Les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer, et l'auteure de cette histoire est mybluesky. Je ne suis que la traductrice...
Chapitre 10
BPOV
Je ne peux pas m'empêcher de me sentir un peu nerveuse alors que je conduis pour me rendre à la maison d'Edward. J'ai été tendue toute la journée rien que d'y penser. Et pourtant ce n'est pas comme si j'agissais tellement différemment de lui...
D'accord, ceci est un mensonge. J'ai l'intention de m'introduire dans sa résidence et de me rendre à sa cuisine, où je vais préparer un truc qui pourrait être soit délicieux, soit immangeable. En temps normal, je me débrouille bien dans une cuisine, mais comme j'ai les nerfs à fleur de peau, la situation ne joue pas exactement en ma faveur.
Bon Dieu, je serai chanceuse si je ne me fais pas arrêter pour ça.
J'ai réglé le volume de ma musique au maximum, si bien que je peux à peine m'entendre penser. Je suis assourdie par les Talking Heads, et bien que je ne me sente pas beaucoup mieux, au moins je ne peux pas réfléchir assez pour paniquer et me sentir encore plus mal.
Le trajet pour me rendre à sa maison me semble anormalement court, comme s'il n'avait pris qu'une minute au lieu d'un peu plus d'une heure. Je consulte les directions sur la carte Mapquest que j'ai imprimée, déjà résignée au fait que je vais probablement me perdre et passer une heure supplémentaire à tenter de me retrouver, mais étonnamment, le chemin est très clairement indiqué. Je trouve la maison sans faire un seul mauvais virage et sans douter une seule seconde que le parcours est le bon.
L'ironie de la chose ne m'échappe pas.
Je baisse le volume de la stéréo une fois parvenue dans le voisinage de la demeure en question. Les maisons sont grandes, ici, situées loin en retrait de la rue, avec des pelouses et des arbustes parfaitement entretenus. Les voitures dans les allées sont belles, s'harmonisant avec les propriétés luxueuses. Mais ce qui ressort le plus, c'est que les arbres ne manquent pas dans le quartier. Il y en a partout – certains penchés au-dessus de la rue, atteignant presque les voitures qui circulent, tandis que d'autres fournissent de l'ombre aux terrains pour les protéger de la brume grise permanente qui passe pour de l'ensoleillement par ici.
J'aime les arbres. Ils sont verts, brillants et accueillants. On dirait qu'ils agitent la main quand je passe, et je me sens mieux instantanément.
Puis je me mets à rire de moi-même, renâclant sans retenue. Putain, qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? J'aime les arbres ?
Ressaisis-toi, Bella. Tu dois faire preuve de détermination... et arrête d'agir en psycho, bordel de merde.
La maison d'Edward est grande et splendide, comme toutes les autres sur la rue. Elle a deux étages et elle est propre et bien entretenue. Il n'y a pas de voiture dans l'allée, mais le numéro sur la boîte aux lettres indique que je suis au bon endroit. Je me gare sur le côté, près du garage fermé, me demandant si laisser ma voiture bien en vue est une bonne idée. Est-ce qu'il entretient des liens avec ses voisins ? Quelqu'un va-t-il appeler la police et me dénoncer ?
Après avoir observé les environs attentivement, je vois qu'il n'y a pas d'endroit où dissimuler mon véhicule, à moins que je ne le gare dans la rue ou quelque chose comme ça. Et ça me semble juste une grosse perte de temps. Secouant la tête, je prends les sacs de plastique dans ma voiture et me dirige vers la porte d'entrée, enjambant les marches en ciment et toisant la carpette qui souhaite la bienvenue aux visiteurs. À part ce tapis, il serait impossible de savoir que quelqu'un habite ici. Mince alors.
Je ne me donne pas la peine de frapper ; je tends plutôt la main vers la lumière du porche, tâtonnant autour de la gaine de verre pour finalement émerger avec la clé qu'Emmett m'a dit qu'Edward cachait là. Jusqu'à présent, tout marche comme prévu – cependant ma bonne fortune actuelle n'empêche pas mon cœur de battre la chamade. Je prends une grande respiration et j'introduis la clé dans la serrure. La porte s'ouvre sans effort, comme une invitation silencieuse à entrer. Je l'accepte.
L'alarme retentit. Je tape le code qu'Emmett m'a fourni et, à mon grand soulagement, elle arrête de sonner. Merci Jésus.
Le vestibule est spacieux et immaculé. Deux minces fenêtres tout en longueur de chaque côté de la porte permettent à quelques rayons de soleil gris de faire une flaque de lumière sur le carrelage blanc. Les carreaux cèdent la place à de la moquette beige ; je considère envoyer valser mes chaussures, mais finalement je hausse les épaules et je poursuis mon chemin à l'intérieur de la demeure, quitte à salir le tapis. Sa salle de séjour est immaculée elle aussi – pas un truc de travers. Le sofa ressemble davantage à un élément décoratif qu'utilitaire. Il y a d'indiscernables œuvres d'art sur les murs, mais pas de photos – un contraste frappant avec mon propre chez-moi. Les lieux me rappellent une pub dans le magazine Southern Living plutôt que le domicile de célibataire auquel je m'attendais.
