Bonjour à tous ! Me revoici avec ce nouveau chapitre. Il se sera fait un peu attendre, mais je pense que vous n'allez pas être déçus par ce chapitre qui réserve bien des surprises. J'attends vos impressions lorsque vous l'aurez fini.
Encore désolé pour les délais, je suis en plein examen en ce moment, je n'ai donc pas trop le temps. Mais ne vous inquiétez pas, cette fiction est totalement écrite, il y aura donc une fin ! Il me faut juste changer quelques détails et procéder à des corrections pour que l'histoire ait du sens. (Ca prend beaucoup de temps O-O)
J'attends vos reviews avec impatience. (Vous allez me traiter de tous les noms d'oiseaux possibles haha) Merci à ma chère Melior Silverdjane qui me suit depuis le début ! Et à Marine02 également, qui est toujours aussi fidèle ! Merci les filles :D
Et merci à Salom, Rhea et Cameja333, vos reviews me font très plaisir et me motivent !
Pour répondre à ceux qui n'ont pas de compte :
Salom : Merci ! J'ai hâte d'avoir tes impressions sur ce nouveau chapitre. Il y aura beaucoup d'actions et de rebondissements, tu verras. ;) A plus !
Marine02 : Merci beaucoup Marine ! haha je pense que Boromir est un peu sensible à son charme c'est vrai. Bon après tout, c'est la seule fille du groupe « jeune et jolie ». Quant à Legolas… mystère et boule de gomme, je resterais muette. En tout cas il se sent responsable, et protège Elanor. L'épée est particulière oui, ce n'est pas qu'une épée elfique après tout, Melian l'a ensorcelée pour protéger sa fille de Morgoth. Mais tu en sauras plus sur ses caractéristiques un peu plus tard dans l'histoire. J'espère te lire de nouveau, tu me diras ce que tu penses à la fin de ce chapitre. A bientôt!
Bonne lecture.
gallica
Chapitre 10 : La Moria
L'épée d'Elanor continuait de briller dans l'obscurité, jetant une lueur aveuglante sur les murs et les visages de ses compagnons. Tous se retournèrent pour la regarder, étonnés.
- Voilà bien la preuve de la magie de Melian, s'exclama Gandalf.
Elanor leva les yeux vers le magicien. Comment savait-il que Melian avait forgée son épée ? se demanda-t-elle. Il n'y avait que les elfes, Legolas et Elrond qui connaissaient la nature et l'origine de son épée. Et Frodon, depuis la dernière fois.
A moins que ce dernier ne lui en ait parlé… Gandalf lui sourit, et la regarda avec bienveillance. Legolas et Aragorn regardaient son épée avec une expression émerveillée. Gimli y jeta un coup d'œil, non dénué d'intérêt puis se retourna pour regarder les alentours de la mine.
- Hum… bientôt mes amis, vous allez pouvoir apprécier l'hospitalité des maîtres nains. Un bon feu, une bière brassée, une belle pièce de viande. Ceci est la demeure de mon cousin Balin.
La lueur de l'épée d'Elanor s'éteignit peu à peu, et elle regarda le phénomène sans comprendre.
- Et ils appellent ça une mine ! Une mine ! continua Gimli.
Gandalf alluma son bâton, et ils purent alors voir les murs, et l'escalier devant eux qui s'enfonçait dans les souterrains. Boromir s'avança, et un objet craqua sous son pied. Surpris, il baissa les yeux et vit que le sol était jonché de morceaux d'os.
- Ce n'est pas une mine, dit-il dans un souffle, c'est un tombeau.
Elanor balaya la salle des yeux, et vit avec effroi un nombre incalculable de cadavres sur le sol. Il y en avait partout, même sur l'escalier qui montait dans les tréfonds de la mine. Tous étaient des nains, en armure, et ils étaient percés de flèches noires et crasseuses.
- Non !
Gimli se mit à courir d'une victime à l'autre, pleurant à chaudes larmes.
- Nooon !
Elanor se mit à trembler. Le cri de désespoir du nain lui donna des sueurs froides, et elle sentit les palpitations de son cœur reprendre de plus belle.
Legolas se précipita sur le cadavre d'un nain, et tira une flèche du corps. Le bruit qu'il fit fut répugnant pour ses oreilles, et Elanor esquissa une grimace de dégout.
- Des gobelins !
Il jeta la flèche et se dressa vivement, décochant déjà une flèche dans son carquois. Aragorn et Boromir dégainèrent leurs épées, aux aguets.
- Nous n'avons plus le choix désormais. Il nous faut affronter les ténèbres de la Moria, déclara Gandalf. Allons, nous devons avancer. Reprenez vos esprits Gimli, vous aurez tout le temps de les pleurer une fois sortit de la mine.
Il posa une main sur l'épaule tressautant du nain, et celui-ci renifla bruyamment. Tout le monde le regarda avec compassion, et même Legolas, qui s'abstint de tout commentaire.
- Soyez sur vos gardes, reprit Gandalf. Il y a ici des êtres plus anciens et plus répugnants que les orques dans les profondeurs du monde. Ne faites pas de bruit, il nous faudra quatre jours de marche pour rejoindre l'autre côté. Espérons que notre présence passera inaperçue.
