Un grand merci pour les reviews et encouragements en tous genres et bonne année !

Note : Retour sur le POV Naruto et surtout : ce chapitre comporte une scène de sexe. Ceci dit, la première moitié du chapitre est lisible par tous.

Bonne lecture !


CHAPITRE DIX

Endormi la tête sur mes genoux, Sasuke respire lentement, allongé sur un côté, les yeux encore rougis et le visage un peu tuméfié. Il a reposé sa main contre son flanc, contre cette cicatrice trop fraîche et trop profonde et a fini par céder à l'épuisement.

Durant son récit, je me suis retenu de venir vers lui, craignant qu'il ne puisse pas continuer s'il me sentait trop présent. Alors, j'ai écouté et attendu, et ne me suis levé pour le rejoindre que lorsqu'il a eu terminé et s'est tourné enfin vers moi chercher mon regard. Je l'ai pris dans mes bras et il s'est relâché, se déversant doucement en de chaudes larmes contre ma poitrine, comme un môme et, cela peut sembler curieux, mais je m'en suis senti soulagé. Parler, pleurer, c'est tellement normal. Ça signifie qu'il est bien là, qu'il ressent et qu'il vit et que le temps ne s'est pas arrêté, et je préfère le voir ainsi qu'avec cette indifférence absente qu'il a gardée si longtemps.

Je caresse ses cheveux, glissant mes doigts dans leur matière douce.

En tout cas, s'il y a peu encore je me foutais royalement de ce qui pouvait advenir de moi, ayant déjà accepté la mort comme une évidence qui viendrait me prendre à un moment donné ou un autre, quand ça lui pèterait l'envie et puis voilà, maintenant je ne le vois plus du tout de la même manière. Pour la première fois depuis trop d'années, pour lui, je me sens le devoir de survivre et de continuer à avancer.

Je n'aurais plus pensé avoir de tels sentiments.

Calmement, je laisse courir mes doigts sur son visage, son nez, son front, repoussant quelques cheveux bruns derrière son oreille, me perdant dans la contemplation de ses traits délicats, vulnérables et me promettant intérieurement de ne plus laisser quiconque lui faire du mal, jamais, lui y compris.

Dans l'ébauche d'un sourire, il murmure mon nom et se resserre contre ma cuisse.

Je chuchote :

- Je t'ai réveillé ?

- Hmmm... Oui.

- Désolé.

Il ouvre les yeux lentement, une expression de douceur prenant place sur son visage.

- Ce n'est pas grave. Je me sens bien... Mieux... Je suis content de t'avoir parlé.

S'étirant alors un peu pour se tourner sur le dos, la tête toujours posée sur mes genoux, il referme ses paupières, son sourire apaisé toujours présent. Je relève les mèches qui se sont nichées dans ses yeux et effleure son front, doucement, tendrement.

Au bout d'un moment, il me demande :

- Je ne te dégoûte pas ?

- De quoi ?

- Tu sais, ce que j'ai fait. Tout. Jusqu'à les laisser crever là bas.

- Non. Je m'en veux juste de ne pas avoir été là... Et puis, tu crois vraiment qu'il y a quoi que ce soit que je ne pourrais pas te pardonner ? Tu as déjà failli me tuer, tu t'en souviens ?

Il pince ses lèvres dans une expression douloureuse.

- T'es bête. Je ne mérite pas que tu sois comme ça avec moi.

- Ne dis pas n'importe quoi.

Je le câline encore avant de lui poser la question qui me démange depuis un certain moment maintenant.

- Sasuke, euh... Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? Je veux dire : pour Itachi ?

- Rien.

- ...

- C'est mon frère. Il est ma seule famille.

- D'accord. Je comprends.

Je me passe une main sur le visage et enfonce les doigts dans mes cheveux pour les perdre sur ma nuque, puis redescends mes yeux sur lui, restant un peu songeur devant la difficile résolution qu'il a décidé de prendre et ses possibles répercussions sur l'avenir...

