Chapitre 9 :
- Sirius, euh... tu peux m'expliquer ce que tu fabriques? Questionna James.
- Comment ça?
- Ben on va en cours là! Ou est ta tenue?
- Ma tenue est confortablement rangé dans ma valise! Répondit Sirius avec un grand sourire.
- Sirius, c'est quoi encore ce plan foireux?
Le jeune Black éclata de rire.
- Est-ce que je dois te rappeler que tu as eu un conseil de discipline hier soir ou ça ira?
- Justement!
- Je ne comprends pas tes réactions parfois... Soupira Sam.
- C'est normal. Vous n'étiez pas là hier soir. Vous ne pouvez pas comprendre. Mais moi je sais ce que je fais.
Remus regardait son ami. La veille, il avait eu l'étrange impression que Sirius n'était pas seulement énervé contre sa famille, mais aussi contre lui-même. Et il n'en comprenait pas la raison. Sirius n'avait pas dit un seul mot sur les évènements qui s'étaient déroulés. Ils ne savaient rien. Pas même comment son nez avait pu être cassé alors que Dumbledore était censé être présent. Sirius semblait de nouveau vouloir tout garder pour lui.
*Un vrai mur ce gosse...*
- Sirius... Il s'est passé quoi hier pour que tu sois si énervé? Questionna Remus d'une voix douce.
- Rien de plus que d'habitude.
Le jeune Lupin approcha de son ami et posa ses mains sur ses épaules. Leurs regards s'accrochèrent. Celui de Sirius ne fuya pas. Au contraire, une lueur de défi avait prit place dans ses yeux.
- A quoi ça t'avance de me mentir hein?
...
- Tu ne comprends pas. Te dire la vérité ne me gêne pas, Rem. J'ai juste honte de moi.
- Je peux savoir pourquoi? Si quelqu'un doit avoir honte c'est bien ce connard de Marcus... Répliqua Sam, en colère. Il arrive même à te faire culpabiliser ce...
- Non Sam. Coupa Sirius. Lui il ne s'est pas montré faible hier soir. Il était égal à lui-même. Moi je n'étais qu'un espèce de crétin qui ouvrait sa gueule, mais une fois que je me suis retrouvé seul avec mon père, y avait plus personne. J'ai été incapable de dire un mot, incapable de me battre. Incapable d'être moi-même. On aurait dit un lâche, un trouillard... J'ai horreur de ça. Et il est hors de question que je réagisse à nouveau de la sorte. Je ne veux pas laisser l'espoir à mon père qu'il a réussi à m'avoir. Alors c'est moi qui vais me charger de commencer la bataille.
...
- J'hallucine... Grogna Sam, folle de rage.
- Quoi? Répliqua Sirius.
- Il te connais trop putain! C'est exactement comme ça qu'il veut que tu réagisse! Il te mène en bâteau! Depuis le début... Et toi tu suis.
Sirius s'approcha de Sam et lui prit les mains. Leurs yeux ne se quittaient pas.
- Je le sais, Sam. Mais si ce n'est pas moi qui cherche, ce sera lui... D'une manière ou d'une autre, je serais obligé d'entrer dans son jeu. C'est le but. Il a un plan. Mon père me l'a dit. Marcus a certains projets en ce qui me concerne. Je ne sais pas lesquels. Mais je ne m'écraserais pas. Jamais. Alors je jouerais avec lui. Jusqu'au bout. Peu importe la fin. Il n'y a que de cette façon que je découvrirais ce qu'il me réserve. Inutile de se fatiguer, il est là pour moi. On le sait tous. Alors il faut qu'on arrête de se voiler la face. Il est dangereux. Et il est là pour me pourrir la vie. Trop tard. Je ne peux pas faire machine arrière. Je devrais faire quoi à votre avis? Changer d'école? Prendre des cours par correspondance? Déménager? Et j'irais vivre ou hein? Chez mes parents? C'est sur que je serais en sécurité là bas... La bonne blague! Est ce que vous comprenez? Que je me comporte bien ou non dans ses cours ou autre, ça ne changera rien! Je suis condamné d'avance...
Sam avait les larmes aux yeux.
- On est dans la merde putain... Murmura t-elle, un sanglot dans la voix.
Sirius la serra dans ses bras. Il n'aimait pas la voir triste. Il détestait ça. Surtout qu'il était souvent la raison de sa douleur. Et il se haissait de la faire souffrir malgré lui.
