les parages, au risque qu'il fasse ça à d'autres personnes. Et s'il était venu chez moi, c'était pour y trouver les lettres, alors je commence à croire qu'il cherche à effacer toutes ses traces pour mieux harceler quelqu'un d'autre. »
L'information jusque-là inconnue surprit Sousuke, qui sentit un peu de colère monter en lui.
« Ce n'était pas juste pour te faire du mal, qu'il était venu?
– Il savait très bien les instants où j'étais chez moi, et lorsque je n'y étais pas, soupira-t-il. Il y avait des photos de moi, par moments, dans les lettres, parfois montées... » il secoua la tête, comme pour se débarrasser des souvenirs, et revint au premier sujet. « Et cela s'est produit quelques jours après que j'aie eu pour la première fois des gardes du corps. Je pense qu'il a paniqué et a cru que j'avais réellement porté plainte, alors il a voulu se débarrasser des preuves contre lui.
– Et maintenant tu serais prêt à montrer les lettres à la police? »
Sousuke imaginait sans souci qu'il ait voulu garder ceci pour lui. Lorsqu'il était au sommet de sa gloire, cela se serait transformé en scandale. C'était déjà humiliant, douloureux, ce n'était pas quelque chose que l'on voulait montrer à d'autres personnes, ou voir découvert. Encore plus lorsque cela durait depuis plus d'un an. À chaque lettre, en parler avait dû être plus difficile. Pourtant, Haru lui en avait parlé, à lui. Et c'est sa main que celui-ci prit soudain, les faisant planer au-dessus de l'eau, pour mieux asséner :
« Je ne le laisserai plus me faire peur. »
Son cœur accéléra sa cadence, alors qu'encore une fois, l'idée d'être ce que ce grand nageur olympique considérait à la fois comme une ancre, mais aussi son futur; faisait faire des bonds à son estomac. Il pressa alors sa paume contre la sienne en guise de réponse, et apprécia le petit sourire qui se dessina au coin du visage de son ami. Il ne put s'empêcher de demander :
« Tu les avais cachées où, les lettres? Il avait quand même bien tout fouillé, je trouve. Et vu le paquet qu'y avait, c'est pas facile à planquer.
– J'ai retiré des planches du sol de la salle de bain pour les mettre en dessous, dans une boîte. » se contenta-t-il de murmurer, alors que Sousuke laissait ses sourcils se hausser, à se dire qu'effectivement il n'aurait jamais pensé à cela.
« D'accord. On fait ça. On rentre à Tokyo. Comme ça... »
Haru tourna ses pupilles bleues vers lui, entre crainte et impatience.
« Un, je m'occupe de cet enfoiré. »
Il déglutit, hocha la tête comme pour l'encourager à continuer.
« Deux, je parle à Rin, de préférence avant mon anniversaire... »
Les paupières du plus petit s'étrécirent. Il devait se persuader d'y croire.
« Et trois, quand tout est réglé, on repart en voyage, finit-il avec un sourire bienveillant. Je veux visiter le nord du pays, quand même. »
Haru, aussi, se mit à sourire, même si c'était plus infime. Malgré cela, il souffla :
« Et tes parents?
– Euh... ça va être compliqué de faire passer la pilule du "votre fils est gay", mais bon... ils s'y feront, j'imagine. »
Ils n'eurent pas la force de détacher leur main lorsqu'il fut temps de débarquer. Normalement, ils n'étaient pas du genre à s'afficher en public, bien que l'avis des gens d'Okinawa n'ait que peu d'influence sur eux; mais ils ne purent s'y résoudre après leur conversation.
Après être sortis de la petite ville d'une centaine d'habitants, eux ainsi que la majorité des autres personnes descendues du ferry partirent vers la plage la plus proche. Sur le chemin, Sousuke fit remarquer qu'il en avait un peu marre de la mer, et qu'il avait assez hâte d'en finir avec ce qui les attendait à Tokyo pour voir de nouveaux paysages.
« Il y a des pays que tu aimerais visiter? »
Il réfléchit un moment, commençant à en énumérer quelques-uns, dont la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, l'Inde.
« Je préfère les endroits avec de belles choses à voir, sans devoir me taper des touristes partout. Et puis je sais pas, j'aime bien voyager pour bouger, me dépasser, alors rester simplement à bronzer ça finit toujours par me frustrer.