Depuis la fenêtre, une agréable chaleur se diffuse toujours même si le soleil a commencé à baisser et je distingue au delà de l'agitation de la rue les bavardages du petit vieux, d'un volume criard et complètement disproportionné parce qu'il est sourd comme un pot et fait partager du coup à tout le voisinage les détails de ses conversations. Avec lui, une autre voix familière s'élève à son niveau sonore.

Mince... Je repose doucement le crâne de Sasuke sur le matelas et me lève pour jeter un œil. Partie dans une discussion polie avec le pépé, une jeune fille à la chevelure rose et à la tenue légère, parce que le mini morceau de tissu censé être une jupe qu'elle porte sur les hanches m'a l'air de raccourcir tous les jours, tient fermement le bras de sa blondinette de copine, nombril à l'air et sac de provisions à la main pour cette dernière. M'apercevant, elles encadrent leurs bouches de leurs deux mains pour me crier :

- On monte !

Ha ha, super...

- Ok !

Je me retourne et lance un regard désolé à Sasuke et il me répond par un sourire complice. Rapidement, les deux excitées frappent une seconde à la porte avant de débouler devant nous dans une déferlante de rires et de braillements.

- Non mais regardez-moi ces deux loutres, là ! C'est le petit entraînement de tout à l'heure qui vous a crevé autant ? Petites natures...

Et elles commencent à s'installer, Ino se posant lourdement sur une chaise et Sakura s'affalant sur le lit à côté de Sasuke et, s'il est évident qu'elles n'ont pas pu ignorer la façon dont le visage de ce dernier est marqué et peut-être aussi une certaine fatigue sur le mien, elles font comme si de rien n'était et s'appliquent à raconter des bêtises pour détendre l'atmosphère et nous faire rire.

De la rue, s'élève la voix fripée du papi.

- Oh, mais c'est monsieur Hatake. Vous venez voir le gamin, vous aussi !

Mais... ils se sont donnés rendez-vous en plus, ou quoi ? J'y crois pas... et le gros « wouf » que j'entends derrière ne me dit rien qui vaille. Je lève un sourcil vers les filles qui me confirment ce que j'ai cru comprendre d'un sourire et découvre en me penchant par la fenêtre Kakashi Sensei et Genma en train de blaguer avec Kiba et son énorme molosse, juste en dessous de chez nous. Mon Sensei m'adresse un signe de la main avant de se ramener par la fenêtre dans un « yo les jeunes ».

C'est le débarquement en masse. Kiba franchit la porte en saluant tout le monde à la volée tandis qu'Akamaru me saute direct au cou pour me faire partager son haleine de bouffe pas fraîche dans un câlin bavouilleux... oui... moi aussi je t'aime... Quant à Kakashi, il fait un petit sourire de derrière son masque avant de sortir d'un ton léger une de ses allusions à deux balles.

- Hum... On ne vous dérange pas trop dans vos activités, au moins ?

Ça me fait toujours halluciner cette façon qu'il a de charger d'autant de sous-entendus ce qui pourrait sans ça être une phrase tout à fait anodine.

Sasuke répond avec un petit sourire, tandis que je repousse le mastodonte à papattes en implorant son maître pour qu'il s'en occupe.

- Non, ne vous inquiétez pas.

Je complète d'un ton ironique.

- Et puis ne vous gênez pas surtout... des fois qu'on aurait voulu être tranquille, on ne sait jamais...

Puis, après avoir jeté un coup d'œil au contenu du sac qu'ont ramené les filles, je porte à ma bouche un appétissant morceau de viande fraîchement grillée que je viens de retirer de son emballage. Ino me donne une tape sur la main.

- Pas touche ! Chacun son tour. On dirait Chôji, là.

Je me lèche les doigts en rigolant tandis que Sakura passe une main sur le front de Sasuke et je devine qu'elle lui diffuse de son chakra, parce qu'il ferme les yeux et semble s'apaiser.

