CHAPITRE 10

Disclaimer : Les persos ne sont pas à moi et je ne me fais pas d'argent avec cette fic !

Oxaline : Merci pour tes nombreuses reviews qui m'ont fait un plaisir énorme !! Merci vraiment pour ton soutien !!

Jenni944 : Merci de me suivre sur mes fis, ça me fait très plaisir !!

Lovedeseverus : Merci également pour tes reviews !!

A toutes : Merci pour tout, votre soutient me motive énormément !!

J'espère que cette histoire vous plaira dans son intégralité !!

CHAPITRE 10
TROUBLE

Severus se fixait depuis un moment déjà dans le miroir de la salle de bain. Il devait passer voir Minerva qui avait envoyé un elfe de toute urgence. Harry s'était déjà précipité là-bas.
Il promena son regard sur son visage dur et aigri de tant d'années de lutte intérieure. Tant d'années à se demander s'il ne ferait pas mieux de tout laisser tomber. Une seule chose l'avait fait tenir.
Ce bébé qu'Albus lui avait montré dans sa pensine.
Ce bébé qui était l'unique clé de sa rédemption. Pour lequel il devrait se battre de toutes ses forces, et affronter les pires épreuves.
Cet enfant qui était un gamin insouciant, défiant les règles selon son bon vouloir. Qui était assez stupide pour se jeter à corps perdu dans les pires ennuis.
Cet enfant qu'il avait maudit un nombre impressionnant de fois. Malgré ce qu'il connaissait de lui.
Enfant devenu adolescent, tout aussi téméraire, un pur griffondor en réalité.
Il savait qu'il avait lui-même choisi sa maison à Poudlard. Albus le lui avait confié. Le choipeau n'avait pu choisir, mais Harry avait décidé. Déjà, à cet âge, il avait décidé de son destin. Cela l'avait agacé autant que dérouté. Le choipeau n'avait jamais hésité auparavant.
Et ensuite… il avait lui-même réussi à faire de lui cet homme… à le façonner comme il se devait. Toutefois, il ne pouvait nier que c'était grâce à ce que le Seigneur des Ténèbres lui avait fait subir.
Il était bien plus facile de remodeler un corps et une âme perdus qu'un esprit sain dans un corps sain.
Cela il s'en était rendu compte au fur et à mesure. Le jeune homme avait bu ses paroles, lui avait obéit en tout point. Simplement parce qu'il l'avait sauvé de l'enfer.
Il n'aurait pas eu d'aussi bons résultats s'il avait du entraîner Harry de son plein gré, sans que rien ne l'ait affecté.
C'était évident.
Et ce matin…
Qu'est-ce qu'il lui avait pris ?
Fichu gosse !
Mais comment avait-il réussi à l'ébranler de cette façon ? Peste ! Il se voilait la face depuis trop longtemps, et ce stupide griffondor avait abattu ses derniers remparts.
Ce n'était absolument pas le moment pour ce genre de relations. Non, c'était lui le stupide serpentard. Il n'aurait pas du céder.
Mais Harry était…
Il se prit le visage dans les mains. Il ne devait plus penser à tout ça. Lui qui aurait du être celui qui gardait tout contrôle…
Il se rinça à nouveau la figure à l'eau, pour la quatrième fois au moins depuis qu'il était dans la salle de bain. Puis il jeta sa cape sur ses épaules, et sortit de la chambre.

