Disclaimer : Les persos ne sont pas à moi et je ne me fais pas d'argent avec cette fic !
Oxaline : Merci pour tes nombreuses reviews qui m'ont fait un plaisir énorme !! Merci vraiment pour ton soutien !!
Jenni944 : Merci de me suivre sur mes fis, ça me fait très plaisir !!
Lovedeseverus : Merci également pour tes reviews !!
A toutes : Merci pour tout, votre soutient me motive énormément !!
J'espère que cette histoire vous plaira dans son intégralité !!
CHAPITRE 10
TROUBLE
Severus
se fixait depuis un moment déjà dans le miroir de la
salle de bain. Il devait passer voir Minerva qui avait envoyé
un elfe de toute urgence. Harry s'était déjà
précipité là-bas.
Il promena son regard sur
son visage dur et aigri de tant d'années de lutte
intérieure. Tant d'années à se demander s'il
ne ferait pas mieux de tout laisser tomber. Une seule chose l'avait
fait tenir.
Ce bébé qu'Albus lui avait montré
dans sa pensine.
Ce bébé qui était l'unique
clé de sa rédemption. Pour lequel il devrait se battre
de toutes ses forces, et affronter les pires épreuves.
Cet
enfant qui était un gamin insouciant, défiant les
règles selon son bon vouloir. Qui était assez stupide
pour se jeter à corps perdu dans les pires ennuis.
Cet
enfant qu'il avait maudit un nombre impressionnant de fois. Malgré
ce qu'il connaissait de lui.
Enfant devenu adolescent, tout
aussi téméraire, un pur griffondor en réalité.
Il savait qu'il avait lui-même choisi sa maison à
Poudlard. Albus le lui avait confié. Le choipeau n'avait pu
choisir, mais Harry avait décidé. Déjà, à
cet âge, il avait décidé de son destin. Cela
l'avait agacé autant que dérouté. Le choipeau
n'avait jamais hésité auparavant.
Et ensuite… il
avait lui-même réussi à faire de lui cet homme…
à le façonner comme il se devait. Toutefois, il ne
pouvait nier que c'était grâce à ce que le
Seigneur des Ténèbres lui avait fait subir.
Il
était bien plus facile de remodeler un corps et une âme
perdus qu'un esprit sain dans un corps sain.
Cela il s'en
était rendu compte au fur et à mesure. Le jeune homme
avait bu ses paroles, lui avait obéit en tout point.
Simplement parce qu'il l'avait sauvé de l'enfer.
Il
n'aurait pas eu d'aussi bons résultats s'il avait du
entraîner Harry de son plein gré, sans que rien ne l'ait
affecté.
C'était évident.
Et ce
matin…
Qu'est-ce qu'il lui avait pris ?
Fichu gosse !
Mais comment avait-il réussi à l'ébranler
de cette façon ? Peste ! Il se voilait la face depuis trop
longtemps, et ce stupide griffondor avait abattu ses derniers
remparts.
Ce n'était absolument pas le moment pour ce
genre de relations. Non, c'était lui le stupide serpentard.
Il n'aurait pas du céder.
Mais Harry était…
Il
se prit le visage dans les mains. Il ne devait plus penser à
tout ça. Lui qui aurait du être celui qui gardait tout
contrôle…
Il se rinça à nouveau la figure à
l'eau, pour la quatrième fois au moins depuis qu'il était
dans la salle de bain. Puis il jeta sa cape sur ses épaules,
et sortit de la chambre.
- Severus !
Pas possible, le
lycan l'attendait ou quoi ?
- Désolé Remus, je
n'ai pas le temps. On se verra plus tard.
- Attends, je…
j'espère que tu ne feras pas de mal à Harry. Il est
honnête, et…
- Pas comme le méchant Servilus, le
coupa-t-il méchamment, qui est un vil personnage…
L'homme
lui jeta un regard peiné.
- Sev… Harry est jeune encore,
il a l'air sûr de lui et en même temps complètement
paumé. Il n'est pas totalement guéri, n'est-ce pas
? J'ignore tout de ce qui a pu se passer, mais je m'inquiète
énormément pour lui.
Severus soupira.
- Il n'est
plus cet adolescent chétif que tu as connu. Ne t'en fais
pas. Tout va bien pour lui, d'accord ? Alors évite de
m'importuner avec tes jérémiades, je sais ce que je
fais, lui aussi. Il n'y a rien à dire de plus.