– Désolé. Il n'y a pas grand-chose d'autre à faire à Okinawa, il aurait fallu que tu me le dises. Moi aussi je préfère voir le plus de choses possible. »
Rapidement, alors qu'un sourire naissait au coin de ses lèvres, il secoua la tête.
« Actuellement, je t'avoue que je m'en fiche bien. Là je préfère être bien tranquille, et pas trop crevé, pour mieux profiter, si tu vois ce que je veux dire... » finit-il en haussant les sourcils, ce qui lui fit récolter des yeux levés au ciel. Il répliqua d'un coup de coude.
Ils descendirent un escalier de bois qui les mena enfin sur la plage de sable blanc, donnant sur l'océan bleu vert. Le plus grand ne put s'empêcher de siffler d'admiration, alors qu'il allait immédiatement tester la température de l'eau, et qu'elle était aussi bonne que depuis leur arrivée à Okinawa.
Ils s'établirent près de l'herbe qui bordait la plage, se changeant rapidement tandis qu'il n'y avait encore que peu de monde, puis se dirigèrent vers l'eau. Haru partit de son côté nager aussi loin qu'il le pouvait, et Sousuke le suivit du regard, prenant son temps tout en observant les coraux un peu plus loin, avant d'enfin le rejoindre.
Deux jeunes filles s'approchèrent, alors qu'ils sortaient pour boire un coup, se préparant à aller visiter les îlots alentour. Il vit la crème solaire que l'une d'entre elles avait en main, et se prépara au pire.
« Bonjour, vous pourriez m'aider? Je ne peux pas me mettre de la crème dans le dos. »
Et évidemment, s'étant adressée à Haru, celui-ci accepta sans commentaire, alors que Sousuke grimaçait, se retenant de dire à voix haute que son amie aurait pu le faire pour elle. La plus petite des deux, qui s'était adressée à son compagnon, s'allongea alors immédiatement sur le ventre, détachant le haut de son bikini, ce qui fit hausser un sourcil au commis-crème solaire, qui la tartina malgré tout.
Au même instant, l'autre s'approchait, pour lui demander ce qu'ils faisaient ici, d'où ils venaient. Et l'ancien policier avait beau savoir qu'ils se faisaient actuellement draguer, il n'eut pas la force de les envoyer balader, étant peut-être trop poli pour ça. Il répondit alors simplement, tentant de lui faire comprendre qu'ils n'étaient pas intéressés.
Haru finit rapidement sa tâche, et revint vers lui, pour lui demander s'il était prêt. Les deux filles leur demandèrent ce qu'ils souhaitaient faire, et se découragèrent lorsqu'ils expliquèrent leur projet d'aller visiter les environs, à la nage. Cependant, Sousuke s'attendait à les recroiser lorsqu'ils reviendraient. Il se contenta de secouer la tête et de partir vers l'eau avec son ami.
En nageant, ils contournèrent quelques gros rochers qui sortaient de l'eau, et montèrent sur le premier qui leur permettait un bon appui pour y grimper et observer le paysage. Deux autres îles se trouvaient non loin, et Haru lui raconta leur camp d'entraînement au lycée où ils avaient fait un parcours entre des îles semblables. Sousuke fut tenté de lui demander, alors qu'ils reprenaient leur souffle une fois sur la plage de l'îlot perdu, s'il était au courant de la raison pour laquelle les deux jeunes filles les avaient approchés, mais n'osa pas.
Avec seulement quelques plongeurs ou visiteurs ayant aussi fait le chemin jusqu'à l'île Kahi, majoritairement rocheuse et qui ne faisait pas plus de 500m², ils purent plonger des hauteurs sans déranger personne, après avoir trouvé une crique sans danger. Ramenant ses jambes contre son torse, Sousuke éclaboussa consciencieusement Haru qui sortait de l'eau, et se mit à rire en voyant son air blasé.
Ils explorèrent les environs, plongèrent pour observer les fonds marins, ramassèrent quelques coquillages. Alors qu'ils revenaient à la surface, il suffit de quelques mouvements à Sousuke pour nager jusqu'à l'autre, l'attirer contre lui, et l'embrasser contre les rochers. À la fois, car l'idée de le faire dans un tel environnement l'excitait, mais aussi comme pour se rassurer, se rappeler que ces filles n'avaient aucune chance.
