Le temps a continué son cours, et les jours ont peu à peu accéléré. La fin de l'année scolaire et son cortège d'examens ont occupé tous les jeunes, et c'est avec une grande joie que nous avons accueilli le mois de juillet.
Cela fait maintenant 7 mois que je suis partie de chez moi, et autant de temps que je vis chez les Martins. Les grandes vacances sont l'occasion de continuer quelques travaux d'aménagement dans la maison et de faire découvrir aux plus jeunes des activités nouvelles. J'ai demandé à ma sœur de me ramener une voiture, afin de pouvoir les emmener un peu partout selon nos envies. Cette famille m'a tellement apporté, et j'ai vraiment envie de leur rendre tout cela.
Mais pour l'instant, je dois trainer Karl jusqu'à la remise des diplômes de son école. Il ne quitte pas encore le collège pour le lycée, mais son établissement tiens à organiser une journée de fête pour féliciter tous les étudiants. Christie travaillant aujourd'hui, Taylor garde Nigel et Aimee à la maison tandis que j'accompagne Olivia et son frère. La cérémonie est simple, suivie d'un pique-nique en extérieur. Plusieurs professeurs viennent me faire part de leurs commentaires, élogieux pour Olivia et plus secs pour Karl. La plupart sont toujours étonnés de me voir. Comme les parents et les élèves d'ailleurs.
Je remarque du coin de l'œil les trois jeunes qui avaient essayé de frapper Karl. Ils sont accompagnés de leur famille et notamment de leurs grands-frères, qui se trouvent au buffet. Je donne un coup de coude à Karl en les désignant, puis lui fait un grand sourire.
- Viens, on va rire un peu…
Je me rapproche discrètement d'eux, feignant de vouloir me resservir en salade de fruits. Je me sers avant de me retourner et tomber nez à nez avec les deux jeunes.
- Oh, comme on se retrouve !
- Stark…
- Je vois que tu te rappelles, c'est bien. Mais voyons ne soit pas aussi tendu, je ne vais pas te manger. Et Karl m'a dit que Gin et ses copains le laissaient tranquille. Donc, plus de soucis !
Je commence à m'éloigner alors qu'ils n'ont toujours pas décroché un seul mot. Je fais aussi peur que cela ? Je décide de les taquiner encore un peu, histoire de bien enfoncer le clou.
- A part si vous tenez absolument à vous refaire laminer par une fille…
- Tu n'es pas une fille Stark… Tu es la fille d'Iron Man. Juste une fi-fille à son papa qui a fugué pour faire croire à une rébellion.
- Je vois que tu t'es bien renseigné sur moi. Malheureusement, je suis habituée à ignorer les gens qui ne savent rien depuis ma naissance. Donc ton avis je m'en fous. Cela ne change rien au fait que vous vous êtes fait battre par une « fi-fille à son papa »
Sur ce, je tourne les talons pour retourner auprès d'Olivia qui discute gaiement avec ses amies. La journée continue tranquillement, Karl traine avec ses copains, et je discute avec plusieurs professeurs. Nous partageons nos avis à propos des actualités, et je crois que la manière dont je vois le monde, en tant que membre du SHIELD les intéressent. Je n'ai pas l'habitude de parler des évènements, mais c'est un exercice que j'apprécie. Si bien qu'il est déjà tard lorsque nous rentrons.
