Miou tout le monde !

Ah, le jour de la Saint-Valentin, fête de l'amour, du chiffre d'affaire des fleuristes et de l'hypocrisie mielleuse générale... Que du bonheur ! Mais on s'en fout parce qu'il a neigéééééééé et ça c'est trop bien ! Bref, ce n'est pas un chapitre spécial amour et petits coeurs en sucre, mais j'espère que ça vous plaira quand même^^

Bonne lecture !

Disclaimer : J'aimerais qu'Himaruya m'offre Hetalia, mais ça a l'air assez mal parti.


Au bout des deux heures, tous les voisins des nations avaient décalé leurs chaises afin de ne plus les entendre, tant la tension était palpable et les insultes fusaient. Entre ça et les deux présidents dont la discussion relevait plus du surréalisme qu'autre chose, les conseillers des deux camps étaient au bord de la crise de nerfs pour une bonne partie. Tout le monde fut soulagé lorsque le dirigeant russe se leva, imité par son homologue américain et vite suivit par le reste de l'assemblée. Les deux nations se fusillaient du regard, et une bagarre aurait très probablement éclatée sans l'intervention des politiciens des deux camps pour distraire leurs représentants respectifs. Fort heureusement, l'affrontement physique put être évité et chaque délégation s'empressa de retourner dans ses propres quartiers. Une fois rentrés, la plupart des membres étaient nombreux à penser qu'ils seraient prêts à céder beaucoup en échange d'un moyen d'éviter le même calvaire le lendemain matin.

-oOo-

Malheureusement pour les deux délégations, nulle divinité n'avait exaucé leur voeu pendant la nuit, et ils durent tous supporter trois heures supplémentaires de ce qu'ils avaient déjà subi la veille. Par une espèce de miracle, les nations tinrent sans se battre jusqu'à la fin des trois heures. Toutefois, il était évident qu'il suffisait d'une étincelle pour que cela parte en pugilat sur la moquette. Comme la veille, les deux présidents se levèrent pour annoncer la fin de la séance et furent imités par le reste de l'assistance, soulagée que tout se soit bien passé. Le reste n'était plus que simple formalité, et le lendemain les américains rentreraient chez eux sans qu'aucun incident diplomatique ne soit à déplorer.

Sauf que par une simple et regrettable coïncidence, la chaise d'Ivan se trouvait entre celle d'Alfred et la porte, et l'américain s'était levé rapidement alors que le russe restait assis, bloquant ainsi le passage.

- Laisse-moi passer, enfoiré !

- Tu peux faire le tour ou attendre que je me lève.

- Je t'ai dit de te pousser, ruskof !

- Je ne suis pas à ton service.

Les quelques personnes encore présentes se hâtèrent de sortir et de laisser en tête à tête les dangereux représentants, en sentant que tous les ingrédients étaient réunis pour aboutir à une bagarre. Personne ne se risquait jamais à tenter de les séparer ou de les interrompre.

- Dude, dégage de mon chemin.

- Sinon quoi ? répliqua Ivan avec une douceur froide.

- Sinon je te dégage de force.

- Oh, je crois que c'est le moment où je dois avoir l'air effrayé, c'est ça ? se moqua le russe.

Il croisa le regard bleu furieux, et fut un instant surpris de constater à quel point ils pouvaient exprimer une telle colère. Surtout maintenant qu'il avait pu voir les regards infiniment tendres que le blondinet était capable de lancer. Il fut distrait une seconde par cette pensée. Assez pour qu'Alfred balance un coup de pied monumental dans la chaise. Ivan s'éjecta immédiatement, et atterrit sur un genou avant de se redresser, les yeux lançant des éclairs à leur tour.

- T'aurais dû rester par terre, siffla l'américain.

- Je ne m'inclinerai jamais devant toi.

- Pourtant c'est bien ce qui s'est passé en... tiens, j'ai un trou de mémoire, tu peux me rappeler la date de l'effondrement de l'URSS ? le nargua Alfred.

- C'est sur que quand on a même pas cinq cents ans et un territoire idéal, c'est plus simple de se prendre pour le roi du monde, répliqua Ivan sur le même ton.

Piqué au vif, l'américain bondit sur son adversaire qui esquiva le gros de son attaque en s'écartant, avant de lancer un coup de poing visant l'estomac. Alfred étouffa un grognement, et répliqua aussi vite en envoyant deux coups dans les côtes du tranchant de ses mains. Ivan en attrapa une au vol mais encaissa l'autre coup en grimaçant. Même ses abdos entraînés ne suffisaient pas face à la force surhumaine de son opposant.

Dix minutes plus tard, ils étaient tous les deux par terre et en partie essoufflés, en train d'essayer de se coincer l'un sous l'autre pour immobiliser son adversaire et donc gagner le combat. Ivan ne se faisait pas d'illusions, si la lutte durait trop longtemps, il perdrait simplement parce qu'il n'avait pas la même force physique pure. Alors il fit ce qu'il avait déjà fait de nombreuses fois. Il feinta. Son bras glissa "accidentellement" et Alfred s'empressa de condamner cette erreur en le bloquant avant de retourner son adversaire pour le plaquer au sol, une main sur le biceps du russe.

