Bonsoir toutes et tous !

Comme ce mercredi, à la différence des semaines précédentes, je ne pourrai pas mettre à jour cette histoire, et que ce chapitre est relativement court, voici deux nouvelles scènes qui marquent une accélération dans le déroulement des événements et dans le temps.

MadMouse : Merci pour ton commentaire ! Lisbon et Steve ont une relation particulière du fait de leur passé partagé qui marquera l'ensemble de l'enquête mais pourrait bien connaître bientôt quelques cahots pour cette même raison. Quant à la lucidité de Lisbon, si elle est bien réelle, pourrait fort se teinter de nuances dans les chapitres à venir...


Acte second, scène 2

Un brin d'espoir

« Et on dit que le ridicule ne tue pas !

_ Jane, n'ajoutez pas un mot ! aboya-t-elle en détachant chaque syllabe.

_ Quoi Lisbon ? Est-ce que c'est de ma faute si M. Harrington ici présent a été trahi par ses pyjamas ? Sincèrement, quel adulte normalement constitué choisirait de tels motifs ? Même un enfant de douze ans hésiterait à se montrer dans un tel attirail. Je me demande comment Amanda a pu le… »

Le consultant n'eut pas le loisir de continuer, interrompu dans sa tirade par un violent coup de poing au visage. Du sang jaillit aussitôt sans qu'aucun des agents ne s'en alarme outre mesure. Rigsby procéda à l'arrestation du suspect pendant que son chef lui récitait ses droits et informait l'inspecteur local, venu en renfort, de la suite des événements. L'équipe scientifique supervisée par Cho procéderait dans l'heure à une perquisition en règle pour récolter les dernières preuves tandis que les aveux seraient formalisés au quartier général du CBI. Ce ne fut que lorsque les lieux commencèrent à se vider une dizaine de minutes plus tard que Teresa s'inquiéta de la santé du blessé : constatant qu'il ne saignait plus, elle inspecta l'ossature du nez avant de conclure :

« Il ne vous a pas raté, mais cela aurait pu être pire.

_ Je dois en déduire que je ne suis pas défiguré ?

_ Pas encore pour aujourd'hui, mais persévérez, persévérez ! Vous y parviendrez… un… jour…

_ Lisbon ? Lisbon ? Claquement de doigts devant les yeux. Dites-moi, c'est cette idée qui vous angoisse ? Parce que dans ce cas, je vous jure de faire attention à ma beauté la prochaine fois que l'on me frappera.

_ Ne prenez pas cette peine, un nez bosselé vous siérait à merveille.

_ Maintenant, ma chère, je ne vous crois pas une seconde. Vous détestez les nez bossus. Mais que faîtes-vous ? Elle compose un numéro de téléphone sans plus l'écouter.

_ Van Pelt, vérifiez les plaintes pour agression émanant de cabinets vétérinaires, de médecins généralistes, les pharmaciens aussi. Remontez sur les deux, non trois derniers mois. Je veux la liste à mon retour. Jetez également un œil aux rapports des officiers pour bagarres et comportements violents en public. Elle raccroche.

_ A quoi pensez-vous ? L'affaire est terminée. Fin sourire de Lisbon, de celle qui sait sur l'ignorant. Intrigué, Patrick réfléchit quelques instants avec qu'un éclair de compréhension ne le traverse. Oh… Bien joué Lisbon. Comment avez-vous eu cette illumination ?

_ Il boitait. Sourcils interrogateurs. Ton modestement triomphant. Le Gars ne serait pas le premier à se faire délibérément démolir le portrait pour modifier en toute discrétion son apparence et changer d'identité. Ils s'adressent ensuite à des médecins isolés, plus rarement aux urgences, pour les premiers secours, de manière plus ou moins forcée. A cause des tuméfactions, les soigneurs ne peuvent donner de description satisfaisante ni prévoir les transformations physiques. Ce procédé fait le plus souvent l'objet de déclarations.

_ Un désagrément somme toute minime pour le Gars, depuis qu'il n'appartient pas à la famille des caméléons éternels. Il préfèrera souffrir deux ou trois jours plutôt que de prendre le risque d'être repéré entre deux déguisements.

_ Exactement. Il choisira la solution la plus radicale. »

De retour au quartier général, l'agent Lisbon réclama la liste et exposa sa théorie à ses collègues. Dès le lendemain, ils se répartiraient les déclarations et tâcheraient d'en tirer quelques bénéfices. L'enquête semblait redémarrer après plusieurs jours de piétinement, au cours desquels elle avait été reléguée au second plan au profit d'une autre affaire prioritaire qu'on avait imposée à leurs bons services.


Deux jours plus tard, bureau de l'agent Lisbon.

« Bonsoir Steve.

_ Salut.

_ J'ai entendu dire que le marshall Elroy avait apprécié ton coup de main pour la capture de son fuyard ?

_ Oui. J'aimerai que le Gars se montre aussi facile à traquer et appréhender que Douglas Collins.

_ Ton détachement au bureau californien est définitif alors ? Vague hochement de tête.

_ Jusqu'à ce que nous retrouvions le Gars, et à condition de m'occuper de fugitifs locaux, ce qui ne s'avère pas plus mal au fond. Des succès sont les bienvenus pour mettre un peu de baume au cœur. Le Gars a de quoi malmener les egos les plus surdimensionnés.

_ Tout à fait d'accord.

_ Qu'a donné ton enquête sur les agressions ?

_ Rien de concluant. Sept signalements pourraient lui correspondre sans cependant apporter d'éléments que nous pourrions exploiter. Nous continuerons à surveiller les déclarations dans les prochains mois, le processus de transformation prenant du temps pour être réellement efficace. Les faussaires sont également sous surveillance et mis en alerte.

_ Il faudrait aussi lancer un avis parmi les chirurgiens esthétiques. Il pourrait y recourir pour finaliser sa nouvelle apparence.

_ Exact. Bref silence.

_ Tu sais, je suis fier de toi, tu es devenu un sacré bon agent.

_ J'ai eu un bon professeur. Sourires complices. Sonnerie de téléphone. Agent Lisbon. Visage qui se ferme brusquement. Où ça ?... On arrive immédiatement. Ne touchez à rien. Elle repose le combiné, ferme les paupières quelques secondes.

_ Que se passe-t-il ? Ton inquiet. Soupir. Coup d'œil prolongé vers le canapé de Jane, où il fait semblant de dormir.

_ John le Rouge a encore frappé. »


A suivre :

« Pas de ce discours-là avec moi Steve. Voix basse, presque trop calme. Cela n'a rien à voir avec moi, ni avec notre enquête. J'apprécie sincèrement ton aide à propos du Gars, vraiment, mais le reste ne fait pas partie de tes affaires. Il s'agit de mon unité, de mes méthodes. Le message implicite « laisse-moi tranquille », résonnait clairement à leurs oreilles. Duel de regards. Coups à la porte. »