Pfiou, j'ai enfin réussi à te poster, chapitre de malheur ! Les cours et le rhume ne pardonnent pas... Donc prenez une boisson bien fraîche, parce qu'il fait chaud dans les Hotlands ! En passant il va y avoir pas mal de théories sur les mondes parallèles, c'est assez compliqué et vaste, mais très intéressant, j'ai beaucoup aimé faire des recherches. Oui bon, j'arrête de parler et je vous laisse à la lecture !

Juste, en passant, US! Nastablook, il garde le même nom ou il le change, comme a fait Hapstablook/Mettaton ? Je demande parce que les avis divergent, du coup je me suis inspiré du teaser Underswap de S41tyPr3tz3l, de même pour les éclairs d'Alphys (oublié de le préciser au dernier chapitre, honte sur moi)

Donc, bonne lecture !


So could you

Tell me how you're sleeping easy

How you're only thinking of yourself

Show me how you justify

Telling all your lies like second nature

Listen, mark my words: one day (one day)

You will pay, you will pay

Karma's gonna come collect your debt

O*O*O*O*O

Il n'y avait rien, rien, autour de leurs yeux, si ce n'est le noir à perte de vue, rien, mis à part les quatre enfants silencieux, immobiles devant elles. Les deux premiers avaient la peau jaune et les yeux bridés, les deux autres, les yeux rouges et la peau blanche. Le premier enfant à la peau jaune portait un pull rouge et noir ; le second avait un regard démoniaque. Le premier enfant aux yeux rouges serrait entre ses doigts un pendentif en forme de cœur ; le second semblait se retenir de pleurer, sous le poids d'une faute invisible.

Mais les quatre étaient tournés vers elles, les fixant étrangement. C'était un regard qui questionnait tout en restant indéchiffrable. Huit mains se tendirent vers elles, comme pour établir un contact timide.

Comment t'appelles-tu ? murmurèrent quatre voix, étouffées par le vide qui les entourait. Comment t'appelles-tu ?

Et elles voulaient répondre, mais leurs bouches étaient cousues. Et elles voulaient bouger, mais leurs membres ne répondaient plus. Leurs paupières, alourdies par autre chose que le sommeil, se fermaient lentement, brouillant leur vision, et les enfants tendaient toujours leurs mains, posant encore la question :

Comment t'appelles-tu ? Comment t'appelles-tu ?

Le noir, encore du noir, et le silence.

O*O*O*O*O

FELL

Soru ouvrit les yeux, et la première pensée qui lui vint était un soulagement : les morts ne se réveillent pas. Puis elle se rendit compte qu'elle n'entendait rien. C'est-à-dire, pas de clapotis, pas de glou-glou caractéristique de l'eau. Avait-elle échoué loin des chutes d'eau ? Si oui, pourquoi le sol était-il aussi mou ?

En un éclair, elle vit le plafond, le lit où elle était allongée et les autres alignés à côté, la salle sombre, et les nombreuses bandelettes qui lui couvraient la tête. A peine voulut-elle se lever qu'une douleur lui transperça le torse, la pliant en deux sous le choc. Ce n'était pas dans la chair, les muscles ou les os, mais plus profond. Son âme lui faisait mal à chaque battement, comme si elle avait été percée.

C'était le cas. Elle avait matérialisé son petit cœur brun, et un minuscule trou trônait au centre, signe que l'on avait violé son espace le plus personnel.

Avec un soupir, elle remit son cœur à sa place, et observa les alentours. On aurait dit un dortoir abandonné, un peu glauque, et sans âme qui vive.

Flowey. Où était Flowey ? La terreur la traversa, car son dernier souvenir de lui remontait à Waterfall. Si on l'avait amené ici pendant qu'elle était inconsciente, comment pouvait-il savoir où elle se trouvait ? Bon sang, elle allait vraiment faire tourner cette pauvre fleur en bourrique. Comment pouvait-il accepter de voyager avec elle ? À moins qu'il ne soit ici également ? Alors il fallait vite qu'elle sorte et aille vérifier !

Elle remarqua soudain un mouvement, au fond de la salle. Une forme longue et blanche bougea dans sa direction, et s'avança vers elle, se révélant à la lumière ; c'était une créature étrange, avec une tête sans yeux ni bouche, juste un énorme trou, ayant plusieurs paires de pattes, et lâchait, de temps à autre, un gémissement semblable à celui d'un chien. Prudemment, avec méfiance, il s'avança vers la nouvelle venue ; elle ne bougea pas d'un millimètre, respira avec calme, laissant la créature s'approcher. Il la renifla, fit le tour du lit, puis resta devant elle, comme s'il attendait quelque chose. Elle leva doucement la main, et, sans brusquerie, la posa sur le cou de la créature ; d'abord récitante, elle accepta tout de même la caresse.