- Euh... Ne vas pas trop le tripoter quand même.

Plusieurs éclatent de rire. Oh là... J'aurais mieux fait de me la fermer parce que même Sasuke relève un sourcil en me demandant d'un air amusé :

- Tu serais jaloux ?

Je lève les yeux au ciel.

- N'importe quoi. Je préviens, c'est tout.

Et vas-y qu'ils me reluquent avec un sourire niais collé sur leurs figures, tout en se bâfrant et picolant, Akamaru manquant de démolir le lit en sautant de toute sa masse sur Sasuke et renversant régulièrement des petits objets en remuant de sa queue... mais qu'il est gros ce clebs..., sans parler du petit vieux qu'on entend brailler depuis la rue.

La vérité, je le sais, c'est qu'ils sont tous trop contents de nous avoir vus tous les deux comme ça aujourd'hui et qu'ils ont voulu venir le partager avec nous, et le regard que me lance Sasuke me confirme qu'il l'a également compris.

Ceci dit, j'ai quand-même la vague impression que tout ce petit monde a une envie très nette de se payer ma tête, je ne sais pas pourquoi, un petit quelque-chose qui me dit que la journée n'est pas finie et que ça va être encore ma fête. Ça commence par Genma qui nous traite de dingues en ouvrant deux billes bien rondes sur l'état dans lequel est la poubelle et les traces noircies au plafond, puis Sakura propose un massage à Sasuke tout en plissant sur moi des petits yeux de traîtresse. Ensuite, petit à petit, les conversations se mettent à tourner à qui aura l'histoire la plus marrante à raconter sur les autres et, si je me prends au jeu en détaillant comment j'ai un jour surpris ma douce et frêle ancienne coéquipière en train de se peloter grassement avec son ex-meilleure amie, je me prends ensuite un retour de bâton phénoménal parce que tout le monde en a une trop bonne à raconter sur mon compte et que c'est apparemment beaucoup plus rigolo. Il n'y a pas de justice. On a donc droit au récit amplifié, majoré, voire même magnifié dans un sens de tout ce que j'ai pu faire ces dernières années et, lorsque je tente de contre-attaquer, je ne sais pas comment ils font pour retourner la situation mais tout me retombe sur le coin de la tronche, le tout devant un Sasuke qui en redemande, se marrant doucement la tête enfouie dans ses avant-bras.

Au secours...

Au bout d'un moment, je viens crier pitié auprès de lui en posant mon front sur le matelas et en soupirant un « j'en ai marre... » plaintif. Il caresse alors mon visage avec tellement de tendresse qu'il me semble que le temps s'arrête... et que seuls son regard et sa main posés pour moi ont la moindre importance en cet instant...

Un raclement de gorge nous ramène à la réalité.

- Euh... Bon c'est pas tout, ça, mais on avait pas un rendez-vous, là ?

Sourire en coin et regard pétillant, les autres se décident enfin à nous laisser tranquille, prétextant des excuses bidons de réunions ou autres nécessités urgentes de repartir. Passant une dernière fois sa tête par l'encadrement de la porte, Kakashi Sensei nous adresse un dernier « soyez sages ! » doucereusement graveleux, avant de se barrer dans un clignement amusé des yeux.

Le silence se fait dans la pièce et je m'appuie sur la porte pour la maintenir fermée pendant que Sasuke repousse précipitamment les battants de la fenêtre sur le tumulte de la rue et les moqueries que se remettent à échanger les autres avec papi-dur-de-la-feuille. Ne subsiste plus alors de leur passage que des traces de pattes, un bazar sans nom et quelques tranches de viande sur la table.

Sasuke se laisse retomber sur le lit dans un soupir. Je me retourne vers lui.

- Content d'avoir fait du ménage ?

Un sourire vient s'inscrire sur son visage et nos regards se croisent, se perdent un peu l'un dans l'autre... Allongé sur le dos, il semble se noyer dans mes yeux et ses iris profonds reflètent comme un air de bonheur.