- C'est terminé ! Il n'y a rien à faire, je te domine !

- Ivan ne put s'empêcher de soupirer.

- Sérieusement...

En un mouvement, il se retourna brusquement, en profita pour tordre le poignet de son adversaire et lui envoyer un coup derrière les genoux avec les siens. Surpris, Alfred tomba en avant, tête face au sol, et Ivan se positionna souplement au-dessus de lui avant de le bloquer en coinçant ses bras dans son dos. Une fois qu'il se fut assis sur l'américain et certain qu'il ne pouvait plus bouger sans se déboîter une épaule, il s'autorisa un petit sourire et termina sa phrase.

- Il faut vraiment que tu arrêtes avec les répliques de film.

- Lâche-moi !

- Je prend ça comme la reconnaissance de ta défaite.

Et il le lâcha avant de partir immédiatement, claquant la porte pour disparaître dans les nombreux couloirs sans que l'américain ait une chance de le rattraper. Ledit américain, furieux, se massa un peu les épaules en se relevant. L'enfoiré ne perdait rien pour attendre, mais avant de lui faire regretter ses actes, il avait un rendez-vous. Il sortit donc du bâtiment en envoyant chier son chauffeur, argant qu'il pouvait très bien se débrouiller seul dans Moscou. Cinquante mètres plus loin, il lançait une de ses applications gps et cherchait le fastfood le plus proche pour manger un morceau avant d'aller retrouver Anya.

-oOo-

Un peu avant quatorze heure, il retrouva la jeune russe devant le point de rendez-vous qu'elle lui avait donné en lui disant qu'il ne pourrait pas le rater. Et effectivement, il aurait eu du mal à louper la cathédrale Saint-Basile-le-bienheureux. Ils durent cependant s'appeler pour se retrouver parmi la foule de touristes, et mirent quelques minutes à se rejoindre. Finalement, ils se retrouvèrent et échangèrent un fougueux baiser de retrouvailles.

- Tu m'as manquée, avoua Alfred.

- Toi aussi. Heureusement que tu as eu l'occasion de passer ici. C'est allé tes réunions ?

- C'était chiant mais le héros survit à tout !

- Et moi qui me disait que travailler avec le haut du pouvoir devait être à la fois passionnant et exaltant, se moqua la jeune femme.

- Parfois ça l'est, mais la plupart du temps maintenant, c'est beaucoup de blabla pour pas grand-chose.

- Je vois... Donc cet après-midi, lança-t-elle pour changer de sujet, visite de ma capitale ?

- TA capitale ? releva Alfred avec un sourire moqueur.

- La capitale de mon pays, idiot. Mais j'ai fait des études d'histoire assez poussées, et je connais très bien la ville.

- Dans ce cas, le héros accepte d'avoir une super visite guidée avec la plus belle guide du pays, répliqua-t-il avec un clin d'oeil.

- Les flatteries ne fonctionnent pas avec moi, tu sais ?

- Qui te dit que je ne le pensais pas ?

Il l'entendit marmonner quelque chose comme "Ah, les américains" en soupirant, mais elle souriait. Alfred en conclut que son compliment avait quand même dû lui plaire. En plus c'était vrai qu'elle était belle. Il l'avait pensé dès le début.

- Bref... reprit Anya. Pour commencer, tu t'en doutes, on va faire une petite visite de la cathédrale.

- Ça marche ! Il y a quoi à savoir dessus ?

- Plein de choses, répondit-elle avec un sourire amusé, mais un peu trop pour que tu en retiennes ne serait-ce qu'un quart à la fin de la journée.

- C'est pas très gentil ça.

- Je veux dire que littéralement, il y a trop de choses à savoir dessus et sur les autres endroits que je vais te montrer pour que tu retiennes tout en une demi-journée, expliqua-t-elle devant sa mine de chien battu.

- Mouais. Je suis pas convaincu qu'il y a tant de choses à dire sur la Russie.

- Préjugé typique de l'américain moyen, fit Anya avec une moue désapprobatrice.

- S'il n'y a que ça, je te laisse une chance de me faire changer d'avis, répliqua-t-il en tirant la langue.

- Parfait. On commence tout de suite.

- Devant son air décidé, Alfred rigola et se laissa diriger vers l'intérieur, où Anya commença à lui parler de l'histoire de la cathédrale la plus colorée et insolite d'Europe.

- Sa construction a commencé en 1552 pour célébrer une victoire militaire, la prise de Kazan, sous l'impulsion du tsar de l'époque, Ivan IV, aussi appelé Ivan le terrible.

En entendant le nom puis le surnom, Alfred ricana. Ça collait plutôt bien au Ivan qu'il connaissait. Anya s'interrompit pour lui lancer un regard de reproche, puis poursuivit.

- À l'origine, c'était une simple église en bois, mais en 1555 deux architectes l'ont retravaillée pour en faire une construction en briques, et les travaux complets pour lui donner la forme qu'on connait aujourd'hui ont duré plus d'un siècle...