- Es-tu
certain de ça ? Il n'a pas l'air stable,
psychologiquement, ne me dis pas le contraire. Alors, si en plus, tu
lui offres la possibilité d'entrevoir monts et merveilles
alors qu'il n'y a rien derrière…
L'ex-espion se
campa devant le loup-garou, poings sur les hanches.
- Qu'est-ce
que tu insinues exactement ?
- Ton cœur est desséché.
Tu ne peux rien lui apporter de bon, voilà tout. Il a tout à
apprendre de la vie, tu ne peux pas juste te servir de lui pour une
partie de jambes en l'air !
La parole manqua au Maître des
potions. Il se foutait de lui cet espèce d'hybride ?? Il
avait plutôt intérêt !
- Je sens que j'ai vu
juste, tu ne me réponds pas, continua Lupin, Harry est
précieux, et tu as osé le souiller… Tu devrais avoir
honte. Comment as-tu pu ? C'est un jeune homme magnifique qui n'a
rien à faire avec un homme dans ton genre. Il était si
pur… Tu es monstrueux ! Tu vas t'amuser à le démolir
? Comme tu détruis tous ceux qui ont osé avoir ne
serait-ce qu'un peu d'affection pour toi ?
- Tais-toi, siffla
Severus, ou je t'arrache la langue ! Tu es jaloux à ce point
?
Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres de Remus.
-
Jaloux ? Non, je n'ai qu'un seul et unique amour, et tu le sais.
Je trouve injuste que tu ne te sois pas effacé devant Harry.
Alors qu'il pourrait pleinement profiter de sa gloire…
- Sa
gloire… Tu divagues ? Nous sommes en pleine guerre, Harry
affrontera Voldemort dans peu de temps, tu crois qu'il a le temps
de profiter de quoi que ce soit ? Je n'écouterais pas une
parole de plus, garde tes inepties pour d'autres ! Je ne comprends
pas ce qui t'arrive, mais tu es devenu réellement bizarre !
Severus tourna les talons et marcha d'un pas ferme vers le
bureau de Minerva, sans se retourner. Il devenait cinglé
celui-là ! Est-ce qu'il se mêlait de ses affaires, lui
? Et comment avait-il osé lui dire ce genre de choses ? Il
allait garder un œil sur le loup-garou, il était vraiment
étrange. Ce n'était pas son genre de parler de ça.
Mais le chagrin l'avait sans doute rendu un peu dingue. Voilà
pourquoi l'amour ne servait à rien, sinon à faire
n'importe quoi !
Il toqua et entra. Minerva, Harry, Hermione
et les jumeaux l'accueillirent avec une drôle de tête.
Il posa aussitôt les yeux sur une petite boîte posée
sur le bureau de l'ancienne directrice. Une sorte de boîte à
bijoux ? Des vibrations malsaines en émanaient.
- Je
désespérais de vous voir arriver, lui dit-elle, mais
voyez ceci. Je l'ai trouvé sur mon bureau tout à
l'heure. Ce qui est problématique, vous en conviendrez.
Elle ouvrit la boîte. Un hologramme magique se mit à
tourner sur lui-même, petite ombre noire qui prit un aspect
bien connu.
- Ce soir, Harry Potter, au pied de l'Arbre des
Supplices, derrière la maison hantée de Pré-Au-Lard.
Je t'attendrais à 22h00 précises. Prépare-toi
bien, si je t'attrape, je ne te lâcherais plus ! Et amène
donc mon cher Severus avec toi, je l'autorise à être
de la partie.
La boîte se referma sur un rire sardonique.
-
On se croirait dans un mauvais film, murmura Harry.
Il releva la
tête vers lui, baguette au poing. Son visage n'exprimait
absolument rien. Ce qui eut l'air de donner froid dans le dos à
Minerva.
- Qu'en penses-tu ? Je crois que c'est un leurre.
Severus hocha la tête et se tourna vers la Professeur de
Métamorphoses.
- Comment savoir qui est le traître
ici ? Pas un seul elfe n'a vu qui a déposé la boîte
?
Hermione Granger s'avança vers lui.
- Nous avons eu
le temps d'interroger tous les elfes de maison, Monsieur. Harry
pense que s'il va au rendez-vous, Vous-Savez-Qui en profitera pour
lâcher ses mangemorts ici.
Elle se tut et jeta un coup
d'œil à son ami qui lui sourit.
- C'est certain,
répondit Severus, c'est même étonnant qu'il
n'ait pas fait ça avant…
- Il veut s'amuser sans
doute… dit Harry, et j'ai bien envie de m'amuser moi aussi.