Parti un peu dans ses réflexions, il me dit :

- Alors, tout le monde est passé en classe supérieure, maintenant, Sakura en médecin-chef à l'hôpital, Kakashi, Genma et Ino dans les équipes régulières de jounins, et toi et Kiba dans l'ANBU. J'ai l'impression d'être parti tellement longtemps. Et puis, tu t'es quand même rapproché de ton rêve, même si tu traînes à tourner autour... Tu m'attendais ?

- Oui.

Je lui adresse un sourire tendre tandis qu'il pince ses lèvres dans une expression douce.

- Et moi, tu crois que je pourrais faire quelque chose de bien, aussi ?

- Bien sûr. Pourquoi est-ce que tu dis ça ?

- Et bien... j'aimerais rester avec toi, te protéger, tu sais. Tu crois que le Hokage acceptera ?

- Oui, j'en suis certain. Elle veut se montrer dure mais je suis persuadé qu'elle est trop contente, en fait, que tu lui aies demandé ça.

- Hmm. Ce serait bien. S'il devait t'arriver quoi que ce soit, je ne le supporterais pas.

Il soupire et ferme les yeux, avant de relever un coin de sa bouche dans un léger sourire.

- Et puis, il faut bien que je sois là pour te remettre dans le droit chemin, non ?

- Sasuke... Mais tu te fous vraiment de moi... c'est pas un peu l'hôpital qui se moque de la charité, là ?

Il rit doucement.

Attrapant un morceau de viande, je le glisse dans ma bouche puis viens m'asseoir et approcher ma main des ses lèvres pour lui en donner un. Il m'adresse une mimique amusée et saisit de ses dents ce bout de nourriture, avant d'aller plus loin débarrasser les restes de mes doigts en les suçant doucement.

Je ferme les yeux et me laisse étourdir par ces sensations.

C'est tellement étrange de penser qu'on est ensemble, maintenant, et que sa simple présence peut signifier autant pour moi.

Je me baisse vers lui pour cueillir ses lèvres du bout des miennes, savourer la douceur de sa bouche et il enlace mon cou avec chaleur. Lorsque je relève mon visage, il me regarde avec attention, les yeux brillants dans un mélange de légère gène et de tendresse, puis me chuchote faiblement à l'oreille :

- J'ai envie de toi.

J'écarquille les paupières.

- Tu en es sûr ?

Il m'adresse un sourire gentiment moqueur.

- Il n'y a vraiment que toi pour en douter.

- Tu me perturbes...

Je me redresse et fais une moue gênée sur le côté.

- Sasuke... Je n'ai pas envie de te faire de mal. Tu as vu comment ça se passe avec Kyuubi ? Je n'arrive pas à le contrôler comme je le voudrais quand je suis avec toi.

Je plisse les yeux dans une expression amusée.

- Je crois que tu l'excites autant que moi...

Enlaçant alors mon cou de ses bras, il me répond doucement.

- J'ai confiance.

Je passe une main dans ses cheveux et hésite encore un peu, puis viens m'emparer de ses lèvres, les goûter, glisser ma langue dans sa bouche pour partager mon désir avec lui.

Mon cœur bat fort dans ma poitrine.

J'ai envie... Je me redresse et l'attire pour qu'il s'assoie entre mes jambes, genoux passés au dessus des miens, et il colle son bassin contre moi tandis que j'avance mes hanches pour le sentir plus intensément. Ma respiration s'accélère. Nos souffles qui se mélangent, l'odeur de sa peau et le contact de ses mains qu'il déplace sur moi... tout me trouble et me bouleverse. Sous mes doigts me semblent défiler la douceur de son épiderme et les reliefs de son torse et je déplace mes mains sur lui de façon hasardeuse, empressée, étirant dans tous les sens ses vêtements. J'ai chaud et quand mon pouce passe sur la chair tendre de son téton et s'y attarde un peu, il relâche ma bouche et tourne son menton dans un souffle vacillant, laissant mes lèvres venir baiser ce cou qu'il m'expose.

