Chapitre 9
La nuit était tombée depuis un moment. Emma frappa à nouveau le volant devant elle.
– Raah !
La voiture de fonction n'avait pas bougé. Cela faisait des heures qu'elle tergiversait.
« Mais c'est elle qui plus que personne à besoin de toi. » lui rappela la voix d'Henry pour la énième fois.
– Non, cria-t-elle. Je ne suis pas une putain de Sauveuse ! Et ils n'ont qu'à se débrouiller sans moi.
– « Alors pourquoi es-tu toujours là ? » lui demanda une petite voix dans sa tête.
– …
– « Je vais te le dire, tu es là parce qu'au fond de toi tu crois dur comme fer en toute cette histoire saugrenue, que ce gamin t'as ému plus que tu ne saurais le dire et que… cette femme est comme toi ».
– Comme moi ?
– « Oui, une écorchée de la vie… Une survivante.»
– Je ne suis pas une survivante.
– « Arrête tes conneries ! Pas à moi, je te connais Emma, je suis toi ! Alors si je te dis que c'est incroyable d'avoir survécu à ton enfance plus que tordue et tout le reste… Je sais de quoi je parle. »
– ….
– « Peut-être qu'Henry a raison, que tu peux la sauver… »
– Non, je n'y arriverai pas… gémit-elle.
– « Si. Tu vas y arriver. Pas à pas Emma. Jour après jour… Tu peux le faire…. Retourne la voir ! »
Emma avala sa salive, s'essuya le nez avec un mouchoir, inspira et mit le contact. Elle fit faire demi-tour au véhicule et repartit en direction de StoryBrooke.
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Elle l'aperçut sur un banc, les yeux dans le vague. Elle coupa le moteur, sortit et vint s'assoir à côté de lui.
– Elle m'a dit que tu étais partie.
– Elle s'est trompée.
– Je savais que tu reviendrais.
– Henry…
– Emma…
– Ce n'est pas parce que tu crois en quelque chose que c'est forcément vrai.
– Je sais.
– Toute cette histoire de contes de fées est complètement absurde.
– Il m'a fallut plusieurs mois pour me convaincre, comme toi tout cela n'avait aucun sens lorsque je l'ai découvert, et pourtant j'avais dix ans, alors que toi tu en as quoi ? Quarante ?
Emma lui lança un regard noir.
– Je plaisante, dit-il en levant les mains devant lui, je plaisante !
Elle se radoucit.
– Qu'est-ce qui t'as convaincu ? Lui demanda-t-elle malgré elle.
Il lança sur le trottoir le gravillon qu'il triturait depuis un moment entre ses doigts.
– J'ai trouvé le journal intime de mon grand-père.
– …
– Celui de Rumplestiltskin.
Emma le regarda en fronçant les sourcils.
– Ton grand-père serait Rumple…
– Oui.
– Si je me souviens bien il change la paille en or en la filant ?
– Oui et il aime voler le premier enfant des princesses.
– …
– Sacrés ancêtres, n'est-ce pas ?
– Oui… Et donc moi je suis quel personnage dans toute cette histoire ?
– Le Sauveur, la fille du Prince Charmant et de Blanche-Neige.
La jeune femme retint un sourire.
– Je crois que je te bas niveau famille…
Henry ricana.
– Tu as osé lire le journal de ton papy, ce n'est pas très sympa, continua Emma.
– Rumple est parano, j'ai dû craquer le code pour comprendre ce qu'il avait écrit.
– Et comment as-tu réussi ? Le questionna Emma.
– Je suis super intelligent…
Elle rit légèrement.
– Et qui plus est, humble avec ça…
– Oui… En fait, je l'ai observé pendant un bout de temps, et j'ai compris petit à petit comment il fonctionnait alors j'ai réussi à déchiffrer les pages de son histoire.
Emma attendit la suite.
– Il révélait tout, la mort de mon père, celle de ma mère en me mettant au monde. Sa promesse de créer un endroit où il n'y aurait pas de magie, une réalité où il pourrait m'élever en tant qu'être humain et non the Dark One.
– The Dark One ?
– Oui, l'Obscur. Un des plus grands mages noirs de tous les temps…
– Tu veux dire que ton grand père n'est pas quelqu'un d'agréable ? L'interrogea-t-elle en faignant l'innocence.
Henry la regarda.
– Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Demanda-t-il suspicieux.
– Je le soupçonne de m'avoir drogué et d'être à l'origine de mon accident.
Le garçon soupira tristement.
– C'est bien son genre.
La jeune femme posa sa main sur son avant bras.
– D'après ce que tu dis, il a tout abandonné pour toi.
– Oui, mais il m'en veut.
– Comment ça ?
– Il me déteste car je suis la cause de sa « faiblesse », il n'a plus de pouvoirs ici.
Emma se mordit la lèvre. Henry le remarqua.
– Tu finiras par me croire.
– Franchement Henry, je ne sais pas…
– Si… Comment expliques-tu notre rencontre ?
– Tu avais trop bu.
– Non, je suis venu te chercher.
