WARNING !

Je pense que vous avez remarqué le changement de rating assez conséquent qui s'applique surtout à ce chapitre. Merci de ne pas le sauter ! ;)

Je tiens à rappeler ici l'histoire de Rose est une Fiction ! Ce que vous lisez est enjolivé, romancé, et n'est pas réel. La lecture de cette histoire ne répondra pas à vos questions personnelles et ne remplace pas une psychothérapie. Elle ne changera pas votre vie et ne l'améliorera pas non plus.

Si vous ressentez le besoin de parler, de vous libérer de quelque chose comme Rose (c'est très dur d'écrire ce Warning sans spoiler ^^), faites vous aider ! Pas besoin d'attendre d'être au bout du rouleau pour ça... Vous avez des CMP avec des psychologues gratuits, les psychologues de votre université, et si votre mal-être relève d'une urgence : les urgences, tout simplement. N'ayez pas peur de déranger et de bousculer pour recevoir l'aide dont vous avez besoin parce que vous le méritez ! Et qu'il y a toujours une lumière au bout du tunnel, je parle d'expérience !

En tout cas, si vous ne le sentez pas, sautez ce chapitre 10 parce que vous n'êtes pas venu ici pour souffrir 3

Et si vous êtes encore là, je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve plus bas


Elle regarde le lac, sublime. Illuminé de nuit. Pétillant de Lune et d'étoiles.

Elle ferme les yeux, ne parvenant pas à apprécier pareil spectacle dans le boucan de sa tête. Ses genoux se resserrent contre sa poitrine, mains sur les chevilles. Dans cette position d'unité, son corps se déchire en silence, perdue dans le firmament et de la folie.

Les pas de Léonie résonnent encore dans son crane et chacun des chocs de ses pieds sur les galets la brise. L'injustice anéantit, la culpabilité casse, le désespoir rompt. Et tout autour, le reste. Ce flot de mal-être, de questions, d'accusations et de haine trop fort pour être assimilé à sa conscience et trop brulant pour être ignoré.

Petite dans la nuit, perdue dans la vie, elle s'oubli. Un instant. Le vent caresse sa joue et le mouvement des vagues se glisse contre son oreille. Puis dans un craquement, la fine membrane maintenue par la potion de Léonie se fissure, se dissout. Le boucan la gagne avec la fureur des ouragans et la puissance d'un aérolithe.

« Qui es-tu ? »

Andrea Balmer. Promesse de vie puis assurance de fin. Celle qui détruit. Andrea Balmer qui tue et qui déchire.

Rose Weasley. Usurpatrice de bonheur et princesse du déni. Celle qui ignorait. Rose Weasley, l'illusion brisée.

Elle. Poids pour les uns, déchets pour les autres. Souillure de la nature. Bonheur devenu erreur sous la main de l'homme.

« Que fais-tu là ? »

Le couteau remué dans la plaie scintille d'écarlate dans sa main. Pleine d'égoïsme elle a voulu savoir. Prise de culpabilité elle regrette.

Le savoir peut-il détruire ?

N'a-t-il pas détruit Léonie ?

« D'où viens-tu ? »

D'ici. De cet eau. De cet air. De la coupure des galets sur son corps. De cette histoire pleine de poison et de gâchis.

Des bras d'Hermione. De l'amour de Ron. De la rivalité d'Hugo.

Du néant qui la terrifie. De la douleur qui la paralyse. De l'inutilité de son existence.

« Es-tu folle ? »

Oui. Contaminée par la vie. Patient zéro des Balmer. Agent orange des Weasley.

Oui. Parce qu'elle lui parle et qu'elle l'entend. Parce qu'elle est réelle et qu'elle lui appartient.

« Tu as tes réponses. Tu as ton histoire. Que comptes-tu faire ? »

Les réponses l'ont brisée alors elle décide de ne plus chercher.

Elle regarde le lac, sublime. Illuminé de nuit. Pétillant de Lune et d'étoiles.

Qui est-elle pour oser s'immiscer dans cette beauté ? Elle qui n'est que monstre d'humanité, souillure et blessure.

Beauté qui ne pouvait qu'être céleste. Beauté éclatante. Beauté immortelle.

La beauté pouvait-elle guérir d'un regard ?

