Les notes d'Oreste étaient beaucoup plus conséquentes qu'elles n'y paraissaient. Vanille essaya de lire le plus possible avant de dormir, mais elle n'arriva pas à un quart quand minuit sonna. Elle tombait de fatigue, et décida de remettre sa lecture au lendemain.
Entre ses cours, pendant la pause du midi et même en plein cours d'histoire de la magie, Vanille étudia le livre d'Oreste. Elle était tellement impatiente, et subjuguée par le Club qu'elle ne vit pas Ambre et Leanne qui, plusieurs fois dans la journée, essayèrent de parler avec elles. Elle prit tout de même le temps de rédiger quelques devoirs urgents, et le soir, se précipita dans la salle du Club des Créateurs.
Quand elle se fut installée à de la table de travail d'Oreste, prête à travailler, elle entendit quelqu'un toquer à la porte de la salle. Lorelei, qui s'installait également, lança un regard étonné. Les membres du Club allaient et venaient comme bon leur semblait, et aucun non-membre ne pouvait voir la porte.
Jules, le plus naturellement du monde, se dirigea vers la porte. Celle-ci s'ouvrit sur une longue robe pourpre brillante, avec un col blanc et d'énormes boutons d'argent, portée par la directrice de l'école, Evelyne Roy. Elle s'avança dans la grande salle du Club, balançant son regard d'un élève à l'autre. Jules referma la porte derrière elle, et retourna s'asseoir, poli, attendant qu'elle parle.
Evelyne Roy était une grande et belle femme au visage sérieux mais sympathique. Elle attachait ses cheveux blonds dans un chignon si serrés qu'il entrait en concurrence avec celui du professeur McGonagall, et portait toujours la même robe. Elle était étonnement jeune pour sa fonction, moins de quarante ans, ce qui expliquait peut-être sa tendance à l'inconvenance et à la désinvolture. Malgré cela, elle était bonne conseillère et remplissait son rôle de directrice sans bévue ni présomption.
Mais elle n'avait pas fait l'unanimité dans la communauté sorcière à son arrivée.
Ses deux parents étant nés-moldus, ils prirent peur lors de la première guerre et décidèrent de s'expatrier en France. La future directrice avait deux ans à cette époque-là. Elle fit ses études à Beauxbâtons, et se lança dans une carrière de duelliste professionnelle avant même d'avoir fini son cursus. Puis elle entra à Beauxbâtons en tant que professeur de sortilèges, ayant acquis de grandes compétences durant sa courte carrière. Mais lors du retour de Voldemort, ayant de la famille en Angleterre, elle décida de retourner là-bas pour assurer leur protection. Elle devint connue de la communauté sorcière britannique en participant à la bataille de Poudlard.
Et c'est donc à trente-cinq ans que, poussée par des amis qu'elle avait protégé pendant la guerre, Evelyne Roy proposa son aide à la reconstruction du monde sorcier et posa sa candidature à l'école de Poudlard. Le professeur McGonagall ne souhaitait pas prendre le poste de directrice, le conseil des sorciers nomma à titre temporaire Mme Roy Directrice de Poudlard.
Il y eu beaucoup de lettre adressées au ministère et à Mme Roy elle-même cette année-ci, beaucoup de sorciers critiquaient sa jeunesse, son arrivée trop récente sur l'île de Grande-Bretagne, ils l'accusèrent de manipulation sur le conseil et les autres professeurs, et la traitèrent d'arriviste ambitieuse.
Néanmoins, la première année se déroula sans problème. Le nouveau système ne posa pas de soucis à la directrice, n'ayant pas vécu l'ancien. Les élèves l'appréciaient, les professeurs aussi, puis les parents. Ils s'habituèrent à son humour, sa légèreté, et furent satisfaits de la voir consciencieuse devant des situations sérieuses.
Et bien qu'elle ait habitué ses élèves à son attitude désinvolte, c'est le visage particulièrement sérieux, bien que satisfait, qu'elle se présentait à eux, au Club des Créateurs, ce soir-là.