- Ne te prends pas la tête pour ça, Sam. D'ailleurs aucun d'entre vous ne devrait avoir à en souffrir... Il s'agit de moi. Uniquement. C'est ma vie, mon combat. Pas le vôtre.
...
- Tu ne devrais pas avoir à te battre contre des personnes si cruelles uniquement pour être heureux. Tu ne devrais même pas endurer tout ça... Tu n'as que quinze ans. Tu as subi des choses qu'un adulte ne supporterait pas. Des violences autant physiques que morales... Tout ça ne devrait pas exister. Tout ça n'aurait jamais dû t'arriver... Murmura James, triste.
Sirius se sentit soudain vulnérable, dans les bras de Sam, à se faire plaindre. Il se dégagea de son étreinte et reprit un visage impassible. Il ne devait pas se laisser aller. Parce que ce n'était que le commencement.
- Ce n'est que nous, Sirius... Murmura Sam.
- Je sais. Mais je ne dois pas me laisser aller maintenant... Le pire reste à venir.
[...]
- Je peux savoir ce que tu fais? Tu me provoques? Tu oses me provoquer? Même après le conseil? Je pensais que père t'avais remis les pendules à l'heure...
- Mmh... Peut-être que nous n'avions pas le même horaire...
Marcus posa sa main sur le bras de Sirius. Il ne serra pas. C'était juste un avertissement.
Autrement dit, un mot de plus et Sirius était bon pour la morgue.
Leurs yeux ne se lâchaient pas.
- Ou est ta tenue Sirius?
- Dans ma valise.
- Et tu ne prends même pas la peine de me mentir n'est-ce pas?
- Ben je pensais que je devais être honnête avec toi! Je ne fais qu'obéir aux règles...
- Ne me cherche pas Sirius... Ca pourrait être dangereux...
- T'es jamais content hein? Même quand je fais tout pour que tes cours se passent au mieux...
Marcus fini par broyer le bras de son frère. Par une pression brutale et ferme.
Ils se fusillaient du regard. Tous deux avaient endossé l'attitude que l'autre ne supportait pas.
Sirius, comme à son habitude, se comportait en rebelle.
Marcus en éternel dominateur.
Et ce jour là, aucun des deux ne comptait capituler...
- Lâche moi.
- Tu me donnes des ordres maintenant? S'énerva Marcus.
- Tu n'es que mon frère.
- Je représente bien plus que ça et tu le sais! Répliqua Marcus avec rage.
- Pour moi tu n'es rien. Cracha Sirius avec haine.
...
- Rien de plus qu'un minuscule microbe qu'on écrase d'une simple pression du pied...
Une rage incommensurable s'installa en Marcus. Elle était si puissante qu'il aurait tué son frère sur le coup. De ses propres mains. Si seulement ils avaient été seuls...
Il ne fit rien de plus qu'augmenter la force de la pression sur le bras de Sirius. Mais ses yeux ne trompaient personne...
- Lâche moi!
Sam se leva. Elle regardait Marcus d'un air assassin. Ce dernier n'y prêta aucune attention. Il était figé. Seul son frère importait. La souffrance de son frère.
Sirius avait mal. Il n'arrivait pas à se dégager. Alors il eut soudain une brillante idée. Marcus n'allait pas aimer c'était certain. Mais il ne voyait que cette issue.
- Si tu ne me lâche pas je crie...
Son frère le fusillait du regard. Marcus semblait penser que son cadet était allé encore trop loin... Beaucoup plus loin que d'habitude.
Malgré sa totale conscience de la menace, au lieu de se calmer, il provoquait davantage.
- Essaye pour voir. Ose tenter la chose. Qu'on rigole un peu...
- Ben on va rire alors...
- Moi je m'amuserais. Toi beaucoup moins...
- Qu'est-ce que t'en sais? Répliqua Sirius avec un sourire malicieux.
- Arrête Sirius. D-e s-u-i-t-e...
C'était la première fois que Sirius voyait son frère trembler de rage. C'était impressionnant. Drôle aussi. Parce que devant témoins il ne pouvait que garder sa colère à l'intérieur. Et le jeune Black voyait bien que son grand frère avait du mal... Il était hors de lui. Il aurait pu se jeter sur lui, il l'aurait fait sans hésitation.