Sur ces paroles peu rassurantes, Gandalf s'avança et monta les marches de l'escalier, suivit le reste du groupe. Elanor serra la garde de son épée, et suivit Aragorn.
Ils débouchèrent sur un pont étroit, qui traversait un puit sans fond. Elanor sentit un léger vertige lui donner le tournis alors qu'ils traversaient en file indienne le passage, leurs pieds se posant parfois au bord du précipice. Déglutissant, elle regarda droit devant elle et suivit des yeux les pieds d'Aragorn.
La galerie était énorme, et la paroi du plafond s'élevait à plusieurs centaines de mètres au-dessus d'eux. C'était un endroit disproportionné, et construit par les nains qui avaient creusés de plus en plus loin. Elanor n'aurait jamais cru jusqu'à aujourd'hui que de si petits êtres puissent créer des choses aussi démentielles.
Ils traversèrent des galeries ou des tonneaux remplis de pierre étaient encore suspendus à des chaines. Gandalf s'arrêta à un endroit ou le mur était veiné d'un minerai blanc.
- La richesse de la Moria ne vient pas de l'or, ou des joyaux, dit-il avec un air énigmatique en se retournant vers eux, « mais du Mithril. »
Il brandit son bâton vers le précipice, l'éclairant. Tous se penchèrent, et Elanor ne vit d'abord rien, puis de petites étoiles se mirent à briller dans le fond du puit, créant une constellation éblouissante. Les hobbits ouvrirent la bouche, émerveillés par la vision qui s'offrait à eux. Elanor ne put se retenir d'avoir la même expression. Ce n'est pas qu'elle aimait les babioles et les joyaux, elle n'en avait jamais eu en sa possession d'ailleurs. Mais elle devait avouer qu'elle n'aurait pas refusé de toucher ou regarder de plus près l'un de ces éclats d'argent.
- Bilbon avait une cote de maille en Mithril, déclara Gandalf, interrompant leur contemplation. Thorin la lui avait offerte.
- Oh, ça c'était un cadeau royal ! commenta Gimli.
- Oui, je ne lui ai jamais dit, mais sa valeur était plus importante que celle de la comté entière, rit Gandalf.
Frodon leva les yeux, et haussa les sourcils tout en serrant sa chemise.
Elanor se dit que le vieil hobbit était décidemment un petit cachotier. Il ne lui en avait pas parlé une seule fois au court de son récit de cette cottre de maille ! Il lui avait bien raconté que Thorin l'avait récompensé pour l'avoir aidé à récupérer sa montagne, cependant il ne s'était pas attardé sur la nature monétaire de ce qu'il avait gagné. Ah, les hobbits…
Elanor passa sa première nuit dans la grotte à greloter dans sa couverture, et la seconde ne fut pas plus concluante. Elle n'attendait qu'une chose, c'était de quitter cette mine qui lui donnait froid dans le dos. Il n'y avait pas d'air, et il était impossible de faire un feu. Par ailleurs, cela n'aurait servi à rien car ils n'avaient plus grand-chose à manger dans leurs réserves.
Elanor passait son temps à calculer combien il lui restait de gâteaux elfiques et de fruits secs pour le reste du voyage.
Malheureusement il fallait encore deux jours, si elle en croyait Gandalf, pour atteindre l'autre côté. Elle aurait tout juste de quoi faire pour les jours à venir.
Au troisième jour, ils atteignirent le cœur de la mine. A cet endroit, la paroi était étroite, et l'atmosphère oppressante. D'énormes stalactites tombaient du plafond, et touchaient presque le sol. Des maisons abandonnées, sculptés dans la roche, faisait ressembler la Moria à une ville fantôme.
Elanor grimpa à la suite des autres, l'air rance de la grotte lui emplissant les poumons. Pippin glissa soudain sur une marche de l'escalier, et Merry le rattrapa de justesse.
- Faites attention, lui chuchota t-elle.
Pippin eut un sourire d'excuse.
Ils atteignirent bientôt le sommet de l'escalier, devant lequel se trouvaient trois portes. Gandalf s'arrêta, pensif.
- Je ne me souviens pas de cet endroit, marmonna-t-il.
Il s'assit alors sur un rocher, face aux portes et resta ainsi sans bouger.
Elanor croisa les bras, et se dit que le magicien en aurait pour un moment pour réfléchir, encore une fois. Le reste du groupe patienta avec discipline, mais au bout d'une heure Gandalf n'avait toujours pas bougé. Ainsi, ils s'assirent et en profitèrent pour se reposer.
- Sommes-nous perdus ? chuchota Pipin à Merry.
- Non.
- Je pense que si.
- Chut, Gandalf réfléchit, dit Merry.
Elanor regarda Gandalf avec inquiétude. Le magicien était resté immobile depuis plus de deux heures, et elle se mit à douter pour la première fois qu'il ne puisse trouver de solution.
L'angoisse lui noua la gorge à l'idée qu'ils fussent perdus.
- Merry ? appela Pippin.
- Quoi ? s'exaspéra ce dernier.
- J'ai faim.
