Heeeey! Surprise!
Enfin, non, je crois que j'avais prévenu. Chapter 10 guys! 3
Et comme les chapitres ont tendance à légèrement se raccourcir, ça pourrait bien devenir une habitude. Un chapitre par semaine, au moins jusqu'au 14. D'ici là... baaaah, j'ai un mois pour réfléchir, et terminer la fic~
Donc, ici, on a... des souvenirs, et un très, trrrès mauvais quart d'heure pour Tsuna. Désolée, je ne peux pas promettre que ça va s'arranger pour lui. Il faudra prier vraiment très fort. Très très fort~
'w'
Chapitre 10
Tsuna naviguait dans les limbes de l'inconscience. Il se laissait dériver, guidé par la voix et la présence de Mukuro. Il allait enfin avoir un aperçu des quelques visions qu'il avait récupérées dans les souvenirs de Chrome.
Quand il avait demandé pourquoi, d'un coup, son fantôme intérieur avait pris son esprit par la main pour le mener vers ces terres sombres, l'autre avait simplement haussé les épaules. Mais Tsuna l'avait vu. Et il comprendrait d'autant plus après la lecture de ces mémoires. Mukuro se sentait désolé pour sa cousine, forcée d'intégrer un monde dont elle aurait désiré rester simple spectatrice, lointaine observatrice. Son intrusion en elle avait dû réveiller cette frustration de posséder un pouvoir qu'elle était réticente à utiliser. D'être sensible à des choses dont elle préférait rester éloignée. D'être impliquée, malgré elle, sans retour possible.
Une pièce plongée dans le noir. Une petite, frêle silhouette roulée en boule dans un coin. La porte entrouverte, un rai de lumière qui se faufile jusqu'à son œil, rouge.
Des voix.
Elles se voulaient discrètes, on les entend clairement, découpées avec précision sur le silence et le noir.
- Je l'ai encore entendue discuter dans le vide.
- Quoi, encore? Combien de fois lui avons-nous dit d'arrêter?
- Elle prétend qu'elle parlait à quelqu'un.
- Des amis imaginaires...
- Non, apparemment, celui d'aujourd'hui lui faisait peur. Elle tremblait.
- Elle a qu'à ne pas les imaginer, s'ils lui font peur!
- Soi-disant qu'elle ne peut pas. Je n'en peux plus, d'abord ces yeux, maintenant ça...
- Oui. Il faut faire quelque chose. Nous en parlerons à un spécialiste. Demain.
- Et si elle doit... Être enfermée?
- Ça sera dur à assumer, c'est vrai. mais au moins ailleurs elle ne nous encombrera plus avec ses histoires à dormir debout.
Dormir debout... Et dans la petite chambre, une enfant qui reste sans sommeil.
- Alors ma belle, comment c'était le docteur?
La gamine aux yeux vairons jeta un regard d'incompréhension à la vieille ridée qui s'adressait à elle, tout sourire.
Cependant, seul le silence répondit à la question posée. La vieille reprit donc son monologue en gloussant.
- Oui, je sais ma douce. Tous des charlatans.
- Il a dit que je devais avoir un traumatisme.
- A toi? Je devrais peut-être y aller, moi, lui apprendre à parler aux enfants!
- Non... A eux.
- Oh...
L'œil de la vieille était devenu brillant. Son œil unique. L'autre se cachait sous une paupière plissée, comme si elle faisait un clin d'œil au monde entier.
Elle se pencha sur la petite, l'air malicieux.
- Tu veux que je te dise pourquoi la seule chose traumatisante, dans cette affaire, c'est l'incompétence de ce bonhomme?
Encore une fois, rien ne vint, mais la vieille sentit la curiosité de son auditrice. Elle ouvrit les yeux, les deux. Ambré, rouge. Deux iris, deux couleurs, une pupille - l'autre était remplacée par un symbole noir étrange. Comme ceux de l'enfant, qui s'étaient écarquillés à cette vision.
- Moi aussi, j'ai des amis imaginaires, tu sais. Sauf que les miens, ils existent. Comme les tiens.
D'un coup, à cette révélation, la gamine eut un mouvement de recul. Comme si la réalité était infiniment plus effrayante que les fruits de son imagination.
C'est vrai. La réalité, on ne peut la contrôler. L'imagination, un peu.
- Je vois les gens brûler, aussi. Tous.
Sa voix était celle d'un petit animal craintif.
- Oui. Moi aussi. Et c'est très beau, la plupart du temps. Toi, tu brilles d'un magnifique feu violet. Ça te rend éclatante.
La fillette dévisagea un moment son aïeule, interdite. Et puis, elle se détendit un peu.
- Toi aussi. Tu es belle avec le feu.
Et le sourire de la vieille devint aussi brillant que l'énergie qui flambait dans son cœur.
- Mais maman, elle a peur quand je lui dis qu'elle brûle. Elle dit que je veux la tuer.