Nous irons donc ce soir, à cet endroit, voir ce qui nous
attend.
- Et nous évacuerons les gens à la dernière
minute, continua Hermione, si un traître se cache parmi nous,
ce qui est sûr, il n'aura pas le temps d'expliquer notre
nouvelle position.
- Nous avons l'après-midi pour
débusquer cette larve, s'exclama un des jumeaux d'un ton
ferme, permettez-nous de nous retirer, nous allons à la chasse
!
Ils sortirent tous les deux, laissant la place à Neville
Longdubat.
- Ils sont une cinquantaine environ autour de notre
cachette. Lee est resté pour surveiller, je repars auprès
de lui. J'ai besoin de Remus, mais il n'est pas dans les parages.
- J'étais avec lui avant d'arriver ici, il doit y
avoir un quart d'heure.
Le jeune homme se gratta la nuque.
-
Je vais refaire un tour dans le manoir rapidement. A plus tard !
Il
sortit en coup de vent.
- Tu tiens à y aller, demanda
Severus en fixant Harry avec curiosité.
Un sourire
carnassier étira ses lèvres en une grimace dérangeante.
Ses pupilles rougirent légèrement.
Il se mit sur la
défensive, au cas où le jeune homme déraperait…
-
Bien sûr, parce que peut-être qu'il sera tout de même
là ! Je ne peux me permettre de manquer cette occasion…
J'attends depuis longtemps de pouvoir me venger de ce stupide
monstre ! Je trancherais chacun de ses membres avec plaisir !
-
Harry ! Gronda Hermione en lui lançant un regard colérique,
ne parle pas comme ça ! Je n'accepterais pas que tu te
jettes dans la gueule du loup avec un tel entrain ! Tu n'as pas
honte ? Tu ne dois pas tenir de tels propos ! Ce serait lui
ressembler, et tu n'en as pas envie, n'est-ce pas ?
À
sa grande surprise, le griffondor sembla se calmer instantanément.
-
Désolé, Mione, je ne dirais plus ce genre de chose. Je…
je m'énerve vite en ce moment, alors que je dois rester
vigilant et ne pas m'emporter. Je m'excuse…
Severus en resta
sans voix. Cette Miss-Je-Sais-Tout arrivait à canaliser Harry
? Pas possible… Il aurait pu hurler de soulagement. Il émit
simplement un petit :
- C'est juste.
La jeune femme lui
sourit avec timidité. Bon sang, aucun de ses anciens élèves
ne cesseraient donc d'être impressionnés par lui ?
Harry prit la petite boîte, la retournant dans les sens,
puis la désintégra d'un coup de baguette.
- Nous
serons fixés ce soir. Va prévenir Ron, s'il te plaît,
Hermione, et toi Severus, tu peux en toucher un mot à… tes
anciens élèves, finit-il avec une grimace.
Pourquoi
fallait-il qu'il insiste à ce point sur Draco et Pansy ? Il
préféra ne rien dire de plus et sortit précipitamment
de la pièce à la suite de Granger après avoir
salué la directrice.
Il se dirigea vers un petit salon
où il devait retrouver son filleul.
Il était avec
Weasley et Parkinson.
- Ron et Pansy, souligna le blond lorsqu'il
s'installa face à eux.
- Pardon ? Tu oses lire dans mes
pensées ?
- Bah, vu ta tête, j'en avais bien envie.
Mais je n'ai pas été très loin.
- Je ne
t'en aurais pas laissé le temps ! Il s'est passé
quelque chose ce matin, je dois vous mettre au courant. Minerva a
trouvé une boîte à musique sur son bureau,
contenant un message du Lord Noir pour Harry.
- Sur son bureau ?
Siffla le rouquin avec un regard abasourdi.
- Et oui, M. Weasley,
il semblerait qu'un espion se cache plus près de nous que
nous ne le pensions.
Il jeta un coup d'œil à la jeune
femme brune, assise aux côtés des deux jeunes gens, qui
poussa un soupir excédé.
- Monsieur, grimaça
le roux, Pansy a été la cible de méchanceté.
Certains l'ont traitée d'espionne. Cela va raviver les
esprits…
- Ne t'en fais pas Ron, répondit-elle d'un
ton coupant, je me fiche de ce que peuvent bien penser ces gens…
-
Ne vous en faites pas Miss Parkinson, ça passera. Vos frères,
continua-t-il en regardant Ron, sont en train d'inspecter chaque
parcelle de cet endroit.