Il me semble chuter et je ne sais pas comment prendre ce corps qui me provoque et m'attise, et que pourtant je connais déjà si bien.

Sasuke est un mâle, il n'a pas de poitrine douillette dans laquelle blottir son visage, pas de hanches rebondies auxquelles s'agripper, pas de chute de reins profonde à explorer. Non. Il n'est pas en rondeurs mais en muscles et en reliefs fermes et, pourtant, sous la paume de mes mains, sa peau blanche et parcourue de cicatrices frissonne, se tend et il se pâme sous mes caresses. Sa bouche frémit de chacun de mes baisers, sa gorge lâche de très légers soupirs lorsque mes doigts parcourent son torse et viennent heurter ses mamelons et ses yeux clos témoignent de son état d'abandon. Cependant, ce qui fait de lui un homme, je n'ose pas encore m'en approcher. Je n'en ai pas vraiment l'habitude, et suis probablement en train de le toucher comme on le ferait avec une femme.

À la fois hésitant et enivré par cette étreinte, je tire et essaye de baisser son pantalon sans pour autant m'attaquer au lien qui le maintient devant, et viens en même temps fébrilement rechercher le contact de son sexe que je sens se gonfler en des poussées de reins désordonnées. Il lâche alors un léger rire, tendrement, et ôte lui-même son t-shirt.

- Tu ne sais pas comment t'y prendre ?

Je lui réponds dans un souffle.

- Un peu.

Il se redresse et pose ses deux mains sur sa la façade solide de sa propre poitrine, puis me demande avec amusement :

- Il me manque quelque-chose là pour le plaire, non ?

- Imbécile. Comme si tu ne savais pas à quel point tu m'excites.

Il rigole, puis approche sa bouche de mon oreille, me la mordille un peu avant de me susurrer :

- Qu'est-ce qui te fait envie ?

Je laisse mon regard glisser sur lui, parcourir les détails de son corps et sa façon d'être si désirable, revenant inexorablement retomber sur cet endroit qui m'étourdit tellement.

- Ta peau. J'ai envie de la mordre.

- Vas-y.

Après un temps à me noyer dans l'encre sombre de ses iris, je viens lentement plonger mes dents à la base de son cou, croquer doucement dans sa chair, sans pour autant lui faire mal, puis relève mon visage dans une expiration, me pinçant une lèvre quand j'observe le désir dans son regard.

- Et moi ? C'est quoi qui te plait ?

- Tout. Et puis... c'est toi, c'est tout.

Puis, il vient coller son front contre le mien et prend ma main, la déposant à plat sur son torse, puis son ventre, jusqu'à la pousser sur son sexe dressé derrière le tissu et il frémit contre ma bouche. Il enfouit sa tête dans mon cou et murmure :

- Touche-moi...

Je frôle doucement cette masse palpitante et entends sa respiration s'intensifier. Dénouant alors son pantalon, j'y glisse ma main et prends directement sa chair, la caressant plus fortement en resserrant mes doigts sur lui et il agrippe en tremblant mes épaules, gémissant faiblement. Les joues rosies de plaisir, il relève un regard brûlant vers moi et vient saisir mes lèvres. Il glisse ses mains sous mon t-shirt et entreprend de me déshabiller, doucement, embrassant le tatouage sur mon épaule quand il se découvre à lui, passant ses mains sur les espaces de chair qu'il dénude, descendant dans mon dos pour caresser, frôler mes fesses, puis aller effleurer la longueur de mon sexe tendu. Je me tends et resserre ma main sur lui, lui arrachant une douce plainte. Une fois mon torse dégagé, il vient lentement baiser ma clavicule, puis passe sa langue sur un de mes tétons et joue avec de sa bouche. Je ferme les yeux sous cette sensation.