A la mi-juillet, Christie et les plus jeunes décident de partir une semaine en vacances chez les parents de Madame Martins. Taylor travaillant pendant l'été, il ne peut pas les accompagner. Personnellement, je ne me vois pas aller chez les Martins seniors. Je suis sûre qu'ils sont très gentils, mais ils ont aussi envie d'être tous en famille. C'est pourquoi j'ai décidé de rester avec Taylor, afin de lui tenir compagnie. La journée, je reste à bricoler dans la maison. Je me balade, je vois ma sœur et la meute… J'ai également prévu de voir Steve. Nous avions discuté comme il me l'avait demandé. Nous avons parlé des malaises qui pouvaient exister chez nous, enfants de supers-héros. Il semblait très impliqué dans le bien-être, non seulement de Jake et Elsa, mais chez chacun des enfants vivant dans la tour de New York. Cela fait plaisir de voir que les adultes, malgré tous leurs problèmes, prennent quand même le temps de se soucier de nos impressions. La vie de super-héros est une vie particulièrement stressante et intense, donc il n'est pas surprenant que chacun fasse l'autruche. Ma fugue en particulier a dû remettre ce mode de vie en question…
Le soir avec Taylor, nous sortons. Autant profiter de nos 17 ans ! Tous les soirs c'est fête. Mon nom et mon visage nous permettent d'entrer n'importe où, dans les clubs les plus sélectifs de la ville, et avouons que nous en profitons bien… Je ne sais même pas comment il fait pour faire la fête chaque soir et aller au boulot tous les jours… Pendant ces soirées, nous nous rapprochons inévitablement. L'alcool et l'esprit des boîtes de nuit jouent sur nos sens, et c'est donc sans aucun remord que j'ai un soir embrassé mon meilleur ami.
Le jeudi, nous avions particulièrement bu. C'était notre dernière vraie soirée avant le retour des Martins, et nous voulions nous lâcher complètement. Et en rentrant à pied alors que le soleil se levait, nous avons un peu perdu les pédales. Chacun se reposait sur l'autre, dans une étreinte affectueuse. Nous rigolions de tout et n'importe quoi, sans vraiment nous rendre compte de ce qui se passait autour de nous. Et à dire vrai, nous nous en fichions pas mal…
Lorsque nous sommes rentrés dans la maison, je me suis appuyée sur la porte, encore en train de rire de notre soirée. La tension était palpable entre nous, il y avait comme du gaz dans l'air et une étincelle pouvait tout faire sauter. Mon meilleur ami s'est appuyé sur la table, face à moi. Lui aussi riait, et sa mimique avec ses lèvres le rendait irrésistible… Ses lèvres… J'étais obnubilée par elles. Je me suis jetée d'un coup sur lui en l'embrassant avec fougue. Sans vraiment comprendre comment, ni pourquoi, il a répondu au baiser. Tant de douceur et d'explosion à la fois, je ne sais même pas si c'était l'alcool qui sublimait l'instant, ou bien si c'était l'instant lui-même qui était magique. Je me suis accrochée à Taylor comme à une bouée de sauvetage, même si je n'étais pas en plein naufrage… La situation a peu à peu dégénéré, nous avons bougé avant que je ne le plaque contre la porte de sa chambre. Et de fil en aiguille, nous avons fini par nous abandonner totalement à l'autre.
Et maintenant je suis nue dans son lit, avec une bonne gueule de bois. Et malgré cela, aucun trou noir. Pas que je veuille oublier, mais mes années d'entrainement à la beuverie m'ont apparemment permis d'éviter une situation gênante. Non, je ne regrette pas ce qu'il s'est passé… Quoique… Il va falloir que j'aie une sérieuse discussion avec lui. Je ne ressens rien d'autre qu'une satisfaction, une tension disparue. Mais pas vraiment de sentiments romantiques… Je fini par me lever, prendre une bonne douche puis errer dans la maison tout en réfléchissant à comment ma relation avec Taylor va pouvoir évoluer.
Quelques semaines plus tard, je n'ai toujours pas parlé avec Taylor. Mais il ne semble pas perturbé plus que cela. J'ai fini par imaginer qu'il ressentait comme moi, ce qui a l'air assez vrai. Notre relation est la même, personne n'a honte de ce qu'il s'est passé, même si personne n'est au courant. En même temps, je ne vais pas le crier sur tous les toits…
Pour le moment, je suis en train d'installer Aimee dans le siège auto de ma voiture. Je les emmène elle, Nigel et Olivia à la mer, et Karl reste en ville pour voir des amis. Après avoir bien installé les deux plus jeunes, je démarre la voiture et me dirige vers une plage que je sais inoccupée. Les fenêtres ouvertes et la musique qui en sort, nous roulons pendant une petite heure, longeant les falaises. Nous débouchons finalement sur un lieu paradisiaque. Une plage de sable doux que les vagues viennent caresser doucement, sans personne pour nous déranger. Ces enfants n'ont jamais vu la mer d'aussi près, et cela me rend heureuse de voir toutes ces étoiles au fond de leurs yeux.