Sirius eut un sourire. Mais soudain il se leva.
- Lâche mon bras. De suite.
- Sinon quoi?
- Je me casse de cette putain de salle, j'ai rien à perdre!
- Pour ça il faudrait que je te lâche...
- Tu me cherches? Provoqua Sirius.
- Peut-être bien...
- Tu veux vraiment que je hurle?
- De douleur? Ouais...
- Tu rêves mon pauvre.
- Je sais que t'as mal.
- Ou pas...
Marcus fit une chose qu'il regretta aussitôt. Il était tellement enragé qu'il oublia les témoins. Il donna une gifle à Sirius qui se cogna à l'angle d'une étagère.
Les élèves étaient terrorisés. Personne ne bougeait. Personne ne disait un mot.
- Espèce de sale connard! Dit Sam. T'as pas le droit de le toucher!
James était tellement en colère qu'il était incapable d'agir. S'il bougeait, c'était pour se jeter sur son professeur et le tuer. Remus regardait Sirius d'un air attentif. Il avait l'impression que c'était loin d'être fini. Peter tremblait malgré lui. Il détestait assister à ce genre de spectacle. Surtout lorsque Sirius était en cause.
Sirius porta une main sur le côté de sa tête. Il saignait. Il regarda son frère avec haine.
- Maintenant assieds toi et boucle là.
- Va te faire foutre! Répliqua Sirius avec hargne.
Marcus fixait son frère avec un regard assassin. Cette lueur ne quittait pas ses yeux lorsqu'il avait Sirius en face. Toujours le même regard de tueur.
- Pardon?
- T'es bouché ou quoi? Répondit Sirius d'un ton agressif.
Marcus approcha à nouveau.
- Tu veux que je t'arrange l'autre côté aussi ou ça ira?
...
- Je désire qu'une seule chose. Un seule. Mais je ferais tout pour qu'elle se réalise. Ce que je veux Marcus, c'est que tu crèves. Répliqua Sirius, hors de lui.
Il avait bien fait attention à plaçer toute sa haine dans cette simple phrase.
Il se leva alors à nouveau et commença à contourner sa table. Mais Marcus se plaça en plein milieu du passage.
- Je peux savoir ce que tu fais?
- Je me casse d'ici.
Marcus posa une main sur son épaule. Sirius se dégagea brutalement. Il essaya de passer sur le côté mais son frère le bloqua.
- Dégage putain!
- Tu apprendras, Sirius, que tu n'as aucun droit de me parler sur ce ton...
- J'en ai rien à faire! J'ai tous les droits que je veux.
- Pas tant que tu fais parti de notre famille.
- J'en ai rien à foutre je te dis! Je n'ai jamais écouté que moi et ça ne changera pas!
- Tu devrais te calmer et t'asseoir.
- C'est toi qui donne les conseils maintenant? Quel ridicule...
- Sirius maintenant tu t'asseois et tu la ferme! C'est bon je suis assez clair là? Ou il faut que je te frappes pour que tu comprennes?
- Je vais sortir. Que tu le veuilles ou non. Je ne resterais pas dans cette salle qui pue la magie noire, la haine, l'autorité... Je ne resterais pas dans ce cours de merde.
Les mains de Marcus se crispèrent.
- Ben vas-y! Frappe! Une de plus ou de moins qu'est-ce que ça peut me faire?
- Je te pensais plus résistant en fait...
Sirius ricana.
- T'en a jamais assez n'est ce pas? Il faut toujours que tu me pousses à bout... Ca t'excite hein?
- A vrai dire ce n'est pas très marrant quand au bout d'une heure l'adversaire abandonne... Je te pensais plus fort.
Sur ces quelques mots, Marcus retourna à son bureau en plantant Sirius là. La sonnerie retentit. La première heure venait de s'écouler. Ca n'avait pas été une heure de cours mais une heure de guerre. Il était épuisé. Mais fier.
Sirius connaissait assez son frère pour savoir que ce n'était rien de plus qu'un nouveau défi.
- Moi aussi. Je pensais que tu avais tout de même une once d'intelligence. Je ne perds pas la bataille en sortant de cette salle, bien au contraire. Parce que j'aurais été jusqu'au bout de mon idée.
- Ben vas-y. Va « jusqu'au bout de ton idée ». C'est père qui va être content...