Et le sourire fut survolé par une ombre de tristesse. Quelle tristesse de vivre au milieu de tant d'esprits fermés.
Une vois s'éleva de derrière la petite. Plus rieuse, plus moqueuse.
- Dans ce cas, c'est tout simple. Il suffit de ne pas regarder~
Un morceau de tissu tomba entre les mains de la fille, qui le fixa sans comprendre. Ça ressemblait à un cache-œil, comme les pirates dans les livres.
Elle se tordit le cou pour dévisager l'autre enfant, qui lui souriait, lui aussi.
- Mukuro! fit la vieille, courroucée, mais avec une note fausse, amusée. Je t'ai déjà dit de ne pas fouiller dans mes affaires. En plus pour les donner à quelqu'un d'autre!
- C'est un cadeau.
La vieille le fixa un instant, puis elle haussa les épaules, son expression se radoucissant, l'air de dire: "oh, si c'est pour un cadeau, ça va alors." Et puis elle se tourna vers la fillette, avenante:
- Tu peux le mettre. Je te le donne. Ce gros nigaud a bien choisi: tant que tu porteras ce bandeau, tu ne verras rien d'autre que le monde visible. Et il n'altère en rien tes capacités, si jamais tu décides un jour de le laisser de côté pour regarder le monde, le vrai, en entier.
Les deux enfants la regardèrent curieusement, silencieux, songeurs, après la fin de sa tirade. C'était drôle, on aurait dit qu'elle savait. Qu'elle savait qu'un jour la timide gamine se révélerait au grand jour, pleine et entière. Elle n'en était pas persuadée. Elle savait.
Mais elle ne les laissa pas méditer plus longtemps sur la question. Déjà, elle reprenait la parole, s'adressant cette fois-ci au garçon:
- Et toi? Plutôt que de mettre du bazar dans les bibelots de ta vieille tantie, ça ne te dirait pas d'apprendre à regarder? De voir? Tu pourrais bien, si tu le voulais.
Il sourit. Pas d'un sourire de gamin. Plus sombre, plus mauvais.
- Kufufu~ Jamais de la vie.
Les contours devinrent fumée. La vision s'évapora.
Tsuna se retrouva face au petit garçon désormais grand.
- Pourquoi?
Il parlait de la réponse qu'il avait lancée à la vieille tante.
Mukuro reprit la même expression que dans le souvenir. Juste un peu plus âgée.
- Qui sait?
Énigmatique. Peut-être que lui-même ne le savait pas. Peut-être qu'il n'avait pas retrouvé le souvenir qui expliquait ce refus. Tsuna n'eut cependant pas l'occasion d'approfondir le débat. Déjà sa vision se brouillait. De nouveau. L'autre avait-il esquivé la discussion en faisant diversion avec une nouvelle vague de ces fragments de vie ancienne? Pourtant, l'impression était différente. Il sentait que le fantôme n'était pas responsable de ça.
Plongé dans le noir, aucune image ne lui vint. Que des voix. Celle de Mukuro et une autre, familière, mais qu'il ne parvient pas à reconnaître.
- Tu es seul, n'est-ce pas? Terriblement seul.
- Oya? Qui êtes-vous?
- Seul depuis des siècles, rejeté dans les ténèbres.
- La solitude ne m'a jamais gêné. Et je ne pense pas être mort depuis plus de quelques années.
- Ton âme n'est plus toute jeune. Qui te dit qu'elle n'est morte qu'une fois?
- Vous pensez mieux me connaître que moi-même? En tout cas, moi, je ne vous connais pas.
- Tu voudrais que je me présente?
- Kufufu~ Pas besoin. Qu'est-ce que vous me voulez?
- Si possible... apaiser cette solitude. Apaiser ma conscience. Et celle de mon fils lorsqu'il découvrira les secrets auxquels il est mêlé.
- Votre fils?
- Il était si mignon, la dernière fois que je l'ai vu~ Je suis sûr qu'il a bien grandi depuis!
- Vous voulez le voir?
- Non.
- Bien sûr que si, kufufu~ Ça se voit. Mais vous ne pouvez pas. Vous êtes l'un de ces esprits qui ne peuvent plus traverser le voile. Pour ce qu'ils ont fait de leur vivant.
- Bonne déduction! Tu en as vu d'autres, comme moi? Avec un peu de chance, ce sont des potes, j'irais bien boire un coup avec eux~
- Et pour votre fils?
- Hum?
- Vous n'avez pas quelque chose à lui dire? Ou bien êtes-vous juste un papa gâteux qui aurait voulu profiter de son statut de fantôme pour l'espionner en douce?
- Idée tentante s'il en est. Mais tu l'as dit, je ne peux pas. Autant m'amuser comme je le peux ici. Et arrête de me provoquer, veux-tu?
- Kufufu~ Dans ce cas peut-être irai-je dire deux mots à votre rejeton~ De votre part, bien sûr. Quel est le message?