Nous nous garons et sortons nos petites affaires. Puis nous nous installons un peu à l'ombre. Je veille à ce qu'Aimee et Nigel soient bien protégés du soleil, avant de partir me baigner avec eux. Aimee et surexcitée, et bien que son tempérament soit beaucoup plus calme, Nigel est lui aussi aux anges. Olivia est également ravie.
Une après-midi à barboter dans l'eau, à faire des châteaux de sable et à jouer sur la plage. J'aurai bien fait une sieste, mais avec deux piles comme les autres, c'est trop compliqué, et trop dangereux. J'ai pris un livre à lire alors qu'Olivia bronze sur une serviette et les autres somnolent à côté. J'observe l'océan qui se déploie en face. J'écoute les bruits doux des flots. Je ferme les yeux et me revois avec ma mère, ma sœur et mon père lorsque nous venions ici quand j'étais petite. Cela m'apaise de penser à ces souvenirs. Je n'ai pas vu ma mère depuis presque un mois maintenant et ma sœur depuis à peu près autant de temps. Nous nous appelons souvent, mais ce n'est pas tout à fait la même chose… Quand à mon père… Je réfléchis très sérieusement à le revoir. Nous sommes maintenant en août, je pense que je suis prête. Durant ces huit mois, j'ai gagné en maturité, en patience et en sérénité. Sans pour autant reprendre ma vie d'avant, j'essaie de m'imaginer ma vie si je fais un pas vers mon père.
Je ne l'avouerai jamais mais sa simple présence me manque. Il faisait partie d'un équilibre autour de moi, et même si on ne parlait pas, son aura m'apportait du réconfort.
Nous rentrons finalement en fin d'après-midi. Les deux plus jeunes sont bien fatigués, et je sens que le couché va être plutôt facile ce soir… Sur le chemin, nous nous arrêtons dans un café pour acheter des glaces. Après avoir garé la voiture devant la maison, Nigel glisse sa main dans la mienne et Aimee me fais un gros bisou sur la joue. Des journées comme celle-là, j'en veux tout le temps.
Au final, je borde Aimee qui dors déjà à poings fermés en suçant son pouce et en serrant son lapin en peluche dans ses bras. Dans la chambre d'à côté, Nigel est assis dans son lit, jouant avec les coquillages qu'il a ramené de la plage. Nous nous sourions, puis je lui souhaite bonne nuit tandis qu'il s'allonge sous le drap.
A la demande d'Olivia, nous allons aujourd'hui faire les boutiques. Ce n'est pas quelque chose qu'elle fait régulièrement, mais elle avait envie de nouveau dans sa garde-robe. Elle grandit et à envie de se sentir jolie. C'est pourquoi nous avons décidé de nous faire une journée juste toute les deux.
Je l'emmène dans un centre commercial de la ville. Même si j'ai l'habitude de venir ici – plus pour observer les gens que pour m'acheter véritablement des vêtements - je suis émerveillée par la taille du bâtiment. Les boutiques se répartissent sur 4 étages, autour d'un immense puis de lumière. Avec une chaleur pareille, on ne trouve pas beaucoup de monde. Bien que le complexe soit climatisé, tout le monde s'est précipité à la plage ou à la piscine. Il reste encore trois semaines de vacances, mais chacun veut profiter au maximum du beau temps ainsi que de leur temps libre…
Ce n'est pas plus mal ainsi. Cela fait plus de place pour nous. Nous commençons par le rez-de-chaussée, en ciblant les magasins qui tentent Olivia. Elle ne sait pas vraiment ce qui lui plait le plus, mais il faut bien commencer quelque part. Je la conseille et l'oriente d'après ce que je sais d'elle. Elle me montre également des vêtements qu'elle a vu sur ces amies ou dans des magazines. Mais je refuse. Ce sont généralement des vêtements pour des personnes plus âgées, il ne faut pas oublier qu'Olivia n'a que onze ans… Alors les minijupes où les décolletés provocants, je sais d'avance que cela ne va pas plaire à sa mère. Ni à elle-même.
