La vie de Haku pouvait se résumer en trois différents chapitres. Son enfance, avec ses parents jusqu'au jour où son père tua sa mère, l'errance et le sauvetage de Zabuza et finalement son voyage au coté de Naruto. Haku avait connu l'amour et la chaleur d'une famille avant d'être précipité dans l'horreur de la solitude.

« Ploc... »

Tout avait commencé un matin de février, il avait découvert qu'il pouvait jouer avec de l'eau. Cela avait été la plus belle chose qu'il n'ait jamais vu, il pouvait faire courir un petit serpentin entre ses doigts fins. Après des heures d'amusement, sautant le repas au passage pour continuer à voir ce qu'il pouvait faire. Il avait finalement rejoint sa mère pour lui montrer sa création : une petite fleur de glace. Il s'était attendu à un sourire, à une câlin et des félicitations. Ainsi ne comprit-il pas la morsure de la gifle et les larmes lui montèrent aux yeux.

— Ne montre jamais ça à personne, tu m'entends Haku !

Sa mère n'était pas fière de lui, elle était folle de rage et d'un sentiment qu'il ne connaissait pas encore à cette époque : la peur. Le petit enfant avait caché son don, ne le développant que dans le secret de sa petite chambre, opposant des petites araignées de glace à de méchantes fourmies d'eau. Une année entière s'écoula sans le moindre heurt, sa mère finit par oublier le pouvoir d'Haku et elle recommença à lui sourire, l'enfant était à nouveau heureux. C'est à cette époque que Yagura sombra définitivement dans la démence et l'extermination de toutes les familles dépositaires de dons héréditaires fut proclamée.

Le père d'Haku était un petit fermier qui n'avait jamais été réellement doué. Il enviait ces hommes qui étaient plus fort, jalousant leurs talents et leurs capacités. Selon lui, il n'était pas faible, c'était les autre qui trichaient. Alors quand il apprit que sa propre femme était une manipulatrice de Hyoton, il quitta son travail pour retourner à la maison. Il fracassa la porte et se mis à hurler, exigeant des explications, il ne fut cependant satisfait que quand ses points frappèrent sa femme. Aveuglé par la jalousie, l'incompréhension et ce sentiment de trahison qui l'habitait, il la tua alors qu'elle se tordait de douleur sur le sol, le suppliant de se calmer.

— Haku ! Viens voir papa !

L'enfant qui s'était réfugié sous son lit entendit l'escalier craquer pendant que son père montait le rejoindre. D'autres fermiers s'étaient joint à lui, ils venaient pour l'aider à châtier l'engeance immonde qu'était les manipulateurs de Kekkei Genkai. C'est un Haku terrifié qui fut traîné jusque devant le cadavre de sa mère, on l'interrogea, lui demandant s'il savait faire des choses. Par mesure de prudence, les hommes décidèrent de le tuer. L'un d'entre eux tenta de le frapper, et Haku relâcha son pouvoir. La maison dans laquelle il avait vécu depuis sa naissance fut soufflée quand d'immenses pics de glace émergèrent de son corps. Personne ne réchappa de ce qui fut, jusqu'à l'aube du dernier combat contre le Mizukage, sa technique la plus puissante.

Se retrouvant seul, l'enfant quitta le domicile familiale qui n'était plus qu'une ruine. Pour seul bagage il emmena le pull qu'il portait sur lui le matin même ainsi que sa petite peluche. Il voyagea sans savoir où aller, souffrant du manque de nourriture et de la solitude. C'était résolut à ne plus bouger qu'il s'installa sur un pont enjambant un ruisseau tarit, attendant la mort en serrant Monsieur Lapin contre lui. Il y rencontra Zabuza Momochi, alors membre des ANBU de Kiri, l'homme était sur le point de se joindre à un coup d'état qui plongerait définitivement le pays dans la guerre et la souffrance. Pourtant, malgré cet avenir sombre, malgré les risques et les interdictions, le ninja lui tendit la main, l'invitant à venir avec lui s'il avait la force de se lever.