- Bonjour, dit-elle d'une voix étonnement calme et douce, et bienvenue à tous les Novices. J'imagine que vous le savez, en tant que directrice de Poudlard, c'est à moi que revient certains pouvoirs dans ce Club. Je ne les exercerais qu'en cas de nécessité, bien entendu, si l'un de vous en fait la demande ou si j'estime qu'il est important d'intervenir. Votre Club a une capacité d'auto-gestion impressionnante, comparé aux autres. Sachez que j'en suis membre, je l'ai intégré à Beauxbâtons il y a quelques années maintenant. J'y ai étudié des sorts complexes de défense et d'attaque pour m'entraîner aux duels.
Elle se pencha vers David, avec qui Ambre travaillait, qui lui rendit son signe de tête. Les deux avaient dû beaucoup échanger, puisqu'il s'agissait précisément du domaine d'étude de David aujourd'hui.
- Je suis également dans l'obligation de vous faire quelques remarques et avertissements de vive voix, comme l'exige votre règlement. Il vous est interdit de pratiquer de la magie expérimentale sans mon aval ou celui d'un membre du ministère de la magie, après que lui ou moi ayons pris connaissance des théories de vos recherches. Vous connaissez les personnes à contacter directement. Sachez également que certains domaines, sans être interdits, sont tabous, et très déconseillés. Vous n'êtes interdits d'aucune recherche. Mais sachez tout de même vous tenir éloignés de la magie noire.
Une ombre passa dans ses yeux, mais elle se reprit bien vite. Elle devait avoir vu beaucoup d'horreurs lors de la guerre. Elle balaya du regard toute la salle :
- Vous êtes très nombreux, cette année, c'est une très bonne chose. J'espère que chacun d'entre vous saura pousser son art jusqu'au bout.
Elle s'inclina légèrement, et sans attendre de réponse, se retourna pour partir.
- Oh, au fait Mr. Wincher, dit-elle en se retournant vers Jules, l'ami dont je vous ai parlé m'a fait parvenir les livres dont il a hérité. Je vois que vos bibliothèques sont pleines, mais vous trouverez bien une place pour les ranger...
Jules se leva, et accompagna la directrice jusqu'au couloir pour discuter avec elle.
Vanille était étonnée. Cette femme, la directrice, lui avait toujours paru bien trop immature pour son poste, bien qu'elle-même n'ait aucune qualification pour juger une telle personne. Mais l'aura d'assurance, de sûreté qui s'était émané d'elle à ce moment-là, pendant son discours, l'avait décidément scotchée. Elle était donc le genre de sorcière capable de cacher son jeu, ou du moins, pour des raisons qui ne regardaient pas Vanille, capable de passer pour ce qu'elle n'était pas forcément. A savoir, une trop jeune sorcière que l'on avait placé à un poste trop haut.
Peut-être méritait-elle amplement son poste de directrice d'une grande école de magie. Les apparences étaient bien trompeuses.
Quand la directrice fut sortie, chacun se remit à ses occupations. Vanille et Lorelei avaient toutes les deux fini de lire les notes d'Oreste. Elle s'était surtout concentrée sur les baguettes elles-mêmes, leur composition et leurs propriétés. Elle avait répertorié toutes les informations connues sur les éléments qui les composaient, et s'était renseigné auprès de fabricants pour connaître l'art de la création de baguette. Bien sûr, ces recherches devaient rester entre elles, car les fabricants tenaient beaucoup aux secrets de leur artisanat.
Oreste n'avait pas cherché à savoir pourquoi les autres créatures magiques ne possédaient pas de baguette, ce que Vanille proposa vaguement d'étudier. Sans doute au fond d'elle-même ne voulait-elle pas avoir l'air de demander de l'aide à des créatures qui, depuis des siècles et sans que cela soit beaucoup remis en question, étaient considérées comme inférieures. Vanille cru voir une sorte de fierté sorcière quand elle aborda le sujet.
Les filles faisaient pour l'instant un travail de recherches. Tous les soirs ou presque, elles venaient au Club, parfois après avoir emprunté des livres à la bibliothèque qui n'étaient pas dans leur collection.