- Severus !
Pas possible, le lycan l'attendait ou quoi ?
- Désolé Remus, je n'ai pas le temps. On se verra plus tard.
- Attends, je… j'espère que tu ne feras pas de mal à Harry. Il est honnête, et…
- Pas comme le méchant Servilus, le coupa-t-il méchamment, qui est un vil personnage…
L'homme lui jeta un regard peiné.
- Sev… Harry est jeune encore, il a l'air sûr de lui et en même temps complètement paumé. Il n'est pas totalement guéri, n'est-ce pas ? J'ignore tout de ce qui a pu se passer, mais je m'inquiète énormément pour lui.
Severus soupira.
- Il n'est plus cet adolescent chétif que tu as connu. Ne t'en fais pas. Tout va bien pour lui, d'accord ? Alors évite de m'importuner avec tes jérémiades, je sais ce que je fais, lui aussi. Il n'y a rien à dire de plus.
- Es-tu certain de ça ? Il n'a pas l'air stable, psychologiquement, ne me dis pas le contraire. Alors, si en plus, tu lui offres la possibilité d'entrevoir monts et merveilles alors qu'il n'y a rien derrière…
L'ex-espion se campa devant le loup-garou, poings sur les hanches.
- Qu'est-ce que tu insinues exactement ?
- Ton cœur est desséché. Tu ne peux rien lui apporter de bon, voilà tout. Il a tout à apprendre de la vie, tu ne peux pas juste te servir de lui pour une partie de jambes en l'air !
La parole manqua au Maître des potions. Il se foutait de lui cet espèce d'hybride ?? Il avait plutôt intérêt !
- Je sens que j'ai vu juste, tu ne me réponds pas, continua Lupin, Harry est précieux, et tu as osé le souiller… Tu devrais avoir honte. Comment as-tu pu ? C'est un jeune homme magnifique qui n'a rien à faire avec un homme dans ton genre. Il était si pur… Tu es monstrueux ! Tu vas t'amuser à le démolir ? Comme tu détruis tous ceux qui ont osé avoir ne serait-ce qu'un peu d'affection pour toi ?
- Tais-toi, siffla Severus, ou je t'arrache la langue ! Tu es jaloux à ce point ?
Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres de Remus.
- Jaloux ? Non, je n'ai qu'un seul et unique amour, et tu le sais. Je trouve injuste que tu ne te sois pas effacé devant Harry. Alors qu'il pourrait pleinement profiter de sa gloire…
- Sa gloire… Tu divagues ? Nous sommes en pleine guerre, Harry affrontera Voldemort dans peu de temps, tu crois qu'il a le temps de profiter de quoi que ce soit ? Je n'écouterais pas une parole de plus, garde tes inepties pour d'autres ! Je ne comprends pas ce qui t'arrive, mais tu es devenu réellement bizarre !
Severus tourna les talons et marcha d'un pas ferme vers le bureau de Minerva, sans se retourner. Il devenait cinglé celui-là ! Est-ce qu'il se mêlait de ses affaires, lui ? Et comment avait-il osé lui dire ce genre de choses ? Il allait garder un œil sur le loup-garou, il était vraiment étrange. Ce n'était pas son genre de parler de ça. Mais le chagrin l'avait sans doute rendu un peu dingue. Voilà pourquoi l'amour ne servait à rien, sinon à faire n'importe quoi !