« Ploc ... »

La vie avec Zabuza était différente que tout ce qu'il avait connu, il apprit à se battre et cultiva son don. La douleur physique dut à l'entraînement fut son quotidien jusque l'age de 14 ans, âge où il se révéla capable de vaincre son enseignant. Commencèrent alors les missions, elles s'enchaînaient sans discontinuer, plongeant l'adolescent dans une vie faite d'aventures et de découvertes. Zabuza et Haku voyagèrent dans le monde entier, mais ne se rapprochaient jamais du Pays de l'Eau, ils avaient été bannis et forcés à l'exil.

Haku eu le loisir de sauver des enfants en difficultés, de venir en aide à des personnages âgées, mais fut également forcé de tuer. Les chasseurs de déserteurs poursuivaient l'ancien épéiste et n'abandonnaient jamais. Les combats se firent de plus en plus rudes, mais Haku n'avait pas le temps de penser. Il surveillait perpétuellement les arrières de son maître, restant dans son ombre et officiant comme assassin. Les mois s'écoulèrent rapidement, et l'anniversaire des ses quinze an fut passer. Zabuza reçut alors une proposition de mission : empêcher un constructeur de pont de finir son travail.

Le duo désormais renommé se rendit au Pays des Vagues et prit position, en embuscade. La cible avait demandé de l'aide à Konoha et elle viendrait sous bonne garde. Les ninjas de Konoha étaient forts, malins et se déplaçaient rarement seul. Quel n'avait pas été leur surprise quand ils avaient vu un veille femme arriver par la route que devait surveiller les Frères Démons. Puis le déguisement était tombé sous le coup d'une vague, Zabuza et Haku avait alors découvert un membre des forces spéciales.

Ils n'avaient même pas eu besoin de se concerter, l'attaque avait été lancée. Pendant les premières minutes du combat Haku avait cru qu'ils prendraient l'ascendant facilement, puis tout avait dégénéré. L'enfant soldat qui leur faisait face était rapide et ne manquait pas de créativité, il avait su retourner la tendance petit à petit. Et finalement il avait piégé son maître dans un Genjutsu alors même que ce dernier hésitait à attaquer, de peur de blesser son élève.

L'épée de Zabuza l'avait frappé au ventre, et Haku avait été abruti par la douleur. Quand il avait finalement repris assez de contenance pour s'exprimer, il était trop tard, le piège du ninja de Konoha s'était refermé et sa lame transperçait le cœur de son mentor. L'abandon avait une nouvelle fois plus attrapé Haku dans ses griffes, l'enfant avait passé la nuit seul sur le pont à suffoquer doucement. Au matin, il avait sombré dans l'inconscience. Il ne s'était réveillé que deux jours plus tard, dans un lit et ses plaies avaient été soignées. Un autre blessé recevait des soins, l'ancien élève de Zabuza l'avait reconnu immédiatement, il avait baigné dans son sang pendant plus de douze heures...

Il n'avait cependant pas eu la force d'achever son adversaire, après tout il ne pouvait s'empêcher de repenser au fait qu'il avait été épargné. Haku avait donc veillé, luttant contre la fatigue et les antalgiques que lui donnait Tsunami. Il n'avait pas prononcé le moindre mot, attendant la réveil de celui qui avait tué son maître. Une fois de plus, il avait été surpris par le ninja de Konoha, ils avaient conclu une sorte de trêve. Chacun observant l'autre dans son coin, profitant de l'attention de Tsunami chacun son tour. Petit à petit, les deux combattants avaient repris des forces et Haku s'était à nouveau mis à s'inquiéter, qu'allait-il se passer ?