Je trouve un escalier qui, je suppose, doit mener à sa chambre. Ça me démange d'aller explorer – pour voir quels vilains petits secrets je pourrais découvrir – mais je persévère et continue jusqu'à la cuisine. Je ne suis pas surprise de la trouver si impeccablement propre elle aussi. Pour le moment, du moins. L'esprit malicieux en moi émet un gloussement.
Je dépose tous mes sacs sur le comptoir et commence à déballer mes emplettes. Je ne savais pas quelle sorte de bouffe il aurait ici, alors j'ai apporté tout ce dont j'aurai besoin pour mes recettes. Mais un coup d'œil rapide dans ses armoires ne fera pas de mal...
Elles sont garnies à ras bord. Il y a assez de nourriture pour une famille de dix. Seigneur Jésus. Et tout est organisé comme au supermarché : les sauces sont ensemble, les soupes, les pâtes, la farine et le bicarbonate de soude. Il a même une énorme étagère à épices, où chaque petit espace est étiqueté individuellement avec les noms. Hmm...
Emmett a raison – il doit être obsessif-compulsif. Tout est inhumainement propre et bien rangé ici. C'est un peu bizarre – il a toujours paru normal quand nous étions ensemble. Je ferme la porte de l'armoire et décide de ne pas m'attarder là-dessus.
Je préchauffe son four et je fouille encore dans ses armoires pour trouver les ustensiles de cuisine. Heureusement je mets la main sur un plat à rôtir ; j'ai apporté un des miens au cas où, mais je préfère de beaucoup utiliser et salir le sien. Et pourquoi ne me servirais-je pas de ses épices aussi ? Je retourne dans l'armoire où il range ses aliments et je commence à sortir tout ce dont j'ai besoin.
Je fredonne une petite mélodie en étalant tous les ingrédients sur le comptoir. Il me faut de la musique. Abandonnant momentanément ma tâche, je m'aventure à nouveau dans le living-room, parcourant la pièce des yeux à la recherche d'un lecteur de CD. Il a un énorme meuble de divertissement maison. C'est un peu intimidant, mais un coup d'œil rapide à l'intérieur révèle des centaines de CD à peine cachés. Je les parcours et réalise qu'ils sont tout aussi variés que la liste dans son iPod, bien que je sois certaine que celle-ci provient justement des mêmes CD.
Une inspection plus poussée de la collection de CD montre qu'ils sont classés par ordre alphabétique de groupes et de musiciens. Je ricane en commençant à les sortir au hasard des étagères et à les remettre à d'autres places complètement en désordre. Je fourre Cat Stevens avec Pink Floyd et The Velvet Revolver avec Coldplay. Je sors ses nombreux CD des Beatles et je les replace ça et là, sans aucune méthode dans ma folie. Lorsque je suis satisfaite du niveau de désordre créé, je sors un CD d'Oasis et, après avoir tripoté son lecteur de CD pendant un moment, je l'introduis à l'intérieur. La mélodie de Wonderwall envahit la pièce. Voilà qui est beaucoup mieux.
Je reviens à la cuisine et reprends mon travail. Je frotte les épices d'Edward sur le poulet, découpe quelques pommes de terre et légumes en dés, et prépare mon riz pour la cuisson. Quand toutes ces étapes sont complétées, je sors les ingrédients nécessaires à la confection du Tiramisu – le dessert le plus salissant et le plus savoureux auquel j'ai pu penser. Je mets le percolateur en marche pour obtenir un café très fort, mélange ma crème et fais cuire mes jaunes d'œufs dans un bain-marie. Au moment de tremper mes biscuits doigts de dame dans le café, on dirait que j'ai préparé un repas pour cinquante convives dans la cuisine – il y a des gouttes de café sur le comptoir, des épices et du sucre renversés au petit bonheur, des coquilles d'œufs, de la vaisselle sale, des cartons de lait vides, des épluchures de pommes de terre et des filaments de céleri éparpillés partout. Je me tiens au milieu de tout ça comme le dernier guerrier, la dernière survivante d'un combat des chefs sans merci.
Je me sens un peu coupable, mais très vite je repousse ce sentiment de côté. J'espère seulement qu'Edward ne fera pas une crise d'apoplexie ou un truc du genre en voyant tout ça. Et je suis en train de lui préparer un délicieux dîner, après tout.
Quand le Tiramisu est au réfrigérateur et le poulet au four, je fais cuire mon riz. Je commence à penser à sa collection de CD pendant que je m'affaire. Est-ce que j'ai poussé un peu trop loin ? Quelle personne saine d'esprit ferait un truc pareil ? Il va savoir que quelque chose ne va pas en la voyant. Avec un soupir, je couvre mon riz et je retourne au centre de divertissement maison pour limiter les dégâts. Il commence à faire sombre dehors ; je m'attends à le voir rentrer à la maison bientôt. Cette pensée me rend nerveuse.
