CHAPITRE X

Alec ne put retenir un léger sourire en voyant son coup envoyer la boule numéro neuf directement dans l'une des poches de la table. Il n'avait pas joué au billard depuis des années, mais il était fier de constater qu'il n'avait pas perdu la main. Il fit frotter la craie sur le procédé de sa queue et se décala pour avoir un meilleur aperçu de la disposition des billes restantes sur le tissu.

- Si j'avais su que tu maîtrisais aussi bien ce bâton que ton arc, j'aurais peut-être proposé un jeu de cartes à la place, plaisanta Jace.

- Quelqu'un m'a dit un jour : si tu ne trouves pas celui que l'on malmène au billard, c'est que ça doit être toi, lâcha Alec en souriant.

Le blond releva vivement la tête en entendant les paroles de son frère. Il avait parfaitement conscience de ce qu'elles signifiaient. Alec les lui avait rapportées le lendemain de son premier rencard avec Magnus, alors que Jace l'avait cuisiné pour connaître chaque détail de leur soirée. Cette phrase était celle du sorcier. Et Alec venait de la lancer, sans se rendre compte de ce que cela voulait dire.

- Qui t'a dit ça ? tenta-t-il de savoir.

Il vit son parabatai se redresser, les yeux perdus dans le vide et les sourcils froncés. Il parut réfléchir quelques secondes avant de hausser les épaules.

- Aucune idée, répondit-il simplement. Je ne m'en souviens plus.

De ça et de tellement d'autres choses, pensa Jace.

Cela faisait plus de deux heures qu'ils étaient au Hunter's Moon. Il avait proposé ce billard à Alec dans l'idée de le détendre un peu avant tout, et de retrouver un semblant de complicité, comme il n'en avait plus depuis des semaines. Et cela faisait du bien. D'être à nouveau ensemble. Mais il était temps d'aborder les choses sérieuses, désormais.

- Alors ? commença-t-il. Et si tu me disais ce qui ne va pas ?

- Comment ça ? C'est TOI qui voulait qu'on discute.

- Parce que TU as quelque chose à me dire, non ?

Alec eut le feu aux joues et baissa la tête comme un enfant pris en train de faire une bêtise.

- Tu sais peut-être quand je mens, mais moi, je sais lorsque quelque chose te tracasse, poursuivit Jace.

- Ça t'intéresse, maintenant ? Tu n'as pas eu tant l'air de te soucier de mes émotions ces derniers temps.

Alec eut conscience d'avoir été loin en disant cela, mais c'était ce qu'il ressentait. Son parabatai lui manquait, certes, mais il l'avait ignoré, voire évité, des jours durant et Jace ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il fasse comme si de rien n'était, simplement après avoir partagé une partie de billard.

- Je le sais. Je n'ai pas été présent pour toi. Et crois bien que j'en suis désolé. J'ai agi comme un idiot et j'espère sincèrement qu'un jour, je saurais comment t'expliquer mon comportement. J'avais mes raisons, mais elles n'étaient pas forcément justifiées. Je te prie de me pardonner. Je sais que tu en as souffert.

Alec comprit qu'il n'obtiendrait rien de plus. Si Jace avait voulu lui en dire davantage, il n'aurait pas attendu qu'il le lui demande. Et sur le coup, ces excuses étaient bien plus que ce à quoi Alec s'attendait pour ce soir.

Il se contenta de hausser les épaules et fit mine de se reconcentrer sur le jeu.

- Mais m'être éloigné ne signifie pas que je n'ai pas ressenti ton mal être de ces derniers jours, reprit le blond. Quelque chose ne va pas, je le sais. Un quelque chose du nom de Magnus Bane.

Alec se figea et releva brusquement la tête, les joues d'autant plus rouges. S'il pensait nier comme il l'avait fait auprès de Noah, c'était raté.

- Comment est-ce que tu … ?

- Je suis ton parabatai. Et j'ai entendu ta dispute avec Noah, avoua Jace.