Sirius se dirigea jusqu'à la porte. Et sans se retourner, prononça ces mots...
- Tu ne crois pas qu'à vingt cinq ans il serait temps que tu apprennes à te débrouiller tout seul? Comme un grand? Ce n'est pas moi qui vais me réfugier dans les pantalons de mon père quand je perds... Moi j'assume. A chaque bataille je suis seul contre tous. Contre toute une famille. Alors sache que quoi qu'il se passe, je me considererais toujours comme le vainqueur. Toute ta rancoeur et ta haine ne sont rien face à mon courage...
C'est ainsi que Sirius quitta la salle de cours. Il était au maximum de sa force. Il était fier de lui. Et heureux si tel était le mot.
Marcus serra les dents. Si seulement il n'était pas professeur. S'il avait été au rang de simple élève à cet instant, il aurait couru après Sirius pour lui faire payer son insolence.
Il commença son cours tranquillement comme si rien ne s'était passé, puis soudain, il arrêta de parler. Il s'assied et prit sa tête entre ses mains.
Sam, qui au départ était assise à côté de Sirius, se tourna vers la table de derrière. Elle regarda Remus.
- C'est lui qui est affaibli maintenant! Souffla t-elle, surprise.
- Miss Williams, on ne parle pas pendant mon cours! Ce soir 19h dans mon bureau.
Sam marmonna quelque chose qui ressemblait à « crétin... me soule d'abord... fais chier. » James quant à lui se leva de sa chaise.
- Un problème Potter?
- Ouais un gros même! Répliqua James, énervé.
- Comme?
- Vous! Votre façon d'agir envers Sirius, TOUT chez vous me répugne! Vous n'êtes qu'un monstre qui prend plaisir à faire du mal aux gens, qui profite de son pouvoir... Je ne supporte pas votre arrogance. On voit bien d'ou Sirius sort le mauvais côté de son caractère de toute façon. De vous. Tout ce qui peut être qualifié de défaut chez lui, tout ce que nous ne pouvez pas supporter, c'est vous qui le lui avait transmis. Cela fait une heure. Vous avez passé une heure à vous disputer avec lui. Et là, Sam ouvre la bouche deux petites secondes et vous pensez que la retenue que vous venez de lui donner est justifiée?
- Je ne te demande pas ton avis Potter. Assieds toi.
- J'en ai rien à faire je le donne quand même. Liberté d'expression, encore une chose que vous ignorez apparemment...
Marcus se leva brutalement. Il semblait hors de lui. Et encore, l'expression était faible...
- Assieds toi Potter. Immédiatement.
Les yeux noisettes de James étaient braqués sur ceux, aciers, du professeur Black.
- Sinon quoi?
- Il se pourrait que ce ne soit pas toi qui paie les frais de ton insolence...
- Je ne fonctionne pas au chantage.
- Très bien. Dans ce cas tu devras expliquer ton attitude à ton père lorsque je le convoquerais...
Intérieurement, James jura. Mais il mit plusieurs secondes avant d'obéir. Il n'allait tout de même pas laisser faire toutes ces injustices, non? Son père comprendrait peut-être... * Ou pas! *
Le jeune Potter s'assied.
- Heureusement qu'ils ne sont pas nombreux hein? Demanda James en s'adressant à l'ensemble de la classe.
Les élèves le fixèrent d'un air interdit et angoissé. James Potter avait visiblement décidé de continuer le travail de son meilleur ami...
- Qui ça? Questionna Sam avec un sourire entendu.
- Ben les connards de prof qui profitent de leur pouvoir pour victimiser un de leurs élèves...
C'en fut trop pour Marcus. Il s'approcha de James. Il était collé à sa table.
- Tu as décidé de t'y mettre?
- Pourquoi pas? Ca me tente bien de te pourrir la vie comme tu pourris celle de mon meilleur ami...
- L'ensemble de la haine que j'éprouve est destinée à Sirius. Tu n'y changera rien.
- Je ne peux pas te voir en peinture. Tu n'y changera rien non plus.
Marcus sourit à l'entente de cette phrase.
- C'est dommage. Je t'aime bien moi.
- Navré. Ce n'est pas réciproque. Répliqua James, brutal.
- Tu as fini avec tes caprices, je peux continuer mon cours?
- Non.
Marcus eut un regard surpris. Il passa ensuite un main sur son front, il grimaçait.