- Ai-je demandé quelque chose à ce sujet? Tu n'as rien à faire.
- Vous semblez en mourir d'en vie. Bon, j'y vais.
- Pourquoi?
- Kufufu~ Qui sait?
Hibari Kyoya n'était pas du genre à céder ses territoires aux herbivores.
Soyons clairs: s'il faisait valoir ses lois et ses droits sur toute l'étendue de la ville de Namimori, l'épicentre de sa zone d'influence se situait sur le toit de Nami-chu, où il se plaisait à faire sa sieste. Et, bien sûr, aucun faiblard n'osait y poser le pied lorsqu'il s'y trouvait. Plutôt provoquer un Titan en duel.
Seulement, depuis quelques temps, il s'était vu contraint de quitter son lieu de prédilection. Pas sous la pression d'une tierce personne, oh non! C'est juste qu'il n'arrivait plus à s'y sentir à l'aise. L'atmosphère de cette place offerte au ciel avait changé, depuis quelques temps. A peine y fermait-il les yeux cinq minutes qu'il entendait toutes sortes de bruits, comme si une grande activité régnait au milieu de son refuge de silence et de calme. Des voix, des rires, des pas. tentait-il de prendre les coupables sur le fait, il se retrouvait face au vide. Rien, personne.
Et puis, depuis plusieurs semaines, il y avait une nouvelle aura dans l'air, désagréable au possible, qui lui donnait la nausée et des frissons sur la nuque. Sans compter, plus récemment encore, les dégradations de matériel. Comme si un chat enragé s'était amusé à faire ses griffes sur les murs, le sol, et le grillage. D'ordinaire, il ne préconisait pas la violence contre les animaux, mais s'il tombait par hasard sur le propriétaire, il lui ferait sa fête, à lui.
Enfin, en attendant, il lui répugnait toujours autant de reconquérir son toit. En revanche, le taux de criminalité et de délinquance de la ville ne s'était jamais porté au plus bas depuis qu'il avait - momentanément! - renoncé à ses siestes en plein air. Il passait son temps à patrouiller, à la place, et son humeur massacrante n'était pas de bonne augure pour qui se retrouvait face à ses tonfas. Au moins un bon point à accorder à cette histoire. Par exemple, là, il ne faisait que déambuler près du portail du collège, et les élèves avaient visiblement appris à s'écarter prestement sur son passage, tous autant qu'ils étaient, regard bas et épaules tremblantes. Ceux dont l'uniforme laissait à désirer se rendaient présentables à la hâte, resserraient cravates et reboutonnaient chemises de leurs doigts fébriles sitôt qu'ils le voyaient. Ils avaient enfin compris où était leur place.
Tous, sauf un.
L'exécrable inconnu qui laissait traîner son aura nauséabonde aux quatre vents, tel un chien semant ses déjections pour marquer son territoire, était là. Parmi la foule des élèves qui se pressaient pour arriver à l'heure en cours.
Ce n'était pas une trace, cette fois, pas un vestige de piste à moitié dissipée. Il était venu en personne. Se mettre sous le nez de celui qui aurait le plus à cœur de le renvoyer chez lui, la queue entre les jambes, le clébard. Un sourire naquit progressivement sur les lèvres du carnivore.
C'était l'heure de la chasse.
Tsuna n'était pas bien réveillé, ce matin-là. Un peu comme d'habitude, en fait. Surtout que, depuis l'incident avec Chrome, Reborn ne le faisait plus lever - ce qui était, quelque part, une bonne chose. Cela dit, il augmentait ainsi ses chances d'arriver en retard et tous les ennuis qui en découlaient. C'est pourquoi, lorsqu'il vit le préfet de Nami-chu près du portail, l'air de le fixer avec insistance, voire de l'attendre, lui, il eut soudain un gros doute. Un regard alentours l'informa cependant que, vu la masse d'élèves encore présents autour de lui, la cloche n'avait sûrement pas encore sonné. Alors, pourquoi Hibari le dévisageait-il comme ça? Comme s'il allait le dévorer tout cru, d'une minute à l'autre?
Le petit brun tâcha de se convaincre que ce n'était rien de plus que son imagination, qu'il n'avait rien fait de mal, qu'il avait même récemment arrêté de dormir en cours, donc qu'il ne craignait rien. Il continua donc à marcher vers le bourreau du collège, essayant de paraître normal, et finalement passa devant le garçon aux yeux de glace sans encombres.
Ouf.
Et puis, une main se posa sur son épaule. Pas une main amicale, pour sûr. Une main glacée, une poigne de fer.
Il tourna la tête lentement, très lentement. Vit le reflet d'acier d'un tonfa qui fonçait vers sa figure à toute vitesse.
A terre, hébété, recroquevillé contre un mur, il entendit une voix venue des Enfers.
- Tu croyais pouvoir te cacher de moi, herbivore?