C'est comme si un lien s'était établi ; en un instant, Soru comprit le secret qui entourait l'étrange animal, quelque chose d'interdit et de tragique, et une longue plainte, cachée depuis longtemps. Elle entendit les chiens couiner sous la caresse, un instinct se réveillant en eux. Elle continua de passer la main sur son pelage, solidifiant le lien de confiance qui se forgeait entre eux.

Enfin, elle cessa le contact ; il était temps d'en savoir un peu plus sur cet endroit, et ce qui s'était passé depuis sa chute. Mais ses jambes la portaient à peine, et elle fut reconnaissante à la créature de la laisser se soutenir sur elle. Elle remarqua un ascenseur, mais lorsqu'elle s'en approcha, l'étrange monstre grogna.

Endogeny ne pouvaient pas parler, mais ils voulaient l'empêcher de monter. Ils ne voulaient qu'on fasse encore du mal à cette gentille bestiole sans poils. Ils se souvenaient bien, cachés dans un coin ; ils revoyaient leur maîtresse qui était descendu dans le True Lab, accompagnée du méchant poisson en armure et du squelette qui parlait fort. Ils avaient senti une odeur inconnue, et ils avaient remarqué le drôle de colis que portaient les deux visiteurs, dormant profondément, avec un bandage qui recouvrait sa tête à poils bruns. Les deux visiteurs le déposèrent sur un lit, leur maîtresse changea son pansement, puis ils se mirent à parler. Endogeny n'entendirent pas tout, mais ils captèrent "humain bizarre", "résistance pas normale", "combat", "un miracle qu'il soit encore vivant", "en savoir plus sur défense". Ensuite les deux avaient plaqué les bras et les jambes de l'inconnu sur le lit, leur maîtresse avait sorti la pointe qui injecte et aspire, et l'avait planté dans la poitrine de la bestiole. Elle avait poussé un petit cri, s'était débattue dans son sommeil, mais elle ne s'était pas réveillée, pas encore. Leur maîtresse avait dit "on va étudier ça" en indiquant le liquide marron dans la pointe, et ils étaient repartis.

Endogeny ne souhaitaient pas qu'il arrive quelque chose à la bestiole. Son cri était horrible à entendre, et très triste. Sa voix ne devait pas s'élever, pas une deuxième fois.

Soudain, la porte s'ouvrit.

- Hello, darling~ Bien dormi ?

Endogeny poussèrent un gémissement canin. Pas lui…

Deux yeux gauches fixaient l'humaine. Deux mains robotiques gantées de rouge enserrèrent sans délicatesse le visage de l'humaine, tandis qu'une deuxième paire de bras agrippèrent ses poignets.

- Arrête de te débattre, darling, et laisse-moi regarder ta jolie frimousse ! dit la voix métallique d'un ton autoritaire et intrigué. Oooh, ajouta t-il en lui pinçant les joues, mais que tu es mignon !

- Je suis une fille ! protesta t-elle.

- Oups ! Mais ne t'attends pas à des excuses, darling, tes cheveux n'ont vraiment aucun style ! Les humains doivent avoir de très mauvais coiffeurs…

- La dernière fois que quelqu'un m'a fait une remarque sur mes cheveux, je les ai coupés à ras. Encore un mot de votre part et je me les rase.

- Ho oh, darling, je n'aime pas ce ton froid. Mais ne t'inquiète pas, je me ferais un plaisir de t'offrir un relooking ! Quel dommage qu'Alphys ne me permette pas de jouer avec toi, tu aurais fait une parfaite distraction pour mes téléspectateurs. Oh là là, mais ta veste est en lambeaux ! Comment peut-on te laisser avec des loques pareilles, c'est d'un navrant…

- Mettaton, tu t'occuperas de la garde-robe de cet humain plus tard. Nous avons encore beaucoup de points à éclaircir.

Devant l'ascenseur était posté un monstre dont l'apparence était proche de celle d'un dinosaure jaune. Il était vêtu d'une blouse qui laissait voir un pull rouge, et il était difficile de savoir quelle était son expression derrière ses lunettes en cul-de-bouteilles.

- Toi, dit-il en désignant la jeune fille, suis-moi. Ouste, Endogeny ! ajouta t-il quand la créature voulut s'approcher.