- Que contenait ce message ? Demanda
Draco.
- Il attend Harry ce soir, à 22h00 auprès de
la maison hantée de Pré-Au-Lard. Nous pensons qu'il
s'agit d'une diversion.
Draco secoua la tête.
- Je
pencherai plutôt pour autre chose. Imagine, il n'a pas vu
Potter depuis plus de deux ans… Il doit être curieux de
savoir où en est arrivée sa force… Il y sera sans
doute, ou au moins ses mangemorts les plus proches.
- Harry veut y
aller. Je le suivrais là-bas. Nous aurons besoin de l'un de
vous, tandis qu'un autre restera ici, il faut du monde, et avec
nous, et ici. Miss Granger a prévu de faire évacuer le
Q.G. à la dernière minute, sans donner plus de détails.
Je sais que je peux faire confiance à chacun d'entre vous,
c'est pourquoi je vous en parle.
Le rouquin était devenu
écarlate, et les deux serpentards se mirent à rire.
-
Tu devrais éviter les compliments, Severus, Ron n'y est pas
habitué, il a failli tourner de l'œil.
- Weasel, reviens
à nous, ricana Pansy.
- Hey, je ne te permets pas !
Protesta le sorcier en rougissant encore plus.
Des coups légers
furent frappés à la porte.
- Entrez, répondit
Draco.
La tête de Miss Granger passa dans l'entrebâillement
de la porte.
- Excusez-moi de vous déranger, Ron est-il ici
?
Elle avisa Severus et ouvrit la porte un peu plus grand.
- Je
suis là, dit le roux en se levant.
- Oh, tu dois être
au courant, si le professeur est ici.
- Mais entre, Mione, on doit
s'arranger pour ce soir !
Elle sembla avoir une hésitation
en regardant les deux serpentards, mais releva la tête, et
entra, toute raide, dans la salle.
- Bien.
Elle voulut refermer
la porte, et fut interrompue par les jumeaux, qui s'engouffrèrent
dans la pièce à toute vitesse.
- Remus est dehors,
nous allons vite le chercher, il ne savait pas que la propriété
était entourée de mangemorts !
Severus jeta un
regard à Draco avant de sortir de la pièce avec eux :
-
J'arrive, restez ici, et réfléchissez bien.
Il
suivit les jumeaux. Harry les croisa en chemin.
- C'est bon
Severus, j'y vais, tu peux rester ici.
Il n'aimait pas trop
ça, mais si c'était ce que voulait le jeune homme…
-
Il n'y a rien à craindre, je ramène Remus aussitôt.
-
Ne fais pas de… enfin… rien qui soit dangereux… murmura Severus
avec une certaine appréhension.
Harry avait l'air bien
trop excité à son goût.
Il lui fit un sourire
angélique :
- Mais non, on récupère Remus, et
on revient.
Il se souleva sur la pointe des pieds, pour lui
glisser à l'oreille :
- N'aie crainte, je sais que je
ne suis pas seul, je ne veux pas faire de mal à mes
compagnons.
Puis il entraîna les jumeaux à sa suite,
en lui souriant d'un air qui se voulait rassurant.
Severus resta
planté là à le regarder partir. Un frisson de
plaisir lui avait parcouru l'échine rien qu'en sentant son
souffle contre lui. Il devait se reprendre, ce sale gamin lui avait
jeté un sort, ce n'était pas possible.
Il fit
volte-face pour rejoindre Draco. Les deux serpentards et les
griffondors semblaient tous aussi mal à l'aise.
- Par
Merlin, secouez-vous ! Oubliez vos animosités, si nous ne
sommes pas soudés, qui le sera ? Il y a bien assez d'inimitiés
au sein de l'Ordre, ne faites pas comme ces imbéciles.
-
Oui, Monsieur, murmura la griffondor.
- Et cessez de m'appeler
Professeur ou monsieur, usez de mon prénom, nous ne sommes
plus à Poudlard depuis longtemps. Nous sommes tous égaux
devant la menace. Ou presque ! Je vous l'avais déjà
dit il me semble !
- D'accord, répondit-elle en
rougissant légèrement.
Elle se tourna vers les
autres, se passant une main nerveuse dans les cheveux.