Il toqua et entra. Minerva, Harry, Hermione et les jumeaux l'accueillirent avec une drôle de tête. Il posa aussitôt les yeux sur une petite boîte posée sur le bureau de l'ancienne directrice. Une sorte de boîte à bijoux ? Des vibrations malsaines en émanaient.
- Je désespérais de vous voir arriver, lui dit-elle, mais voyez ceci. Je l'ai trouvé sur mon bureau tout à l'heure. Ce qui est problématique, vous en conviendrez.
Elle ouvrit la boîte. Un hologramme magique se mit à tourner sur lui-même, petite ombre noire qui prit un aspect bien connu.
- Ce soir, Harry Potter, au pied de l'Arbre des Supplices, derrière la maison hantée de Pré-Au-Lard. Je t'attendrais à 22h00 précises. Prépare-toi bien, si je t'attrape, je ne te lâcherais plus ! Et amène donc mon cher Severus avec toi, je l'autorise à être de la partie.
La boîte se referma sur un rire sardonique.
- On se croirait dans un mauvais film, murmura Harry.
Il releva la tête vers lui, baguette au poing. Son visage n'exprimait absolument rien. Ce qui eut l'air de donner froid dans le dos à Minerva.
- Qu'en penses-tu ? Je crois que c'est un leurre.
Severus hocha la tête et se tourna vers la Professeur de Métamorphoses.
- Comment savoir qui est le traître ici ? Pas un seul elfe n'a vu qui a déposé la boîte ?
Hermione Granger s'avança vers lui.
- Nous avons eu le temps d'interroger tous les elfes de maison, Monsieur. Harry pense que s'il va au rendez-vous, Vous-Savez-Qui en profitera pour lâcher ses mangemorts ici.
Elle se tut et jeta un coup d'œil à son ami qui lui sourit.
- C'est certain, répondit Severus, c'est même étonnant qu'il n'ait pas fait ça avant…
- Il veut s'amuser sans doute… dit Harry, et j'ai bien envie de m'amuser moi aussi. Nous irons donc ce soir, à cet endroit, voir ce qui nous attend.
- Et nous évacuerons les gens à la dernière minute, continua Hermione, si un traître se cache parmi nous, ce qui est sûr, il n'aura pas le temps d'expliquer notre nouvelle position.
- Nous avons l'après-midi pour débusquer cette larve, s'exclama un des jumeaux d'un ton ferme, permettez-nous de nous retirer, nous allons à la chasse !
Ils sortirent tous les deux, laissant la place à Neville Longdubat.
- Ils sont une cinquantaine environ autour de notre cachette. Lee est resté pour surveiller, je repars auprès de lui. J'ai besoin de Remus, mais il n'est pas dans les parages.
- J'étais avec lui avant d'arriver ici, il doit y avoir un quart d'heure.
Le jeune homme se gratta la nuque.
- Je vais refaire un tour dans le manoir rapidement. A plus tard !
Il sortit en coup de vent.
- Tu tiens à y aller, demanda Severus en fixant Harry avec curiosité.
Un sourire carnassier étira ses lèvres en une grimace dérangeante. Ses pupilles rougirent légèrement.
Il se mit sur la défensive, au cas où le jeune homme déraperait…
- Bien sûr, parce que peut-être qu'il sera tout de même là ! Je ne peux me permettre de manquer cette occasion… J'attends depuis longtemps de pouvoir me venger de ce stupide monstre ! Je trancherais chacun de ses membres avec plaisir !
- Harry ! Gronda Hermione en lui lançant un regard colérique, ne parle pas comme ça ! Je n'accepterais pas que tu te jettes dans la gueule du loup avec un tel entrain ! Tu n'as pas honte ? Tu ne dois pas tenir de tels propos ! Ce serait lui ressembler, et tu n'en as pas envie, n'est-ce pas ?
À sa grande surprise, le griffondor sembla se calmer instantanément.
- Désolé, Mione, je ne dirais plus ce genre de chose. Je… je m'énerve vite en ce moment, alors que je dois rester vigilant et ne pas m'emporter. Je m'excuse…
Severus en resta sans voix. Cette Miss-Je-Sais-Tout arrivait à canaliser Harry ? Pas possible… Il aurait pu hurler de soulagement. Il émit simplement un petit :
- C'est juste.
La jeune femme lui sourit avec timidité. Bon sang, aucun de ses anciens élèves ne cesseraient donc d'être impressionnés par lui ?
Harry prit la petite boîte, la retournant dans les sens, puis la désintégra d'un coup de baguette.
- Nous serons fixés ce soir. Va prévenir Ron, s'il te plaît, Hermione, et toi Severus, tu peux en toucher un mot à… tes anciens élèves, finit-il avec une grimace.
Pourquoi fallait-il qu'il insiste à ce point sur Draco et Pansy ? Il préféra ne rien dire de plus et sortit précipitamment de la pièce à la suite de Granger après avoir salué la directrice.