Kakashi Hatake avait été d'une aide secourable, donnant un but à ces deux âmes en peine. Haku avait alors pu comprendre son compagnon, c'était lui aussi un déserteur. Il avait été élevé comme une arme, à ceci près que le procédé avait été pousser aux limites de la barbarie, lui faisant oublier toute trace d'humanité. Shinobi-san avait cependant réussit à rompre l'emprise de ses maîtres et s'était rebellé contre Konoha, suivant une ligne de conduite qui lui était propre. Haku avait pu l'embrasser pendant qu'il détruisait la Gato Industry. L'enfant de Konoha n'avait tué aucun civil, il se montrait sans pitié envers ceux qui portaient des armes mais laissaient à tout un chacun une chance de fuir tant qu'ils n'étaient pas les cibles de sa mission.

« Ploc... »

Haku n'avait pas prévu de proposer à Naruto de l'accompagner, tous deux s'étaient retrouvés devant le pont qui reliait désormais le Pays des Vagues au continent. Le ninja de Konoha était entrain de s'éloigner, n'ayant aucune idée d'où aller et Haku s'était rappelé de ses propres années d'errance et de solitude. Il n'avait pas envie de voir un autre que lui en souffrir, et ne voulait pas replonger non plus. Il avait donc proposé au garçon de l'accompagner dans cette mission que Zabuza s'était confié il y avait une dizaine d'année. Ils allaient renverser le Mizukage et réinstaurer la paix au Pays de l'Eau.

Une nouvelle aventure avait débuté pour Haku, différente de toutes les précédentes. Naruto était ouvert d'esprit mais peu bavard, il ne savait pas parler après tout. Haku s'était donc mis en tête de lui apprendre tout ce qu'il savait. Il avait repris les tics de langage de son compagnon de route, lui avait appris le nom des fleurs, le nom des étoiles et celui des fleuves. Il lui avait raconté des histoires, celle que sa mère lui racontait quand il était petit. Les deux enfants ne pouvaient pas s'arrêter dans des lieux fréquentés, lui était un criminel recherché depuis le Pays des Vagues et Naruto était un ninja de rang S traqué par toutes les forces de polices du continent.

Au début, Naruto était taciturne et ne regardait jamais rien, comprenant son trouble Haku avait trouvé une solution pour lui permettre de s'épanouir. Son camarade craignait perpétuellement de se faire attaquer et ne baissait jamais sa garde pour profiter des trésors de la vie et de la nature. Haku lui avait donc expliqué l'intérêt des Kage Bunshins. Bientôt, les deux enfants voyagèrent escortés par trois clones d'ombre, ils surveillaient les routes et les bois, ne baissant jamais leur garde pendant que l'invocateur pouvait se laisser aller. En moins d'une semaine, Naruto s'était mis à apprécier la vie qui l'entourait et avait commencé à posé des question à l'enfant originaire de Kiri.

Le voyage avait donc continué, les frontières n'étant pas des obstacles pour les deux enfants, aucun ninja n'osait les défier. Haku avait observé son compagnon dompter petit à petit l'épée de Zabuza, il était maladroit et avait du mal avec son poids. Des scènes cocasses avait fait monter les larmes aux yeux de l'orphelin tant il avait rit, voir un ninja de rang S tomber sur les fesses car il avait basculé avait quelque chose de spécial. Il avait été le premier à cuisiner pour son ami, et ça avait été étrange de lui apprendre à tenir des baguettes, mais Haku s'était acquitté de la tâche avec plaisir. Le « C'est bon » qu'il recevait après chacun des repas avait été l'un des plus beaux compliments qu'on ne lui avait jamais fait.