Les trois personnes montèrent dans l'ascenseur, qui se mit en branle et commença à monter.

- Puis-je… se risqua Soru. Puis-je connaître votre nom, s'il vous plaît ?

- Alphys, la scientifique royale, répondit-elle d'un ton sans gentillesse, mais néanmoins étonné par cette politesse. Et voilà Mettaton, mon robot tueur.

- Alphys chérie, est-ce que cela te prendra du temps de finir tes examens sur cette damoiselle ?

- Assez, oui. Et de toute façon, je n'allais pas te laisser jouer avec elle, Mettaton. Elle est beaucoup trop précieuse.

Le robot poussa un soupir de mécontentement. Soru, elle, était partagée entre la joie d'avoir enfin trouvée la personne qu'elle cherchait, et surtout l'inquiétude, devant cette situation dont elle ne comprenait rien.

Enfin, ils arrivèrent dans une autre salle, plus lumineuse et propre. Alphys sortit ce qui ressemblait à un téléphone et envoya rapidement un message. Puis elle se tourna vers Soru et l'étudia de la tête aux pieds.

- Pour une créature aussi frêle, tu es plutôt étonnante. Les examens de la composition de ton âme sont terminés depuis longtemps, mais j'ai préféré attendre que tu te réveilles. Si je n'avais pas vu les enregistrements, je ne t'aurais jamais crue capable de tenir face à Papyrus.

Quand Soru voulut lui demander de quel enregistrement elle parlait, elle remarqua l'immense écran, et l'image mise en pause. Elle, contre le squelette.

- Un incroyable spectacle, darling ! Avec une meilleure luminosité et plus de sang, ç'aurait été époustouflant !

- Pff, ça n'avait rien de fabuleux, Mettaton. Ça ne vaut pas les animés !

Undyne venait d'arriver dans le labo, accompagnée de Papyrus. Ce dernier évitait soigneusement de croiser le regard de l'humaine. La petite troupe refit le chemin en sens inverse, et ils descendirent dans le labo. La scientifique les guida dans une petite salle remplie de microscopes, tubes à essai, fioles et autres verreries dans lesquelles miroitaient plusieurs liquides.

- Bon, dit Alphys, puisque nous sommes tous là, qu'on en finisse avec cette histoire.

Elle saisit un tube à essai rempli un liquide brun.

- Ceci est un composé extrait de l'âme de l'humaine. Puisque tu tenais tant à en savoir plus sur sa défense, Undyne, voilà en partie la réponse.

Elle alluma un écran, et plusieurs équations s'affichèrent, dans un jargon scientifique que seul Alphys pouvait comprendre.

- Les âmes des humains ont une magie qui leur est propre, et elles sont liées à un trait de caractère spécifique. À ce jour, le plus puissant que l'on connaisse est la Détermination, répartie en plus ou moins grande quantité dans les âmes humaines. Toi, dit-elle en désignant Soru, tu n'en as pas beaucoup ; sauf que tu possèdes quelque chose de complètement nouveau. Un caractère plus extrême, pas aussi puissant que la Détermination, mais tout autant impressionnant. La composition que j'ai là permet de définir la force, le pouvoir d'une âme, pas sa nature. Ce qu'elle est réellement, il faudra l'approfondir plus tard ; mais, d'après les témoignages de Papyrus et Undyne, et le résultat des examens, la force de cette âme réside dans une défense importante, une équation chimique et magique qui consolide le corps. Pour valider ces théories, j'ai injecté quelques extraits de ce caractère dans des cobayes ; leur défense a effectivement augmenté, ainsi que leur insensibilité à la douleur.

- Et… demanda Soru, qu'est-il arrivé à ces cobayes ?

- Ne m'interromps pas ! Ils sont tous morts. Certains se sont entretués, d'autres se sont tailladés les veines jusqu'à se vider de leur sang. Ceux qui n'ont pas cédé se sont endormis après que j'aie testé leur défense, et ne se sont pas réveillés. Si un monstre absorbe ton âme, je ne lui donne pas quelques minutes avant qu'il ne devienne fou. Tu es apparemment la seule à pouvoir contrôler la puissance de ton âme, et les conséquences qui vont avec.

Un silence passa, que Soru brisa rapidement.

- Vous ne me dites pas tout, n'est-ce pas ? Savoir l'origine de mon endurance n'est pas un besoin essentiel.

Elle se tourna vers Papyrus.

- Je vous ai entendu, dans Waterfall. Pourquoi avez-vous tenté d'empêcher Undyne de me tuer ? La règle dans ce monde n'est-elle justement pas de tuer ou d'être tué ?