Le brun jura entre ses dents. Cette querelle n'aurait jamais dû avoir lieu. Il n'aurait jamais dû embrasser Magnus. La logique aurait voulu qu'il le repousse à l'instant même où le sorcier avait posé ses lèvres sur les siennes. Mais la logique était aussi faible qu'une brume face aux flammes de désir qui lui avait embrasé le creux des reins.

- Parle-moi, Alec. Tu ne dois pas garder ça pour toi.

- Qu'est-ce que ça changerait de toute façon ? finit par soupirer ce dernier. J'ai l'impression de n'avoir aucun contrôle sur ce qu'il se passe autour de moi, et ça me rend dingue. Je ne maîtrise plus mes propres émotions. Je me laisse aveuglément guider par une envie physique, au détriment de l'amour que je ressens pour mon petit ami, depuis cinq mois.

Alec dut reconnaître que poser des mots sur ces tracas, l'apaisait un peu. Ce sentiment de trop-plein, de suffocation, s'allégea et il reprit doucement :

- À moins que tu n'aies un moyen de revenir dans le passé, je doute que tu puisses faire quoi que ce soit.

Oh par l'Ange, si seulement tu savais, Alec … pensa Jace. Qu'est-ce que je ne ferais pas pour revenir dans le passé ? Avant l'arrivée de Lilith, avant ma possession, avant le départ de Magnus, avant ta dépression, avant ton amnésie …

Jace aurait lui aussi aimé pouvoir se soulager en exprimant ses pensées à voix haute, mais elles ne concordaient pas avec ce qu'Alec avait voulu dire. Il souhaitait revenir quelques semaines en arrière seulement. À une époque où il ne connaissait pas Magnus, où l'avenir de sa vie amoureuse était tout tracé.

- Non, mais je peux te payer un verre, plaisanta Jace. Je suis presque sûr que cela peut résoudre tous les problèmes.

Et te faire parler.

Le jeune Herondale ne pourrait pas aider son parabatai s'il ne se confiait pas. Et un Alec contrarié, frustré et perturbé, n'était pas le plus bavard des quelques personnalités que nous pouvions lui attribuer. L'alcool, nectar du démon et remède à toute introversion, allait sûrement pouvoir aider.

- Bon sang, si tu savais, Jace, geint Alec, la tête entre ses mains. Il embrasse comme un dieu, j'en ai eu des vertiges incroyables.

Son locuteur se serait bien passé de ce genre de détails mais son frère semblait bien parti pour passer aux aveux et se laisser aller à la confession. Une chance qu'il n'ait aucune tenue. Deux mojitos bien chargés avaient suffi à le désinhiber.

- Il a une bouche, mon dieu … continua-t-il. Et des mains. Tu les as vues ? Elles ont l'air tellement …

- Ça va, je crois que j'ai compris, l'interrompit Jace en retirant doucement le cocktail de sous le nez d'Alec.

- J'ai essayé d'arrêter, lui assura ce dernier en agrippant le bras de son parabatai, le regard vitreux. Je te jure, j'ai vraiment essayé. Mais cet homme, je ne parviens pas à m'en défaire. Il m'imprègne jusque dans mes rêves. Est-ce que tu as la moindre idée d'à quel point c'est dur de coucher avec son copain lorsque tu viens d'avoir le meilleur fantasme de ta vie avec un autre ?

Alec avait sans doute parlé un peu trop fort car la pauvre Maia tourna la tête depuis l'extrémité opposé du bar. Jace lui fit signe qu'il contrôlait la situation. Du moins, il l'espérait. Il ne voulait pas que son frère crée de scandale en allant crier ses désirs pour un sorcier, au beau milieu du Hunter's Moon.

Alec tenta de récupérer son verre entre deux hoquets, mais son bras retomba mollement sur le bois du comptoir, ne faisant qu'accentuer son air désespéré.

- Je ne suis qu'un salopard, lâcha-t-il.

- Ne dis pas ça.

- Non, c'est la vérité. Je ne suis pas fichu de trouver un équilibre dans une situation plus que compliquée. Moi, le leader de l'Institut de New York, je suis incapable de mettre de l'ordre dans ma vie personnelle. Et Noah en pâtit. Magnus en pâtit. Et ça me tue de les faire souffrir.