Puis l'heure était venu de se préparer pour le raid sur le village de Kiri. Naruto attendait la marée car il prévoyait d'attirer le Mizukage hors de sa tanière. Il ne voulait pas se battre près des civils, ils ne voulaient pas provoquer de morts inutiles. Rien ne s'était passé comme prévu, Yagura ne s'était pas cloîtré dans sa forteresse, il en était sortit pour venir les défier. Le combat s'était engagé très vite, son ami sautant à la gorge du Kage. Les deux hommes faisaient approximativement la même taille et alors que les ANBU entouraient la zone pour venir au secoure de leur dirigeant, celui-ci avait recouvert son apparence de Démon. Haku ne s'était pas approché une seule fois du corps à corps, il n'était pas de taille pour lutter contre de tels ninjas, aussi s'était-il contenté de couvrir Naruto.

Il avait sauvé la vie du garçon une première fois en arrêtant le premier Suiton de Yagura, puis avait offert une porte de sortie à son camarade qui s'essoufflait. Était alors venu l'attaque du Sanbi, Haku avait vidée ses réserve de Chakra pour immobiliser les flots en furie, laissant libre court à ses rêve de paix et à son imagination, construisant ainsi le plus beau des jardins. Pendant un temps l'affrontement avait cessé. Yagura le dictateur avait admiré les sculptures de glace et s'était refusé à les détruire. Le combat avait repris, son ami prenant l'ascendant avec un plan ingénieux, mais ce n'était rien face à la puissance d'un Bijuu. Haku avait alors concentré ses dernières forces pour intervenir et sauver son frère d'arme du fouet aqueux.

C'est alors que tout avait basculé, le Démon avait concentré assez de chakra pour détruire tout ce qui lui faisait face. Avant qu'Haku ne puisse faire quoi que ce soit, le monstre lança son attaque. La dernière chose dont s'était souvenu Haku avait été la main qui avait enserrer la sienne pour le tirer hors de la trajectoire du missile. Une larme solitaire avait coulé le long de sa joue alors qu'il était arraché à son miroir, il savait que c'était trop tard.

Il serra la main de Naruto aussi fort qu'il le put, s'y accrochant de toutes ses forces. Son esprit se troubla sous la luminosité de l'attaque et il se sentit arraché à son miroir de glace. Le Ninja de Konoha avait sauté en lui tenant le bras, tentant de le tirer loin de l'attaque de Sanbi. Le monde explosa autour de lui...

oOo

Dans le silence laissé par l'attaque, trois sons parvinrent distinctement à Naruto, couvrant le vacarme qui résonnait dans sa tête.

« Ploc... »

La première goûte de sang toucha de sol alors que l'enfant de Konoha écarquillait les yeux. Face au démon, la plaine avait été soufflé, un immense cratère s'ouvrait jusqu'à la mer. Cette dernière s'engouffrait dans la brèche, recouvrant les mottes de terres et emportant les débris de glace.

« Ploc... »

Naruto se détacha du Sanbi et du paysage pour regarder à sa droite, Haku n'y était pas.

« Ploc... »

Une troisième goûte de sang toucha le sol, faisant remonté une myriade de couleur dans le ciel obscurcit. Naruto lâcha le bras sans vie qu'il tenait, horrifié. Il regarda, abasourdi, le membre tomber sur le sol avec une lenteur désespérante. Le moignon rebondit et Naruto tomba à genoux.

Quelque chose se brisa en lui et il sentit une déferlante de chakra s'abattre sur son corps. Un hurlement terrible déchira la nuit, Naruto ne sut pas s'il l'avait imaginé en son cœur où s'il avait réellement crié. Le Mizukage recouvrit son apparence, comblant la distance. Le sang de l'orphelin se mit à bouillir et ses yeux s'illuminèrent d'une lueur rouge, la rage se mêla au chakra et Naruto perdit conscience de ce qui l'entourait. Il ne restait plus que Yagura qui s'approchait lentement.