Il se dirigea vers un petit salon où il devait retrouver son filleul.
Il était avec Weasley et Parkinson.
- Ron et Pansy, souligna le blond lorsqu'il s'installa face à eux.
- Pardon ? Tu oses lire dans mes pensées ?
- Bah, vu ta tête, j'en avais bien envie. Mais je n'ai pas été très loin.
- Je ne t'en aurais pas laissé le temps ! Il s'est passé quelque chose ce matin, je dois vous mettre au courant. Minerva a trouvé une boîte à musique sur son bureau, contenant un message du Lord Noir pour Harry.
- Sur son bureau ? Siffla le rouquin avec un regard abasourdi.
- Et oui, M. Weasley, il semblerait qu'un espion se cache plus près de nous que nous ne le pensions.
Il jeta un coup d'œil à la jeune femme brune, assise aux côtés des deux jeunes gens, qui poussa un soupir excédé.
- Monsieur, grimaça le roux, Pansy a été la cible de méchanceté. Certains l'ont traitée d'espionne. Cela va raviver les esprits…
- Ne t'en fais pas Ron, répondit-elle d'un ton coupant, je me fiche de ce que peuvent bien penser ces gens…
- Ne vous en faites pas Miss Parkinson, ça passera. Vos frères, continua-t-il en regardant Ron, sont en train d'inspecter chaque parcelle de cet endroit.
- Que contenait ce message ? Demanda Draco.
- Il attend Harry ce soir, à 22h00 auprès de la maison hantée de Pré-Au-Lard. Nous pensons qu'il s'agit d'une diversion.
Draco secoua la tête.
- Je pencherai plutôt pour autre chose. Imagine, il n'a pas vu Potter depuis plus de deux ans… Il doit être curieux de savoir où en est arrivée sa force… Il y sera sans doute, ou au moins ses mangemorts les plus proches.
- Harry veut y aller. Je le suivrais là-bas. Nous aurons besoin de l'un de vous, tandis qu'un autre restera ici, il faut du monde, et avec nous, et ici. Miss Granger a prévu de faire évacuer le Q.G. à la dernière minute, sans donner plus de détails. Je sais que je peux faire confiance à chacun d'entre vous, c'est pourquoi je vous en parle.
Le rouquin était devenu écarlate, et les deux serpentards se mirent à rire.
- Tu devrais éviter les compliments, Severus, Ron n'y est pas habitué, il a failli tourner de l'œil.
- Weasel, reviens à nous, ricana Pansy.
- Hey, je ne te permets pas ! Protesta le sorcier en rougissant encore plus.
Des coups légers furent frappés à la porte.
- Entrez, répondit Draco.
La tête de Miss Granger passa dans l'entrebâillement de la porte.
- Excusez-moi de vous déranger, Ron est-il ici ?
Elle avisa Severus et ouvrit la porte un peu plus grand.
- Je suis là, dit le roux en se levant.
- Oh, tu dois être au courant, si le professeur est ici.
- Mais entre, Mione, on doit s'arranger pour ce soir !
Elle sembla avoir une hésitation en regardant les deux serpentards, mais releva la tête, et entra, toute raide, dans la salle.
- Bien.
Elle voulut refermer la porte, et fut interrompue par les jumeaux, qui s'engouffrèrent dans la pièce à toute vitesse.
- Remus est dehors, nous allons vite le chercher, il ne savait pas que la propriété était entourée de mangemorts !
Severus jeta un regard à Draco avant de sortir de la pièce avec eux :
- J'arrive, restez ici, et réfléchissez bien.

Il suivit les jumeaux. Harry les croisa en chemin.
- C'est bon Severus, j'y vais, tu peux rester ici.
Il n'aimait pas trop ça, mais si c'était ce que voulait le jeune homme…
- Il n'y a rien à craindre, je ramène Remus aussitôt.
- Ne fais pas de… enfin… rien qui soit dangereux… murmura Severus avec une certaine appréhension.
Harry avait l'air bien trop excité à son goût.
Il lui fit un sourire angélique :
- Mais non, on récupère Remus, et on revient.
Il se souleva sur la pointe des pieds, pour lui glisser à l'oreille :
- N'aie crainte, je sais que je ne suis pas seul, je ne veux pas faire de mal à mes compagnons.
Puis il entraîna les jumeaux à sa suite, en lui souriant d'un air qui se voulait rassurant.
Severus resta planté là à le regarder partir. Un frisson de plaisir lui avait parcouru l'échine rien qu'en sentant son souffle contre lui. Il devait se reprendre, ce sale gamin lui avait jeté un sort, ce n'était pas possible.
Il fit volte-face pour rejoindre Draco. Les deux serpentards et les griffondors semblaient tous aussi mal à l'aise.
- Par Merlin, secouez-vous ! Oubliez vos animosités, si nous ne sommes pas soudés, qui le sera ? Il y a bien assez d'inimitiés au sein de l'Ordre, ne faites pas comme ces imbéciles.
- Oui, Monsieur, murmura la griffondor.
- Et cessez de m'appeler Professeur ou monsieur, usez de mon prénom, nous ne sommes plus à Poudlard depuis longtemps. Nous sommes tous égaux devant la menace. Ou presque ! Je vous l'avais déjà dit il me semble !
- D'accord, répondit-elle en rougissant légèrement.
Elle se tourna vers les autres, se passant une main nerveuse dans les cheveux.
- Dans ce cas, nous devrions faire plusieurs groupes de sorciers, afin que chacun emmène un groupe d'une vingtaine de personne à l'endroit que je vous indiquerai. Nous ensorcellerons plusieurs portoloins, afin qu'ils se déclenchent à des moments différents, pour brouiller plus facilement les pistes, jusqu'à notre prochaine cachette.
Severus la regardait parler. Elle reprit bientôt son assurance au fur et à mesure de ses explications. Il devait l'emmener avec lui ce soir, elle leur serait sans doute plus utile pour éviter un carnage. Il y avait suffisamment de sorciers pour encadrer tout le monde.
- Hermione.
Elle se tourna vers lui, les yeux écarquillés.
- Cessez de me regarder avec cet air stupide, ça ne vous va pas. Ce soir, vous viendrez avec nous. Ron, Draco, Pansy et d'autres pourront s'occuper d'évacuer le Q.G.
- Non, Monsieur, c'est bien trop dangereux, s'interposa le rouquin.
Il lui lança un regard sévère, puis répliqua d'un ton sec :
- Si je lui demande cela, c'est parce que j'ai mes raisons. Mettriez-vous mon jugement en doute ? Croyez-vous réellement que je précipiterais votre amie tête la première en plein danger ?
- Euh… Non, non monsieur, mais…
- Severus, le coupa-t-il, je suis fatigué de le répéter, bien tout est dit, je pars, débrouillez-vous entre vous, pour le reste, ce n'est plus mon affaire.