S'il te plaît, ne sois pas fâché. S'il te plaît, ne sois pas fâché.
Bien sûr que je veux le secouer un peu, mais si son visage devient rouge comme un homard et qu'une veine saillante fait son apparition ou quelque chose, je pourrais m'éclipser avec la queue entre les jambes. Oh putain. J'espère que ce n'était pas une idée si terrible. Ce n'est pas aussi amusant que je l'avais imaginé – je suis juste un magma de nerfs. Et puis je m'en fous si ses CD sont impossibles à trouver maintenant qu'ils ne sont plus dans l'ordre. Merde !
Je dois avoir réussi à remettre de l'ordre dans la moitié des CD que j'avais déplacés lorsque j'entends la porte d'entrée s'ouvrir. J'ai environ six CD dans la main alors que je cherche frénétiquement les 'C' et les 'M'en ayant l'impression d'être une parfaite nullité. Mon cœur saute dans ma poitrine, mais avant que je puisse réagir – détruire les preuves – il se dirige vers le salon. Je suis tellement anxieuse que je ne peux même pas savourer à quel point il est exquis dans son complet cravate ; tout ce que je peux voir, c'est son expression intriguée très flagrante alors qu'il dit, « Bella ? » Il s'arrête à l'entrée du séjour comme s'il craignait de s'aventurer plus près. Je suis sûre que j'ai l'air d'une biche prise dans les phares aveuglants d'une voiture. « J'ai pensé que c'était ta voiture. Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Il n'a pas l'air content, ni heureux, ni furieux – pour l'instant. Seulement... confus.
Je m'empresse de déposer les CD et de lancer mes mains en l'air. « Surprise! » Je crie avec un sourire fendu jusqu'aux oreilles. Il se contente de me dévisager pendant une minute, abasourdi. Bordel de merde. « J'ai voulu te faire une surprise comme celle que tu m'avais faite. Je t'ai préparé à dîner ! Tu veux venir voir ? » Je m'approche afin d'être juste devant lui ; j'ai peur de le toucher, peur qu'une veine saillante apparaisse bientôt.
Il plisse le front. « Tu as préparé le dîner ? »
« Oui. Ne sens-tu pas comme ça sent bon ? »
« Comment es-tu entrée ici ? » Demande-t-il, ignorant ma question.
Je regarde mes pieds d'un air penaud. « Euh, eh bien... Emmett m'a aidée, en quelque sorte. »
« Emmett ? » Il semble confus pendant une autre minute, puis il finit par comprendre, et soupire. « Emmett t'a aidée, » répète-t-il, bien que maintenant ça sonne davantage comme une déclaration.
« Oui. » Je continue de fixer le sol comme un enfant attendant d'être puni.
« Que fais-tu avec les CD ? » Il les désigne du doigt.
« Euh, je les regardais. »
« Ha. »
Il enlève son manteau et va le suspendre. Il n'a toujours pas l'air content, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il le soit. Je lui jette un rapide coup d'œil par-dessous mes cils et je vois qu'il porte une délicieuse chemise blanche assortie d'une cravate bleue – tout à coup je n'ai plus aucun regret d'avoir agi de la sorte. Le jeu en valait définitivement la chandelle. Je me demande s'il n'y aurait pas moyen de chiper quelques photos de lui, histoire de pouvoir continuer à le contempler quand tout ceci sera terminé.
Il me fixe en enlevant sa cravate, mais son visage est vide d'expression. Sainte bonne mère de tout ce qui est sexy... Je ne peux m'empêcher de le dévisager de manière flagrante en retour. Ses lèvres me font finalement l'honneur d'un petit sourire narquois.
« Tu vois quelque chose qui te plaît ? »
Je cligne des yeux rapidement et détourne le regard. « Euh, non, » je mens. Son sourire ne fait que s'élargir ; malgré mon embarras, je suis soulagée.
Puis je me rappelle l'état de sa cuisine.
« Alors, tu as cuisiné, hein ? » Dit-il de manière désinvolte. « Qu'est-ce que tu as préparé ? » Il se dirige vers la cuisine, et une panique indescriptible s'empare de moi.
« Attends une seconde, ce n'est pas... » Il pénètre dans la pièce avant que je ne puisse l'arrêter, et il se fige devant le champ de bataille auquel s'apparente présentement la cuisine. Je déglutis en terminant ma phrase. « ... prêt. »
Oh, non. S'il te plaît, sois miséricordieux.
EPOV
Prends de grandes respirations, Cullen. Respire. Profondément. Bordel de merde.
Il y a un truc en train de cuire sur la cuisinière ; la lumière du four est allumée, et un plat brille et grésille à l'intérieur. Mais je ne peux pas apprécier ces choses. Je n'arrive pas à faire abstraction du gâchis de nourriture renversée, de contenants vides et de vaisselle sale qui capte toute mon attention au centre de la cuisine. Je ne peux même pas voir l'îlot au milieu ; il a disparu sous Dieu sait combien de couches de crasse et de désordre.