Elles expérimentèrent les utilisations de leurs baguettes. Sur la base de sortilèges simples, comme la lévitation, ou de petites métamorphoses, elles tentèrent de faire réagir leur baguette sans les toucher. Leurs résultats ne furent pas très concluants. Il leur fallait toucher la baguette pour parfois arriver à un résultat simple, mais il fallait la prendre en main pour exécuter avec précision le sortilège. Elles testèrent toutes les baguettes ; leur propres baguettes réagissaient normalement, les autres montraient des résultats moindres et changeant selon leur composition. Cependant, elles étaient plus efficaces avec Oreste.
- Comment expliques-tu la légitimité d'une baguette ? demanda vanille.
- Comment ça ?
- Si c'est une connexion entre la magie du sorcier et celle de la baguette qui fait la possession et l'accès au maximum des capacités du sorcier, comment expliques-tu que le fait de désarmer quelqu'un fait que l'allégeance de sa baguette se tourne vers toi ? Même si vos magies ne sont pas entièrement compatibles ?
Oreste se gratta le menton, embêtée.
- Je ne l'explique pas. Je ne crois simplement pas en la conscience des baguettes, je ne prétends pas avoir réponse à tout.
- C'est peut-être une autre forme de magie que la simple compatibilité, proposa Lorelei. Peut-être que notre magie, à l'intérieur de nous, fait que nous possédons ou pas une baguette. Un lien magique qui se crée, en plus du fait d'être compatible. Et qui serait accessible uniquement après un désarmement.
- C'est possible, mais ça ne va pas être facile à prouver.
- De toute façon, on ne pourra jamais vraiment comprendre la magie, fit Vanille.
Les deux autres se tournèrent vers elle.
- C'est vrai, comment voulez-vous qu'on sache un jour ce qu'est vraiment la magie ? On n'a pas de moyen de l'étudier, juste de la représenter, et encore. On l'utilise. On dit que c'est en nous, mais pas en d'autres, on ne sait pas pourquoi des moldus engendrent des sorciers, ni pourquoi les cracmols existent. Et est-ce que la magie est elle-même quelque chose que l'on peut considérer ? Est-ce que ça existe, ou est-ce qu'il s'agit juste de la manifestation d'autre chose ? De quelque chose de plus grand ? Est-ce qu'on pourra un jour voir de la magie, autrement que dans des représentations, ou des éclairs de lumière ? On ne sait pas non plus d'où ça vient. Si ça a toujours existé. Si on peut la créer, ou plutôt créer des sorts donc l'utiliser, est-ce qu'on peut la détruire ? L'annihiler ? Est-ce qu'on peut la transférer quelque part, sur quelqu'un ? Ou la créer ?Est-ce qu'on aura un jour les moyens de comprendre tout ça ? On ne sait rien au final.
Le voix de Vanille s'était faite de plus en plus forte, au fur et à mesure qu'elle exprimait ses doutes. La salle était devenue silencieuse. Tous les membres la regardaient, tantôt amusés, tantôt songeurs, ils avaient tous écouté sa tirade. Quand elle se rendit compte de cela, elle baissa la tête et rougit. Oreste posa sa main sur son bras :
- Eh bien, dit-toi que tu viens de trouver ton domaine de recherche pour l'année prochaine… Sauf si tu veux que tout ça reste un mystère.
Gênée, Vanille ne répondit pas et se plongea dans un livre, espérant que tous passeraient à autre chose.
Les semaines passèrent ainsi. Oreste, Lorelei et Vanille recherchaient des informations, trouvèrent des théories, réfléchirent à haute voix. Elle avançaient par à-coup. Parfois, elles stagnaient sur la même idée pendant des jours, puis une nouvelle réflexion, un nouveau sujet arrivait et elle l'exploitaient à fond. Oreste voulait être sûre d'avoir cherché tous les recoins du domaine de la magie des baguettes avant de se lancer vraiment dans les études et expériences sans baguettes.
Mais Vanille ne se rendait plus vraiment compte de ce qui se passait autour d'elle. Elle ne pensait plus qu'à ses recherches au Club et à réussir en cours pour obtenir ses BUSEs. En dehors des moments dans le Club, elle passait de moins en mois de temps avec ses amis.
Elle continuait à parler avec Leanne et Ambre mais le soir, fatiguée, elle s'endormait souvent tôt. Au final, leur discussions se limitaient à se demander mutuellement comment avançaient leurs recherches respectives, et parfois des travaux de groupe pour leurs devoirs.