Haru monta une main vers sa nuque, soupirant de bien-être, entre l'eau douce et tiède, le corps ferme contre lui, le soleil caressant sa peau. Les paupières fermées, il profita de la force d'Archimède pour entourer son amant de ses jambes, et venir amener ses lèvres contre sa nuque, ce qui fit s'esclaffer celui-ci :
« C'est l'effet que ça te fait d'embrasser dans l'eau? J'aurais dû parier.
– Sousuke, chuchota-t-il, ignorant sa blague si c'en était seulement une. Ce soir, tu me laisseras le faire? »
Celui-ci haussa haut les sourcils, ne s'attendant certainement pas à entendre ceci, maintenant.
« Euh... si tu veux, mais ça sort d'où?
– J'ai envie d'essayer avant qu'on retourne à Tokyo.
– Oh, ok. D'accord. »
Haru suça contre son pouls, faisant lâcher un léger gémissement à la fois de surprise mais aussi de plaisir à Sousuke; puis il se détacha de lui, avant de remonter sur la terre ferme. Mais ce ne fut pas sans ajouter :
« Et la prochaine fois, ignore-les. »
Il manqua s'étouffer dans l'eau, comprenant que son amant venait de lui faire un beau suçon, avant de s'écrier :
« Tu plaisantes! C'est toi qui l'as aidée sans sourciller!
– Et je pensais que tu viendrais t'interposer.
– Désolé de pas lire dans tes pensées comme Tachibana! »
Il fit légèrement la moue, mais finit par soupirer en s'éloignant, alors que Sousuke frottait sa nuque qui lui semblait soudain brûlante. Il le rattrapa en quelques enjambées, et tint à ce que Haru subisse la même chose, comme pour se venger.
Ils revinrent alors sur l'île principale, et reçurent quelques apostrophes de leurs nouvelles amies. Ils se contentèrent de les saluer silencieusement tout en rassemblant leurs affaires, se rhabillant, puis partant explorer l'île, car à en juger par leur visage, elles avaient vu l'état de leur nuque. Sousuke eut besoin de plusieurs minutes pour cesser de rougir.
Après être allés s'acheter en ville de quoi déjeuner, ils partirent faire le tour de la petite île, ayant aussi loué des masques et tubas. Ils suivirent les routes en terre sèche, puisqu'il n'y avait pas d'asphalte en ces lieux, et grimpèrent les falaises, s'approchant parfois de hauteurs qui leur donnèrent à nouveau envie de sauter. Malheureusement, le danger les fit se raviser, et ils se contentèrent de tranquillement descendre, utilisant parfois l'épaule de l'autre comme appui, jusqu'à arriver enfin à la hauteur de l'eau, enlever leurs chaussures, chemises et pantalons, puis enfiler leurs masques.
De nombreux crabes défilèrent entre leurs jambes, et si sur le coup Sousuke sursauta (image que Haru eut évidemment le temps d'immortaliser avec leur appareil équipé d'une protection waterproof), il s'y habitua rapidement et les observa sous l'eau avec les poissons, plongeant pour les suivre jusqu'à ce qu'ils se cachent dans des algues.
Il y avait quelques coraux, peu à cause des touristes qui devaient marcher dessus sans le savoir, et s'ils en avaient eu la possibilité ils seraient allés plus profond en espérant voir de meilleures choses, mais ils n'avaient actuellement pas le temps d'aller faire une plongée.
« Il y a de bien meilleurs coraux dans d'autres pays, le réconforta Haru, lorsqu'ils revinrent à la surface et se séchèrent avant de repartir. On pourra faire de vraies plongées et voir des endroits qui le méritent vraiment.
– Quand on en parle, on dirait vraiment qu'on va finir notre vie glandeurs qui ne font que voyager, rit-il doucement. Lorsqu'on va devoir retourner bosser, ça va être bizarre.
– On aura qu'à voyager et trouver de petits boulots là-bas. » se contenta-t-il de répondre. Sousuke sourit.