Alors, tête basse, presque vaincu, un sourire fendit ses lèvres ensanglantées. Kufufu~
Il se releva, prenant appui sur le mur. Son corps, faible, accusa le coup. Des étoiles dansaient dans son champ de vision. Une mèche rebelle masquait l'un de ses yeux. Mais ça lui importait peu. Rien de tout cela lui importait. Même borgne, même à moitié assommé, il pouvait mener ce combat tombé de nulle part.
Une sorte de fièvre s'empara de lui lorsqu'il posa son regard, un regard avide, empli de haine et d'amusement à la fois, sur son adversaire, qui répondit par une moue dégoûtée. Il avait l'air de ne pas apprécier son aura, qui s'échappait en volutes orangées et violacées tout autour de lui, jusqu'à cerner l'individu aux tonfas. Autour d'eux, quelques spectateurs s'attardèrent, puis prenaient soudainement conscience qu'ils risquaient d'être victimes collatérales de la violence du duel à venir et prenaient leurs jambes à leur cou. Une sonnerie résonna au loin, détail oubliable pour les deux protagonistes de la bataille prochaine. Quelques répliques échangées d'un ton acerbe, un silence électrique.
Le reste ne fut que coups dévastateurs, bruits de lutte, sourires victorieux et cœurs palpitant d'excitation.
Lorsque Tsuna émergea du brouillard, un peu plus tard, il se retrouva dans une cour vide avec l'impression d'avoir couru un marathon. Ou de finir à l'instant l'un des plus terribles entraînements de Reborn.
Parlant de son maître, justement, celui-ci apparut devant lui, renfrogné, la lueur dans ses yeux noirs augurant mille tourments pour le petit brun qu'ils dévisageaient avec dédain.
- Quoi? fit l'élève, toujours rancunier, malgré son épuisement. Tu viens m'engueuler de m'être fait tabasser par Hibari-san?
Il ne se souvenait clairement que du premier coup mais, à en juger par son état, la suite n'avait pas dû être bien glorieuse.
Reborn détailla ses blessures, comme s'il venait de se rendre compte de leur présence, puis haussa les épaules, signifiant que cet événement particulier ne le concernait pas.
- Tu sais.
Deux mots. Deux simples mots sortirent de sa bouche. Deux mots qui jetèrent l'effroi sur l'esprit du garçon.
Il savait. Reborn savait ce qu'il avait fait. D'un coup d'œil, il avait détecté la présence de Mukuro en lui. Avait qu'il n'ait eu le temps de choisir ses mots pour le prévenir, avec tact, pour lui expliquer, calmement, le pourquoi, le comment, et surtout combien cette situation à première vue mauvaise le rapprochait en fait plus que jamais du but de sa quête. Pour le convaincre que Mukuro n'y était pour rien, cette fois, qu'il avait voulu en arriver là de lui-même et que c'était pour le mieux.
D'un coup d'œil, Reborn avait compris. D'une phrase, il réprouva la solution de Tsuna.
- Mukuro va être banni.
La sentence glaça le sang du brun. Non, non, non, décidément, pourquoi n'acceptait-on pas au moins de l'écouter? Qu'est-ce que Reborn avait à y perdre à part quelques minutes de son temps? Quelle sorte de supériorité estimait-il avoir sur le commun des mortels pour prendre les décisions à leur place?
La rancœur de l'élève enfla sous le regard du maître, son esprit se rebella sous l'idée qu'on s'obstinait à vouloir lui imposer.
- Non! Reborn, écoute-moi! J'imagine bien de quoi ça a l'air pour toi, mais je t'assure que cette solution est viable§ Mukuro commence à retrouver et à me montrer quelques souvenirs, on progresse! Ne m'oblige pas à tout recommencer à zéro encore une fois en intervenant alors que les choses commencent à peine à s'arranger. Et puis, je le sens, que cette option est la meilleure pour le moment, qu'il ne pourrait en être autrement, que-
- Non, dit à son tour l'Arcobaleno, ferme.
Tsuna cligna des yeux, pris de court, coupé dans son élan. Durant sa tirade, pendant un instant, une seconde, il avait cru voir le regard de l'autre changer, ses traits s'assouplir, comme une acceptation, un espoir, un début de dialogue.
Et en une seconde, tout avait disparu. Il se retrouvait de nouveau à converser avec plus sourd qu'un mur.
- Non, répéta le bébé, ta solution n'est pas la bonne. Je vais convoquer les autres membres de mon Ordre. Libre à toi d'essayer de débattre avec eux, mais ne te fais pas d'illusions sur leur réponse.
Il tourna ensuite les talons et s'éloigna en silence. Tsuna eut beau l'appeler, le supplier de revenir, il disparut, le plantant là avec son désespoir.
La seule fois où Tsuna eut l'occasion de revoir Reborn avant la fameuse réunion de l'Ordre des Arcobaleno, ce fut justement lorsqu'ils se rejoignirent pour attendre l'arrivée de ceux qui y avaient été conviés. On faisait plus gai, comme retrouvailles.
