On va dire que c'est le dernier chapitre. Je ferai juste un chapitre bonus, juste après, pour clôturer cette fanfiction.
Quand Arthur enleva le médaillon à Francis, il vit tout d'abord une poussière de fumée dorée envahir la pièce en de jolies volutes. Ensuite, un démon apparut dans toute sa splendeur et le menaça avec un drôle de bâton.
Arthur recula jusqu'au mur, avant de pouvoir dévisager son adversaire démoniaque.
Si le démon français ne dégageait pas autant de sauvagerie, Arthur aurait été bien tenté de rire au nez de la pomme de pin en face de lui.
Seulement… Les deux feuilles de vigne qui pendaient de chaque côté de la pomme de pin donnait à l'ensemble un aspect phallique assez agressif. Arthur n'avait pas envie de retrouver cet engin assez volumineux dans son anatomie. Les traits du démon ressemblaient à ceux de Francis, mais étaient beaucoup plus marqués. Ses cheveux étaient parsemés de feuilles de vigne. Il sentait la forêt et les festins tout à la fois.
« Bonjour, dit Arthur avec un accent anglais prononcé. C'est moi, Arthur.
- Gallia Bacchus. Il paraît que tu veux m'engrosser !
- Euh… pas toi… Nul doute… Attends… Toi ?
- Tu veux faire un bébé à mon ange. Il n'en est pas question. »
Bacchus releva son bâton. Il se retourna pour partir comme si le problème était réglé.
« Je ne vais pas abandonner ! Où est ton ange ? »
Le démon le fusilla du regard.
« Je te conseille de ne pas l'approcher.
- J'ai compris que tu ne voulais pas que je…
- On est samedi. Il ne faut pas approcher Faé les samedis. C'est pour ta sécurité, maugréa le démon. Où est le vin ? »
Il avait dit qu'il s'appelait Bacchus…. Oh, mauvaise idée !
« Tu sais très bien que je ne bois pas de vin… »
Le démon fit immédiatement la gueule. Ce n'était peut-être pas une bonne tactique.
« … mais j'ai peut-être une ou deux bouteilles pour quand tu viens. »
Arthur venait de marquer un bon point, puisque Bacchus semblait ravi.
« Si je te les donnes, tu pourrais me présenter à ton ange…
- Pas les samedis.
- D'accord, pas aujourd'hui. Demain ?
- Pourquoi tu veux autant faire un gosse ?, râla Bacchus.
- Ecoute… J'en ai discuté avec Francis… Et il veut bien le faire, alors pourquoi t'opposes-tu à ta propre volonté ?, tenta Arthur.
- Qui te dit que mon tout était absolument d'accord avec cette idée stupide ?, sourit Bacchus.
- Ce qui veut dire que ton ange est pour », comprit Arthur.
Apparemment, Bacchus en était très mécontent. Il avait l'air vraiment grognon.
« Il va falloir ouvrir cette bouteille, maugréa le démon. Et n'oublie pas, il ne faut pas approcher Faé les samedis…
- Oui, c'est compris. Est-ce que tu fais ça pour gagner du temps ?
- Non. Faé ne supporte pas qu'on la voit le samedi. Elle serait capable de me tuer, alors je n'imagine même pas ce qu'elle pourrait te faire.
- Donc, je vais passer le reste du samedi en ta compagnie.
- Parfaitement… »
Le Bacchus commença à se diriger vers la salle à manger où il trouva miraculeusement une bouteille de vin et une collation sur la table. Après s'être restauré, le démon semblait plus heureux et amène.
« Qu'est-ce qui te gène dans cette histoire d'enfant ?, dit alors Arthur.
- D'abord, c'est mon ange qui va porter ton bébé. Ceci présente un risque pour l'enfant…
- Pour quelle raison ?
- Parce qu'un ange n'est qu'une moitié d'une personne. Imagine le résultat.
- Tu veux me couper toute envie, essaya de contrer Arthur.
- Je ne dis pas que ça ne peut pas fonctionner. C'est juste que je me demande comment cela le peut. Oh, mon verre est vide.
- Je suis entier moi. »
Arthur regarda avec suspicion la nouvelle bouteille de vin qui venait d'apparaître comme par magie.
« Alors, le résultat sera logiquement soit un enfant entier avec une force démoniaque diminuée soit un super ange… Dans le cas de l'ange, ce bébé sera sans sa moitié. Ce pourrait aussi être un démon diminué, ce serait encore pire… On devra veiller sur lui vingt-quatre sur vingt-quatre. Es-tu prêt à prendre le risque ?
- Rien ne dit qu'il ne sera pas normal… Et je m'engage à m'occuper de lui, de toute manière. Qu'est-ce que ça changera s'il aura besoin de toi ou de moi tout le temps ?