Mais la plupart du temps, dès qu'elle avait un moment de libre, elle allait dans la salle du Club, avec ou sans Oreste, et elle travaillait.
Les autres membres du Club ne se contentaient pas de faire de la théorie. Iris, Florent et Alexandre mijotaient des potions presque tous les soirs avec leurs Novices. Créer des potions ou des sortilèges était très différent des études que faisait Oreste.
Ceux qui créaient des potions devaient surtout connaître les propriétés magique de chaque ingrédient, leurs effets mis ensemble, les effets de la température ou de la façon de mélanger. Selon l'effet qu'ils cherchaient, ils modifiaient leur potion tous les jours, et devaient recommencer des dizaines et des dizaines de fois pour arriver à un résultat satisfaisant, s'ils y arrivaient.
Jules et Morgane, qui créaient des sortilèges, pratiquaient également tous les jours. La création de sortilèges n'impliquait pas de recommencer tous les jours la même chose jusqu'à réussir, mais surtout d'essayer encore et encore à avoir le moindre petit résultat. Et parfois, créer un sortilège par hasard n'était pas une grande réussite. Des sortilèges simples étaient créés régulièrement par des sorciers un peu aventureux. Là, il s'agissait de potions de soins ou de révélation magique, qui étaient des sorts complexes et précis.
C'était David qui faisait le plus de bruit, et bien qu'il soit constamment dans sa bulle insonorisée, certains sortilèges dépassaient cette limite et sifflaient aux oreilles des autres. Avec Ambre et Kerwan, ils se livraient régulièrement à des combats en duels. Parfois, pour tester de nouveaux sortilèges, ils s'attaquaient au pauvre mannequin en bois qui, malgré une animation magique, n'arrivait jamais à se défendre. Il était sans cesse réparé, mais gardait des séquelles de chaque nouveau sortilège. Ambre se sentait apparemment parfaitement à sa place. Parfois, Vanille l'observait quand elle se battait, et frissonnait à chaque sortilège manqué. Elle excellait dans les sortilèges de défense, elle en avait déjà inventé elle-même certains. Elle esquivait comme un chat se mouvait.
Ils ne faisaient jamais de duels entiers, ils avaient le club de duels pour s'entraîner à l'endurance, mais s'exerçaient dans leurs nouveaux sortilèges pour bien en comprendre les subtilités, et souvent trouver des contre-attaque avant même d'avoir totalement maîtrisé le sort. Ambre s'était inscrite au bout d'une semaine au club de duels, y ayant pris goût.
David était un batailleur, Ambre, quelques jours après leur arrivée au Club, avait raconté à Vanille qu'il était entré dans le club de duels pour canaliser son énergie, et dans le club des Créateurs pour être le meilleur aux duels. Il manquait souvent de subtilité dans ses réflexions et dans sa répartie, mais son côté rentre-dedans lui permettait de comprendre vite les sortilèges sans se soucier des détails et de pouvoir les modifier et en créer d'autres. Parfois, Ambre et Kerwan apportaient une nuance au sortilège plus subtile, moins grossière. Novices et Créateur formaient un groupe idéal.
Un soir, une explosion plus forte qu'à l'accoutumée retentit dans la salle, et tout le monde sursauta. Deux potions furent instantanément ratées.
Dans le coin des duels, un panache de fumée empêchait de voir ce qui se passait.
Vanille fut soudainement mal à l'aise. Elle se précipita dans la fumée, cherchant Ambre en tâtonnant. La fumée disparut d'un coup, un membre du Club avait trouvé la formule idéale, et Vanille vit ce qu'elle redoutait : Ambre était allongée au sol, les bras en croix, les yeux grand ouverts. Elle se précipita sur elle.
- Ambre!
Kerwan était assis près du mannequin et toussait, semblant reprendre connaissance. David était debout, la baguette à la main, face à Ambre. Il bégayait :
- Je n'ai… C'était...
Ambre elle ne bougeait pas. Malgré ses yeux ouverts, elle semblait inconsciente, ce qui mit les autres mal à l'aise. Vanille la secoua doucement pour la faire reprendre conscience.