Le rendez-vous avait été donné dans un petit temps un peu à l'extérieur de Namimori, caché dans une partie particulièrement touffue de la forêt qui entourait la ville. La bâtisse en bois s'ouvrait sur une clairière baignée par un soleil bien clément pour cette période de l'année, qui se rapprochait plus du début de l'hiver. Le vent soufflait dans les feuilles encore accrochées dans les arbres avec la douceur et la régularité d'une respiration, quelques oiseaux se livraient à des chants discrets, cachés dans l'intimité des branchages, et une rivière devait couler non loin, car le bruit de son eau en mouvement venait compléter ce tableau de tranquillité parfaite.
Les deux êtres qui s'étaient installés sur les marches caressées de chaude lumière, cependant, n'étaient ni tranquilles ni sereins. Le plus petit ne disait mot depuis plusieurs heures et cachait son visage derrière les bords de son fedora. Il restait debout, droit comme un i, comme si l'on avait glissé une barre de fer sous son costume. Il avait l'air d'une statue, mais une statue qui menaçait de voler en éclats de colère et de rage à la moindre occasion.
Tsuna quant à lui était sur des charbons ardents, et ne s'en cachait pas aussi bien que son maître. Il se levait souvent, faisait quelques pas en rond d'une démarche mal assurée, revenait, se triturait les doigts, s'arrachait les cheveux, se relevait, errait, soupirait, se rasseyait, en boule, bien recroquevillé, comme s'il voulait se changer en rocher, un innocent, inerte rocher, à qui personne se sentirait tenté de venir demander des comptes.
A dire vrai, il ne savait plus du tout quoi faire, à part se résigner. Se résigner à perdre tout ce qu'il avait durement gagné, et pas plus tard qu'aujourd'hui. Peu importait la défense qu'il avait tenté d'utiliser précédemment, cela n'avait fait que braquer Reborn. Il n'avait obtenu un mot du bébé depuis des jours, pas un signe de vie jusqu'à ce qu'il vienne le chercher, ce matin-là, silencieux, encore.
Alors, il avait suivi en silence. Et il gardait les lèvres closes, là aussi. Il voulait crier, hurler, taper du pied, mais se forçait au mutisme, conscient que tout ce qu'il dirait, tout ce qu'il avait envie de dire serait retenu contre lui, que le moindre mot de trop lui serait fatal.
Il se sentait plus seul que jamais. Même Mukuro ne lui était d'aucun secours, ici. Il avait songé un instant à quitter la réalité pour une petite, peut-être dernière conversation avec son fantôme, mais s'était retenu de meubler agréablement son silence à l'idée qu'il serait surement pris sur le fait, et que cela le mettrait dans de plus mauvaises dispositions encore face à ses juges.
il se tiendrait donc à carreaux. Résigné, condamné, mais sage. Si cela pouvait encore rattraper son cas.
Finalement, au milieu de l'après-midi, alors qu'ils patientaient depuis le matin, de faibles bruissements agitèrent les buissons qui encerclaient leur clairière. Ils étaient là. Cinq petites silhouettes enfantines, comme Reborn. Mais Tsuna ne s'y trompa pas, ils étaient tous d'un niveau supérieur au sien. De très loin. Il n'avait même pas besoin d'essayer de voir leur flamme pour le deviner - leur présence seule suffisait.
Ils marchèrent lentement en direction de l'adolescent et de son tuteur, donnant la désagréable impression au petit brun d'être cerné, acculé, sans aucune chance de salut. Reborn quitta à son tour son immobilité et les jaugea chacun du regard. Il énuméra leurs noms en guise de salutation mais, pour être honnête, le jeune homme n'écoutait pas et ne les retint pas. Il ne fit que les dévisager d'un œil vide, rencontrant plus de regards durs et désapprobateurs que de signes de compassion. Il se demandait quel genre de portrait l'Arcobaleno du Soleil avait dépeint de lui auprès de ses pairs pour récolter dès le premier contact autant d'animosité. En même temps, il avait bien compris que ces gens étaient des personnalités importante dans leur monde. Ils ne devaient être là de gaieté de cœur, arrachés à leurs activités sans doute plus intéressantes que ce rassemblement pour le comportement irresponsable d'un simple apprenti. En y repensant, c'était même surprenant qu'ils soient venus pour une affaire si futile. Tsuna n'y connaissait pas grand chose mais se demandait si c'était normal de réunir l'élite des médiums juste pour bannir un fantôme qui s'amusait à posséder des humains.
Les premières voix, inconnues, s'élevèrent du côté des nouveaux venus. La plupart restaient sérieuses mais certaines trouvaient à se plaindre, justement, de la convocation de leur collègue. D'un coup, ils eurent l'air beaucoup plus humains qu'intimidant mais Tsuna se garda bien d'oublier qu'ils étaient là pour le juger.