Elanor retint un éclat de rire. Bien qu'il était agaçant, le petit hobbit lui fit soudainement pitié. Il se tenait le ventre, et apparemment il était vraiment affamé. Elanor le soupçonna d'avoir englouti le contenu de son sac, sans en prévoir les conséquences.
Elle attrapa son propre sac, et fouilla pour y trouver les quelques fruits qui lui restaient.
- Attrapez ça, Pippin.
Le hobbit leva la tête, et réceptionna la nourriture avec surprise.
- Merci, répondit Pippin.
- Mais et vous, Elanor ? demanda Merry.
Elanor fit un geste devant son visage, signifiant que ce n'était rien. Même si à ce moment elle mourrait de faim, comme les hobbits.
- Ne vous inquiétez pas pour moi Merry, il m'en reste assez. Mangez.
Joyeusement, les deux hobbits se partagèrent les fruits, et les mangèrent en silence. Elle sentit le regard de Legolas et de Boromir sur elle, et tenta de les ignorer.
Elle crut que Legolas allait se lever pour la rejoindre, mais Boromir le devança et prit place à ses côtés. Elanor le regarda avec méfiance, et se demandant ce que l'homme lui voulait.
- C'est un geste très noble ce que vous avez fait, chuchota-t-il en prenant garde à ce que les hobbits ne l'entendent pas.
Elanor perdit contenance, surprise par son compliment.
- Hum… merci.
- Je… je ne vous ai pas fait d'excuse pour la dernière fois, et j'en suis désolé. Mes paroles ont dépassés ma pensée.
Il se tut, et Elanor le dévisagea. Boromir la regardait dans les yeux, et elle se sentit soudainement gênée et mal à l'aise d'être le centre de son attention. Elle détourna la tête, et regarda dans le vide.
- Excuses acceptées.
Elle ne l'entendit pas, mais sentit Boromir soupirer.
Se sentant de plus en plus mal à l'aise en sa présence, elle décida de changer de place, et monta un peu plus haut avec l'intention de demander au magicien gris ce qu'il fabriquait. Elle laissa donc Boromir seul, et bien qu'elle aurait pu faire des efforts pour dialoguer avec lui, elle n'en eut pas la force.
Gandalf marmonnait tout seul, et il mâchonnait sa pipe en fixant chacune des ouvertures.
- Alors ? Vous avez trouvé ?
Elle crut qu'il allait sursauter, mais il se retourna calmement vers elle.
- Non. Toujours pas.
Elanor soupira, et s'assit à côté de lui.
- Pourquoi ne testerions-nous pas l'une de ces entrées ? Si ce n'est pas la bonne nous pourrons toujours rebrousser chemin.
- C'est un bon plan, excepté que je doute que nous ayons suffisamment de temps pour faire demi-tour. Ces galeries s'enfoncent sur des kilomètres, et c'est un vrai labyrinthe. Nous serons déjà morts avant d'avoir pu revenir ici, répondit Gandalf.
- Ce n'est pas bien encourageant.
- Non, en effet.
Le magicien retint un sourire, et Elanor trouva la situation désopilante, même si elle avait fortement envie de continuer de plaisanter avec Gandalf.
- Elrond vous en a parlé ? De mon épée ? demanda Elanor.
Gandalf arrêta un instant de mâchonner sa pipe.
- Bien sûr. Et il m'a parlé de vous aussi.
Ses yeux s'emplirent de malice. Elanor croisa les bras.
- Ah. Je me demandais comment vous saviez que mon épée avait été faite par Melian.
- Une épée magique ne trompe jamais un magicien, répondit Gandalf. Et surtout pas un Maiar.
Frodon apparut soudainement, courant vers eux avec un air inquiet. Elanor fronça les sourcils.
- Frodon ? Qu'y a-t-il ? demanda-t-elle.
- Il y a quelque chose en bas.
Elanor et Gandalf baissèrent les yeux, et virent une forme grise se mouvoir en contrebas. Deux petits yeux jaunes brillèrent dans l'obscurité avant de brusquement disparaitre.
- C'est Gollum, répondit Gandalf.
- Gollum ? s'étonna Frodon.
- Cela fait maintenant trois jours qu'il nous suit.
- Il s'est échappé des donjons de Barad-dur ?
- Echappé, ou relâché, répondit Gandalf. C'est l'anneau qui la mené jusqu'ici.
- Qui est Gollum ? demanda Elanor.
Elle était perdue.
- Gollum est l'ancien possesseur de l'anneau, répondit Gandalf. Lequel à qui Bilbon l'a volé pendant notre périple jusqu'à la montagne solitaire. Gollum a gardé l'anneau pendant de nombreux siècles, et il est à présent complètement dépendant de lui.
- Bilbon ne m'a jamais raconté cette histoire.
- C'est peut-être parce qu'il n'en est peu fier, répondit Gandalf.
- Quelle pitié que Bilbon n'en ai pas fini avec lui, s'exclama Frodon.
- De la pitié ? Mais c'est la pitié qui a retenu sa main de votre oncle, lui révéla Gandalf. Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie. Est-ce pour cela que vous pouvez-vous leur rendre, Frodon ?
Un silence pesant tomba entre eux.
