Spéciale dédicace à Lilywen (gros bisous).

Nous avons co-écrit ce chapitre ensemble et j'espère qu'il vous plaira. En tout cas, on s'est beaucoup amusées.

Si vous ne connaissez pas, n'hésitez pas à aller lire ces deux fics : « Harry Potter et l'enfant de l'amour » et « Harry Potter et le mystère du Langue-de-plomb ». Vous ne le regrettez pas…

Chapitre 10 : Quand un Gryffondor pourrit ma vie…

(POV Rogue)

Bon un quart d'heure que ce foutu gamin est parti se préparer et encore aucun signe de vie… Qu'est-ce qu'il pouvait bien foutre… euh faire ? Non mais ce n'était pas possible, il est vraiment insupportable. Pourtant je lui avais bien spécifié qu'on allait partir de bonne heure pour Grimmaurd.

J'allai mourir d'ennui. Déjà, une demi-heure que je l'attendais, et il n'était toujours pas là, non mais il veut quoi, me pousser à bout… Après plus de quinze ans d'enseignement, il croyait quoi, j'avais réussi à dompter et à mater toute une génération de gamins tous plus stupides et arrogants les uns que les autres… Je ne perdrai jamais mes moyens devant ce petit Gryffondor insupportable et prétentieux, Sauveur du monde ou pas… Même pas en rêve… Je ne suis pas un Maître en légilimancie, en occlumancie et en potions pour rien, je sais me contrôler.

Pourtant quand il arriva, je compris que j'avais dû le provoquer une fois de trop. Il était… Il était en vêtements moldus… Non mais il se croyait où ? Il portait un jean trop lâche, qui lui tombait sur les hanches et un tee-shirt noir bien trop moulant, l'ensemble ne laissait que peu de place à l'imagination… Et pour couronner le tout, il avait les cheveux légèrement mouillés et une goutte d'eau glissait lentement le long de son cou. Je devais paraître légèrement ailleurs quand une voix faussement innocente me fit :

« Désolé, Professeur, j'ai fait aussi vite que possible. Et puis comme vous avez pu vous en rendre compte, il fait très chaud, j'ai donc préféré m'habiller uniquement avec des vêtements moldus. Cela ne vous dérange pas, j'espère…

- Potter, qu'est-ce que vous fabriquez ?

- Ben rien… Pourquoi ? »

Calme, respire et ne tue pas le héros national : on a encore besoin de lui… Mais un petit Doloris… non pas bien, très mauvaise idée, je dois le protéger pas le torturer… Enfin là, c'était plutôt lui qui me torturait…

« Ne vous faites pas plus bête que vous n'êtes, Potter ?

- Ben quoi… pourtant vous ne devriez pas être trop surpris, vous m'avez bien dit que je n'étais qu'un simple gamin de 17 ans… Et vu votre intelligence et votre looongue expérience de professeur, vous savez bien qu'un garçon de 17 ans ne brille jamais par son intelligence. En général, à cet âge-là, on réfléchit beaucoup plus avec… enfin vous voyez quoi… »

Respire, respire… Souviens-toi seulement : ne pas le tuer… Oh, ma tête…

« Ah je comprends, vous êtes encore vexé pour cette nuit, Potter…

- Oh, non pas du tout, Professeur… J'ai bien compris, ne vous inquiétez pas. Je sais bien que je ne vous intéresse pas du tout, je suis votre élève et je suis beaucoup trop jeune ou plutôt vous êtes beaucoup, beaucoup trop vieux pour moi… J'ai bien compris, n'est-ce pas ? »

Qu'il cesse de sourire ou je le tue sur le champ. Non mais il me prend pour qui… Trop vieux… Est-ce que je ressemble à Dumbledore, moi ? Petit con… Je comprends mieux pourquoi le Choixpeau voulait l'envoyer à Serpentard… Fonceur, stupide et borné comme un Gryffondor et vicieux et retors comme un Serpentard… Merlin, aie pitié de mon âme, donnez-moi la force de ne pas le tuer immédiatement d'un Avada libérateur et qu'il enlève ce sale petit sourire ironique de ses lèvres.

« Vous avez effectivement compris l'idée générale, Potter.

- Merci de me rassurer, professeur. J'aurais été navré d'avoir mal interprété vos propos. Après tout, je ne suis qu'un gamin de 17 ans et j'aurais pu me méprendre sur vos intentions car vous avez tout de même mis un certain temps avant de repousser mes baisers… »

Gryffondor vainqueur par K.O., je veux boire là, maintenant, tout de suite… Putain, c'est vrai, il m'a, en plus, fini mon Whisky, ce petit crétin.

« Vous avez l'air tendu, Professeur. Un peu trop chaud peut-être ? Il faut dire qu'avec cette chaleur, je comprends… Mettez-vous comme moi en habits moldus, vous serez beaucoup plus à l'aise.

- Je n'ai pas de temps à perdre pour un défilé de mode, Potter. Et de toute manière, vous vous souvenez, enfin j'ose l'espérer, que nous avons un horcruxe à retrouver. »

Et je partis avant que ce sale gamin ne me fasse une réflexion « oh vous savez, professeur, c'est à vous de décider, je n'ai que 17 ans… ». Je marchai le plus rapidement possible vers la grille, laissant Potter à deux mètres derrière moi, finalement, seul moyen efficace pour ne plus l'entendre. Je ne me stoppai qu'une fois la grille passée. Lorsque Potter arrivait enfin, je le sentais légèrement essoufflé et décidait de contre-attaquer.