- Tu souffres aussi, lui dit Jace.

Tu ne sais juste pas à quel point.

- Je n'en ai pas le droit. Pas alors que Noah fait tout pour me plaire et ne s'en retrouve récompensé que par mon éloignement. Pas alors que Magnus s'est retiré du tableau de lui-même pour respecter ma vie, alors que je ne cesse de le provoquer.

Le brun soupira un mélange d'exaspération et de fatigue, les yeux brillants.

- Tout est de ma faute.

L'intéressé eut le cœur brisé en voyant son frère dans un tel état de détresse. À se culpabiliser pour ressentir des choses qui n'avaient rien de nouveau, même si c'était ce qu'il croyait. Ses sentiments pour Magnus n'avaient jamais disparu, ils n'avaient fait que se terrer dans un coin de son cœur, dans l'attente d'un moment opportun pour ressurgir et empiéter sur ceux qu'Alec avait développé pour Noah.

Alec souffrait d'un dégoût pour lui-même qui n'était pas justifié. Et Jace en était en partie responsable.

Ce dernier déposa une main sur l'épaule de son parabatai et s'efforça de sourire avant de lui répondre.

- Non. Non, ce n'est pas toi. C'est toute cette situation qui est déstabilisante. Je sais ce que tu ressens. J'ai vécu la même chose lorsque Clary est entrée dans ma vie.

Ses doigts se mirent à trembler tandis qu'il se rappelait ces mots qu'Alec lui avait dit lors de son « enterrement de vie de garçon », quelques heures avant que Magnus ne débarque devant l'autel, déterminé à faire réagir l'homme qui deviendrait l'amour de sa vie. Il reprit ces paroles à la fois si vraies et si dures à entendre.

- Tu t'es projeté dans l'avenir. Tu savais ce que l'on attendait de toi, quelles étaient tes responsabilités et tu t'es dit que si tu suivais les règles, tout se passerait bien. Mais une personne a débarqué dans ta vie et t'as complètement dévié du chemin que tu suivais. Et là, tu …

- On est des chasseurs d'ombres, l'interrompit Alec. Quand on perd nos objectifs de vue, il faut se ressaisir. Retrouver le chemin de la raison. C'est tout.

- Et être honnête envers soi-même, c'est important aussi, non ?

Alec passa une main furtive dans ses cheveux, à bout de nerfs.

- Je ne veux pas être ce genre de personne, Jace. Je refuse d'être ce sale type qui vit avec un homme, mais ne peut s'empêcher de penser à un autre. Je veux pouvoir me regarder à nouveau dans le miroir.

L'alcool aidant, les yeux du directeur d'Institut se remplir de larmes qui refusèrent de couler.

- J'ai besoin que cela s'arrête. Je veux que tout redevienne comme avant.

Ce souhait résonna comme une supplication, et Jace s'en voulut terriblement de ne pas être en mesure de l'exaucer. De le ramener à cette époque où il ne l'avait jamais vu plus heureux et souriant, rien qu'en sachant Magnus dans vie.

Mais c'était impossible.

Jace ne sut quoi lui répondre et se contenta de raffermir sa poigne autour de son épaule.

- Je vais régler nos consommations. Je reviens.

Il fut soulagé de s'éloigner un peu et ravala sa douleur avec difficulté.

- Non, pas que ça m'intéresse, mais tu es sûr que ça va ? lui demanda Maia en arrivant en caisse.

- Mon meilleur ami souffre à cause de moi et je ne peux rien faire pour l'aider. Alors non, rien ne va.

La jeune louve baissa la tête, attristée. Elle avait parfaitement conscience de la situation. Simon la lui avait rapportée.

- Le retour de Magnus l'a complètement bouleversé, ajouta Jace.

- Mais il ignore pour quelle raison, c'est ça ?

- C'est ça.

- Qu'est-ce que tu comptes faire, alors ?

- Pour le moment, le promener dans New York jusqu'à ce qu'il décuve, avant de le ramener à l'Institut.