- Une des âmes que possède le roi Asgore a disparu, répondit Undyne avant que le squelette n'ait pu ouvrir la bouche. Et cela peut prendre des années avant qu'un autre humain ne tombe dans l'Underground. Alors si la tête d'os dit vrai, on peut accélérer le jour de notre libération. Mais il faut vérifier si mon second délires, ou si tu as effectivement une… sœur dans une autre dimension.

Soru répéta mentalement quatre fois l'information, avant que la réalité ne la gifle brutalement. Un seul, un seul connaissait la situation de sa famille.

Traître. Traître, nous avions un accord.

Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu une crise d'hyperventilation. Il n'y eut pendant un instant que le bruit de sa respiration saccadée, tandis qu'elle reculait, jusqu'à cogner contre un mur. Elle dérapait, le monde suintait et il n'y avait nul part où s'accrocher, sa tête sonnait comme un tambour et ses muscles se tendaient, tremblaient, elle ne pouvait pas rester forte, elle n'y arrivait plus… Trouver le moyen de traverser le temps et l'espace, et ils arracheront l'âme d'une de ses sœurs, en danger elles étaient en danger, à cause de lui, à cause d'elle, elle ne voulait pas…

Une main se posa sur son front, une autre sur son ventre.

- RESPIRE. CALME-TOI ET RESPIRE.

La voix la repêcha de l'angoisse dans laquelle elle s'était plongée. Elle entendit une respiration régulière, et calqua la sienne sur le même rythme.

- VOILÀ. EXPIRE LONGUEMENT. RELAXE TES MUSCLES.

Les mains massaient ses tempes, ses abdominaux. Peu à peu le monde réapparut à ses yeux, sa vision et sa respiration se stabilisèrent. Sitôt qu'il eut compris qu'elle allait mieux, Papyrus s'éloigna d'elle. Soru put voir un air d'inquiétude disparaître des visages des trois autres monstres. Avant qu'Undyne n'ait pu ouvrir la bouche, Papyrus contra ce qui voulait probablement être une pique :

- SI ELLE MEURT, JE DOUTE QU'ELLE NOUS SOIT D'UNE QUELCONQUE UTILITÉ. OU PRÉFÈRES-TU METTRE EN JEU NOTRE LIBÉRATION ?

- Ne me donne pas de leçons ! Tu as été incapable de la battre, alors ne joues pas les moralisateurs !

- Pourquoi êtes-vous aussi dure avec lui ? J'aurais peut-être pu vous battre aussi, si vous m'en aviez laissé l'occasion.

La remarque de Soru eut pour effet de lui clouer le bec pendant quelques secondes, avant qu'Undyne n'éclatât de rire.

- Ça, c'est la meilleure ! Tu n'aurais eu aucune chance contre moi, humain.

- Vos lances m'ont à peine blessée.

Elle n'y trouva rien à répondre. Une lueur de satisfaction passa dans les pupilles du squelette et s'évanouit devant le regard meurtrier de sa supérieure.

- Bon, c'est fini vos disputes ? grommela Alphys. Passons à la suite, je n'ai pas que ça à faire.

De nouveau, ils suivirent la scientifique, pour déboucher dans une salle plus grande. Au centre trônait une machine en forme de crâne allongé.

- Cette machine sert à extraire l'essence même des âmes, leur "caractère", par deux manières : d'abord l'essence pure qui est pompée, puis, suivant son caractère, elle va marquer différents signes sur les papiers ici, comme une sorte de cardiogramme. Mais ça suffit avec les explications, dépêche-toi de t'installer.

Avec appréhension, Soru s'assit dans l'immense machine. Les parois se refermèrent et l'engloutirent, dans un chuintement long, sifflant et grinçant. Dans quelle histoire était-elle encore embarquée, malgré elle ?

La réponse lui vint rapidement, à en lui couper littéralement le souffle. Elle avait l'impression qu'un étau se refermait sur son âme, et chaque battement lui arrachait une grimace, au point qu'elle se mordit bientôt les lèvres pour ne pas gémir, ne pas crier. Au-dehors, des traits et des lignes se gravaient sur le papier, délivrant le message, la marque de son âme, tandis qu'un récipient se remplissait d'une fumée brune. Mais cela Soru l'ignorait, cette douleur-là elle ne pouvait l'ignorer. Tenir, il fallait tenir…

La machine commença à chauffer, le graveur s'emballa, sous les yeux surpris des monstres, une aura grise, brune et rose se dégagea du métal, tandis que son âme battait de plus en plus fort dans sa poitrine.