Mais, lorsqu'il posa la main sur la garde de Kubikiribôchô il se rappela des paroles de Zabuza, quand le déserteur les avait prononcé, il ne les avait pas comprises. Mais aujourd'hui, elle prenait un autre sens : « A Kiri, nous avons une cérémonie pour devenir Genin, nous devons tuer un de nos camarades de classe. C'est une leçon très importante car elle nous apprend à nous séparer de tous les sentiments qui sont inutiles pour la vie que nous allons mener. L'amitié, la famille, l'amour sont tant de faiblesses qu'il nous faut éradiquer si l'on veut survivre. Sais-tu ce que j'ai remarqué en observant cette épreuve de notre examen ? Ce ne sont pas les étudiants disposants des meilleurs notes qui gagnent, ce ne sont pas les experts en Taijutsu et encore moins ceux en Ninjustu, ce sont ceux qui savent se détacher de leurs sentiments, qui gardent leurs sang-froid alors même que la mort hurle autour d'eux. Tu es un ninja de cette trempe, et pour ça, je vais t'achever rapidement. » Au prix d'un effort colossale, Naruto cloisonna son envie de vengeance et regarda posément le Mizukage s'approcher. Il renforça sa prise sur l'épée et frappa, la lame était toujours entourée de la lueur orangée.

Yagura, bien que surprit pas l'attaque, la contra aisément et tenta de frapper Naruto. Le shinobi se déroba et recula, ressortant son poignard. Le combat reprit, plus violent et plus sauvage, le Jinchuriki ne pouvait plus faire d'erreur. Il ne pouvait plus invoquer son manteau de chakra au risque de voir de le voir absorbé et la transformation en Sanbi était inefficace face au ninja de Konoha. Pendant ce qui sembla des heures à Naruto, il enchaîna feintes et bottes secrètes, à la recherche d'une ouverture où d'un plan. Malheureusement, le Kage de Kiri était plus expérimenté que lui et son corps ne souffrait pas des limites de l'âge, petit à petit Naruto du reculer, passant sur la défensive et n'ayant plus aucune occasion d'attaquer.

Le bâton de Yagura frappa durement le ventre de Naruto, creusant un sillon ensanglanté dans l'uniforme défraîchit du garçon. Le coup déséquilibra l'enfant qui se retrouva face contre terre, il pu admirer les lumières de Kiri, des gens étaient amassés aux fenêtres, attendant avec patiente le dénouement de ce duel sordide.

— C'était un beau combat, ninja de Konoha.

Yagura se prépara à donner le coup de grâce mais Naruto roula sur le coté avant de convoquer une dizaine de clone, deux d'entre eux le tirèrent hors de porté. Leurs mouvement à tous étaient saccadés, fatigue et douleur ne faisant pas bon mélange pour un combattant. Ils offrirent une lutte acharnée pendant que Naruto prenait la direction de Kiri, ses mains fouillant ses poches à la recherche de notes explosives.

— Arrêtez le ! Ne le laissez pas approcher du village ! La voix de Yagura tonna sur la plaine, réveillant ses troupes engourdies par l'attente.

Une ligne de ninja se forma devant Naruto, mais il arrivait au pas de course et le tranchoir de Zabuza lui ouvrit un passage ensanglanté. Il franchit le blocus sans même ralentir et se dédoubla encore, c'est avec une vingtaine de copie qu'il franchit les murailles du village caché. Ils y déchaînèrent l'enfer, la population n'avait pas été évacuée, tout le monde ayant confiance en Yagura pour bloquer la menace.

Les maisons furent balayées par les explosions et de nombreux ninjas moururent la gorge tranchée, Naruto s'était infiltré et ses clones prirent différentes apparences. Le Mizukage rejoignit le village dès qu'il en eut finit avec ses propres invocations et ne pu qu'assister, impuissant, à la lente destruction de ce dernier. Il esquiva une nué de shuriken lancé par l'un de ses propres ninjas, il n'y avait plus aucune forme d'ordre. Il vit une fillette enfoncer une épée de chakra dans le dos de son père, sous les yeux horrifiés de sa propre mère. Quand Yagura s'approcha d'elle, Naruto repris son apparence et engagea un nouveau combat au corps à corps.