- Ne soyez pas trop prompt à dispenser la mort des gens, continua Gandalf en se radoucissant. Même les grands sages ne peuvent le prédire. Et mon cœur me dit que Gollum a encore un rôle à jouer, en bien ou en mal, avant que cette histoire ne se termine. De la pitié de Bilbon peut dépendre le sort de beaucoup.
Frodon s'assit à côté d'Elanor, décomposé.
- Je voudrais que l'anneau ne soit jamais venu à moi. Que rien de tout ceci ne se soit passé.
- Frodon.
Gandalf le regarda avec chagrin, et Elanor passa son bras autour des épaules du hobbit. Frodon était au bord des larmes, épuisé.
- Comme tous ceux qui vivent des heures si sombres, mais ce n'est pas à eux de décider, dit Gandalf. D'autres forces sont à l'œuvre dans ce monde, autres que celles du mal. En trouvant l'anneau, Bilbon a été désigné, et par ce fait vous aussi.
- Je vous aiderais jusqu'au bout, Frodon. Même si je dois y laisser la vie, dit Elanor en essayant de le réconforter.
- Je souhaiterais que vous n'ayez pas à mourir dame Elanor.
Elanor lui sourit tristement.
- Je le souhaite aussi, croyez-moi.
- Tout ce que nous devons faire, c'est savoir que faire du temps qui nous est imparti, dit Gandalf.
Il se leva brusquement.
- Oh, c'est par ici.
Elanor leva les yeux avec surprise. Les membres de la communauté assis un peu plus bas sortirent de leur torpeur.
- Ah, ça lui revient ! s'exclama Merry, assez bas pour que Gandalf ne l'entende pas. Cependant le magicien l'entendit.
- Pas du tout. Mais l'air est moins nauséabond en bas.
- Quoi ? s'exclama Elanor.
Le magicien s'avança vers la porte de droite, remettant son chapeau sur la tête. Il descendit les premières marches de l'escalier.
- Dans le doute maître Meriadoc, il faut toujours suivre son flair.
Gandalf se mit alors à rire, et descendit joyeusement l'escalier, Frodon sur ses talons.
Elanor resta immobile. Et dire qu'il avait osé rejeter son plan il y a deux minutes, et voilà qu'il se fiait maintenant à son nez… Quelle était donc cette plaisanterie ? Elle renifla l'air, et ne sentit aucun changement.
- Je ne sens rien du tout, cria-t-elle au magicien.
Mais Gandalf avait déjà disparu à l'angle du mur avec le reste de ses compagnons. Un peu vexée, Elanor les suivit, emboitant le pas de Legolas qui l'avait attendue.
La descente dura quelques minutes, dans le noir le plus complet. Elanor devait redoubler d'effort pour ne pas trébucher ou manquer une marche, et s'appuyait sur le bras de l'elfe qui la guidait patiemment. L'escalier déboucha enfin sur une vaste salle, et Elanor posa avec soulagement son pied sur un sol stable.
- Merci, chuchota-t-elle à l'elfe.
Il baissa les yeux pour la regarder.
- Le plaisir est mien, répondit Legolas.
Elanor se rendit alors compte de leur proximité, et remarqua qu'il mesurait plus d'une tête qu'elle. Etrange, elle ne s'en était pas aperçu jusqu'à maintenant.
- Risquons-nous à faire un peu de lumière.
Gandalf agita son bâton, et la lumière se renforça, éclairant le reste de la salle.
- Regardez. Le grand royaume de la cité des nains de Cavenin.
Tous levèrent la tête, et Elanor fut soudain fascinée et émerveillée. Le plafond était d'une hauteur vertigineuse, et tout autour d'eux, s'élevait des rangées de colonnades, robustes et immenses. Chaque pierre était sculptée, et reflétaient le travail acharné des nains qui avaient érigés ce monument sacré.
- Ouah, lacha Sam. Pour peu que c'est artistique, y a pas d'erreur.
Gimli se bomba le torse, s'emplissant d'orgueil et de ravissement. Gandalf mena la marche et ils traversèrent l'immense hall de la Moria, puis atteignirent une mince ouverture.
Gimli s'immobilisa net, puis se précipita à l'intérieur.
- Non ! Gimli ! l'appela Gandalf.
Mais le nain passa les portes, et lorsqu'ils le rejoignirent, ils le trouvèrent prostré devant une tombe.
- Ici git Balin, fils de Finduin, seigneur de la Moria, lut tristement Gandalf sur la tombe.
Gimli se lamenta, et laissa échapper un sanglot.
- Il est mort. C'est ce que je craignais.
Gandalf retira son chapeau, se recueillant quelques instants sur la tombe.
Balin.
N'avait-elle pas déjà entendu ce nom ? Le nom de Balin rappela à Elanor les histoires de Bilbon, et elle sut tout de suite qu'il était l'un des compagnons de l'expédition vers Erebor, la montagne solitaire. Une pointe de chagrin la saisit, et elle se sentit désolé pour Gimli.
Gandalf se pencha et ramassa un vieux manuscrit poussiéreux, qui se trouvait dans les mains d'un cadavre méconnaissable. Le magicien souffla sur la poussière qui recouvrait le papier.
- Il faut avancer, chuchota Legolas à Aragorn. Ne pas s'attarder ici.