Quelqu'un d'autre hurla à sa place.

O*O*O*O*O

SWAP

- Nilac ? Nilac ! Est-ce que ça va ?!

- O-oh mon dieu ! Qu'est-ce… qu'est-ce qu'il se passe avec l'humain ?

Lorsqu'on cria son prénom une troisième fois, la jeune fille releva les yeux. La douleur qui avait étreint sa poitrine avait été suffisante pour la plier en deux, un peu d'écume aux bords des lèvres. Sa vue était encore brouillée, mais elle avait entendu la plainte, les pleurs étouffés.

Sœurette, que t'arrive t-il ? J'ai mal, j'ai mal à ta place.

Elle cligna des paupières pour rétablir une meilleure vision. Alphys avait posé sa main sur l'épaule de l'humaine, tandis qu'Undyne s'était rongée les ongles d'inquiétude.

Oui, Nilac y était enfin. Nilac avait finalement fait son chemin jusqu'aux Hotlands, grâce à Alphys, qui était une connaissance de la scientifique royale. Mais la quête était loin d'être finie ; encore fallait-il trouver le moyen de traverser le temps et l'espace, et convaincre la femme-poisson de l'aider.

- Je vais mieux, dit l'humaine en reprenant une respiration normale. Je pense que j'ai fait un malaise.

Les deux monstres poussèrent un soupir de soulagement. Alphys s'était rapidement attachée à son apprentie, en opposition à tous ses idéaux. C'était une fille étonnante, une humaine mais étonnante tout de même. Quant à Undyne, elle avait à peine fini les présentations, mais l'humaine avait l'air amicale. Et puis, à part Alphys et Papyrus, rares étaient ceux qui venaient la voir, la visite d'une inconnue lui faisait plaisir (même si elle ne le dirait jamais à voix haute, fichue timidité !).

Brusquement, le mur du labo explosa, accompagné d'une musique électro et de lasers multicolores.

- Oh yeah baby ! Nous avons une invitée de haut rang ce soir ! Que le show commence, baby !

Une… boîte métallique avec des bras et une casquette avait jailli dans la salle, sous trois regards assez choqués par cette intervention brutale.

- Baby ! s'écria la boîte en direction de Nilac. Tu as l'immense honneur de rencontrer l'incroyable NAPSTATON ! Et ce soir, j'ai le plaisir de t'accorder une mort glorieuse pour nos téléspectateurs !

- W-wow du calme Napstaton ! Ne t'inquiète pas humaine, ce… ce robot c'est moi qui l'ait construit, et il est un peu, euh…

- Absolument génial ! Baby, prépare-toi pour un magnifique pop quiz qui va faire vibrer le rythme !

Le monde devint noir, et plusieurs mélodies défilèrent. Nilac devait rapidement identifier à quel genre musical elle appartenait ; mais le problème, c'est qu'elle ne s'y connaissait pas du tout ! Sans Undyne pour lui souffler les réponses, Napstaton l'aurait depuis longtemps tazzée.

- Impressionnant ! Je dois reconnaître que tu es plutôt douée sur le domaine musical ! Cela mérite que je t'épargne, pour quelques heures encore ! Alors à la prochaine, baby !

Le robot disparut dans un nuage de fumée.

- J-je suis désolée s'il a pu t'effrayer ! s'excusa Undyne. Napstaton n'est pas méchant, juste un peu trop… théâtral et musical.

- Pour être franche, les musiques étaient plutôt bien composées.

- Oh ! Il sera ravi de l'entendre !

- Mais je pense qu'il aime bien faire des entrées FRACASSANTES.

Alphys poussa un soupir. Ou Papyrus avait déteint sur l'humaine, ou elle était mauvaise blagueuse de nature. Quel était le pire ?

- Bon, Undyne, grunge, je vais vous laisser. Sans m'attend pour son entraînement spécial. Grunge, tu peux venir quand tu veux.

L'humaine la salua d'un sourire.

- Tu-tu as l'air de bien t'entendre avec Alphys…

- Disons que c'est une professeure très sympathique. Puis-je visiter un peu, si ça ne vous gêne pas ?

- Oui, pas de problème, bien sûr, fais comme tu veux, ça ne dérange pas ! Je… Je vais prendre une douche, fais à ton aise en m'attendant !