- Pardon?
- Ben tu me poses la question si tu peux continuer... Je te réponds. Enfin sache que si tu choisis de poursuivre ton cours, tu vas devoir me supporter, et ça risque d'être très très très difficile... Tu ne peux même pas imaginer à quel point l'envie d'empirer ton mal de tête me réjouie...
- Sors.
James crut pendant un instant qu'il avait mal entendu. Mais il comprit au regard de Marcus que ce dernier le virait vraiment.
- Et si j'ai pas envie?
- Je m'occuperais personnellement de ta sortie, avec un grand soin si tu vois ce que je veux dire...
- Mais je t'en prie, fais toi plaisir! Rétorqua James avec un rire dans la voix.
Personne n'eut le temps de réaliser ce qui se passait que James se trouvait devant la porte de la classe. La main de Marcus tenait sauvagement son bras. Le jeune Potter se dégagea en lançant à son professeur un regard assassin.
Son sac était sur son dos, chacun de ses affaires étaient rangés à l'intérieur sans qu'il ne sache comment cela s'était produit. Ni personne d'ailleurs. Marcus avait utilisé sa baguette c'était certain. Mais c'était tout ce dont il se souvenait.
Et une douleur dans le cou. Une grande douleur.
- Qu'est ce que tu m'as fais?
Marcus ouvrit la porte et attendit que James sorte.
- Je me suis juste « personnellement occupé de ta sortie »... Ne l'oublie pas. Répliqua Marcus d'un ton glacial.
La porte se referma devant James avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit.
* Oublier quoi? Il ne s'est rien passé! Abruti! *
Et soudain il eut l'impression qu'au niveau de son cou, la peau se déchirait. Une longue entaille apparut. Il lui avait jeté un sort, et il n'y avait aucun témoin. Aucun.
Marcus était bien plus redoutable que ce que les gens pouvaient penser.
James se rendit dans les toilettes les plus proches. Sa tête lui tournait. C'était comme si quelque chose remuait à l'intérieur de la plaie, cherchant à lui procurer de plus en plus de douleur. Il s'empêcha de hurler.
C'était quoi le but du jeu? Qu'il vienne le supplier de mettre fin à ce supplice? C'ETAIT HORS DE QUESTION. James souffrirait en silence. Il lutterait.
Environ quinze minutes après, la porte des toilettes s'ouvrit, laissant apparaître Marcus, le regard glacial. James le brûla du regard.
- Dégage!
Marcus sourit.
- Mmh, ne sois pas si brutal James. Si je pars, tu meurs...
- Ce n'est qu'une entaille, rien de plus.
- Tu crois vraiment? Ou tu fais semblant de ne pas souffrir trop?
...
- Tu le sens n'est ce pas? Cet espèce de venin qui te brûle dans tout le corps? Il suffit que je jette le contresort et il n'aura plus de raison d'être. Mais si je ne le fais pas, il va s'insinuer en toi, lentement... J'imagine que tu t'es assis parce que tu n'avais plus la force de tenir sur tes jambes n'est-ce pas?
James n'avait même plus la force de répondre. Il avait l'impression qu'il était déjà mort. Marcus s'accroupit face à lui. Ils étaient à deux centimètres l'un de l'autre. Bizarrement, il ne semblait pas vouloir toucher un seul cheveux de James. Il avait même l'air... compatissant.
Il jeta le contresort.
- Il faut que tu comprennes James, que je n'ai aucunement l'intention de vous faire du mal. Ni à toi, ni au restant de votre petit groupe. Sirius est ma seule cible. Vous n'êtes pas dans l'histoire. Cela ne concerne que lui et moi. C'est notre combat. Soit vous décidez d'êtres spectateurs, soit vous décidez d'être acteur, et alors c'est à partir de ce moment là, de ce choix, que vous entrez dans ma ligne de mire. La vie est courte, James. Courte et précieuse. Je serais toi, j'en prendrais soin. Je serais toi, j'éviterais de me mettre sur le chemin d'un gars aussi dangereux que celui que tu as en face...
Marcus se releva.
- Réfléchis bien.
Il s'arrêta quelques instants devant le miroir, replaçant une mèche de ses cheveux. C'est fou ce qu'il ressemblait à Sirius. Son regard était noir. Ravagé par la haine.
Et soudain, le miroir se brisa.