Comment putain cela a-t-il pu se produire ? Un groupe de mômes de quatre ans n'aurait pas fait autant de dégâts.
Bella ne dit rien, toutefois je peux sentir sa présence derrière moi. Je ferme les yeux et je compte lentement de dix à zéro dans ma tête, m'enjoignant à rester calme. Quand je les ouvre à nouveau, elle est devant moi, m'observant avec prudence et circonspection.
« J'allais nettoyer, » dit-elle. Elle parle avec une petite voix nerveuse. Je soupire et passe une main sur mon visage puis dans mes cheveux, essayant de faire disparaître un peu de tension. Ça ne vaut pas la peine de s'énerver pour un truc pareil.
« Ça va aller, » je finis par lui assurer, bien que je sois incapable de forcer un sourire. Je ne serai pas capable de dormir cette nuit tant que ça ne sera pas nettoyé. Je ne serai pas en mesure de me concentrer sur quoi que ce soit tant que la cuisine ne sera pas propre.
Je n'ai pas vraiment le droit d'être fâché contre elle. Si ce n'était pas de moi, elle ne serait pas ici, bien qu'un petit avertissement de la part d'Emmett aurait été gentil. Je ne savais pas quoi penser quand j'ai vu sa voiture dans mon allée – un million de scénarios se sont bousculés dans ma tête, et tous finissaient avec la même question : Que se passe-t-il ici, putain de bordel ?
Je commence à me demander dans quoi je me suis embarqué. Aucune autre fille n'a jamais été audacieuse comme ça ; qui plus est, aucune autre fille n'a jamais fait appel aux services d'Emmett de la sorte. Mais c'est étrange, compte tenu du fait que j'ai passé le plus clair de la journée à osciller entre la revoir ou non. Il semblerait qu'elle ait pris la décision pour moi.
Elle n'a pas l'air convaincu par ce que je viens d'affirmer.
« Ça sera prêt dans combien de temps ? » Je demande sur un ton détaché, et cette fois-ci je pense que j'ai réussi à paraître plus à l'aise. Elle se détend un tout petit peu.
« Euh, il faut juste que je – oh merde, le riz ! » Elle se précipite sur la cuisinière et arrache le couvercle d'un chaudron ; un nuage de vapeur flotte autour d'elle avant d'être aspiré dans le ventilateur au-dessus du fourneau. Je la regarde, légèrement amusé, pendant qu'elle s'affaire à vérifier la cuisson de ses mets en jurant entre ses dents. « Maudit, j'ai brûlé mon putain de riz, » proclame-t-elle. Elle retire la casserole du feu et commence à chercher dans les armoires.
Après un bref moment, je demande, « Est-ce que je peux t'aider à trouver quelque chose ? »
« J'ai besoin d'une assiette ou d'un bol, ou un truc du genre. » Je lui en sors un et je l'observe alors qu'elle tente de gratter le reste du riz dans le plat. Une épaisse couche s'est carbonisée au fond de la casserole; une odeur rance s'en dégage, mais l'apparence est encore pire, et ça ne veut pas se décoller.
Elle me regarde, embarrassée. « Ce n'était pas supposé se produire, » assure-t-elle. Je ne peux pas cacher mon sourire.
« Tu veux dire que ce n'était pas ton intention de brûler le riz ? » Je questionne, feignant l'ignorance. Elle roule des yeux en combattant un sourire.
« Hé, va te faire foutre. Je suis une bonne cuisinière. »
Je lève les deux mains en signe de soumission. « Je n'ai jamais dit que tu ne l'étais pas. » Tu es juste foutrement désordonnée.
« Mais tu le pensais. » Elle entreprend de récurer le chaudron avec une cuillère et je grince intérieurement des dents.
« Tu devrais probablement le tremper dans l'eau, » je suggère.
Elle persifle et met la casserole dans l'évier avant de remplir celui-ci avec de l'eau chaude et du savon. « Tu vois ? Je sais quoi faire, sauf que je n'ai jamais rien brûlé avant. Ce genre de talent va de pair avec celui d'être un bon cuistot. Toi, de toute évidence, tu sais tout sur le sujet. » Elle me nargue encore ; on dirait qu'elle n'en a jamais assez de ce petit jeu.
Je souris de toutes mes dents. « Ah, ouais ? Alors qui est arrogant maintenant ? »
Elle respire plus fort et se tourne vers moi. « Je ne suis pas arrogante ! »
« Tu es l'incarnation de l'arrogance. »
« Seule une personne arrogante peut être convaincue de ça. »
« Donc à présent tu renvoies la carte de l'arrogance de mon côté ? » Je suis consterné.
« Hé, c'est toi qui l'a sortie le premier. »
« Cette fois-ci, » je dis avec sarcasme.