Il sortit et se dirigea vers le bureau de Minerva. Fred lui tomba dessus.
- Vite, venez, venez, on l'a retrouvé. Il s'est fait attaquer. De vrais lâches, au moins une trentaine contre lui. Mais…
- Mais quoi ?
Son visage exprimait une certaine incrédulité mêlée à de l'effroi.
- Harry a… Il les a tous tué encore une fois. Nous n'avons pas levé le petit doigt. Avec son épée, il avait l'air de s'en donner à cœur joie.
Il baissa la tête.
- Vous savez, c'était… très effrayant. C'est un sacré entraînement que vous lui avez donné. Il est très fort. Mais quand il se bat, on dirait quelqu'un d'autre. Il a l'air réellement… mauvais et cruel.
Severus sentit son visage se crisper. Il posa une main sur l'épaule du jeune homme qui le regarda avec attention.
- Il s'est passé quelque chose de grave, n'est-ce pas ? Pour qu'il ait en lui ce désir de vengeance… Ce n'est pas vraiment normal, de réagir comme ça…
Severus hocha la tête. Ce garçon s'inquiétait réellement.
- Ecoutez, il a vécu des choses très difficiles. C'est pourquoi il est animé par cette haine. Ce n'est pas à moi d'en parler, s'il le veut, il le fera. Mais Harry reste Harry. N'ayez crainte.
-On parle de moi ? S'enquit une voix derrière la porte entrouverte, venez plutôt ici, Remus n'est pas au mieux de sa forme.
Ils entrèrent dans la pièce.
Remus avait une jambe en piteux état, et un bras ensanglanté.
Il les accueillit par une grimace.
- Désolé, je voulais retrouver Charlie, il ne doit pas tarder. Quand j'ai vu tous ces mangemorts, j'ai eu peur qu'il ne se fasse avoir. Alors j'ai voulu aller à sa rencontre.
Severus se pencha sur lui, pour observer les plaies.
- Tu es vraiment le plus grand des idiots ! En tout cas, maintenant, il peut rentrer tranquille, finit-il en jetant un regard cinglant à Harry.
Le jeune homme rougit.
- Désolé.
- Bon il faut soigner tout ça.
Severus jeta les sorts adéquats, puis envoya Harry chercher des lotions cicatrisantes et Fred chercher Ginny. Le survivant revint à toute vitesse.
- Merci, Harry, répondit Remus, tu es devenu tellement fort, c'est impressionnant. Sev, tu as fait un sacré bon boulot.
Il détestait que le loup l'appelle comme ça. Il détestait ce surnom.
- Sirius serait tellement fier de toi, mon grand… S'il pouvait voir ça…
- Bon, le coupa-t-il, il n'est pas temps de larmoyer, ce soir, nous évacuons les lieux. Harry a reçu une menace de Voldemort, tous les deux, continua-t-il en s'adressant aux jumeaux, vous viendrez au rendez-vous, Remus est blessé, il encadrera un groupe de sorciers ce soir. Hermione te donnera les instructions nécessaires. Pour l'instant, ne dites rien à personne. Un traître se cache au sein de l'Ordre, et ne doit pas savoir que l'on fait évacuer le Q.G.
Georges se prit la tête dans les mains.
- Il nous aurait retrouvé dans ce pays ? C'est dingue ! On ne sera jamais à l'abri nul part ? Qui sait si là où nous irons, il n'y aura pas encore une troupe postée prête à nous attaquer ?
Harry toussota, et s'avança vers lui.
- Se faire assaillir ici n'est pas mieux.
- Me voilà, lança une voix fine et délicate.
Ginny entra dans la pièce, avec tout le nécessaire pour faire une attelle. Severus remarqua le regard insistant qu'elle lança à Harry. Ce dernier sembla l'ignorer superbement, et la jeune fille s'occupa de la jambe de Remus sans se retourner.
- Si ce soir il est réellement là, je vengerais Tonks pour toi, Remus, tu as ma parole.
- Tonks ? Ah, oh oui, bien sûr… répondit le lycan d'une voix hésitante.
Severus soupira. Il n'avait même pas de considération pour celle qui avait essayé de le sortir de l'enfer dans lequel il s'était enfermé. Il ne se bonifiait pas en vieillissant. Mais ce n'était pas ses oignons, il s'en fichait royalement.
Ginny se releva.
- Bien, évite de trop bouger d'ici ce soir. Ça devrait aller, je pense, d'ici trois ou quatre jours.
- Merci Ginny, répondit le sorcier avec gratitude. Harry, Ginny deviendra un grand médicomage, qu'en penses-tu ?
- Bien sûr, répondit le jeune homme, elle a tous les atouts pour réussir, du moins, si nous avons un avenir, finit-il moqueusement.
- Ne dis pas ça, Harry, répliqua Fred, nous en aurons un. Tout se passera bien !
Le brun hocha la tête d'un absent, puis se tourna vers Severus.
- Allons-y. Je veux m'entraîner un peu avec toi avant ce soir.
Ils sortirent de la pièce pour trouver un endroit tranquille. Severus avait de l'appréhension. Draco avait raison. Il serait sans doute là, pour évaluer les pouvoirs du jeune sorcier. Mais surtout pour essayer de le récupérer. Après tout, il ne lui restait que ce morceau d'âme.