- Dans ce
cas, nous devrions faire plusieurs groupes de sorciers, afin que
chacun emmène un groupe d'une vingtaine de personne à
l'endroit que je vous indiquerai. Nous ensorcellerons plusieurs
portoloins, afin qu'ils se déclenchent à des moments
différents, pour brouiller plus facilement les pistes, jusqu'à
notre prochaine cachette.
Severus la regardait parler. Elle reprit
bientôt son assurance au fur et à mesure de ses
explications. Il devait l'emmener avec lui ce soir, elle leur
serait sans doute plus utile pour éviter un carnage. Il y
avait suffisamment de sorciers pour encadrer tout le monde.
-
Hermione.
Elle se tourna vers lui, les yeux écarquillés.
-
Cessez de me regarder avec cet air stupide, ça ne vous va pas.
Ce soir, vous viendrez avec nous. Ron, Draco, Pansy et d'autres
pourront s'occuper d'évacuer le Q.G.
- Non, Monsieur,
c'est bien trop dangereux, s'interposa le rouquin.
Il lui
lança un regard sévère, puis répliqua
d'un ton sec :
- Si je lui demande cela, c'est parce que j'ai
mes raisons. Mettriez-vous mon jugement en doute ? Croyez-vous
réellement que je précipiterais votre amie tête
la première en plein danger ?
- Euh… Non, non monsieur,
mais…
- Severus, le coupa-t-il, je suis fatigué de le
répéter, bien tout est dit, je pars, débrouillez-vous
entre vous, pour le reste, ce n'est plus mon affaire.
Il
sortit et se dirigea vers le bureau de Minerva. Fred lui tomba
dessus.
- Vite, venez, venez, on l'a retrouvé. Il s'est
fait attaquer. De vrais lâches, au moins une trentaine contre
lui. Mais…
- Mais quoi ?
Son visage exprimait une certaine
incrédulité mêlée à de l'effroi.
-
Harry a… Il les a tous tué encore une fois. Nous n'avons
pas levé le petit doigt. Avec son épée, il avait
l'air de s'en donner à cœur joie.
Il baissa la tête.
-
Vous savez, c'était… très effrayant. C'est un
sacré entraînement que vous lui avez donné. Il
est très fort. Mais quand il se bat, on dirait quelqu'un
d'autre. Il a l'air réellement… mauvais et
cruel.
Severus sentit son visage se crisper. Il posa une main sur
l'épaule du jeune homme qui le regarda avec attention.
-
Il s'est passé quelque chose de grave, n'est-ce pas ? Pour
qu'il ait en lui ce désir de vengeance… Ce n'est pas
vraiment normal, de réagir comme ça…
Severus hocha
la tête. Ce garçon s'inquiétait réellement.
- Ecoutez, il a vécu des choses très difficiles.
C'est pourquoi il est animé par cette haine. Ce n'est pas
à moi d'en parler, s'il le veut, il le fera. Mais Harry
reste Harry. N'ayez crainte.
-On parle de moi ? S'enquit une
voix derrière la porte entrouverte, venez plutôt ici,
Remus n'est pas au mieux de sa forme.
Ils entrèrent dans
la pièce.
Remus avait une jambe en piteux état, et
un bras ensanglanté.
Il les accueillit par une grimace.
-
Désolé, je voulais retrouver Charlie, il ne doit pas
tarder. Quand j'ai vu tous ces mangemorts, j'ai eu peur qu'il
ne se fasse avoir. Alors j'ai voulu aller à sa
rencontre.
Severus se pencha sur lui, pour observer les plaies.
-
Tu es vraiment le plus grand des idiots ! En tout cas, maintenant, il
peut rentrer tranquille, finit-il en jetant un regard cinglant à
Harry.
Le jeune homme rougit.
- Désolé.
- Bon
il faut soigner tout ça.
Severus jeta les sorts adéquats,
puis envoya Harry chercher des lotions cicatrisantes et Fred chercher
Ginny. Le survivant revint à toute vitesse.
- Merci, Harry,
répondit Remus, tu es devenu tellement fort, c'est
impressionnant. Sev, tu as fait un sacré bon boulot.
Il
détestait que le loup l'appelle comme ça. Il
détestait ce surnom.
- Sirius serait tellement fier de
toi, mon grand… S'il pouvait voir ça…
- Bon, le
coupa-t-il, il n'est pas temps de larmoyer, ce soir, nous évacuons
les lieux. Harry a reçu une menace de Voldemort, tous les
deux, continua-t-il en s'adressant aux jumeaux, vous viendrez au
rendez-vous, Remus est blessé, il encadrera un groupe de
sorciers ce soir. Hermione te donnera les instructions nécessaires.