« Que veux-tu dire, 'cette fois-ci'? Je dis ça seulement quand tu le mérites. C'est-à-dire à peu près tout le temps. »
Je lui souris encore. Comment parvient-elle à me faire sourire alors que ma cuisine est un désastre, je n'en ai aucune idée. Je change de sujet, mais je demeure enjoué. « Et qu'en est-il du reste du repas, Bella ? Toujours mangeable ? »
Elle me lance un regard noir. Je m'appuie nonchalamment contre le comptoir et la regarde alors qu'elle saisit deux maniques et ouvre la porte du four. « C'est prêt, » raille-t-elle. Je jette un coup d'œil furtif à l'intérieur et j'aperçois un énorme poulet doré à la perfection. L'odeur embaume à travers l'ouverture et parvient tout juste à dominer l'horrible puanteur du riz.
« Tu veux que je te donne un coup de main pour le sortir ? » Je demande. Le plat à rôtir semble très lourd et je crains qu'elle ne se blesse le poignet encore plus avec une charge trop grosse. Elle semble penser la même chose et elle me donne les poignées avec brusquerie.
« Ne te gêne surtout pas. »
Je sors le poulet du four et je le dépose sur le dessus de la cuisinière avant de tout éteindre. Ça sent délicieusement bon en plus d'avoir l'air succulent. Heureusement il y a des pommes de terre et des légumes au fond de la rôtissoire – apparemment le riz n'était même pas vraiment nécessaire.
Bella vient se placer à côté de moi, son corps tout chaud frôlant le mien, et elle commence à piquer le poulet avec un couteau et une fourchette, à la recherche de zones moins cuites. N'en trouvant pas, elle sourit.
« J'avais raison. Il est à point. »
J'acquiesce et je sors des assiettes du vaisselier. Je remarque le percolateur crasseux et la cafetière à moitié vide ; le liquide noir a laissé des taches et des gouttelettes sur le comptoir. Des granules de sucre étincellent et brillent au sein de la masse poisseuse. Est-ce qu'elle s'est préparé du café ? Et comment diable a-t-elle pu faire un dégât pareil ?
« Tu as fait du café ? » Je demande, luttant très fort pour rester désinvolte. Elle regarde la catastrophe qu'elle a créée.
« Euh, j'ai fait du dessert, » répond-elle avec hésitation.
Ah bon ? Elle a vraiment mis le paquet pour m'impressionner, alors.
« Qu'est-ce que tu as préparé ? »
« Du Tiramisu. »
« Hein. »
« Normalement on doit le réfrigérer toute la nuit, » explique-t-elle maladroitement. « Mais, euh, je ne me donne jamais la peine de le faire. Ça demeure très bon quand même. » Elle retire le couteau à découper de son support et me le tend. « Tu veux dépecer le volatile ? »
Je hoche la tête et je me lave les mains, ensuite je prends le couteau et je m'attelle à la tâche, tournant mon attention vers le poulet et essayant avec peine d'ignorer le désordre derrière moi. Bella met la table dans la salle à manger. Quand j'ai terminé, je me dirige à la cave à vin pour aller chercher une bouteille de Pinot Blanc. Je suis toujours en train d'essayer de comprendre la situation dans son ensemble ; je suis réellement content de voir Bella, et pourtant il y a comme un truc qui m'agace au fond de mon esprit et qui m'empêche de profiter de sa compagnie. Elle devrait être à Seattle en train de regarder Lost ou de passer du temps avec des hommes qui ne foutent pas tout en l'air sur une base permanente. Si elle savait ce que j'ai fait, elle ne voudrait jamais être ici.
Elle attend à la table quand je reviens, et elle rencontre mon regard avec un sourire. Ma culpabilité s'en trouve décuplée.
« Donne-moi juste quelques secondes pour ouvrir le vin, » j'explique. Elle opine ; une fois que la bouteille est ouverte, je remplis nos verres et je m'assieds.
Elle demeure silencieuse pendant que nous nous servons. Lorsque nous avons terminé, elle se risque à demander, « Est-ce que tu es fâché ? »
Je ne peux pas m'empêcher de réfléchir à sa question. Suis-je fâché à propos de l'état merdique de ma cuisine ? Ou furieux parce qu'elle s'est introduite chez moi alors que nous nous connaissons depuis moins d'une semaine ? Je ne sais pas à quoi elle fait allusion – probablement aux deux – alors je la joue cool.
« Fâché à quel sujet ? »
Elle soupire lourdement. « J'ai l'impression que cette surprise a complètement foiré. »
« Comment ça ? » J'interroge avec curiosité.
« Eh bien premièrement, tu m'as fait brûler le riz. » Cette petite moucharde ! J'ouvre la bouche pour protester, mais elle s'empresse de me couper. « Et deuxièmement, tu avais l'air contrarié à propos de la cuisine. Es-tu contrarié ? »
« Devrais-je l'être ? » Je me dépêche de demander.
Elle me dévisage en travers de la table.