Morgane se précipita sur Ambre dès qu'elle vit ce qui se passait. Elle passa plusieurs fois sa baguettes au-dessus d'elle, émettant ainsi plusieurs éclairs de couleurs différentes.
- Elle n'a rien de cassé, physiquement tout va bien. Elle respire normalement… Comme si elle dormait. On devrait l'emmener à l'infirmerie.
Debout derrière elle, David se rongeait les sangs :
- J'aurais dû tester plus de fois sur le mannequin, je ne sais pas ce qui m'a pris, on s'est emballés sur ce sort...
Il suivit Morgane, qui avait soulevé Ambre avec sa baguette, Jules, Vanille et Leanne jusqu'à l'infirmerie.
- Que faites-vous à cette heure là ? s'écria l'infirmière en sortant de son bureau dès qu'ils eurent poussé les portes. Il est neuf heures passées !
Elle vit Ambre flottant au milieu du groupe et la récupéra de sa baguette, elle la pose doucement sur un lit et commença à marmonner dans sa barbe.
- Je vous jure… Qu'est-ce qu'ils font… Il se passe tout le temps...
Elle appliqua plusieurs sortilèges rapides sur Ambre, qui ferma les yeux doucement.
- Vous ! dit-elle en pointant du doigt Jules. Allez chercher la directrice. Les autres, près de la porte.
- Est-ce qu'elle va bien ? supplia Leanne.
Vanille se tourna vers elle et remarqua soudainement qu'elle était en larmes. Elle posa sa main sur l'épaule de son amie, qui se dégagea vivement. Choquée, Vanille sentit une boule gonfler dans son ventre. Elle baissa la tête, sans comprendre pourquoi Leanne l'avait repoussée.
- Oui, Miss Pepper, votre amie va bien, malgré le fait que vous me l'ayez amenée dans un sale état en pleine nuit. Je ne veux pas savoir ce que vous faisiez, mais compte tenu de l'heure, je suppose que ce n'était pas autorisé. Maintenant, près de la porte, tous.
Ils s'exécutèrent en silence. L'infirmière n'était à l'évidence pas membre du Club, elle aurait vu les insignes. Elle les imaginait sûrement se battant en duels au milieu des couloirs bien après l'heure autorisée.
En attendant la directrice, pendant que l'infirmière s'agitait autour d'Ambre après avoir tiré les rideaux, Vanille regardait Leanne. Elle était certaine qu'Ambre se remettrait, c'était le rejet de Leanne qui la perturbait le plus. N'était-ce pas elle qui avait tout fait pour qu'elle soit accepté dans le Club ? Leanne devrait lui en être reconnaissante. Sans Vanille, elle n'aurait pas vécu ces moments au Club, elle serait restée seule presque tous les soirs dans le dortoir, elle n'aurait jamais pu créer de magie. Sa tristesse se transforma en amertume.
Jules revint avec la directrice. Elle ne semblait pas paniquée, elle alla directement voir Ambre et l'infirmière qui continuait de veiller.
Vanille les entendit discuter, mais ne comprit que quelques mots, comme "règlement", "milieu de la nuit" et "autorisations".
Enfin, ils entendirent la voix d'Ambre, et tous se dirigèrent vers le lit. Ils furent arrêtés en chemin par la directrice.
- Miss Grinlow s'en remettra. Elle passera la nuit à l'infirmerie. Puis-je discuter avec vous Mr Swey ? demanda-t-elle à David. Les autres, vous pouvez repartir. Comme d'habitude, je vous fait confiance pour vos horaires de coucher.
Tous s'exécutèrent, non sans jeter un dernier coup d'oeil à Ambre, qui était assise sur son lit et parlait d'une voix forte à l'infirmière.
Ils retournèrent au Club, sans un mot. Jules et Morgane ne semblaient pas choqués, mais Leanne avait toujours une mine renfrognée.
Vanille ne resta pas longtemps au Club, elle décida de retourner dans son dortoir, sans Leanne. Elle se coucha seule, médita quelques instants sur ce qui s'était passé, puis repensa à ses travaux.
Leanne arriva dans la dortoir peu après, et les deux filles s'ignorèrent.