L'absence du Ciel fut évoquée également, l'Ordre n'était pas au complet. Malgré on décida de débuter sans tarder la discussion, les uns étant curieux de savoir les détails de l'affaire qui nécessitait leur présence et les autres - dont Reborn - pressés d'en finir avec ça. Ils se retrouvèrent donc tous bientôt assis en cercle sur le seuil du temple, prêts à démarrer. Toutefois, l'initiateur de la rencontre se tourna une dernière fois vers le jeune garçon, qui ne savait pas trop où se mettre ni comment se comporter.
- Tsuna, va plus loin. Tu n'es pas autorisé à assister à la première partie des débats. On viendra te chercher.
Toujours aussi froid, toujours aussi impersonnel, Reborn congédia ainsi son élève, qui fut une fois de plus blessé par son comportement. Mais personne n'y prêta attention et ils le laissèrent s'éloigner, la mort dans l'âme, sans intervenir. Lorsqu'il disparut entre les arbres et qu'ils le sentirent assez loin pour respecter la confidentialité de leur échange, ils commencèrent.
L'objet de la réunion avait trouvé le fin court d'eau qui contournait le temps. Il courrait entre les arbres, bordé de mousse, sur laquelle il ne tarda pas à s'asseoir, n'ayant pas très envie de continuer à errer dans les bois comme une âme en peine. Là, il se prépara à une longue, longue attente.
Le lieu n'était pas très éloigné du cercle des Arcobaleno, il entendait des éclats de voix, parfois, qui émergeaient du roulis continu de l'eau sur les pierres. Il préféra toutefois se laisser bercer par ce dernier plutôt que de tenter de deviner des bribes de mots parmi les sons qui lui parvenaient. Ce n'était pas comme s'il risquait d'être surpris par la décision finale, de toute façon. Autant plutôt penser à autre chose.
En fait, il réussit si bien à se détacher de la réalité qu'il n'entendit pas, au bout d'un moment, les pas de quelqu'un qui s'approchait. A sa décharge, ce quelqu'un pouvait être très discret, quand bien même on faisait attention à lui.
La petite silhouette vêtue de rouge s'aventura jusqu'à la berge où se trouvait le jeune homme et resta là, à le regarder comme s'il tentait de lire son âme, jusqu'à ce que celui-ci le remarque. Un instant, il crut que son maître était venu le chercher, mais baissa les yeux en constatant que celui-ci n'avait même pas pris la peine de se déplacer.
Un fin sourire éclaira les lèvres de celui qui était venu à sa rencontre. Il s'inclina en guise de salutation tandis que Tsuna le dévisageait avec curiosité. C'était l'un des seuls qui n'avait pas semblé le juger dès le début, lorsqu'ils étaient tous entrés dans la clairière. Son expression avait même été plutôt accueillante, comparée aux autres.
- J-je... dit-il soudainement, désolée, je ne me souviens pas de votre nom...
L'autre, qui avait déjà tourné les talons pour le raccompagné au temps, fit volte-face.
- Je suis Fon, annonça-t-il, calmement, comme si tout ceci n'était qu'une rencontre fortuite en forêt. L'Arcobaleno de la Tempête.
Sa voix, d'une douceur infinie, tranchait avec le nom qui désignait son attribut. D'autant que les deux autres utilisateurs de Tempête que Tsuna connaissait - Bianchi et Gokudera - étaient plutôt du genre passionnés.
Comme il ne répondait rien, le bébé qui lui faisait face reprit la parole:
- On m'a demandé de te prévenir de la fin de la discussion.
Il y avait quelque chose de gêné, désolé, dans son ton.
L'adolescent se leva, la gorge nouée. Cette phrase sonnait comme la fin de quelque chose, dans son oreille. Malgré tout le tact et la gentillesse qui en ressortait, elle lui fit presque le même effet que les sentences agressives de Reborn. Enfin, cette gentillesse invitait tout de même à un certain espoir. Peut-être fallait-il se lancer. Avec cette personne presque inconnue. Comme une dernière chance d'empêcher le naufrage. Eviter de se noyer en attrapant la main tendue salvatrice, dût-elle n'être qu'un mirage.
- Fon-san! dit-il d'un coup, avec un certain empressement, un sursaut de courage.
- Oui?
Bien. Au moins l'écoutait-on, pour une fois.
- N'y a-t-il pas... un moyen de vous convaincre de revenir sur la décision que vous aurez prise?
Son interlocuteur s'immobilisa, le temps d'y réfléchir, apparemment sérieusement. Et puis, il prit une grande inspiration, à mi-chemin du soupir, comme pour se préparer à un long et difficile discours.
- Mais tu ne sais pas encore quelle est cette décision.
Le petit brun se gratta la tête, fixant ses pieds.
- On ne m'a pas laissé trop d'espoirs à ce niveau-là...
Nouvelle respiration. L'Arcobaleno planta ses yeux noirs dans les orbes de Tsuna, un regard tellement riche que ce dernier se retrouva en peine de décoder entièrement toutes les émotions qui le composaient.