« C'est hors sujet. »
« Je ne suis pas fâché pour la cuisine, Bella. Je suis seulement... surpris. »
« Oh. Eh bien tant mieux, parce que c'était mon intention. » Semblant satisfaite, elle prend une bouchée de nourriture, et je l'observe alors que ses lèvres pleines enrobent sa fourchette. Elle me surprend à la contempler et sourit malicieusement. « Tu vois quelque chose qui te plaît ? » Demande-t-elle, utilisant les mêmes mots que moi tout à l'heure.
Je souris et je reporte mon attention sur mon assiette. « En fait, oui. »
Elle relève un sourcil. « Oh ? Ça te dirait de partager avec le reste du groupe ? »
« Il serait dans ton intérêt que je garde mes pensées pour moi-même, Bella. »
Elle rougit et baisse les yeux. C'est étrange, mais j'aime encore savoir que j'ai cet effet-là sur elle.
Je prends une bouchée de poulet. De manière peu surprenante, il est aussi délectable pour le palais que pour les yeux. Je la complimente sur la nourriture ; le riz n'était vraiment pas nécessaire et je le lui dis. Elle sourit avec gratitude.
« Eh bien, merci. Je suis navrée d'avoir détruit ta maison. »
« Hé, mais tu vas tout nettoyer après le repas, non ? » Je souris pour lui montrer que je plaisante – du moins en partie. Je vais l'aider, ou bien je vais m'en occuper moi-même, mais il n'est pas question que je laisse la cuisine dans cet état. C'est déjà assez difficile comme ça de me concentrer sur la bouffe que Bella a préparée en sachant que la pièce de l'autre côté du mur ressemble à un champ de bataille. Il me serait impossible de dormir.
« Lorsque je fais à manger, je ne suis pas du genre à déléguer quand vient le temps de nettoyer, » répond-elle sans effort.
« Vraiment ? » Je présume qu'elle n'est pas sérieuse, mais je réalise que de toute façon ça n'a pas d'importance ; parce que d'une manière ou d'une autre, je vais me taper le récurage. Ce n'est pas comme ça que j'avais prévu de passer ma soirée, mais je suppose que je n'en mérite pas moins.
« Mm, hmm. »
Il y a une courte pause.
« Alors, » je débute la conversation, « tu as comploté avec Emmett. »
Elle s'étouffe avec sa nourriture et je sursaute, ne m'attendant pas à une telle réaction. Je ne suis pas certain s'il s'agit d'une simple coïncidence – si elle vient juste d'avaler de travers – ou si elle est sincèrement étonnée par mes mots. Je me lève et tapote son dos. Son visage commence à virer au rouge.
« Est-ce que ça va ? » Je m'enquiers avec inquiétude.
Elle hoche la tête affirmativement et prend une grande gorgée de vin. « Ça va, » bredouille-t-elle finalement. « C'est juste descendu de travers. » Elle essuie quelques larmes égarées. Quand je suis convaincu qu'elle peut respirer, je me rassieds. « Euh, ouais, » continue-t-elle. « Je lui ai dit au sujet de la surprise, et il m'a donné ton adresse. Es-tu en colère ? » Elle me regarde avec prudence.
« Je t'ai déjà dit que non. »
« Es-tu en colère contre Emmett ? »
« Non. Mais d'abord c'est toi, et ensuite ce sera une tueuse en série... »
« Ensuite ? » Elle a l'air vexé. « Que veux-tu dire 'ensuite'? »
Merde. « Je ne sais pas, Bella. Je disais ça comme ça, » j'explique bêtement. Elle pousse un gros soupir et recommence à manger, de toute évidence mécontente. « Tu sais que ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, » je poursuis.
« Je ne sais rien du tout, » Elle mastique sa nourriture avec une expression impassible. Mais je peux dire qu'elle est furax.
Je secoue la tête mais je n'essaye pas de la persuader davantage. Comment le pourrais-je ? Elle a raison ; le nier serait comme lui manquer de respect plus que je ne l'ai déjà fait.
Lorsque nous avons terminé le dîner, je retiens mon souffle et j'affronte à nouveau la cuisine. La voir maintenant n'est pas plus facile que la voir la première fois, mais c'est malgré tout un peu moins choquant. Bella trottine dans la pièce à ma suite, totalement à l'aise avec ce gâchis. Elle me donne une claque dans le dos, un trait plus caractéristique d'Emmett, et dit, « Eh bien, il semblerait que tu ne sois pas au bout de tes peines. » Quand je croise son regard, je vois qu'elle sourit de toutes ses dents.
Je hausse les épaules, feignant l'indifférence. « Tant que je t'ai pour me tenir compagnie. »
« Nah, je pense que je vais y aller. »
« Ah oui ? » Je relève les sourcils. « Tu manges et tu te sauves, hein ? »
Elle s'étire et frotte son ventre ; la bordure de sa blouse remonte, exposant quelques centimètres de sa peau crémeuse. Je lance un regard furtif, essayant d'éviter de me faire prendre encore une fois, mais c'est assez évident que j'ai la plus grosse poisse de l'état de Washington. Bella halète.