Il se recule pour se relever et me sourit tendrement en finissant de me déshabiller, puis en ôtant lui même ses vêtements, avant de venir s'étendre de tout son long sur le lit, à côté de moi, et contempler avec envie la nudité de mon corps. M'approchant doucement de lui, je viens me coller contre sa peau et l'embrasse, mes mains perdues dans ses cheveux, soupirant de plaisir dans sa bouche quand il prend mon sexe en main et commence à me caresser.

Embrumé, haletant, je ne vois plus de mes paupières entrouvertes que des bribes de son corps : la chair laiteuse de son cou, la teinte délicate de la pulpe de ses lèvres, une mèche d'un brun intense venue se coller contre sa joue et l'émoi qui a pénétré la profondeur de ses pupilles baissées. Tremblant sous ses caresses, mes mains avides vont pétrir ses reins, passer derrière ses fesses pour les empoigner et le plaquer sur le dos pour relever son bassin contre lequel je viens peser, pressant mon membre contre le sien. En un profond déhanchement, j'ancre ma présence entre ses jambes et ma bouche s'égare sur sa poitrine, arrachant un son de sa gorge quand je mordille un peu fort un des fragiles bouts de chair roses. Déplaçant alors ma paume, doucement, vers l'intérieur de ses fesses, je vais frôler du bout des doigts cet endroit par où il veut que je le prenne et il se tend dans un soupir.

Sasuke. C'est de ça dont tu as envie ?

Cherchant vivement mes lèvres pour me donner un baiser passionné, il me repousse ensuite sur le dos et descend prendre mon sexe dans sa bouche.

J'aime ce qu'il me fait.

J'aime.

Les paupières fermées dans une douce sensation de plaisir, je cherche d'une main ses cuisses, ses fesses et la glisse sous son corps allongé pour aller frôler son membre durci. Il relève un peu son visage pour me sourire, les joues empourprées, le regard ardent, puis continue à m'affoler des caresses de sa langue. Je me décale alors pour chercher de mes doigts l'entrée de son corps, lui écartant doucement les cuisses, salivant sur mon index pour le faire suivre doucement les contours de cette chair offerte. Il cesse un instant de me sucer pour poser son front tremblant contre ma peau, se cambrant légèrement, gémissant à chaque tentative d'intrusion que je fais.

Je fais traîner. J'aime le voir se tordre ainsi. Il mordille l'intérieur de ma cuisse.

- Ça te plait de me faire languir, hein ?

Je ris doucement.

Puis j'enfonce lentement mon doigt et le vois refermer ses yeux et ouvrir ses lèvres dans une délicieuse expression avant qu'il ne reprenne profondément mon membre dans sa bouche.

C'est bon... Je gémis et vibre de ses attentions buccales, avant d'écarter une de ses fesses pour venir plus facilement le pénétrer d'un deuxième doigt. Il presse son visage contre ma jambe pour étouffer une plainte et je me délecte des petits bruits qu'il lâche quand je viens caresser et insister sur sa prostate, sur cette masse si sensible en lui. Je lui demande juste si je ne lui fais pas mal.

- Non... Non... J'aime... Viens...

Me redressant alors, je m'allonge contre lui pour baiser son épaule. Collé contre son cou, j'observe son visage tandis que j'entre à nouveau mes doigts en lui, les perds dans son corps et il s'abandonne et se pâme, pressant ses dents sur ses lèvres rougies avant de les relâcher dans un frisson. Il souffle vers mon oreille l'affolement de ses sens, me soupire son désir à l'intérieur, me supplie de le prendre. J'en ai tellement envie... Je retire alors doucement mes doigts et vient le dominer en me plaçant bras tendus au dessus de lui et lui demande ce qu'il veut. Dans une expression douce, il incline son visage et me murmure :

- Fais-moi l'amour.

Pendant un instant, je sombre dans la lueur humide de ses pupilles, avant de glisser mes mains derrière ses hanches, soulevant le bas de ses reins pour mieux le positionner, et viens frôler du bout de mon sexe l'entrée de son corps, m'y pressant en de légères poussées, puis plus fortes, à la limite de m'enfoncer en lui. Son regard sur moi est un mélange de désir passionné et de tendresse infinie...