- Tu dois t'habiller pour toi, Olivia. Pas pour ressembler à tes copines.
- Et si c'est ce que je veux ?
- Tu veux vraiment faire comme tout le monde, ressembler à tout le monde ? Il faut trouver ton propre style et t'affirmer !
La petite leçon de mode continue tandis que nous montons peu à peu les étages. Arrivées au second étage, nous faisons une petite pause près du puit de lumière. Une ombre attire tout de suite mon regard, et lorsque je monte mon regard, je vois une silhouette près de la verrière du plafond. Après quelques secondes d'hésitations, je siffle un grand coup pour attirer l'attention de la personne, puis lui fait de grands signes pour qu'elle me voie. Elle s'accroche à une poutre de la structure en métal avant de descendre nous rejoindre.
- Cela fait longtemps, Agent Romanoff.
- Je commençais à me demander quand tu allais refaire surface.
- Je ne me suis jamais cachée… Ou en tout cas, plus depuis quatre mois.
- On sait. Mais il faut croire que tes copains de la meute te couvrent plutôt bien.
Je me retourne vivement en entendant une voix masculine. Clint Barton se trouve là, sans que je ne l'aie entendu arriver.
- Mais Samuel est un bien piètre menteur.
- Dommage pour un futur espion. Heureusement qu'il se débrouille pas trop mal au combat.
Je vois les deux espions faire une grimace. Ils n'aiment pas évoquer le fait que leur fils deviendra un espion. Comme tous parents, ils souhaitent protéger leur enfant de ce monde-là.
- Et sinon, vous faites du shopping ?
- Très drôle, Stark. On travaille, nous !
- Tu insinue que je ne travaille pas ? Bon d'accord c'est vrai, mais même…
- On nous a signalé une activité pas très légale dans le coin, donc on est venu vérifier…
- Pourquoi envoyer deux Vengeurs pour une mission aussi simple ?
- On est au mois d'août, faut croire que tous les agents sont partis en vacances…
- Et puis, ça nous change des missions périlleuses !
- Vous faites une petite virée en amoureux quoi…
Ils me sourient avant d'éclater de rire. Je les laisse retourner bosser, tandis que je continue ma journée avec Olivia. Celle-ci semble impressionnée par Natasha.
- Elle a trop la classe…
Je souris avant de la poussée vers le prochain magasin. Si on veut rentrer à temps pour le diner, il faut penser à accélérer !
Nous rentrons au final avec une bonne dizaine de sacs remplis de vêtements en tout genre. Christie avait donné de l'argent à Olivia, mais j'ai complété… Ce n'est pas tous les jours que je peux faire cela ! Madame Martins n'est pas super contente, mais voir sa fille ravie par une telle journée lui redonne le sourire.
La rentrée est maintenant dans une dizaine de jours. Taylor et moi profitons de quelques dernières soirées, et nous avons commencé quelques révisions pour se remettre dans le bain. Surtout que mon année dernière n'avait pas été très régulière, et même assez perturbée. Du coup j'accumule les lacunes. Victoria viens aussi travailler avec nous de temps en temps. Avec mon meilleur ami, ils m'aident à combler le manque de connaissances que j'ai accumulé pendant mes trois semaines d'absences, ainsi que les autres cours que j'ai eu du mal à reprendre par la suite. Le seul cours que je maîtrise, bien que je n'aie jamais eu de cours à proprement dit, c'est celui de droit et politique. J'ai beaucoup pensé aux débats que j'avais eus avec les professeurs du collège de Karl et Olivia, et j'ai décidé de suivre ce cours l'année prochaine.
Je me suis souvent demandé ce que je pourrai faire comme études. Victoria ira sûrement à la MIT, comme notre père. Quant à moi, je n'avais absolument aucune idée de ce que je voulais. Maintenant, je me dis que la fac de droit me conviendrait peut-être. Devenir avocate, ou juge me tente. Travailler dans la justice pour protéger les plus faibles. C'est d'ailleurs une discussion qui revient de temps en temps…
- Et sinon, vous comptez faire quoi après le lycée ?
- J'aimerai faire de la photo. Une fac d'art, cela m'irai bien… Je crois qu'il y en a une à New York justement… Et toi, Vic ?