« Dans le genre voyeur, tu ne cèdes pas ta place, hein ? » Accuse-t-elle.
Tout en commençant à ramasser la vaisselle sale, je persifle, « Ça te va bien de dire ça à mon sujet. » J'empile chaque plat autour de l'évier, espérant me débarrasser de l'essentiel avant de m'attaquer aux comptoirs visqueux. Ça va me prendre toute la nuit pour venir à bout de ce gâchis. Je secoue la tête, toujours incapable de concevoir qu'une seule personne puisse faire autant de désordre.
« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? »
« Ça veut dire que tu as un problème avec tes yeux. Tu passes ton temps à fixer. »
« C'est pas vrai ! »
Elle me suit, ramassant la vaisselle et les choses destinées à la poubelle, les triant de manière convenable. Notre badinage se poursuit alors que nous travaillons côte à côte.
« Je pense vraiment que oui. En fait, tes yeux sont devenus légèrement flous et tu t'es même mise à baver un peu... »
Soudainement, il y a un brusque 'Pop' et je ressens une douleur cuisante sur ma jambe, juste sous mon postérieur. Ça ne fait pas mal, vraiment, mais c'est désagréable et ça me fait faire un bond d'une trentaine de centimètres en l'air. Quand je me retourne, je vois Bella qui tortille le torchon, s'apprêtant à frapper de nouveau. Elle regarde vers le bas avec des yeux malicieux ; je réussis tout juste à esquiver l'attaque suivante. Le linge à vaisselle ne frappe que du vide, le pop résonnant à travers la cuisine.
« Agh ! Putain, qu'est-ce que tu fous ? » Je garde un bon deux mètres d'espace entre nous. Bella se met à rire, ses yeux lumineux et ardents.
« Qu'est-ce qui ne va pas, Eduardo ? Est-ce que ça t'a fait mal ? » Elle me regarde avec un visage triste comme si elle sympathisait, mais nous savons tous les deux que c'est un blasphème pur et simple.
« Bella, si tu sais ce qui est dans ton intérêt, tu vas laisser tomber la serviette maintenant, » je l'avertis d'une voix grave. Son sourire ne fait que s'intensifier.
« Eh bien c'est dommage, Edward, car je ne fais presque jamais ce qui est dans mon intérêt. » Elle utilise mes mots de la nuit dernière. Je m'en souviens clairement.
« Je ne peux pas nettoyer tant que ton petit cul fourbe tient cette serviette, Bella. Tu as cinq secondes. »
Elle me nargue. « Ou quoi ? »
Je fais comme si je ne l'avais pas entendue. « Cinq. » Elle recommence à tortiller le linge de vaisselle, ses yeux bruns ancrés dans les miens. « Quatre. » Encore plus de torsion. « Trois. » Tortille, tortille, tortille. « Deux. » Elle vise ma jambe avec le torchon ; je devance son attaque, me retourne vers l'eau froide dans l'évier, et immédiatement je lui en lance une rafale en utilisant la douchette. Elle reçoit une vague d'eau glacée directement sur le visage et pousse un hurlement.
« Argh ! Connerie de merde ! » Au lieu de courir, elle me prend totalement par surprise et fonce sur moi, abandonnant la serviette. Elle attrape ma main qui tient toujours l'embout et essaye de me prendre le tuyau, mais je suis plus fort ; l'eau continue d'arroser sa poitrine, son visage, en l'air et même les murs.
« Lâche-le ! » Je braille entre deux rires.
« Non ! »
« Bella ! »
Les événements tournent soudainement en ma défaveur, et elle parvient à tordre ma main de sorte que l'eau me frappe en plein visage. Ensuite c'est la cuisinière qui se fait inonder, puis le réfrigérateur. Nous luttons pour reprendre le contrôle de la douchette, chacun tirant sur le tuyau, tous les deux trempés et refusant de fléchir.
« Trêve ! » Commence-t-elle à crier. « Trêve ! »
« Toi en premier ! »
« Non ! À trois ! »
« Un... » Je débute.
« Deux... » Poursuit-elle.
« Trois ! »
Elle libère ma main et recule. L'eau gicle pendant encore un bref moment avant que je ne relâche l'embout, puis le jet crachote et meurt. Nous sommes tous les deux trempés jusqu'aux os et à bout de souffle. L'eau s'égoutte de chaque surface en vue. Le sucre et les épices déversés sur le comptoir ont été efficacement éliminés. Nous nous tenons dans une grande flaque sur le plancher.
On dirait que Bella revient d'une baignade. Ses cheveux sont un fouillis dégoulinant et ses vêtements lui collent à la peau. Je peux voir ses mamelons à travers son chemisier ; mon jugement me fait instantanément défaut et je braque mon regard dessus, me rappelant la cause de ce fiasco. Je me sens devenir dur, ce qui provoque une pression inconfortable contre mon pantalon imbibé d'eau. Bella regarde vers le point que je fixe et elle halète, s'empressant de couvrir sa poitrine avec ses bras. J'ai au moins la décence de me sentir honteux.