- Il était censé prendre de l'avance ?

Jace fronça les sourcils et comprit une demi-seconde plus tard. Il tourna vivement la tête pour retrouver le tabouret sur lequel siégeait Alec quelques minutes plus tôt, complètement vide. Tout comme le verre de mojito qu'il lui avait retiré.

- Et merde.

...

Les yeux de Magnus étaient perdus dans les buildings illuminés de Brooklyn. Accoudé à son balcon, il repassait inlassablement ses doigts sur ses lèvres. Il avait réussi à tenir plusieurs semaines en présence d'Alec sans céder à l'envie de l'embrasser, et maintenant que c'était fait, il ne pouvait plus passer une seule minute sans vouloir recommencer.

Il enfouit ses ongles dans son cuir chevelu, dans l'espoir d'interrompre le flux ininterrompu de pensées qui lui assaillait le crâne. En vain.

Le sorcier était incapable de réfléchir à autre chose qu'à ce court moment de bonheur qu'ils avaient partagé. Aux papillons agités qu'il avait ressenti au creux de son ventre, à la chaleur intense qui lui avait parcouru l'entièreté du corps, jusqu'au bout de ses oreilles et le frisson d'excitation qui lui avait traversé la colonne vertébrale.

Puis la déception. Celle d'avoir dû stopper Alexander dans son élan, d'avoir vu le regret dans ses yeux et d'avoir été incapable de le retenir alors qu'il fuyait l'appartement.

Magnus avait définitivement tout perdu. Jamais plus il ne serait en mesure de se tenir dans la même pièce qu'Alec, ni ne pourrait l'approcher, et encore moins …

TOC. TOC. TOC.

Le sorcier sursauta en entendant les fortes frappes portées à sa porte. Il était près de vingt-trois heures. Qui pouvait bien avoir idée de débarquer chez lui à un stade aussi avancé de la soirée ?

- Magnus ! Ouvre-moi !

Il se figea en entendant la voix d'Alexander.

Qu'est-ce qu'il fiche ici ?

- Rentre chez toi, lança Magnus vers la porte.

Mais un Alec amnésique n'en restait pas moins un Alec déterminé et têtu, alors il continua de cogner, jusqu'à ce que l'asiatique en est la migraine.

- Laisse-moi ! finit-il par lâcher.

- Je veux juste parler !

Magnus soupira, prêt à lui dire de lui ficher la paix mais il n'en eut ni l'envie, ni le courage. Il rêvait de cette discussion quelques heures plus tôt et il la voulait encore, malgré la réaction fuyarde qu'Alexander avait eue. S'il l'envoyait balader à son tour, peut-être qu'il n'aurait plus aucune chance de s'expliquer avec lui.

Ce fut sur cette pensée qu'il imaginait sage et réfléchie, sur le moment, qu'il s'en alla ouvrir la porte. Il comprit de suite son erreur en découvrant Alexander, les cheveux en batailles, les yeux fatigués et les joues rougis. Il avait la parfaite allure du type sortant fraîchement du bar et encore alcoolisé.

Et ce satané Alexander Gideon Lightwood n'en restait pas moins des plus désirables.

Il n'eut pas le temps de s'en soucier que déjà les lèvres du chasseur se raccrochaient aux siennes comme deux aimants impossibles à séparer. La maladresse et le déséquilibre causés par l'ivresse d'Alec ne l'empêchèrent pas d'embrasser avec maîtrise et de parvenir à repousser Magnus sur le canapé du salon, avant de grimper à califourchon sur ses genoux.

- Alexander, parvint à lâcher le sorcier alors que la bouche dévorante du jeune homme se déplaçait sur sa mâchoire. Tu as dit que tu voulais juste parler !

- Tu ne m'aurais jamais laissé entrer sinon.

Il l'embrassa à nouveau et Magnus put sentir le goût significatif du rhum sur sa langue. Alec était définitivement saoul, excité et loin de réaliser ce qu'il faisait et les conséquences que cela aurait.