- Aller à la MIT. Continuer le travail de Papa.
- Reprendre Stark Industries ?
- Pas tout de suite, mais oui.
- Tu n'as pas à continuer son travail, tu fais déjà son boulot !
- Très drôle Sunny. Mais et toi ? Tu vas faire quoi ?
Je réfléchis en mordillant mon stylo avant de leur faire part de mes intentions.
- J'ai pensé à travailler avec les enfants, mais… Je ne pense pas que ce soit une bonne idée…
- Pourquoi ?
- Le danger. Quoique nous fassions, Vic et moi seront toujours des cibles pour tous les vilains de la planète.
- Et des mondes parallèles !
- Oui, aussi… En choisissant un travail dans un atelier chez elle, Vic est à l'abri. Mais personnellement, je ne peux pas mettre la vie d'enfant en danger. Donc c'est une possibilité à écarter…
- Et maintenant ?
- Je crois que je vais aller à la fac de droit de New York. Et ensuite, pourquoi pas aider une œuvre caritative ? Grâce à nos parents, je ne suis pas dans le besoin financièrement. Et j'ai envie d'être utile aux autres…
- Comme un super-héro…
- L'héritage d'Iron Man, n'est-ce pas ?
- C'est Sunny qui a le plus hérité de l'armure. Je construis, elle manipule.
- Tu as déjà enfilé l'armure ?
- Non. Ma mère a toujours refusé. Elle trouve cela trop dangereux.
- Elle a peur que tu ailles défier toutes les personnes que tu n'aimes pas surtout…
Nous rigolons parce que c'est exactement ce que je serais capable de faire. Nous continuons de travailler tout en discutant. Ma sœur part plus tôt que d'habitude à cause d'un rendez-vous avec Jake Roger, me laissant seule avec Taylor. Mais bien vite, notre concentration s'efface. Il nous reste encore trois heures avant que Christie ne rentre avec les quatre affreux. Nous commençons à nous chamailler, puis cela se transforme vite en bataille de chatouille. Nous courons dans toute la maison et je finis par me jeter sur lui pour l'immobiliser. Assise à califourchon sur lui, je m'acharne alors qu'il pleure de rire.
Je m'arrête et nous nous observons. Je passe ma main dans ses cheveux alors que la tension qui avait disparue depuis un mois revient. Encore plus forte, encore plus soudaine. Nous nous jetons dans les bras l'un de l'autre en oubliant tout le monde extérieur.
Et je suis à nouveau nu dans son lit. Nous observons tous les deux le plafond dans un silence religieux pesant. Il se relève, s'assoie sur le bord du lit et prend sa tête dans ses mains. Je me mets sur le côté pour l'observer. Il est magnifique. Un peu maigre, mais d'une douceur incroyable. Mais je ne ressens rien d'autre qu'une profonde amitié. Alors pourquoi je finis par coucher avec lui ?
- Taylor…
Ma voix n'est qu'un murmure, mais je ne supporte plus ce silence. Voyant qu'il ne répond toujours pas, une larme s'échappe de mes yeux. Il la voie et l'essuie de sa main.
- Pourquoi pleures-tu ?
- Je ne sais pas. J'ai l'impression que quelque chose cloche entre nous…
- Je t'aime beaucoup Sunny… Mais pas comme ça…
Il prend une grande inspiration avant de continuer.
- Tu es ma meilleure amie. Je t'adore, mais je ne suis pas amoureux de toi, tu comprends ?
- Ne t'inquiètes pas, je comprends. C'est pareil pour moi…
Je m'assoie à mon tour, et m'appuie contre lui, dos contre dos.
- Je ne comprends juste pas pourquoi il y a cette tension entre nous…
- Parce qu'on a 17 ans… Parce que nos hormones nous travaillent… Parce que tu es vraiment très belle…
Ces mots me touchent encore plus venant de lui. Je le regarde et je lis dans ses yeux toute la tendresse qu'il renferme.
- Donc on est quoi ? Amis ? Amants ?
- Meilleurs amis. Qui ont un peu dérapé. Mais il ne faut plus que ça se reproduise…
- D'accord.