« Du mal à suivre, Potter. Pourtant, c'est vous le plus jeune, comme vous me l'avez si gentiment rappelé, vous n'avez QUE 17 ans ; vous devriez être plus en forme… Manque d'exercice peut-être ? »

A la lueur dans ses yeux, je me rendis compte qu'il n'avait pas encore dit son dernier mot, et merde :

« C'est une proposition, Professeur ? »

Bon là, cette fois, je ne tiendrais plus longtemps. Que Merlin fasse quelque chose pour moi ! Albus, si vous m'entendez, revenez, ne me laissez pas seul avec cette furie !

« Au lieu de faire le malin, votre bras… Je ne veux toujours pas vous laisser transplaner tout seul, vous manquez encore… d'expérience. »

Oh Merlin, ce n'est pas le bon terme, ce n'est pas le bon terme…

« Vous savez, Professeur, je ne demande qu'à apprendre comme tout bon élève et si je manque encore d'expérience, je compte sur vous pour y remédier. Il suffit de me guider.

- Humm… Votre bras, Potter. »

J'avais l'impression, non, la certitude qu'un sourire narquois se dessinait sur son visage. D'habitude, il se plaçait juste à côté de moi. Et là, il se mit devant moi et plongea ses yeux émeraude, indéchiffrables dans les miens, tout en prenant ma main dans la sienne dans une caresse… Ce gamin n'est pas humain, il veut ma mort ou quoi. Bon, Severus, concentre-toi '12, square Grimmaurd, le hall, 12, square Grimmaurd, le hall'. Je préférais à l'heure actuelle supporter les insanités de la vieille folle de la tapisserie que de me retrouver, même une seconde, dans une des chambres du Manoir des Black avec ce foutu Gryffondor. Qui sait ce qui pourrait encore germer dans son esprit retors, pervers et malsain ?

Ses yeux ne me quittaient pas. Je les voyais briller de malice et au moment où nous arrivâmes dans le hall de Grimmaurd, le maudit gamin s'écroula sur mon torse, me plaquant contre la porte d'entrée du manoir.

« Oh pardon professeur, je crois que je ne me suis pas assez concentré cette fois-ci… manque d'expérience certainement…

- Potter, redressez-vous au lieu de jacasser ainsi, vos incessants babillages me fatiguent, me stressent et pourrissent ma paisible existence d'espion !

- Ah bon ! Oh, je suis désolé de vous voir si tendu, Professeur !

- Allez chercher ce foutu horcruxe, ne plus vous voir pendant quelques heures devrait me calmer !

- C'est bien ce que je craignais, vous êtes tendu… si vous voulez, je suis très doué de mes mains… un petit massage, professeur !

- Dégagez de là ! »

Le sale gamin me regarda, hocha légèrement la tête et éclata de rire. Il se précipita dans l'escalier, me laissant enfin seul, en paix…

Je montai alors au premier étage afin d'inspecter les pièces que je n'avais pas fouillé la veille… Après trois heures et autant de pièces, étrangement, les babillages de Potter me manquaient, vraiment cette recherche était une perte de temps et me faisait perdre l'esprit. C'est au moment où j'allai commencer l'inspection d'une nouvelle chambre que réapparut le foutu gamin. Faites, Merlin, qu'il se soit un minimum calmé quand même car sinon je ne réponds plus de rien.

« Professeur…

- Oui, Potter.

- C'est… euh trop chiant…

- Langage, Potter.

- Cela ne change rien au fait que ce soit chiant… On ne pourrait pas chercher ensemble… S'il vous plaît, Professeur, j'arrête. »

Il ne pourrait pas arrêter de miauler, lui. Je croyais pourtant avoir assez payé le fait d'avoir été Mangemort, mais apparemment ce n'était pas encore assez… Et d'ailleurs, non, il est hors de question qu'il reste ici avec moi.

« Oui… »

Non, mais je rêve, non je cauchemarde… Qu'est-ce que je viens de dire ? Crétin, va…

« Bon je m'occupe de ce côté-ci de la chambre et vous, vous n'avez qu'à fouiller l'autre partie. Occupez-vous de la grande armoire, de la commode et du lit… Potter, pas la peine de sourire, je n'ai rien dit de tel…

- Ah, non, Professeur. Là c'est vous qui y avez pensé tout seul, pas moi… Moi, je n'ai rien dit du tout…

- Potter. Fermez-la ou vous repartez là-haut immédiatement.

- D'accord, Professeur.

- Et arrêtez de miauler. Au travail. »

Je me dirigeai donc vers le bureau alors que Potter allait vers la commode. Premier tiroir, ben rien. Deuxième, toujours rien. Pffff… Troisième, tiens une collection de manuscrits de magie noire de cette chère belle-maman Black… Brrr… Quelle horreur ! Et il fait quoi le gamin de 17 ans. Oh, Merlin ! Alors que je me retournai vers Potter, je me retrouvai face à mon pire cauchemar… Enfin pas exactement… Il cherchait consciencieusement sous la commode. Pour cela, il était à quatre pattes, le visage collé au sol et le postérieur légèrement surélevé, ce qui en soit était déjà un problème, mais quand ce sale môme essaya d'attraper un objet visiblement caché sous la commode, il commença un léger mouvement d'avant en arrière pour étendre au maximum son bras. Et là, j'avais un gros, un très gros problème. Il le fait exprès ce gosse ou quoi. Non, ce n'est pas possible, il n'est pas à ce point Serpentard. Son jean avait malencontreusement glissé et je devinais une chute de rein des plus déstabilisantes… Je fus sorti de mes pensées plutôt agréables par une voix que je maudissais et que je maudirais jusqu'à la fin de ma vie.

« La vue vous charme-t-elle, Professeur ?

- Hein… Qu… Quoi ?

- Oui, la fenêtre au-dessus du bureau, Professeur.

- Merlin, Albus… Pardonnez-moi. Avada…

- Et vous êtes malade… Je plaisantais…

- Moi aussi, Potter, moi aussi. »