« Les autres, peut-être mais pas toi. »

- Pourquoi pas ? souffle-t-elle à la nuit.

- Parce que tu n'es pas un autre. Tu es personne.

- Je suis Personne. Je suis Rose. Je suis Andrea. Je suis Personne, et Rose, et Andrea. Je suis invisible, voleuse et tueuse. Je suis elles et je ne suis pas toi.

- Je suis toi. Je suis toi puisque sans toi je ne suis pas, et sans moi tu n'es pas.

- Alors je choisis de n'être pas. D'être sans toi.

- Tu sais que tu ne peux pas.

- Je sais que je ne sais pas. Mais je sais que je peux. Si je peux…

- Si tu peux ? Quoi, si tu peux ? Tu es folle. Tu es stupide. Comme ton frère. Stupide. Perdue. Folle.

- Si je peux… »

Avec une lenteur infinie, elle se relève, brisant à son tour le silence de la nuit au roulement des galets dérangés par ses mouvements. Elle est sublime. Illuminée par la nuit. Pétillante de Lune et d'étoiles. Seule reine dans l'obscurité des ténèbres. De ses ténèbres.

Avec une lenteur infinie, elle se relève. Sa peau frissonne lorsque son pull rejoint la réalité de la plage. Elle claque des dents au contact du sol glacé sur sa peau nue.

Nue. C'est ce qu'elle devient peu à peu. Ni personne. Ni Rose. Ni Andréa. Ni folle. Nue.

Nue, elle avance. Equilibriste sur le fil de la vie. Enchainée par ce qu'elle doit être. Avide de devenir ce qu'elle veut être.

Nue, elle plonge les pieds dans l'eau glacée. Elle a froid, mais elle n'arrête pas.

Nue, elle s'immerge. Déportée par le courant, elle vacille.

Pulsion du bout des orteils, sans hésitation dans l'immensité liquide elle se perd.

« Que fais-tu ?

- Je te tue.

- Es-tu stupide ?

- Léonie a réussi. Elle a tué sa Petite Voix. Pourquoi pas moi ?

- N'as-tu pas décidé de ne plus chercher de réponses ?

- Je ne cherche pas de réponse. J'ai la réponse.

- Tu ne peux pas me tuer. Je suis toi et tu es moi.

- Alors je me tue pour te tuer.

- N'importe quoi. Personne, tu fais n'importe quoi. Personne. Personne ? Personne ! »

L'eau s'immisce dans ses oreilles, dans ses narines, dans sa bouche. Elle mettra sans doute une éternité à rejoindre le cœur. Glaçante. Purifiante.

Qui la tuera en premier ? L'eau ou le froid ?

« Tu ne veux pas savoir ! Sors de là ! »

Qu'importe. Elle est prête.

Avec le courage de celle qui tue ses démons, elle ouvre les yeux pour accueillir la mort.

Elle ouvre les yeux sur les ténèbres qui l'accueillent, illuminés, prêts à combattre ceux qui l'habitent.

Hoquet. Elle suffoque.

« Personne ! Personne ! Remonte ! Personne !

- Mais remonter… vers où Petite Voix ? Vois-tu la lune et les étoiles ?

- Bats-toi ! Nage ! Sauve-nous ! Sauve-moi !

- Pourquoi ? C'est agréable de mourir, tu ne trouves pas ?

- Tu es stupide ! Tu es faible ! Tu es ridicule ! Tu es…

- Je suis. »

Deuxième Hoquet. D'étouffements, mais pas que. Quelque chose se détache, comme si sa peau, cette ancienne peau torturée et morcelée pourrissait, brulait, disparaissait.

Sourire sur son visage. Sourire face à la mort.

Sérénité. Paix. Silence.

« Adieu, Petite Voix. »


Je rappelle le Warning ici. Mieux vaut plus que pas assez, surtout avec ce sujet !

Bon, j'espère que ce chapitre vous a plus, et j'espère surtout vous retrouver en review ! Huhu !

Je pense qu'il ne reste qu'un chapitre, sauf si il est trop long et que je décide de le couper en deux... Tout dépend. En tout cas, je ne pense pas le poster avant la semaine prochaine, je vais avoir quelques jours et un week end très chargé...

Merci de m'avoir suivi jusqu'ici et à bientôt, j'espère :)