« Si je retrouve un boulot, c'en sera pas un qui me permettra de prendre souvent des vacances. » lui rappela-t-il gentiment.
Haru ne répondit pas tout de suite, plongé dans ses pensées. Mais il suivit malgré tout son sourire.
« On trouvera un moyen. »
Le soleil commençait à se coucher lorsqu'ils revinrent au ferry, et recroisèrent les filles de la mâtinée. Celles-ci les saluèrent de loin, visiblement un peu embarrassées, et après s'être échangé un regard, ils décidèrent d'aller quand même leur parler.
Ils leur montrèrent quelques photos de leur journée, ou du reste de leur voyage, et cela les passionna, tandis qu'elles leur posaient énormément de questions. Cependant, la plus petite tint à s'excuser d'avoir agi avec si peu de tact, sans imaginer qu'ils puissent être en couple. Sousuke leur fit comprendre que ce n'était pas la peine, et Haru dit :
« J'aimerais juste vous demander de ne pas en parler. Je ne veux pas que cela se sache. »
Elle rougit immédiatement, et, un peu gênée, murmura :
« Ah, vous êtes donc bien Nanase Haruka…
– Oui.
– Vraiment désolée, répéta-t-elle. Je n'étais pas sûre, mais sur le coup je me suis dit que l'occasion était trop belle... enfin, nous ne dirons rien, même si je ne pense pas que quiconque nous croirait, de toute manière. »
L'autre ne put alors s'empêcher de glisser en direction de Sousuke :
« Euh, et vous aussi vous êtes nageur pro...? »
La question le surprit, et il secoua immédiatement la tête.
« Oh, comment vous êtes-vous rencontrés alors? enchaîna-t-elle, moins mal à l'aise que son amie et réellement intéressée, bien qu'elle ajouta : Si ce n'est pas trop personnel évidemment. »
Il nia à nouveau, observant Haru en coin.
« On se connaît depuis longtemps, j'étais aussi dans la natation. Ami d'un ami, vous voyez le truc.
– C'est génial! Cela fait longtemps, du coup?
– Ah, erm, non, nia-t-il. Développement récent. »
Elle avait l'air prête à poser plus de questions, mais son amie intervint et la chicana, lui expliquant qu'elle était trop curieuse. Finalement, elles prirent alors congé, et se contentèrent de lancer :
« Ravies de vous avoir rencontrés! J'espère que tout se passera au mieux pour vous! »
Ils hochèrent la tête, Sousuke demeurant un peu désorienté, et Haru parfaitement stoïque. Le voyage retour fut plus silencieux que d'habitude, bien que leurs épaules ne tardèrent pas à se coller.
De retour sur terre, ils se rendirent à Naha pour dîner, tout en discutant de ce qu'ils feraient ensuite. Il faudrait quelques jours pour réserver un nouveau ferry, et puis il faudrait remonter jusqu'à Tokyo. Sousuke émit l'idée de laisser la voiture à Okinawa, surtout vu l'état de celle-ci, mais Haru refusa fermement.
« On est pas obligés d'aller directement à Tokyo. On peut passer par Shikoku, ça ira peut-être même plus vite.
– Ok, du coup on dit qu'en arrivant avec le ferry, on va direct jusqu'à Shikoku? On se sera bien reposés, on pourra conduire de nuit.
– Pas besoin, celui-là nous fera arriver à 8h30 à Kagoshima, répondit-il en observant le livret récapitulant les prix et horaires des ferrys. On pourra ensuite aller prendre le ferry pour Yawatahama, qui part de Beppu. C'est seulement trois heures, et il y en a régulièrement dans la journée.
– Pas d'objections. »
Haru remit le fascicule dans son sac, attaquant enfin ses sobas qui avaient refroidis. Puis après après dégluti sa première bouchée, osa demander :
« Tu comptes prévenir Rin de notre retour? »
Sousuke ne répondit pas immédiatement, car c'était bien la question qu'il se posait, lui aussi. Il n'y avait aucune raison de ne pas lui dire, à part peut-être pour lui faire la surprise. Peut-être aussi qu'il souhaitait repousser le moment où il devrait réellement lui faire face. En tout cas, actuellement, il n'en avait pas envie.
« Tu vas prévenir Tachibana, toi?