Au fur et à mesure des explications de la jeune femme, ils s'avançaient dans le bâtiment, désormais exclusivement utilisé comme musée. De temps en temps, la jeune femme lui donnait des précisions historiques sur telle ou telle oeuvre ou pièce présente derrière une vitrine. Comme elle l'avait prédit, Alfred perdit rapidement le compte de tout ce qu'il y avait à connaître et à découvrir sur le lieu en question. En sortant, il lui fit part d'une remarque qui lui trottait dans la tête depuis un bon moment.

- Pour un bâtiment religieux, c'est bizarre que ça serve juste de musée et pas aussi de lieu de culte.

- Il y a une petite anecdote à ce sujet, répondit Anya avec un sourire. Tous les ans, un office y est célébré le 1er octobre.

- Pourquoi juste ce jour-là et pas à Noël ou ce genre de date ?

- Parce que dans l'ancien calendrier, ça correspond au jour de la prise de Kazan par Ivan le terrible.

- C'est classe.

Alfred avait les yeux brillants et les bras croisés sur sa poitrine en imaginant à quel point les combats avaient dû être impressionnants et les empereurs russes barrés. Mais que leur nom demeure aussi longtemps après leur mort, au point qu'ils aient toujours droit à un hommage de ce type des siècles plus tard, c'était juste super cool.

- Un peu plus convaincu par la richesse de la culture russe ? demanda Anya d'un air taquin.

- Mouais, c'est pas mal, fit-il en haussant les épaules dans une parfaite mauvaise foi.

- Tu n'as vu que la basilique pour l'instant. Je ne t'ai même pas parlé de la place Rouge, sur laquelle on est.

- Parce qu'il y a des choses à dire sur une bête place ? s'étonna Alfred.

- Dans une ville aussi ancienne, il y a des choses à dire sur chaque pierre, répondit gentiment la jeune femme.

L'américain était sur le point de sortir une réplique ironique, quand il se souvint de la passion de ses pères lorsqu'ils parlaient de leurs capitales ou de leurs plus anciennes cités. Lui-même n'avait pas vraiment de ville vieille de plus d'un demi-millénaire, et donc ne sentait pas autant de choses. Mais peut-être que pour une ville qui avait vécu bien plus d'âges, il y avait effectivement beaucoup plus à dire. Avec un sourire éclatant, il regarda droit dans les yeux sa petite amie et vit immédiatement combien ses yeux brillaient.

- Tu n'as pas souvent l'occasion d'en parler, je me trompe ?

- Quasiment jamais. En fait, à part les officiels en visite qui n'écoutent jamais ce qu'on leur dit, tu es le premier à qui je fais vraiment une visite guidée comme ça.

- Pourtant c'est intéressant ce que tu m'expliques.

- Merci. On continue ?

- On va où ?

- Il y a plusieurs possibilités. Le Kremlin, le mausolée de Lénine, les stations de métro décorées, le musée du KGB, la galerie Tretiakov, le parc Gorki... énuméra-t-elle. Qu'est-ce qui te branche ?

Alfred hésita quelques instants. Autant le KGB et le Kremlin, il connaissait déjà un peu (guerre froide oblige), autant le reste ne lui disait pas vraiment grand-chose en dehors du nom de Lénine. En fin de compte, il haussa les épaules avant de répondre en rigolant..

- Ce que tu conseillerais de faire à quelqu'un qui ne connaît rien de la Russie en dehors de la guerre froide.

- Autant dire à peu près tout... Bon, vu qu'on est pas loin, on va commencer par aller faire un petit tour au niveau du Kremlin, puis on prendra le métro pour voir les stations principales et on descendra au fur et à mesure des choses à voir. Ça te convient ?

- Nickel, passe devant, le héros te suit !

- Le héros peut arrêter de hurler en public, ça ne se fait pas trop ici, répliqua Anya avec un sourire moqueur.

Effectivement, plusieurs personnes regardaient le jeune couple qui parlait anglais avec étonnement ou réprobation. En soupirant devant l'incapacité de son américain de petit-ami à parler plus doucement, la jeune femme entreprit de le traîner jusqu'au fameux bâtiment.

Le reste de la journée passa très rapidement, et si Alfred eut un peu de mal à suivre les explications extrêmement complètes de sa partenaire, il n'en montra rien et continua à poser des questions de temps en temps. Quant à Anya, elle passait un excellent moment et était très heureuse de pouvoir enfin partager ses connaissances avec quelqu'un qui l'écoutait.


Bon, j'espère que le film duquel j'ai tiré la réplique est assez évident (sinon il y a un indice dans les chapitres précédents), et je sais, mon côté fleur bleue ressort vite dès que je met un couple choupi dans une situation choupi. Si vous êtes choupis aussi et que vous aimez les chatons et les licornes, n'hésitez pas à laisser une review pour me le faire savoir.

Plein de fleurs en chocolat/bonbons/ce que vous voulez pour vous !