Pour l'instant, ne dites rien à personne. Un traître
se cache au sein de l'Ordre, et ne doit pas savoir que l'on fait
évacuer le Q.G.
Georges se prit la tête dans les
mains.
- Il nous aurait retrouvé dans ce pays ? C'est
dingue ! On ne sera jamais à l'abri nul part ? Qui sait si
là où nous irons, il n'y aura pas encore une troupe
postée prête à nous attaquer ?
Harry toussota,
et s'avança vers lui.
- Se faire assaillir ici n'est
pas mieux.
- Me voilà, lança une voix fine et
délicate.
Ginny entra dans la pièce, avec tout le
nécessaire pour faire une attelle. Severus remarqua le regard
insistant qu'elle lança à Harry. Ce dernier sembla
l'ignorer superbement, et la jeune fille s'occupa de la jambe de
Remus sans se retourner.
- Si ce soir il est réellement là,
je vengerais Tonks pour toi, Remus, tu as ma parole.
- Tonks ? Ah,
oh oui, bien sûr… répondit le lycan d'une voix
hésitante.
Severus soupira. Il n'avait même pas de
considération pour celle qui avait essayé de le sortir
de l'enfer dans lequel il s'était enfermé. Il ne se
bonifiait pas en vieillissant. Mais ce n'était pas ses
oignons, il s'en fichait royalement.
Ginny se releva.
-
Bien, évite de trop bouger d'ici ce soir. Ça devrait
aller, je pense, d'ici trois ou quatre jours.
- Merci Ginny,
répondit le sorcier avec gratitude. Harry, Ginny deviendra un
grand médicomage, qu'en penses-tu ?
- Bien sûr,
répondit le jeune homme, elle a tous les atouts pour réussir,
du moins, si nous avons un avenir, finit-il moqueusement.
- Ne dis
pas ça, Harry, répliqua Fred, nous en aurons un. Tout
se passera bien !
Le brun hocha la tête d'un absent, puis
se tourna vers Severus.
- Allons-y. Je veux m'entraîner un
peu avec toi avant ce soir.
Ils sortirent de la pièce pour
trouver un endroit tranquille. Severus avait de l'appréhension.
Draco avait raison. Il serait sans doute là, pour évaluer
les pouvoirs du jeune sorcier. Mais surtout pour essayer de le
récupérer. Après tout, il ne lui restait que ce
morceau d'âme.
Ils s'entraînèrent un
bon moment. Puis Harry exigea qu'ils prennent une douche ensemble.
Il avait envie de lui obéir aveuglément. Comment
pouvait-il ressentir ce genre de choses ? Il ne pouvait nier qu'il
n'avait pas pensé à ce type de relations ces
dernières années. Mais c'était plutôt
comme un fantasme, caché au fond d'une boîte dont il
entrouvrait à peine le couvercle.
Ils étaient dans
la chambre, séchés et prêts à s'habiller.
Harry s'approcha de lui et posa ses lèvres sur les siennes
avec une douceur infinie.
- Je t'aime, Severus, je veux que tu
ne sois qu'à moi… Je ne veux pas te partager.
Il
haussa les épaules en souriant légèrement.
-
Tu crois donc que je suis tellement demandé ?
Le griffondor
passa ses bras autour de son cou, levant la tête.
Presque
aussi grand que lui, mais pas encore tout à fait.
- Qui
sait ? Mais avant tout, je veux être sûr… Quoi que je
te demande, tu le feras ?
Cette question… Un souvenir ancien
tenta de refaire surface, mais il le noya aussitôt.
-
Oui.
Un sourire enjôleur se posa sur les lèvres du
jeune homme.
- Merci… Embrasse-moi, et allons-y, il est
temps…
Il s'exécuta. Il aurait pu l'embrasser des
heures durant. Parce que sa peau était d'une douceur sans
pareille. Harry était le plus beau des sorciers qui lui eut
été donné de rencontrer. Le plus agréable
à caresser. Un être magnifique…
Il se redressa
brusquement. Il devenait dingue, oser avoir de pareilles pensées
! Le jeune homme lui sourit d'un air malicieux, et l'entraîna
à sa suite.
Il était l'heure.
Le plus étrange
dans tout ceci, était que Harry semblait transporté de
joie, comme s'il allait leur arriver quelque chose de
magnifique.
Et cette impression n'augurait rien de bon…
à suivre…………………..