Sous le jet d'eau fraîche, Undyne se calma enfin. Pour un amphibien, le climat des Hotlands n'était pas très adapté. Mais elle avait choisi d'être ici après tout ; ce labo, c'était sa seule maison. Et un humain venait d'y pénétrer ! La peur, l'excitation, cela faisait frémir ses écailles. Que fallait-il faire, maintenant ? Elle avait observé le voyage de Nilac, avec curiosité, avec appréhension. Elle avait failli fondre en larmes quand elle avait vu sa senpaï se faire ensevelir par la grotte, et elle était reconnaissante envers l'humaine de l'avoir sauvée. Ce qu'elle avait accompli était digne de ses animés et de ses mangas ! Elle voulait vraiment apprendre à mieux la connaître… Zut de zut, comment on devenait amie avec un humain ? Elle n'y connaissait rien en relations ! Déjà qu'elle était en admiration devant Alphys et qu'elle n'arrivait pas à aligner deux phrases correctes avec elle…

Avec un soupir, Undyne se sécha. Oh mince, elle avait mis une heure pour se laver ! Et si l'humaine était déjà partie ?! Mais quelle idiote !

Son stress retomba immédiatement en voyant Nilac, penchée sur un livre.

- Re-bonjour Undyne ! Je suis tombée sur cet essai de physique, à propos des… (elle regarda la couverture) univers parallèles et le "multivers". Mais c'est dur à comprendre…

- O-oh ! Je ne savais pas que ça t'intéressait !

- Hé bien, je me demandais s'il existait vraiment des univers parallèles, et si oui, comment pourrait-on y accéder ?

Undyne bondit intérieurement de joie. Quant à Nilac, elle avait un peu peur. Elle n'allait pas demander, de but en blanc, à ce que la scientifique lui construise une machine dimensionnelle ! Mais la femme-poisson était toute heureuse de pouvoir parler d'un sujet qu'elle connaissait bien. Elle en avait souvent discuté avec Papyrus.

Elle s'assit confortablement à côté de l'humaine, et, pour la première fois depuis longtemps, s'exprimer sans bredouiller, sans hésiter :

- Le concept de multivers et d'univers parallèle est extrêmement compliqué, fondé sur des observations scientifiques, mais il reste en grande partie théorique. En science, le multivers désigne l'ensemble des univers possibles dans une théorie physique donnée. L'une des théories les plus citées chez les humains est celle d'Everett : l'univers, ainsi que toutes les personnes qui s'y trouvent, fourche à chaque évènement. L'un de vos livres de science, je crois qu'il s'appelle À la croisée des mondes, le démontre par un exemple : tu lances une pièce, les probabilités qu'elle tombe sur pile ou face est égale. Un monde naît alors du résultat de cette probabilité, un monde de la pièce tombée côté face et un monde de la pièce tombée côté pile. C'est un exemple pour que ce soit plus clair, mais ces changements par les probabilités se font, selon Everett, à l'échelle des électrons, neutrons, les particules élémentaires qui composent l'atome. Mais ça voudrait dire qu'à chaque interaction de ces particules, un nouvel univers se crée, soit un nombre astronomique en quelques secondes ! De plus, Everett ne parle pas "d'univers parallèles", car il n'y a jamais qu'un seul univers, scindée en plusieurs portions qui ne peuvent pas interagir les unes avec les autres.

« Ensuite, on a l'idée "d'univers miroir" : dans le monde, il existe de la matière et de l'antimatière (que vous appelez matière noire, je crois), mais c'est la matière qui domine. Selon un autre scientifique humain, il pourrait exister un univers où l'antimatière domine, ce qui en additionnant les deux univers amène à un équilibre. Or, puisque nous sommes constitués de matière, en élargissant cette théorie on pourrait penser qu'il existe des univers où nous avons été inversés, changés, et en nous additionnant on parvient ici également à un équilibre. Par exemple dans un autre univers je ne serais pas timide, dans encore un autre je serais un homme au lieu d'une femme, etc.

« Enfin, on peut parler d'univers divergents par rapport au passé, c'est-à-dire modification de l'univers par un paradoxe temporel. Les animés humains sont une preuve que vous avez déjà voyagé dans le temps ; chez les monstres, rien ne le permet, à part une seule chose : la Détermination. Grâce aux travaux de l'ancien scientifique royal et les dernières observations en date, on a pu en conclure que la Détermination et les étoiles de sauvegarde étaient le moyen de remonter le temps. Or, si on suppose que quelqu'un a manipulé le temps, alors il est certain que l'univers a changé à un moment ou un autre ; mais ça, on ne peut pas le prouver, puisqu'on ne peut se souvenir de cet éventuel changement.