— Qui es-tu donc ? Un homme seul ne peut assaillir un village.

Il fut emporté dans un autre échange et son regard parcourut le village en flamme, des gens hurlaient de partout. Ses hommes s'organisaient pour emmener les civils aux abris, tentant de savoir qui était ennemi et qui ne l'était pas.

— Ne réunissez pas la population ! Hurla le Kage, prenant conscience de la dangerosité du plan.

Si un abri venait à être rempli et que le ninja de Konoha réussissait à y introduire un de ses clones suicidaires, alors plusieurs centaines de personnes perdraient la vie. C'est avec panique que Yagura observa l'hôpital de Kiri s'effondrer, ses fondations secouées pas des parchemins explosifs. Trois hommes de sa garde personnelle vinrent se poser derrière lui, attendant les ordres. Le Mizukage était dépassé et ne savait plus où donner de la tête, il ne savait même pas s'il affrontait le vrai ninja de Konoha, ou une simple copie.

— Retenez le !

Il se désengagea, et ses hommes prirent sa place dans le ballet d'acier. En tant que Jinchuriki, il était immunisé au Genjutsu, mais cet homme de Konoha donnait l'assaut seul à son village. Ce n'était pas possible, la dépense en chakra aurait été trop grosse pour un unique ninja. Il concentra son énergie dans ses paumes pour lancer une technique qu'il n'avait plus utilisé depuis l'académie.

— Kai !

L'effet ne fut pas celui attendu, les flammes ne disparurent pas. Le ninja de Konoha continuait à s'escrimer devant lui, épuisé mais encore vif. Pourtant quelque chose avait changé pour le Mizukage, le voile rouge qui masquait son regard d'améthyste se déchira. C'est libéré de l'emprise de Tobi que le Kage de Kiri observa son village s'embraser. Petit à petit, chacune des décisions qu'il avait pris sous le contrôle du membre de l'Akatsuki se rappelèrent à lui. Yagura se revit entrain de vaincre un à un les sept épéistes, puis il se rappela de l'ordre de purger la population...

— J'ai été aveugle...

Alors que l'homme à l'apparence d'enfant s'enfonçait dans les horreurs qu'il avait commandité, le véritable Naruto s'avança à coté de lui. Son clone était toujours aux prises avec la garde de son adversaire, aussi ne s'inquiéta-t-il pas. Il posa son épée sur la gorge de Yagura et fit coulisser sa lame lentement, regardant le sang de l'homme qui avait tué son ami se répandre rapidement.

Le Mizukage resta debout, le visage hagard, inconscient du monde qui l'entourait. Il accueillit la mort comme une délivrance. Le sang macula sa cuirasse et se rependit sur son pantalon, ses jambes se dérobèrent quand il atteignit finalement le sol. L'homme qui avait terrorisé le pays s'effondra. Naruto se pencha sur lui, retirant le chapeau qui lui cachait la vue et redressa son visage afin qu'il puisse admirer une dernière fois les étoiles. Autour d'eux, les combat continuaient, mais rien ne vint perturber leur îlot de paix. Yagura eu un dernier sursaut avant de sombrer dans l'autre monde et Naruto referma soigneusement ses yeux.

— Tu devais protéger ton village.

L'enfant de Konoha se redressa lentement, ramassant le couvre-chef du Kage. Il le posa sur sa tête, appréciant le contact chaleureux et son confort. Il toisa son clone qui se battait toujours et provoqua l'explosion des parchemins dont il était équipé. Les trois hommes moururent sans avoir le temps de s'en rendre compte et Naruto profita de l'explosion pour s'éclipser. Il se rendit sur le champ de bataille où il ramassa le bras de son ami, décidé à lui offrir une sépulture descente.

C'est en marchant qu'il s'éloigna de Kiri, laissant derrière lui une plaine saccagée et un village en proie aux flammes.