« Désolé, » je bafouille, détournant rapidement les yeux.
Encore haletante, Bella réplique, « Je t'ai dit que tu es un voyeur. »
Je souris – comment pourrais-je faire autrement ? Tant que son larynx demeure intact, il n'y aura jamais un moment d'ennui lorsque la petite Bella Swan et ses railleries sont dans les parages.
Uniquement pour la taquiner, je lève le tuyau d'arrosage, qui est toujours dans ma main mais qui n'envoie plus d'eau, en signe d'avertissement. Elle écarquille les yeux.
« Nous avons demandé une trêve, » me rappelle-t-elle avec force.
L'eau coule toujours à plein régime dans l'évier. Je tends le bras pour fermer le robinet. « Considère ça comme une leçon gratuite, Bella. »
« Une leçon ? Tu es tout aussi trempé que moi, » déclare-t-elle, incrédule.
Un commentaire pervers au sujet de ses mamelons et possiblement d'autres parties de son anatomie me vient à l'esprit, mais je le refoule. Je me contente d'opiner. « C'est vrai. Et tu as également inondé ma cuisine. »
« Rectification : tu as inondé ta cuisine. »
« C'est toi qui as commencé. »
« Tu te moquais de moi. »
Je lève les sourcils, ayant peine à le croire. « Tu m'as traité de voyeur. Deux fois. »
Elle pousse un énorme soupir, se dandinant d'un pied sur l'autre. L'eau clapote et fait 'ploc' sous son poids. « Écoute, est-ce que tu aurais... une chemise que je peux mettre ou quelque chose ? » Elle fait signe vers sa poitrine qu'elle serre encore étroitement avec ses bras. Je lui adresse un sourire narquois.
« Je crois que je te préfère comme ça. »
« Edward ! » Elle me fusille du regard.
« Calme-toi, prima donna. Je vais te trouver une chemise. » Elle bouge de côté lorsque je la dépasse et je ne peux m'empêcher de sourire. Ma cuisine a été détruite, deux fois – une catastrophe en soi – mais miraculeusement, je ne suis même pas un tout petit peu fâché en ce moment.
Elle me regarde aller, mais elle reste immobile dans la cuisine. « Tu viens ? » Je lui demande. « Il y a une salle de bain que tu peux utiliser à l'étage. »
« Euh, ouais. » Elle me suit lentement. À mi-chemin dans l'escalier, elle dit, « Je suis navrée pour la cuisine. »
« Hé – j'étais justement en train de songer que je n'ai pas vraiment besoin d'une cuisine. »
Elle pouffe de rire ; je souris.
« J'espère que ton costume n'exigeait pas seulement un nettoyage à sec, » continue-t-elle.
« C'est le cas, mais je suppose que je vais survivre. » Nous atteignons le palier. Je vais dans ma chambre pour les vêtements, ne l'invitant pas à entrer, mais ne lui disant pas non plus de m'attendre. Ce n'est pas la mer à boire de toute façon, mais je ne sais pas ce qui serait le plus approprié, et par conséquent je ne dis rien. Sans grande surprise, elle opte de rester sur le seuil, ses grands yeux évaluant soigneusement ma chambre à distance.
Je sors un pantalon de survêtement et un tee-shirt de mon tiroir. Il m'a fallu moins d'une minute pour entrer et sortir de ma chambre.
« La salle de bain est au bout du couloir, » je dis en pointant. « Il y a des serviettes dans le placard à l'intérieur. » Elle hoche la tête et s'éloigne avec les vêtements. Quand elle est hors de ma vue, je disparais dans ma chambre en fermant la porte derrière moi.
Mon érection est devenue plus douloureuse. C'est pathétique de voir à quel point je suis facilement excité – le simple fait de voir Bella dans des fringues mouillées m'a presque achevé. Je me couvrirais probablement de ridicule si je la voyais nue un jour... Ça ne se produira pas. Bordel, je ne sais toujours pas. Je dois prendre des décisions. Quelques jours loin de Bella me feraient sans doute le plus grand bien. Ça me donnerait le temps de réfléchir.
Je détache mon pantalon, soulageant une partie de la tension dans ma verge. Ça ne suffit pas. Que ne donnerais-je pour avoir quelques minutes afin de régler ce problème, mais hélas, je ne dispose pas de ce temps. Et n'aurais-je pas l'air d'un gros pervers ? Me branler en secret pendant que Bella est seulement à quelques mètres de moi au bout du couloir...
J'ai déjà décidé que je ne vais pas initier autre chose avec elle. Pas ce soir, du moins ; pas avant d'avoir eu le temps de faire le tri dans mes problèmes. Avec un soupir, je m'empresse de retirer mes vêtements et, sans me donner la peine de me sécher, j'enfile une paire de jeans et une chemise. Le tissu me colle à la peau de manière désagréable. Cet inconfort est une distraction bienvenue.