Entre tous ces univers, il y a forcément quelque chose qui les relie ; en théorie il s'agit d'un espace qui a plus de trois dimensions, une sorte de "tunnel" qui relie deux points : vous l'appelez hyperespace ou trou de ver, nous utilisons plutôt le concept de Voïd ou d'Anti-Voïd selon les avis. Mais pour traverser cet espace et arriver dans un autre univers, il faudrait voyager à la vitesse de la lumière, mais c'est physiquement impossible puisqu'aucune charge ne peut atteindre cette vitesse ; plus l'objet irait vite, plus il s'alourdirait ! Par exemple, une bille de quelques grammes aurait une masse de plus d'un quintal en s'approchant de la vitesse de la lumière.

O*O*O*O*O

TALE

- Cela veut-il dire qu'il n'y a aucun moyen de voyager entre les dimensions ?

- Je… Non, non, il y a une solution ! Enfin, théorique, je n'étais pas là quand ils avaient fait ces tests avec l'ancien scientifique royal, je n'ai plus que ses notes… Donc, euh, vous les humains vous êtes composés en grande partie de physique et vous avez un tout petit peu de magie. Nous, les monstres, c'est l'inverse. Or, notre magie est capable de tordre les lois de votre science humaine. Autrefois, certains monstres avaient la faculté de se téléporter, mais ce pouvoir s'est perdu après la grande guerre. En nécessitant une grande quantité de magie, ces monstres peuvent annuler le peu de physique qu'ils possèdent et donc voyager à la vitesse de la lumière où ils le souhaitent. Mais s'ils veulent emmener quelqu'un avec eux, toi par exemple, ils devraient multiplier par sept ou huit la puissance de leur magie, c'est énorme ! Pour rendre cette téléportation entre les mondes possible, ils auraient besoin d'une aide extérieure de magie, mais en plus, ils ne peuvent pas choisir le point d'arrivée de leur voyage, parce qu'ils téléportent à l'aveuglette ; ils ne sont jamais allés hors des dimensions, comment pourraient-ils savoir où atterrir ? Ils faudraient donc que, dans la dimension où tu souhaites aller, un "point d'arrivée" soit construit, une seconde machine dimensionnelle. C'est un peu comme si tu prenais l'ascenseur : tu pars d'un étage, ton monde, l'ascenseur qui monte ou descend représente le voyage à travers l'Anti-Voïd, mais il faut que tu saches sur quel bouton appuyer pour t'arrêter à tel étage.

- Donc, en supposant que je trouve un moyen de faire construire une autre machine dans la dimension désirée, il faut que je sois accompagné d'un monstre qui puisse se téléporter. Mais vous, sauriez-vous construire cette machine dimensionnelle ?

- Ce… Cela demande beaucoup de matériaux et de temps et… Mais ce n'est pas impossible, enfin je croaaAAA !

- Oups, désolé pour la frayeur, Al.

- Sans ! Je-je n'aime pas quand tu te téléportes brutalement comme ça ! J'ai failli avoir un arrêt cardiaque…

- Aww, ça me fend le coeur d'interrompre votre séance de déguisement ! Faut dire que vous êtes plutôt mignonnes en magical girls.

Le visage d'Alphys s'enflamma, tandis que Mheetacce détourna la tête pour cacher la rougeur qui lui montait aux joues. Entre mignonne et kawaii, qu'est-ce qui était le plus gênant ? Le temps qu'Alphys aille elle ne savait où, elle avait eu envie d'essayer l'une des nombreuses robes qui traînaient à l'étage. Celle qu'elle portait actuellement était blanche, couverte de dentelles rose pâle, et qui lui arrivait aux genoux ; les manches gigots étaient complétés par de longs gants blancs, aussi raffinés que les chaussettes qui lui couvraient les mollets, recouvertes par les lacets rouges de ses chaussures à talons plats. Quand Alphys l'avait vue, le cri de fanpeople qu'elle avait poussé avait failli rendre l'humaine sourde ; et il fut difficile de ne pas céder à l'envie dévorante de la scientifique de parler d'animés ! Si ça permettait d'obtenir sa confiance… De la conversation qui en découla ensuite, Mheetacce avait presque tout oublié ; elle n'y connaissait rien du tout en mangas et autres produits japonais, elle en avait à peine lu un ou deux dans sa vie ! Et Alphys parlait tellement vite… Puis la conversation avait abordé le sujet des voyages dans l'espace (il y en avait plein dans les animés humains !), et Mheetacce en avait profité pour dériver vers les voyages dimensionnels. Maintenant elle connaissait la théorie, et ensuite ?