Quelque chose le perturbait, et il ne se sentait pas en sécurité. Elanor non plus ne se sentait pas à l'aise dans les mines, et elle avait l'impression que des yeux malveillants suivaient chacun de leurs mouvements depuis qu'ils y étaient entrés. Comme le faisait Gollum.
- Ils ont pris le pont, et la deuxième salle, lut Gandalf. Nous avons barricadés les portes, mais cela ne les retiendra pas très longtemps. Le sol tremble.
Tous écoutaient Gandalf, pétrifiés.
- Les tambours… les tambours viennent des profondeurs. Nous ne pouvons plus sortir. Une ombre s'avance dans le noir. Nous ne pouvons plus sortir. Ils arrivent.
Gandalf leva les yeux. Elanor arrêta de respirer, et à cet instant précis un bruit assourdissant les fit sursauter.
Ils se tournèrent vers Pipin, qui se tenait près d'un puit. La tête d'un cadavre assis sur le rebord s'était détachée et tomba. Le hobbit se retourna paniqué, et le reste du corps bascula dans le vide, entrainant une chaine et un sceau de plomb, qui percuta et cogna les murs du puit.
La chute du squelette dans les tréfonds de la mine dura plusieurs secondes et fit un vacarme épouvantable. Elanor ferma les yeux, et compta silencieusement le nombre de fois où le squelette tombait sur quelque chose.
TAP ! TAp ! … Tap !... tap ! …
Lorsque le silence se fit enfin, tout le monde respira de nouveau. Furieux, Gandalf referma le livre dans un claquement sec.
- Crétain de Touque ! Jetez-vous dedans la prochaine fois ! Cela nous débarrassera de votre stupidité !
Il arracha son chapeau et son bâton des mains du hobbit et se retourna.
Un bruit de tambour retentit alors au fond du puit. Pétrifié, Gandalf se retourna.
Des bruits de piaillement et des cris retentirent. Le sang d'Elanor ne fit qu'un tour. Elle avait déjà entendu ces cris, et savait ce que ça signifiait. Frodon tira sa courte épée, qui était d'un bleu vif.
- Des orques ! s'exclama Legolas.
Boromir se précipita vers la porte, et une flèche s'encastra juste à ce moment à quelques centimètres de son nez.
- Attention ! s'écria Elanor.
- Reculez ! s'ecria Aragorn. Restez près de Gandalf.
Elanor dégaina son épée, et se mit devant les hobbits, aux côtés de Gimli. Aragorn et Legolas coururent aider Boromir et ils bloquèrent l'entrée en entassant haches et lances contre la porte.
- Ils ont un troll des cavernes, déclara Boromir.
Elanor sentit ses mains devenir moites, et elle eut du mal à tenir correctement la garde de son épée. Il était arrivé. Le moment était enfin arrivé de faire ses preuves.
Les hommes reculèrent, et Aragorn la rejoignit, et banda son arc. La porte en bois trembla soudainement sous les coups, et Elanor manqua de s'évanouir. Gimli escalada témérairement la tombe de son cousin Balin, et se dressa comme un rempart contre l'ennemi.
- Qu'ils approchent ! Il y a encore un nain dans la Moria qui respire !
Les orques fracassèrent peu à peu la porte, perçant des trous avec leurs lances. Legolas tira une flèche qui alla se loger dans un interstice, et un orque s'effondra. Aragorn tira à son tour, et à l'instant où Elanor espérait que la porte tiendrait, celle-ci s'ouvrit à la volée.
Une nuée d'orques déferla dans la salle.
Elanor resta un instant liquéfié sur place, incapable de faire le moindre geste. Aragorn tira son épée à côté d'elle et se jeta dans la mêlée. Elle l'observa, avec Legolas et Boromir trancher gorges, jambes, poignets. L'horreur s'empara d'elle, la faisant se sentir impuissante et vulnérable.
Les hobbits, derrière elle, se mirent alors en mouvement et rejoignirent ses compagnons dans la bataille. A cet instant, Elanor sortit de sa torpeur. Un orque surgit, et fonça droit sur elle. Ses yeux jaunes la regardait avec convoitise et d'un air narquois. La créature souriait de toutes ses dents, et Elanor revint alors plusieurs mois en arrière, dans les souvenirs pénibles de sa capture.
Une bouffée de haine et de colère lui monta soudainement à la tête.
Levant son épée, elle la brandit horizontalement et décapita d'un coup net l'orque. Du sang noir gicla, et la tête retomba à ses pieds.
Elanor regarda un instant la tête de l'orque, puis leva la main et essuya son visage salit par le sang. Elle aurait dû se sentir effrayée, tremblante et terrifiée, mais elle ne ressentait rien, sinon une envie pressante de se venger. Ce sentiment la surprit, car elle ne l'avait encore jamais ressenti.
C'était donc ça la guerre ? se dit-elle. Tuer n'était pas si difficile. C'était même facile. Très facile.
Cependant elle n'osa baisser de nouveau les yeux sur le cadavre à ses pieds, y trouvant une certaine répugnance.
Les orques semblaient de plus en plus nombreux et ils entraient par dizaine dans la salle. Elanor se remit à la charge, et tua les orques qui se dressaient sur son passage, essayant d'ignorer les cris, le sang et l'odeur nauséabonde qui se dégageaient des premiers cadavres.