– Oui, il faut qu'il me donne les nouvelles clés.
– Oh... »
Après un temps, où le murmure de la pièce couvrit le vide dans leur discussion, Haru soupira :
« Tu n'es pas obligé de lui dire. Il sera heureux quoique tu décides.
– Mmh. Et si je le lui dis maintenant, il voudra encore m'héberger, mais je compte pas te laisser à nouveau seul dans ton appart alors... »
Haru ne crut pas une seconde à son excuse. Mais il le laissa faire, et Sousuke ne lui en fut que plus reconnaissant.
« De toute façon, tu es censé être mon garde du corps. C'est pour ça que mon agent te paie.
– Il a vraiment continué à me payer? fit-il, incertain.
– Évidemment. Il s'en fichait bien que l'on soit à Iwatobi ou à l'autre bout du Japon. Quand je lui ai envoyé un mail, il m'a dit qu'il t'avait embauché et qu'il irait jusqu'au bout de votre contrat.
– Il est vraiment bizarre, ce type, mais je vais pas me plaindre, surtout s'il agit comme ça par culpabilité d'avoir rien fait pendant des années... marmonna-t-il, car il avait quand même plus ou moins envoyé chier ceux-ci en partant sans crier gare, bien qu'ils le méritent.
– N'oublie pas que la moitié va toujours pour Japan Heart. » grommela-t-il, ce à quoi Sousuke hocha la tête, un peu exaspéré.
Ils finirent leur repas, puis repartirent tranquillement jusqu'à leur hôtel. Une fois arrivés, Haru l'attira avec lui dans la salle de bain, mais remplit cette fois la baignoire. Ils se retrouvèrent alors tous les deux à patauger dans la cuve profonde, le plus petit assis entre ses jambes malgré la taille du bain.
Il lui lava tranquillement les cheveux, trouvant cela un peu bizarre de le faire à l'occidentale, et de se dire qu'il se baignait dans leur crasse, mais la présence de l'autre homme dans ses bras en valait la peine. Surtout quand il avait sa nuque directement sous son nez, et pouvait l'embrasser à sa guise, puis se délecter des frissons qu'il déclenchait.
Cependant, Haru finit par se retourner, ses genoux d'un côté et de l'autre de ses hanches, et joignit ses lèvres aux siennes. Puis il murmura :
« Tu te souviens de ce que je t'ai demandé ce matin...? »
Sousuke s'esclaffa, le souffle un peu court.
« J'aurais du mal à oublier ça. »
Ils sortirent alors de l'eau, se séchèrent sommairement et oublièrent leurs habits pour directement aller rejoindre leur lit, et laisser leurs mains caresser la peau de l'autre. Mais si, d'ordinaire, ils inversaient librement leur position durant les préliminaires, Haru ne se laissa pas descendre de son perchoir, cette fois-ci, une main fermement accrochée à son épaule.
La bouteille de lubrifiant qu'avait achetée Sousuke et qui était déjà presque vide atterrit dans la main du plus petit, qui descendit en même temps que ses paumes le long du corps de son amant, qui ferma les yeux, se préparant à la nouvelle expérience. Il n'avait pas peur, peut-être un peu d'appréhension impossible à secouer après ses essais passés, mais tenta au maximum de se concentrer sur la sensation des lèvres contre son érection, et de la langue glissant à l'arrière de ses cuisses.
Mais il lâcha un vrai cri de surprise lorsque la bouche alla à un endroit qu'aucune bouche n'avait jamais approchée. Et il allait dire quelque chose, lorsque ses mots moururent sur sa langue, remplacés par un long gémissement.
Il ne put détacher ses yeux de ce qu'il voyait, de Haru les paupières fermées, les joues rouges, tandis que sa langue rose sortait pour mieux entrer en lui et le faire trembler. Incapable de parler face aux sensations trop puissantes, limite douloureuses tant son bas-ventre se serrait, il put seulement haleter, la tête sur l'oreiller, ne cessant de se forcer à la redresser pour continuer de voir ce qu'il faisait.
Il sentit un doigt se joindre à la langue, et se crispa automatiquement, ayant cependant assez de temps pour se faire à l'intrusion pour que ce ne soit pas désagréable. Il hocha alors la tête en direction de son ami pour le pousser à continuer, et celui-ci embrassa la peau sensible de la base de son sexe, avant de retourner plus bas.