Et sur ce, j'ai juste posé mes lèvres sur les siennes. Comme un baiser d'adieu pour clôturer cette parenthèse dans nos vies.
Nous y sommes. La rentrée est dans cinq jours et nous faisons donc les courses scolaires. Même si les Martins réutilisent pas mal de choses de l'année dernière, ils doivent racheter quelques affaires pour chacun. Nous sommes donc chacun avec notre petite liste personnelle, et repartis en groupe de plusieurs pour que cela soit plus rapide. Christie est avec Karl qui fait la tête comme tout bon adolescent avant la rentrée. Taylor est avec Olivia et Nigel, toujours sérieux quand on parle de classe. Et je me trouve avec Aimee qui prépare sa rentrée dans l'école des grands comme elle l'appelle.
Et autant on doit trainer Karl, autant on doit retenir Aimee. J'ai renommé cette journée la journée des courses, ou les joies d'avoir un enfant qui veut tout ce qu'il lui passe sous les yeux et les mains. La petite part dans tous les sens, et reviens me voir avec plein d'affaires dont elle n'a absolument pas besoin. Et Mademoiselle fait des yeux de chat pour que je cède. Mais s'il y a bien une chose que j'ai développé durant ces huit mois, c'est une résistance aux caprices.
- Aimee, j'ai dit non. Tu as déjà une trousse.
- Mais celle-là c'est une Hello Kitty ! Et elle a pleins de poches pratiques pour…
- Aimee, stop. Tu n'as pas besoin non plus d'un compas, d'un stylo-gomme, ni d'une nouvelle boite de feutres.
Je repose au fur et à mesure tout ce qu'elle me tend.
- Mais Sunny !
- Non, c'est non. Il te faut juste des cahiers, un stylo encre et une boite de crayons.
Elle soupire avant de me faire la tête. C'est bien la sœur de Karl, elle… Elle continue de bouder jusqu'à ce que l'on retrouve le reste de la famille. Taylor se fiche d'elle alors que Christie me félicite de ne pas avoir cédé. La petite terreur oublie bien vite tous ces malheurs et ne me fais la tête qu'un petit quart d'heure avant de revenir vers moi en me montrant tous ce qu'elle voit. C'est fou la capacité qu'ont les enfants à s'émerveiller devant pas grand-chose… Même si cette carriole vendant des pâtisseries et très intéressante…
Je crois que je suis moi-même une grande enfant…
Vous y croyez vous? 4 028 mots! Ce n'est pas ma partie la plus longue, mais ça commence à faire!
Une partie entière sans coupure, voilà votre cadeau de Noël! Elle ressemble assez à un recueil de petite anecdotes sur les vacances de Sunny, vous aimez? J'espère que la manière dont évolue l'histoire vous plait! Une petite review pour me dire ce que vous pensez, ou même juste pour me dire ce que le père Noël vous a amené cette nuit ;) (Je commence, je vais bien m'éclater à dessiner sur ma tablette graphique \o/ et mes frères sont les meilleurs!)
Merci pour les reviews précédentes. Pour Une Fan, encore merci du coup ;) Eh oui, une simple review peut nous donner un immense sourire! Pour Lili, Je fais d'une pierre 9 coups ;) Merci beaucoup pour chaque commentaire à chaque chapitre... C'est juste énorme! Et pour le coup, je ne m'y attendais pas! Je croise les doigts pour que la suite soit à la hauteur !
Donc la partie V finie, je publierai le premier chapitre de la partie VI dimanche, mais sûrement tard. Je ne serai pas là mercredi prochain (Je vais bien vous narguer, parce que je vais passe le Nouvel An à Londres! Héhéhé, je suis Machiavélique!) Donc pour éviter de trop vous faire attendre, publication entre mon retour de la tournée familiale et le départ pour la capitale britannique.
Dans la partie VI, ça s'assombrit pour Sunny.
Maintenant je vais vous laisser m'écrire un petit mot, et bien profiter de votre famille, amis, cadeaux ou juste jour férié! Plein de douceurs (et je ne parle pas que des chocolats, bande de gourmands!) et plein de joie, je vous souhaite un très chaleureux et JOYEUX NOËL!
Bisous
Lie