- Il peut toujours y avoir une issue, dit-il, prophétique. Elle peut être bien cachée, et son chemin ardu. Je suis désolé d'être un mauvais messager cette fois, mais je ne pense pas que quelque chose bougera. Pas aujourd'hui.
L'adolescent hocha la tête, tristement. Il n'y avait rien à répondre à ça. L'autre venait de lui confirmer que cette journée maudite était placée sous le signe de la fatalité.
- Toutefois... compléta Fon, je peux te garantir que, si tu as quelque chose à dire, nous écouterons. Ça ne changera peut-être pas notre résolution, mais nous nous souviendrons de ces mots en temps utiles.
Il partit ensuite, le devançant à travers les fourrés. Tsuna ne savait pas bien ce qu'il devait faire de cette dernière information. C'était assez déconcertant, mais en même temps ça lui assurait une énième fois que, quoi qu'il puisse faire ou dire, rien ne changerait aujourd'hui. Ils se souviendraient de ces mots en temps utiles... Ca lui faisait une belle jambe! A ce moment-là, Mukuro serait déjà banni, et qu'ils s'en souviennent ou pas n'apporterait pas grand chose.
C'est ainsi qu'il se présenta, résigné, mais aussi fortement agacé par cette forme de procès hypocrite qui ne l'autorisait à parler qu'après le jugement, devant ce tribunal d'enfants aussi bizarres que puissants. Il leva ses yeux sur ses juges, qui le toisèrent sévèrement en retour. Fon reprit sa place parmi eux. Reborn se mit debout, face à son élève.
- La décision a été prise. Le fantôme humain connu sous le nom de Rokudo Mukuro sera retiré du corps de son hôte et invocateur Sawada Tsunayoshi, banni du monde des vivants et renvoyé de l'autre côté du Voile. Comme la flamme naturelle de l'esprit est celle de la Brume, c'est l'Arcobaleno Viper qui exécutera la sentence.
Les regards se tournèrent sur l'un des côtés du cercle. Le chérubin désigné, encapuchonné d'une cape sombre surmontée d'un crapaud qui avait l'air mort, inclina la tête, poussant un soupir de lassitude qui exprimait parfaitement son impression de perdre son temps ici.
- J'espère que j'aurai une prime pour ça, Reborn, dit-il d'une voix traînante. Et je m'appelle Mammon, maintenant.
- Tu feras comme décidé, Viper, avec ou sans prime, répliqua sèchement le Soleil du groupe. Et il se retourna vers Tsuna: - Si le condamné a quelque chose à dire avant l'application de la peine, c'est le moment.
Kufufu~ C'est moi, le condamné~ Faut-il que je sorte pour botter le train à cette bande de gamins?
Le petit brun pâlit en entendant la voix de Mukuro répondre à l'appel de Reborn. Heureusement, seul lui sembla l'avoir perçue. Manquerait plus qu'il vienne mettre ceux qui allaient le bannir en rogne. Remarque, en y réfléchissant, il n'avait plus grand chose à perdre, du coup. Il le fit taire, néanmoins, mais s'inspira du culot de son fantôme pour renforcer sa propre détermination. Sûr qu'il n'allait pas se laisser faire sans rien dire. Sans résister, certes, mais en restant convaincu que ce n'était pas la chose à faire.
Il se concentra sur ses interlocuteurs, les dévisagea tous un à un, avec force, sans ciller. Puis, seulement, il ouvrit la bouche, débarrassant son timbre de toute trace de doute ou de peur.
- Je pense que vous faites une erreur, Arcobaleno.
Cette simple phrase absorba tout son courage. Cela dit, il n'ajouta rien de plus. Mieux valait laisser ces mots faire leur effet tout seuls.
- Tu nous demandes donc de revenir sur notre décision? rétorqua Reborn, dont l'attitude atteignit là un nouveau niveau de froideur envers son supposé protégé.
- Oui. Bien que je sache qu'il est inutile de tenter de vous convaincre.
Un bref silence suivit cette confirmation. Tsuna était sûr qu'aucun d'eux ne réfléchissait sérieusement à cette option. Cette pause n'était que pure mise en scène, destinée à donner plus de poids encore à ce qui allait suivre:
- Demande rejetée.
Voilà. Cette fois, le jeune homme n'eut aucune douleur à entendre cela. C'était évident. Attendu. Et il avait déjà joué toutes ses cartes, jusqu'à la dernière. La défaite était déjà acceptée depuis plusieurs tours, du reste.
Les Arcobaleno se levèrent, clôturant la discussion. L'un d'eux attendit cependant pour bouger.
- Reborn? appela Fon. Attendons-nous le Ciel pour commencer?
L'interpellé, qui avait déjà fait quelques pas, ne tourna pas le regard vers celui qui lui parlait mais vers les cieux, comme si leur membre absent pouvait s'y trouver.