Elle avait perdu de vu les hobbits, et ne vit par instant que l'ombre de Gandalf danser avec son épée parmi les ennemis.
Une bête immense entra soudainement dans la salle, fracassant de son poing le mur de la porte. La créature hurla, et Elanor leva les yeux avec terreur en découvrant le troll.
Une flèche alla se figer dans son torse, et la bête monstrueuse hurla en l'arrachant. Il prit pour cible Sam, et essaya de l'écraser avec sa massue. Mais le hobbit se faufila entre ses jambes, et hagard, le troll le regarda filer de l'autre côté. Elanor vit que Sam était coincé contre la paroi, et courut dans sa direction.
Aragorn et Boromir l'avaient cependant devancés et tirèrent les chaines du troll. Le troll se défendit, et d'un mouvement de la main, projeta violemment Boromir contre le mur. A peine était-il tombé, qu'un orque surgit pour l'achever.
Elanor changea de direction, et au lieu de se diriger vers Sam, fonça sur Boromir. L'orque allait abaisser son épée, quand elle plongea sur lui, et lui trancha la gorge. Boromir reprit lentement conscience, et Elanor tua quelques ennemis, le temps qu'il se relève et reprenne ses esprits.
Il la regarda avec surprise, mais la remercia néanmoins lorsqu'elle lui tendit la main pour l'aider à se relever.
- Merci.
Elanor hocha la tête, et ils retournèrent près d'Argorn qui luttait seul avec Legolas et Gimli contre le troll. Ce dernier lança sa hache sur le troll, et la créature furieuse abattit sa massue sur la tombe de Balin, faisant voler des éclats de marbre. Gimli sauta juste à temps et se releva aussitôt avec une agilité déconcertante.
Le troll le prit en chasse, mais Legolas attira son attention en lui envoyant deux flèches d'un même coup qui ricochèrent contre sa carapace. Le troll prit alors sa chaine, et la lança plusieurs fois sur Legolas, mais celle-ci ne fouetta que l'air.
Elanor regarda la scène, effarée. Se disant qu'elle devait faire quelque chose pour l'aider, elle s'avança jusqu'aux pieds du troll, tuant quelques orques au passage, et enfonça son épée la peau grisâtre.
Elanor ne s'attendit pas à ce que son épée lui traverse totalement la jambe, et pourtant c'est ce qu'elle fit. Le troll hurla, et entra dans une fureur noire.
- Elanor non !
Legolas sauta de son promontoire, mais le troll se précipita sur elle avant lui. Sa massue tomba sur elle, l'envoyant voler à l'autre bout de la salle. Elle entendit le hurlement de ses amis, suivit d'un sifflement dans ses oreilles et d'une douleur insupportable qui lui vrillait le dos.
Un voile noir tomba devant ses yeux, et elle n'entendit plus rien.
- Elanor ! Elanor !
Elanor ouvrit les yeux, et vit la chevelure blonde de Legolas. Son visage fin et beau dénotait avec l'expression de profonde inquiétude qu'il affichait. Ses doigts lui caressait la joue et les cheveux, et bien que la bataille fasse rage autour d'eux, et que d'un moment à l'autre un orque pouvait les attaquer, Elanor n'en n'avait pas conscience. Elle n'entendait rien d'autre que le son de sa voix et ne voyait que le visage familier de son ami.
- Elanor, ça va ?
- Oui… dit-elle faiblement. Ça va.
Elle se redressa alors, et une vive douleur lui traversa la jambe.
- Ahh !
Elle posa une main sur celle-ci, surprise par la douleur.
- Je crois que je me suis cassé la jambe. Ça ira, dit-elle en faisant un geste à Legolas, qui s'apprêtait à la toucher. Aides-moi juste à me relever.
- Tu ne peux pas te battre avec…
- Legolas. Aides-moi à me relever.
L'elfe lui obéit, même s'il désapprouvait. Elanor se leva sans trop de difficulté, mais eut aussitôt mal lorsqu'elle posa son pied à terre. Legolas fouilla dans sa sacoche et sortit une petite fiole.
- Bois ceci, ça calmera la douleur et tu pourras marcher pendant un temps.
Elanor le remercia et vida la fiole d'une traite. Legolas resta à côté d'elle pendant quelques minutes afin de la couvrir pendant que la potion faisait effet. Petit à petit, elle sentit la douleur disparaître, et put enfin marcher.
- C'est une potion miracle, lança-t-elle avec un sourire à Legolas.
Il lui sourit faiblement. Soudain, ils entendirent Aragorn hurler le nom de Frodon. A leur grande horreur, le troll avait acculé Frodon derrière un pilier et Aragorn peinait à le rejoindre, entouré des trolls. Legolas s'élança et Elanor le suivit.
Malheureusement ils ne furent pas assez rapides. Elanor tranchait orques sur orques, déterminé à se frayer un chemin, mais le troll prit une lance et l'enfonça dans la poitrine du porteur de l'anneau. Merry et Pipin hurlèrent le nom de Frodon, et jetèrent des pierres sur la tête du troll avant de s'élancer sur son dos.