– Attends tu es en train de me dire que tu me suivais dans cette boîte de nuit, que tu as fait exprès de boire et de vomir sur mes chaussures !
– Oui… un an, c'est le temps qu'on a mis pour te trouver.
– ….
– Regina et moi, on te cherche depuis plusieurs mois…
Emma s'énerva.
– Vous êtes tous aussi tordus les un que les autres !
– Non, nous sommes juste désespérés, nous avons besoin de toi.
– Mais arrête avec ça ! Je ne vais aider personne !
Henry l'observa un moment pendant qu'elle marmonnait:
– Tous des tarés, j'aurais vraiment dû me barrer…
– Mais tu ne l'as pas fait, et sais-tu pourquoi ?
– Quoi encore ?
– Parce que tu autant besoin que nous d'être sauvé.
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Comme la veille, la porte d'entrée de la maison du shérif n'était pas verrouillée. Emma entra et se dirigea vers la bibliothèque.
Là encore, la femme en noir allongée écoutait de la musique, les yeux fermés.
Emma l'observa en silence et prêta l'oreille aux paroles.
« He didn't even say goodbye. He didn't take the time to lie… Bang, Bang. He shot me down, Bang Bang, I hit the ground, Bang Bang, that howfull sound… Bang Bang, my baby shot me down… »
– Vous êtes abonnée aux chansons sinistres ? L'interrogea la jeune femme.
Regina sourit et reprit une gorgée.
– Oui, Mademoiselle Swan les chansons tristes sont souvent les plus belles… Je vois que vous avez décidé de rester.
– Oui.
– Pour briser le sort ?
– Non.
– Alors pourquoi ? Demanda Regina qui n'avait pas bougé.
Emma s'approcha de la commode se servit un verre d'alcool sous le regard séducteur de cette femme. Elle s'assit face à elle sur l'autre divan, but tranquillement et répondit.
– Je suis revenue car Henry m'a dit que je pouvais vous sauver…
Regina se mit à rire. Emma continua à la regarder pendant que le shérif s'asseyait et posait le verre vide sur la petite table basse.
– C'est trop tard, Mademoiselle Swan. Je ne peux plus être sauvée.
Emma haussa les sourcils.
– Vous ne seriez pas un peu pessimiste sur les bords ?
– Savez-vous qui je suis, Mademoiselle Swan ?
– Si j'en crois un gamin de quinze ans, vous êtes The Evil Queen.
– Oui, une Reine sans cœur, ajouta-t-elle en se levant.
Emma fit de même et la fixa.
– Vous ne me faite pas peur, Méchante Reine ou pas et je veux vous aider…
Regina pencha sa tête sur le côté et détailla Emma de haut en bas qui ne bougea pas sous son regard scrutateur. Elle s'approcha de son adjoint, elle lui faisait face, puis elle commença à marcher autour d'elle en annonçant.
– Si nous étions dans la Forêt Enchantée, savez vous ce que j'aurais fait d'une femme tel que vous, Mademoiselle Swan ?
Emma secoua la tête en signe de négation. Derrière elle, la voix de la femme à la peau mate susurra à son oreille.
– Je vous aurais fait payer votre insolence…
– ….
– Ne voulez-vous pas savoir comment ?… Mademoiselle Swan.
– Si, chuchota Emma.
Les mains de la femme se plaquèrent sur son ventre et l'attirèrent contre son corps.
– Je vous aurais emmené dans ma chambre…Vous aurais déshabillé, vous aurais attaché nue à mon lit…
Emma ferma les yeux et déglutit, se concentrant pour chasser les images qui se bousculaient dans son esprit.
– J'aurais joué avec vous… Mademoiselle Swan, vous aurais fait crier, et pas seulement de plaisir. Ensuite, après m'être lassée de votre jolie petite personne, au bout de très peu de temps j'en suis certaine, je vous aurais donné en pâture à mes soldats…
Emma ouvrit les yeux.
– Alors… Continua la voix plus grave à son oreille, croyez-vous vraiment que je puisse être sauvée ?
– ….
– C'est bien ce que je pensais.
Le corps derrière elle s'éloigna rapidement et Regina se dirigea vers la porte en allumant une cigarette qu'elle venait de sortir du paquet présent dans une de ses poches.
– Vous vous trompez, affirma Emma au dos du shérif.
Regina se tourna inspira une bouffée en la regardant légèrement intriguée.
– Vraiment ? Demanda-t-elle en recrachant la fumée.
– Oui... Je n'aurais jamais accepté d'être attachée.
Le shérif sourit sensuellement se débarrassa des cendres au bout de sa cigarette en la tapotant avec son pouce et leva à nouveau le regard vers Emma.
– Vous fumez ?
– Non.
– Je vous apprendrai… Mais pas ce soir, vous n'avez pas été sage.
– ….
– Bonne nuit Mademoiselle Swan, conclut-elle mettant ainsi fin à leur conversation avant de s'éloigner.
– Bonne nuit, Regina, murmura Emma en souriant.
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N/A: Chanson Bang Bang (My baby shot me down) interprète Nancy Sinatra.