Il fut surpris en se rendant compte qu'un second doigt avait été inséré et qu'il ne s'en était même pas rendu compte. Et encore plus lorsqu'il sentit ceux-ci faire de nouveaux mouvements en lui, et qu'il se dit qu'il n'avait jamais ressenti ce genre de choses les fois précédentes.
Peut-être que c'était Haru. Peut-être que c'était la confiance. Peut-être que c'était plus que cela. Mais il en retomba sur le dos, abandonnant l'idée d'admirer la scène; l'esprit enfumé, la bouche entrouverte, alors que son amant lâchait un lourd soupir appréciateur qui enclencha un frisson qui remonta toute sa colonne vertébrale.
Lorsque Haru détacha enfin son visage de lui, il poussa un grognement en apercevant ses lèvres roses, humides, et ses pupilles dilatées. Il s'essuya rapidement le visage, et Sousuke l'attira contre lui, se fichant d'où avait été sa langue. La seule chose qu'il voulait, c'était tenir contre lui cet homme qui le faisait se sentir complet, c'était le laisser faire ce qu'il voulait de lui, tout pour qu'il puisse encore le toucher, l'embrasser, le voir sourire, le voir nager, avoir les yeux brillants face à de nouveaux paysages, ou quand ils croisaient les siens.
Son cœur battait tellement fort, lorsqu'il sentit Haru le pénétrer, ses oreilles sifflèrent presque sous l'intensité, alors que la chaleur le recouvrait, et que l'ivresse s'emparait à nouveau de lui. Mais il voyait tout clairement. Il entendait tout, le son humide de leur étreinte, le froissement des draps, les expirations de son partenaire, les vagues au loin.
Il crispa ses mains sur les omoplates du plus petit quand il commença à aller et venir, et que la chaleur dans son ventre sembla exploser. Les paupières closes, il se laissa aller à la brûlure liquide qui se répandait sous sa peau, alors que sa gorge ne retenait aucun son, qu'il sentait le coin de ses yeux s'humidifier, et que les pupilles bleues ne le lâchaient pas.
Des lèvres se collèrent contre son cou, contre sa poitrine, et il gémit encore, lâchant le prénom de son amant entre deux inspirations. Ses muscles se tendirent, alors qu'il émettait un long râle, Haru martelant l'endroit en lui qui lui faisait perdre la tête.
Alors qu'il était sur le point de venir, avec l'impression qu'il s'effondrerait juste ensuite, il lui murmura qu'il l'aimait. Et le chuchotement qui suivit suffit à le faire basculer, et lâcher un vrai cri.
Ils ne bougèrent pas, son amant encore en lui, reprenant sa respiration alors que Sousuke se sentait capable de s'endormir dans la seconde. Mais il eut malgré tout assez de conscience pour répondre lorsque l'autre l'embrassa, avant d'enfin se décaler pour se coucher à côté de lui. Lorsqu'il lui demanda s'il allait bien il hocha la tête, n'ayant pas la force de parler, les lèvres molles.
Avant de fermer les yeux, il vit le sourire en coin de son ami, les paupières lui aussi demi-closes. Puis il entendit à nouveau, comme un écho alors qu'il sombrait, les mots qui s'étaient échappés de Haru quelques minutes plus tôt.
Moi aussi.
À suivre...
Tonight
I'm gonna have myself a real good time
I feel alive
And the world is turning inside out
I'm floating around in ecstasy
So don't stop me now
Don't stop me
'Cause I'm having a good time
Having a good time
Sachez que je n'ai pas pu écrire le chapitre en écoutant cette chanson. Car celle-ci me met dans un état qui me rend incapable de faire autre chose que de monter le son à fond, chanter en même temps, faire du air-guitar; bref : kiffer à fond, et absolument pas écrire.
Oui. Queen est mon groupe préféré, et Don't Stop Me Now ma chanson favorite de tous les temps après Father & Son de Cat Stevens, qui est elle aussi citée dans le chap.
(ah, et, oui, j'ai bel et bien été chercher les horaires exacts des ferrys au Japon, pour chacun de leurs trajets. Cherchez pas, ça m'amuse.)