Non !
Elanor se précipita à son tour, parvenant enfin à atteindre le bout de la salle et entailla le bras du troll qui se tendait vers elle. Gimli et Gandalf la rejoignirent bientôt et firent de multiples entailles sur la peau grisâtre de la créature.
Au moment où celle-ci s'immobilisa enfin, Legolas décocha une flèche qui alla se loger dans la gueule du troll. L'immonde créature s'effondra, et Merry et Pipin roulèrent à terre. Gandalf courut rejoindre Frodon, et les autres suivirent son mouvement.
Elanor s'adossa à un mur et un sanglot lui remonta du fond de la gorge. Le hobbit était étendu face contre terre, une énorme lance plantée dans son petit corps. Aragorn rampa jusqu'à lui et le retourna.
A leur grande surprise, Frodon respira.
Aragorn le regarda éberlué.
- Vous devriez être mort. Cette lance pourrait transpercer la peau d'un sanglier.
Il écarta les pans de la chemise de Frodon, et une cotte de maille blanche scintillante se révéla à leurs yeux.
- Du Mitril, souffla Gimli. Vous êtes très surprenant monsieur Sacquet !
Tout à coup les bruits d'orques se firent à nouveau entendre au-dessus de leur tête.
- Nous ne devrions pas rester là, s'exclama Elanor.
- Comment allez-vous ? demanda Aragorn. Vous avez fait une lourde chute.
- Bien, répondit-t-elle. Je peux marcher.
Mais à la façon dont le rodeur la regardait, Elanor vit qu'il n'était pas totalement convaincu.
- Au Pont de Kazad-dum, ordonna Gandalf. Vite !
Boitillant légèrement, Elanor suivit le cortège et ils sortirent de nouveau dans l'immense galerie.
En levant la tête, elle vit des créatures sortir d'un trou dans la voute, grouillants comme des insectes hors de leur nid. Le groupe courrait le plus vite possible pour atteindre l'autre côté, mais ils furent bientôt encerclés par les orques et ne purent aller plus loin.
Elanor se colla contre ses compagnons, morte de peur, se disant qu'ils n'avaient aucune chance.
Alors que les immondes créatures de Sauron allaient se jeter sur eux, une lumière orangée illumina la voute et les colonnes dans un coin de l'immense galerie derrière eux.
Un grondement surgit d'outre-tombe.
Les orques s'agitèrent, et terrifiés prirent la fuite, grimpant le plus vite possible aux colonnes pour rejoindre le trou dans la voute.
La communauté resta immobile et seule, face à cette chose d'une nature inconnue qui avançait. Le feulement devint plus menaçant, tandis que les lumières rougeâtres qui éclairaient les colonnes voisines se rapprochaient.
Legolas pointa nerveusement son arc dans sa direction, et Gandalf se ratatina sur lui-même.
- Quel est ce nouveau maléfice ? demanda Boromir.
Gandalf ne lui répondit pas, fermant les yeux. Elanor se pencha sur lui.
- Gandalf ? l'appela-t-elle, d'une voix timide.
Il ouvrit les yeux, et Elanor y vit dans ceux-ci une peur sans nom, qui lui fit froid dans le dos.
- Un Balrog de Morgoth, répondit-il. Un démon de l'Ancien Monde.
Les yeux de Legolas s'écarquillèrent sous la frayeur, et même Elanor comprit de ce qu'il s'agissait. Glorfindel avait combattu un Balrog autrefois. Et il était mort.
- Cet adversaire est plus fort que vous. Courrez !
Ils se mirent à courir comme des fous, tandis que le grondement du Balrog se rapprochait d'eux. Ils atteignirent bientôt la porte et la passèrent en courant avant d'atteindre un pont brisé. Boromir faillit tomber dans le ravin, mais Legolas le retint juste à temps par la ceinture.
Gandalf prit de l'élan et sauta de l'autre côté, suivit de Boromir qui portait Merry et Pippin, et de Legolas. Elanor hésita, puis s'élança et atterrit de l'autre côté sans encombre.
Aragorn lança Sam, puis Gimli voulut passer mais arrêta l'homme de la main.
- Personne ne lancera un nain, s'exclama-t-il fièrement.
Il s'élança et arriva de l'autre côté, mais ses pieds étaient sur le rebord, et il bascula en arrière. Legolas le rattrapa à temps par la barbe.
- Pas ma barbe ! grogna Gimli.
Malgré tout l'elfe le ramena sur la terre ferme, et le nain le remercia en ronchonnant. Il ne restait plus qu'Aragorn et Frodon à passer.
Au même moment, le Balrog fit trembler les murs, et un bloc de roche se détacha du plafond et tomba sur l'escalier, amputant une partie des marches.
La distance était maintenant infranchissable. Le morceau d'escalier sur lequel ils se tenaient vacilla, et se détacha de son socle. Aragorn joua à l'équilibriste, puis avec son poids et celui de Frodon réussit à faire tomber l'escalier en avant. Ils sautèrent alors et rejoignirent les autres compagnons.
Avec soulagement, la communauté put repartir, et ils fuirent à nouveau à toute vitesse vers la sortie, descendant la volée de marche.