- Rien, râla le démon. Il n'empêche qu'il pourrait être très vulnérable. Pour une nation adulte, c'est problématique. Réfléchis-y. Ensuite, il faudrait que je reste divisé trop longtemps.
- Il y a une limite de temps ?
- Généralement, on ne reste pas divisé plus de soixante-douze heures. Neuf mois et plus, tu imagines bien que ce serait vraiment embêtant.
- Est-ce qu'il y a un moyen de faire autrement ? »
Bacchus se tut pour l'observer attentivement, se demandant certainement s'il devait lui répondre. Une nouvelle bouteille apparut encore comme pour l'amadouer. Arthur se demandait vraiment d'où elles provenaient.
« Non. Rester divisé n'est pas sans danger pour mon équilibre mental. La seule solution serait que j'efface ma mémoire et celle de mon ange sur toute la grossesse et la première année de vie du bébé. Tu imagines à quel point ça m'énerve.
- J'ai vraiment envie d'avoir cet enfant », râla Arthur juste pour le rappeler.
Il y avait vraiment plus de contraintes que ce qu'il pensait. Il ne voulait pas risquer à ce point sa relation amoureuse avec Francis. Pourtant, il sentait qu'il devait le faire… Oui, mais à quel prix ? Il avait besoin de peser le pour et le contre. Prendre autant de risques inconsidérés sans en avoir averti Francis dans son entier serait une mauvaise idée.
« Dis… Comment les bouteilles apparaissent-elles ?
- C'est Faé qui me les envoie.
- Ton ange n'est-il pas en train de t'inciter à te saouler ?
- Non ! Mon ange me fait juste plaisir. Pour me saouler, il faudrait bien plus de vin ! »
Dans les heures qui suivirent, Arthur en vit défiler de nouvelles bouteilles. Ceci l'empêchait de réfléchir correctement, surtout que les Bacchus étaient réputés pour devenir violent ou sexuellement très actif une fois repu et abreuvé. Au bout d'un certain temps à écouter Bacchus déblatérer sur ces imbéciles envies paternelles, Arthur décida que prendre la tangente et s'enfermer dans sa chambre serait une bonne idée.
Alors que le dernier coup de minuit sonnait, Arthur sursauta dans son lit en sentant un poids sur lui.
« Bonjour, c'est Faé ! »
Arthur pouvait la voir à peine sous la lumière de la lune. Sa peau avait tendance à briller de petits éclats dorés.
« Bonjour…
- Alors, on le fait ce bébé… »
Faé lui enleva sa couverture avec un sourire ravi.
« Bacchus n'a pas l'air très enthousiaste.
- Ne t'inquiète pas, je l'ai assommé avec le vin et j'ai caché notre chambre. La voie est libre, Capitaine ! »
L'ange commença à le caresser avant de l'embrasser. Arthur voulut chasser Faé dans un instant de lucidité, mais il se fit rapidement happé dans le baiser. Apparemment, elle était décidée. La fatigue ne lui permettait pas d'avoir les idées très claires et de la repousser. Faé lui prit les mains pour les poser sur son corps doux, puis elle alla s'occuper de son entrejambe pour faire céder ces dernières réticences.
Bacchus n'allait pas être content au réveil.
Et puis, ça pouvait ne pas marcher du premier coup….
Bacchus avait été effroyablement en colère, avait traité Arthur et Faé de tous les noms en insistant sur leur irresponsabilité et s'était mis à bouder royalement.
Apparemment, une seule fois pouvait suffire.
Bacchus n'avait raconté que des bêtises, puisque Francis redevint une seule personne soixante-douze heures après. Le fait qu'il ait changé de sexe n'était certainement qu'un effet secondaire de la grossesse. Il n'empêche qu'Arthur se fit bien engueuler encore une fois.
Heureusement, la venue de l'enfant semblait enchanter Francis, même s'il lui tardait de reprendre forme masculine.
Arthur lui interdit de voyager, alors Francis lui demanda de faire pareil. Il ne voulait pas être l'une de ses femmes de pirate se lamentant de savoir son amour au loin.
De toute façon, Arthur avait envisagé d'arrêter la piraterie dès qu'il avait décidé de faire un bébé.
Un pirate ne pouvait pas protéger son enfant nation efficacement. Par contre, la toute puissante Angleterre pouvait prendre des colonies sous son aile, les élever et les protéger sans éveiller les soupçons. Il ne laisserait pas Francis s'occuper seul de leur bébé.
Neuf mois plus tard, Arthur du bien faire une rectification dans ses plans.
Il avait deux bonnes raisons d'arrêter la piraterie : ses fils.
Note explicative : Faé est un ange mélusine. Elle se transforme en monstre tous les samedis et refuse qu'on la voit. Bacchus ne racontait pas que des bêtises.
Dans le prochain chapitre, je parlerai donc des jumeaux et de leurs caractéristiques dans un bonus tout mignon sur leur vie de famille.