Alors, d'un coup de reins plus précis, je passe la barrière de son corps et viens me mêler à lui.

Détournant aussitôt son visage sur le côté, il se raidit dans un profond soupir, tandis que je ferme les yeux, appuyant mon front humide contre son épaule par gène de montrer sur mon visage le plaisir qui vient de se répandre en moi. Il me semble manquer de flancher et je me noie dans la chaleur intime de son être, dans le vertige d'être à l'intérieur de lui. Nos poitrines se soulèvent alors que je déplace mon sexe dans sa chair et que nous nous laissons emporter dans les vagues aléatoires de mes déhanchements en lui, dans la sensation moite de nos peaux qui se collent et se décollent, et le plaisir brûlant de la pénétration. Accroché à mon cou, il relève ses hanches dans le mouvement des miennes et je le prends aussi intensément que je le peux, lui mordant la nuque tandis que je tâche de venir frotter toujours plus cet endroit en lui qui le fait gémir à mon oreille et se tordre sous moi.

Puis, alors que je lui chuchote dans un souffle à quel point j'aime le prendre et que tout n'est plus que jouissance à l'intérieur de moi, je sens sa main se glisser jusqu'à ma joue et passer mes lèvres de son pouce pour caresser mes crocs légèrement apparents. Et quand je rouvre mes pupilles sur lui, son expression n'est que douceur, chaleur, confiance et je ne me sens pas débordé par le chakra qui se diffuse en moi. Dans un geste farouche, je viens croquer la matière vulnérable de ses lèvres et il caresse alors de sa langue les aspérités pointues de mes dents, venant ensuite pénétrer plus loin dans ma bouche.

Mon membre chaud se contracte dans son corps et cet appel charnel me fait encore perdre pied et, si je garde contact avec la réalité, ce n'est que par le rayonnement de ce regard qu'il pose sur moi... et la lumière de ses yeux me dit bien plus que son désir, bien plus que la jouissance, bien plus que l'accomplissement de cette envie qui nous consumait depuis trop longtemps.

Il me dit qu'il est heureux de se donner ainsi, heureux de partager autant, heureux que ce soit moi. Je comprends, maintenant, je n'ai plus de doutes.

Je suis en train de me rendre compte que ce qu'il m'a demandé, de lui faire l'amour, je ne l'avais jamais fait auparavant. J'ai couché, j'ai baisé, je me suis oublié entre des jambes, perdu dans des pulsions égoïstes mais je n'ai jamais éprouvé quoi que ce soit de semblable à ce que je ressens aujourd'hui, une telle satisfaction d'être deux, eu tellement envie de donner du plaisir, de la tendresse, et plus encore...

Les mots me manquent.

Emporté dans la fusion de nos êtres, je ne vais me rendre compte qu'à la fin, alors que je suis derrière lui et que d'épaisses gouttes de sueur tombent de mon front sur ses épaules, que ses joues sont humides et que de ses yeux clos coule un mince filet de larmes, lentement, et que ces pleurs ne sont ni de tristesse ni de douleur mais juste d'émotion. Et lorsque nos voix se mêlent dans la jouissance et que nous nous effondrons ensuite l'un contre l'autre, nos souffles courts se calment alors à l'unisson..., ma peau collante contre la sienne me semble être si naturellement à sa place... et ses perles brunes me regardent avec tellement de chaleur que je ne sais vraiment plus où j'en suis.

Ce que je ressens.

Cette sensation de paix et de bonheur et d'avoir étouffé trop longtemps, de ne pouvoir seulement vivre entièrement que maintenant qu'il est là.

Je ne me souviens pas avoir déjà connu de tels sentiments...

Il est aussi de belles choses en ce monde.


à suivre.

Le prochain chapitre sera le dernier et devrait être nettement plus court, à titre d'épilogue.