- Je peux te causer deux secondes, Al ? Si ça dérange pas la magicienne.

Mheetacce fit non de la tête, et les deux monstres s'écartèrent pour discuter.

- D-donc qu'est-ce qu'il y a, Sans ?

- Tu crois que tu pourrais réparer la machine ? Celle de l'ancien scientifique ?

- Qu-quoi ? Sans ! Cela fait des… des années que je te demande si on doit la réparer ou la détruire, et tu n'as jamais daigné me répondre ! Pourquoi maintenant ? Elle n'est peut-être plus en état de marche !

- Ben faut essayer. T'inquiète, je te donnerais un coup de main.

- Tu n'as pas… répondu à ma question… Pourquoi MAINTENANT ? Il y a un risque que ça ne marche pas !

- Disons qu'un événement m'a fait bouger le coccyx. C'est plus par flemme que je ne voulais pas la réparer, désolé.

- B-bon, dit Alphys en soupirant, je suppose que je peux le faire… Si tu m'aides, je sais que tu ne veux plus travailler au labo, mais réparer la machine dimensionnelle serait trop dur pour moi toute seule !

- Dis pas ça, Alphys, t'es une super scientifique ! Bien sûr que je t'aiderais.

- C'est quand même étrange…

- Quoi ?

- Et… et bien l'humaine aussi était intéressée par la traversée des dimensions… Je suppose que ce n'est qu'un hasard, on a surtout parlé d'animés !

Ben voyons, pensa Sans. Il n'était pas dupe, il savait bien que l'humaine faisait ça pour ses "soeurs". Cherchait-elle à les rejoindre ?

- P-Pour être franche elle me faisait un peu peur au départ…

- Pourquoi ?

- Je-J'ai cru qu'elle allait tuer Undyne… Elle l'a épargnée, heureusement, mais j'étais tellement effrayée ! Quand elle est arrivée, je ne savais pas comment m'adresser à elle… Mais en fait, c'est juste une personne super kawaii et super badass ! J'ai posté une photo de nos cosplays, Undyne nous as trouvée cool ! J'étais tellement heureuse !

- Bon, ben alors je vais vous laisser à votre séance de cosplay, salut Al !

- À-À bientôt…

Nonchalamment, le squelette se dirigea vers la sortie. Ça, c'était fait. Restait maintenant à se replonger dans ses livres de physique, cela faisait un bout de temps qu'il n'avait plus joué au savant…

Au moment où il allait passer la porte, quelqu'un lui tira son bras en arrière.

- Pourquoi m'aidez-vous ?

- Hein ?

- Pourquoi m'aides-tu ? Je sais que ce n'est pas très poli d'écouter les conversations des autres, mais je tenais quand même à te remercier, pour la machine.

Il n'eut pas le courage de lui dire qu'il n'avait pas vraiment pensé à elle. Qu'allait-il faire d'elle, à présent ? Il ne doutait pas qu'elle souhaitait revoir sa famille, mais ensuite ? S'il ramenait Frisk, l'enfant réinitialiserait sûrement la timeline. Que deviendrait alors cette fille ? Resterait-elle dans l'autre dimension ? Et si elle comptait revenir ici ?

Il chassa ses questions de son esprit. Il savait que c'était égoïste, mais faire revenir l'enfant était sa priorité absolue.

- Cave, cave, dominus videt te.

Le squelette releva la tête.

- Qu'est-ce que tu as dit ?

Non, il savait bien que ce n'était pas l'humaine qui avait parlé. Mais cette phrase avait surgi dans son esprit, et…

Il écarquilla les orbites quand il vit les iris gris de la jeune fille s'embraser de rouge. Il recula légèrement, mais il comprit que ce regard ne lui était pas adressé. L'humaine était loin, très loin de lui.

Et autour de nous il n'y a plus que cette immense salle vide, dorée, brillante et crépusculaire.

La silhouette noire se découpe, nous regarde en souriant, sourire de fou.

Un œil rouge qui brille

Fin du jugement

La sentence est prononcée

« Condamné à mort »

Toi ?

Toi ?

Ou moi ?

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Oui, j'ai encore terminé la partie Fell par un cliff hanger, pour bien énerver quelqu'un qui se reconnaîtra ;P (tu m'en veux pas ?) Sinon, je n'ai pas grand-chose à dire sur ce chapitre-là.

Je vous souhaite à tous une très bonne journée/soirée/matinée !

Review, pleeeeeaaaaase ? :3