Magnus perdit la tête, autant que s'il avait lui-même été ivre en sentant les hanches du chasseur se mouvoir contre les siennes, avec langueur et précision, causant la plus délicieuse des frictions.

Cet homme va finir par me tuer !

- J'ai envie de toi, murmura Alec contre sa bouche.

Le sorcier fut incapable de dire comment il put résister, mais il parvint à amener ses mains tremblantes sur les hanches de son ancien partenaire pour l'immobiliser.

- Alexander, arrête ! Tu es complètement saoul !

- Même sobre, je ne rêverais que de t'arracher tes fringues, lâcha-t-il en s'attelant au déboutonnage de la chemise de Magnus.

- Là n'est pas la question ! répliqua ce dernier en agrippant ses mains.

Le ton froid et autoritaire de l'asiatique surprirent le directeur qui cessa de se presser. Il plongea ses yeux clairs dans ceux mordorés de Magnus.

- Tu n'en as pas envie ?

- Pas maintenant ! Pas ici ! Et certainement pas comme ça !

Le regard d'Alec se brouilla d'eau autant que son esprit l'était par l'alcool.

- Je t'en prie, Magnus …

Le sorcier ne s'attendait pas à une telle réaction. Le chasseur ne lui avait jamais paru aussi vulnérable et attristé. Alexander s'accrochait à son cou comme s'il était la seule parcelle de lumière restante dans le néant.

- Alexander …

- S'il te plaît. Je n'y arrive plus. Je ne peux pas faire comme si tout allait bien. Je ne supporte plus de mentir à mon copain, de nier le fait que je t'ai dans la peau. Je n'arrête pas de penser à toi depuis des semaines.

Il passa son pouce sur la bouche de Magnus comme s'il s'agissait de la huitième merveille du monde.

- Accorde-moi une nuit. Rien qu'une, le pria-t-il.

- Mais je ne …

- Une nuit avec toi et tout redeviendra normal. La frustration, les rêves, l'envie, tout s'arrêtera. Le seul moyen de se débarrasser d'une tentation, c'est d'y céder, non ?

Magnus fut bouleversé par l'émotion contenue dans la voix de son ancien amant. Alexander était à bout. Cette situation le rendait dingue et il ne cherchait qu'une façon d'arranger les choses. De manière naïve et alcoolisée, mais l'intention était là. Il ne voulait que redevenir cet Alec qui avait le contrôle sur sa vie amoureuse et professionnelle. Sans Magnus dans l'équation.

Le sorcier essuya la larme orpheline qui roula le long de la joue d'Alexander. Et dans un geste purement égoïste, il s'avança pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

Rien qu'un dernier. J'accepterais le châtiment qui s'en accompagne. Mais j'en ai terriblement besoin.

- Tu es épuisé, dit Magnus en se détachant de lui. Je ferais mieux d'appeler Jace.

- Non. Pas Jace. Ni Isabelle, ni personne. Je ne veux pas qu'on me voit dans un état aussi pitoyable.

Comment Magnus aurait-il pu résister à une telle demande ? Il était fou amoureux et l'homme qu'il aimait lui réclamer son aide et sa compassion.

- Je vais t'installer dans mon lit. J'irai dormir sur le canapé.

Alexander en était arrivé à un stade de fatigue bien trop avancé pour le contredire. Il hocha la tête et suivit le sorcier jusqu'à cette chambre qui fut la leur pendant un temps. Il se glissa dans les draps en soie rouge et ferma presque immédiatement les yeux.

Magnus caressa légèrement ses cheveux ébènes, appréciant la beauté de cet ange à nouveau étendu sur son matelas.

Il entendit ce léger et adorable ronflement, sujet à la taquinerie lorsqu'ils étaient encore ensemble. Alors il choisit de s'éclipser avant d'être le prochain à craquer.

Mais arrivé dans l'encadrement de la porte de la chambre, il entendit Alec marmonner :

- Pourquoi tu es parti, Magnus … ? Pourquoi tu m'as laissé … ?

- Quoi ?

Mais il n'obtint qu'un petit ronflement en guise de réponse.

À suivre …