- Il ne viendra pas aujourd'hui, dit-il finalement. Nous seront suffisants.
Il semblait apaisé, comme soulagé d'avoir obtenu ce qu'il désirait, mais malgré ça il ne voulait souffrir aucun retard. Le cercle se déploya dans la clairière, entourant Tsuna. Face à lui, l'enfant de la Brume fit un pas en avant. L'adolescent sentit sa peur revenir en force maintenant qu'il était au pied du mur.
Il serra les mâchoires en attendant le début du rituel. Quelques jours plus tôt, il avait demandé à Gokudera de lui expliquer comment ça se passait. Pour être prêt. L'argenté s'était montré réticent, refusant l'idée que son ami accepte son sort sans broncher. Mais il avait fini par s'exécuter. Tsuna n'avait pas saisi toutes les subtilités techniques de la manipulation, mais avait compris l'essentiel, ce qu'il voulait savoir non pour réaliser lui-même la chose mais pour ne pas être surpris durant le processus, en tant que cible.
Ce qui n'empêcha pas les quelques regrets qui lui restaient. L'amertume de perdre de nouveau le contact avec Mukuro, bien sûr, mais plus que ça, encore. Il savait depuis longtemps - avant que Reborn ne début son enseignement - qu'une telle séparation forcée pouvait dans la plupart des cas causer un grand choc tant à la flamme de l'invocateur qu'à celle de l'invoqué. Parfois des séquelles demeuraient, comme un affaiblissement de l'énergie altérée ou même l'impossibilité de l'utiliser après ça. Quelque chose comme la reformation du sceau naturel de l'esprit humain, qui se remettait en place par instinct de protection. Lorsqu'il ne connaissait encore son - ancien? - maître que depuis quelques jours, il avait compris des discussions à demi-mot et autres messes basses qu'il était à peu près sûr que lui perde sa flamme dans l'opération. Et il n'était pas encore possédé, à ce moment-là. Il ne savait pas ce qui avait pu mener à une telle certitude, mais avait dû se préparer, à ça aussi. A la fin des entraînements, des leçons de Dino, des visions surnaturelles, des discussions avec ses amis qui, eux, continueraient sûrement dans cette voie. Sans lui. Mine de rien, il s'y était fait, et être exclus de ce monde aussi brusquement qu'il y était entré serait assez difficile à vivre.
Mais il ne pouvait plus reculer. L'Arcobaleno Viper leva un bras, main ouverte, paume vers le bas. On ne voyait toujours rien de son visage que des contours arrondis et une bouche aux lèvres pincées, mais il avait déjà commencé à réunir sa flamme, en témoignait la légère brise qui se mit à secouer ses vêtements. Brise qui alla tourbillonner autour du petit brun, jusqu'à devenir un vent froid, puis comme une main glacée qui se saisit de lui, l'enserrant dans une poigne solide. Il ne pouvait plus bouger. Puis, quand la flamme étrangère se mêla à la sienne à la recherche de l'empreinte de Mukuro, la douleur vint. La douleur, il ne l'avait pas prévu. Tout comme il n'avait pas imaginé pouvoir avoir aussi mal un jour.
D'abord dérangeante, comme un ver se contorsionnant à l'intérieur de lui, elle devint pression, qui menaçait d'éclater ses os un à un. Et elle se fit enfin déchirure; il eut l'impression de se faire couper en deux pour que son mal puisse repartir avec une moitié de lui-même. Il tomba à genoux. En peine de respirer, suffocant, il ne voyait plus rien, que des lumières colorées beaucoup trop vives, qui lui donnaient la nausée. Rien ni personne ne lui avait laissé présager que ce serait une telle torture. Malgré les effets secondaires, on lui avait toujours présenté ça comme une formalité, un bref mauvais moment à passer, aussi simple qu'une piqûre chez le médecin. Rien à voir avec la réalité des faits, qui s'éternisait, durait, durait... Et cette douleur qui allait bientôt le faire tourner de l'œil.
Lorsque sa tête rencontra le sol, il se sentit un peu mieux. Constat tout relatif, dans sa situation, mais c'était comme si l'air s'était légèrement réchauffé. Il avait les paupières lourdes, les nerfs fatigués. Il allait fermer les yeux, se laisser aller. Le noir envahit sa vision, et au loin s'éleva une voix douce, féminine... inconnue. Mais rassurante, au milieu de tout ça.
- Désolée, Tsunayoshi-kun... Pour tout. Ne perds pas espoir.
En fait... Je crois que j'aime beaucoup faire le yoyo dans mes histoires. Beaucoup de répétitions, de cycles. Pour cette fois, c'est Mukuro qui prend (avec Tsuna puisqu'il est sur le chemin). Je ne me lasserai pas de le faire apparaître et disparaître en boucle (a)
(NB: ceci n'est peut-être pas un spoiler. Je parlais des dix premiers chapitres. )
Breeef~ See ya next week? 3