Lorsqu'ils arrivèrent en bas, le ravin était en flamme.
- Au pont ! Dépêchez-vous ! lança Gandalf.
Quelque chose surgit alors des ténèbres, apportant avec elle une intense vague de chaleur.
Elanor regarda derrière elle et vit une créature ailée, immense nimbée d'ombre et de flammes se surgir des tréfonds de la mine. La créature ouvrit la gueule, et rugit avec un grognement assourdissant. Ce son fut de loin le plus terrifiant que ce que tout Elanor avait entendu jusque-là, et il ne lui fallut pas plus de trois secondes pour prendre les jambes à son coup.
- Gandalf !
Le magicien se trouvait toujours devant le Balrog, défiant la créature. A son appel, il fit volte-face et la rejoignit.
- Courrez ! hurla t-il.
Elanor fuyait aussi vite qu'elle le pouvait mais se retrouva vite distancer par les autres. La douleur commença à revenir dans sa jambe, et elle sautillait d'une foulée à l'autre, faute de pouvoir courir. Gandalf la suivait, assurant ses arrières, alors que les autres étaient loin devant. Un pont pas plus large qu'un bras d'homme s'étendait devant eux, et menait à la sortie. Elanor vit enfin une issue de secours et renforça son allure.
Malheureusement, elle voulut le traverser tellement vite qu'elle ignora ses blessures, et d'un seul coup elle trébucha et s'étendit sur le pont. Elle cria, et s'accrocha de toutes ses forces à la pierre pour ne pas tomber sur le côté, au fond du ravin. Elle se redressa lentement et sentit la douleur de sa jambe cassée lui revenir de plein fouet.
Le Balrog les rattrapa à ce moment. Lorsqu'elle tourna la tête, elle vit que Gandalf s'était arrêté au milieu du pont, à moins d'un mètre d'elle.
- Vous ne passerez pas ! s'exclama Gandalf.
- Gandalf ! s'écria Frodon.
- Elanor ! Venez ! s'écria Aragorn.
Subjuguée, et tétanisée, Elanor contempla l'affrontement entre le mage et le démon. Le magicien ne semblait pas se rendre compte qu'elle était toujours là, et brandit son bâton face au Bolrog.
- Je suis serviteur du feu secret, détendeur de la lumière d'Anon. Le feu ne vous servira à rien, flamme d'Udun !
Le Balrog se redressa de toute sa hauteur, et se gorgea de flammes. La chaleur devint insoutenable, et Elanor sentit la sueur ruisseler sur sa peau.
Elle entendit quelqu'un crier son nom, mais n'y prêta pas attention. Son épée Niphredil vibra étrangement contre sa jambe, l'avertissant certainement d'un danger imminent. Et elle se dit qu'elle devait peut-être songer à déguerpir d'ici le plus vite possible.
Non, pas sans Gandalf, pensa t-elle.
Le magicien était en mauvaise posture, et elle ne quitterait pas le pont sans lui.
Le Balrog fit claquer son fouet, et l'abattit sur le bouclier protecteur du magicien. Mais le Balrog était déterminé à passer le pont, et il posa un pied devant l'autre, faisant craquer la pierre.
- Vous ne passerez pas !
Gandalf abattit son bâton sur le pont. Un craquement sec retentit, et l'autre moitié du pont se détacha. Le Balrog poussa un hurlement sinistre et tomba dans le vide.
Une fois qu'il eut disparut, Gandalf se retourna et la vit à ses pieds. A peine eut-il esquissé une expression de peur et de surprise que le fouet du Balrog s'enroula autour du pied du magicien et le fit tomber.
- Gandalf ! s'écria Elanor.
Le magicien se rattrapa, in extremis sous les yeux horrifiés d'Elanor. Elle se précipita en rampant pour l'aider, mais pas à temps.
- Fuyez pauvres fous !
Ne tenant plus, Gandalf lâcha prise et tomba dans l'abime. Elanor resta pétrifié, la main tendue vers le magicien qui n'était plus là. Choquée par ce qui venait de se passer, elle n'émit pas un son.
Lorsqu'elle entendit les cris de ses amis, et la voix puissante de Legolas qui l'appelait, elle reprit enfin ses esprits et se tourna vers eux.
Legolas descendait les marches en courant dans sa direction. Elanor se leva, mais entendit soudain un sifflement, et surprise elle regarda l'elfe.
Celui-ci s'était immobilisé au début du pont, et la regardait avec une expression d'horreur. Elanor sentit un picotement au niveau de son abdomen. Elle baissa les yeux et vit la pointe d'une flèche noire ressortir de son ventre.
Une flèche d'orque l'avait transpercée. Ils l'avaient eu.
- ELANOR !
La jeune femme sentit ses jambes faiblir et s'affaisser. La douleur lui vrilla le corps, et sa tête se mit à tourner. Un voile obscur lui passa devant les yeux, masquant sa vision. Elle n'entendait plus rien, si ce n'est les battements de son cœur qui ralentissait peu à peu.
La dernière chose qu'elle vit fut Legolas, qui courrait vers elle, hurlant son nom.
Puis ses jambes se dérobèrent sous elle, et elle tomba sur le côté, basculant dans les tréfonds de la mine de la Moria.