Ils s'entraînèrent un bon moment. Puis Harry exigea qu'ils prennent une douche ensemble. Il avait envie de lui obéir aveuglément. Comment pouvait-il ressentir ce genre de choses ? Il ne pouvait nier qu'il n'avait pas pensé à ce type de relations ces dernières années. Mais c'était plutôt comme un fantasme, caché au fond d'une boîte dont il entrouvrait à peine le couvercle.
Ils étaient dans la chambre, séchés et prêts à s'habiller. Harry s'approcha de lui et posa ses lèvres sur les siennes avec une douceur infinie.
- Je t'aime, Severus, je veux que tu ne sois qu'à moi… Je ne veux pas te partager.
Il haussa les épaules en souriant légèrement.
- Tu crois donc que je suis tellement demandé ?
Le griffondor passa ses bras autour de son cou, levant la tête.
Presque aussi grand que lui, mais pas encore tout à fait.
- Qui sait ? Mais avant tout, je veux être sûr… Quoi que je te demande, tu le feras ?
Cette question… Un souvenir ancien tenta de refaire surface, mais il le noya aussitôt.
- Oui.
Un sourire enjôleur se posa sur les lèvres du jeune homme.
- Merci… Embrasse-moi, et allons-y, il est temps…
Il s'exécuta. Il aurait pu l'embrasser des heures durant. Parce que sa peau était d'une douceur sans pareille. Harry était le plus beau des sorciers qui lui eut été donné de rencontrer. Le plus agréable à caresser. Un être magnifique…
Il se redressa brusquement. Il devenait dingue, oser avoir de pareilles pensées ! Le jeune homme lui sourit d'un air malicieux, et l'entraîna à sa suite.
Il était l'heure.
Le plus étrange dans tout ceci, était que Harry semblait transporté de joie, comme s'il allait leur arriver quelque chose de magnifique.
Et cette impression n'augurait rien de bon…

à suivre…………………..